CECI EST LE CHAPITRE 2.

C'est, non sans émotions, que je poste le dernier texte de l'avant de ce noël 2020. Après une année aussi... riche en émotions nous dirons, avoir chaque jour un petit texte m'a bien aidée pour tenir le temps du dernier semestre.

Merci à tout.e.s celeux qui ont participé, vous m'avez régalé, mais surtout à mes co-Admin Nelia et Purrielle pour l'organisation !

Merci encore une fois, aux membres du discord sterek, qui ont subis mes gif caprins depuis novembres.

Et tout naturellement, encore merci à mes bêtas, Petit elfe schizophrène pour le premier chapitre, et Shiny Snotra pour ce chapitre !


[Le saviez-vous ?]

Dans la statuaire chrétienne le bouc représente les passions les plus dégradantes, il est le symbole de la lascivité et de la concupiscence.

Quand Derek rentra dans la maison Stiles avait pris une douche, enfilé un pyjama wonder woman en pilou pilou et était en train de regarder un rediffusion de wrestlemania sur le canapé. Il s'installa à coté de lui et attaqua directement le sujet :

- Tu n'es pas content de ne pas être un renard ?

- Si, bien sur que si. Tout est mieux qu'être lié au nogitsune. Même une putain de chèvre.

- Stiles, tu dois accepter ton animal totem. Vivre avec lui, apprendre à l'aimer. C'est important.

- Oui mais...La chèvre ? vraiment ? Mais qu'est-ce que ça veut dire la chèvre ?!

- C'est toi le druide, pas moi.

- Mais Derek je... de tous les animaux, des millions d'espèces, pourquoi celle-là ? La chèvre. La putain de chèvre. Regarde moi, j'ai l'air d'un abruti !

- Si je dis ce que je pense de ton apparence tu vas encore me charger !

- Parce que tu dis des conneries. Une chèvre c'est répugnant.

- Non Stiles, tu es juste adorable.

- Arrête de mentir !

- Stiles, regarde en moi, tu me connais, je ne mens pas. Je ne suis pas du genre a mentir pour rassurer. Je n'ai jamais rien vu d'aussi adorable. Et j'ai été le tuteur d'Isaac qui a le comportement d'un bébé teckel.

- Mais qu'es-ce que tu trouve mignon ?

- Le bouc est canon, ça donne un coté « Walter White » assez sexy, j'aime les yeux. Les cornes donnent un coté agressif un peu sexy. Et les petites oreilles : 100% adorables. J'ai juste envie de les toucher et de jouer avec.

- Mais pourquoi ?

- Je ne sais pas ! J'ai toujours eu plus ou moins un kink sur les petites oreilles type nekomimi. Donc je pense que ça joue mais... vraiment, Stiles, je te trouve beau comme ça. Je ne peux pas l'expliquer mais ça te va bien Stiles. Ça me semble juste.

- Un kink sur les petites oreilles de chat ?

- La moitié de tes fantasmes sexuels portent un slip sur une paire de collants. Le débat se termine ici.

- Oui, et tu l'as perdu. Derek, la seule chose positive dans cette chèvre c'est que ce n'est pas un renard.

- Et c'est déjà fabuleux Stiles ! Tu ne te rends pas compte ! Je n'ai pas à tenir cette horrible promesse. J'adore le fait que tu sois une chèvre, parce que ça veut dire que tu vas rester vivant, en bonne santé, que je ne vais pas devoir revivre ce putain de cauchemar. Alors oui, que tu sois chèvre, castor ou concombre de mer je suis juste heureux que t'aies une chance de vivre ton avenir !

Stiles se sentit soudainement honteux, il se laissa aller contre son coloc.

- Je suis désolé. Tu as raison. Je suis désolé de t'avoir fait promettre ça juste... tu es le seul qui pouvait le faire.

Derek frémit et enroula ses bras autour de Stiles. Il avait besoin de le sentir vivant contre lui. Stiles l'enlaça à son tour.

- - Merci d'avoir accepté. Je sais à quel point c'est affreux pour toi, mais... j'avais besoin de savoir que quelqu'un m'aiderait si ça tournait mal.

Il passa sa main dans les cheveux de Derek.

- Maintenant c'est fini, je ne veux plus en parler.

- Promis. Je nous fais des burgers et une montagne de frites de patates douces puis on se finit Sherlock.

- Oui. Et tu dois appeler ton père. Il s'inquiète.

- Envois-lui un texto de ma part.

- C'est à toi de le faire.

- Je ne peux pas faire ça ET les burgers.

- J'écris quoi dans le texto ?

- Je sais pas moi, dis lui que ça va bien et que je l'aime.

- Tu mettras du parmesan sur les frites ?

- Oui. Et les burgers seront plus haut que l'ego de Jackson.

- Ne déménage jamais.

Stiles rigola et partit cuisiner.

Dix minutes plus tard il avait un loup-garou affamé qui furetait dans sa cuisine, observait tout ce qu'il faisait et essayait de goûter les plats.

- Derek, tu es pire qu'un enfant !

- J'ai faim !

- Ça c'est parce que tu as encore sauté le repas de midi !

- Alors pour ma défense j'ai fini les restes de gratin d'hier soir. Et j'ai même essayé de cuisiner.

- Tu as essayé d... Stiles se stoppa net et regarda la patate qu'il voulait éplucher. Derek. Il y a un trou dans ma patate. Un trou en forme de crocs.

- J'ai vu.

- Derek, ne m'oblige pas à poser cette question.

- Quelle question ?

- Derek, as-tu mordu dans ma patate ?

- C'est pas ta patate, c'est notre patate.

- Derek, as-tu mordu dans notre patate ?

- Je viens de te dire que j'avais essayé de cuisiner.

- Derek, mordre une patate crue ce n'est PAS essayer de cuisiner. Tu ne peux pas manger des patates crus.

- Si, je peux, c'est pas comme si j'allais tomber malade. Par contre j'admets que c'est dégueulasse.

- Oui Derek, c'est dégueulasse. Mais aucun adulte de trente ans mord dans des patates et dit avoir cuisiné.

- C'est pour ça que j'ai besoin de toi et que tu ne dois pas déménager.

- Tu es un bébé. Un bébé de 1m83 et 87Kg, avec plus de crocs, de griffes et abdos que la moyenne, mais un gros bébé quand même.

- Ça veut dire que tu vas continuer de me nourrir ?

- Comment tu as survécu jusque là ?

- Isaac cuisinait. Des nouilles ou du riz mais il cuisinait. Puis sinon je commandais pas mal. A New York j'ai probablement financé les études des enfants de restaurateurs en bas de chez moi. Avec Laura on y mangeait si souvent qu'on a fini par être considérés comme membres du resto. On faisait Thanksgiving avec eux.

Stiles eut un sourire attendri.

- Allez gros bébé. Va mettre la table, ne reste pas dans mes pattes.

Il finit de préparer la sauce et sortit les aubergines marinées du four puis dressa les burgers.

Un fois au salon ils s'installèrent à table. Derek dévora son repas en poussant des grondement de plaisir à la limite de l'érotisme.

- Et dire que papa ne me croit pas quand j'lui dis que j'ai un loup garous qui aime les burgers végétariens.

- C'est une tuerie. T'as mis quoi dans la sauce ?

- Curry et miel.

- Mais comment fait ton père pour préférer les burgers surgelés de la supérette ?

- J'en sais rien.

- C'est tellement mieux que la patate crue.

Stiles rigola et mangea son propre repas. Quand les assiettes furent vides, Derek regarda Stiles en biais, comme s'il hésitait à demander quelque chose.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Tu sais que plusieurs fois tu m'as demandé des services étranges. Et que je n'ai jamais dit non.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Tu te rappelles ton anniversaire i ans ?

- Oui je... Sérieusement Derek ?

- C'est pas plus humiliant pour toi que ça l'était pour moi. Et ça restera confidentiel.

Stiles prit une minute pour réfléchir et demanda :

- Ok. Je veux un pacte de confidentialité stricte et non négociable.

- Je le jure. De toute façon c'est toi la commère, pas moi.

- Ok. Tu veux quoi ?

- Je peux toucher tes oreilles ?

- C'est un truc sexuel ou quoi ?

- Non. Purement platonique.

- Mais t'as dis que c'était un genre de kink pour toi.

- Pas là. Je peux ?

- Vas-y...

Derek s'avança prudemment et attrapa doucement une des petites oreilles. C'était doux et tiède. Stiles fit un léger bruit de gorge.

Ok, c'était pas complètement platonique, mais Derek était fermement décidé à ne pas aller vers là. Il gratta juste en bas, à la jonction entre le crâne et l'oreille.

- Ça te fais quoi ?

- Rien de particulier.

- Ah.

- T'es déçu, parce que quand t'es transformé, les grattouilles derrière l'oreille te font perdre toute dignité ?

- Un peu.

Derek enfouit son visage dans les cheveux et embrassa le crâne, juste à la naissance de la corne, qu'il caressa du bout des doigts.

- C'est doux. J'aime bien la texture.

- Je ressemble à un démon, c'est horrible.

- Dis celui qui vient de me proposer un pacte.

- Va te faire foutre Hale.

Derek rigola et vint enrouler le bouc autour de son doigt.

- T'es beau comme ça.

