Chapitre 2 :

Esclave


Deux mois.

Cela faisait deux mois qu'il faisait le même travail, c'est ainsi qu'il a qualifié cette activité : Lire pour l'empereur Sith. Obi-Wan avait pris cette habitude, que dans l'après-midi, on venait le chercher pour le présenter face à Darth Sidious, il s'installait sur le tabouret et lisait un ouvrage, généralement Sith. L'Empereur le laissait lire pendant quelques minutes, jusqu'à qu'il s'en lasse et le renvoie dans sa cellule. Obi-Wan avait toujours été surpris que ce genre d'activité soit toujours demandé par Sidious. Bien évidemment, il y avait des jours où il n'était pas demandé et dans ce cas là, le Jedi avait supposé que le sith avait d'autres choses à faire que d'écouter son esclave lire. Oui, parce que c'est aussi ce qu'il était devenu.

L'Esclave de Sidious. L'Esclave de l'Empereur.

Pour l'instant, il n'avait pas à s'en plaindre, quand il repensa à cette mission à Kadavo où il avait été mal traité en tant qu'esclave. Comparé à sa situation, cette dernière était donc pire. De plus, il avait à sa disposition, un droide serviteur qui se chargeait de s'occuper de lui.

Seulement aujourd'hui, quand Obi-Wan s'était réveillé, il avait commencé à avoir la nausée. Vix, qui n'était pas à medroide, avait tenté de l'obliger à faire sa toilette, mais il ressentait une extrême fatigue et il resta un peu longtemps allonger.

« Monsieur, il faut vous lever, vous devez vous préparer et manger, insista le petit robot.

- Juste…quelques minutes. »

Le droide ne dit rien et attendit alors, à la grande satisfaction d'Obi-Wan. Ce dernier soulagé, se recroquevilla sur son lit de fortune. Il n'avait pas de couvertures et pour la première fois, il avait froid. Il espéra trouver un peu de chaleurs en se mettant en boule, rapprochant ses genoux contre son corps, et se laissa emporter par le sommeil.

Quelques temps plus tard, Vix le sortit à nouveau de son repos endormi.

« Monsieur, il faut vous lever, c'est bientôt l'heure de voir mon maître. »

Obi-Wan sursauta et se redressa pour voir le robot avec à ses côtes une assiette de porridge. Combien de temps s'était-il écoulé ? Il avait l'impression d'avoir dormi 5 mins et pourtant, plusieurs heures étaient passés.

Il ressentit des courbatures dans tout le corps et des douleurs au niveau de la poitrine qu'il ignora. Il attrapa l'assiette de porridge et se força à manger quelques bouchées. C'était son seul repas et il n'allait pas le gâcher.

Pourtant, quelques secondes après, il vomit dans ces toilettes, s'accrocha désespérément à la cuvette, confirmant alors qu'il était possiblement malade. Sans la Force, il était sensible à tous virus, à toutes bactéries, donc à toutes maladies. Même si sa cellule n'était pas tout à fait sale, il avait déjà vu des prisons où le manque d'hygiène laissait à déplorer, il était vulnérable aux maladies. Obi-Wan n'était jamais tombé malade grâce à la Force et maintenant, il découvrait les effets néfastes de sa perte de Force.

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« Tu me sembles fatigué, Ben. » coupa l'Empereur en plein dans sa lecture.

Obi-Wan tressaillit, son cœur manqua un battement. Il n'appréciait pas que Sidious devine son état, car il avait fait un effort immense pour faire croire aux clones qu'il se portait bien. De plus, il ne savait pas si Sidious allait le punir pour être malade. Cet homme pourrait inventer n'importe quoi pour rendre encore plus mal le Jedi. Même si pour l'instant, la seule chose qu'il avait fait était de tuer un clone et cela était assez suffisant pour envoyer des frissons dans le dos d'Obi-Wan. Il n'avait pas envie que des vies innocentes ou non soient sacrifiés par sa faute.

« J'ai…mal dormi, votre Excellence, dit-il dans un chuchotement si bas qu'il était persuadé que Sidious n'avait pas entendu.

