PROLOGUE

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Hey, salut à toi lecteurice !

Mon histoire prend place dans l'univers Harry Potter comme tu as du le lire dans mon petit résumé :) Une partie de l'histoire est déjà écrite (1/3 je dirais...) le reste est en cours, donc celleux qui aiment s'engager dans des fics terminées je ne voudrais pas vous flouer, ce n'est pas le cas ici ! J'essaierai de poster tous les mois (ce sont de longs chapitres), ça me semble un bon deal, ça me laissera le temps d'avancer la suite tout en publiant régulièrement.

Quelques petites choses importantes :

- je fais abstraction de l'épilogue de J.K.R.

- j'essaie le plus possible d'être dans le canon MAIS j'ai fait quelques entorses à cela, les plus conséquentes étant : ma façon de traiter l'implication de Draco dans la guerre et de nombreux OC (personnages très secondaires pas de stress) sans lesquelles je ne pouvais pas construire mon intrigue (bon, sauf une, que j'aurais pu remplacer aisément par Pansy mais... j'avais pas envie ^^)

Remerciements : Amber 4ever 3

Disclamer : Je ne suis pas J.K.R anyway, rien n'est à moi, comme le dit la formule consacrée.

Rating : M (il y aura des scènes de sexe non ellipsées parce qu'au TOUT départ c'est pour écrire du lemon que j'ai commencé à écrire cette fanfic alors vous pensez bien...)

Paring : HP / DM (le seul ship qui vaille :P)

Quelques petits TW : dépression, relations toxiques, zone grise du consentement, violences, violences sexuelles, suicide, meurtre... (je sais donner envie d'être lue hein ^^)

Allez bonne lecture à vous, on se retrouve en reviews bien sûr !

Non fui, fui, non sum, non curo
Je n'existais pas, j'ai existé, je n'existe plus, peu importe.

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Décembre 1997 - Le Maze, Irlande du Nord

Accompagné d'un gardien, il retournait dans sa cellule. Dépouillé et vide. Quelques minutes plus tôt il était pourtant persuadé qu'il était impossible de se sentir plus pitoyable.

Il ne lui restait donc plus rien.

Plus rien. Si ce n'est son nom.

Ce nom qu'il avait tant chéri. Derrière lequel il avait pu se cacher. Contre lequel bien peu avait osé se dresser. Au nom duquel il avait dû commettre les pires crimes. Ce nom qui avait inspiré la crainte, qui suintait le pouvoir, la puissance. Ce nom dont il avait voulu être à la hauteur, qu'il avait arboré comme un prince porte une couronne. Ce nom qui ferait désormais qu'on lui cracherait au visage. Un nom qu'on apprendrait aux plus jeunes à détester. Ce nom dont il devrait maintenant avoir honte… dont il avait déjà honte.

Malfoy. Draco Malfoy.

Il passa une main sur son crâne, pensant replacer ses cheveux dans un geste qui eût été élégant, si tant est qu'il eut encore des cheveux. On l'avait tondu à son arrivée en prison. Il venait de passer plus de 4 mois dans ce que les Irlandais appelaient le Maze. Une prison gigantesque et souterraine en Irlande du Nord. Pour des raisons évidentes la justice sorcière anglaise ne l'avait pas envoyé à Azkaban en attente de son procès. Les mangemorts incarcérés dans la tour auraient sûrement pris beaucoup de plaisir à le torturer avant de le tuer. Il imagina la satisfaction intense et emprunte de folie que sa tante aurait éprouvée à lui retourner les ongles un à un, lui crever les yeux, lui arracher la langue avec ses propres dents… il se força à oublier la suite. La suite des tortures qu'elle lui avait promises s'il avait à nouveau le malheur de se retrouver dans la même pièce qu'elle un jour. Ce qui n'arriverait jamais, elle était morte désormais, son âme et sa folie aspirés par les Détraqueurs.

Draco Malfoy sourit tout à coup et le gardien qui l'accompagnait ne put réfréner le frisson que cette vision fit parcourir le long de sa colonne vertébrale. Malfoy souriait car il venait de se rendre compte que l'idée de subir ces tortures, au lieu de l'effrayer, lui procurait une étrange sensation de réconfort. Il souriait de la manière pathétique avec laquelle une part de lui-même aurait préféré devenir un martyr plutôt que de continuer à vivre comme un paria.

Il souriait à la mort.

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Janvier 1998 - 12, Square Grimmaurd, Londres, Angleterre

Il ne voulait plus rien. Plus rien voir, plus rien entendre, plus rien faire. Il ne voulait plus serrer la main des uns ou participer à la condamnation des autres. Il ne voulait plus parler non plus. Il voulait qu'on lui foute la paix, qu'on l'oublie… A peine avait-il formulé ce souhait que l'on sonna à la porte.

Il se déplaça lentement dans le couloir pour ne pas être entendu. Il voulait voir de qui il s'agissait avant de décider s'il ouvrirait ou non, alors autant faire comme s'il n'était pas là.

