Le décor continue de se poser tranquillement dans ce chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 2
Après une journée entière à rester assise sur une chaise et à naviguer d'une classe à l'autre, Anna n'avait eu qu'une hâte : retourner à la plage.
A la fin du cours de maths, elle envoya un sms discret à Kristoff et Rapunzel, malheureux coincés en cours d'Anglais. « Ce soir, rendez-vous aux Artistes ? ». La réponse lui parvint quelques instants avant la sonnerie. « Okay ! ».
L'adolescente profita du brouhaha qui suivit immédiatement l'annonce de la fin du cours pour inviter Tiana et Mérida à aller fêter leur rentrée dans leur bar préféré. Après avoir descendu les escaliers puis traversé le lycée, le petit groupe se sépara pour prendre les uns un bus, les autres leur scooter, et peu de temps après, Anna accrochait son vespa vert à un poteau de stationnement interdit devant une façade flamboyante. Le café des Artistes était dans une des petites rues proches du musée des Beaux-Arts. A cette époque de l'année, quelques tables se trouvaient encore en terrasse, les chaises en bois recouvertes de couvertures aussi rouges que la vitrine. Une enseigne en métal sombre était accrochée au-dessus de la porte, et représentait un ménestrel assis sur un tonneau, une harpe dans une main et une chope de bière dans l'autre.
Anna poussa la porte et rechercha ses amis des yeux dans le bar presque désert à cette heure. Visiblement, elle était la première arrivée. Elle choisit une grande table entourée de suffisamment de chaises libres pour tout le monde et sortit un livre de son sac. Elle s'adossa confortablement et étendit ses jambes devant elle. L'intérieur du bar était tout en bois, du parquet au plafond, et de nombreuses toiles aux motifs et couleurs variées ornaient les murs.
Dans les enceintes, Lady Gaga laissa place à Michaël Jackson puis à We Will Rock You sans que l'ombre d'une Mérida, d'un Kristoff ou même d'un Hans n'apparaisse dans l'embrasure écarlate de la porte. Anna piqua du nez et reposa son livre. Un contact physique non prévu la tira de sa torpeur lorsque Hans s'assit à-côté d'elle et l'embrassa sur la joue. Elle sursauta, et un petit rire s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle reconnut le garçon. Elle passa ses bras autour de son cou et répondit au baiser avec tendresse. Au même moment, Kristoff, Alice et Mérida arrivèrent et s'assirent en face d'elle. Les filles se firent la bise comme si elles ne s'étaient pas déjà vues le matin même, Tiana et Rapunzel arrivèrent enfin, et tout le monde commanda à boire. Comme à leur habitude, tous se moquèrent d'Anna et d'Alice qui avaient commandé l'une un Cacolac et l'autre un thé au citron.
- Une adolescente normale, ça boit de la bière, pas vrai les filles ? avait lancé Rapunzel en brandissant sa pinte de Guinness.
- Oui mais le thé, c'est bon, répondit simplement Alice de sa voix douce, et tout le monde éclata de rire.
La bande de lycéens acheva de se raconter leurs vacances, et inévitablement, le lycée s'immisça dans la conversation.
- Alors, cette rentrée ? demanda finalement Rapunzel en jouant avec ses mèches blondes.
- Cool, répondirent Kristoff et Tiana tandis que Mérida grommelait qu'il ne fallait pas aborder les sujets qui fâchent.
- En fait, je n'aurais pas cru, mais je pense que je vais bien aimer la philo, dit Alice.
- Vous avez qui, vous les littéraires ? demanda Hans. Le vieux, le hippie ou la folle qui ressemble à Amélie Nothomb ?
- Le hippie, répondit-elle en sirotant tranquillement son thé. Mais j'aurais bien aimé avoir la folle, il parait qu'elle est très intéressante.
