Je note que la « menace » de Mérida/Anna a angoissé beaucoup d'entre vous :D

Il va falloir faire preuve d'encore un peu de patience avant d'avoir la réponse à cette indispensable question : à qui pense Anna Andersen ?

Ceci étant dit, MERCI à tou-te-s pour vos messages et vos MP !

Bonne lecture :)


Chapitre 6

- Hey Anna, ça va ? On croirait que c'est toi qui as fait nuit blanche cette nuit !

Mérida secoua la petite rousse par l'épaule, et Anna releva la tête de son assiette. La salle du self était bruyante comme à l'accoutumée, comme un bourdonnement sourd avec le son monté à fond. Et pourtant, Anna n'entendait rien, le vacarme dans sa tête suffisait à faire taire toutes les nuisances qui d'ordinaire accompagnaient son déjeuner.

- Hmm ?

- Laisse tomber, répondit Mérida d'un ton blasé tandis que Kristoff éclatait de rire.

- Te fais pas de bile, on l'emmènera faire une sieste dans une salle d'étude après manger ! s'exclama-t-il.

Anna n'était pas endormie. Son esprit tournait à plein régime, trop vite pour qu'elle puisse saisir la conversation entre ses deux amis.

Elle n'avait pas osé répéter à Mérida ce que la prof lui avait dit. D'une part, elle ne savait pas comment Mérida allait réagir, et d'autre part il faudrait, pour qu'elle comprenne, tout lui raconter. Et elle n'avait absolument pas l'intention de lui dire qu'elle s'était déjà retrouvée deux fois dans la voiture de Winter à lui raconter ses déboires sentimentaux.

Ils achevèrent leur déjeuner, et Kristoff et Rapunzel partirent en cours d'économie tandis qu'Anna et Mérida se rendaient à leur cours de biologie, complètement à l'opposé. En chemin, elles passèrent devant la salle des profs, et croisèrent Winter qui se dirigeait probablement vers sa salle de cours.

Il faut que j'aille lui parler, pensa Anna. Je ne peux pas la laisser croire que

Mérida l'entraînait dans le couloir, et Anna ne cessait de réfléchir. C'était le moment ou jamais, avant que ses élèves ne viennent dans sa salle, et avant que son cours à elle ne commence… Il lui fallait prendre une décision et vite, sinon elle devrait reporter ça à ce soir, et elle ne connaissait pas les horaires de sa prof, et elle risquait de la manquer...

- Mérida, s'exclama-t-elle soudainement, le souffle court, comme si sa bouche venait de prendre les devant avant que son cerveau n'ait fini de débattre avec lui-même. Je… j'ai oublié un truc, je te rejoins tout de suite !

- Tu veux que je t'accompagne ? demanda son amie d'un ton légèrement surpris. Tu as oublié quoi ?

- Non c'est bon, vas-y, je n'en ai que pour une ou deux minutes, je te retrouve en SVT !

Elle n'attendit pas que Mérida réponde, et partit tout de suite, presque en courant, par le chemin qu'elles venaient d'emprunter. Elle monta les escaliers quatre à quatre, puis s'intima de s'arrêter au moins pour reprendre son souffle. La salle de maths était juste là, elle ne pouvait tout de même pas arriver devant Winter tout en crachant ses poumons.

Lorsqu'elle fut capable de respirer à peu près correctement, elle s'avança vers la porte. Comme elle en avait visiblement pris l'habitude, Winter avait laissé la porte ouverte tandis qu'elle s'installait pour son cours à venir. La lycéenne s'approcha de l'ouverture, et toqua timidement sur l'encadrement.

L'enseignante releva la tête de son classeur, et sourit en apercevant Anna.

- Oui ? fit-elle autant pour autoriser Anna à entrer que pour l'inciter à parler.

- Heu… je voulais vous dire, à propos de ce que vous m'avez dit, vous savez, ce matin, en fait je…

Anna se baffa intérieurement et maudit sa fichue manie de tout le temps radoter. Elle avala douloureusement sa salive et prit une grande inspiration. De l'autre côté du bureau, Winter attendait, patiemment.

- Je voulais juste vous dire que… Mérida et moi on est amies, c'est tout.

Une expression de totale incompréhension se forma sur le visage de l'enseignante, et Anna se baffa mentalement une seconde fois, encore plus fort. Puis les lèvres de Winter se tordirent en un sourire amusé.

- Je n'ai rien sous-entendu de différent, dit la prof, toujours amusée, mais quoi qu'il en soit, tu es bien mieux avec elle en classe qu'avec… d'autres personnes, et c'est ce que je voulais te faire remarquer.