- Revelio, murmura-t-il.

Derrière la lourde porte en bois il reconnut Arthur Weasley, et l'inquiétude que reflétait son visage n'avait rien pour le rassurer.

- Bonjour Arthur, peina-t-il à articuler en ouvrant la porte, la gorge enrouée de ne pas avoir parlé depuis un long moment.

- Bonjour Harry, je suis désolé de t'importuner, je sais que… tu as sûrement besoin d'être seul.

Oh oui, il le savait… Harry avait quitté le Terrier cinq jours plus tôt en claquant la porte, il n'en pouvait plus, il voulait être seul. Physiquement seul. Loin de toutes leurs larmes, leurs étreintes, leurs regards. Loin de Ginny aussi, qui pensait bientôt le retrouver. Elle ne voulait pas comprendre qu'il n'y avait plus personne à retrouver.

- Je… Je ne serais pas venu si, enfin tu sais, si ce n'était pas important, reprit-il finalement en bégayant devant le silence du meilleur ami de son plus jeune fils.

Harry l'invita du regard à s'asseoir dans un des fauteuils du grand et sombre salon des Black. Il se taisait, dans l'attente de ce que le père de Ron avait à lui dire de si important. Dans l'attente d'un énième cataclysme. Il était pourtant presque sûr de ne plus pouvoir ressentir quoi que ce soit tant il se sentait vidé.

- Voilà, commença M. Weasley en sortant une lettre de sa poche, le ministère souhaite te voir témoigner lors de l'audience qui décidera du sort de Draco Malfoy, déclara-t-il à brûle-pourpoint. Comme tu le sais, Draco est incarcéré dans une prison en Irlande du Nord depuis la fin de la guerre. Même si McGonagall et beaucoup d'autres se sont opposés à cette incarcération, le Magenmagot ne pouvait pas statuer sur son sort plus... rapidement. Il ne faisait pas partie des… Mangemorts dont il était le plus urgent de… s'occuper.

Harry sentait qu'il prenait son temps et choisissait ses mots avec soin, avait-il peur de le mettre hors de lui rien qu'en prononçant le nom de Malfoy. Il continuait de fixer l'homme qu'il considérait presque comme son propre père, attendant qu'il en dise plus.

Le jugement aura lieu dans une semaine, tu es attendu à 9h au niveau 2 du Ministère de la Magie. Tu seras interrogé en tant qu'ancien membre de l'Ordre du Phénix et ancien camarade de classe de Malfoy. Tu n'es pas le seul à comparaître… Mais, comme toujours, garde bien à l'esprit que tes mots auront plus d'impact aux oreilles des membres du Magenmagot que ceux de n'importe qui d'autre…

C'était donc cela. Il serait l'un de ceux qui décideraient de l'avenir de Draco Malfoy.

Il savait que Malfoy ne passerait pas sa vie en prison. Son père avait échappé de peu au baiser du Détraqueur et avait été condamné à moisir à Azkaban pour l'éternité, mais en l'espace de 5 mois il était devenu complètement fou et avait dû être interné à Sainte Mangouste, où il passait ses journées dans le noir, attaché à son lit par des sortilèges plus puissants les uns que les autres.

Narcissa Malfoy, quant à elle, avait évité une peine de prison grâce au mensonge qui avait participé à sauver la vie de Harry pendant la Bataille de Poudlard. On lui avait néanmoins retiré sa baguette et contrainte de ne plus utiliser sa magie, condamnée à vivre comme une Cracmol. On l'avait aussi dépossédée de la majeure partie de leurs biens, le Manoir Malfoy avait été saisi. Elle avait malgré tout été autorisée à venir récupérer certains de ses effets personnels. Après une demi-heure seule dans son ancienne chambre les Aurors l'avaient sommée de sortir, ne la voyant pas obéir ils avaient ouvert la porte, trouvant la femme agonisante, du sang sortait de ses yeux sans jamais vouloir s'arrêter. Elle s'était empoisonnée. Il était trop tard pour essayer de la sauver. D'autant plus que les Aurors présents n'avaient pas été pressés de tenter quoi que ce soit si Harry se souvenait bien de ce qu'on lui avait rapporté. Il serra les dents au souvenir des mots de Kingsley.

- A 9h, jeudi prochain, au niveau 2, se contenta-t-il de répéter, la mâchoire toujours serrée. Ron et Hermione seront-ils là ? questionna-t-il finalement.

- Oui. Ils ont reçu une assignation comme la tienne et assisteront à l'audience. Les membres du Magenmagot garderont sûrement ton témoignage pour la fin… déclara-t-il avec un regard lourd de sens.

- Bien, dit Harry pour mettre fin à la conversation.