Tiana et Mérida échangèrent un sourire amusé et lourd de sous-entendus. Il n'y avait vraiment qu'Alice pour trouver de l'intérêt dans les cours de philosophie du lycée.
- Et votre prof de maths ? demanda Kristoff. Elle est comment ?
- Elle a l'air cool, répondit Mérida.
- Faut demander à Anna, ajouta Tiana, c'est la mieux placée pour juger.
La petite rousse sursauta en entendant son nom. Depuis plusieurs minutes, elle était bloquée dans un échange silencieux avec Hans, leurs mains se caressant doucement sous la table du bar et leurs yeux se fixaient mutuellement. Anna lâcha la main de Hans et se redressa.
- Qu'est-ce que vous m'avez dit ?
- On voulait savoir ce que tu penses de la nouvelle en maths, demanda Kristoff.
Immédiatement, Anna pensa au sourire qu'elle lui avait lancé lorsqu'elle avait été au tableau, et un sentiment agréable l'envahit. Elle avait apprécié cette prof au premier regard, et elle espérait vraiment ne pas être déçue.
- Elle est bien, répondit-elle simplement.
- Juste bien ? insista Alice.
- Je ne sais pas, dit Anna, mal à l'aise d'être ainsi questionnée. On ne l'a eue qu'une heure. On verra bien d'ici quelques jours. Elle m'a parue sympa, c'est tout.
- Et sacrément mignonne avec ça, dit Tiana. Ca change de la vieille Berry de l'an dernier. Je connais pas mal de mecs qui vont se découvrir un intérêt soudain pour les équations !
- C'est clair que c'est pas avec sa sale tête que Weselton va nous faire aimer la philo !
Le petit groupe d'adolescent éclata à nouveau de rire. Quelque part, un enseignant proche de la retraite, avec une perruque blanche et des petites lunettes rondes devait entendre ses oreilles siffler.
La première semaine de cours passa rapidement. Anna profita de son premier week-end de septembre, probablement le seul week-end de l'année où elle n'avait pas de devoirs à faire, pour ranger sa chambre et l'organiser. Son bureau était entouré d'un amoncellement de choses diverses qui formaient comme une muraille autour de son espace – réduit – de travail. Les étagères qui l'encadraient débordaient de piles de classeurs et de feuilles dans un vrac total.
Deux heures plus tard, assise par terre sur la moquette verte de sa chambre, la lycéenne achevait de remplir deux cartons étiquetés « Anna – Cours de 1ère S ». Un gros sac poubelle bien plein contenait, lui, tous les papiers déchirés, les pubs, les feuilles d'information et tout ce qui ne lui serait d'aucune utilité pour l'année de terminale.
- Hop, voila une bonne chose de faite, dit-elle en fourrant les deux cartons dans l'espace sous le lit, à côté de l'unique carton, beaucoup plus petit, qui contenait déjà ses cours de seconde.
Ca y est, les étagères vides étaient prêtes à accueillir le travail de cette année à venir.
Au milieu de la journée, son portable vibra. Elle le déverrouilla. C'était un message de Hans, et la vue de sa photo, sur son écran, la fit tendrement sourire.
« Balade au parc, vers 16h, ça te dit ? :) »
Le sms l'avait tiré de sa frénésie de rangement. Après une rapide douche, et en ayant fait bien attention de ne pas mouiller ses cheveux, elle rejoignit Hans au parc, et les deux adolescents passèrent l'après-midi à nous balader, à nous raconter nos vacances, et à rattraper le temps perdu. Il lui offrit un joli t-shirt ramené de Berlin où il était allé passer quelques jours. Elle l'embrassa à plusieurs reprises, et les sourires qu'il lui lançait en réponse étaient si tendres qu'elle avait l'impression de craquer à nouveau à chaque instant.
