Hello :)
L'idée d'un Mérida/Mulan a visiblement émoustillé certaines d'entre vous. J'ai eu diverses demandes de fic ou de oneshot, mais il y a quand même des déçues qui auraient aimé un Mérida/Anna. Ha, on ne peut pas satisfaire tout le monde. Et puis, ça peut toujours changer. Et non, il n'y aura pas de plan à 3. Et non, je n'en ferai pas en oneshot. Inutile de me supplier :p (mais vous savez comment m'acheter... *sifflote* )
Bon j'ai teasé un peu dans le vide la semaine dernière, mon infidélité à cette fic n'a tenu que sur une page. J'en ferai peut-être un oneshot. Et non, ce n'est pas un Mérida/Mulan !
Bref, je vous avais promis des bisous et des câlins. Le reste vous vous en foutez, je le sais bien ^^
Bonne lecture !
Chapitre 24
Qu'est-ce qu'elle est jolie...
Anna se soutenait la joue d'une main, tout en gribouillant distraitement dans la marge de sa feuille de l'autre. Elsa se trouvait à peine quelques mètres devant elle, debout face à ses camarades de classe, si inaccessible, et si belle.
Cela faisait plusieurs jours maintenant depuis leur rendez-vous au pub. Elles s'étaient envoyé quelques messages depuis, mais ça n'avait pas suffi à calmer la frustration d'Anna. Elle avait envie de partager avec elle chacune des pensées qui lui venait en tête, et son téléphone débordait des nombreux messages qu'elle n'avait finalement pas envoyés.
Décrochant à regret son regard de ses cheveux blonds, elle prit sa planche d'exercices et la retourna. Le verso était blanc. Ah non, elle ne voulait pas s'arrêter là ! Elle avait besoin de penser à autre chose ! Seuls les maths avaient le pouvoir de garder sa concentration et d'empêcher ses pensées d'être fixés sur Elsa.
- Madame ? demanda-t-elle en levant la main.
C'était tellement bizarre de l'appeler comme ça ! Et en même temps, ça avait un côté follement... excitant.
- Oui Anna ?
- J'ai fini les exos, dit-elle simplement.
- Frimeuse ! lança une voix désagréable au fond de la salle.
Anna resta silencieuse, mais le haussement de sourcils dédaigneux d'Elsa, et le majeur discrètement tendu de Mérida dissuadèrent d'autres copains de Hans d'ajouter quoi que ce soit.
Elsa fouilla dans son cartable et en sortit une feuille qu'elle vint poser sur la table d'Anna. L'adolescente prit la feuille avec un grand sourire, espérant effleurer la main d'Elsa au passage. Mais, comme si elle s'était attendue à une tentative de ce genre, l'enseignante s'était rapidement dérobée, au grand regret d'Anna.
Elle lut l'énoncé. C'était autant une énigme qu'un problème mathématique, et à la première lecture, il avait l'air plus difficile que tous ceux qu'elle avait déjà résolus. C'était la première fois depuis les vacances de Noël que sa prof lui donnait un de ces exercices avancés qu'elle semblait garder en stock rien que pour elle. Evidemment, quand elle avait commencé à accumuler du retard dans les autres disciplines, et à se servir de son avance en maths pour rattraper son travail, elle avait dû y renoncer. Mais maintenant qu'elle avait retrouvé le moral, la motivation et Elsa, elles allaient pouvoir reprendre ce jeu.
C'était un problème difficile, et quand la sonnerie retentit, elle en était encore à se demander par quel bout l'attraper.
Comme d'habitude puisqu'on était mardi, la fin de l'heure de maths annonçait aussi la fin de la journée, et tout le monde se dépêcha de partir. C'était pas raisonnable du tout, mais elle avait envie d'être avec Elsa, juste une minute, alors une fois dans le couloir, elle trouva un prétexte pour faire demi-tour.
Est-ce que j'ai une tête à être raisonnable, d'abord ?
- Ouais ben on t'attend pas hein, t'en auras sûrement pour des plombes, dit Tiana en tirant Mérida par le bras. A demain !
Anna retourna dans la salle. Elsa était toujours là, en train de ranger ses affaires. Anna referma la porte derrière elle et s'avança vers le bureau.