- Je ne pense pas que ça restera après le rite de la lune du froid.

- Dommage. C'est sexy.

- Le dieu bouc, Pan, est associé au sexe lubrique. Je ne sais pas pourquoi.

- Vu comment tu t'es empalé sur ma bite hier j'ai ma petite idée.

Stiles explosa de rire, et colla un coup de corne à Derek dans son élan.

- Merde, ça va ?

- Je vais guérir.

Ils étaient proches. Si proches...

Derek se focalisa sur sa promesse de la veille. Une seule fois. Pas deux.

Il ne devait pas.

Même si Stiles était juste irrésistible comme ça, et mignon, et qu'il sentait le désir, et que maintenant Derek savait exactement à quel point il était sulfureux au lit et qu'il rêvait de faire bouger ces petites oreilles en lui donnant de puissants coup de hanches.

Ok Derek, ça devient gênant, ne fixe pas ses lèvres. Pense à ton manuel sur l'héraldique et la sigillographie et... Stiles vient de se lécher les lèvres.

Et c'est tellement sexy. L'embrasser juste un peu, un tout petit p...

Le téléphone sonna, mettant fin à son supplice.

- Allô, papa ? Comment ça utiliser Derek comme secrétaire ? […] il a écrit quoi ? […] j'étais trop occupé à faire des burgers […] oui papa, des végétariens, je SUIS végétarien[…] tu ne sais pas ce que tu dis, ils sont excellents.

Stiles se leva pour faire les cent pas en téléphonant. Derek savait comment ça allait se passer, Stiles et son père ne raccrocheraient pas avant 23h. Il débarrassa la table, fit la vaisselle et partit courir.

Il avait besoin d'air frais.

Stiles était exténué, il se coucha dès qu'il eut fini de parler avec son père. Ce dernier avait besoin d'être rassuré.

Stiles aussi avait besoin d'être rassuré.

Derek était allé se dégourdir les patte, ses vêtements soigneusement plié dans le hall d'entrée, le druide ne l'attendit pas et s'endormit comme une pierre.

[Le saviez-vous ?]

Les jours d'équinoxe le soleil passe à la verticale de l'équateur.

Ces jours là la nuit est aussi longue que le jour, étymologiquement parlant le mot provient du latin aequinoctium, de aequus (égal) et nox (nuit).

Il courait.

Il courait, dans la montagne. Ça le poursuivait. Ça le rattrapait, il devait partir, il devait fuir. Il galopait, aussi vite qui possible, ses sabots effleurant à peine le sol rocheux, sautant de rocher en rocher, il y arrivait, il allait s'en sortir il...

Non, il était coincé, il ne pouvait pas partir non, sa tête. Elle ne..non.. NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON

Stiles se réveilla en hurlant. Il voulut se lever.

Mais ne réussit pas.

Il était coincé, encore. Il ne pouvait pas se lever.

Et l'ombre entra dans sa chambre.

Et il ne pouvait pas se lever.

Il ne pouvait pas.

Il était coincé.

Il allait mourir.

Il allait être mangé.

Et il était coincé.

Il.

Était.

Coincé.

Sa respiration s'emballa et tout devint flou. Il y avait du bruit mais il ne comprenait pas, il devait sortir de là, il devait fuir.

- STILES !

Le rugissement eut le mérite de le surprendre assez pour qu'il arrête de bouger.

- Stiles, laisse-moi t'aider, tu vas te faire mal.

Derek. L'ombre c'était Derek ? Une main douce caressa sa joue.

- Tout va bien, d'accord. Juste laisse moi t'aider.

Stiles s'accrocha à la main.

- Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix.

- C'est bien Stiles. J'ai dix doigts. Ce n'est pas un rêve, c'est vrai. Et je vais m'occuper de toi, promis. Juste reste calme, que je décoince ça.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui m'a attaché ?

- Personne. Tes cornes se sont coincées dans la tête de lit.

- Mes co...Oh merde, j'espérais que ça faisait partie du cauchemar.

Derek déposa un baiser aérien sur son front. Et, décoinça les cornes avec des gestes doux, caressant le crane de Stiles à chaque mouvement. Après ce qui parut une éternité à l'intéressé il murmura :

- C'est bon, tu es libre.

Stiles bondit du lit. Il regarda les barreaux de sa tête de lit, que Derek avait tordus, son oreiller avait été déchiré et ses draps troués quand il c'était débattu.

- Je t'avais dit qu'une tête de lit servait à rien.

- Tu es un rustre Derek. Ta chambre ressemble à une chambre de prison.

- Tu connais des prisons avec un lit King size ?

- Non. 4 pieds, un sommier king size et un matelas King size. Pas un lit. Un lit a une tête de lit.

- La déco c'est la futilité.

- Tu dis ça mais je t'ai vu te rouler dans les plaids.

- J'ai déjà concédé pour les plaids ou les coussins. Ils sont parfaits lors des soirées films avec la meute. Mais le reste ça me dépasse complètement.

- Tu es la bête noire d'Ikéa et Maisons du Monde.

- Et le salut de Uber Eats à chaque fois que tu quittes la maison plus de 12h. Tu vois, on soutient les commerces selon nos priorités.

Stiles rigola et s'assit à côté de son ami. Un bras musclé se drapa autour de lui. Derek n'était pas dupe, cette conversation n'était là que pour distraire l'esprit de Stiles. Rapidement 60kg de déception se pressèrent contre lui.

- Pourquoi Derek ? Je ne me plains pas mais, déjà à la base moi je voulais être un dinosaure, genre tricératops ou T-Rex, et puis ...la chèvre ? Sérieux, qu'est-ce que ça veux dire ? Que je suis têtu et que je pue ?

- Que tu es têtu. Sûr et certain. Et puis...je ne sais pas Stiles, j'y connais rien en chèvre, rien du tout. Tu es...agile ?

Stiles n'eut pas le temps de protester, parce que Scott rentra par la fenêtre, suivi de près par Malia et Liam.

- Tout va bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Une attaque ?

- Quoi ?

- On a entendu Derek rugir, expliqua Liam

- Oh ça euh...

Les garçons se levèrent et regardèrent la tête de lit brisée, les draps déchirés par les cornes et l'oreiller troué.

- Merde, ça y va fort le sexe chez vous ! s'exclama Malia.

Stiles devint d'un beau rouge tomate, alors que Derek allait plutôt vers le pivoine.

- Non, non pas du tout ! Y'a rien de sexy entre nous, mes cornes se sont coincées et j'ai fait un cauchemar.

- Le sexe serait mieux, fit remarquer la coyote. T'as essayé de te masturber avant de dormir, moi c'est super efficace contre l'angoisse.

Les autres eurent une grimace générale.

- Ben quoi, c'est vrai : essayez !

- Malia parle pas de tes séances en solo devant ton alpha, ton ex, ton cousin et moi s'il te plait.

- Vous êtes tellement prudes.

- On regarde un film ?

Tout le monde fut surpris de cette demande, y compris Stiles, alors que bon, c'est lui qui avait parlé. Scott enroula un bras autours des épaules de Stiles.

- Preums sur le canapé !

- Non moi !

- Non Malia, je suis toujours sur le fauteuil !

- Arrêtez de vous disputer, je vais mettre les matelas dans le salon, et on fait un gros tas.

- Génial ! Liam attrapa le bras de Stiles. Je t'aide à faire le pop corn.

- Mais... Stiles regarda les draps déchirés. Je devrais peut être me mettre sur le fauteuil pour éviter de vous blesser et...

Derek comprit son cheminement de pensées, il voulut prendre Stiles dans ses bras mais il était déjà entouré par Liam et Scott.

Malia sembla le comprendre aussi, elle retira un poster Spiderman du mur, récupéra la patafix et la colla sur les pointes des cornes.

- Tadaaaa ! Allez viens avec nous, t'es le seul à savoir faire marcher la machine à popcorn.

Une demi-heure plus tard Liam triomphant lançait « love actually » parce que « c'est un film de noël ».

Stiles s'endormit en bavant contre le bras de Scott, les jambes posées sur celles de Derek.

Il se réveilla avec Liam enroulé contre son ventre et le cheveux de Malia dans la figure.

- Prend en une où on voit bien les oreilles.

- Mec, t'es flippant avec tes oreilles.

- Je sais que tu as encore la brosse à dents de Kira chez toi. Alors tu la fermes et tu prends des photos où on voit ses oreilles.

- Je regrette tellement qu'on soit devenus amis. Je préférais quand je pensais que t'étais juste un connard agressif qui me poursuivait dans les parkings et j'avais aucun scrupule à te mentir. Maintenant je sais que t'es un connard agressif mais affectueux mais comme je t'aime bien je culpabilise quand je t'envoie sur les roses.

Scott et Derek qui se chamaillaient ? Définitivement Scott et Derek qui se chamaillaient.

Stiles faillit se rendormir quand il analysa la situation. Quelles photos ?

- Si vous faites ce que je crois que vous faites je vous charge.

- T'as fait la même pour nous Stiles.

Scott semblait peu sensible à la menace. Derek l'embrassa sur le front en guise de bonjour et demanda :

- Tu nous fais des pancakes ?

Liam sortit des limbes du sommeil pour demander :

- Pancakes ?