- Ah… D'accord. Bien, je… j'ai cours de SVT, là, je vais vous laisser… bredouilla Anna en reculant vers la porte, le malaise se répandant dans la pièce par tous les pores de sa peau. Heu… au revoir, ajouta-t-elle avant de prendre littéralement la fuite dans les couloirs.

Elle courut rattraper Mérida, sans s'arrêter, comme si courir lui ferait oublier cette scène humiliante. Elle venait de se couvrir de ridicule auprès de Winter, elle en était persuadée. Quelle image sa prof aurait d'elle après cette journée ?

Et pourtant, se dit-elle un instant plus tard en approchant de sa salle de sciences, elle avait quand même le sentiment que sa prof avait voulu lui dire plus que ce qu'elle n'avait laissé croire…

- Ah te revoila !

Elle s'adossa au mur à côté de Mérida, puis se pencha pour reprendre son souffle, les mains sur les genoux. Elle était encore essoufflée lorsque la cloche sonna le début des cours de l'après-midi, et avec un soupir résigné, elle entra dans la classe.


Anna regarda pour la dixième fois au moins en cinq minutes l'heure sur la montre de Mérida. Ce n'était pas dans ses habitudes de préparer toutes ses affaires avant la fin de l'heure pour être dans les premiers à partir, encore moins lorsqu'il s'agissait d'un cours de maths, mais on était vendredi soir, et elle avait accepté de passer la soirée à faire du baby-sitting. Si elle voulait avoir le temps de repasser chez elle avant d'y aller, il fallait qu'elle soit rapide.

La cloche sonna, noyant les derniers mots de Mme Winter, qui se résigna à souhaiter un bon week-end à ses élèves. Anna fourra toutes ses affaires en un seul mouvement dans son sac, et une fois n'est pas coutume, fut la première à quitter la classe. Sur le pas de la porte, elle se retourna, salua Mérida d'un geste de la main, et croisa le regard de sa prof. Elle eut un sourire d'excuse, gênée de s'enfuir aussi vite, puis elle partit en petites foulées vers le local où elle avait garé son scooter.

Madame et Monsieur Bulda (un nom bien rigolo, avait pensé Anna la première fois) n'habitaient pas très loin de chez elle, à peine quelques minutes en scooter, dans un immeuble un peu ancien situé dans une rue plutôt calme, qui donnait sur un grand jardin partagé. Elle se gara près d'un poteau d'interdiction de stationner, et s'avança vers la porte.

Elle bataillait comme la dernière fois avec les touches capricieuses de l'interphone, lorsque quelqu'un arriva derrière elle.

- Excusez-moi, dit un homme, et elle s'écarta pour le laisser mettre la clé dans la serrure. Vous entrez ? demanda-t-il en lui tenant la porte.

- Heu, oui, répondit Anna. Je fais du baby-sitting chez Mme Bulda, je ne sais pas si vous la connaissez…, dit-elle autant pour justifier sa présence que par habitude de faire la conversation.

- Ah, oui, elle est au deuxième. Bonne soirée, se contenta-t-il de répondre, avant de se diriger vers les escaliers.

Elle avait l'impression étrange de l'avoir déjà vu, et pourtant les traits de son visage ne lui paraissaient pas familiers. Cette impression était renforcée par le fait qu'il la regardait lui aussi, comme sil essayait de se rappeler où il avait bien pu la rencontrer.

Il était très beau, songea Anna, grand mais pas trop, la silhouette fine et élancée, avec une petite barbe blonde et des cheveux d'une teinte légèrement plus claire qui ondulaient légèrement, sans l'épaisse couche de gel toujours présente dans les cheveux de ses camarades de classe, qui donnait toujours à Anna l'impression qu'ils ne s'étaient pas lavés depuis plusieurs semaines.

Elle le détailla discrètement du regard tandis qu'il montait les escaliers devant elle. Il portait un pantalon droit bleu nuit, des bottines en cuir et un gilet sans manches boutonnés par-dessus sa chemise blanche. Sous un bras, il tenait une veste ou un manteau, et de son autre main il portait un petit cartable en cuir. Où l'avait-elle rencontré ? Cette question la tarauda jusqu'à ce quelle arrive devant la porte de Mme Bulda, au deuxième étage. Elle regarda alors l'inconnu continuer à monter les marches, elle sonna, puis attendit.

C'est alors que la réalisation la frappa. Oui, elle avait déjà vu ce beau jeune homme blond et bien habillé il n'y a pas si longtemps. Il marchait au bras de Winter, et Anna le regardait à travers la vitrine d'un café.