Les feutres à tableau blanc s'échappèrent des doigts d'Elsa et tombèrent sur le sol, tandis qu'elle voyait l'adolescente revenir. Elle semblait tétanisée, et pour la première fois, Anna prit vraiment conscience du risque qui plainait sur sa tête, et ce qu'il lui en coûtait d'avoir cédé à ses sentiments. Même une minute, c'était trop dangereux. Elle recula instinctivement d'un pas.
- Excuse-moi, dit-elle précipitamment. Je n'aurais pas dû revenir, je...
- Non non, Anna, attends, ne t'en va pas...
L'enseignante s'avança vers l'adolescente et tendit la main pour attraper la sienne.
Elle va quand même pas m'embrasser là... si ?
Les braises qui couvaient à l'intérieur de son corps devinrent flamboyantes, et sa main qui n'était pas entrelacée avec celle d'Elsa s'agrippa au col de sa veste. Lorsque l'enseignante mit fin au baiser et recula d'un pas, trop tôt, beaucoup trop tôt, Anna n'avait qu'une envie : poser ses lèvres sur chaque centimètres de la surface visible de son corps. Pas ici, pas ici, pensa-t-elle en une tentative de contrôle.
- T-tu dois avoir du boulot. Je vais...
Je vais quoi ? Partir, t'embrasser, t'enlever dans ma chambre ? Oh mon dieu, Elsa dans ma chambre...
- Je vais... répéta-t-elle.
- Tu es libre demain soir ? Tu veux venir chez moi ? demanda Elsa sans reprendre son souffle.
- Oui ! répondit instantanément Anna. Attends... Non, se reprit-elle, et elle vit tout de suite la déception ternir les yeux d'Elsa. Je veux dire, pas le soir, je ne peux pas sortir le soir, pas quand j'ai cours le lendemain matin. Mais je suis libre demain après-midi !
Elle espérait tellement qu'Elsa n'ait aucun impératif dans l'après-midi ! Pourquoi n'était-elle pas majeure avec le droit de sortir quand elle en aurait envie ? Pourquoi était-elle encore lycéenne, pourquoi Elsa était sa prof ? Rhaaah, c'est pas juste !
- 16h30, ça t'irait ?
- C'est parfait ! répondit Anna en un souffle.
- Tu devrais y aller maintenant, dit l'enseignante avec un sourire assombri par le regard inquiet qu'elle jeta en direction de la porte.
Puis elle ajouta, en un murmure.
-... A demain.
Il était presque 16h20 lorsqu'Elsa revint de la boulangerie. Elle avait essayé d'être rapide, pour ne pas risquer de croiser Anna avant d'avoir tout préparé, mais son travail lui avait pris plus de temps que prévu, et elle était partie à la dernière minute. Sur le parking, elle croisa Mme Bulda, qui descendait de sa voiture avec son petit garçon.
- Vous recevez du monde ? demanda sa sympathique voisine avec un aimable sourire, en voyant le sac en papier kraft frappé du logo de la boulangerie.
- Oui, répondit Elsa en lui rendant son sourire. Pour le goûter. Je me dépêche, ils ne devraient pas tarder maintenant, et rien n'est prêt !
- Oh vous savez, les gens de nos jours, ils sont toujours en retard !
Le petit garçon éclata de rire comme si c'était une bonne plaisanterie, et les deux femmes échangèrent un regard amusé. Mme Bulda et son fils la saluèrent et elle leur rendit la politesse avant de rentrer dans l'immeuble. Elle gravit ses quatre étages sans parvenir à dégager Anna de son esprit.
Elle entra, posa le sac dans la cuisine, et sortit un grand plateau sur lequel elle disposa les différentes pâtisseries. Elle était certaine qu'Anna apprécierait, elle avait eu un bref aperçu de sa personnalité gourmande, et elle espérait bien lui faire plaisir. Une fois convenablement garni, elle apporta le plateau dans le salon et le posa sur la table basse. Une théière propre y trônait déjà, et elle la repoussa pour faire un peu de place, faisant par la même occasion tomber un post-it portant l'écriture d'Olaf.