Malia jeta un bras sur Stiles en miaulant :

- Oh oui, pancakes de Stiles !

Stiles regretta de leur avoir montré qu'il était réveillé.

[Le saviez-vous ?]

Si on décore les maisons avec des végétaux à feuillages persistants lors du solstice d'hiver depuis l'antiquité, la plus ancienne trace écrite de sapin de Noël date de 1521, en Alsace.

- Comment vis-tu le rituel Stiles ? demanda Marine en le fixant de son regard perçant.

- Je ne sais pas. C'est compliqué. Je suis soulagé je crois.

- Mais est-ce que tu l'acceptes ?

- Oui. Marine le regarda dans les yeux. Non, pas vraiment.

- Stiles, tu as jusqu'au 25, c'est-à-dire dans 3 jours pour l'accueillir. Après cela il te sera de plus en plus dur d'accepter ton animal totem, et donc de le laisser te guider.

- Mais moi j'ai rien contre juste... Il désigna ses cornes. La chèvre, qu'est que je dois faire de ça ?

- Stiles, chaque animal a différentes interprétations. Tu dois trouver pourquoi la chèvre s'est présentée a toi.

- La chèvre elle a présenté ketchi. J'étais tranquille en train de flotter dans la lumière et elle m'a chargé. Elle. M'a. Chargé. L'animal spirituel censé être le reflet de mon âme et mon guide m'a chargé. Je me suis fait expulser d'un sanctuaire de lumière pour me faire projeter contre un arbre. Mon animal spirituel ne m'aime pas. Qu'est-ce que je suis supposé faire de ça ?

- Vois-le autrement Stiles.

- Le voir comment ? Ton animal totem est la chouette. et... c'est super chouette ! C'est classe, intelligent, un prédateur silencieux, l'attribut d'Athena, symbole de la connaissance et ce genre de connerie. Moi j'ai un bouc qui pue du cul !

- Tu te rends compte que c'est le fait que tu sois têtu comme une chèvre qui t'empêche d'accepter le fait d'être une chèvre ?

L'intéressé soupira, faisant bouger sa barbiche au passage.

- Stiles, tu n'arrivera à rien comme ça.

- J'ai des cornes Marine. Des putain de cornes sur la tronche. Et des oreilles ridicules. Et une queue, regarde-moi cette petite queue loufoque !

- Stiles, ce n'est pas l'important. J'ai eu une carapace de tortue pendant presque un mois. L'important est de te lier à ton animal totem. Si tu ne le fais pas il ne pourra pas te guider correctement

- Et ça fera quoi ? Concrètement, si j'ai pas de guide il se passe quoi ?

- Le guide rend la magie plus simple à appréhender. Ça c'est pour les druides classiques, ça t'aide notamment à enseigner le druidisme plus tard, expliqua Alan.

- Le Nemeton ne ressentira plus le besoin de guider et te laissera plus d'indépendance, finit Marine.

- Ok, j'accepte. Je fais comment ?

- Tu dois l'accepter pour de vrai, dire « ok » ce n'est pas accepter.

- Et on va faire quoi à la cérémonie du 25 ? J'aimerais bien fêter Noël.

- Ça ne sera pas long. Mais Stiles, tu dois comprendre pourquoi tu es relié à la chèvre.

- Et comment je fais ça ?

- Fais ce que tu fais de mieux, suggéra Alan.

[Le saviez-vous ?]

La chèvre est, des 12 signes du zodiaque chinois, le plus mal considéré.

Nombres de femme accélèrent, ou ralentissent leur grossesse, pour éviter que leur enfant naisse sous ce signe.

Ce que Stiles faisait de mieux c'était le sarcasme, les tourtes et les recherches.

Deaton ne parlait ni du sarcasme ni des tourtes.

A 18h Stiles éteignit son ordinateur.

Il avait fait des recherches toute la journée, avait appris que les chèvres étaient dans le meilleur des cas un animal vu comme sympathique mais peu respectable, voir carrément un truc méprisable et relou. Ou un animal lié au démon et au sexe débridé.

Le seul rapport sexuel qu'il avait eu en 3 ans c'était après avoir supplié son coloc de le baiser parce qu'il pensait qu'il allait mourir.

Stiles se regarda dans la glace d'un air dubitatif.

Il voulait bien l'accepter cette chèvre, rien qu'avoir un bouc c'était cool, juste... il ne comprenait pas. Une voix le sortit de son questionnement.

- Arrête de soupirer, tu vas finir par avoir une entorse du poumon.

- On ne se fait pas d'entorse au poumon.

- J'y connais rien en maladie. Loup-garou, tu te rappelles ?

- Et il me veut quoi le loup-garou ?

- Te rappeler qu'on est presque le 23 décembre et qu'on a pas fini tes cadeaux de Noël.

- Oh merde, j'avais zappé.

- Moi aussi, est-ce que tu veux qu'on y aille demain tous les deux ?

- J'adorerais, mais j'ai des cornes sur la tête.

- C'est pour ça que je vais t'offrir ton cadeau de Noël en avance.

- Tu m'as fait un cadeau ? C'est quoi ?

- Ferme les yeux.

- Mais...

- Ferme les yeux.

Stiles obéit, essayant de regarder à travers ses cils, mais Derek s'était rapproché, il ne voyait rien. Il sentit un truc sur sa tête, une étreinte chaude autour de ses épaules. Il ouvrit les yeux.

Il avait un bonnet.

Un ravissant bonnet en tricot Batman, et un cache-oreilles intégré qui descendait. Il y avait aussi une lourde écharpe toute douce aux couleurs de Flash. Le tout réussissait à dissimuler assez bien ses nouveaux attributs, donnant l'impression qu'il cachait une épaisse chevelure, et non pas des cornes.

- Il est trop beau !

- Comme ça tu es bien caché ET tu n'as pas froid. Il y aussi des gants Green Lantern.

- Comme je suis fier que tu aies arrêté de confondre Marvel et DC...

- Ton plus grand accomplissement...

- Mais du coup demain on doit faire le marché extérieur, je ne peux pas aller au centre commercial comme ça.

- Oh. Quel dommage, on ne va pas devoir être enfermés dans un centre commercial pendant 6h d'affilées avec des gens pressés qui puent la sueur et l'angoisse et manger au resto dégueu à l'intérieur. Comme je suis contrarié qu'on doive aller sur le marche artisanal, prendre de l'Apfelwein en mangeant des bretzels et du pain d'épice en achetant des cadeau qui ont du sens.

- Je pourrais presque croire que tu es content que j'ai ces cornes.

- T'aurais pu être sous la protection de la baleine et devoir rester dans une baignoire. Estime toi heureux.

- Il manque les cadeaux de qui ? demanda Stiles en enlevant précieusement son attirail.

- On a déjà fait Scott, Liam, Mason, Corey et Melissa.

- Il manque Malia, mon père, et Chris.

- Il arrive quand ?

- Le 24, mon père va le chercher à l'aéroport. Stiles observa le début de sourire qui fleurissait sur le visage de son ami. Votre amitié est la chose la plus virilement mignonne que je connaisse.

- « Virilement mignonne » est un oxymore.

- C'est le but. Vous vous adorez, vous adorez passer du temps ensemble mais vous ne savez pas comment montrer votre affection l'un à l'autre. Alors vous passez des soirées entières avec un verre de whisky en parlant voitures de sport tout en faisant bien attention de ne jamais parler de vos sentiments et échanger des gestes affectueux. Ce qui est drôle c'est que vous le faites avec les autres. Toi depuis qu'on habite ici t'es devenu tout mou avec la meute, et Chris ne décroche pas de Scott à partir du premier verre de whisky, ou la dernière fois il se tenait si près de papa j'ai cru qu'ils allaient s'embrasser. C'était perturbant.

- On est pas comme ça. On s'entend bien.

- Vous échangez des lettres Derek. De looongues lettres. Tu as une relation épistolaire avec Chris. Ce n'est pas « bien s'entendre » quand tu prends la peine d'écrire une lettre à la main de 6 pages.

- Il y a plein de choses à dire sur la Cordillère des Andes.

Stiles rigola avant d'aller préparer le repas.

4 heures plus tard il avait sommeil, mais hésitait à aller dormir. Une fois seul dans sa chambre il enroula ses cornes dans un bout de tissu. Ok il avait un genre de turban très désagréable mais au moins, il ne se coincerait pas.

[Le saviez-vous ?]

Le premier document relatant un marché de Noël est daté de 1434 sous le règne de Frédéric II de Saxe dans ce qui est l'Allemagne actuelle, évoquant un « Striezelmarkt » qui a eu lieu à Dresde le lundi précédant Noël.

- Non Stiles, je ne pense pas que Chris veuille une bouillotte en forme de Lama.

- Et pourquoi pas? Elle est super cette bouillotte !

- Chris veut encore moins une bouillotte rose en forme de lama

- C'est pas toi qui m'avais dit qu'il aimait la Cordillère des Andes ?

- Il vient de passer un mois à se battre contre des chupacabras au milieu des montagnes. Ça n'a rien à voir avec ton lama rose.

- Mais qui ne veut pas d'une superbe bouillotte ? Elle est micro-ondable !

- Je n'achèterai pas de lama rose en peluche à Chris. Qu'il chauffe ou pas.

- Et le lapin ?