Arthur se leva, cherchant des yeux n'importe quoi qui lui permettrait de rester un peu plus longtemps. Il remuait ses lèvres avec l'envie d'ajouter quelque chose. Harry ne voulait pas lui faciliter la tâche, il savait d'avance quelle serait la teneur de ses propos. Finalement le sorcier se lança :

- N'oublie pas que nous avons tous perdu beaucoup dans cette guerre. Pas seulement de notre côté. Il serait trop facile de penser qu'il a toujours eu le choix. Toi-même, l'as-tu vraiment eu…?

Harry savait que le père de son meilleur ami n'attendait aucune réponse, aussi il ne releva pas et se contenta d'accompagner Arthur jusqu'à la porte, lui posant une main sur l'épaule.

- Ne vous inquiétez pas pour moi Arthur, vous êtes déjà bien assez occupé, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il pour changer de sujet et mettre fin à leur entrevue.

- A vrai dire, tu n'as pas tout à fait tort… Et, tiens j'y pense, je sais que je ne travaille plus au service des Détournements d'Objets Moldus et que je ne devrais pas… mais je n'ai pas pu m'empêcher de récupérer cela en venant chez toi, dit le sorcier tout à coup plus volubile en sortant de sa poche un petit objet. De jeunes sorciers l'avaient en leur possession, je n'arrive pas à comprendre de quoi il s'agit, peut-être sauras-tu m'éclairer ? Il tendit le paquet à Harry qui l'examina.

- Eh bien, ce sont des… cigarettes, ça se fume, comme la pipe en fait. C'est assez addictif et a priori nocif à long terme mais ce n'est pas un objet… dangereux en soi.

- Oh, s'exclama Arthur visiblement déçu, dans ce cas là, je n'en ai pas grande utilité. Je te souhaite une bonne soirée Harry… repose-toi. Essaie du moins, termina-t-il dans un souffle.

Il se retourna finalement et transplana, laissant Harry seul devant sa porte.

Harry rentra chez lui et ferma les yeux une fraction de seconde, le temps de voir apparaître, derrière ses paupières closes, le visage mangé par la peur de Draco Malfoy, alors qu'ils étaient pourchassés par le Feudeymon dans la Salle sur Demande. C'était il y a déjà 7 mois.

Quel idiot ! Quel putain d'abruti il avait été ! pensa Harry en balançant contre le mur du couloir le paquet de cigarettes qu'il avait gardé dans la main. Il aurait voulu l'étrangler d'avoir été si stupide. Bien sûr qu'il avait eu le choix, Dumbledore lui avait donné le choix. Il lui avait donné le choix à lui ! Alors que… le fil de ses pensées se brisa. Il se laissa aller contre le mur, avec la furieuse envie de se cogner l'arrière du crâne contre les briques pour s'empêcher de penser. Il était tellement en colère. Il se traîna jusqu'à la cuisine et prit un verre dans un des placards.

- Kreattur, appela-t-il. Un crac retentit, l'elfe apparut sur le plan de travail.

- Le Maître désire-t-il quelque chose ? demanda Kreattur visiblement agacé d'avoir été dérangé.

Harry ignora son ton.

- Trouve-moi du Whisky Pur feu. Et dépêche toi. S'il te plaît, finit-il par ajouter se sentant coupable tout à coup.

- Bien Maître, du Whisky, Maître Regulus ne buvait pas de Whisky, murmura-t-il, mais Harry ne l'écoutait déjà plus.

Le jeune homme s'était saisi du paquet de cigarettes et en alluma une d'un Incendio informulé du bout de sa baguette. C'était dégueulasse mais ça aurait le mérite de lui changer les idées deux minutes. Il toussa et se remémora la fois ou il avait subtilisé les cigarettes de Dudley que celui-ci avait probablement volé par ailleurs. Il s'était mis à la fenêtre de sa chambre et avait tiré une première bouffée, il avait cru vomir tellement il avait toussé. Il avait eut vite fait d'écraser le mégot et de se jeter sur sa bouteille d'eau pour essayer de faire passer sa toux.

Pendant qu'il repensait à son cousin, sa chambre et sa vie au 4 Privet Drive, Kreattur revint et lui remplit son verre de Whisky qu'il porta bien vite à sa bouche. Longtemps, accoudé à la table de sa cuisine, il enchaîna les cigarettes et les Whisky. Jusqu'à ce que sa bouche ait le même goût de cendre que sa peau lorsqu'il était finalement sorti de la Salle sur Demande. Jusqu'à ce qu'il ne voit plus que des éclats de lumière grise quand il battait des paupières. Jusqu'à ce qu'il oublie tout, même son nom. Mais pas le sien...

Le lendemain Harry se réveilla en sursaut, il s'était endormi sur sa chaise, la tête sur la table. Il avait du mal à ouvrir les yeux et ressentait une douleur lancinante à l'arrière du crâne. Pour fêter sa première gueule de bois, il décida de s'allumer une énième cigarette. A peine avait-il respiré la fumée qu'il courut jusqu'à son évier pour vomir. Les larmes lui piquaient les yeux. Il s'intima au calme, passant de l'eau glacée sur son visage. Il lui fallait une douche.

