Pour cette fic, le thème était, au choix, Martine à la plage ou Martine fait la cuisine.
Notre bonne éducation
Mademoiselle Cassiopée sait tout faire. Elle jardine avec son chat, elle apprend ses leçons avec sa gouvernante, elle vole sur un petit balai, elle prend même le thé, quand sa maman le permet et que les elfes de maison veulent bien le lui servir. Mademoiselle Cassiopée n'est pas toujours sage, loin de là. Elle dissimule un crapaud dans le lit de son petit frère. Elle se fâche tout rouge quand son papa lui ordonne d'aller se coucher et pique une telle colère qu'elle met le feu à sa robe toute neuve, celle qu'il a mise pour parler avec le Ministre. Elle dit à sa grand-mère qu'elle ressemble à un troll (et ce n'est pas poli même si ce c'est vrai parce que Grand-maman a des verrues partout depuis qu'elle est trop vieille pour se rendre en ville) et elle se moque de sa tante qui s'habille comme une moldue (sa maman le fait aussi, mais jamais en public).
Mademoiselle Cassiopée, est-il besoin de le préciser, est une fille de bonne famille.
Elle ne combat pas de dragon, elle ne dompte pas de basilic, elle n'affronte pas de loup-garou – elle ne délivre certainement pas de princesse.
Et pourtant, Lucius l'avait toujours préféré à tous ces mages virils, à ces sorciers enquêteurs et autres chevaliers efficaces dont les gravures galopaient sans fin sur les pages des livres que l'on mettait entre les mains des garçons de son âge.
Bien sûr, il lui fallait ruser pour parvenir à lire de nouveaux tomes. Il se fournissait principalement chez ceux de ses petits copains qui avaient des sœurs, plus jeunes ou plus âgées, et parfois quand il allait à un goûter chez une fille il se servait directement dans sa bibliothèque. Il savait se montrer astucieux et connaissait tous les prétextes (maux de ventre, besoin de boire un verre d'eau, de se laver les mains, envie de caresser le hibou de la famille, curiosité pour la collection de poignards ensorcelés) pour s'isoler quelques temps sans offenser le reste de la compagnie.
Le jour de son mariage avec Narcissa, Lucius avait vingt-cinq ans et dans toute la collection des Mademoiselle Cassiopée…, il n'y avait plus que trois titres qu'il n'avait jamais lus : Mademoiselle Cassiopée fait une potion, Mademoiselle Cassiopée et son niffleur et Mademoiselle Cassiopée vole sur un tapis.
Ce furent ses trois premiers achats, le jour où Narcissa lui annonça qu'elle était enceinte. Quelques mois plus tard, lorsqu'une visite de la devineresse les eut renseignés sur le sexe du futur enfant et que Narcissa voulut donner les livres aux Parkinson, qui attendaient une fille, il feignit de ne plus se rappeler l'endroit où il les avait entreposés. À cause de cet achat précipité et de cette réticence suspecte, sa femme crut longtemps qu'il aurait souhaité une fille plutôt qu'un garçon, ce qui n'était pas faux, mais pas non plus aussi vrai qu'elle le pensait.
Surtout depuis ce jour où il était venu récupérer Drago, alors âgé de cinq ans et qui avait été invité à l'anniversaire de jumelles d'un collègue de Lucius au ministère, et où il l'avait surpris absorbé par les aquarelles à peine animées de Mademoiselle Cassiopée a une petite sœur.
