Hola ! Avec les vacances, je me perds dans les jours, et par manque de temps, le chapitre débarque un mercredi. Pourquoi pas haha ! Encore un peu d'action et on commencera à rentrer dans le vif du sujet à partir du prochain chapitre hihi, bonne lecture :)
La chute dura une demie-seconde, à peine. Son corps embrassa la rugosité d'un matelas miteux et Joy fit un rebond avant de s'immobiliser complètement. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son regard rencontra d'abord le visage brumeux d'un homme composé de flammes violettes. Puis au fur et à mesure que ses yeux s'habituaient à la nuit, elle distingua d'autres formes. La clarté de la lune dehors éclairait le reste des membres de l'alliance vaquant à leurs occupations avec ennui. En face d'elle, Kurogiri la surplombait, vêtu d'un costume bon chic bon genre.
- Tu m'as foutu les jetons ! J'ai cru que tu ne viendrais pas, fulmina Joy, contrariée.
Elle était encore essoufflée de sa récente course. Toga attrapa avec un grand sourire la sacoche de bijoux qu'elle lui lança, avant de partir d'une démarche sautillante. Kurogiri s'excusa plusieurs fois auprès de Joy pour son léger retard qui aurait pu leur coûter très cher. Il resta courbé en avant tout le temps de ses excuses, poli et gentleman en tout instant. Si Eraserhead avait continué d'avancer, Joy aurait dû sauter plus rapidement. Et elle aurait sans doute loupé le portail offert par ses associés - ce qui, pour sûr, lui aurait été fatal. La jeune femme dépoussiéra ses vêtements avant de réaliser qu'elle avait abandonné ses chaussures et le bas de sa robe dans sa course.
- Kurogiri ? Est-ce que tu peux m'envoyer dans ma chambre ? demanda-t-elle avec plus de flegme.
- Tu dois rester avec nous jusqu'au retour du chef, gronda une voix grave au fond de la pièce.
Elle ne l'avait pas remarqué à son arrivée. Le jeune homme était assis à l'autre bout de la salle, perché sur un vieux tonneau entre deux caisses en bois. Son regard bleu était glacial. Contrairement au reste de l'alliance avec qui elle avait pu échanger rapidement et avec qui le courant était bien passé, Dabi était le seul qui était resté complètement froid et fermé. Lorsqu'il lui adressait la parole, c'était uniquement pour être désagréable. Joy lui rendit son regard aigri et se releva avec l'aide de Kurogiri.
- Il n'aura qu'à ouvrir un portail pour vous emmener jusqu'à moi. J'ai envie de dormir, j'ai utilisé mon alter toute la soirée. Et j'ai besoin de me changer.
- Kurogiri fatigue aussi lorsqu'il utilise son alter ! aboya le jeune homme. Tu n'as qu'à dormir ici.
Joy n'en revenait pas. Dabi allait la forcer à passer la nuit sur un vieux matelas, dans un entrepôt probablement rempli de rongeurs et d'insectes en tout genre ?
- Hors de question.
Le jeune homme balança ses jambes en avant et sauta de son perchoir. L'agacement déformait les traits de son visage et son emportement soudain poussa Joy à se mettre en garde.
- C'est bon, calmez-vous ! intervint Kurogiri. Je vais l'emmener, ce n'est pas un voyage très contraignant. De toute façon, elle ne partira pas puisqu'elle n'a pas été payée...
- Et si elle a truqué les bijoux qu'elle vient de nous donner ? Elle pourrait repartir avec l'intégralité du butin. Vous lui faites trop confiance.
- Tu veux me fouiller ? demanda Joy en passant une main le long de la bretelle de sa robe, la poussant légèrement sur son épaule.
Dabi fit claquer sa langue contre son palais mais ne détourna pas le regard comme elle l'avait espéré. Au contraire, l'invitation étant supposée le déstabiliser, ne semblait pas le rebuter plus que ça. Joy était agacée et souhaitait seulement se reposer. Travailler avec des vilains, elle le faisait par dépit. Par besoin d'argent, par facilité mais elle les détestait presque tous. Certains, comme Twice, n'avaient pas un mauvais fond d'autres, comme Kurogiri, étaient attentionnés et serviables. Mais leur disparition l'aurait laissée indifférente. Joy n'était là que pour l'argent. Elle reprit la parole d'une voix posée mais stricte, articulant chacune de ses syllabes avec soin.
