Chapitre 5
Ce fut au tour de Hans de se montrer hautain et dédaigneux le lendemain matin. La conversation qu'il avait eue avec Anna semblait lui avoir donné l'impression qu'il était devenu la victime dans cette histoire, ce qui lui donnait légitimement le droit d'être désagréable ; ce que Tiana, Rapunzel et Mérida observaient avec un grand mépris.
- Je lui donne pas une semaine avant de sortir avec une autre fille, siffla Tiana, les bras croisés sur sa poitrine.
- Et moi je parie qu'il pense la même chose d'Anna, répliqua Kristoff avec sagesse.
- Ca m'étonnerait, dit Mérida. Ca l'a quand même bien chamboulé, cette histoire. Si tu veux mon avis, elle est pas prête de sortir à nouveau avec un mec juste comme ça.
- A moins qu'elle ne tombe amoureuse, suggéra Rapunzel.
- Ce qui, la connaissant, pourrait bien arriver sans crier gare.
Mérida se tourna vers le garçon et acquiesça gravement à ses mots.
- Vos gueules, elle revient.
Ils tournèrent tous les deux la tête après l'avertissement de Tiana. Anna parcourait à moitié en courant la distance qui séparait les toilettes du banc où toute leur bande avait l'habitude de se réunir.
- Vous avez du boulot, les scientifiques ? demanda Kristoff. Je veux dire, plus que d'habitude ?
- Pas spécialement, répondit Tiana, pourquoi ?
- Ca vous dit d'aller sortir prendre un verre cet aprem ?
- Où ça ? Aux Artistes ?
- Et si on allait au Loir dans la Théière ? proposa Rapunzel. J'ai vu sur Facebook qu'ils ont un nouveau gâteau qui a l'air énooooorme !
- S'il y a du chocolat, ça me va ! approuva Anna.
Comme la cloche sonnait la fin de la pause du matin, les cinq amis se mirent tous d'accord sur une heure et un lieu de rendez-vous, puis partirent vers leurs cours respectifs.
- Qu'est-ce que je vous sers ? demanda la jeune femme potelée aux cheveux courts et bruns qui les avaient accueillis.
- Je vais prendre le bagël, avec une part de carrot cake et un thé glacé, dit Tiana en se tournant vers la serveuse.
- Moi la tarte avec un brownie, dit Mérida.
Kristoff et Rapunzel donnèrent leurs commandes à leur tour, tandis qu'Anna continuait d'hésiter en bavant devant chaque dessert.
- Allez, dépêches toi, tu vas pas la faire attendre comme ça quand même ! s'exclama Kristoff pour la presser un peu.
- Maiiis ! Tout est toujours tellement bon, je ne sais jamais quoi choisir ! Bon, heu, je vais prendre les muffins au pesto alors. Et une part de cheesecake double chocolat !
- J'étais sûre que tu allais le choisir ! rit Mérida. C'était le plus chocolaté de tous les gâteaux !
Anna se retourna pour regarder une dernière fois la vitrine des desserts, avec un soupir de regret pour le brownie, le cupcake au nutella et le cookie au beurre de cacahuète. La prochaine fois, se promit-elle, elle choisirait un de ceux-là.
Le Loir dans la Théière faisait les meilleurs gâteaux au chocolat de tout Arendelle. La déco était un mélange de salon anglais et de table du Chapelier Fou, un peu trop kitsch aux yeux de Mérida et de Kristoff, mais on y mangeait tellement bien ! La petite bande était assise sur des fauteuils moelleux autour d'une table en bois ronde, dans un recoin près de la fenêtre.
Les conversations tournaient autour des cours et du lycée, et au grand plaisir d'Anna, pas une seule fois le nom de Hans ne fut prononcé. Leurs plats furent bientôt servis et vite engloutis, et peu de temps après, Anna se retrouva avec une généreuse part de gâteau noire de chocolat, et totalement indécente !
Elle s'apprêtait à enfoncer sa petite cuillère dans la pâte moelleuse et sucrée quand un éclat blanc comme neige de l'autre côté de la fenêtre capta son attention. Rapunzel, qui avait regardé avec amusement les yeux d'Anna s'agrandir à la vue de la part gargantuesque, s'était étonnée de voir son mouvement de dégustation stoppé en plein vol. Elle suivit son regard et se tourna vers la vitre.
- Eh, c'est pas votre prof de maths, ça ? demanda-t-elle.
