CHAPITRE 1

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Hey, me revoilà !

Plus tôt que prévu parce que... bah parce que pourquoi pas ?

Je suis en train de réécrire et modifier certains chapitres pour que ça colle plus à mon écriture actuelle étant donné que j'ai commencé à écrire cette fiction il y a ... 3ans, forcément il y a des choses que j'ai envie de modifier. Pour celleux qui avaient pu me lire sur une autre plateforme... vous verrez que ça change un peu les choses sur la mise en route de la relation entre Draco et Harry, mais pour le mieux je l'espère.

NB : L'histoire commence 8 longues années après le prologue. Nos protagonistes principaux ont 26 ans. Pendant ces 8 ans il s'en est passé des choses vous pensez bien... vous devriez assez vite vous y retrouver.

Remerciements : Amber 4ever pour la relecture

Disclamer : Je ne suis pas J.K.R anyway, rien n'est à moi, comme le dit la formule consacrée.

Rating : M

Paring : HP / DM

Les Trigger Warning de circonstances: dépression, relations toxiques, zone grise du consentement, violences, violences sexuelles, suicide, meurtre...

Allez bonne lecture à vous, on se retrouve en reviews (pliiiz) !

Furor arma ministrat
La fureur fournit des armes.

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La plupart du temps, nous nous appliquons à être ce que l'on attend de nous. Ce que l'on dit de nous.

Peu importe la teneur des propos, nous aimons être définis. Limités.

Ainsi décrits, nous pensons exister aux yeux des autres.

Satisfaits de l'étiquette qu'on nous colle.

Seulement nous ne sommes pas des étiquettes.

Nous sommes des pages et des pages. Nous sommes des Livres Sacrés, mystérieux, incohérents, fantastiques.

Blasphémés par principe, adorés sans raison...

Il arrive qu'un jour, une main se pose sur nous, et qu'une voix jure de nous aimer.

Toujours.

N.B.M.

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14 novembre 2005 - Ministère de la Magie, Londres, Angleterre

Il allait le tuer. Il allait. Le. Tuer.

Harry Potter marchait à grandes enjambées dans les couloirs du Ministère. Les regards sur son passage ne reflétaient plus l'intérêt qu'il avait pu susciter à son arrivée en tant qu'auror et accessoirement Sauveur du monde sorcier. Bien au contraire... Depuis que l'homme à la cicatrice avait décidé de ne plus se plier à l'image du parfait-petit-héros-de-guerre, la presse s'était chargée de le peindre sous un nouvel angle, traquant et commentant la moindre de ses erreurs… Et aujourd'hui ne dérogerait pas à la règle.

Arrivé au niveau 5 du Ministère, au Département de la Coopération Magique Internationale, Harry se força à ralentir le pas. Il tenait, froissé dans son poing, un exemplaire du journal du jour. Et il y avait quelqu'un qu'il serait ravi de voir s'étouffer avec…

Il ne frappa pas avant d'entrer. Le bureau de Théodore Nott n'était pas grand, mais au moins, il en possédait un pour lui seul. Assis sur un fauteuil confortable, Nott semblait ne pas s'intéresser à la personne qui venait de faire irruption dans son bureau, ne prenant même pas la peine de relever la tête du parchemin qu'il était en train d'annoter.

- C'est quoi ça !? demanda Harry sans autre forme de préambule, peinant à contrôler sa fureur.

Sous les yeux de Nott, le brun avait étalé la première page de la Gazette du Sorcier, faisant voler la plume que son collègue tenait dans la main. Sur la photo en mouvement on pouvait voir deux hommes : un de dos, la tête plongée dans le cou de l'autre, une main passée à l'intérieur de son pantalon, ne laissant aucun doute sur l'activité à laquelle il était en train de s'adonner. L'autre homme, adossé au mur d'un pub moldu, la tête renversée par le plaisir et les yeux fermement clos était, quant à lui, immédiatement reconnaissable.

L'image d'Harry Potter en train de se faire branler en pleine rue du Londres moldu par un autre homme avait quelque chose de fascinant. Surtout quand on savait que l'homme en question n'était autre que soi-même… Nott réussit finalement à détacher ses yeux du journal pour les plonger dans ceux de Harry.

- Voilà qui est… fâcheux, tenta l'ancien Serpentard d'une voix presque caressante.

- Ne te fous pas de ma gueule Nott. On s'était mis d'accord. Je ne te comprends pas... Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait ça ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, l'interrompit-il. Je suis aussi sur la photo au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Cela me met tout autant dans l'embarras que toi, ajouta-t-il en passant une main sur son visage, mimant la gêne.

- Arrête tes conneries, il est impossible de te reconnaître ! Et c'est toi qui avait insisté pour qu'on se retrouve dans cette rue hier… chuchota Harry pour essayer de canaliser sa colère. Putain mais quel con j'ai été de t'avoir fait confiance !

Le fonctionnaire se saisit de l'exemplaire et se leva de son siège, décidant qu'il pouvait cesser son petit jeu d'acteur médiocre. Il toussota.