- Je vais rentrer dormir dans ma chambre d'hôtel. J'ai signé un contrat, vous êtes mes employeurs, vous m'avez fait confiance. Faites moi confiance jusqu'au bout. Si tu penses que je vous ai roulés, tu n'as qu'à rester à l'hôtel avec moi jusqu'à la revente des bijoux.
Elle attendit la réponse du bras droit de Shigaraki. Il acquiesça lentement, son regard toujours glacial.
- Fais nous passer tous les deux, ordonna-t-il à Kurogiri.
Le vilain ouvrit un portail et Joy entra en première, l'homme sur ses talons.
Traverser les portails de Kurogiri était une drôle d'expérience pour la jeune femme. Le portail formait un cercle violet et noir en son centre. Lorsqu'elle s'y enfonça, les flammes caressèrent sa peau sans pour autant la brûler. Elles n'étaient ni froides, ni chaudes et donnaient plutôt la sensation de passer à travers une série de voiles légers. À l'intérieur du portail, il faisait sombre. Elle n'était pas bien sûre de ce qu'il se passerait si elle y entrait sans en voir la sortie. Se perdrait-elle ? Serait-elle broyée par l'obscurité ? Un frisson parcourut son échine lorsque ses pieds nus touchèrent la moquette de sa chambre d'hôtel. Le passage était court, deux pas à tout casser. Elle entendit Dabi derrière elle et lorsqu'elle se retourna, le portail avait déjà disparu.
Joy vérifia d'un rapide coup d'œil l'état de sa chambre, sondant la pièce à la recherche d'affaires indiscrètes qu'elle aurait pu laisser traîner. Satisfaite de voir que tous ses vêtements étaient correctement empilés dans sa valise, elle se dirigea vers la salle de bain.
- Attends.
La voix de Dabi lorsqu'il donnait des ordres portait facilement. Joy roula des yeux et lui fit face. Le vilain était beaucoup plus grand qu'elle et du haut de son petit mètre soixante sans talons, Joy paraissait minuscule. Il passa devant elle, alluma la salle de bain et se mit à fouiller la pièce. La jeune femme resta appuyée contre le cadre de la porte pendant qu'il vidait chaque placard et vérifiait les aérations.
- Tu as pensé à regarder si j'avais caché un 44 magnum dans le gel douche ? suggéra-t-elle avec un sourire moqueur.
- Ferme-la.
Elle se tut et l'observa sortir tous les produits entassés sous l'évier pour les disposer un à un sur le lavabo en fonte. La salle de bain était petite mais plus que correcte pour une chambre simple. Il y avait des rangements sous l'évier, une petite poubelle dans le coin de la pièce et aucune ouverture à part l'aération au plafond. La douche et les toilettes étaient situées face à l'évier et enfin derrière la porte, il y avait un séchoir électrique pour les serviettes. Une salle de bain moderne dans des tons bleu foncé, rehaussés par le blanc de la faïence.
- C'est bon, admit-il en quittant la pièce aussi vite qu'il était arrivé.
Joy se contenta de lever les yeux au ciel une fois de plus en constatant le nouveau bazar qui régnait dans la salle de bain. Pensait-il vraiment qu'elle allait s'échapper grâce au pouvoir d'une brosse à dent ? Ou bien prendre la fuite via les canalisations ?
Absurde.
Joy secoua la tête et ferma la porte à clef avant de se déshabiller devant le miroir. Sa cuisse qui avait épousé les formes du bitume une quinzaine de minutes plus tôt était amochée. La couleur et l'aspect de la blessure rappelait celle d'une mauvaise chute à vélo. Elle grimaça et attrapa la bouteille de désinfectant déjà posée sur l'évier. Joy nettoya rapidement sa plaie et rangea tout le désordre créé par son nouveau colocataire.
Lorsqu'elle entra dans la cabine de douche, une vague de fatigue l'assaillit. Son alter, Switch, était un énorme consommateur de sucres lents et de protéines. Pourtant, avoir un métabolisme rapide n'avait pas empêché aux bourrelets de s'installer le long de son corps. Elle avait des poignées d'amour saillantes au-dessus des hanches, parsemées de stries rougeoyantes, et des cuisses volumineuses, cachées sous de nombreux tatouages. L'eau chaude détendit les muscles de son dos et ses épaules retombèrent doucement le long de son corps. Joy prit la pomme de douche dans sa main et se laissa glisser le long du mur carrelé jusqu'à s'asseoir dans le receveur. Elle appréciait les longues douches brûlantes et restait sous l'eau aussi longtemps que le ballon d'eau chaude le lui permettait.