C'était le mari ou le petit ami de sa prof. Que faisait-il ici ?

- Ah, bonjour Anna ! s'exclama Mme Bulda en ouvrant la porte.

La lycéenne répondit à son employeur, une femme d'une quarantaine d'années, énergique et pleine d'entrain, aux formes généreuses et toujours vêtue de vêtements de couleurs, comme si elle ne pouvait pas supporter d'être invisible dans une foule. C'était le genre ultra sympathique, mais qu'il valait mieux ne pas contrarier. Ses enfants lui ressemblaient beaucoup.

- Alors, comment s'est passée ta journée ? Tu es en forme pour garder mes deux trolls ?

- Bien sûr ! répondit Anna.

Elle posa son sac près de l'entrée et suivit la femme dans le salon. Elle hésitait ; elle avait envie de poser des questions sur cet homme qu'elle venait de voir et qui habitait visiblement dans cet immeuble, mais elle n'osait pas. Comme par exemple, s'il habitait ici, est-ce que Winter vivait là également ?

- Tu veux boire quelque chose ? Un thé, un café, un cappuccino ? Mon mari ne devrait plus tarder, il amène les enfants, et ensuite on s'en va.

- OK… répondit-elle sans réfléchir, puis elle se rappela la question qui lui avait été posée. Un cappuccino, je veux bien.

- Je te prépare ça tout de suite ! Je vais m'en faire un aussi, tiens. Ma journée m'a é-pui-sé !

Elle se leva avec une énergie qui contredisait ses derniers mots et se dirigea vers la cuisine. Anna resta assise sur le canapé, l'esprit toujours aussi préoccupé.

- Tu m'as l'air bien tracassée, lança Mme Bulda depuis la cuisine. Tu es sûre que tout va bien ?

- Oui oui, répondit machinalement Anna. Enfin, si, j'ai une question. Je ne sais pas si vous pourrez me répondre, mais…

La femme tendit le cou pour regarder la jeune fille à travers le salon et l'encouragea à poursuivre d'un geste vigoureux de la main.

- J'ai croisé quelqu'un dans les escaliers, en arrivant, dit-elle en haussant la voix pour être entendue jusque dans la cuisine. Je crois l'avoir déjà vu ailleurs. Il est jeune, mince, plutôt bien habillé…

- Il a continué à monter après toi ? voulut savoir Mme Bulda en revenant avec deux tasses de liquide fumant.

- Oui, répondit Anna.

- Ca doit être le jeune homme du quatrième. Un très beau garçon ? Des yeux bleus très clairs ?

- Je ne l'ai pas assez regardé pour voir la couleur de ses yeux, dit Anna avec un petit rire, mais oui, ça doit être lui. Vous le connaissez ?

- Comme on connaît un voisin, répondit-elle en buvant une gorgée de son café. C'est-à-dire pas beaucoup. Où est-ce que tu l'as vu ?

- Je l'ai croisé au début du mois avec des amies du lycée, expliqua Anna. Elles seraient sûrement intéressées de savoir si…

- Alors la, je te coupe tout de suite ma grande, ce gars-là il n'est ni pour toi, ni pour aucune de tes amies !

Anna fut surprise par le ton de Mme Bulda. Comme si elle venait de raconter une bonne plaisanterie. Cette femme avait l'air de savoir des choses sur cet homme, et Anna avait bien l'intention de les découvrir.

- Ok, il est en couple j'imagine, répondit l'adolescente d'un air qui se voulait détaché, espérant que la femme était une amatrice de ragots et partagerait avec elle ses informations.

- Je ne sais pas, avoua–t-elle à la surprise d'Anna, mais qu'il le soit ou non, je ne suis pas sûre que tu sois son genre.

- Je n'ai pas particulièrement l'intention d'être « son genre », dit la lycéenne en haussant les sourcils, mais tout de même, comment pouvez-vous savoir ça si vous ne le connaissez pas ?

Mme Bulda se pencha vers elle, comme pour rendre sa déclaration plus mystérieuse.

- Et bien, répondit son interlocutrice sur un ton conspirateur, j'ai surpris suffisamment de conversations dans la cage d'escalier pour savoir qu'il ne joue pas dans notre équipe.

- Ah ! s'exclama Anna, comprenant enfin où la femme voulait en venir. Vous voulez dire qu'il est gay !

- En tout cas, il semblerait, dit Mme Bulda en se redressant et en portant sa tasse de café à ses lèvres.

- Mais alors, dans ce cas il ne peut pas être en couple avec elle… murmura la jeune fille en réfléchissant tout haut.

- Qui donc ?