Le Sauveur ne tenait pas vraiment debout et s'assit à même le sol de la douche, laissant l'eau fouetter son corps. Son cerveau se remit en marche plus vite qu'il ne l'aurait voulu et l'imminence du procès lui revint bien vite à l'esprit. Oh bien sûr il savait ce qu'il devait à Malfoy. Il n'avait pas voulu les reconnaître, lui, Hermione et Ron, lors de leur passage au Manoir Malfoy. Harry et lui s'étaient regardés de biais cette fois-là et il était sûr de savoir pourquoi… Après des années à s'affronter du regard il aurait été impossible pour Malfoy de ne pas le reconnaître, même avec le sortilège qu'Hermione avait fait subir à Harry.

Puis quand la Bataille de Poudlard fut terminée, que l'on comptait les morts, il l'avait vu, assis dans la Grande Salle, hébété, les yeux dans le vide, perdu. Sa mère et son père murmuraient l'un à l'oreille de l'autre, agités. Ils semblaient craindre la venue imminente des Détraqueurs mais n'osaient même pas penser à fuir, sûrement de peur d'une condamnation plus sévère encore que ce qui les attendait.

Sans le vouloir, ses pensées le ramenèrent à ce soir, dans les toilettes des filles de Poudlard, à son obsession pour les moindres faits et gestes de Malfoy, à juste titre, continuait-il de se répéter mentalement. Malefoy les avait bernés, il avait fait entrer les Mangemorts à l'intérieur du château, c'était de sa faute si plusieurs d'entre eux avait été blessés, de sa faute ! Il avait raison de se méfier de lui, il aurait même eu raison de le tuer ! C'était ce qu'il se répétait inlassablement alors pourquoi continuait-il à se sentir coupable. Pourquoi !? Il lança un coup de poing rageur en direction de son reflet dans la glace et le miroir se brisa, lui entaillant la main profondément. Il serra les dents pour retenir un cri de douleur mais ne put s'empêcher de ressentir une étonnante satisfaction : il respirait à nouveau, concentré sur sa douleur, les yeux d'acier de son ancien ennemi quittèrent momentanément ses pensées. Et pour cette raison, Harry ne fit pas appel à la magie pour soigner sa main blessée.

Il resta assis sur le sol de sa salle de bain longtemps, assez longtemps pour que sa main arrête de saigner, assez longtemps pour que son sang ait tâché la serviette qu'il avait nouée autour de sa taille, assez longtemps pour que la douleur prenne le pas sur la colère. Seul et en sang, Harry Potter semblait avoir retrouvé assez de force pour pleurer. Et il ne semblait pas prêt de s'arrêter…

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Jeudi 22 janvier 1998 - Département de la Justice Magique, Ministère de la Magie, Londres, Angleterre

Voilà qu'il était dans une cage. Et celle-ci était plus petite que celle qu'il avait fréquenté ces quelques derniers mois. Autre différence notable, il était encerclé d'une cinquantaine de sorciers en robe prune. Devant lui, Eloïse Marchebank, la Présidente du Magenmagot, le regardait de haut, son visage flasque et ridé encadré par deux immenses piles de dossiers. Il ne voulait pas la quitter des yeux, il ne voulait pas que son regard accroche celui de quelqu'un qu'il connaissait peut-être… Quelqu'un qu'il aurait connu avant, quand il était encore fier et arrogant. Quand il se croyait encore réellement beau et puissant. Avant qu'on ne s'emploie à le broyer et à lui montrer qu'il n'était rien.

- Draco Malfoy, vous avez été transféré du Maze jusqu'ici pour que le Magenmagot puisse statuer sur votre sort quant à votre implication dans les agissements du Lord Noir et à votre statut avéré de Mangemort. Pour que nous puissions délibérer en toute connaissance de cause vous serez soumis au Veritaserum si cela...

- Vous n'avez pas le droit, l'interrompit Malfoy d'une voix basse et étrangement précipitée.

- Pardon, demanda Marchebank, visiblement surprise d'avoir été interrompue.

- Il est interdit de faire usage de Veritaserum dans un procès, reprit le prisonnier de son habituelle voix traînante cette fois. D'abord parce que c'est contraire au principe même de justice et ensuite parce que certains sorciers, dont je fais partie, sont capables de résister à son effet, ajouta-t-il en relevant le menton. Cela ne vous sera d'aucune espèce d'utilité.

- Je suis ravie d'entendre, Monsieur Malfoy, que la justice est une valeur qui vous est chère ! A ces mots, quelques rires retentirent dans la salle. J'essaierai de m'en souvenir lorsque je prononcerai ma sentence, assura la Présidente de la Haute Cour de Justice non sans ironie.

