Hello !

La vache, vous m'avez gâtée avec vos reviews *_* Ça donne envie d'écrire encore plus que de recevoir des messages pareils ! (Yain *coeur*)

Blackbird : Je t'ai répondu en review mais je ne sais pas si tu l'as vue. Alors non malheureusement je n'ai pas fait le Tongariro Alpine Crossing, il faisait -10° avec des rafales à plus de 100km/h lorsque j'y étais... Crampons et piolets étaient indispensables car toute la montée était recouverte de glace. Ça doit être tout autre chose en été ^^ J'espère en revanche pouvoir faire une partie (20 ou 30 km) de la rando d'Abel Tasman :)

(ne vous inquiétez pas, je n'ai encore perdu aucun doigt. Juste pris quelques coups de soleil (sisi) sur les joues. Depuis plusieurs jours, j'ai du chauffage pour dormir, question de survie ^^).


Le nom du CPE est bien sûr tiré du conseiller de l'Empereur dans Mulan. J'ai eu une fois un CPE qui lui ressemblait.


Ca y est, elles se sont embrassées. Putain, il était temps, vous ne trouvez pas ? J'aurais pu faire durer l'attente encore un peu, mais ça m'a paru être le moment idéal. Comme si Elsa aurait pu résister plus longtemps de toute façon !

Vous êtes plusieurs à vous inquiéter des malheurs qui risquent de leur tomber dessus... et vous avez bien raison ! Quelqu'une a dit qu'il était impossible de garder une telle relation secrète pendant six mois. J'aimerais tellement, tellement te donner tort ! Les pauvres, j'en frémis d'avance.


Chapitre 18 - Début de l'acte II.

Bonne lecture !


Chapitre 18

Elsa traçait lentement des cercles de la pointe de son index sur l'épaule d'Anna. L'adolescente avait les yeux mi-clos, une de ses mains était posée, immobile, sur la taille d'Elsa, juste au dessus de sa ceinture, et l'autre entourait son cou et caressait doucement la base de ses cheveux.

DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNINNNNNNNG

Les deux filles sursautèrent brusquement et se séparèrent le son violent et pénible les avait douloureusement prises par surprise et ramenées sans sommations à la réalité. Anna regretta immédiatement la sensation agréable de ces mains qui la touchaient à peine quelques secondes plus tôt.

- C'est la sonnerie de 17h30, dit Elsa en entortillant ses doigts dans sa tresse, la tête baissée.

Anna aurait pu passer la soirée, la nuit même, à l'embrasser dans cette salle de classe, mais il allait bien falloir mettre fin à tout ça. Enfin, par « tout ça », elle voulait juste dire « ce rendez-vous ». Parce que son « tout ça » avec Elsa ne faisait, elle l'espérait vivement, que commencer.

- Anna… commença Elsa, et la jeune rousse sortit de ses pensées.

- Oui Elsa ?

Comme c'était bon de l'appeler par son prénom !

- Est-ce que… est-ce que tu voudrais bien me… donner ton numéro ?

Ses joues devinrent immédiatement écarlates et elle recula instinctivement en crispant ses doigts sur la pointe de sa tresse, comme si elle avait peur d'une réponse négative. Anna sourit. Elle est tellement craquante quand elle est timide comme ça !

- Bien sûr !

Anna regarda autour d'elle et vit un stylo posé à-côté d'un clavier, juste à portée de main mais pas de papier et vue. Elle attrapa le stylo puis, avec un nouveau sourire un peu malicieux, elle prit la main d'Elsa et entreprit d'écrire son numéro de portable sur son poignet. L'enseignante ouvrit des grands yeux, sa bouche s'était entrouverte sous l'effet de la surprise, et elle resta immobile tandis qu'Anna écrivait.

- Voila, dit-elle en relâchant sa main.

Elle regarda Elsa et la vue de son air abasourdi lui fit reprendre ses esprits. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Elle ne pouvait pas sortir son téléphone et enregistrer son numéro dans son répertoire comme une personne normale et civilisée ? Sois une adulte Anna, putain !

Elle se mordilla les lèvres en regardant ses pieds, plus tout à fait certaine d'avoir fait quelque chose d'intelligent.

Elle releva finalement la tête. Elsa rougissait toujours et se tenait le bras de son autre main, en le regardant fixement, comme si elle voulait apprendre tout de suite le numéro qui y était inscrit par cœur. Elle relâcha son bras et sourit timidement à l'adolescente.

