Hello !
Je poste ce chapitre à une heure indue pour moi, juste pour que vous l'ayez ce matin. Je me demande si vous le méritez... :p
Ce chapitre est très long, le plus long de tous ceux déjà écrits. Il compense pour le suivant, qui sera beaucoup plus court.
Comme certain(e)s me l'ont demandé, la citation du chapitre précédent est tirée de l'Assassin Royal, de Robin Hobb.
On m'a aussi demandé combien de chapitres il restait avant la fin. Je ne suis pas encore certaine du chiffre précis, mais l'histoire devrait tourner autour de 50. Je vous tiendrai au courant :)
Vu l'heure, je ne suis pas trop inspirée pour mon intro, alors on passe direct à l'essentiel. Bonne lecture !
Chapitre 42
C'est une vérité universellement reconnue que le temps passe toujours plus vite pendant les vacances scolaires qu'au lycée.
Les vacances s'achevaient par un dimanche pluvieux, et le groupe de lycéens s'était donné rendez-vous chez le Kristoff pour regarder des films tout en mangeant des cochonneries. Enfin, tous sauf Anna, qui était toujours privée de sortie.
- Bon les filles, lança Kristoff en revenant dans son salon avec une grande bouteille de Coca et un énorme paquet de chips. Quelles sont vos idées pour l'anniversaire d'Anna ?
Les quatre filles se ruèrent vers les chips tandis qu'il remplissait les verres posés sur la table basse du salon.
- Je m'occupe du gâteau ! lança Tiana entre deux bouchées.
- J'ai vu un truc sur Internet qui a l'air super cool et qu'elle adorerait, dit Rapunzel, ça s'appelle une Escape Room, et le but c'est de sortir d'une pièce dans laquelle tu es enfermé en résolvant plein d'énigmes et tout. Le problème, ajouta-t-elle en couvrant les exclamations enthousiastes de ses amis, c'est qu'il n'y en a pas à Arendelle.
- Ca sert à quoi de le proposer alors ? se moqua gentiment Alice.
- On peut s'inspirer de ça, et lui faire un jeu de piste mathématiques, suggéra Mérida, par exemple pour localiser l'endroit où on aura planqué ses cadeaux.
- Ouais, ça c'est une bonne idée ! s'exclama Kristoff.
- Dis tout de suite que la mienne était pourrie, grogna Rapunzel.
- Mais non ! Bon, j'ai demandé à mes parents si on pouvait faire son anniv' à la maison, ils ont dit qu'ils étaient d'accord. Tiana et Mérida, vous vous chargez de faire des énigmes, des équations et d'autres trucs bizarres ?
- Yes Captain !
- Je gère la déco, dit Rapunzel en se levant pour aller chercher un bloc-notes dans son sac à dos. Il nous faut un thème bien geek. Mérida, une suggestion ?
- Je dirais robots, ou codes secrets, à la Alan Turing. Elle est à fond dedans.
- Je valide codes secrets, dit la brune en levant la main, ça ira parfaitement avec le jeu de piste.
- Deux, approuva Kristoff.
Rapunzel était déjà en train de constituer une liste qu'elle notait frénétiquement sur son bloc-notes.
- Alice, t'en penses quoi ?
La petite blonde était en train de faire tournoyer le liquide foncé dans son verre. Comme d'habitude, elle avait l'air profondément immergée dans ses pensées.
- Alice ! cria Rapunzel.
La littéraire se retourna nonchalamment vers son amie, qu'elle n'avait probablement pas écoutée, puis dirigea son regard vers le plafond
- Vous savez ce qui lui ferait vraiment plaisir ? lança-t-elle sans répondre à la question de Rapunzel.
- Non, mais tu vas nous le dire, dit Mérida.
- Qu'Elsa soit là pour son anniversaire.
Ses mots réduisirent tous ses amis au silence. Rapunzel ouvrit la bouche, puis la referma. Tiana se mordilla vigoureusement les lèvres. Mérida semblait avoir arrêté de respirer. Tous réfléchissaient, personne n'osait dire quoi que ce soit. Enfin, Kristoff se gratta la nuque et se racla la gorge.