Malfoy serra les dents et retint l'insulte qui lui brûlait les lèvres lorsqu'un Auror s'approcha des barreaux de sa cage pour lui tendre une coupe remplie d'un liquide translucide dont il se saisit du bout des doigts. Une fraction de seconde il pensa à l'envoyer s'exploser à la tête de de la vieille Marchebank et cette pensée le fit frémir. Un tel acte lui garantissait un aller sans retour vers Azkaban… il ne pouvait pas prendre un tel risque... Il portait obligeamment la potion à ses lèvres quand la vieille sorcière reprit d'une voix mielleuse :

- Evidemment Monsieur Malfoy, nous vous déconseillons de résister aux effets de la potion ou pire d'essayer de donner une version faussée de votre implication dans cette guerre. Vous n'êtes sûrement pas sans ignorer que la loi nous autorise désormais à utiliser la légilimencie sur les anciens Mangemorts si nous avons le moindre doute quant à leur... coopération. Et, bien que vos capacités d'Occlumens soient au-dessus de la moyenne, je ne pense pas que vous soyez capable de tenir longtemps les barrières de votre esprit avec deux Legilimens et un Détraqueur à vos côtés… La Présidente désigna les deux Aurors du menton à ces mots.

La main de Draco se crispa sur la coupe qu'il avait dans la main et il ne put s'empêcher de tourner la tête de droite à gauche, déjà effrayé à l'idée de voir apparaître des Détraqueurs dans la cour de justice Magique. La démonstration de force de la Présidente du Magenmagot avait fait son effet. Draco était plus blanc encore qu'il ne semblait possible de l'être et ses dents blessaient nerveusement sa lèvre inférieure. Il avala sa salive et se reconstitua un masque de froideur comme il avait si souvent vu son père le faire. Vaincu, il leva néanmoins son verre en direction des sorciers les plus proches de lui, ne pouvant s'empêcher une ultime provocation. Il reporta ensuite le verre à ses lèvres et vida son contenu d'une seule gorgée, sentant rapidement sa volonté flanchée et ses yeux se flouter. Il laissa son regard dériver une fraction de seconde, juste assez pour tomber sur lui.

Potter était dans la salle. Un bref instant, Draco fut satisfait de constater qu'il semblait sur le point de vomir. Maigre satisfaction quand il pensa au fait qu'il allait devoir livrer ses pires secrets devant celui-qui-les-avait-tous-sauvés. Potter le regardait fixement à présent, alors il se concentra pour ne pas flancher. Ne jamais flancher devant Potter. C'était la règle. La seule qui vaille finalement…

- Draco Malfoy, reprit Eloïse Marchebank d'une voix forte, vous avez dit lors de votre première arrestation avoir été "forcé" à commettre certains crimes, dit-elle en appuyant sur le mot "forcé". Je vais commencer par énumérer les charges qui vous incombent, reprit-elle en se saisissant d'un parchemin. Vous êtes accusé d'avoir prémédité et participé à l'intrusion de Mangemorts à l'intérieur de l'école de sorcellerie Poudlard. Intrusion qui a conduit à la mort du très respecté et ancien Directeur de l'école : Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Vous êtes accusé, au même titre que vos parents, d'avoir abrité sous votre toit le mage noir qui s'était lui-même baptisé Voldemort et qui a été accusé de crime contre les mondes sorciers ET moldus. Vous êtes accusé d'avoir participé à la torture de plusieurs individus nés moldus et sang-mêlés. Vous êtes accusé de crimes de guerre pour l'assassinat et les mauvais traitements de population anglaise moldue lors de missions visant à détruire et à semer la terreur.

Marchebank leva les yeux de son parchemin pour rencontrer directement ceux de Malfoy. Son regard semblait moins assuré sous l'effet du Veritaserum mais il parvenait à le maintenir tout aussi glacial qu'à son arrivée. Elle se demanda un instant s'il se rendait compte qu'il ne s'attirerait les faveurs d'aucun des membres du Conseil en agissant de la sorte. Néanmoins, elle percevait l'angoisse de Malfoy, une goutte de sueur froide descendait le long de sa nuque, allant se perdre dans sa tenue de prisonnier. Il gardait ses mains accrochées à son pantalon pour que personne ne puisse les voir trembler. Mais Eloïse, elle, savait. Draco Malfoy était mort de peur et cela l'enchantait. Elle reprit :

- M. Malfoy, pouvez-vous nous dire si ces accusations sont avérées ? Avez-vous commis oui ou non chacun des crimes sus-cités ?

- Oui, souffla Malfoy précipitamment, peinant à contrôler ses pensées, je suis coupable.

- Ne résistez pas M. Malfoy. Ni vous ni moi ne souhaitons voir débarquer nos amis en cape noire pour vous aider à parler… susurra Marchebank.

Un long frisson traversa Draco qui décida de laisser le flux de pensées qui l'assaillaient se déverser sur les sorciers face à lui. Ils voulaient qu'il parle. Soit. Il allait parler.