- Que dirais-tu de… passer un moment ensemble ? Demain, ou plus tard, si tu as du temps libre ?

- J'en serais ravie, murmura Anna, les joues à nouveau brûlantes.

- Je… je t'enverrai un texto alors, proposa Elsa. J'ai ton numéro maintenant, dit-elle en brandissant avec un petit sourire son bras tagué. Heu… tu ferais mieux d'y aller, sinon quelqu'un risque de signaler que ton scooter est toujours là.

- Et que ta voiture est toujours là.

- Ouais, aussi…

Elsa avait l'air à nouveau mal à l'aise, était-ce la perspective d'un autre rendez-vous qui la mettait dans cet état ?

Anna se pencha et agrippa son sac. D'un mouvement qu'elle voulut ample et cool, elle le jeta sur son épaule. Mais elle avait oublié qu'il était si lourd, et elle vacilla sous son poids. Elle eut peur de s'être rendue ridicule, mais Elsa semblait ne pas l'avoir remarqué. Devant elle, l'enseignante se balançait d'un pied sur l'autre, les mains à nouveau crispés et les lèvres tremblantes. Elle ouvrit la bouche une fois ou deux avant de finalement réussir à parler.

- Est-ce que je peux t'embrasser encore une fois avant que… que tu partes ? Je veux être certaine de ne pas avoir rêvé.

- Une dernière fois alors, répondit Anna, sinon je ne suis pas sûre que je serai capable de m'en aller.

Le rouge aux joues d'Elsa aurait rendu fade la couleur de ses propres cheveux. Anna écarquilla les yeux, et son cœur loupa un battement quand elle réalisa le sens de ce qu'elle venait de dire.

- Euh, je… ce… c'est pas ce que je… je ne voulais pas…

Elsa pouffa et le fard de ses joues disparut peu à peu. Les lèvres toujours étirées en un sourire amusé, elle se pencha et embrassa doucement la bouche bredouillante d'Anna. La jeune fille ne put s'empêcher de laisser échapper un petit gémissement lorsqu'Elsa fit glisser la pointe de sa langue sur ses lèvres. Elle mit fin au baiser en continuant de serrer la lèvre inférieure d'Anna entre ses dents – Oh mon dieu – puis recula finalement.

- Je vais t'écrire très vite. Tu devrais y aller maintenant.

- D-d'accord.

- A demain, Anna.

Après un dernier regard en arrière, la lycéenne sortit dans le couloir, et la porte se referma derrière elle avec un clic sonore. Son cœur battait à tout rompre, elle avait chaud, très chaud, et respirait à toute vitesse, comme si elle venait de piquer un sprint qui l'aurait laissée toute tremblante. Elle aurait tellement voulu l'embrasser encore… juste une fois.

Mais la porte était fermée, désormais.

Resserrant sa prise sur son sac, elle fila droit vers le garage en espérant ne croiser aucun CPE sur son chemin.


Elsa poussa la porte qu'Olaf avait visiblement oublié de fermer. L'appartement était plein de bruits - rires, bavardages et musique résonnaient dans la pièce. Avaient-ils des invités ?

Elle lâcha son sac près de l'entrée, ôta ses bottes et accrocha son manteau.

- Hey Elsa ! lança Olaf en se retournant depuis le canapé. T'es rentrée tard, tu finis plus tôt que ça d'habitude, le jeudi. Je t'ai laissé au moins trois messages ! On a commencé l'apéro sans toi, du coup !

- Salut tout le monde, répondit-elle en rejoignant Olaf, Belle et Aurore dans le salon. Désolée de ne pas avoir répondu, il est probablement éteint quelque part au fond de mon sac. Qu'est-ce que vous faites là les filles ?

Elle se pencha par-dessus la table basse pour embrasser ses deux amies, et elle ébouriffa amicalement les mèches blondes d'Olaf avant de poser un baiser sur son front.

- Elles dorment à la maison ce soir, on part tous les trois à Paris demain matin. Pour le spectacle, tu te rappelles ?

- Ah, oui, c'est vrai.

Elle avait complètement oublié, c'était pourtant prévu de longue date, mais comme elle n'y participerait pas, ça lui était sorti de l'esprit. Sans oublier qu'un petit minois aux taches de rousseurs occupait depuis plusieurs semaines la majeure partie de ses pensées.