« Je rentre à 18h30. Soyez présentable quand j'arrive ;-) »
L'enseignante poussa un soupir amusé en fourrant le morceau de papier orangé dans la poche arrière de son jean. Elle s'assit sur un des fauteuils et pianota quelques instants sur son téléphone avant de poser l'appareil sur un haut-parleur. Elle baissa légèrement le son de la musique, et regarda l'heure affichée sur le petit appareil. Anna n'allait pas tarder.
Au bout de dix minutes, elle se leva et se mit à faire les cent pas dans la pièce. Sur son téléphone, ni appel manqué ni message reçu. Anna lui avait-elle mis un lapin ? Elle n'avait pourtant pas eu une seule minute de retard à leurs précédents rendez-vous...
Deuxième coup d'oeil à son portable. Et s'il lui était arrivé quelque chose ?
Quelques instants plus tard, il lui était devenu difficile de contenir sa nervosité. Elle était sur le point de l'appeler, lorsqu'elle entendit un très léger cognement sur sa porte. Elle l'ouvrit sur une Anna un peu essoufflée, et visiblement très contrariée. Elsa ne l'avait jamais vu les sourcils si froncés...
Elsa referma la porte derrière elle et, sans attendre une seconde, Anna se hissa sur la pointe des pieds, l'attrapa par le col de sa chemise et l'embrassa. Ses lèvres impatientes dévorèrent les siennes, surprises, avec une fougue toute nouvelle à ses yeux.
- Je suis désolée, dit-elle finalement, je suis un peu en retard.
- C'est rien, répondit Elsa, le souffle toujours court après ce baiser.
Elle omit de préciser qu'elle avait regardé l'heure deux douzaines de fois en l'attendant.
- Je ne suis jamais en retard d'habitude, mais c'est pas ma faute, j'étais même un peu en avance mais j'ai été interrompue par Mme Bulda.
- … Quoi ?
- Mme Bulda, chez qui je fais du baby-sitting. Je l'ai croisée en montant, et évidemment elle m'a demandé ce que je faisais là. Le piège !
- Et... comment tu t'en es sortie ? demanda Elsa, légèrement inquiète.
- Je lui ai dit que j'avais un DM en retard à rendre absolument et que j'avais l'intention de le glisser sous ta porte, expliqua-t-elle. Mais alors elle m'a invitée à prendre un café chez elle en redescendant, donc il a fallu que je trouve une excuse. Je lui ai dit que j'étais ultra pressée, que j'avais rendez-vous chez le dentiste, que tu habitais sur le chemin, et du coup j'ai dû monter, puis redescendre, et ensuite il a fallu que j'attende qu'ils soient bien rentrés chez eux pour remonter sur la pointe des pieds. Victor a mis un temps fou à enlever ses chaussures, la prochaine fois, je lui apprendrai comment on fait.
Elsa hocha la tête en essayant de cacher son affliction, pour ne pas inquiéter Anna. Il allait falloir faire attention ici aussi, même son appartement ne pouvait pas être un havre sûr. Ce sera un miracle si rien n'est découvert d'ici la fin de l'année, pensa-t-elle sombrement. Je suis foutue...
- Ne t'inquiète pas Elsa, dit Anna en posant une main apaisante sur sa joue.
Elsa ferma les yeux sous la caresse. La main était chaude contre sa joue fraîche, et elle frissonna doucement.
- … et je ferai exprès d'oublier des choses la prochaine fois que j'irai chez eux, comme ça j'aurai une excuse. Et puis je penserai à guetter leur voiture, ou si la lumière est allumée...
Elsa rouvrit les yeux. Elle n'avait pas écouté la moitié des mots de l'adolescente, la sensation de son pouce qui caressait ses pommettes avait pris le dessus sur tous ses autres sens.
- … tu m'en veux ?
Cette fois, l'inquiétude dans la voix d'Anna la fit sursauter.
- Non ! s'exclama-t-elle. Bien sûr que non ! Tu as raison, on fera attention, j'aurais dû te prévenir que tu risquais de la croiser, j'aurais dû y penser.