- J'ai envie de te répondre que c'est impossible, mais... ça peut valoir le coup de demander.
Rapunzel reprit immédiatement son stylo et son bloc-notes.
- Okay, je rajoute « invitée surprise » sur la liste !
- Anna, à table !
La jeune fille soupira et s'étendit de tout son long sur son lit.
- Je dois te laisser, mes parents m'appellent pour manger, dit-elle dans le micro de son téléphone.
- Je sais, j'ai entendu. A plus tard ma puce.
- Ouais... Hé, Elsa ?
- Oui ?
- Je t'aime.
A travers ses yeux fermés, elle imaginait aisément les joues de sa petite amie en train de se couvrir de rose. Enfin, elle reposa son téléphone, verrouilla sa session sur son ordinateur (sa mère était d'une curiosité insupportable ces derniers temps) et descendit dans la cuisine.
Elle était d'une humeur morne. Privée de sortie, elle avait passé ses journées cloîtrée dans sa chambre, alternant entre les cours, les jeux vidéos, et les longues conversations par sms et parfois au téléphone avec Elsa. Mérida et Kristoff étaient venus quelques fois pour bosser, regarder un film ou jouer à Mario Kart pendant les vacances. Après tout, ses parents ne lui avaient pas explicitement interdit de recevoir des amis à la maison, mais elle avait tout de même fait en sorte qu'ils partent avant que ses parents ne rentrent du travail.
Elle avait réussi à grappiller un peu de temps avec Elsa, en trichant un peu sur ses heures de baby-sitting. Elle aurait aimé rester plus longtemps, mais sa mère, qui ne lui faisait visiblement aucune confiance, avait appelé Mme Bulda pour obtenir ses horaires de travail. Ces quelques instants volés avaient été agréables, mais ils n'avaient fait qu'attiser son impatience et sa frustration.
L'adolescente mit la table en silence. Ses parents avaient l'air d'être de bonne humeur contrairement à elle, et elle s'assit et commença à manger sans un mot, n'écoutant qu'à moitié leurs conversations.
- Alors, lui lança soudain son père avec un sourire encourageant, demain c'est le début de la dernière ligne droite ! Plus de vacances avant le bac ! J'espère que tu en as bien profité !
Anna voulut répondre, mais sa bouche était pleine, et elle ne fit rien d'autre que s'étouffer.
- Pardon ?! s'exclama-t-elle après avoir péniblement avalé sa bouchée. Comment tu peux oser me demander si j'ai bien profité ?! Vous m'avez empêché de sortir pendant toutes les vacances !
- Anna, tu parles à ton père sur un autre ton ! gronda sa mère.
La lycéenne se replongea dans la contemplation de son assiette en grognant.
- Non, j'ai pas profité, marmonna-t-elle entre ses dents.
- Si tu nous avais dit où tu allais, ça ne serait pas arrivé, dit Mme Andersen.
Son ton signifiait clairement « tu l'as bien mérité alors tais-toi ».
Anna, qui avait réussi à éviter l'affrontement direct avec ses parents pendant toute les vacances, sentit toute la frustration accumulée remonter vers la surface. Elle serra et desserra ses poings sous la table.
- Normal, grogna-t-elle, puisque vous m'auriez empêchée d'y aller.
C'était peut-être la remarque insolente de trop, car sa mère se leva brusquement de sa chaise et se pencha vers elle, les mains plaquées sur la table. Instinctivement, Anna recula. Elle craignait les mots qui pouvaient sortir de sa bouche, si sa mère la poussait à bout. Elle craignait de dire quelque chose qu'elle devrait garder secret.
Elle en plaisantait beaucoup avec elle-même, essayait de se convaincre que ce n'était pas si grave que ça, qu'en juillet tout irait comme sur des roulettes, mais au fond d'elle, elle redoutait vraiment la réaction qu'auraient ses parents, une fois face à la vérité.