Cela faisait depuis les vacances de Pâques que Anna et Hans sortaient ensemble. Ils avaient passé leur fin d'année à s'amuser comme des ados, à se couvrir de sms, s'envoyer des petits mots en classe et aller au ciné voir presque chaque nouveau blockbuster. Ils ne s'étaient vus que quelques fois entre fin juin et début septembre, et depuis la reprise des classes, ils étaient dans une routine beaucoup plus studieuse. Et plus sérieuse, aussi. Il avait grandi pendant les vacances, et Anna aussi, probablement. Elle avait passé presque un mois en compagnie de personnes tous plus âgés, plus sérieux et, à ses yeux, cent fois plus intelligents et intéressants qu'elle. Elle avait eu l'impression de prendre une injection de maturité pendant l'été.
Hans raccompagna Anna chez elle peu avant l'heure du dîner. Les deux lycéens s'embrassèrent tendrement, assis sur le banc du jardin, puis le jeune homme repartit chez lui, et Anna rentra chez elle. Du perron de la porte, elle se retourna et le regarda marcher dans la rue en direction de son scooter.
Ouaip, elle avait vraiment de la chance de l'avoir comme copain.
- Je déteste le mois de septembre, dit Anna en grognant, tandis que Mérida et elle quittaient le cours de chimie pour se rendre dans la cafét'.
Elles s'assirent sur un banc, très vite rejointes par Tiana, et Mérida prit l'agenda d'Anna dans son sac et se mit à le feuilleter. Plusieurs devoirs déjà faits étaient surlignés, mais la quantité restante était encore impressionnante, et Anna n'avait toujours pas réussi en trois semaines à prendre un bon rythme de travail. L'automne était chaud, et elle n'avait envie que de passer ses après-midi dans le jardin ou au parc avec Hans ou les filles, et surtout pas à travailler.
- Rhah, encore perdu !
Elle jeta un coup d'œil derrière l'épaule de Tiana. La jeune brune jouait à 2048 avec son téléphone portable, et essayait désespérément depuis trois ou quatre mois de battre le high-score de 8192 enregistré par Anna.
- Tu ferais mieux d'arrêter de jouer et de te mettre à bosser !
Quelques grognements plus tard, les trois filles se levèrent de leurs chaises métalliques et quittèrent la cafét' pour aller à la bibliothèque. Les documentalistes, deux femmes sympathiques qu'elles connaissaient bien, les accueillirent avec un grand sourire, et elles s'installèrent dans un coin autour d'une table ronde. Elles déballèrent leurs affaires de cours, et se regardèrent, comme pour se demander par quoi commencer.
- Bon, on fait comme l'an dernier ? demanda Tiana. Anna aux maths, Mérida à l'anglais, moi je m'occupe de la bio et de l'allemand, et on soudoie Alice pour qu'elle nous fasse nos dissert' de philo ?
- Hans sera d'accord pour un coup de main en chimie, ajouta Anna.
Mérida et Tiana échangèrent un regard entendu. La jeune rousse fronça les sourcils.
- Y'a un problème ? demanda-t-elle.
- Non non, répondit Tiana d'un ton plein de diplomatie. Mais, tu sais Anna, Hans n'est pas super bon prof…
- Ouais, ajouta Mérida en croisant les bras sur sa poitrine. Il râle toujours quand je ne comprends pas.
- Je sais que c'est ton mec, mais…
- … si quand on bosse on peut être entre nous, ça serait pas plus mal, acheva Mérida.
Les sourcils d'Anna étaient si froncés que c'en devenait douloureux. Elle regarda ses deux amies, ses deux meilleures amies, Mérida qui avait déjà un air têtu, comme si elle était prête à argumenter, et Tiana, qui avait plutôt un air coupable. Elle haussa finalement les épaules et renonça à engager le combat.
- Comme vous voulez, les filles, répondit-elle en essayant de prendre un ton dégagé.
Mais elle ne pouvait s'empêcher de leur en vouloir, au moins un petit peu.
- Salut Anna ! Bonne aprèm !