- Je l'ai croisé avec … une femme que je connais. De là où j'étais, on aurait bien dit qu'ils étaient ensemble… J'ai même cru que c'était son mari…

- Elle ressemblait à quoi, cette fille ?

Anna pensa immédiatement à ses yeux… Mais comme elle l'avait fait elle-même remarquer quelques instants plus tôt, ce n'est pas forcément la première chose que l'on observe chez une personne. Et il n'y avait pas que ses yeux qui étaient remarquables.

- Elle a des longs cheveux blonds très, très clair, dit-elle.

Elle n'avait pas besoin de décrire Winter davantage. Si Mme Bulda l'avait vue ne serait-ce qu'une fois, ce seul détail suffirait. Sa chevelure était sa signature, et jamais Anna n'avait vu de cheveux comme les siens.

Comme elle l'avait prévu, la femme n'eut pas besoin d'en entendre plus.

- Ah oui, je vois de qui tu veux parler ! dit-elle immédiatement avec un hochement de tête énergique. Elle habite ici aussi - Anna dut réprimer un sursaut - en fait ils habitent ensemble, ils doivent être frères et sœurs je pense, ou colocs peut-être.

- Mais comment pouvez-vous être sûre qu'ils ne sont pas en couple ou mariés ? demanda la petite rousse.

- Tout simplement parce que – enfin, d'après ce que j'ai pu entendre, hein – elle non plus, elle ne joue pas dans notre cour.

La réponse de Mme Bulda frappa Anna en pleine poitrine, et la laissa un instant le souffle coupé. Ma prof de maths, Winter, serait donc… ?

La nouvelle la laissa tellement abasourdie qu'elle n'entendit pas la sonnerie de la porte d'entrée, et ne vit pas Mme Bulda poser sa tasse et se lever pour ouvrir la porte. Elle fut ramenée dans le monde réel par les cris des deux enfants qui courraient bruyamment vers elle et sautèrent la rejoindre sur le canapé.

- Bonsoir, Anna, dit M. Bulda depuis le pas de la porte.

La jeune fille se débarrassa des deux petits monstres qui tentaient de lui grimper dessus et se leva pour serrer la main de leur père.

- Tout est prêt, on va devoir y aller maintenant, on est déjà en retard. Je suis désolée, ma chérie, ajouta-t-il à l'adresse de sa femme.

- C'est pas grave. Allez, on y va. Passe une bonne soirée Anna !

Mme Bulda enfila un manteau et attrapa un sac aussi bariolé que son manteau qui était posé à-côté du canapé.

- Bonne soirée à vous aussi, répondit poliment la jeune fille. Amusez-vous bien !

- Toi aussi ! Et excuse-moi si j'ai cassé un de tes rêves, mais ne t'inquiète pas, tu trouveras quelqu'un de parfait pour toi un jour !

Anna leva les yeux au ciel dans le dos de ses employeurs. Une fois la porte refermée, elle retourna vers le salon, où l'attendaient les deux enfants.

- Alors, vous avez fait quoi de beau à l'école aujourd'hui ? demanda-t-elle en s'asseyant sur le canapé.

- On a été en forêt ! s'exclama la petite fille. J'ai trouvé des champignons !

- Et moi, j'ai trouvé un cristal super joli ! bouscula son frère en mettant une pierre vaguement translucide sur les genoux d'Anna.

- C'est super ! les félicita l'adolescente en rendant son caillou au petit garçon. Bon, les enfants, vous avez envie de faire quoi ce soir ?


La curiosité était forte.

Beaucoup trop forte.

Après un dernier coup d'œil aux enfants dans leur chambre pour s'assurer qu'ils étaient bien endormis, Anna se dirigea sur la pointe des pieds vers la porte d'entrée pour mettre son plan à exécution. Elle pouvait faire l'aller-retour simplement, en moins d'une minute, mais si jamais quelqu'un ouvrait la porte et l'apercevait, ou pire, la reconnaissait ? Non non, il lui fallait une couverture.

Elle enfila un gros manteau gris clair qui n'était pas le sien, probablement celui de Mme Bulda, cacha tous ses cheveux orangés sous un épais bonnet bleu qui appartenait sûrement à M. Bulda, et ouvrit la porte d'entrée. Elle eut la prévoyance d'esprit de prendre les clés de la maison, qu'elle glissa dans sa poche. Il ne manquerait plus qu'il y ait un scénario catastrophe du style moi coincée dehors et les enfants que je dois surveiller enfermés à l'intérieur…

Les enfants étaient adorables, et Mme Bulda très sympa, elle n'avait surtout pas envie de perdre son job parce qu'elle avait été incapable de refréner sa curiosité.