Mais sa mère n'aurait de répit tant qu'elle n'aurait pas sa réponse, elle le savait.
Peut-être était-il temps de lui dire où elle était samedi soir. Elle y avait pensé à plusieurs reprises durant ces vacances, le ruminant presque à chaque repas, où elle était restée silencieuse, remâchant sa rancoeur.
- Anna, je te préviens...
- J'étais en boîte de nuit, okay ? dit l'adolescente en se levant à son tour. Je vous l'ai pas dit parce que j'ai pas encore dix-huit ans, et comme je ne suis pas sensée avoir le droit, j'étais sûre que vous alliez refuser. Je suis désolé de vous avoir menti, ajouta-t-elle à contrecoeur.
Mme Arendelle fut coupée dans sa tentative de sermon, et fixa sa fille avec la bouche entrouverte. La poitrine d'Anna se serra. Allait-elle lui dire de ne pas la prendre pour une imbécile ? Elle espérait avoir mis suffisamment de sincérité dans ce mensonge.
- Tout le monde y allait, ajouta-t-elle d'une voix légèrement tremblante. Je ne voulais pas être la seule cruche à rentrer à onze heure du soir...
Elle se rassit, la tête baissée pour cacher les larmes qui commençaient à poindre aux coins de ses yeux. Une partie d'elle s'en irrita. Elle aurait voulu se retenir de pleurer, garder fermement le contrôle d'elle-même face à ses parents, mais elle ne pouvait plus supporter cette tension, tout ce stress, la peur que ses parents découvrent le pot-aux-roses. Cette boule présente depuis plusieurs mois dans sa poitrine était en train de la ronger de l'intérieur. Avec ce mensonge, elle aurait peut-être une autre punition, peut-être même une pire, mais au moins, elle espérait garder son secret intact.
Elle ne savait pas si ses parents allaient s'énerver, mais elle-même avait l'impression de ne plus avoir assez de force pour se mettre en colère.
M. et Mme Andersen échangèrent un regard, le genre de regard que seules les personnes vivant ensemble depuis des années peuvent échanger, une conversation silencieuse ponctuée de froncements de sourcils, de moues, de mouvements de la tête et de haussements d'épaules. Puis, comme s'ils étaient parvenu à un accord sans même l'avoir formulé, Mme Andersen se tourna vers sa fille.
- Nous apprécions ton honnêteté, même si on aurait préféré l'avoir tout de suite.
Soit ses parents venaient de la croire sur parole, soit ils avaient jugé que la punition avait assez duré, car ils décidèrent finalement de lever son interdiction de sortie, ou du moins assouplirent-ils les règles. Elle avait désormais le droit de sortir un soir par semaine, le vendredi ou le samedi soir, avec la limite habituelle de 23h, et les autres jours elle devait être impérativement rentrée pour dîner. Tout en, bien sûr, continuant de travailler assidûment ses cours.
- Mais jusqu'au bac, ajouta sa mère, plus de sortie en boîte jusqu'à pas d'heure, plus de nuits chez les uns ou chez les autre, et plus de week-end chez Mérida.
Elle insista fortement sur ces derniers mots, comme pour dire « plus de soirée en cachette chez quelqu'un que tu ne nous a pas présenté ».
Quand la première semaine de cours s'acheva, Anna fut finalement contente d'avoir été contrainte de passer autant de temps à travailler pendant les vacances. Les élèves de Terminale croulaient littéralement sous le travail.
En anglais, un essai particulièrement raté par manque d'inspiration la laissa démoralisée toute la journée du lundi. Sans comprendre pourquoi, elle faisait un blocage sur le chapitre de géographie en cours, et n'arrivait ni à comprendre, ni à faire rentrer dans sa tête ce que Gerda essayait à grand peine de lui enseigner, comme s'il n'y avait plus d'espace de stockage disponible dans sa mémoire. En SVT, elle n'aurait probablement jamais compris les différences entre la mitose et la méiose sans les explications de Mérida. En philo... bah, depuis son altercation avec Weselton, le vieux prof faisait comme si elle n'était tout simplement pas là, et ses notes se limitaient désormais à la moyenne, sans un point de plus ni de moins.