- Cet arrangement dont tu parles, vois-tu, ne m'arrangeait plus tant que ça. Je pense qu'il est temps de passer à autre chose. Et de bonnes relations avec la presse me permettront d'obtenir...certaines choses que tu es dans l'incapacité de m'offrir. Ton nom n'ouvre plus toutes les portes Potter, acheva-t-il cinglant.

- Je ne te comprends pas ! répéta finalement Harry sur le point d'exploser. Tu aurais pu te mettre la presse dans la poche de mille autres manières. Pourquoi a-t-il fallu que tu le fasses à mes dépens ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?

- Ça... Je te laisse y réfléchir tout seul comme le grand garçon que tu es. Vois ça comme une faveur Harry : tu n'as plus besoin de cacher le fait que tu es gay maintenant. Tu es officiellement et publiquement sorti du placard. Ne me remercie pas, ajouta-t-il d'un sourire qui n'atteignit jamais ses yeux.

Harry gardait les poings serrés le long de ses jambes. Il ne pouvait pas laisser libre cours à sa fureur ici. Pourtant, il n'avait qu'une envie, lui faire ravaler son putain de sourire. Le même sourire qui avait fait qu'il était tombé dans les bras de cet homme il y avait de ça quelques mois, à la soirée de rentrée du Ministère...

Dire qu'il s'ennuyait ferme à cette soirée eut été un euphémisme. Il se faisait royalement chier. Ron semblait vouloir parler à tous les fonctionnaires présents à cette soirée et leur raconter à quel point la maison qu'ils venaient d'acheter à Redhill était chaleureuse et à quel point sa femme, qui venait de terminer son deuxième ouvrage sur la situation géopolitique sorcière en Europe, était formidable. Harry connaissait déjà l'histoire. Il la connaissait même par coeur. Jusqu'aux inflexions dans la voix de son meilleur ami quand celui ci ajoutait :

- Vous l'avez vu en photo avec la Gouvernante de la Sorcellerie Française ?

Harry préférait aller insulter un hypogriffe plutôt que de l'entendre encore une fois parler d'Hermione avec cette voix pleine d'admiration et de dévotion.

Il était en train de fumer dans le patio, assis contre une des baies vitrées du bâtiment, lorsque le discret Theodore Nott s'était installé en face de lui, adossé à l'une des fontaines, se contentant de le regarder fixement. Harry avait alors pris le temps de le détailler dans l'épais silence qui les entourait. Le garçon qu'il avait connu à Poudlard était devenu un homme grand et mince, ses bras semblaient toujours un peu trop longs par rapport au reste de son corps mais quelque chose dans son regard s'était affirmé. Il semblait extrêmement sûr de lui. Il dégageait de sa personne une forme de suffisance, de superbe, qui avait allumé chez l'ancien Gryffondor un désir qu'il pensait avoir soigneusement étouffé…

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Alors que Potter quittait son bureau, plus rouge que jamais, Théodore Nott s'autorisa enfin à souffler. Il passa les mains derrière sa tête, étonné d'être en un seul morceau. Il savait pourtant Harry Potter dangereux... et c'était l'une des raisons pour lesquelles il fallait qu'il mette un terme à leur relation.

Il avait été agréablement surpris de voir le Sauveur succomber à ses avances. Et ce à plusieurs reprises. Tellement surpris à vrai dire qu'il en avait même nourri quelques timides espoirs de voir leur relation évoluer... Mais Théo s'était finalement rendu compte que la seule chose qui intéressait Potter commençait quand il passait sa main sous sa chemise et se terminait quand il remontait sa braguette. En dehors du sexe, il n'était rien pour lui. Et l'ancien Serpentard avait du mal à assumer l'idée qu'il soit celui qui éprouve des sentiments... il ne pouvait même pas formuler cela dans son esprit tellement il se sentait minable et faible. Et penser cela le mettant dans une colère épouvantable…

Il avait eu vite fait d'organiser cette petite mise en scène et de vendre les clichés à la Gazette du Sorcier. Il voulait que Potter comprenne à quel point lui aussi pouvait être dangereux, il voulait qu'il le considère comme son égal. Pas seulement comme un mouchoir. Minable et faible. Et puisque la séduction n'avait pas fonctionné, il avait dû trouver un autre moyen.

Malgré tout, le fonctionnaire ne pouvait s'empêcher d'éprouver une vague appréhension. Il doutait que Potter en reste là… Et il n'était pas sûr d'avoir bien pris la mesure de la rancoeur qu'il avait déclenché chez son amant. Son ex-amant, ajouta-t-il mentalement, se sentant vide tout à coup.

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Lorsque Harry rentra dans le Bureau des aurors, il marchait en regardant ses pieds pour rejoindre sa place le plus discrètement possible. S'il avait eu sa cape d'invisibilité il l'aurait utilisé sans la moindre hésitation…

Arrivé à son bureau, Ron l'attendait, manifestant son impatience en faisant jouer ses doigts sur une pile de dossiers.