- Non.

- Tu veux un animal un peu plus viril ? Parce que le loup et l'ours sont bien dans le genre « mâle », quoi que le p'tit nœud est peut-être pas trop dans le thème de la virilité.

- Ça n'a rien à voir, Chris n'est pas le genre de personne à aimer les peluches.

- Arrête d'être méprisant envers mes peluches, elle sont géniales.

- Je ne nie pas le potentiel de la peluche, je dis juste que ce n'est pas un produit adapté à Chris.

- Oui, mais les produits adaptés à Chris il faut un permis port d'arme pour les acheter !

- Pas forcement. Derek désigna un étal. Regarde ces flasques, elle sont très biens.

- Flas...JE SAIS ! Et Stiles disparut dans la foule

Derek fit semblant d'être fâché mais voir son coloc enfin un peu insouciant lui faisait plaisir. Il décida de le pister après avoir pris ce dont il avait besoin. Quand la vendeuse lui rendit la monnaie elle lui offrit un sourire sincère.

- En tout cas, vous et votre compagnon formez un très beau couple.

Derek arrêta de sourire et ne répondit pas.

Il retrouva Stiles en suivant l'odeur d'excitation malicieuse qu'il dégageait. Et un léger musc depuis Yule dont Derek ne parlerait pas de peur de se faire charger, même si honnêtement il aimait beaucoup. Stiles avait un grand sac à la main, et regardait un étal de confitures artisanales.

- Tu penses que ça le fait pour papa ?

- Oui. Avec ton père la bonne nourriture c'est une valeur sûre.

- Je sais pas comment sont ces confitures.

- Je crois qu'il se fournissent chez ceux qui font la confiture de rose.

Dix minute plus tard Derek portait un lourd coffret de dégustation, ses sacs, et un nain de jardin rigolo pour Malia.

- T'es vraiment sûr qu'elle aimera ce nain ?

- Malia adore les nains de jardin.

- Mais elle n'a pas de jardin.

- Elle le mettra sur la fenêtre.

- Tu vas traumatiser ses voisins.

- Raison de plus pour lui offrir, conclut Stiles en chargeant la voiture.

Derek rangeait soigneusement les sacs que Stiles avait laissés en vrac quand une paire de bras l'enlacèrent par-derrière.

- Merci. J'avais besoin d'une journée comme ça.

- Moi aussi. Il s'appuya légèrement contre Stiles, puis demanda : Tu me fais des lasagnes ?

- Oui, on en profitera pour acheter de quoi faire une brioche pour le 24 !

[Le saviez-vous ?]

On appelle « motte » les chèvres ne possédant pas de cornes.

Le lendemain Derek ne fit aucun commentaire quand Stiles ignora délibérément l'appel de Deaton.

Il n'avait pas bien dormi.

Du coup ils n'avaient pas bien dormi.

Derek restait à côté de son coloc. Il sentait bien qu'il était angoissé. Les bienfaits de la sortie au marché avaient cessé dès que Stiles avait essayé de reprendre les recherches sur la chèvre. Comme maintenant où l'odeur de déception devenait de plus en plus violente, et Derek avait juste envie de le prendre dans ses bras et de jeter l'ordinateur.

- Stiles, ça te va si la meute passe ce soir ?

- Oui. Pas de souci.

Derek se pencha pour lui embrasser le front.

Stiles se recula vivement.

Derek prit tout son courage pour ne pas lui montrer à quel point il se sentait mal. Stiles aussi se sentit mal. Il attrapa la main de son ami.

- Je suis désolé juste... J'ai peur de t'embrocher avec les cornes.

- Tu es un abruti. Derek ouvrit les bras en grand, Stiles se rapprocha timidement et se fit engloutir dans un câlin.

- Si tu me blesses je guéris, vite et bien.

- J'ai peur de blesser des gens

Derek n'avait rien à répondre. Le téléphone sonna encore et Stiles le mit en silencieux. Ils jouèrent à Assassin's Creed jusqu'à l'arrivée de la meute. Malia déboula la première, se jetant sur le canapé, entre eux deux.

- Il m'a fait un cadeau de Noël.

- Qui ?

- Stéphane.

- Qui est Stéphane ?

- Le mec du rendez-vous de la dernière fois. Celui avec lequel je n'ai pas couché.

- Ok. Et que t'a-t-il offert ?

- Un plaid. Ceux ultra doux, et bien chauds. Et sur le plaid il y a une crevette en train de danser.

- Merde. C'est du haut level de cadeau ça.

- Oui. Merde Stiles, il se rappelle que j'adore les dessins de crevettes, que j'aime les truc chauds et doux. Et que j'ai plus de plaid depuis l'incident des korrigans. Elle attrapa son ami par les épaules. Je dois faire quoi Stiles ?

- Tu lui as offert un cadeau ?

- Non. Mais je dois lui offrir quoi ? Stiles j'en ai aucune idée. J'avais pas prévu de le revoir moi ! C'est pas comme ça que ça marche. Je flirte, je baise, je disparais. J'ai déjà assez de relations sociales avec le meute. Pourquoi il m'offre un cadeau ?

- Il t'aime bien ?

Malia poussa un grognement frustré et se cacha derrière son cousin. C'est là que les autres la trouvèrent 5 minutes plus tard à leur arrivée. Pour la plus grande honte de Malia, (et le plus grand bonheur de Stiles), toute la conversation tourna autour de la situation de la coyote. Qui repartit à peine plus avancée 5h plus tard, accompagnée de Liam et Scott pour une petite balade dans les bois, manière de se dégourdir les pattes.

Corey et Mason s'étaient endormis sur le canapé, Derek les transporta dans une des chambres d'amis, la situation n'ayant rien d'exceptionnel, ils avaient tous une brosse à dents et des changes à la maison. Il retrouva Stiles dans sa chambre assis sur son lit.

- Derek ? J'ai remarqué que Liam reniflait beaucoup ce soir. Dis-le moi honnêtement : je sens la chèvre ?

- Tu ne sens pas la chèvre, mais ton odeur est plus forte que d'habitude.

- C'est-à-dire ?

- C'est ton odeur habituelle, mais plus marquée.

- Merde, je pue.

- Non. Pas du tout. Comme tu sens bon de base tu sens juste bon mais plus fort.

- Je sens bon ?

Derek eut l'air gêné.

- Oui. Enfin, c'est assez personnel, mais tu as toujours eu une odeur forte. Moi j'aime ton odeur.

- Mais c'est lié au fait qu'on soit proches ça. J'aime l'odeur de mon père, mais ça n'a rien à voir avec l'odeur en elle-même, c'est que les odeurs sont reliées a la mémoire et à l'affectif.

- Pour les humains oui, pour les garous c'est presque ça, juste on le perçoit plus comme on perçoit le physique. Tu peux aimer une personne mais ne pas la trouver très belle, même si souvent tu ne la trouveras pas moche.

- Il y a des gens dont tu n'aimes pas l'odeur ?

Derek regarda le sol en se raclant la gorge.

- Je connais cette tête, il y en a et on le connaît tous les deux ?

- Oui. Juste.. je trouve que Corey a une odeur trop acre. C'est un très bon ami, j'adore parler avec lui, comme c'est aussi mon frère de meute son odeur m'apaise mais, je ne trouve pas qu'elle sente bon.

- Je comprend. J'ai toujours trouvé que Liam avait une tronche chelou. C'est mon bébé, je m'occupe tout le temps de lui, je suis littéralement capable de sacrifier pour lui. Mais y'a vraiment un truc chelou avec sa tronche.

- Moi je le trouve mignon. C'est encore un bébé mais il est mignon. D'ailleurs il sent le bébé.

- Liam sent le bébé ?

- Il sent l'agitation, le lait et le talc. C'est plutôt agréable comme mélange. Mais ça sent comme un bébé.

- Il ne faudra jamais lui dire, ça va le vexer si il l'apprend.

- oui, Malia lui a dit une fois et il a pas aimé. Donc il a rapporté à Scott comme un bébé.

Stiles rigola. Il devait partir, c'était l'heure d'aller au lit. Il devait rejoindre sa chambre. Dormir dans son lit. Et faire des cauchemars, être humilié que Mason et Corey le voient, qu'ils aient la confirmation que Stiles avait besoin de Derek pour gérer ses mauvais rêves.

- Tu veux rester dormir ici ?

Derek lui offrait la porte de sortie dont il avait besoin.

- Je vais te blesser.

- Tu me fais confiance ? Couche-toi sur le dos.

Stiles accepta d'essayer. Une fois installé Derek vint sur le lit et se blottit contre lui.

C'était étrange, Stiles n'avait pas l'habitude de s'endormir avec Derek. Se rendormir après les cauchemars oui, s'endormir avant non. Et plus dans la position inverse, lui contre Derek, et pas le visage de Derek dans son cou. Mais c'était rassurant et il était épuisé.

Il ne dormit pas bien cette nuit-là, mais il ne dormit pas mal non plus.

[Le saviez-vous ?]

Le rire favorise la production de globules blancs dans le corps, ce qui renforce votre système immunitaire.

- Stiles, est-ce ce que tu as réussi à...

- Non. J'ai réussi à rien, fous-moi la paix, c'est Noël.

Deaton soupira. Stiles était buté comme... comme une chèvre tiens.