Les yeux de Joy se voilèrent à mesure qu'elle se perdait dans ses pensées. Elle repensa au héros qu'elle avait semé dans la soirée. Elle l'avait trouvé mignon durant leur court échange. À l'instar du serveur, il ne l'avait pas quittée des yeux une seule fois, mais le regard d'Aizawa avait été plus calculateur. Il ne l'avait pas seulement regardée pour ses courbes, il avait analysé ses expressions, sa façon de parler. Il avait été attentif à chacun de ses gestes et elle avait senti son regard suivre chacun de ses mouvements jusqu'au simple balancement de ses mèches de cheveux. Si elle n'était pas proche des héros, elle n'avait fondamentalement rien contre eux. Et son petit jeu l'avait bien amusée.
Elle connaissait Aizawa Shota depuis des années. Cette première rencontre avait été fortuite. Joy n'avait jamais eu l'intention de l'approcher un jour, encore moins de lui adresser la parole. Mais lorsqu'il était venu s'installer à côté d'elle, la curiosité l'avait poussée à entamer la discussion. Joy le connaissait depuis bien plus longtemps que lui et ce, bien avant que l'alliance des vilains ne lui transmette un dossier sur ses compétences héroïques. Le regard de Joy se perdit sur son propre corps jusqu'à se poser sur l'une des rares parcelles de peau qui n'était pas recouverte de motifs divers. Là, au creux de son coude, une petite cicatrice blanche formant deux chiffres était encore bien présente, rappel constant de son passé et du futur qu'elle s'était promis.
Sur le morceau de chair pâle, presque translucide, zébré de petites veines bleues et violettes, le chiffre 32 s'y lisait.
Je suis bientôt prête.
J'arrive.
Aizawa tapotait frénétiquement la pile de copies devant lui avec un agacement grandissant. Les cernes sous ses yeux étaient plus creusés qu'à leur habitude. Dans ses beaux jours, il ressemblait à un homme de trente ans parfaitement ordinaire. En cette fin d'après-midi, il aurait été facile de lui attribuer dix ans de plus.
- Qu'est-ce qui te tracasse ? demanda Midnight en arrivant dans la salle des professeurs.
Elle portait sa sulfureuse tenue de héros et tenait dans sa main droite un grand thermos. Aucun sac de cours à l'horizon.
- Je ne suis pas…
- Oh, pas avec moi Shota ! s'exclama-t-elle avec dédain.
Midnight attrapa une tasse vide qui traînait sur le bureau et en inspecta le fond d'un rapide coup d'œil avant de se servir un café brûlant. La brune rejeta sa tête en arrière lorsque ses lunettes se retrouvèrent couvertes de buée. Elle les retira, les essuya et les remit sur le bout de son nez afin de voir son acolyte. Aizawa ne la quitta pas des yeux et attendit avec nonchalance la suite.
- Ça fait 5 ans qu'on travaille ensemble, je commence à reconnaître tes expressions faciales. Tu es un vrai livre ouvert, alors pas la peine de me mentir. C'est à propos d'hier soir ?
Shota se redressa un peu sur sa chaise et arrêta de gigoter.
- Oui, soupira-t-il, vaincu.
Midnight afficha un petit sourire derrière sa tasse.
- Tu as dû en entendre parler aux infos. Je suis juste… agacé. Cette fille ! Elle a réussi à duper tout le monde pendant une soirée entière. Et elle est venue me narguer, elle savait très bien que j'étais un héros et pas un simple client du bar. Ça me rend malade, grogna-t-il.
- Donc c'est juste un problème d'ego ? ricana-t-elle en réponse. Comme c'est mignon...
Aizawa la foudroya des yeux. Néanmoins, elle n'avait pas totalement tort. Eraserhead qui laissait échapper une voleuse… C'était de l'ordre du jamais-vu. Il grogna une seconde fois et mit sa tête entre ses mains. Il entendit à peine le rire de Midnight de l'autre côté de la table.
- Arrête de te torturer, ça arrive à tout le monde de rater sa mission. Il n'y a pas eu de dégâts humains et les bijoux ne vont pas disparaître de la surface de la terre. Je pense que tu as bien fait de ne pas attaquer la fille. Tu n'avais pas plus d'informations sur la situation, et a priori elle n'était pas seule. Tu as évité de te mettre en danger.