- Qu'est ce que tu foutais putain ? grinça-t-il le plus discrètement possible à l'adresse de Harry. Tu as vu la Gazette ?!

Harry acquiesça d'un imperceptible mouvement de tête, il allait se sentir mal. Ron dût s'en apercevoir car son visage s'adoucit tout à coup.

- Ok mon vieux, tu sais quoi, ça va le faire, bafouilla-t-il précipitamment. Les sorciers ne sont pas… enfin, tu sais on en a déjà parlé mais... même s'il reste toujours quelques débiles pour considérer l'homosexualité comme une... déviance, enfin tu sais, mais on va, euh, après tout ce n'est pas plus mal non ? tenta-t-il, absolument pas convaincu par sa propre tirade.

- Ouais. Ça va le faire, répéta Harry malgré tout, l'air vaguement malade.

Alors qu'il ressentait déjà les regards curieux de certains de ses collègues dans son dos, une note de service atterrit délicatement sur un coin de son bureau. Il la déplia en s'asseyant dans son fauteuil, utilisant le corps de Ron comme les enfants utilisent les jupes de leurs mères… la technique était aussi immature qu'inefficace mais Harry n'était plus vraiment à ça près.

Sur la note, seulement quelques mots écrits hâtivement :

Potter,

Dans mon bureau.

Immédiatement.

K. Shacklebolt

Mortifié, Harry échangea un regard de pur désespoir avec son collègue et ami avant de se relever pour rejoindre le bureau du Chef des Aurors : Kingsley Shacklebolt.

- Monsieur, salua Harry d'une voix qu'il espérait ferme.

- Potter, répondit l'Auror, semblant déjà las avant même d'avoir dit quoi que ce soit. J'imagine que vous avez lu la Gazette… Je croyais avoir été clair concernant le devoir de discrétion qui incombe à TOUT membre de ce Bureau.

- Je n'ai pas voulu…

- Silence ! le coupa Kingsley. Je n'ai pas terminé. Sachez, que je me fiche de ce que vous faites de votre temps libre, ou des personnes avec qui vous le passez. Je me fiche de vos penchants pour les soirées trop arrosées ou... pour les hommes. Mais j'aimerais que cela ne se répercute ni sur votre travail ici, ni sur la réputation de notre service. Suis-je assez clair, Potter ? Puis-je compter sur vous pour faire en sorte que plus d'une semaine se passe sans qu'un nouvel article trivial et sordide ne paraisse à votre sujet !?

Harry était rouge de honte et souhaitait plus que tout disparaître de la surface de la Terre. C'était sans compter l'arrivée du chef de la Brigade de Police Magique : Caïus McLaggen.

Il détailla Harry d'un oeil aussi dégouté que s'il avait s'agit d'une immonde goule souffrant d'une maladie contagieuse et, sans le quitter des yeux, le nouveau venu demanda :

- Kingsley, qu'est ce qu'il fait là ?

- Nous avions terminé Caïus, Potter allait partir, n'est-ce pas Harry ?

- Oui Monsieur, formula Harry à voix basse en se dirigeant vers la sortie.

Quand il passa devant McLaggen qui ne se poussait pas pour le laisser sortir, il l'entendit murmurer quelque chose qui ressemblait beaucoup trop à une insulte pour le ton doucereux qu'il venait d'emprunter. Harry le bouscula un peu plus que nécessaire pour pouvoir passer et se pressa de rejoindre son coéquipier.

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14 novembre 2005 - dans la soirée - Lamb & Flag, Londres, Angleterre

- Il t'as traité de quoi ?! s'écria Ron en s'étouffant à moitié avec la part de tarte qu'il venait d'avaler.

- "Sale petit suceur de queues", répéta Harry les dents un peu trop serrées pour quelqu'un qui voulait se donner l'air détaché.

- Tu n'as rien dit à Kingsley ? s'étonna Hermione, en saisissant la nouvelle Bièraubeurre que le serveur lui tendait.

- Il venait de me demander d'arrêter de salir la réputation des aurors, je ne pense pas qu'il était disposé à prendre ma défense contre ce connard de McLaggen, se défendit Harry.

Il voyait bien que l'un et l'autre de ses amis devaient se mordre l'intérieur des joues pour ne pas le traiter de sombre idiot. D'abord parce qu'il s'était fait mener par le bout du nez par ce traître de Nott et ensuite parce qu'il n'avait même pas eu le cran de répliquer quoi que ce soit à l'énorme enflure qui servait de Chef à la Brigade de Police.

Ron et Hermione ne semblaient pas se rendre compte qu'il valait mieux qu'il fasse profil bas et commence à s'habituer à ce genre de remarque. Car, si c'était en effet la première qu'il essuyait, il y avait fort à parier que ce ne soit pas la dernière...

- J'y pense, reprit Ron les yeux exagérément agrandis tout à coup, tu n'étais pas sorti avec son fils en 6ème année ?! demanda-t-il à l'adresse d'Hermione.