Mme Winter marchait dans la rue au bras d'un grand jeune homme aux cheveux dorés. Ils avaient l'air très complices, remarqua Anna, l'enseignante riait et souriait, et l'homme la regardait d'un air qui paraissait très amoureux.
- Si ! s'exclama Tiana en se penchant à son tour pour regarder. C'est qui le beau gosse à côté d'elle ?
- Il est carrément pas mal ! approuva Rapunzel.
- Elle est pas mal non plus, il faut dire, ajouta Tiana. T'en penses quoi, Kristoff ? demanda-t-elle avec un sourire malicieux.
Le garçon releva la tête de sa pâtisserie, la bouche pleine, l'air complètement surpris.
- Moi ? demanda-t-il après avoir avalé péniblement sa bouchée de tarte. Oh, oui elle est jolie. Enfin, ça reste une prof tu sais.
- Oh ! Ca va, ne me dit pas que tu n'as jamais maté aucune de tes profs ! T'es pas gay quand même ! ricana Rapunzel.
- Elle est pas trop mon genre. J'aime pas les blondes ! ajouta-t-il en lui donnant un coup de coude moqueur.
Mérida éclata de rire, mais Anna se sentait gênée, mal à l'aise, tandis qu'elle suivait le couple des yeux par la fenêtre. Elle avait l'impression de faire quelque chose qui n'était pas cool, de se moquer de quelqu'un qui avait été gentil avec elle, et l'espace d'un instant, elle trouva les réactions de ses amies puériles, et elle regretta d'avoir attiré leur attention sur Winter.
- Et toi Anna, demanda Tiana en se tournant vers elle. On n'a pas entendu ton avis, t'en penses quoi ?
- Ben, elle est carrément belle, ouais, répondit la jeune rousse en revenant à la conversation.
- Je te parle de son mec, idiote !
Tout le monde éclata de rire, et Anna sentit le rouge lui monter aux joues.
- Ah ! Oui, il est pas mal lui aussi, on dirait.
- Dommage qu'il ne soit pas un de nos profs ! dit Rapunzel. Vu d'ici, j'en ferais bien mon quatre heures !
- Vaudrait mieux pour toi qu'il ne soit pas un prof, si tu veux avoir une chance avec lui, répliqua Kristoff en fronçant les sourcils. Les plans prof-élève, c'est pas ce qu'on fait de mieux !
Un éclat de rire général accompagna la remarque du garçon, mais Rapunzel n'avait pas l'air convaincue.
- Ne me dites pas que vous n'avez jamais imaginé ou fantasmé avoir une histoire avec un prof ! s'exclama-t-elle.
- Bien sûr que si ! s'exclamèrent Tiana et Mérida à l'unisson.
- Non, répondirent d'une même voix Kristoff et Anna.
Rapunzel regarda ses amis et un nouveau rire naquit de ses lèvres.
- Allons, entre Winter et le prof de SVT, il devrait y en avoir pour tout le monde ! se moqua Mérida.
- C'est quand même pas juste, grommela la blonde. Les beaux profs ils sont tous pour vous.
Le couple avait disparu de leur champ de vision désormais, et la réflexion boudeuse de Rapunzel avait clos le débat. La conversation s'orienta sur un autre sujet, le prochain tournoi de tir à l'arc de Mérida. Anna se tourna vers son gâteau toujours intact, et, armée de sa cuillère, entreprit de n'en faire qu'une bouchée.
Le petit groupe se sépara vers trois heures de l'après-midi. Mérida avait son entraînement habituel, Rapunzel et Kristoff voulaient travailler ensemble à la bibliothèque sur un projet de littérature anglaise, Tiana avait l'intention de faire une sieste puis son compte-rendu de TP de physique, et Anna avait rendez-vous à 16h pour quelques heures de baby-sitting, et elle espérait bien trouver du temps pour finir ses devoirs pour le lendemain.
Du travail en perspective pour tout le monde, et ainsi fila la semaine. Une petite chose avait changé cependant : à chaque cours de maths, Anna ne pouvait s'empêcher de superposer au regard autoritaire et fermé, aux lèvres pincées et à la tenue sérieuse de Mme Winter, l'aperçu qu'elle avait eu de la personne qui se cachait sous l'enveloppe d'enseignante. Un regard souriant, des lèvres rieuses, une attitude décontractée. Une personne qu'elle ne pouvait s'empêcher d'apprécier.
Sûrement que si elle avait eu leur âge, se disait Anna, elle aurait été assise parmi leur bande dans ce café, à se moquer tous ensemble d'un autre prof qui aurait eu le malheur de passer devant leur fenêtre.