- Justement, tu dois avoir réussi à accepter ton animal totem le 25. C'est demain Stiles. Trancha Marine d'une voix froide. Elle déposa sa tasse de thé sur la table et se leva. Je ne pense pas qu'il soit utile qu'on reste ici. Mais Stiles, essaye au moins.

Ils quittèrent la maison, laissant Stiles seul avec ses doutes. Il enfila un gros pull et partit s'installer dans son cabinet d'étude. Il s'assit en tailleur sur le sol.

Pour lui la méditation était un exercice particulièrement difficile. Il avait mis longtemps à y arriver, jusqu'à qu'il trouve l'astuce.

Il tendit son esprit vers celui du gros sapin près de la maison et se concentra sur lui.

Le rythme de la sève qui pulsait, des aiguilles qui poussaient.

Puis, quand il sentit que le calme de l'arbre se déversait en lui il se détendit.

Automatiquement son esprit se tendit vers la meute.

Et pour la première fois il la ressentit pleinement.

Il pouvait sentir vibrer sa chaleur, la présence de ses frères et sœurs de meute l'entourant comme un cocon.

Et un manque.

Il manquait un truc à la meute.

Stiles vérifia les autres membres, tout allait bien, mais la meute lui semblait soudain pâle.

Stiles se força à se re-concentrer sur sa méditation.

Quand il en sortit une heure plus tard il savait ce qu'il manquait :

L'acceptation de cette putain de chèvre.

Derek l'accueillit avec un chocolat chaud et un sourire inquiet.

- Chris arrive dans 2h, on se prépare et on va chez ton père ? La meute arrive vers 18h, on doit y être un peu avant pour les préparatifs du reveillon.

- Si tu veux.

- Ok. On prend ta voiture, il y a plus de place pour les cadeaux.

- Jeep 58, coupée sport 55 ! Je gagne le compte des points !

- La compétition n'est pas finie !

La maison était vide quand ils arrivèrent, Stiles commença la préparation du dîner pendant que Derek installait les tables dans le salon . Quand la voiture de police du shérif se gara dans l'allée Stiles était en train d'enfourner le pudding, ce fut donc Derek qui ouvrit la porte.

Il donna au chasseur une accolade débordant de testostérone.

- Ravi de te voir Derek.

- Tu as eu un bon vol ?

- Il y... Stiles qu'est-ce que tu as encore fait ?

- Comment ça ? protesta le jeune homme.

Chris fit des gestes vagues au-dessus de sa tête.

- Oh. Ça. Tu connais le principe des animaux totems ? Ben visiblement je suis une chèvre.

Chris eu un léger sourire qu'il tenta de réprimer.

Il tenta vraiment.

Il se mordit les lèvres, essaya de penser à autre chose, fixa Derek...

Mais rien n'y fit. Pour la première fois en une décennie Chris explosa de rire. Il eut un fou rire mémorable, de ceux qui te laissent sur le sol, avec les cotes douloureuses et des crampes aux zygomatiques. Il ne s'arrêta même pas de rire quand la porte claqua rageusement derrière Stiles.

[Le saviez-vous ?]

L'étymologie du mot noël est controversée, certains l'attribuaient au mot "natalis" qui signifie natal en latin faisant référence à la naissance de jésus.

Pour d'autres le mot viendrait des mots gaulois "noio" (nouveau) et "hel"(soleil) en référence au solstice.

Dire que Stiles était vexé était un euphémisme.

Stiles était furieux, blessé et triste.

Il eut heureusement la présence d'esprit de prendre son bonnet et son écharpe avant de partir marcher.

Il fit rageusement le tour du pâté de maison, fusillant du regard une innocente chorale de Noël, shoota dans une pomme de pin dorée qui avait eu le malheur de croiser sa route.

Son portable sonna. Un message de Derek

[Tu veux être tranquille ou on qu'on rentre à la maison?]

Suivi d'un autre message

[Si tu veux je frappe Chris]

Ces messages réussirent à lui tirer un sourire. Il répondit

[Demande aux autres de me foutre la paix, je rentre quand je serai calme.]

Puis il éteignit son téléphone. S'il y avait un vrai problème il le sentirait à travers le lien de meute.

Il respira longuement et tenta de se concentrer sur ce dernier. Il sentit comme un léger changement depuis ce matin.

C'était... difficile a Stiles avait dû il aurait comparé ça à un jeu vidéo. Ce moment où le curseur de quête te signale que ton objectif de quête n'est pas loin. D'instinct, Stiles le suivit. Il ne savait pas à quoi il s'attendait, une grande révélation, une vrai chèvre, un message mystique...

Une chose est sûre, ce à quoi Stiles ne s'attendait pas c'était de se retrouver en face à face avec Lydia Martin.

Pourtant c'est logique. Sa famille habitait ici, dans cette rue même. C'était Noël. Mais Stiles resta comme un abruti figé au milieu du chemin.

La dernière fois qu'il avait croisé Lydia c'était il y plus de 2 ans, ils avaient échangé des remarques venimeuses pendants que Liam et Scott essayaient de changer de sujet.

La fois d'avant Malia était partie en disant qu'elle ne supportait pas cette odeur d'agressivité.

Celle d'encore avant Stiles rompait avec elle. Avec des mots violents, des accusations blessantes et une porte claquée si fort que le mur s'était fendu.

Et ils étaient là.

L'un en face de l'autre, dans la rue.

Et Stiles portait toujours son stupide bonnet.

Il était déjà à fleur de peau alors il se prépara, par réflexe, à la vague de colère, de regrets et de ressentiment qui l'envahissait quand il croisait son ex.

Et rien n'arriva.

Il la regardait, rien ne montait.

C'était Lydia, elle avait coupé ses cheveux. Ça lui allait bien.

Elle était bien habillée, il n'aimait pas son rouge à lèvres et n'avait pas envie de la frapper.

- Bonsoir.

- Bonsoir.

Ils se regardaient fixement. Sans savoir que faire. Lydia lui sourit, un sourire timide, un peu triste mais doux. Le reflet de celui de Stiles à ce moment même.

- Tu...tu es sur Beacon Hills ?

- Juste pour Noël. Ne t'inquiète pas, j'aurai quitté la ville avant l'année prochaine.

Stiles était étrangement indifférent à cette idée. Et soudainement il se sentit stupide que Lydia se sente obligée de le rassurer sur le fait qu'elle quitterait la ville. Parce qu'elle le rassurait. Il connaissait Lydia par cœur, et il savait qu'elle essayait de le rassurer.

Et pour la première fois il se sentit réellement et complètement désolé d'avoir été un connard avec elle.

- Tu sais. Tu peux rester ici aussi longtemps que tu veux. Tu manques à ta mère.

Lydia sembla surprise. Son sourire fut moins timide.

- Merci. Mais j'ai des affaires en cours à New York je... je commence une thèse. Un travail important. Mon directeur de thèse m'a bien fait comprendre qu'il n'y avait pas de Noël dans le monde des mathématiques.

- Toujours prête pour la médaille Fields.

- J'ai déjà choisi avec quelle robe je l'assortirai.

Stiles rit. Lydia aussi.

Son rire lui avait manqué.

- Tu as l'air d'aller bien. Et j'en suis le premier surpris mais... je crois que je suis heureux pour toi.

- J'en suis surprise aussi. Et toi, comment vas-tu ?

- Là ? Je me les caille.

C'était vrai. Stiles marchait depuis presque une heure, mais il n'avait froid que maintenant.

- Tu veux qu'on aille se prendre un café ? Proposa la mathématicienne.

Cette demande était inattendue, mais venait du fond du cœur. Dix minutes plus tard Stiles était dans le salon des Martin. Une tasse de thé entre les mains, dans un silence étrange.

- Du coup je réitère la question ? Comment vas-tu ?

Stiles enleva son bonnet.

- Oh seigneur. T'as finalement offert ton âme à Satan ?

- Non. J'ai trouvé mon animal totem. Et c'est la chèvre.

La tasse de Lydia s'arrêta à mi-chemin entre la table et sa bouche. Elle le fixa pensive.

- Ça fait complètement sens. Tu es intelligent, têtu, agressif et trop impulsif. Je n'y aurais pas pensé par moi-même, mais maintenant que tu l'as dit, je n'en trouve pas d'autre pour te définir.

- Humf...

- Tu n'es pas content que ce soit la chèvre ?

- Non. Mais... j'avais très peur de ce rituel . Peur de découvrir des choses.

- Peur de découvrir que ton animal totem est la chèvre ?

- Non. Peur de... d'autre chose.

Lydia réalisa :

- Le renard. Tu avais peur que ton animal soit le renard.

Elle le connaissait tellement bien.

- Oui. J'étais terrifié de ça. Et d'un côté... j'aurais voulu un autre animal, quelque chose de plus... plus valorisant.

- Comme quoi ?

- Je sais pas, un prédateur au moins. Pas une stupide proie.

- J'ai eu une chèvre.

- Pardon ?

- Quand j'étais enfant ma grand-mère avait des chèvres. Je les adorais. J'avais du mal à avoir des amies. On va être honnêtes c'était ma faute. J'étais une pimbêche et j'étais méchante avec les gens. Alors j'avais des amies mais pas le genre que tu invites à la maison. Des filles avec qui je jouais et faisais des cours de patinage artistique. C'était un mélange de mépris, admiration et compétition.