- N'importe quoi, répondit-elle cassante. Je ne suis jamais sortie avec Cormac. J'ai passé une soirée entière à la fuire. Ça n'a rien à voir !

Harry sourit en voyant ses amis exagérer leurs chamailleries pour lui changer les idées. Dans quelques minutes le bar dans lequel ils avaient l'habitude de se retrouver serait rempli de ses anciens camarades de classe et il ne savait pas à quelle sauce il serait mangé…

Alors que Neville venait de passer la porte du Lamb & Flag, Hermione gratifia Harry d'un sourire d'encouragement et, à voir la teinte grisâtre que prenait son visage, il allait en avoir besoin.

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27 novembre 2005 - Stonehenge, Wiltshire, Angleterre

Comme tous les 27 novembre depuis 5 ans, Harry Potter se tenait au centre de l'un des plus anciens tombeaux magiques d'Angleterre. L'un des plus connus aussi, et pas seulement des sorciers... Mais, malgré leur persévérance, les moldus n'avaient jamais réussi à percer les secrets de Stonehenge. Pour cela, il aurait fallu qu'ils soient en mesure de décrypter des runes sorcières vieilles de plusieurs milliers d'années… ce qui était loin d'être donné à tout le monde, pensa Harry, l'image d'Hermione se dessinant momentanément dans son esprit.

Il faisait un froid glacial, pourtant le jeune sorcier ne portait qu'un pull léger. N'ayant pas pris la peine d'enfiler une veste en quittant la maison des Black, la brume humide traversait les fines couches de ses vêtements, lui donnant la chair de poule. Il ne semblait cependant pas pressé de quitter les lieux, figé entre les pierres, il attendait.

L'épais silence qui régnait sur la plaine le plongea dans ses pensées. C'est ici que les cendres de Narcissa Malefoy avaient été dispersées dans la plus grande discrétion par sa dernière soeur encore vivante. Il n'y avait eu ni cérémonie, ni personne pour la pleurer.

Trois ans après sa mort, et après une semaine de cauchemars incessants et avisant de la date sur son calendrier, Harry était venu. Seul. Sans en parler à personne. Une fois sur place, son geste lui avait paru finalement déplacé. Pourtant, l'année d'après, il était revenu. Et encore celle d'après. Il se disait qu'il venait ainsi manifester sa reconnaissance à la femme à laquelle il pensait devoir une partie de sa victoire contre Voldemort. Mais c'était bien plus que ça…

Harry Potter se rendait chaque année dans le Wiltshire, avec la fidélité d'un chien ayant perdu son maître et continuant d'espérer son retour.

Il s'apprêtait finalement à partir, ses pensées prenant un tour définitivement désagréable, quand le sentiment d'être observé le força à se retourner. Harry était presque certain de sentir la magie d'un autre mais ne distinguait pourtant personne parmi les blocs monolithiques. Persuadé de ne pas être seul, il sortit sa baguette d'un mouvement vif.

- Revelio ! s'écria-t-il, pointant un espace qui aurait semblé vide à qui que ce soit d'autre.

Contre toute attente, dans un froissement de cape, un homme drapé de gris apparu sous la brume de Stonehenge. Comme s'il avait attendu ce moment, il ne manifesta pas la moindre trace d'étonnement d'avoir été ainsi découvert. Un sourire hautain plaqué sur les lèvres il s'avança tranquillement vers l'ancien Gryffondor.

- Potter, salua Draco Malfoy du bout des lèvres.

- Malfoy, répondit Harry sur le même ton, s'appliquant à ne rien laisser transparaître de son hébétude.

- Cinq ans que tu m'empêches de venir me recueillir tranquillement sur la dernière demeure de ma défunte mère, reprit Malfoy sans émotion. À croire que ton destin sera toujours de m'ennuyer… se moqua-t-il de sa voix traînante.

- C'est vrai que ce fut terriblement ennuyeux de te sortir de la Salle sur Demande au lieu de te laisser brûler vif, répondit Harry en imitant le ton railleur de Malfoy, pas vraiment prêt à plaisanter avec son ancien ennemi. Tu me ferais presque éprouver quelques remords, ajouta-t-il comme pour se venger d'avoir été ainsi pris au dépourvu.

Le blond serra les dents mais ne répondit rien, préférant détourner le regard, les yeux perdus dans la brume alentour.