- Je porte la marque des Ténèbres depuis plus de 2 ans. Le Maître m'a marqué quand mon père a été envoyé à Azkaban la première fois. Il m'a confié une mission, celle de tuer Dumbledore. Une mission qu'il me savait incapable d'exécuter. J'ai failli, je ne… Il pressa ses lèvres l'une contre l'autre avec la ferme intention de ne pas en dire plus à ce sujet. J'ai réussi à faire entrer plusieurs Mangemorts dans l'enceinte de l'École c'est vrai aussi, se reprit-il d'un voix monotone. J'ai… torturé et tué des moldus et des nés-moldus.

A ces mots, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil en direction de Potter. Celui-ci ne le regardait plus, la mâchoire serrée il ne regardait rien en particulier mais la colère semblait vouloir le submerger. Draco voulait qu'il le regarde. Draco voulait qu'il entende bien à quel point il était pourri. Mauvais. Lâche aussi.

- C'était ça ou mourir, cria-t-il en direction de Potter. On n'est pas tous faits pour être des héros, même si vous tous, ici, adorez ça ! lâcha-t-il hors de lui à présent. S'il faut que je pleure et que je me tape la tête contre ses barreaux pour vous donner les preuves de ma culpabilité et de mes remords, alors autant faire venir un Détraqueur sur le champ car ça n'arrivera pas !

Draco ne parvenait plus à se contrôler, le Veritaserum, en plus de le contraindre à se livrer, avait fait tomber les barrières de sa retenue. Désinhibé, les veines de son cou saillaient sous sa peau et coloraient son visage d'une teinte qu'il prenait rarement.

- Je ne pouvais pas lutter contre Lui, j'étais seul ! et sa voix se brisa car Potter ne le regardait toujours pas. J'ai toujours été seul, murmura-t-il plus pour lui-même en reportant son regard sur Marchebank. Personne n'est venu me sauver, moi ! Personne n'est venu m'aider !

- Tu mens, prononça soudain une voix grave et tremblante.

- M. Potter, la parole n'est pas aux témoins, veuillez vous rasseoir ordonna Marchebank sans élever la voix.

Harry ignora la remarque et poursuivit avec plus d'assurance.

- Dumbledore t'as proposé son aide, j'étais là ! En haut de la tour d'astronomie, j'étais là ! Il t'as proposé de vous cacher, ta mère et toi et tu as refusé, tu voulais plaire à ton Maître, tu voulais devenir son plus fidèle Mangemort ! Ne viens pas salir sa mémoire en osant dire qu'il ne t'as pas tendu la main.

Malfoy avait blêmi à l'évocation de ce soir dans la tour d'astronomie. Potter l'avait vu.

- Parce que tu m'aurais accueilli à bras ouverts Potter, tu m'aurais ouvert les portes de votre quartier général, tu m'aurais fait asseoir dans un sofa et servi un jus de citrouille ! Abruti ! Dumbledore était condamné à cet instant, quelle valeur avaient ses promesses, cracha-t-il, le visage contre les barreaux de sa cage.

- Taisez-vous ! McGonagall, à l'autre bout de la salle, venait de se lever et ses yeux allaient de l'un à l'autre des sorciers qui furent tous deux ses élèves. Eloïse, je crois qu'il est temps de donner la parole à la défense de M. Malfoy et il s'avère que j'en fais partie. Puis-je apporter des informations complémentaires au Conseil ? La question n'en était pas une et, à la façon dont la nouvelle Directrice de Poudlard regardait la Présidente du Magenmagot, il aurait été dangereux que celle-ci s'oppose à sa requête.

- Bien, Minerva, je vous en prie… concéda finalement Marchebank.

- Merci, l'ancienne Professeur de Métamorphose se tourna pour regarder chaque membre du Conseil. Comme vous le savez déjà, Draco n'avait que 16 ans lorsque Voldemort a fait de lui un Mangemort. Il voulait punir Malfoy père pour son incompétence. Nous savons déjà de la bouche de Narcissa Malfoy que Draco a été lui aussi puni à plusieurs reprises lorsqu'il n'effectuait pas ce qu'il était sommé d'accomplir, qu'il s'agisse des rafles, des tortures ou des assassinats.

Le Professeur McGonagall marqua une courte pause, elle n'aimait pas ce qu'elle allait faire mais il le fallait. Elle ancra son regard dans celui de Draco, mangé par des cernes violettes et lui demanda :

- Draco, Voldemort ou d'autres Mangemorts t'ont-ils déjà infligé des Endoloris ou d'autres mauvais traitements pour te faire obéir ?

Draco ne voulait pas répondre. Pas avec Potter en face de lui. Il savait très bien ce que voulait faire la vieille McGo : le faire passer pour une victime, un pauvre petit garçon perdu et apeuré, meurtri. Elle pensait lui attirer la sympathie du conseil de cette façon.