- On aurait bien aimé que tu puisses venir, dit Aurore d'un air gêné, mais…

- Oui, je sais, mais ne vous inquiétez pas, c'était pas possible de toute façon. Je finis trop tard le vendredi, j'aurais forcément manqué le début. Vous me raconterez !

- On prendra même des photos !

- Tiens, mange un cookie, dit Belle en lui tendant un plateau rempli de petits gâteaux parfaitement alléchants. C'est Aurore qui les a faits.

Elsa tendit le bras pour prendre le cookie aux plus gros éclats de chocolats. Sa manche se releva de quelques centimètres, révélant le numéro de téléphone d'Anna. Elle tira sur sa manche aussitôt qu'elle s'en rendit compte, mais l'action n'était pas restée inaperçue.

- Dis donc, c'est quoi ça ? s'exclama Aurore en lui attrapant le bras. Je rêve ou quelqu'un t'a écrit son numéro !?

L'enseignante avait bien pris soin, aussitôt seule dans la salle informatique, d'enregistrer le numéro d'Anna sur son téléphone avant qu'il ne s'efface de sa peau, mais elle n'avait pas encore pris le temps de frotter son bras pour faire partir l'encre. Elle avait pensé le faire à la maison, avec de l'eau chaude et du savon. Elle regretta soudain de ne pas l'avoir fait en salle des profs avant de partir.

- C'est rien, répondit-elle en dégageant sa main de celles d'Aurore, et en essayant d'avoir l'air détendue. C'est le numéro d'un collègue, c'est moi qui l'ai écrit, j'avais pas de papier quand il me l'a donné.

- Et tu penses vraiment qu'on va te croire ? dit Belle en plissant les yeux d'un air suspicieux.

Elsa haussa les épaules.

- Désolée, je ne nourrirai pas ta boîte à ragots ce soir.

Elle aurait tellement voulu pouvoir se cloîtrer dans sa chambre et revivre les yeux fermés la scène qui s'était déroulée moins d'une heure plus tôt ! Elle pouvait presque encore sentir la peau d'Anna sous ses mains, ses lèvres sur les siennes, son souffle chaud dans son cou…

- A mon avis, vu la tête que tu tiens, je pense que tu as des choses à nous raconter ! s'exclama le jeune homme.

- Olaf… gronda-t-elle. J'ai eu une journée crevante, je ne suis pas d'humeur. C'est le numéro d'un collègue de maths, et c'est moi qui l'ai écrit, d'accord ?

- Ola, ola, c'est bon ça va, je plaisantais ! dit-il en ouvrant les mains devant lui en signe d'apaisement.

- Laissons ça de côté, dit Aurore. Tu veux boire quelque chose, Elsa ?

- Attends, on va pas la laisser s'en sortir comme ça, non ? lança Belle.

Elsa poussa un soupir plus qu'exaspéré et croisa fermement ses mains sur sa poitrine, avec l'air sévère qu'elle utilisait pour mettre ses élèves de seconde au boulot fissa.

- Belle, n'en rajoute pas une couche, murmura sa copine avec l'intention de la faire taire.

Si son regard eut un effet sur Olaf et Aurore, la brunette, elle, ne se laissa pas démonter.

- Non non, je veux savoir la vérité. Notre Elsa ici présente est en train de nous cacher quelque chose. Tu essayes de me faire croire que tu as toi-même écrit un numéro de téléphone sur ton bras ?

Elsa hocha la tête en levant les yeux au ciel, comme blasée de devoir répéter la même chose pour la énième fois.

- Sur ton bras gauche ? insista Belle. Alors que tu es gauchère ? Et que tu es incapable de te servir de ta main droite pour écrire ? Je te rappelle que j'ai été ta voisine de classe pendant au moins deux ans alors n'essaie pas de m'arnaquer !

- Aha ! Un point pour Belle ! dit Olaf en levant un poing victorieux.

La prof de maths se prit le visage dans les mains.

- Vous êtes vraiment casse-pieds quand vous vous y mettez, grogna-t-elle à travers ses doigts crispés sur son visage.

- Bon, maintenant on veut des détails ! dit Aurore en tapant vigoureusement sur ses genoux.

Elsa ne répondit pas, la tête toujours cachée dans ses mains. Belle se leva du canapé et vint s'asseoir sur l'accoudoir de son fauteuil.

- Oui, comme par exemple, à qui appartient ce numéro ? dit-elle d'une voix suave accompagnée d'un sourire malicieux.