Le début de la semaine suivante passa calmement. Le petit groupe d'amis n'avait pas eu le temps de se retrouver en dehors du lycée depuis le mercredi précédent, et Anna attendait avec impatience le week-end pour pouvoir sortir avec les filles. Elles prévoiraient un ciné, sans doute, iraient faire les boutiques et essaieraient des robes pendant que Mérida et Kristoff feraient le tour des vêtements de sport puis ils achèveraient leur après-midi autour d'un burger ou d'une gaufre avant de rentrer chacun de leur côté.
En se rendant au lycée ce jeudi matin, Anna sentit toute la tristesse de l'automne l'accabler. Il faisait froid, beaucoup plus que les jours précédents. Il ne pleuvait pas, mais le vent soufflait fort, et les arbres finissaient de se déshabiller et d'envoyer leurs feuilles mortes au visage des passants. Il faisait encore nuit quand elle arriva au lycée, et en garant son scooter dans le local, il n'y avait plus que le sien. L'hiver n'était plus très loin, et Anna détestait l'hiver.
En se rendant à son cours de philo – car en plus elle commençait avec Weselton ! Elle savait bien que cette journée allait être mauvaise ! – elle ne vit ni Tiana ni Mérida. Hans était passé devant elle et l'avait regardée avec mépris tandis qu'elle attendait toute seule devant la porte. Elle avait faiblement espéré qu'il ne s'agissait que d'une panne d'oreiller, et que l'une ou l'autre n'allait pas tarder à arriver en retard, mais elle dut se résoudre à rester seule à sa table et à écouter les explications confuses de Weselton sur l'art et la société. Rester éveillée fut pour elle une véritable épreuve, et seul la motivation d'avoir à prendre des notes pour ses deux amies absente lui permit de rester vaguement attentive.
Elle s'était réfugiée au CDI pendant la deuxième heure du matin, où elle n'avait habituellement pas cours. Après avoir salué la documentaliste, qui lui demanda en souriant comment elle allait et si tout se passait bien avec son travail, elle s'assit dans son coin préféré, un fauteuil près de la fenêtre, et sortit ses affaires. Elle posa sa calculatrice, sa trousse et son classeur sur la petite table à-côté d'elle, et se mit à travailler.
Elle tira un réconfort un peu étrange à faire des équations en prévision du gros DS prévu à dix heures. Dans un élan de méchanceté un peu puérile, elle se réjouissait à l'idée que Hans devrait se débrouiller tout seul maintenant, et qu'il passerait probablement un moment peu agréable.
La cloche sonna et annonça la pause du matin. En quelques minutes, la pièce silencieuse devint pleine du bruit de pas, des murmures et des chuchotis, des questions posées à voix haute, et des « salut, ça va ? » lancés par les profs à leur collègues documentalistes et des conversations banales qui s'en suivaient. Poussant un soupir, elle se résigna à ranger ses affaires et à se lever.
- Tu t'en vas, Anna ? demanda la documentaliste.
- Oui, j'ai un DS de maths dans dix minutes.
La femme eut un sourire sympathique et lui fit un clin d'oeil.
- Ca ne devrait pas te poser de problèmes alors, pas vrai ?
Anna rougit. Elle savait qu'il n'y avait aucune honte à être bon, mais n'empêche, ça la mettait toujours un peu mal à l'aise de recevoir si souvent des compliments.
- Tiens, au fait, je t'ai mis un magazine de côté, dit-elle en se retournant pour fouiller dans une pile posée à-côté de son ordinateur. Ca devrait t'intéresser. Il y a tout un article sur la robotique, l'intelligence artificielle et ce genre de trucs.
- Oh, merci ! s'exclama la lycéenne en prenant le magasine. Je le lirai ce soir.
- Tu as jusqu'à la fin du mois, prends ton temps ! Et tu me feras un résumé, je me rappelle avoir adoré ton exposé des TPE l'an dernier sur les robots.
- C'était pas sur les robots, c'était sur les drones ! corrigea Anna sans une once de mépris. Merci pour l'article !
Elle serra le magasine contre sa poitrine, jeta son sac sur son épaule et se dirigea vers le couloir de maths, dans l'idée de s'asseoir par terre comme d'habitude, en attendant la sonnerie.
A sa grande surprise, Mérida était déjà assise sur le sol quand elle arriva devant la salle.