- Vraiment ? »

Il grimaça, le Sith avait entendu contre toute attente. Ses mains tremblèrent inconsciemment de sa volonté. Il serra alors le livre qu'il avait entre ses mains pour se contenir, fixant ses doigts. Lorsqu'il leva les yeux pour rencontrer le regard du Sith, il ne fut pas surpris de le voir amusé, appréciant cet instant suspendu.

« Souhaitez-vous que je continue la lecture, votre Excellence ? s'enquit Obi-Wan en cachant son agacement.

- Non, levez-vous et suivez-moi. » ordonna Sidious.

Malgré sa fatigue inhabituelle et ses quelques vertiges, le Jedi ne protesta pas, bien qu'anxieux face à ce que le maître Sith avait préparé pour lui.

Alors qu'il descendait les marches de l'estrade impérial, il vit le regard de l'empereur s'attarder sur lui. Obi-Wan déglutit et ignora cette fixation malaisante, baissant les yeux vers ses pieds. C'est dans ses moments qu'il regrettait de ne pas avoir la Force avec lui.

Après quelques secondes, qui paraissait être des heures pour Obi-Wan, Darth Sidious se détourna de lui pour marcher vers la seule et unique de sortie de la salle du trône. Au moment, ils franchirent les immenses portes, des gardes rouges voulurent les suivre mais le Sith s'y opposa.

« Je n'ai pas besoin de protection, dit Sidious d'un ton froid, là où nous allons, de plus, Ben est faible sans Force et sans armes. »

Obi-Wan était certain qu'il avait ajouté ses derniers mots pour lui rappeler sa position, mais il ne dit rien, sachant que c'était la vérité. Il n'était rien de moins qu'un simple esclave, sans la Force et sans Sabre laser.

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La promenade a été beaucoup plus douloureuse qu'il ne le pensait. Ils traversaient l'ancien Temple Jedi. Chaque endroit rappelait à Obi-Wan des souvenirs heureux mais aussi malheureux, et chaque pas qu'il faisait lui donnait l'impression qu'il avait trahi et abandonné sa famille Jedi. Le simple fait de voir l'Empereur Sith entre les murs qui avaient vu grandir les Chevaliers Jedi était une torture. L'air était pesant, l'ambiance était lourde, quand autrefois, cela était paisible et lumineux. Lui qui avait longtemps apprécié fouler le sol de sa maison, qui était ironiquement devenu sa prison.

Cela n'arrangeait pas du tout son état. Plus ils marchaient, plus Obi-Wan fatiguait. N'ayant pas fait d'activité physique depuis longtemps, ses muscles s'étaient atrophiés et son endurance avait diminué, en plus d'avoir maigri, il s'essoufflait rapidement.

Malgré ses tentatives de le cacher, Darth Sidious le remarqua et s'arrêta au milieu d'un couloir, entre deux colonnes imposantes, à côté d'un balcon, ayant une vue globale sur Coruscant. Le soleil était sur le point de se coucher et si Obi-Wan se trouvait dans un meilleur état, il aurait profité de ce rare moment. Cela faisait des mois qu'il n'avait pas vu le paysage de son lieu de vie, évoquant son passé, ses nombreuses fois où il s'était attardé ici pour s'apaiser ou ces instants avec Qui-Gon, qui aimait lui faire les leçons devant cette image majestueuse de la planète jamais endormie.

Seulement, maintenant, au lieu de cela, il avait en face de lui Darth Sidious, qui jouissait de son statut de prisonnier, d'esclave de l'Empire.

« Pourquoi ai-je l'impression que tu n'es pas toi-même, Ben ? rit-il doucement.

- Je ne vois…pas de quoi vous parler, souffla Obi-Wan la tête haute.

- L'arrogance même des Jedi, vous ne savez pas admettre que vous êtes faibles et pitoyables. »

Sans prévenir, il utilisa la Force et jeta Obi-Wan au sol du balcon, dont le dos percuta la rambarde. Le Jedi gémit de douleurs. Pendant un instant, il avait cru que le Sith le jettera dans le vide, mais il avait été déçu de voir que non. Le Sith voulait le torturer et l'asservir, et non le tuer. Sidious était un sadique avant tout.