- C'est un rencard ? demanda la blonde. Allez, raconte-nous, on est tes amis, on se connaît depuis le lycée, tu ne vas quand même pas nous cacher ça !

- En tout cas si c'est un rencard, c'est vraiment super, approuva Belle. Je suis contente que tu sois passée à autre chose. C'était pas sain, tu sais, ton truc avec cette gamine.

- Anna n'est pas une gamine, ne put-elle s'empêcher de répliquer.

La grande brune fronça les sourcils, puis écarquilla les yeux, prise d'un horrible pressentiment.

- Elsa… dis-moi, c'est bien le numéro de quelqu'un d'autre, sur ton bras, pas vrai ?

L'enseignante baissa les yeux, incapable de regarder ses amis et de leur mentir.

- Putain, c'est le numéro d'Anna ? s'exclama Olaf, surexcité, en venant s'asseoir sur l'autre accoudoir. Ca veut dire que… attend, ça veut dire que c'est elle qui t'a écrit sur le bras ? Elle t'a écrit son numéro sur ton bras ?

- Vous faites chier les gars, grogna Elsa. Vous ne pouviez pas me laisser un jour ou deux pour digérer ça toute seule ?

- T'avais qu'à te laver les mains, répondit Olaf du tac au tac.

- « Digérer ça » quoi ? demanda Belle d'un ton inquisiteur.

- Qu'est-ce que tu nous caches ? renchérit Aurore. Aux dernières nouvelles, elle t'avait dit – très intelligemment d'ailleurs – qu'elle te laissait prendre une décision, et tu nous as promis que tu resterais dans le droit chemin.

- Je n'ai rien promis, marmonna-t-elle.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé depuis ?

Elsa soupira, s'adossa à son fauteuil et leur raconta tout ce qu'il s'était passé depuis qu'Anna était venue lui parler à travers la porte de son appartement. C'était hier, mais elle avait l'impression que plusieurs jours s'étaient écoulés tant sa soirée et cette journée n'avait été qu'une longue et pénible attente.

Une série de réflexions incrédules accompagnèrent son récit, et elle termina au moment où Anna lui avait écrit son numéro sur le bras.

- …et je lui ai promis de la rappeler, enfin de lui écrire, dès demain.

- Et tu vas faire quoi ? demanda Belle.

- Lui proposer un date ? L'emmener au restaurant ? La raccompagner jusque chez elle et l'embrasser sur le perron de sa porte ?

- Ne dis pas de bêtises, Olaf, le coupa Aurore. Elle ne peut pas se permettre de l'inviter dans un endroit public. Un café passe encore, j'ai déjà bu des cafés avec des profs quand j'étais à la fac, mais un restau c'est trop flag'.

- Et puis bonjour la discrétion si elle l'embrasse devant la maison de ses parents, ajouta Belle en insistant sur les deux derniers mots.

- Pourquoi tu ne l'inviterais pas ici ? Je ne suis pas là demain soir, en fait je ne serai pas là du week-end, vous serez tranquille !

- I-ici ? balbutia Elsa.

- Quoi, tu crois que tu ne seras pas capable de te retenir si elle est si près de ta chambre ? se moqua Belle.

- Mais…

Anna, chez elle ? Serait-elle vraiment capable de se retenir ? Non, ce n'était pas la question. Bien sûr qu'elle saurait se comporter correctement, mais comment devrait-elle réagir si Anna faisait le premier pas ? La repousser ? Elle avait lu quelque part sur Internet que ce n'était pas la relation amoureuse qui était interdite entre un prof et un élève, mais bien les relations sexuelles. Tant qu'elles restaient chastes jusqu'au bac, tout irait bien, n'est-ce pas ? Parviendraient-elles à rester chastes ? Qui attend six mois avant de coucher aujourd'hui ? Je pense comme une adulte, mais je ne dois pas oublier que c'est toujours une ado… J'étais une vraie coincée, moi, à dix-sept ans…

- Mais… et si c'est elle qui…

- Ah, ma chère, coupa Aurore avec un grand sourire, si c'est elle qui veut jouir de ton corps, sois une femme et fais-nous honneur ! Et n'oublie pas, si jamais elle tient à rester la nuit avec toi, la règle la plus importante ! Jamais le premier soir…

- … toujours le premier matin ! achevèrent-elles, Aurore d'une voix tonitruante, Belle avec un malicieux sourire, et Elsa d'une voix basse et désespérée.