Elle prit la main qui était toujours sur sa joue dans la sienne, et entraîna Anna dans le salon. La petite rousse poussa un glapissement émerveillé en voyant le plateau-goûter qui l'attendait. Elle se jeta sur le canapé et Elsa s'assit à côté d'elle. Elle n'avait presque pas hésité, cette fois.
- Quel type de thé tu préfères ?
La bouche d'Anna s'ouvrit sous l'effet de la surprise, et pendant un instant, elle ne sut quoi répondre.
- Je ne sais pas, finit-elle par admettre. Je n'ai jamais bu de thé je crois.
Elsa ouvrit des yeux ronds, comme si elle n'en croyait pas ses oreilles, puis elle se leva et tendit sa main à Anna comme pour lui dire au revoir.
- Bien, j'ai été ravie de faire ta connaissance, mais je crois qu'on va en rester là.
Anna ouvrit la bouche et son visage passa progressivement de la surprise à l'horreur. L'enseignante pouffa et cacha son rire cristallin derrière sa main.
- Je plaisante, bien sûr! dit-elle avant de se pencher pour embrasser Anna sur la joue.
Les épaules de la petite rousse se relâchèrent, et elle exhala un profond soupir. Puis, elle étrécit les yeux et releva le menton en croisant ses bras sur sa poitrine
- Hmpf, je ne t'ai pas prise au sérieux un seul instant !
Au milieu de plaisanteries et de bavardages, occasionnellement accompagnés de mordillements de lèvres et de fard sur les joues, Elsa fit sentir à Anna chacun des thés qu'elle avait, qui étaient tous rangés dans des boîtes en métal multicolores et dépareillées. Pour la lycéenne, qui avait toujours cru que le thé était juste de la poudre en sachet, c'était une véritable découverte.
Enfin, le thé fut servi, sucré (au grand dam d'Elsa), et l'assortiment de gourmandises dégusté. L'adolescente était exaltée par les pâtisseries, commentait la qualité de chacun des gâteaux. Chocolat, meringue, crème de marrons, tout lui plaisait.
- Je me considère comme une experte en chocolat, dit-elle avec un grand sourire, et je peux te dire que ton pâtissier ne s'est pas moqué de nous !
- Je vois que ça t'a plu, tu as du sucre glace sur le nez ! dit Elsa en riant, tandis qu'Anna hésitait entre se lécher les doigts et perdre tout le chocolat en s'essuyant sur la serviette.
La jeune fille se frotta le nez du revers de la main avec une moue qu'Elsa trouva extrêmement charmante, puis releva les yeux vers Elsa.
- Toi tu as du chocolat, juste là, répliqua-t-elle en montrant un endroit juste à la commissure des lèvres d'Elsa.
Et avant même que cette dernière n'ait pu réagir, elle se pencha en avant et lécha de la pointe de sa langue la trace de chocolat présente au coin de la bouche de l'enseignante. Elsa sentit son cœur s'accélérer et une vague de chaleur se répandre dans tout son corps. Elle réalisa que ses yeux étaient écarquillés et sa bouche grande ouverte, et elle s'empressa de la refermer. Elle se sentit trembler, chaque particule de son corps ne désirait qu'être en contact avec celui d'Anna. Est-ce qu'elle réalise seulement l'effet qu'elle a sur moi ?
Elle mourrait d'envie de l'embrasser, dieu lui pardonne, elle avait envie de tellement de choses !
Une demie seconde plus tard, Anna grimpait sur ses genoux et l'embrassait passionnément, le goût de la ganache au chocolat encore présent sur ses lèvres. Oh oui, elle le réalise même très bien...
Anna s'arrêta devant la porte de sa maison pour reprendre son souffle, car elle avait à moitié cour pour rentrer, et se redonner une contenance. Effacer le pétillement de ses yeux, cacher son sourire, calmer les battements effrénés de son cœur, ôter de son esprit le souvenir de leurs baisers, de leurs conversations, de ses yeux et de son sourire. Il n'en faudrait pas plus pour que sa mère ne vienne ensuite la harceler de questions.