Alors qu'il se redressa sur ses genoux, il vit Sidious s'installer sur le banc d'observation, les yeux dorés brillants d'amusement.

« Reste à genoux et viens vers moi, Ben. »

Obi-Wan frémit à cette ordre, qui le rabaissait à un animal. Mais avait-il le choix ? L'image du Clone mort hantait encore ses pensées et il refusait d'expérimenter les conséquences d'une telle hésitation. Alors, sans un mot, il rampa vers l'Empereur.

« Bien, bien, Ben. C'est toujours un plaisir de te voir obéir. Tu apprends quelle est ta place. Assis-toi ici, dit-il en désignant juste à coté des ses jambes.

Le Jedi se plaça alors à l'endroit indiqué, frôlant malgré lui, la robe pourpre de l'Empereur. Il était rassuré de pouvoir enfin s'asseoir malgré les quelques courbatures qui commençaient à apparaître. Il pouvait relâcher un peu son corps, qui l'abandonnait au fur et à mesure que le temps s'écoulait.

Face au silence imposé, Obi-wan se permit de jeter un coup d'œil à la ville qui se présentait à eux. A cause de sa position au sol, il ne voyait qu'une partie, notamment les buildings, les immeubles et les transports spatiales qui se déplaçaient dans le ciel, suivant des lignes invisibles. Le ciel prenait une couleur orangée et rosée, prouvant que la fin de la journée approchait.

Cela semblait irréel. Il y avait un Sith qui gouvernait la Galaxie et Coruscant avait l'air si…normal, comme si les jedi n'avaient jamais existé. Des milliers de Jedi sont morts et cette planète, où le Temple Jedi, le centre même, se trouvait, ne paraissait nullement affectés par cette absence. Cela faisait mal au cœur à Obi-Wan, c'était comme si les Jedi n'avaient jamais existé.

Des doigts dans ses cheveux le firent sursauter. Sa salive se bloqua dans sa gorge, sa respiration s'arrêta et son cœur tambourinait dans sa poitrine.

« Défais-moi cette maudite tresse, exigea le Sith en empoignant une partie de ses cheveux. Obi-Wan grimaça à cette action et se dépêcha de défaire la tresse que Vix avait encore pris la peine de nouer ce matin.

Lorsque ses longs cheveux roux descendirent sur ses épaules, les doigts du Sith caressèrent son cuir chevelu. Tout le corps d'Obi-Wan hurlait pour fuir, mais un seul mouvement déplaisant à l'Empereur et il savait ce qui arriverait, alors, il ne bougea pas, permettant à son ennemi de toucher ses cheveux.

Etrangement, ce n'était pas du tout agréable, d'ailleurs, il serait certains que cela était reposant, voire apaisant. Obi-Wan tremblerait presque de plaisirs face à ses mains qui massaient sa tête et ses cheveux. Son épuisement et ce massage capillaire le rendirent beaucoup trop somnolent, sa détermination combative intérieure diminua progressivement, sans qu'il en ait conscience, ses yeux se fermèrent lentement.

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Quand Darth Sidious avait perçu que son Esclave était différent des jours précédents, il l'avait ignoré. Tout ce qu'il voulait, c'était entendre la voix de Ben lui lire des manuels Sith. C'était toujours gratifiant et captivant d'écouter le Jedi lire les enseignements Sith, car non seulement, il pouvait entendre les intonations que prenaient Ben quand un passage le passionnait ou bien le questionnait. Il observait même les traits de visage du jedi qui manifestait soit un intérêt, soit une confusion, soit de la curiosité ou encore un dégout.

Un esclave lambda aurait lu sans comprendre, voire sans porter une attention particulière aux écrits, mais pas Obi-Wan, et c'était un trait de caractère qui plaisait à l'Empereur, raison pour laquelle il avait tant renouvelé l'expérience. Et jamais l'esclave ne s'y était opposé.