- Je me rappelle de toi au CE1. Petite queen bee en puissance.

- Et bien ma seule vraie amie était Polochon, une biquette qui vivait chez ma grand-mère maternelle. Je l'adorais. Je passais tous les week-end avec elle. Elle était... impossible a faire obéir, s'échappait tout le temps, mordait les gens qu'elle n'aimait pas et donnait des coup de cornes à tout le monde. C'était une vraie terreur.

- Génial, tu me rassures.

- Mais je l'adorais parce qu'elle trouvait toujours un moyen de sortir. Toujours, elle grimpait sur les trucs les plus improbables. Était d'un loyauté indéfectible. Et très affectueuse envers ceux qu'elle aimait, mais sournoise avec les autres. Et courageuse. Elle a chargé un chien qui aboyait sur mamie. Certes elle s'est fait mordre dans la foulée mais le chien s'en est pas mieux sorti. Et elle me faisait rire.

- Je vois exactement où tu veux en venir. Mais ne te fatigue pas. Tu sais qu'en Chine les gens essayent de ne pas avoir d'enfant l'année de la chèvre ? Parce que c'est la honte.

- Stiles. Les gens ont du mal avec ce qui sort de l'ordinaire. La chèvre est un herbivore de taille moyenne. Cousine du mouton. Elle devrait être une proie. Elle devrait être faible. Et à la place de ça c'est un animal fier, combatif, intelligent. Agressif. Chez les herbivores seuls les mâles se permettent d'être agressif. Pas les chèvres. Elle explose tous les clichés, ne respecte que les règles qu'elle s'impose elle-même. Rien ne fait plus peur qu'une personne qui sort du moule Stiles. On essaye forcement de la briser.

- Et peut être qu'on peut la briser...

- Oh oui. Oui on peut. Mais ça serait dommage qu'une personne qui a survécu à tout ce à quoi tu as survécu se laisse aller parce qu'il a peur de ce qu'il est vraiment. Avoue tu voulais un truc cool et consensuel ?

- Je pensais à genre un corbeau parce que c'est malin. J'aurais aimé sans y croire un truc cool genre tigre ou tricératops.

- Mais t'es pas un tigre Stiles. Pas du tout. T'es pas impressionnant. Et tu ne le seras sûrement jamais, vouloir l'être c'est l'assurance d'être triste. Et le corbeau aurait pu t'aller, si tu étais une personne calme. Et tu n'es pas calme. Ça ne sert a rien de vouloir l'être.

- Je sais. Je sais tout ça.

-De quoi tu as peur alors ?

-Je sais pas ! C'est compliqué. J'étais tellement sûr que ça serait un renard. Je pensais qu'il m'avait choisi comme hôte pour ça. Je croyais qu'il avait brisé mon guide spirituel et que je deviendrais un démon. J'ai écris des lettres d'adieu, fait une liste de mes regrets... j'étais si sûr que je n'ai pas pensé sérieusement à autre chose. Je n'étais pas prêt à autre chose. J'étais prêt à me suicider, mais pas prêt à recevoir un animal totem. Alors une chèvre... c'est une sale surprise.

- Oui. Mais ça t'a sûrement sauvé.

- De quoi ?

- Stiles, réfléchis. Quand il a vu une âme malicieuse, intelligente et vive, le nogitsune a cru trouver un renard. Il a cru qu'il pourrait jouer, comme une chasse à la courre. A la place il s'est retrouvé face à une chèvre obstinée qui tient tête, qui ne fuit pas. C'est ton entêtement qui t'a sauvé Stiles. La ou le renard fuit, la chèvre résiste. Et tu n'es pas le genre de personne à fuir Stiles Stilinski . Pas sans essayer au moins de résister.

Le jeune homme réfléchit à ce que lui avait dit son amie. Pour la première fois depuis longtemps il vit Yule sous un œil positif. Il prit une gorgée de thé et remarqua que Lydia lui avait servi du fraise rhubarbe. Ça avait été son préféré longtemps. Aujourd'hui il le trouvait un peu sucré.

- Et toi, à par les maths que fais-tu dans ta vie j'ai... pas vraiment demandé de tes nouvelles aux autres.

- Selon Malia tu m'appelais « l'ignoble vipère » du coup je m'en doute. Voyant l'air coupable de l'homme en face d'elle elle rajouta : Personnellement je t'appelais « ce chacal puant ». Et d'autres noms, moins gentils.

- Y'a pas à dire, on est meilleurs en insultes qu'en mots doux.

- Oui... Pour répondre à ta question moi je me suis consacrée corps et âme aux math pendant deux ans. Pas fait grand-chose en dehors de mes études. Puis j'ai rencontré Calvin il y a un peu moins d'un an et j'oscille entre lui et les maths.

- Un autre mathématiciens

- Non. Il est agrégé de science sociale. Je l'ai rencontré dans un club surnaturel de New York. Il est humain mais a grandi dans une meute de lion-garous en Arizona. On est d'accord sur rien. Et on est incroyablement différents. C'est une bonne chose.

- Oui. Je pense.

Le silence s'éternisa, ce qui avec Stiles était toujours étrange. Il le brisa :

- Je crois que tu m'as manqué. Pas en temps que petite amie. En temps qu'amie. J'ai eu personne de pareil que moi pour me comprendre. J'aime les autres hein, juste c'est pas pareil.

- Moi aussi. Je regrette tellement.

- On aurait pas dû sortir ensemble.

- J'en suis pas sûre. Ça serait arrivé un jour ou l'autre. T'as été amoureux de moi trop longtemps pour qu'on soit amis sans tenter le coup. Juste... on a laissé les choses s'envenimer. On n'est pas complémentaires toi et moi. Mais on forme une belle team amicale.

- Mais on est effroyablement rancuniers tous les deux.

- La rupture a eu lieu dans d'affreuses conditions.

- Je crois qu'on s'aimait trop pour accepter de laisser l'autre partir. Mais qu'on ne pouvait pas être heureux ensemble sur le long terme.

- Oui. Mais du coup, toi tu as trouvé une personne avec qui tu es heureux et complémentaire ?

- Non, j'ai personne, avec le druidisme je n'ai pas eu le temps d'avoir une vie amoureuse, après je crois que je suis tombé amoureux de Derek.

Le temps se figea. Les yeux de Stiles s'agrandirent.

- Et merde je... Lydia, j'y avais jamais réfléchi. Je suis tombé amoureux de Derek. Je ne le savais pas putain. Je viens de l'apprendre. Merde je fais quoi ?

- C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

- Je sais pas ! Bonne je crois. Merde. Lydia comment tu fais ça ? Comment tu fais pour toujours me faire comprendre des trucs sur moi alors que c'est sous mon nez depuis le début ?

- Parce que nos autres potes sont gentils mais pas bien fut fut. Tu vas faire quoi par rapport à Derek ?

- Je sais pas. Je dois faire quoi ?

- Communique. Vraiment Stiles, communique avec lui. Si t'as pu rester ami avec Malia, tu peux avoir cette conversation avec lui et t'en tirer bien dans tous les cas.

- Tu as raison.

Et c'était vrai.

Stiles sentit le changement en lui, instinctivement il tendit vers le lien de meute. Pour la première fois, Stiles put ne faire qu'un avec. Il demanda :

- Que fais tu ce soir ?

- Rien. Je suis arrivée plus tôt que prévus, j'aurais du rentrer cette nuit. Du coup maman est avec ma grand-mère, on fait Noël demain matin.

- Lydia. Tu dois venir dans la meute. Tu manques aux autres. Tu me manques. Je nous ai affaiblis en te mettant dehors.

- Tu ne m'as pas mise dehors. Je suis restée en contact avec tout le monde, même Derek d'ailleurs. Mais je n'habite plus ici donc je suis moins intégrée.

- Non...on... je le sens Lydia, je le sens au fond de moi. On doit être tous ensemble demain soir. Tu dois venir. Tu es le dernier lien. Et j'ai été un abruti de ne pas le comprendre plus tôt je... Stiles se mit à genoux et prit la main de la banshee. Lydia Martin, acceptes-tu de redevenir ma partenaire de crime et de rehausser le niveau de génie machiavélique de notre meute ?

- Oui, oui je le veux !

[Le saviez-vous ?]

Le solstice d'hiver est le jour le plus court de l'année.

Ce qui veut dire qu'après chaque jour est plus long et plus ensoleillé, pour cette raison les festivités de fin d'année ont toujours été reliées à l'espoir et au renouveau, et cela même bien avant l'ère chrétienne.

Quand il arriva le silence se fit dans le salon. Toute la meute était là, ils se tournèrent vers lui, anxieux.

- J'ai ramené une invitée supplémentaire, vous avez pas mangé tous les p'tits fours ?

Son père et Derek semblaient très surpris de voir Lydia. Malia sauta de son fauteuil pour se jeter dans les bras de la rousse, l'engloutissant dans un énorme câlin. Une poignée de secondes plus tard le reste de la meute se joignit à elle.

Une fois les embrassades finies ils expliquèrent brièvement la situation.