Avant de mettre la clé dans la serrure, elle regarda sur son téléphone la photo qu'elle avait prise une heure plus tôt. Elsa et elle partageaient le même fauteuil, sa prof la serrait dans ses bras et leurs cheveux blonds et roux se mélangeaient sur ses épaules. Combien de fois avait-elle rêvé que cet instant arrive ?
Elle eut un pincement au cœur, car elle avait promis de la supprimer dès ce soir.
La photo suivante montrait Olaf, ses lunettes rondes de geek sur le nez, et un grand sourire sur les lèvres. Elle le mit en image d'appel, le jeune home lui ayant donné son numéro « au cas où ». C'était injuste qu'elle ne puisse pas mettre sa jolie photo d'Elsa en fond d'écran, et c'était injuste qu'elle ne puisse même pas avoir son numéro d'enregistré. Comme si c'était les seules choses injustes...
Elle avait réussi, toute seule et sans le vouloir, à se bousiller le moral. Elle était prête pour rentrer maintenant.
- Tiens Elsa, j'te passe ma mère, elle veut te dire bonjour !
La jeune femme se leva et attrapa à travers la rambarde de l'escalier le téléphone que lui tendait le garçon.
- Bonjour, Hélène !
Après les familiarités d'usage, elle écouta la maman d'Olaf lui raconter leurs activités du week-end précédent, puis elle parla un peu de son travail au lycée, et enfin demanda des nouvelles des autres membres de la famille.
- … Et sinon, tu viens à la maison pendant tes vacances ? On ne t'a pas vue depuis Noël, à croire que t'as pas eu un seul instant pour nous !
- J'ai eu beaucoup de travail, tu sais, répondit Elsa.
- J'espère quand même qu'Olaf et toi trouverez un moment pour venir nous voir. Il y a encore de la neige, vous pourrez faire un tour en ski si vous avez le temps.
- On viendra, promit-elle, c'est prévu. On remontera ensuite sur Lyon quelques jours.
La jeune femme se balança doucement sur sa chaise. Punaisé sur son étagère de livres, entre deux photos, il y avait son planning de travail. Il était noirci des tâches qu'elle avait à accomplir. N'eut été l'insistance d'Olaf, elle n'aurait pas pris de vacances pendant ses vacances.
- Et il faudra aussi que tu nous présentes cette jolie fille qui d'après Olaf vient d'entrer dans ta vie !
Elsa s'étrangla et en lâcha presque son téléphone et sa tasse de thé.
- Hélène !
- Quoi ! Ne réagis pas comme si tu avais seize ans ! C'est bien normal, non, que j'aie envie de la rencontrer ! Bob aussi veut la voir !
L'enseignante posa précautionneusement la tasse pleine qu'elle tenait à la main et se pinça l'arête du nez tout en fermant les yeux, comme pour tenter de calmer son exaspération.
- On verra. Je t'enverrai un sms quand on partira dimanche.
- Vous ne partez pas samedi ?
Elsa hésita. Elle n'avait pas encore de plans, mais...
- Non, répondit-elle simplement.
- Ok, je vois, tu as un rencard de prévu. On vous attend dimanche alors !
Elle raccrocha après lui avoir dit au revoir. Elsa posa le téléphone maintenant silencieux sur son bureau, et leva la tête vers les étages.
- OLAF, TU VAS M'ENTENDRE !
La porte de la chambre du jeune homme s'ouvrit bruyamment.
- J'ai rien fait, c'était pas moi, je ne vois pas de quoi tu veux parler, je suis innocent ! cria-t-il avant de claquer sa porte.
Après une longue inspiration qui n'avait rien fait pour la calmer, elle se dirigea vers les escaliers, qu'elle monta quatre à quatre, avant de faire irruption sans frapper dans la chambre d'Olaf.
- Je n'arrive pas à croire que tu aies pu tout raconter à ta mère ! s'écria-t-elle en secouant la tête d'un air incrédule. Comment as-tu pu faire ça ?
Olaf la regarda avec surprise. Il ne s'était visiblement pas attendu à ça comme remontrance, et son habituel sourire mourut sur ses lèvres.
- Je... je ne lui ai pas tout dit, corrigea-t-il. Je... ça m'a échappé l'autre jour au tél, mais... je lui ai juste dit que tu voyais quelqu'un en ce moment, c'est tout.