Elle avait vraiment intérêt à cartonner en maths pour compenser tout ça.
En cours de méthodologie, leur professeur principal leur donna le calendrier du troisième trimestre. Bac blanc, examen des capacités expérimentales en physique et SVT, oraux de langues, emploi du temps des épreuves écrites du bac et dates des sessions de rattrapage.
C'était loin d'être l'idéal pour calmer son esprit déjà bien trop stressé.
Gerda leur demanda ensuite, pendant la même heure, de constituer un planning de travail jusqu'au bac. C'était un exercice difficile. Il fallait faire tenir l'emploi du temps hebdomadaire, les éventuelles activités extra-scolaires, les temps de trajets pour aller et venir au lycée, le temps de travail nécessaire pour faire tous les devoirs imposés, et les moments de révision.
Tiana décida de s'imposer deux heures de travail tous les soirs, et trois heures le samedi et le dimanche, arguant que c'était amplement suffisant. Mérida mettait le tir à l'arc en tête de ses priorités, aussi elle s'efforça de répartir son travail entre ses différents entraînements, faisant souvent terminer ses journées à minuit.
Pour Anna, le plus dur était de caser Elsa dans son planning de révisions. Et on ne parlait pas ici de demies heures glanées par-ci par-là, ni de baisers volés en sortant de chez les Bulda, mais bien d'un vrai temps de qualité qu'elle pourrait passer avec son amoureuse. Elle songea à abandonner le baby-sitting, mais si elle voulait partir tout un week-end avec Elsa, il lui faudrait de l'argent... et elle ne pouvait pas non plus laisser tomber son unique alibi, au cas où...
Elle rentra ce soir-là avec son planning et passa la soirée à le mettre au propre sur une grande feuille de canson, qu'elle afficha sur le mur, au-dessus de son bureau. Elle ne s'était pas rendue compte, jusqu'à présent, que le temps avait passé si vite, et qu'il ne leur restait plus que huit semaine avant les examens.
« On peut se voir demain soir ? »
Anna reposa son téléphone. Elle s'enfonça confortablement dans son fauteuil de bureau, et posa ses pieds sur son classeur d'anglais. Elle hésita à repousser ses cours pour ne pas les abîmer puis pouffa : ses chaussettes Union Jack étaient parfaitement à leur place là-dessus.
La réponse vint au bout de deux ou trois minutes.
« Je ne sais pas... J'ai beaucoup de choses à faire, et j'aimerais ne pas avoir à travailler ce week-end... »
Les lèvres d'Anna se tordirent en une moue déçue. La dernière fois qu'elles avaient passé plus d'une heure ensemble toutes les deux remontait au début des vacances, lorsqu'elles étaient rentrées ensemble du bar où elle avait passé des heures à l'attendre.
« Des corrections ? »
« Oui. Plein. »
« Fallait pas nous donner un DS ce matin. Assume :p »
« J'ai déjà corrigé ta copie. »
« J'espère que tu m'as rajouté des points. »
« Non. »
« A quoi ça sert de sortir avec sa prof de maths si c'est même pas pour avoir de meilleures notes ? »
« Je pouvais pas te mettre 21. »
Anna eut un mouvement de surprise en lisant le message. Elle se redressa et ôta ses pieds de son bureau, se penchant plus près de son écran comme si elle avait mal lu.
« Attends, j'ai eu 20 ? Comme dans 20/20 ? À un DS type bac coef 6 ? \o/ »
« Ça compensera ton 7 en anglais. »
Son excitation retomba d'un coup, et elle grinça des dents.
« Comment tu sais ça ? »
« J'ai accès à ton relevé de notes, je suis ta prof je te rappelle :p »
L'adolescente leva les yeux au ciel avant de reprendre sa confortable position.