Aujourd'hui, la voix de Ben n'était pas comme d'habitude, elle était monotone, ennuyante, presque endormie et Sidious le lui fit remarquer. Il n'était pas surpris que le Jedi le nia presque. Cela énervait le Sith qui ne comprenait pas pourquoi son esclave avait…changé.

Alors il l'avait emmené à un de ses endroits favoris, le Balcon Extérieur, qu'il avait surnommé personnellement, le Balcon Impérial. Ce lieu lui permettait d'observer et d'admirer toute la ville alentours dans son intégrité, où le soleil terminait sa course derrière l'horizon.

Frustré de l'état actuel de son Esclave, il l'avait projeté contre la rambarde. C'était plus par colère, que par punition, il n'aimait pas perdre le contrôle de ses possessions. Sur un droide, il aurait modifié une pièce ou bien réparé ce qui n'allait pas, mais pour Ben, il ne pouvait pas faire cela et il détestait ça.

Lorsqu'il s'installa sur le bas et il eut la brillante idée d'obliger à son esclave de ramper vers lui et s'asseoir à ses pieds. Comme un véritable animal de compagnie. L'égo de Sidious aurait pu exploser en voyant Ben obéir sans un mot.

Il se permit même de toucher à sa chevelure rousse, qui malgré le manque de soin était d'une douceur étonnante. La tresse le gênait dans ses mouvements, et irrité, il tira une poigne de cheveux sur sa tête et il commanda à Ben de la défaire. C'est alors que Sidious découvrit une cascade de cheveux roux tombait sur les épaules frêles et maigres de l'ancien Jedi.

Fort heureusement pour lui, Ben ne pouvait pas voir son visage ébahi. Ses doigts s'emmêlèrent, caressant le somment du crâne passant par les mèches courtes et longues. C'était un plaisir pour son toucher et il se surprit à imaginer Obi-Wan dans une autre position.

Sur le dos, le regard luxuriant sur lui, ses cheveux roux encadrant son visage, gémissant de plaisirs, alors que Sidious passait ses deux mains à travers chaque mèche de son esclave…

Un doux soupir échappa des lèvres de Ben, le faisant sortir ces pensées perverses. C'est alors qu'il se rendit compte que son esclave s'était endormi contre sa jambe, alors qu'il avait toujours la main sur sa tête. Sidious aurait pu rire devant cette situation mais à la place, il appréciait cela. Qui avait le culot de s'endormir contre lui ? Personne. Sauf Ben. Son Esclave. Son Ben.

« Réveille-toi, mon petit Ben. »

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« Réveille-toi, mon petit Ben. »

Mon petit ?

Ce petit surnom était si ridicule et si enfantin.

Se souvenant que cela lui était en réalité adressé, Obi-Wan ouvrit les yeux et fut horrifié de constater qu'il s'était endormi contre la jambe du puissant et cruel Sith, Darth Sidious. Sous le choc, il s'écarta de lui, rampant loin de lui, n'y croyant pas à une telle faiblesse de sa part. Il s'était laissé endormir par son pire ennemi !

Sa réaction ne déplut pas au Sith, qui esquissa un sourire satisfait, et ses traits n'affichaient aucune colère.

« Lève-toi, nous partons, dit-il simplement.

Sans attendre, il obéit, trop heureux de s'éloigner de cette endroit qui avait été responsable de sa défaillance et suivit le Sith docilement.

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Des Clones les avaient rencontré sur le chemin et Sidious les avait sommé de l'accompagner à sa cellule. Jamais Obi-Wan n'avait été si content de retourner dans sa cellule et de retrouver Vix, qui émit des gazouillis face à sa chevelure décoiffée.

Le Jedi n'en parut nullement gêné et après avoir avalé trois cuillères du porridge du soir, il s'allongea contre le sol. Le froid, la lassitude, la nausée, les vertiges et une sensation de raideur dans tout son cœur l'empêchèrent de réfléchir au comportement inhabituel de Sidious quelques heures auparavant. Après une dernière prière de la journée pour ses frères et sœurs disparus, Obi-Wan s'autorisa à fermer les yeux et à lâcher prise.

Une seule pensée taraudait son esprit : il était malade et il ne savait pas comme gérer ça.