- Nemuri a raison, poursuivit une voix masculine. Les recherches ont duré jusqu'à cinq heures cette nuit, tu ferais mieux de rentrer te reposer plutôt que de corriger tes copies.
Toshinori venait tout juste d'entrer dans la salle et donnait déjà son avis, ce qui avait le don d'insupporter Aizawa. Il n'appréciait le héros n°1 qu'à moitié. Il l'appréciait pour ses valeurs et ce qu'il représentait, pour son courage et sa droiture. En revanche, il se serait passé de lui en tant que collègue. All Might était loin d'avoir la carrure pour être professeur. Il n'avait ni méthodes, ni cours. Au moins, lui restait-il son charisme et un semblant de pédagogie - lorsqu'il ne mettait pas ses élèves en danger de mort. Mais sa capacité à apparaître soudainement au milieu des conversations était une chose avec laquelle il avait personnellement du mal.
Aizawa soupira et rangea les copies du dernier devoir de la Classe A dans son sac.
- Je terminerai la correction ce week-end, grommela-t-il dans sa barbe en se levant. À lundi, ajouta-t-il poliment à ses compères.
Plusieurs voix lui répondirent mais Shota ne se retourna pas en quittant la salle des professeurs. Il partit en direction du parking. Midnight avait dit vrai : son agacement était seulement dû à un problème d'ego. En tant que héros, certes, mais aussi en tant qu'homme. Cette fille, Kitty… Il l'avait trouvée jolie, il avait apprécié le peu de discussion qu'ils avaient échangé. Et pendant qu'il l'avait regardée quitter le bar, il avait même envisagé de la suivre pour lui demander son numéro. Maintenant qu'il savait pour quelles raisons elle le taquinait et avait affiché un air coquin pendant tout leur échange… Il était dégoûté. Mais ses collègues avaient également raison lorsqu'ils lui intimaient de passer à autre chose. Manier la vie de héros, de professeur et de père n'était pas évident, surtout lorsque les heures de sommeil venaient à manquer.
Le vendredi soir, Yuei était vide. Les élèves se détendaient dans le parc ou dans leurs quartiers, certains, plus courageux, révisaient dans la bibliothèque - mais l'ensemble des couloirs était désert. Aizawa ne croisa personne jusqu'à sa voiture. Il ouvrit la portière, balança ses affaires sur le siège passager et s'installa. Les mains posées sur le volant, il dévisagea l'autoradio pendant quelques secondes. Il n'était que 16h30. Eri avait pour habitude de rester à l'école jusqu'à la fermeture de l'accueil périscolaire. Serait-elle heureuse de le voir, ou bien déçue de quitter ses amis plus tôt ? Il tapota le volant, soudainement anxieux.
Mettre Eri à l'école avait été un gros cap à passer, mais cela leur avait apporté du positif à tous les deux. À présent, Eri avait plein de copines de son âge et suivait un cursus scolaire normal, en plus d'appréhender la vie sous un nouveau jour. De son côté, Aizawa avait plus de temps pour jongler entre ses deux métiers. Devenir tuteur à 30 ans, tout en étant célibataire, était une expérience qu'il n'avait jamais envisagée dans sa vie, mais qu'il avait acceptée le jour où Eri l'avait appelé "papa" sans même s'en rendre compte.
Aizawa mit fin à son débat interne en démarrant.
- Lève toi.
Le sachet lancé par Dabi heurta directement la blonde à la tête. Elle ouvrit les yeux, furibonde, et observa l'homme se rasseoir sur le fauteuil en face du lit. Joy s'assit en tailleur sans sortir de la couette et inspecta le contenu du sac. La petite bourse qui contenait les bijoux la veille était à présent remplie de grosses liasses de billets. La jeune femme afficha un grand sourire et les sortit pour les compter une par une.
- Tu ne nous fais pas confiance ? demanda Dabi en faisant craquer passivement les articulations de ses doigts.
- Non. Mais au vu de ce qu'il s'est passé hier, c'est un sentiment partagé, riposta-t-elle sans sourciller.
Dabi ne l'avait quasiment pas quittée des yeux durant la nuit, aussi immobile qu'une statue dans le seul fauteuil de la chambre. Il était parti quelques minutes à peine dans la matinée pour chercher l'argent que l'alliance devait à la jeune femme.
- Ton job avec nous est terminé pour le moment, mais le chef aimerait garder contact avec toi pour de futurs travaux.
Joy acquiesça et ne répondit pas tout de suite, occupée à calculer l'argent qu'elle avait entre ses mains. 48 000 dollars tout pile, comme il était convenu.