Harry, plus étonné encore du silence de Malfoy, en profita pour détailler l'homme qui se tenait maintenant à sa gauche. Il avait changé… L'ancien Serpentard avait laissé pousser ses cheveux depuis son procès, bien qu'il les porte plus courts que lorsqu'il était plus jeune. Quelques mèches blondes fouettaient son front, balayées par le vent qui soufflait trop paresseusement sur la plaine pour y chasser le brouillard environnant. Ses traits s'étaient endurcis, mais son visage gardait une finesse et une élégance qu'il tenait de sa mère. Sa peau semblait déjà rougir sous le froid environnant faisant ressortir ses pommettes. Ce n'était pas tant son visage que sa posture qui laissait penser à Harry que le dernier héritier des Malfoy avait profondément changé. Le garçon arrogant qui portait le menton haut, avait laissé place à un homme dont tout le corps criait qu'il avait l'habitude de raser les murs. Bien qu'il se tînt droit et fier entre les pierres d'un autre âge, Malfoy semblait vouloir se fondre dans le décor, sa cape grise s'enroulant autour de lui. Pierre parmi les pierres… Cette vision déconcerta Harry quand l'autre reprit finalement la parole :

- Je dois t'avouer que je désespérais que tu te rendes compte un jour de ma présence, murmura-t-il presque sur le ton de l'aveu.

Cette apparente sincérité fit l'effet d'une claque à Harry dans la tête duquel les questions se bousculaient déjà. L'inertie du lieu lui pesa tout à coup, il fallait qu'il bouge, qu'il parle. Il ne savait même pas par quoi commencer tant l'attitude de Malfoy le prenait au dépourvu. Il voulait savoir où son ancien ennemi avait disparu ces huit dernières années, ce qu'il faisait, s'il était venu là chaque année, dissimulé par un sort d'invisibilité, et pourquoi se décidait-il soudainement à se montrer à lui, pourquoi aujourd'hui...

- Tu ne t'es pas tué finalement ? demanda-t-il abruptement, lui-même surpris d'avoir posé cette question parmi toutes celle qui envahissaient son cerveau.

Malfoy le regarda vaguement écoeuré, il pinça les lèvres avant de répondre :

- Bien. Je crois que ces charmantes retrouvailles sont terminées Potter. J'entends que tu n'aies pas de sujet de conversation qui te plaisent autant que l'idée de ma mort, et pour cette raison, je te prierai de ne plus venir célébrer celle de ma mère à l'avenir... Il me semble que tu as toi-même assez de tombes sur lesquelles pleurer pour occuper tes jours de congés, ne put-il s'empêcher d'ajouter avant de tirer sa baguette de sa poche.

Harry comprît presque trop tard que Malfoy s'apprêtait à transplaner sans autre forme de procès. Il fonça alors sur lui et saisit fermement son poignet, se laissant aspirer à la suite de l'ex-mangemort. Celui-ci se débattait pour lui faire lâcher prise mais l'auror tînt bon et ils arrivèrent lourdement dans ce qui ressemblait à un minuscule salon faiblement éclairé. Le brun n'eut pas vraiment le temps de s'abimer dans la découverte des appartements de Draco Malfoy car celui-ci le projeta à terre en lui assénant un fulgurant coup du poing en pleine figure. Alors que Malfoy se jetait sur lui, s'apprêtant à le frapper de nouveau, l'autre sorcier parvint à dégager sa baguette de sa poche.

- Stupefix ! cria Harry essoufflé, envoyant ainsi son adversaire s'écraser contre l'un des murs du salon. Malfoy avait l'air étrangement débraillé, assis par terre, le dos et la tête contre le mur de son salon, sa cape enroulée autour de l'un de ses bras, tirant sur le col de sa chemise qui laissait apparaitre le début d'un clavicule, une goutte de sueur roulait de sa tempe et dessinait lentement le contour de sa mâchoire, sa lèvre supérieure retroussée dans un sourire tordu par la colère et les pommettes rougies.

Harry réalisa qu'il était en train de fixer Malfoy depuis une longues minutes et que l'autre avait beau être paralysé par le sort il n'en était pas moins conscient. En se relevant, il essaya de se reconstituer un semblant de dignité, espérant plus que tout que Malfoy n'avait pas vu son trouble. Qu'est-ce qui lui prenait bon sang ? Il devenait complètement cinglé !

Debout au milieu de la pièce, il fit quelques pas pour s'approcher un peu plus de l'autre homme toujours figé par le sort qu'il lui avait lancé. Sa pommette gauche le lançait douloureusement mais il ne voulait ni la toucher ni la soigner à l'aide d'un sortilège. Il n'aurait pas supporté pas que Malefoy puisse penser qu'il avait réussi à lui faire mal.

Harry s'accroupit finalement à hauteur du regard de son adversaire de toujours qui semblait brillait d'une lueur plus dévastatrice que jamais.

- Je vais te libérer du sortilège, tenta-t-il doucement, comme on parlerait à un chien prêt à mordre. Et on va finir notre discussion. Je suis… désolé d'avoir posé cette question, grimaça-t-il peu habitué à présenter des excuses à qui que ce soit. Je n'avais pas l'intention de te mettre en colère, ni de m'inviter chez toi à vrai dire, ajouta-t-il en jetant un regard circulaire à la pièce pour dissimuler sa gêne. Mais tu allais me laisser sans réponse et… Tu ne m'as pas vraiment laissé le choix, ajouta-t-il plus vivement comme pour se convaincre lui-même.