- Salut les filles ! répondit-elle en faisant un signe de la main à Mérida et Tiana qui partaient en courant vers les arrêts de bus.
Une fois seule, elle regarda son téléphone. Elle n'avait vu personne de la classe de Kristoff sortir, mais elle était sûre qu'ils finissaient comme elle à seize heures. Après quelques instants d'attente, occupée à faire un sudoku en mode super expert, elle vit Rapunzel sortir du bâtiment, accompagnée de son meilleur ami.
- Hé Anna, lança-t-il. Tu n'es pas encore partie ?
- Je vous attendais.
- C'est gentil, dit Rapunzel. Les filles sont déjà dans le bus, j'imagine ?
- Oui. Et Hans a filé pour aller à son cours au conservatoire, ajouta Anna.
- Faut que j'y aille moi aussi, dit Rapunzel, je suis déjà en retard. A demain !
- Salut ! répondit Anna tandis que Kristoff lui faisait un signe de la main.
La jeune rousse se tourna alors vers lui, esquissai un sourire et marcha vers un banc. Sans rien dire, comme si les mots n'étaient pas nécessaires pour qu'il puisse la comprendre, il la suivit et s'assit à-côté d'elle.
- Y'a quelque chose qui ne va pas ma belle ? demanda-t-il avec un air un peu inquiet.
- J'ai eu une dispute avec les filles, dit-elle en posant sa tête sur ses poignets, les coudes sur ses genoux. Enfin, pas vraiment une dispute… même si Mérida avait l'air de…
Elle s'interrompit et se mordilla les lèvres. Kristoff haussa les sourcils.
- Tu t'es disputée avec Mérida ? demanda-t-il d'un ton surpris, comme s'il était impensable qu'une chose pareille puisse arriver.
- Non… enfin, je voulais proposer à Hans de venir dans notre groupe de travail, mais elle n'a pas voulu… Et Tiana était presque d'accord avec elle. J'ai pas compris sur le coup… Elles ne l'aiment pas ou quoi ?
- Je ne sais pas, Anna…
- Et toi ? demanda-elle en se tournant vers lui.
- Moi ? demanda-t-il d'un ton surpris, l'air visiblement gêné.
- Tu en penses quoi, de Hans ?
- Il est cool… répondit-il d'un ton neutre après un instant d'hésitation. C'est un copain, il est sympa mais… c'est pas mon meilleur pote quoi.
- Que veux-tu dire ?
Kristoff soupira. Elle le vit lever les yeux au ciel, et se tortiller les doigts. Elle l'avait mis mal à l'aise, et elle ne comprenait vraiment pas pourquoi. Qu'est-ce qui se passait avec Hans, avec tout le monde ?
- Ecoute Anna, t'es ma meilleure amie, et j'ai pas envie de m'embrouiller avec toi. Alors ne me demande pas mon avis sur Hans, d'accord ?
Il se leva et commença à se diriger vers les arrêts de bus sous son regard choqué. Elle secoua la tête, comme pour remettre ses pensées en place, se leva et le rattrapa par le bras.
- Kristoff, tu vas pas te barrer toi aussi ! S'il y a un problème, dis-le moi ! Putain, mais vous avez pas de courage, ou d'honnêteté, ou…
- Anna… coupa Kristoff. Le problème c'est pas Hans, avoua-t-il. C'est toi.
- Moi ? s'étrangla Anna, sa voix montant davantage dans les aigus qu'elle ne l'aurait souhaité.
- Toi quand tu es avec Hans, précisa-t-il.
Il baissa les yeux, et shoota de la pointe de sa chaussure dans un caillou qui dévala la pente devant lui.
-Si tu veux mon avis… commença-t-il avant de s'interrompre.
- Oui ! s'exclama-t-elle en piétinant frénétiquement. Je ne demande que ça depuis dix minutes !
- Je préférais la Anna d'avant.