- M. Malfoy, on vous a posé une question. Je vous rappelle que vous êtes dans l'obligation d'y répondre… insista à nouveau la Présidente.

- Oui, le Maître me punissait, croassa Draco d'une voix éraillée. Il voulait s'arrêter de parler mais il se sentait trop faible pour résister à la potion. Le plus souvent c'était ma tante. Puis Fenrir. Quand je… quand il a su qu'il avait véritablement ramené Potter au Manoir et que... je ne l'ai pas reconnu. A partir de là il… Malfoy s'interrompit le temps d'avaler sa salive. Greyback est un animal, vous le savez aussi bien que moi, parvint-il à articuler calmement.

- Draco, reprit McGonagall sans plus le regarder cette fois, le Directeur du Maze nous a rapporté que tu avais essayé de te donner la mort le mois dernier.

Des exclamations s'élevèrent dans la salle, la Directrice de l'école de sorcellerie regarda disparaître le sang du visage de Potter, ses poings serrés sous la table, envahi par des sentiments contradictoires. Elle aurait préféré qu'il n'assiste pas à ça. C'était pourtant nécessaire. Elle reprit finalement à l'intention de l'ancien Serpentard:

- Pourquoi ? demanda-t-elle doucement.

Draco avait fermé les yeux à l'évocation de sa tentative loupée de mettre fin à ses jours. Même quand il s'agissait de se tuer il fallait qu'il échoue. Il n'était qu'un déchet. Un incapable. Le Veritaserum le contraint pourtant à répondre :

- Je voulais choisir comment j'allais mourir. Même si je sors d'ici, la chasse aux anciens Mangemorts est ouverte, tôt ou tard quelqu'un s'occupera de mon cas. J'aurais préféré m'en occuper seul, acheva-t-il dans un souffle.

Il accrocha alors ses mains au barreaux, les manches de sa tenue de prisonnier se retroussant au passage laissant apparaître de profondes entailles qui partaient de la paume de ses mains pour continuer plus loin sous le vêtement. Il semblait s'être acharné sur sa marque des Ténèbres qui ne ressemblait plus qu'à une étrange bouillie de chair noircie.

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- Harry, ouvre cette putain de porte bordel ! hurlait Ron derrière la porte des toilettes.

Ce n'est même pas qu'il ne voulait pas ouvrir, simplement il ne pouvait pas, physiquement, ça lui était tout bonnement impossible. Rien que l'idée de se lever lui donna à nouveau la nausée et il vomit pour la troisième fois de la soirée. Sa tête pesait une tonne, il voulait dormir, ne plus penser à rien. Ne plus voir son regard cerné à chaque battement de paupières…

Il l'avait à peine reconnu, s'il n'avait pas finalement croisé son regard il n'aurait jamais cru que c'était lui. Pourtant, une fois ses yeux dans les siens, il était impossible de se tromper : Draco Malfoy et son regard d'argent liquide se tenaient bien devant le Magenmagot. A partir de ce moment-là, Harry était resté figé sous son regard et ses attaques. Il l'avait détaillé de longues minutes : ses cheveux avaient été rasés, on voyait presque courir les veines violettes sous la peau fine de son crâne. De là où Harry était il pouvait voir le pouls de Malfoy battre trop fort au niveau de sa carotide. C'était le seul signe qui trahissait son appréhension, pour le reste, l'accusé se tenait droit, la tête haute, un éternel air de défi au fond des yeux, la lèvre inférieure un peu trop rouge à force d'avoir été mordue pour s'empêcher de parler... Cette constatation avait eu pour conséquence de lui retourner le ventre de sensations contradictoires et en y repensant Harry vomit une fois de plus au son des coups de poings de Ron dans la porte. Celui-ci décida finalement de faire exploser la serrure des toilettes où Harry était enfermé.

- Mais qu'est-ce que tu fous putain !? cria-t-il à son meilleur ami qui avait toujours la tête dans la cuvette.

- Je crois que c'est plutôt évident, articula Harry, condescendant malgré la situation peu avantageuse.

- Tu sais où tu peux te les foutre tes sarcasmes ? demanda le rouquin à bout de patience. Tu t'es littéralement enfui dès la fin de l'audience et tu as disparu pendant plus de 8h, sans nous prévenir, sans rien nous dire, poursuivit Ron d'une voix un peu trop aiguë pour ne pas trahir une réelle inquiétude. Hermione a transplané plus de 10 fois d'affilée, elle a été dans des lieux qu'elle aurait préféré oublier pensant t'y trouver… Elle est revenue morte de fatigue… Putain est ce qu'au moins tu pourrais me regarder !? demanda-t-il à bout de souffle.

Harry se releva bravement, appuyé contre le mur des toilettes, sa vision n'était pas nette et sa bouche se remplissait de salive à mesure que montait une nouvelle envie de vomir mais il se retint, affrontant le regard de son meilleur ami. Il devait lui sembler pathétique pour qu'il le dévisage ainsi. Mais il ne voulait pas lui faire pitié. Il préférait le voir en colère contre lui que fou d'inquiétude. Cette inquiétude qui le faisait se sentir plus coupable encore... il n'en avait pas besoin.