Au fond de lui, Harry savait qu'il n'avait aucune bonne raison d'avoir suivi le blond. Certes il n'avait pas eu le temps de lui poser ses questions mais Malfoy n'était en rien tenu d'y répondre. Il n'avait simplement pas supporté l'idée de voir à nouveau disparaitre celui qu'il n'était pas parvenu à oublier ces huit dernières années.

- Enervate, souffla-t-il, ne lâchant pas son hôte des yeux. Bien décidé à garder la tête froide cette fois.

Aussitôt Malfoy passa une main dans ses cheveux dégagea avant de se relever élégamment. Il défit sa cape qu'il laissa tomber sur le sofa à sa gauche et épousseta rapidement son pantalon sans accorder un seul regard à son invité. Une mèche de ses cheveux courts tombait devant ses yeux, il la repoussa encore d'un geste lent, reprenant une longue inspiration.

- Potter, Potter, Potter s'exclama-t-il feignant le plaisir de découvrir le sorcier debout dans son salon. Je ne sais pas si tu es au courant, reprit-il, mais le simple fait d'être Celui-qui-a-vaincu-tu-sais-qui ne te donne ni le droit de m'obliger à répondre à tes misérables petites interrogations, ni celui de t'introduire chez moi contre ma volonté, dit-il en insistant sur la fin de sa phrase. D'ailleurs, je pense que c'est un motif assez sérieux pour que je puisse prévenir la Brigade de Police Magique de cette… intrusion. La presse appréciera surement de te voir embarquer par tes collègues pour t'être invité sans motif chez un ex-Mangemort. J'ai remarqué qu'ils adoraient te voir devenir, aux yeux de tous, le pauvre raté que tu as toujours été, termina-t-il en savourant sa tirade.

Potter resta de marbre sous l'attaque, à priori plus occupé à ne pas lâcher des yeux la baguette que Draco tapotait contre sa cuisse qu'à tiquer sous l'insulte. Il devait sûrement craindre que celui-ci formule le sort permettant de contacter la Brigade.

- Très bien, articula finalement le brun. J'imagine en effet que ça ne te poserait aucun problème de voir débarquer la Police et la presse chez toi alors même que tu as réussi à rester invisible ces dernières années… ironisa-t-il, malgré tout moins confiant que ce qu'il voulait bien laisser paraître.

Malfoy mis quelques secondes à réagir, évidemment Potter avait vu juste. Il n'aurait jamais pris le risque de révéler son adresse. Seule une poignée de Hauts Fonctionnaires savaient où il habitait, et, selon lui, c'était déjà trop. Draco désirait plus que tout sauter à la gorge de Potter pour avoir oublié son habituel manque de discernement… Dans le même temps la lueur de défi qu'il pouvait voir briller dans les yeux du sorcier brun le fit se sentir plus vivant que jamais. Ça et le sang qui coulait d'une de ses narines à la suite du coup qu'il lui avait porté au visage… Draco ne put retenir le rire qui montait du fond de sa gorge. Potter et son air idiot ne faisant qu'augmenter son hilarité aussi incontrôlable que malvenue. Après quelques minutes, il finit par se calmer, incapable tout de même de retenir le rictus ironique qui faisait s'étirer ses lèvres. Il fit voler deux verres plein d'un liquide ambré en direction de la table du salon.

Redevenu totalement maître de lui-même, le dernier des Malfoy s'installa dans le seul fauteuil de la pièce et attendit que Potter veuille bien assimiler qu'il l'invitait à boire un verre. Comme il l'avait prévu ce fût long, le brun ne parvenant pas à comprendre ce revirement de situation. Ce moment d'incertitude laissa tout le temps nécessaire à Draco pour examiner ce "nouveau Potter", plus vieux de huit ans. L'ombre d'une barbe mangeait la moitié de son visage, lui donnant l'air d'un homme plus vieux que ce qu'il était. Des cernes creusaient son visage hâlé, faisant ressortir plus encore ses yeux verts toujours cachés derrière d'épaisses lunettes rondes. En revanche, le pull noir qu'il portait ne cachait pas grand chose du corps maintenant musclé du sorcier. Continuant son examen, le blond s'aperçut que le pantalon de l'autre sorcier était trempé. Sans trop y réfléchir Draco lança un Tergeo informulé sur les jambes de Potter qui séchèrent aussitôt.

- Merci, articula lentement l'autre homme, ressentant la chaleur du sort dans tout son corps.

Potter s'installa sur le bord du sofa, posant ses coudes sur ses genoux, les mains croisées, semblant attendre que Draco l'invite à se saisir de son verre. Mais la gêne évidente du Gryffondor amusait bien trop le maître des lieux pour qu'il ne lui facilite la tâche. Il porta son propre verre à ses lèvres, laissant le rhum réchauffer délicieusement sa gorge.

- Pourquoi agis-tu de manière si étrange ? demanda finalement Potter, n'y tenant plus.