- Et ben Ginger, t'étais passée où ? s'exclama-t-elle en levant la tête vers Anna.
- Je pourrais te retourner la question, répliqua son amie. Pourquoi tu n'étais pas là à huit heures ?
Mérida poussa un soupir, et Anna vit les grandes cernes sous ses yeux.
- J'avais un concours de tir à l'arc hier aprèm. A 250 km. On n'est rentrés qu'à deux heures du mat, sécher la philo n'était plus qu'une question de survie ! plaisanta-t-elle.
- Tu leur as botté le cul j'espère ? s'exclama Anna avec un grand sourire, en reprenant l'une des expressions favorites de son amie.
- J'ai fini deuxième. Mais tu aurais vu la première ! J'ai du boulot avant d'atteindre son niveau. Le gars qui a été classé troisième n'était pas mal non plus.
Elle tapota le sol devant elle en levant les yeux vers Anna, et la matheuse s'assit par terre entre les genoux de Mérida et appuya son dos contre le ventre de son amie.
- Vous avez fait quoi en philo ?
- Rien de passionnant, comme d'habitude. Un truc sur l'art, je me rappelle plus des détails, j'ai déjà oublié. Je te passerai mes notes. Tu es prête pour le DS ?
- J'ai bossé tout le trajet hier soir, si ça répond à ta question.
Des bruits de pas dans le couloir les firent relever la tête. La fin de la récré n'avait pas encore sonné, elles s'attendaient à voir arriver les plus assidus de leurs camarades de classe, mais ce fut leur prof, ses cheveux relevés en un chignon serré, qui s'avançait vers elles.
- Bonjour Anna, Mérida, leur dit-elle avec un petit sourire.
Les lycéennes répondirent poliment, et Anna regarda la jeune femme sortir un trousseau de clés de la poche arrière de son jean, et ouvrir la salle.
- Vous pouvez entrer si vous voulez.
Anna et Mérida échangèrent un regard, puis se levèrent et entrèrent s'installer, continuant leurs conversations à voix basse tandis qu'elles relisaient une dernière fois leur cours.
- Ca m'avait manqué d'être à-côté de toi en cours, chuchota Mérida dans son oreille.
La jeune fille répondit par un sourire, et sortit une copie double de son classeur et se pencha pour écrire son nom et préparer l'en-tête de sa copie. En levant les yeux vers le tableau, Anna vit Mme Winter qui regardait droit dans sa direction, un sourire presque… attendri sur ses lèvres. Elle fronça les sourcils sans trop comprendre.
Moins d'une minute plus tard, la cloche sonnait, le reste de la classe arrivait, le sujet du contrôle fut donné et Anna n'avait plus qu'à se concentrer sur la double page d'équations qui l'attendait. Juste avant de commencer, elle se retourna pour regarder Hans. Comme elle l'avait prévu, il n'avait pas l'air super à l'aise, et cette vue lui remonta le moral presque autant que le hochement de tête encourageant que Winter lui réserva lorsqu'elle se retourna pour attaquer son travail.
Elle finit son contrôle au bout d'une heure et demie. A côté d'elle, Mérida attaquait le dernier exercice, et Anna grimaça. Elle avait eu du mal avec cet exercice, elle devait bien l'avouer, et elle espérait que Mérida s'en sortirait sans trop de problème. Elle relut sa copie pour être certaine de n'avoir laissé traîner aucune erreur stupide, puis se leva pour poser sa feuille sur le bureau de sa prof. Nouveau sourire encourageant, et Anna se sentit rougir. Elle retourna vers sa place et croisa le regard jaloux de Hans, puis celui, fier, de Mérida. Son moral était revenu au beau fixe.
La documentaliste ne s'était pas trompée, c'était un article vraiment super, songea Anna tandis qu'elle lisait le magazine en attendant la fin de l'heure. C'était un mélange de maths, de robotique et de science-fiction. De temps à autres, elle jetait un coup d'œil à la copie de Mérida, et une ou deux fois, d'un geste discret, elle lui indiqua une erreur que son amie s'empressa de corriger.
Rapidement, d'autres élèves parmi les meilleurs se levèrent pour rendre leur copie, et Anna n'avait toujours pas terminé sa lecture, ni Mérida son exercice, lorsque la cloche sonna la fin de l'heure.
- Allez les derniers, lança Winter en se levant pour ramasser les feuilles.
- Madame, est-ce qu'on peut rester cinq minutes de plus ? demanda une fille au fond de la classe.