- C'est parfait, commenta-t-elle en remettant l'argent dans la petite sacoche. Ton chef peut garder mon numéro. Si vous avez besoin de moi, on se rencontrera de la même manière que la première fois. Je choisis le lieu et la date, si ça ne vous convient pas, tant pis.
Une lueur d'agacement traversa les yeux de son interlocuteur mais elle n'en tint pas compte.
- Vu que c'est la première fois qu'on travaille ensemble, reprit Joy, je laisse couler. Mais la prochaine fois, si quoi que ce soit ne se passe pas comme prévu, ne serait-ce qu'une seconde de retard, je prendrais un pourcentage plus important.
- Je trouve que tu prends tes aises trop facilement, souffla Dabi.
- Dixit l'homme installé dans ma chambre depuis hier soir.
Il pencha la tête sur le côté, la dévisageant avec un regard meurtrier.
- Pourquoi c'est toi que Shigaraki envoie pour nos échanges ? demanda-t-elle en quittant son lit pour aller ranger la bourse dans sa valise.
- Parce que si tu essaies de nous rouler, il sait que je n'aurai aucune hésitation à te tuer.
Joy eut un petit rire et ne prit même pas la peine de se retourner vers lui pour lui répondre.
- Je te trouve bien sûr de toi. Respecte tes aînés. Je fais mon boulot et c'est tout, je n'ai pas d'intérêt à vendre la mèche ou à vous duper. Autre chose ?
Dabi se leva silencieusement et posa une main sur la poignée de la porte d'entrée.
- Mets un pyjama quand tu ne dors pas seule, gronda-t-il dans l'embrasure de la porte.
Joy baissa les yeux et fronça les sourcils.
- Ma culotte est plus que présentable ! cria-t-elle en lançant un oreiller à sa suite.
Dabi avait déjà disparu et le coussin termina sa course contre le mur du couloir. Joy le ramassa, claqua la porte de sa chambre et se remit au lit avec son ordinateur portable. Le programme de son week-end était complet ! Joy avait dormi toute la nuit, et toute la journée… Si bien qu'elle n'avait pas vu le vendredi soir arriver. Elle commanda une pizza à la réception et organisa sa journée shopping du lendemain.
Joy commença par tenir ses comptes. Dans un tableur sécurisé par un mot de passe, elle entra la somme d'argent qu'elle venait de gagner et ce qu'elle s'autorisait à dépenser dans le rachat d'une paire de chaussures. Il lui manquait encore 80 000 dollars pour atteindre son objectif : le million. Un million de dollars. Une somme que Joy visait depuis 5 ans, travaillant tous les jours sans relâche vers cet objectif insensé. Son doigt caressa la touche "échap" du clavier, le regard vague.
Le samedi après-midi était arrivé à une vitesse folle. Difficile de croire que les journées en semaine pouvaient être si longues au contraire de celles du week-end dont Shota voyait rarement la couleur. Il avait profité de sa journée off pour aller faire quelques courses au sud de la ville. La seule raison qui l'avait amené si loin de chez lui, bien loin des tranquilles quartiers de Yuei, était une petite animalerie qu'il fréquentait depuis des années. Le seul endroit où il trouvait ce qu'il cherchait pour ses animaux de compagnie. Aizawa passa commande pour des croquettes spécialisées et sortit de la boutique d'un pas léger. C'était une belle journée. Il faisait aussi froid qu'on pouvait s'y attendre en janvier, mais le soleil était haut dans le ciel et ses quelques rayons suffisaient à raviver la gaieté des passants.
Aizawa glissa sa main dans la poche de son jean et en sortit une petite liste froissée. Il lui restait quelques courses d'appoint à effectuer. Il la lut mentalement mais sa lecture fut suspendue par une collision inattendue. Son torse rencontra la tête blonde d'une jeune femme qui enchaîna presque immédiatement une tirade d'excuses. Sous le choc, elle avait fait tomber les sacs qu'elle portait. Ils s'accroupirent d'un même mouvement pour les ramasser.
- C'est bon, rien de cassé, répondit poliment le héros en relevant la tête.
Leurs regards se croisèrent. Deux grands yeux violets qu'il n'avait pas oubliés, encadrés par des boucles blondes. La jeune femme écarquilla les yeux et bondit en arrière avant de disparaître dans la foule.
- Pas deux fois ! gronda Aizawa en activant immédiatement son alter.