- Je ne vois rien d'étrange dans ma façon d'agir, répliqua le blond, serein. Je me rends sur les lieux ou les cendres de ma mère ont été dispersées pour m'y recueillir à la date anniversaire de sa mort. J'y salue un ancien camarade de classe. Il me suit alors que je manifeste clairement mon désir de rentrer chez moi. Je le préviens de mon intention de prévenir la police et finalement, dans mon infinie sagesse, je me rends compte du ridicule de cette situation et je lui propose, puisqu'il est déjà chez moi, de boire un rhum australien de la meilleure qualité, termina-t-il en levant son verre d'un air insolent.

- Depuis quand ton infinie sagesse te sert-elle de preuve à ton indéniable supériorité ? questionna Potter ironique.

Malfoy haussa un sourcil, l'air de prendre son vis-à-vis pour le dernier des crétins.

- Depuis que mon père est à demi-mort et que je ne peux plus m'appuyer sur mon nom pour prouver quoi que ce soit, répondit tranquillement l'ancien Serpentard en tendant ses jambes devant lui s'installant plus profondément dans le fauteuil dans lequel il était assis.

C'était réellement divertissant de voir Potter essayer de cacher son étonnement face aux réponses a priori déconcertantes de Draco. Si Potter avait autant changé que la presse semblait vouloir le faire croire il allait se rendre compte qu'il était loin d'être le seul dans ce cas.

- Et toi Potter, pourquoi agis-tu de manière si étrange ? questionna Draco à son tour.

Le brun commença à ouvrir la bouche puis se ravisa tout à coup, passant sa langue sur ses lèvres, un air buté au fond des yeux. Il attrapa le verre qui était resté sur la table et commença à boire.

- Allons Potter, n'essaie pas de me faire croire que tu n'agis pas bizarrement, lança finalement le blond qui s'impatientait. Cela fait cinq ans que tu te rends à Stonehenge, le jour de la mort de ma mère. Tu y restes parfois des après-midi entières. Et voilà que tu t'accroches à moi alors que je transplane et t'invites chez moi sans ma permission. Sérieusement, j'aimerais comprendre… termina-t-il en plantant son regard dans celui de l'auror.

- Il n'y a rien à comprendre Malfoy, trancha l'autre mal à l'aise.

- Tu penses réellement pouvoir me poser des questions sans même te donner la peine de répondre aux miennes, constata Draco, moins flegmatique tout à coup. Honnêtement, je pense avoir assez souvent joué le jeu des interrogatoires pour passer mon tour…

- Je ne savais pas où tu étais, lança finalement l'auror. Cette information est confidentielle, seule Shacklebolt et McLaggen ont accés à ton dossier. C'est eux qui sont en charge de contrôler les informations que leur rapporte la Trace qu'ils t'ont placée. Et… je ne savais pas où tu étais répéta-t-il finalement, comme si cela répondait à la question de Draco.

Malgré la langueur dans laquelle avait commencé à le plonger son verre de rhum, l'ex-Mangemort sentit monter en lui une fureur sans nom.

- T'es-tu imaginé, Potter, que malgré la surveillance acharnée de tes collègues, j'avais réussi à disparaître de la circulation pour m'adonner au joie de l'assassinat et de la torture ? questionna-t-il plus glacial que jamais.

- Je n'ai pas dit ça, j'étais juste… tu aurais pu être n'importe où, tu n'avais plus rien en sortant de prison, ni argent ni famille, j'ai pensé que…

- Oh oui je t'en prie, dis moi ce que le Héros du monde sorcier a bien pu penser, éclaire moi de ton intelligence et de ta grandeur Ô Toi Notre Sauveur ! le coupa Draco fou de rage à présent.

- Laisse tomber, grinça Harry se relevant vivement du sofa dans lequel il s'était assis moins de quelques minutes plus tôt.

- Tu prends la fuite Potter, il me semblait que c'est toi qui voulait terminer notre petite discussion ?

Potter était en train d'entrouvrir la porte d'entrée de Draco, quand celui ci l'attrapa par le bras le forçant à se retourner.

- Je ne pense pas t'avoir donné la permission d'aller faire un tour, grinça-t-il ne lâchant pas sa prise.

Potter le repoussa violemment, l'obligeant à libérer son bras.

- Il faudrait savoir Malfoy, je croyais que ma présence ici n'était en rien désiré, as-tu déjà changé d'avis ? Tu veux peut-être me proposer plus qu'un verre ? demanda-t-il railleur.

Le blond grimaça sous le sous-entendu. Il fallait qu'il se contrôle pour résister à son envie d'envoyer un sort douloureux à Potter. Même si ça lui coûtait de l'admettre, Draco avait absolument besoin du Gryffondor et il ne pouvait en aucun cas le laissait partir maintenant.

- Vois-tu, je me fiche finalement de ta soudaine affection pour feu ma mère et je serai même ravi de répondre à la moindre de tes sordides petites interrogations mais, avant cela, j'ai une sorte de … service à te demander, avisa-t-il de sa voix traînante.