- Je ne savais pas qu'il était nécessaire de vous avertir du moindre de mes faits et gestes, dit le Héros du Monde sorcier dans un souffle. Je ne savais pas que je ne pouvais pas me déplacer sans vous demander la permission, poursuivit-il en appuyant sur les deux derniers mots.

Ron secoua la tête, blessé, il regardait ses pieds.

- Ne fais pas ça, murmura-t-il et c'était moins un ordre qu'une supplique. Je ne suis pas là pour ça. Je ne veux même pas te faire de reproches, se reprit le roux. Je suis seulement là pour toi. Parle moi bon sang ! cria-t-il alors qu'Harry ne daignait toujours pas lui répondre.

- Je n'ai rien à dire. J'avais besoin d'air. J'avais besoin d'être seul.

Harry se laissa glisser contre le mur des toilettes pour s'asseoir. Son ami s'installa en tailleur devant lui. Semblant attendre. Alors il attendit aussi. De longues minutes plus tard il décida qu'il avait assez confiance en son estomac pour reprendre la parole.

- Malfoy, dit-il d'une voix pâteuse. Je pensais qu'il… c'est idiot, s'interrompit-il.

Harry regarda Ron, son visage impassible ne le quittait pas des yeux, il ne manifestait aucun signe d'impatience. Il ne bougerait pas tant qu'il n'aurait pas décidé que Harry avait vidé son sac.

- Tu te rappelles après la Bataille de Poudlard, reprit-il sans attendre de réponse, quand il était assis dans la Grande Salle. J'avais l'impression qu'il était mort. Au fond. Comme si le Malfoy qu'on connaissait était… parti en fumée. Je ne pensais pas avoir autant raison. Je n'arrive pas à m'empêcher d'imaginer ce qu'ils ont pu lui faire pour que la perspective de la mort ne l'effraie même plus...

- Alors on en est là, constata mystérieusement Ron avec un sourire timide au coin des lèvres. Le Grand Sauveur du Monde Sorcier se sent responsable du sort de son ancien ennemi à s'en rendre malade.

- Ce n'est pas drôle.

- Je sais bien. C'est donc une bonne raison d'en rire tu ne crois pas ? demanda le roux sans attendre de réponse. Tu n'en finiras jamais de cette obsession pour lui n'est ce pas ?

- Je ne suis pas obsédé par Malfoy, répondit vivement Harry, peinant à contenir son agacement. On sort de son procès, ça me semble normal de parler de lui.

- Oui… ça semble normal d'avoir besoin de 8h de solitude après avoir assisté au procès d'un type dont tu te moques, ça semble normal de vomir ses tripes en imaginant les tortures qu'un homme que tu détestes ait pu subir, c'est normal de se sentir responsable des choix d'un gars dont tu te contrefous ! Tu es d'une logique imparable Harry, je l'ai toujours dit ! termina-t-il en ricanant.

- Oh ta gueule… répondit Harry las de cette conversation qui ne menait nulle part. Il rit un peu, se sentant soudain atrocement pathétique.

Ron l'aida à se relever et l'installa dans son salon. Il finit par partir faisant promettre au brun de lui envoyer un hibou dès le lendemain matin pour s'assurer qu'il allait bien. Une fois seul, il put finalement laisser libre cours à ses pensées. Malfoy avait été relâché… à de nombreuses conditions néanmoins. On lui avait placé une Trace pour contrôler chacun des sorts qui sortiraient de sa baguette et connaître sa position exacte à chaque instant. Il avait été conduit à Sainte Mangouste dès la fin de l'audience pour s'entretenir avec un psychomage. Le Magenmagot ne voyait pas d'un bon œil les idées suicidaires du plus jeune des Malfoy. Il semblait effrayé à l'idée de vivre avec son passé de Mangemort, et effrayer les anciens Mangemorts était justement une activité appréciée par la plupart des sorciers de la Haute Cour de Justice. Ils ne voulaient sûrement pas que Draco puisse tout gâcher en mettant fin à cette sympathique petite expérience… Harry frissonna, il ne voulait rien ressentir à propos de Malfoy mais le verdict du Conseil était si pervers qu'il ne pouvait s'empêcher de prendre son parti. Il voulait juste l'oublier. Oublier ses manches qui roulent sur ses poignets fins et entaillés. Oublier son regard polaire et brûlant à la fois. Oublier l'air dégouté qu'il arborait lorsqu'il était finalement passé devant lui pour sortir.

Harry n'oublia rien pourtant. Et s'endormit, l'image des dents de Malfoy ravageant ses lèvres derrière les paupières.

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Pim, pam, poum... j'espère que ça vous a plu :)

Phil Goude