Malia ne pouvait pas cacher sa joie, elle les installa de force sur le canapé et s'assit entre eux. Le reste de la soirée fut une soirée de Noël classique en somme. Beaucoup de nourriture, beaucoup de blabla et autant d' , c'était étrange que Lydia soit là, mais pas désagréable. Et Stiles n'avait pas paru aussi heureux depuis longtemps. Seul Derek semblait un peu effacé.

Après un repas indécemment copieux arriva l'heure des cadeaux.

Et d'un petit souci diplomatique : Lydia n'étant pas prévue au programme, il n'y avait aucun paquet pour elle. Stiles eut une illumination et fonça dans le placard de la chambre d'amis, il renversa une pile de cartons jusqu'à trouver un paquet doré poussiéreux, il jeta une carte en forme de cœur à la poubelle et redescendit, Derek le rattrapa pour ne pas qu'il s'étale dans les escaliers, puis il put offrir le paquet à Lydia

- Tiens, on a de la chance j'ai jamais réussi à le revendre.

- Toujours aussi délicat, rigola la jeune femme avant d'ouvrir le paquet.

C'était une horloge dont les chiffres avaient été remplacés par des formules mathématiques dont la somme correspondait aux chiffres attendus.

- Elle est géniale ! Je la veux dans mon bureau !

Stiles n'eut pas à répondre car Chris venait d'ouvrir son paquet cadeau. Il contempla celui de Stiles et celui de Derek.

- Une flasque et un chapeau ? Vous me prenez pour un cow-boy ?

- Je t'imagine si bien en cow-boy... je ne pouvais pas résister.

Chris mit le chapeau. C'était la bonne taille. Il le garda sur la tête. Puis il demanda au jeune homme chèvre :

- Stiles, je suis désolé pour tout à l'heure. Contrairement à ce que tu pensais je ne moquais pas de toi. Juste... Il ne put réprimer un nouveau sourire. Dans une meute les émissaires qui sont très impliqués, comme tu l'es, sont appelés cœur de meute.

- Je le sais. Mais je ne vois pas le rapport avec ton fou rire. Que j'ai pas encore pardonné d'ailleur.

- Leur animal totem les représentent eux, mais aussi la meute et... une meute comme vous, avec des coyote-garous, caméléon, banshee, alliée avec des chasseurs c'est...Vous ne respectez aucune règle, et faites votre propre chemin sans rien demander à personne.

Stiles ne put réprimer un petit sourire, mais Chris l'empêcha de répondre. De manière complètement inattendue il commença à soulever son t-shirt.

- Christopher je ne sais pas ce que tu essayes de faire en te déshabillant face à mon fils mais j'ai mon arme de service.

- Non, je dois lui montrer un quelque chose.

Il abaissa son pantalon au niveau de la hanche. Et tout le monde put voir un tatouage, petit, pas plus grand que la paume de la main représentant de face une tête de bélier ou chèvre, difficile de voir la différence sur un dessin aussi petit, d'autant plus qu'il n'était pas très bien réalisé.

- Quand j'avais 18ans une de mes missions m'a amené à travailler avec une prophète. Un jour alors qu'on parlait elle m'a attrapé la main et est entrée en transe. Elle m'a juste dit que ma place était auprès du signe de mes étoiles. A 20 ans un devin m'a reparlé du signe de mes étoiles, et un marabout également. Je suis né le 30 mars 1927. Signe astrologique du bélier, et de la chèvre sur le calendrier chinois. Comme je ne comprenais pas ce qu'ils voulaient de moi je me suis fais tatouer ça par le marabout et j'ai continué ma vie. Il y a un mois un chaman me l'a dit à nouveau. Là je rentre auprès de vous après une dure mission et je te vois m'annoncer que le cœur de la meute est une chèvre, répondant sans le savoir à une question existentielle qui me perturbe depuis plus de trente ans.

Tout le monde fut songeur un moment. Personne n'avait l'habitude d'entendre Chris aussi longtemps. Et puis le savoir lié à eux sans le savoir depuis aussi longtemps était... logique. Mais surprenant quand même. Scott s'avança et déposa ses deux mains sur les épaules de Chris.

- Christopher Argent. Veux-tu devenir un membre de la meute.

- J'en serais honoré, Alpha McCall.

Stiles le sentit physiquement, une chaleur qui l'inondait, et le lien de meute qui changeait, devenait plus grand, plus fort.

- Ok. Je te pardonne. Mais tu garde le chapeau tout la soirée.

Chri lui souris et Stiles en fut vraiment heureux. Il profita de cette sensation jusqu'à que Derek lui tende un joli paquet argenté.

- Joyeux Noël.

- J'ai déjà eu l'écharpe et le bonnet.

- Tu veux que je le reprenne ?

- N'ose même pas. D'ailleurs suis-moi, j'en ai un pour toi aussi.

Il amena son coloc dans son ancienne chambre et sortit un paquet vert qu'il tendit au loup, avant d'ouvrir le sien.

C'était une des peluches bouillottes de l'étal de la dernière fois. Un petit tricératops. Il y avait un mot disant :

« Les tricératops c'est un peu les chèvres du jurassique. Quoi que tu sois, je suis avec toi, prêt à te réchauffer quand tu en as besoin. »

- Derek c'est juste trop mi... La fin de la phrase de Stiles fut noyée dans un câlin, il se retrouva pressé contre les pectoraux de Derek. Quand ce dernier le relâcha Stiles put voir qu'il avait les larmes aux yeux.

- Comment ? demanda le loup en désignant son cadeau de Noël : un album photo.

- Ça a été long, en vrai c'est mon idée cadeau de l'année dernière, j'y ai pensé en relisant Harry Potter. Mais ça a pris plus de temps que prévu. J'ai demandé à d'anciennes meutes, celle de Satomi par exemple, et aux druides que j'ai croisés, plus des actions moyennement légales, en épluchant les albums des lycées et écoles... C'est pas grand-chose.

- C'est déjà énorme Stiles. Je ne les avais pas vus depuis si longtemps... Derek prit le visage de son ami en coupe. Ils échangèrent un regard intense. Leurs visages se rapprochèrent, doucement mais sûrement. Leur yeux ne se quittaient pas et...

- Stiles il est merveilleux ! Une Malia semi-sauvage faucha Stiles sur le lit, agitant un nain de jardin sous son nez. Lydia m'en a offert un autre, c'est géniiiial, je vais avoir une famille de nains de jardin, on doit leur trouver des noms !

- Ben and Jerry ?

- Adjugé ! Malia regarda autour d'elle et vit l'album dans les mains de Derek. Qu'est que c'est ? Attend, est ce que c'est notre famille ?

Derek hocha la tête.

- Trop bien, présente-les moi !

Ils s'assirent sur le lit et Derek lui montra chacun des membres de la famille, les photos que Stiles avait patiemment récoltées sur un an, de tous les membres de la famille Hale.

Stiles sourit en le regardant, se promettant de se déclarer à Derek quand il le pourrait, sûrement en rentrant à la maison. Il s'allongea deux minutes.

Et fut réveillé par son père à 9h du matin passées.

- Ça fait un moment que je n'étais pas venu te réveiller dans cette chambre !

- Mgn, keskece ?

- Tu n'as rien à préparer pour ce soir ?

- Ké... Oh oui. Le second rituel...

- Derek t'a laissé la jeep, il va passer la journée avec Chris. Moi je suis de service mais je finis tôt, je serai là pour le rituel, le reste de la meute aussi.

- M'ok.

- Joyeux Noël fils.

- Joyeux Noël papa.

- Et fils ?

- Oui ?

- Je suis fier de toi, de l'homme que tu es devenu. Je t'aime.

Il disparut mais le sourire sur les lèvres de son fils resta un moment.

Les préparations étaient sensiblement les mêmes que celles du premier rituel. Mais Stiles était bien plus calme et serein. Deaton le remarqua, tout comme Marine.

Ils ne posèrent pas de question, tant mieux car Stiles ne voulait pas avoir à fournir de réponse.

Encore une fois le crépuscule arriva tôt. Toute la meute se réunit autour du nemeton.

Stiles avait encore une fois son pagne, ses bijoux et marques runiques.

Il s'avança vers le nemeton, fredonnant encore une fois en rythme avec ce dernier, insensible aux gens autour de lui il s'assit en tailleur au milieu de la souche.

[Le saviez-vous ?]

La chèvre symboliserait dans nos rêves l'agilité physique, l'amour de la liberté et l'obstination. Rêver de chèvre blanche mettrait en avant notre franc-parler et notre nature spontanée. C'est aussi un signe de joie, de robustesse et d'endurance .

Il était de retour dans la lumière, encore.

Le même endroit, exactement le même qu'i jours.

Il la vit revenir, exactement comme la dernière fois.

Comment avait-il pu la prendre pour un renard ? Il était évident que c'était une chèvre.

Et elle avançait, encore, ne semblait toujours pas prête à s'arrêter.

Stiles prit une grande inspiration.

Que devait-il faire ?

La réponse fut assez instinctive.

La silhouette courait vers lui, de plus en plus rapide, tête baissée, prête à le charger.

Stiles baissa la tête et chargea a son tour.

Les deux crânes s'entrechoquèrent dans un bruit sourd.

Et le bruit fit vaciller la lumière.

Ils retournèrent à l'assaut, tous les deux, refusant de laisser l'autre dominer l'échange.