- Rien que ça ? insista Elsa, les yeux étrécis.
- Non... à part qu'elle est rousse et très jolie - maman voulait vraiment savoir à quoi elle ressemble, ajouta-t-il comme pour se justifier.
- Et je fais quoi maintenant ? s'exclama-t-elle en accompagnant son désespoir d'un grand geste des bras. Je ne peux pas dire à ta mère que je sors avec une de mes élèves ! Tu y as pensé, à ça ?
Son ami baissa la tête avec un air contrit.
- Plus un mot au sujet d'Anna, Olaf ! Je lui dirai que ça n'a pas marché, que ça ne collait pas entre nous et qu'on a rompu vendredi soir. Et tu dois me promettre de t'en tenir à cette version ! Pas de blagues, pas de sous-entendus, est-ce clair ?
- T-très clair. Je suis désolée Elsa.
Elsa soupira, et s'avança d'un pas pour serrer son ami dans ses bras.
- Bon, allez, on n'en parle plus. J'ai encore plein de travail, mais demain soir c'est les vacances, on fêtera ça avec un bon apéro.
- Tu ne sors pas avec Anna demain ?
- Je ne sais pas, répondit-elle en se mordillant la lèvre. Si on se voit trop souvent, j'ai peur de finir accro, et je ne sais pas ce que ça va donner.
- Mais ma pauvre Elsa, tu es déjà complètement accro !
Anna n'eut pas faim au dîner. Les gâteaux qu'elle avait mangé avaient largement satisfait son appétit.
Le soir, sur son ordinateur, elle chattait tranquillement avec Kristoff quand son téléphone buzza.
« Une autre photo à supprimer ;-) »
L'image envoyée par Olaf montrait Elsa, allongée sur le hamac, en train de lire un livre. Elle était magnifique sur cette photo, sérieusement, comment faisait-elle pour être aussi jolie ?
Le dilemme était à son comble désormais. Elle n'avait absolument pas envie de se séparer des deux clichés... Pouvait-elle trouver un moyen de les garder ? Pas sur son portable, ce serait trop risqué, ni sur son ordi... D'un autre côté, cela signifiait trahir la première promesse qu'elle faisait à Elsa, ça bousillerait forcément quelque chose dans son karma.
- Le mieux, se dit-elle à voix haute, serait de les planquer quelque part sur Internet.
Ouais, les héberger quelque part, détruire les fichiers, apprendre l'adresse par cœur. Ou mieux : les garder sur une adresse mail qu'elle n'utilisait pas.
Après quelques instants de délibération interne, elle finit par se convaincre que c'était le plan idéal. Elle transféra les deux photos sur son ordinateur, ouvrit en session privée une de ses boîtes mails « poubelle » réservée aux newsletters, aux pubs et autres trucs inutiles de ce genre, et s'envoya à elle-même les fichiers, qu'elle supprima de son ordinateur. Elle ôta également toute trace des photos sur son téléphone. Pour plus de sécurité, elle changea même le mot de passe de sa boîte, et ne le valida que lorsqu'il fut jugé suffisamment compliqué.
Le mail qu'elle s'était envoyé était maintenant en tête de sa boîte de réception. Elle regarda une dernière fois le sourire et l'air concentré d'Elsa, puis referma la page. D'ici un jour ou deux, ces pièces à convictions seraient recouvertes par des dizaines de messages sans importance. Qui pouvait trouver ces photos là-dedans ?
Ca y est, les parents d'Olaf (les Indestructibles pour ceux qui n'auraient pas fait le lien avec les prénoms !) font leur entrée dans l'histoire, et Mme Bulda rejoint le très prisé club des empêcheurs de sortir-avec-sa-prof en rond. Olaf écorne un peu plus son image d'homme parfait, et Anna commence à prendre des mauvaises décisions.
Dans le monde d'Anna, c'est bientôt les vacances scolaires (la chance), on va retrouver toute la bande de lycéens, savoir ce que Mérida a bien pu faire avec Mulan, et ce qu'Anna a l'intention de faire avec sa chérie pendant ces quelques jours.
A bientôt :)
Ankou