Sa réponse brusque la laissa complètement abasourdie. Il profita de son incapacité à réagir pour lui planter une bise sur la joue, et partit. Anna le suivit du regard tandis qu'il montait dans un bus, et elle fit quelques pas en arrière pour se rasseoir sur le banc ou elle avait laissé son sac.
C'était quoi, cette histoire ?
Elle sortit son téléphone, d'abord dans l'idée d'appeler Hans, mais elle y renonça. Il était au conservatoire, et il ne comprendrait pas et ça l'énerverait. Elle commença alors à écrire un sms à Mérida.
« Je viens de parler à Kristoff. Toi aussi jte gonfle depuis que je suis avec Hans ? »
Elle attendit une minute ou deux le pouce juste au-dessus de la touche « envoyer », hésitante. Elle n'avait pas envie de se brouiller avec Mérida. Au fond d'elle, une petite voix préférait se brouiller avec Hans plutôt qu'avec elle. Elle poussa un profond soupir d'exaspération.
- Bonne soirée, Anna.
La jeune fille se retourna pour voir l'origine de cette voix douce et amicale, et sans un mot de plus, sans lui accorder davantage d'attention, Winter passa devant elle et se dirigea vers le parking. Ouais, ça pourrait être une bonne soirée, en fait. Anna appuya sur la touche « supprimer », et remit son portable dans son sac.
- Allez Elsa, sors avec moi !
- Non…
- Come on, Elsa !
- Non Olaf, je n'ai pas envie…
- Mais enfin, c'est vendredi soir, tu ne vas pas faire ta mamie fatiguée de la semaine ! Je te préviens, je vois le moindre paquet d'infusion sur les étagères, et tu te cherches un autre coloc ! Elle est passée où l'Elsa qui chantait sur le podium, hein ?
- Elle bosse, cette Elsa-là, Olaf. Et cette année, mes élèves ont l'âge de se retrouver dans la même boîte que nous. Organise nous un week-end à Lyon ou à Paris, et là je sortirai.
Le jeune homme croisa les bras sur sa poitrine avec une moue déçue. Il tenta de la faire changer d'avis en lui faisant son plus beau regard de chiot battu, mais elle répliqua par un haussement de sourcils et un sourire non convaincu.
- Du coup, tu vas faire quoi ce soir ? demanda-t-il sur un ton plus doux. Je te préviens, c'est le week-end, le travail est banni, et cocooning a été rayé de la liste des mots à prononcer quand on a moins de 25 ans.
Elsa soupira, mais son soupir n'était pas vraiment exaspéré. Olaf la faisait sourire, comme toujours. C'était en partie pour cette raison qu'elle avait décider de vivre avec lui.
Elle vida son sac sur la table du salon, et le jeune blond se pencha derrière elle pour regarder la première copie de la pile qu'elle venait de poser. C'était des contrôles de première éco, mais elle se rendit compte un instant trop tard que ce n'était pas du tout l'interro qui l'intéressait. Avant qu'elle n'ait pu l'en empêcher, il tira en-dessous de la pile une pochette en carton avec des photos d'enfants en noir et blanc, une déco un peu cliché du style Doisneau. Il l'ouvrit et en sortit une grande photo de classe.
- C'est mes terminales, expliqua Elsa en prenant la photo, sur laquelle s'alignaient vingt-huit adolescent vêtus de leurs plus beaux atours d'élèves, de leurs nouveaux sweats et de leurs baskets neuves, tous arborant de grands sourires et des regards fiers.
- Mais pourquoi tu as leur photo ? demanda-t-il surpris.
- Parce que je suis dessus. On me l'a donnée ce matin.
- Oooh ! s'exclama Olaf en reprenant la photo des mains d'Elsa. Je veux voir ça !
La photo avait été prise la première semaine de septembre. Il faisait encore beau, et Elsa portait une légère robe bleue, et ses cheveux nattés retombaient sur son épaule.