« Tu sais, j'ai plein de travail moi aussi. Ca te dit qu'on travaille ensemble ? Toi tu corriges, moi je bosse mon anglais ? »
Anna savait qu'Elsa était en train de réfléchir, parce qu'elle ne répondait pas, alors que jusqu'à présent, elle avait toujours répondu du tac au tac, comme lors d'une vraie conversation.
« J'ai VRAIMENT beaucoup de travail, Anna. »
« Moi aussi, j'ai le bac dans 2 mois, tu te rappelles ? »
Le message d'Elsa qui suivit contenait uniquement un smiley levant les yeux au ciel. Anna sourit. Elle pouvait presque l'entendre soupirer. Anna croisa les doigts en attendant sa réponse.
« 17h30. Je prends deux pizzas, tu prends un pot de Ben&Jerry's. »
- Yes ! s'exclama l'adolescente dans le silence de sa chambre, tout en levant un poing victorieux
« Eh ben c'est équilibré tout ça :p »
« Attends un peu de voir les sessions d'exams quand tu seras à la fac ! »
« Tu ne réponds plus ? »
Anna revint vers son téléphone avec sa brosse à dents dans sa bouche. Elle lut le message, et un petit air malicieux éclaira son visage lorsqu'elle rédigea sa réponse.
« J'étais occupée à t'imaginer en train de corriger tes copies. Avec ton air concentré et tes lunettes :p »
« Tant d'impertinence, ça mérite une punition ! »
Le sourire s'élargit jusqu'à ses oreilles tandis qu'une chaleur se répandait dans son corps et dans ses joues. Elle retourna dans la salle de bains avec son téléphone.
« Vous allez me mettre une retenue, professeur ? »
Elle ajouta un smiley au sourire d'ange et orné d'une auréole.
« Quelque chose me dit que j'ai intérêt à commencer à corriger entre midi et deux... »
« Oh non, je te promets, je serai TRÈS SAGE. »
Anna retourna dans sa chambre vêtue d'un débardeur bleu ciel et d'un short de pyjama. Elle jeta un coup d'oeil à ses affaires d'anglais laissées en vrac sur son bureau - elle n'avait pas cours de langues le vendredi - et attrapa le tout et le fourra dans son sac, déjà prêt près de la porte. Elle n'avait jamais été aussi pressée de commencer une session de révisions.
Anna et Elsa firent presque la course, en quittant le lycée le vendredi soir. Elles étaient parties en même temps, sans l'avoir vraiment cherché. Anna était allée au CDI après son cours de maths pour emprunter un dictionnaire Français-Anglais, et avait aperçu la Mini bleue devant la barrière d'entrée. Comme d'habitude, elle grimpa sur le trottoir pour sortir sans avoir à attendre que la barrière se lève, et elle lança un regard amusé, un peu moqueur, à Elsa qui patientait derrière le volant. La voiture la rattrapa au premier feu rouge, et en tournant la tête, Anna vit l'enseignante lui faire un malicieux clin d'oeil.
Elles continuèrent ce petit jeu tout le trajet - rien de très visible évidemment, juste de quoi faire battre leur cœur un petit peu plus vite - jusqu'à la statue de Jeanne d'Arc. Là, Elsa partit à gauche et Anna à droite.
Environ quarante-cinq minutes plus tard, Anna arriva à pieds à ce même croisement, et partit à gauche.
Elsa avait ses lunettes bleues sur le nez lorsqu'elle lui ouvrit la porte, et elle portait toujours la chemise blanche et le jean noir qu'Anna avait passé deux heures à contempler.
- Vanille-caramel avec morceaux de cookies au chocolat, dit Anna pour tout bonjour après l'avoir longuement embrassée.
- Toi tu sais parler aux femmes, murmura l'enseignante contre ses cheveux.
- Je devrais peut-être la mettre au congélateur, dit Anna d'une voix pensive en repartant de nouveau à l'assaut de ses lèvres.
- Oui, tu devrais...
- Il faudrait que tu arrêtes de m'embrasser...
- C'est toi qui m'embrasse...