- Ok pour cinq minutes, mais pas plus, consentit l'enseignante.
Presque tous les élèves avaient quitté la classe pour aller déjeuner, il ne restait que les quelques uns qui, comme Mérida, avaient encore besoin d'un temps additionnel pour terminer. Anna fourra sa trousse dans son sac et se leva, les jambes engourdies après deux heures passées assise, et s'adossa à l'encadrement de la porte pour poursuivre sa lecture en attendant son amie. La classe était très calme désormais.
- Qu'est-ce que tu lis ?
Anna sursauta. Elle n'avait pas vu que Winter s'était approchée d'elle, trop absorbée qu'elle était par sa lecture.
- Heu… C'est un magasine scientifique, expliqua-t-elle en lui montrant la couverture. Il y a un article sur l'intelligence artificielle.
- C'est un sujet qui t'intéresse ?
- Oui, j'ai fait mes TPE sur ça l'an dernier, et ça m'a vraiment passionné.
- Tu aimerais travailler sur ce sujet après le bac ? demanda curieusement l'enseignante.
- Je ne sais pas trop, avoua Anna. J'aimerais bien faire des études sur la programmation et la robotique, en fait.
- Être dans la recherche, donc.
- Vous pensez que c'est une bonne idée ? demanda la lycéenne.
A chaque fois qu'elle abordait le sujet avec un adulte, ça finissait toujours par parler d'années d'études, de bourse, de débouchés, d'écoles et de concours, de chômage, de postes à l'étranger et ce genre de trucs qui mettaient Anna mal à l'aise. Ca ne pouvait pas être moins compliqué, non ?
- Si c'est ce qui t'intéresse, c'est l'essentiel, pas vrai ? répondit simplement Winter.
- Oui, mais j'ai un peu peur de m'attendre à quelque chose de génial et ensuite d'être déçue.
Pour la deuxième fois depuis qu'elle avait fait sa connaissance le jour de la rentrée, Anna vit cette expression sur le visage de l'enseignante, celle qu'elle avait vue le mardi précédent, dans sa voiture. Elle vit ce rire, ce rire caché qui n'osait pas sortir. Par peur d'avoir l'air ridicule ? De perdre son côté sérieux et prof ? De réduire la distance qu'elle devait maintenir avec ses élèves ? Anna se posait toutes ces questions tandis qu'elle regardait le sourire-presque-rire de Mme Winter.
- Ca y est, j'ai fini !
L'exclamation soulagée de Mérida attira l'attention d'Anna. Elle abandonna sa conversation avec l'enseignante pour rejoindre son amie, et posa ses mains sur ses épaules pour regarder la feuille posée devant elle. La sportive s'étira en arrière et croisa le regard d'Anna. Avec un sourire malicieux, elle lui attrapa ses deux tresses rousses et tira doucement dessus. Anna répliqua par une tape sur chacune de ses mains.
- Allez dépêche toi, dit Anna en dégageant ses cheveux. Je meurs de faim !
Mérida se leva et alla poser sa feuille sur le bureau, avant de retourner à sa table ranger ses affaires tandis qu'Anna l'attendait près de la porte, où Winter se tenait toujours.
- Ca va mieux, il semblerait, dit l'enseignante à voix basse en se penchant vers Anna.
La jeune fille supposa qu'elle devait parler de l'histoire avec Hans, probablement. Elle jeta un rapide coup d'œil à Mérida, puis leva les yeux vers Winter.
- Oui, répondit-elle sobrement, ne voulant pas montrer aux autres élèves qui restaient qu'elle avait des conversations personnelles avec une prof.
- Tu as l'air beaucoup plus épanouie, poursuivit-elle du même ton discret. On dirait que tu as trouvé quelqu'un qui te convient mieux.
- Heu… oui, répondit Anna sans vraiment comprendre, tandis que Mérida la rejoignait.
- Merci pour le délai madame, dit-elle, et bon appétit !
Les deux adolescentes saluèrent l'enseignante et se dirigèrent ensemble vers le self. Les sourcils d'Anna étaient toujours aussi froncés. Qu'avait-elle voulu dire par là ? Elle essaya de se refaire la scène dans sa tête, et soudain, la réalisation la frappa.
Elle croit que je sors maintenant avec Mérida…
Hmmm, entre Mérida et Elsa, mon coeur balance. Elsanna, MéridAnna... Qu'en pensez-vous ? :D
20 followers en 4 chapitres, ça m'a l'air bien parti !
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A bientôt,
Ankou