- Je ne sais pas pourquoi il m'ont voulu sur la photo, dit-elle en haussant les épaules. Je n'ai aucun prof, moi, sur mes photos de classe du lycée.
- Oui mais tes profs à toi étaient moches ! Là ils vont pouvoir montrer à tous leur potes à quel point leur prof de maths est so sexy !
Elsa rougit, et donna un coup de coude dans les côtes de son ami.
- Hey, y'a des filles mignonnes, on dirait !
- Olaf… gronda Elsa.
- Elle a une sacré touffe de cheveux, elle, dit-il en pointant une élève aux longs cheveux roux et bouclés. J'aimerais pas être à la place de son peigne. Et c'est quoi ses fringues ? On dirait une robe médiévale… et regarde-moi ces bras !
- Elle est championne de tir à l'arc. Je crois qu'elle s'était déguisée pour la photo, elle ne s'habille pas du tout comme ça quand elle vient au lycée.
- Et ta matheuse, elle est dans cette classe ? demanda Olaf en parcourant les visages d'un air avide.
- Oui… Tiens, c'est elle, Anna, dit Elsa en montrant une jeune fille aux cheveux blonds-roux et tressés en deux petites nattes, coincée entre la fille en robe médiévale et une jolie fille à la peau noire et aux cheveux relevés en un chignon serré.
- Elle est sacrément mignonne ! s'exclama Olaf en se penchant plus près pour regarder Anna.
Il leva la tête, et regarda Elsa avec un petit sourire en coin.
- Avoue que tu y as pensé ! s'exclama-t-il.
- Pensé à quoi ?
- Tu sais très bien de quoi je veux parler ! Tu y as pensé, n'est ce pas ?
- Non Olaf, je ne fais pas dans le détournement de mineur.
- Mouais. T'es bien sortie avec une nana de dix-sept ans, une fois…
- Oui, quand j'en avais seize, répliqua-t-elle.
Elle leva les yeux au ciel et soupira en rangeant la photo dans sa pochette et replaçant la pochette dans son sac.
- Si tu étais prof, tu serais capable de repérer le seul gay du lycée et de t'envoyer en l'air avec dans une salle de classe vide…
- Ouais, répondit-il, l'air fier de lui.
Quelques instants plus tard, il monta dans sa chambre, et Elsa profita qu'il soit sous la douche pour se préparer une tasse de thé. Elle savait qu'elle avait promis à Olaf de ne pas travailler le week-end, mais elle commençait déjà à être fatiguée en rentrant du boulot les soirs, et on n'était qu'en septembre alors elle s'empara d'un stylo rouge et de la première copie du paquet. Quand Olaf redescendit dans le salon une heure plus tard, elle avait déjà terminé, et les interros étaient soigneusement rangées dans son sac. Je jeune homme s'approcha en fronçant les sourcils d'un air soupçonneux, et regarda l'étiquette du sachet qu'Elsa avait posé dans sa soucoupe. Elsa sourit. Non, elle n'en était pas encore à boire des infusions.
- Bon, ma beauté, j'ai besoin de ton assistance. Qu'est-ce que je mets avec mon pantalon blanc ce soir ?
- J'aime bien quand tu mets ta jolie chemise jaune, répondit-elle en sirotant son thé.
Olaf ouvrit de grands yeux, profondément choqué par cette proposition.
- Jaune et blanc ? Mais tu veux ma mort ou quoi ?
- Pourquoi pas ?
Il leva les bras au ciel comme un dément et se mit à remonter les escaliers en murmurant des imprécations et des malédictions qui toucheraient la planète si jamais il osait mélanger les deux couleurs. Juste avant qu'il ne ferme derrière lui la porte de sa chambre, Elsa l'entendit marmonner.
- Règle élémentaire N°1 : ne jamais demander de conseils vestimentaires à une lesbienne.
La suite mercredi prochain.
Les reviews constructives sont appréciées !
Ankou