- BONJOUR ANNA ! cria Olaf depuis sa chambre à l'étage.
Les deux jeunes femmes sursautèrent et se regardèrent, rougissantes, avant d'éclater de rire. Anna en profita pour enlever sa veste et ses chaussures, et sortit de son sac à dos le pot de crème glacée qu'Elsa emporta dans la cuisine, pour le mettre - enfin - au congélateur.
- Elsa, t'as collé un DS à toutes tes classes ou quoi ? s'exclama l'adolescente en voyant dans le salon les multiples piles de copies attendant d'être corrigées.
- Presque, répondit Elsa en revenant de la cuisine. Un DM et un DS pour mes deux classes de Seconde, et un DS de Terminale.
La lycéenne haussa un sourcil impressionné.
- Ah oui, quand même. Et je vais bosser où ? T'as pris toute la place !
- Je me suis dit que tu serais très bien sur mon bureau. Tu veux boire quelque chose ? Un thé ?
Anna répondit qu'avec toutes ces histoires, elle n'avait jamais goûté le thé au chocolat, et qu'il était temps d'y remédier. Pendant qu'Elsa s'affairait avec la bouilloire, la lycéenne alla chercher son sac et commença à sortir ses affaires. Le bureau d'Elsa était suffisamment grand pour qu'elle puisse travailler à son aise, mais elle comprenait qu'avec toutes ses copies, Elsa préférait utiliser la table du salon.
Quelques instants plus tard, Elsa revint avec une théière fumante dans une main, et deux mugs dans l'autre, qu'elle tenait par les anses. Elle fit un tout petit peu de place sur la table pour poser le tout, et remplit les deux tasses avant d'en poser une à côté de ses copies, et l'autre à côté d'Anna.
- Travaille bien, dit-elle en l'embrassant sur le front.
L'adolescente releva la tête pour lui voler un baiser.
Anna avait prévu de refaire son exercice d'anglais, avec plus d'inspiration cette fois, dans l'idée de le soumettre à son prof pour qu'elle le corrige. Avec un peu de chances, elle glanerait des points supplémentaires. C'était pas possible qu'elle reste avec un 7/20 dans son relevé de notes.
Elle jeta un coup d'oeil derrière son épaule, et vit qu'Elsa était déjà plongée dans la lecture d'une copie, suçotant distraitement l'extrémité d'un stylo rouge. Ses yeux couraient sur la feuille, entourés de toute une série d'expressions faciale montrant l'étendue de sa concentration. À un moment, elle ôta son stylo de sa bouche pour écrire quelque chose, et Anna cligna des yeux, comme éveillée d'un rêve. Le stylo revint entre ses lèvres au bout de quelques secondes, et la petite rousse se surprit à l'envier.
- Anna, bosse, gronda Elsa sans même lever la tête.
- Mais je bosse ! s'exclama l'adolescente en se retournant vers son travail.
- C'est ça...
Elle se retourna de nouveau, accoudée au dossier de sa chaise. Elsa était toujours penchée sur sa copie, et n'avait même pas un regard pour elle. C'était rageant !
- Comment tu veux que je travaille aussi, t'arrêtes pas de me déconcentrer !
Cette fois, Elsa releva la tête, haussant un sourcil à la fois amusé et réprobateur.
- Moi ? Je te déconcentre ?
- Mais oui, t'es trop jolie avec tes lunettes et ton stylo que t'arrête pas de mordiller ! Bon OK je ne dis plus rien sinon tu ne voudras plus jamais que je viennes travailler chez toi.
Elle prit une grande inspiration pour refouler sa libido à l'intérieur de son ventre et se pencha sur son essai. Elle savait qu'elle serait incapable de se retenir de vouloir l'embrasser toutes les cinq minutes, mais il fallait qu'elle fasse un effort si elle voulait que ces sessions de travail à deux deviennent une habitude. L'idée de réviser son bac aux côtés d'Elsa avait quelque chose à la fois d'attirant et de réconfortant.