Draco vit dans le regard de Potter que celui-ci venait de comprendre que leurs retrouvailles n'avaient rien de fortuites. Il devait présumer que l'ex-mangemort avait absolument tout planifié, ce qui était loin d'être le cas, songea Draco…

Néanmoins, comme si les planètes de son univers s'alignaient de nouveau, Potter ne semblait plus vouloir fuir. Il s'avança à nouveau dans le salon de Malfoy et s'assit finalement sur le fauteuil dans lequel il l'avait vu plus tôt. Goûtant l'insolence de son geste.

- Tu as besoin de mon aide Malfoy ? questionna Harry en s'installant, plus sarcastique que jamais.

- De ton assistance serait plus juste, rectifia le blond en fronçant le nez. J'aimerais, commença-t-il hésitant, j'aimerais avoir accès au dossier de ma mère… et connaître les noms des sorciers, aurors ou non, présents ou Manoir ce jour-là, continua-t-il en s'approchant de Potter.

Celui-ci avait froncé les sourcils sous la surprise, il laissa passer quelques secondes avant de reprendre.

- Même en considérant que je sois en capacité d'accéder au dossier de ta mère, ce qui n'est absolument pas le cas, explique moi pour quelles raisons je ferais une chose pareille ? Qu'est ce que tu cherches et qu'est ce que j'y gagne ? demanda Potter dans un souffle.

S'il voulait que Potter participe à ses recherches, il allait être obligé de se livrer à lui et cette pensée ne l'enchantait pas vraiment. Mais il savait, au plus profond de lui-même, que Potter était sa seule chance d'obtenir des réponses. Potter était le seul sur qui il avait un semblant… d'influence. En tout cas il avait besoin de croire que c'était le cas. Et il était aussi le seul qu'il pensait en mesure de lui apporter la vérité... même si ça le tuait de l'admettre. Il avait fallu 8ans pour qu'il accepte qu'il n'y avait qu'en lui qu'il croyait... Draco se sentit soudain las, fatigué de rejouer l'arrogance de son passé.

- Tout ce que tu veux, articula-t-il en avalant sa salive. Si tu m'aides, je te promets de… je te serai redevable, je paierai ma dette envers toi, peu importe ce que tu exiges, et peu importe quand tu l'exigeras, termina Draco essayant de ne pas paraître trop implorant.

- Tu ne dois pas être sérieux… commenta Harry qui le regardait de biais, suspicieux.

- Je suis on ne peut plus sérieux Potter. J'ai besoin de savoir ce qui est arrivé à ma mère, grinça-t-il entre ses dents.

- Elle s'est tué Malfoy ! s'exclama le brun en détachant bien chacune des syllabes, savourant l'effet de ces quelques mots sur le blond qui n'avait eu de cesse de lui rappeler que ses parents à lui étaient morts. Elle est entré dans sa chambre, elle a récupéré une bague dans son coffre à bijou. Cette bague cachait un poison et elle l'a avalé. Voilà ce qui s'est passé.

- Ta gueule Potter ! Tu ne sais rien ! Ça c'est la jolie histoire qu'ont raconté les gentils aurors du Département de la Justice Magique. Voilà ce que c'est ! gronda-t-il. Ma mère ne se serait jamais suicidée. Ma mère ne se serait jamais donné la mort alors que je pourrissais dans une prison en Irlande, alors qu'elle ne savait pas ce qu'il allait advenir de moi, continua-t-il, sa voix se cassant sur la dernière phrase.

Il ferma les yeux et pinça l'arrête de son nez pour s'empêcher de flancher. Il était déjà bien assez pathétique comme ça. Potter ne le lâchait pas des yeux, comme hypnotisé. Il se demanda depuis quand on ne l'avait pas regardé comme ça. Regardé vraiment. Il s'approcha encore un peu plus de lui, posant ses longues mains sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel le brun avait cru malin de s'asseoir. Il approcha dangereusement son visage du sien, leurs regards vissés l'un à l'autre. Il vit Potter déglutir difficilement. Draco ferma les yeux le temps d'une respiration.

- Elle ne s'est pas tuée, répéta-t-il dans un murmure. Et je sais que tu le sais aussi. Tu pourras dire tout ce que tu veux Potter, mais j'ai assez longtemps été ton idée fixe pour savoir que tu n'agis pas seulement par bêtise et inconscience. Cinq ans que tu rodes sur Stonehenge comme si tu cherchais quelque chose, comme si un détail t'échappait. Le voilà ton détail : Elle ne s'est pas tuée, elle a été assassinée.

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Flic, flac, floc c'est la fin du chapiiiiitre :) Et j'espère que ça vous a plu ! Dites moi ce que vous en pensez en commentaire ! Nott plan cul régulier de Harry, Malfoy qui guette la venue de Harry à Stonhenge, Narcissa aurait-elle pu se suicider selon vous ? Est-ce que vous aimez bien ce personnage ? Moi j'ai toujours trouvé Narcissa intéressante... À bientôt !

Phil Goude.