Anna venait à peine d'éteindre le moteur de son scooter qu'elle extirpa son téléphone de sa poche et déverrouilla l'écran. Pas de message, ça ne faisait que vingt minutes à peine depuis qu'elle était partie, après tout. Elle était quand même légèrement déçue.

Elle poussa la porte d'entrée et jeta son sac au pied de l'escalier menant à sa chambre. Ses parents étaient tous les deux assis dans le canapé du salon.

- Bonjour p'pa, m'man !

- Bonjour Anna !

- Tu as passé une bonne journée ?

C'était une question routinière, mais elle avait pour la jeune fille une saveur toute particulière, aujourd'hui.

- Ouais, plutôt pas mal ! répondit-elle d'une voix enjouée. Je monte, j'vais bosser.

- Attends, coupa sa mère alors qu'Anna avait déjà commencé à monter les escaliers. Tu n'as pas faim ? Tu as loupé l'heure où tu goûtes d'habitude, mais ton père a expérimenté un plat et il y en a pour deux bonnes heures de cuisson, alors si tu veux, prends quelque chose à manger.

- Okay, mais ça ira, je n'ai pas faim.

Elle attrapa une bretelle de son sac, et monta les escaliers presque en courant.

M. Andersen leva la tête de son livre.

- Je rêve ou Anna a dit qu'elle n'avait pas faim ?

Mme Andersen haussa les épaules en signe d'ignorance, et tous deux échangèrent un sourire entendu.


L'adolescente poussa la porte de sa chambre et se jeta sur son lit. Les yeux grands ouverts, elle fixait non pas son plafond constellé d'étoiles phosphorescentes, mais les instants qu'elle avait gravés dans sa mémoire. Elle roula sur le lit et s'empara de sa photo de classe. Il lui faudrait en racheter une autre, celle-ci commençait sérieusement à s'abîmer.

Elle eut envie d'entourer le visage d'Elsa de plein de petits cœurs, mais elle s'en abstint. D'une, elle n'était pas de ce genre fleur bleue. En tout cas, elle ne l'avait pas été avec Hans, le serait-elle avec Elsa ? Ensuite, c'était trop cliché et trop mièvre à ses yeux. Et enfin… bref, on l'aura compris, si elle voulait garder ça secret jusqu'en juillet, il y aurait certaines bêtises à éviter.

Son téléphone vibra et elle se précipita pour l'attraper, le cœur battant mais c'était un sms de Rapunzel qui proposait une sortie ciné samedi, et son sourire retomba.

- Un ciné, ce serait pas mal, tiens, pensa-t-elle tout haut.

Elle se rallongea sur son lit et, les yeux mi-clos, se mit à imaginer ce qu'il se passerait si elle invitait Elsa au cinéma. Elles ne pourraient pas y aller ensemble, évidemment, aussi planifieraient-elle de se retrouver à l'intérieur. Elsa serait déjà là, tandis qu'elle-même n'arriverait qu'à la fin des publicités, au moment où la salle est plongée dans le noir. Alors elle s'avancerait vers la rangée qu'Elsa lui aurait indiquée par sms, et elle viendrait s'asseoir juste à-côté d'elle. Elle poserait son bras sur l'accoudoir, et Elsa lui prendrait la main (rien que d'y penser, elle en avait des frissons). De temps en temps, elle se pencherait pour l'embrasser, embrasserait ses lèvres, ses joues, sa gorge comme elle-même l'avait fait quelques heures plus tôt. Peut-être même qu'Elsa poserait sa main sur sa cuisse. Elle porterait une jupe courte avec des collants fins, et la main d'Elsa pourrait remonter le long de sa jambe…

Les frissons se transformaient en une agréable chaleur tandis qu'elle poursuivait sa rêverie.

Je vais définitivement l'inviter au cinéma !


Coquine...


Voila, c'est le dernier chapitre que j'avais pré-enregistré en doc manager, donc la prochaine mise à jour se fera à mon retour, toute fin août.

Inutile de me torturer pour que ça aille plus vite (non mais quelle idée. Soudoyez-moi plutôt, j'aime les cookies et les meringues à la ganache). Le rythme d'un chapitre par mercredi reprendra dès septembre, c'est promis !

J'attends avec impatience vos commentaires :)

From NZ with love,

Ankou