Le second choc dissipa une partie de la lueur, et de ces vagues ombres naquirent les couleurs. Du troisième naquirent les formes et du quatrième les textures.

Ils cessèrent de lutter.

Ils étaient dans une vallée,, surplombée par une montagne.

La chèvre gambadait et pour la première fois Stiles se prit à penser que l'animal était joli. Presque mignon, assez comique, mais pas un comique qui lui donnait envie de se moquer, juste celui qui réchauffait le cœur.

Il tendit la main, et voulut avancer.

Mais il ne pouvait pas.

Il était coincé.

Il tenta de refluer la panique pour comprendre.

Un truc le retenait.

Il prit le temps de respirer, et chercha du réconfort auprès de sa meute.

Le lien lui parut plus clair et plus puissant que jamais. Il pouvait sentir la puissance de ce qui les unissait.

Il ne manquait rien, la meute était complète.

Il le sentait comme un ruban de lumière qui le reliait aux autres.

Mais au milieu de tous ces rubans de lumière il sentit un lien.

Un lien dur, qui l'attachait contre son grès.

Il se concentra plus fort et le vit enfin. C'était marron, tortueux et très résistant.

Une racine.

Le nemeton.

le nemeton qui l'attachait à un lieu, qui l'empêchait de bouger, d'avoir sa propre vie...

Il devait le couper, mais comment couper une racine spirituelle de 2000ans ?

Stiles eut soudain peur.

Et s'il ne sortait jamais de son emprise ? Et s'il restait bloqué toute sa vie ?

La chèvre ne s'embarrassa pas de ces détails et entreprit de...le manger.

Simple, efficace.

Stiles sentit le lien se briser avant de le voir.

C'était comme si on retirait un poids invisible de ses épaules.

La chèvre ne lui donna pas le temps d'y réfléchir, elle le tira par la manche.

Stiles la suivit, il escaladèrent la montagne, jouant, sautant, en se bousculant l'un l'autre.

C'était grisant et reposant. Comme si pour la première fois depuis des années Stiles prenait un moment rien que pour lui.

Une fois au sommet il s'assit et la chèvre déposa sa tête sur ses genoux. Stiles la caressa en contemplant la lune.

Il ne pratiquait pas le druidisme, il ne le comprenait pas seulement... il le vivait.

Un animal totem n'était pas un guide. Il était le reflet de la façon dont Stiles pratiquait.

Et Stiles avait besoin de sa meute, son troupeau, son crew, son équipe, sa team appelez ça comme vous voulez, mais ils étaient vitaux pour lui.

Mais il avait aussi besoin de sa liberté.

Il ne pouvait pas se soumettre a la moindre hiérarchie sans avoir accepté la légitimité de l'autre et de ses décisions.

Il ne pouvait pas non plus s'imposer par l'autorité.

Il était loin de ressembler à ce que les gens attendaient d'un druide, d'un guerrier ou plus simplement d'un jeune homme.

Il n'imposait pas le respect. Il le gagnait en étant têtu et malin.

Et il acceptait ceci.

Alors il déploya un nouveau ruban de lumière qu'il tendit vers le nemeton.

Il voulait bien de son héritage, mais il ferait le tri sur ce qui était important et ce qui ne l'était pas, il choisirait ce sur quoi il s'engagerait et ne serait plus jamais contraint face à un arbre magique sans l'avoir choisi.

Pour la première fois de sa vie, Stiles était complet.

[Le saviez-vous ?]

La plus grande distance en skate parcourue par une chèvre, est de 36m. L'exploit a été réalisé en Floride par une chèvre nommée Happie qui a accompli ce record en 25 secondes .

Il ferma les yeux. Quand il les rouvrit il était en tailleur sur le nemeton, les autres le regardaient l'air curieux.

Stiles se sentait incroyablement mal.

Stiles se sentait incroyablement bien.
Stiles se sentait incroyablement à sa place.

Il ne s'y attarda pas, il devait profiter de cet élan de confiance en lui, avant que l'endorphine ne parte. Il se dirigea droit vers son coloc et s'exclama :

- Derek ! Je veux te faire jouir en te suçant !

Il y eut un silence profondément gêné.

- En faisant ça dans le cadre d'une relation d'ordre romantique établie sur une durée indéterminée, parce que c'est ce que je voulais proposer à la base, avant de parler de ton pénis dans ma bouche. Genre toi et moi ensemble de manière romantique. J'aurais dû commencer par là, non ?

- Oui, tu aurais dû commencer par la seconde phrase, répondit Derek. Mais je suis d'accord pour une relation de type romantique établie sur une durée indéterminée.

- Dans la mesure ou il y a moi ET ton père tu aurais pu te contenter de cette phrase seulement d'ailleurs, grimaça Scott. J'ai des images mentales affreuses.

- Et bien ne viens plus jamais à la maison à l'improviste, parce que tu vas avoir autre chose que des images, ricana Stiles avant de se jeter dans les bras de Derek pour l'embrasser.

Le loup garou l'accueillit dans ses bras avec plaisir, attrapant son visage pour l'embrasser longuement, et tendrement. Rapidement le baiser fut plus passionné, quand une main se glissa sous le pagne le shérif protesta :

- Doucement mon garçon ! Je veux pouvoir regarder mon fils dans les yeux.

Stiles arrêta d'embrasser son amant, mais ne lâcha pas sa main, ce qui était une bonne nouvelle parce que Derek non plus ne voulait pas le lâcher.

Ils passèrent encore un moment tous ensemble, grignotant les reste du réveillon pendant que Stiles prenait sa douche, Derek demanda à Deaton si les attributs reviendrais, mais visiblement il aurait peu de chance vus que le seul moyen que Stiles est a à nouveau effectuer une transformation pareille, c'était s'il devait se lier a un familier. Pratique assez rare à la base et désuète aujourd'hui
Quand Stiles sortit de la douche, débarssé de ses runes et autre pagne, chacun y alla de son petit compliment pour sa réussite ou commentaire sur la perte des oreilles, cornes et autre queue . Malia déplora la disparition de ce bouc si sexy et Mason avoua que le pupilles horizontales le mettait mal à l'aise puis rapidement ils s'éclipsèrent, laissant les amoureux enfin seuls.

[Le saviez-vous ?]

Un étude scientifique rigoureuse menée sur le discord Sterek a démontré que si vous la lancez sur le sujet de l'animal totem de Stiles, Tatalotus peut discourir plus d'une heure. La légende raconte que si elle est en forme elle peut même vous fournir une imitation de la chèvre au cours de la discussion.

Plus tard ils cassèrent deux bonhommes de neige guitaristes supplémentaires dans leur passionset Derek manqua de se casser un bras dans l'escalier à cause de leur fougue (ou de la maladresse de Stiles)

Le nouvel an suivant Liam se lava les yeux à la javel après avoir voulu rentrer dans le placard où ils étaient.

Stiles s'inscrivit dans une école de police du comté et réussit les examens d'entrée haut la main en février.

En mars Stiles se réveilla au milieu de la nuit, animé d'un affreux pressentiment. Ils conduisirent cent kilomètres et parcoururent 1km a pied dans la montagne, de nuit, pour trouver une chèvre blessée dans un buisson, avec a ces coté un chevreau nouveau-né.…

Le soir Derek avait acheté les deux à 3 fois leur prix au fermier.

Le lendemain le cabinet d'étude était devenu une chèvrerie, Madame Seguin et sa fille, nommé Yule accaparait toute l'attention de Stiles.

Mm Sequin ne survécut pas à mai, mais Yule devient immédiatement la protégée de Derek et Stiles.

En juin Yule était une chevrette joueuse, enthousiaste, bourrine, et têtue, était incapable de rester en place, elle avait détruit le jardin, mangé les clés de Scott, fait caca sur la jeep, mordu le Shérif plusieurs fois, chargé Deaton et une de ses passions consistait à poursuivre les écureuils et les lapins pour essayer de les mordre. (selon le shérif, Stiles avait fait toutes ces choses au moins une fois dans son enfance, sauf la dernière. Selon Chris la dernière venait du côté de Derek.)

En juillet ils purent partir en vacances loin de Beacon Hills. Stiles n'avait pas quitté le comté depuis trois an et était surexcité. Ils partirent en Irlande, ils confièrent Yule au shérif, il plut toute la semaine et leur auberge était infestée de korriganes, à la fin ils durent rembourser une commode cassée car ils avaient été un peu trop enthousiastes. C'était des vacances géniales.

En août Liam reçut son diplôme et organisa une grosse fête, il rencontrèrent Calvin à l'occasion, et Stephan fit son entrée officielle de la meute

Et finalement, le 24 septembre jour de équinoxe d'automne, Stiles tint enfin sa promesse de faire jouir Derek en utilisant seulement sa bouche. Scott aurait préféré ne jamais le savoir.

[Le saviez-vous ?]

Vous non plus, vous ne savez rien.

Et Socrate vous en félicite.


J'ai déjà commencé à écrire des petits bonus, surtout des moments avec la petite Yule, et la discutions entre Stiles et Derek pour mettre tout ça au clair, mais je ne suis pas sûre de le publier bientôt.

Joyeuses fêtes de fin d'année !

Le saviez-vous : Les reviews sont le seul cadeau de noël attendu par l'auteur.