Une fois bien camouflée, elle sortit sur le palier. Elle tourna la tête à gauche, à droite, attendit une minute ou deux, et lorsqu'elle fut certaine que personne ne se trouvait dehors en même temps qu'elle, elle fila doit vers le quatrième et dernier étage en sifflotant très doucement une musique de James Bond. Il n'y avait qu'une seule porte à cet étage, impossible de se tromper.

Un véritable bric-à-brac encombrait le recoin de palier opposé à la porte. Deux vélos attachés à la rampe, des pots de fleurs vides, des cartons et, nota Anna avec amusement, même une luge en bois. Elle se tourna vers la porte. Un très joli flocon de neige, découpé dans du carton blanc, était punaisé sur la porte.

Quelque chose était inscrit dessus. La jeune fille s'approcha le plus silencieusement possible.

Elsa Winter
&
Olaf Hugger

Welcome !

Son cœur se mit soudain à battre tellement fort qu'il devait résonner dans toute la cage d'escalier. Elle redescendit rapidement sans se préoccuper, cette fois, du bruit qu'elle faisait, retourna dans l'appartement laissé entrouvert, et ferma la porte immédiatement derrière elle.

Elle sortit son téléphone de sa poche, afficha le nom et la photo de sa meilleure amie, et resta le pouce suspendu au-dessus de la touche verte. Sa respiration mit un temps fou à revenir à la normale. Finalement, elle remit l'appareil dans sa poche.

Certaines découvertes n'avaient pas toujours besoin d'être partagées après tout.


Quelques heures plus tôt…

- Elsa ?

Olaf passa la tête dans la porte entrebâillée et jeta un regard circulaire dans le salon. Il soupira et poussa la porte pour entrer, accrocha sa veste au portemanteau, et posa son sac contre le mur tandis qu'il délaçait ses bottines, révélant des chaussettes d'hiver ornées de bonshommes de neige.

- Elsa, ma belle, tu es là ? répéta-t-il d'une voix plus sonore.

Le bruit d'une porte à l'étage lui fit lever la tête, et la jeune femme apparut, penchée au-dessus de la balustrade, ses cheveux humides enveloppés dans une serviette de bain bleue.

- Oui ?

- Ah tu es là ! Je peux t'emprunter ta photo de classe un instant ? demanda-t-il.

- Pourquoi ?

- Il faut que je regarde un truc, insista-t-il. Elle est où ?

- Dans le deuxième tiroir de droite de mon bureau. Qu'est-ce qu'il y a ? voulut savoir Elsa, les sourcils froncés, tandis qu'elle voyait depuis la mezzanine son ami fouiller dans ses affaires.

Il ne répondit pas et extirpa la photo, puis se pencha dessus, si près que son nez devait toucher le papier, et se releva brusquement.

- Ha ! s'exclama-t-il victorieusement en levant le poing. Je savais bien que je l'avais déjà vue quelque part !

- Mais de quoi tu parles ? s'exclama Elsa, de plus en plus impatiente.

- Je viens de croiser ton Anna dans les couloirs, apparemment c'est elle la baby-sitter de la dame du deuxième.

- Quoi ? s'exclama la jeune femme. Tu en es sûr ?

- Certain. Même regard, même cheveux, mêmes traits que sur la photo, et bien que j'étais déjà un étage plus haut quand elle a ouvert, je suis presque sûr d'avoir entendu Mme Bulda l'appeler « Anna ».

- Tu l'as vue arriver ? Est-ce que… est-ce qu'elle était en scooter ? demanda son amie d'une voix un peu précipitée, comme si elle cherchait l'ultime indice qui permettrait de la convaincre - ou de la sauver.

- Ouaip, un vespa blanc avec une selle vert pâle, presque chartreuse. Ca colle ?

- Eh ben, soupira Elsa en se laissant tomber sur un des fauteuils qui meublaient la mezzanine. Il ne me manquait plus que ça.


A votre avis, qu'est-ce qu'Anna va bien pouvoir faire de cette révélation ? :D

Merci à tous pour vos messages, et n'hésitez pas à raconter par review tout ce qui vous passe par la tête après la lecture de ce chapitre.

J'ai eu également une proposition d'illustration de cette fanfic par Manga-Artist-91 (c'est super gentil ! Par contre je n'ai pas réussi à trouver ton instagram), on n'en est qu'au début de cette histoire, mais si d'ici quelques chapitres vous avez des idées d'illus, n'hésitez pas à les lui suggérer par review ou MP !

A bientôt,

Ankou