Finalement, elle trouva la force de se mettre au travail malgré l'écrasante tentation. De temps en temps, Elsa se levait pour se resservir du thé, et elle l'embrassait au passage, et Anna se disait qu'elle pourrait totalement s'habituer à ces petites attentions. Parfois, Elsa tapait de la pointe de son stylo sur une copie, ou poussait un soupir exaspéré. Anna se retournait, et Elsa lui lisait la bêtise qui venait de l'affliger.
Quand Anna acheva son essai et le jugea satisfaisant, elle sortit ses affaires de physique de son sac et commença à faire quelques exercices.
- Ah, ça y est, j'ai fini ! s'exclama soudainement Elsa en reposant victorieusement sa pile de copie sur la table.
- Quoi, tout ?!
- Non, juste le DS des Terminales.
Anna eut du mal à cacher sa déception.
- Oh. Ca t'en laisse encore plein alors... Hé, combien elle a eu, Mérida ?
- Elle a eu 13. C'est dommage qu'elle fasse toujours le même genre d'erreurs... Tu devrais lui faire faire des exercices d'entraînement.
- Hé, c'est toi sa prof, pas moi ! plaisanta l'adolescente.
Mais elle nota mentalement de faire refaire à Mérida les exercices qu'elle avait raté.
Avant d'attaquer ses autres corrections, Elsa lui proposa de relire son travail en anglais. Anna accepta, et se retrouva avec de nombreuses annotations au stylo rouge sur sa feuille qu'elle s'empressa de recopier. Elle était surprise, elle ne s'était pas vraiment attendue à ce qu'Elsa lise couramment l'anglais. Elle dut se rappeler de nouveau que les profs étaient des humains comme les autres, pas seulement intéressés par leur matière mais par de nombreuses autres choses.
Elles discutèrent un peu, s'embrassèrent un peu, se taquinèrent un peu, puis se remirent au travail.
- J'ai faim, dit Anna.
Elle se retourna. Elsa était toujours concentrée sur sa feuille. Elle faillit se dire qu'elle ne l'avait pas entendue lorsqu'elle posa finalement son stylo sur la table, et la copie qu'elle était en train de corriger sur la pile.
- Moi aussi, dit-elle en reculant sa chaise. C'est l'heure de faire une pause.
Elle s'étira langoureusement, complètement inconsciente du regard d'Anna fixé sur elle. Sa chemise remonta légèrement, et Anna eut soudain l'envie pressante d'embrasser ce nombril mis à nu.
Incapable de résister plus longtemps, elle se leva et la rejoignit. Au lieu du nombril, de nouveau caché par le vêtement, Anna se pencha et l'embrassa sur les lèvres. Les yeux ouverts d'Elsa, ces yeux bleus qui semblaient toujours surpris, trop souvent inquiets, comme s'ils n'arrivaient toujours pas à croire ce qu'ils voyaient par moment, se fermèrent, et son corps se détendit tandis qu'elle acceptait le baiser.
- Je vais m'occuper des pizzas, dit-elle lorsque la petite rousse se redressa enfin.
- Mmmh... fut la seule réponse d'Anna, qui faisait glisser ses lèvres le long de sa mâchoire.
Elsa s'appuya de ses deux mains sur les accoudoirs de son fauteuil et se leva, forçant Anna à s'écarter. Elle prit la main d'Anna dans la sienne et la conduisit jusque dans la cuisine. La vue de la table devant la fenêtre rappela à l'adolescente leur baiser, lors de leur premier rendez-vous.
Certaines parties de son corps avaient été touchées émotionnellement pour la première fois à ce moment-là.
Elle regarda distraitement Elsa sortir du frigo deux cartons de pizzas, les sortir de leur emballages et les mettre sur une plaque de cuisson. Elle était bien trop occupée à regarder sa nuque, les courbes de son dos, ses cheveux blonds qui étaient noués en une simple queue de cheval contrairement à son habitude, et qui cascadaient dans son dos. En fait, elle était surtout occupée à imaginer ses lèvres et ses mains en train de courir sur toutes les parties de son corps encore cachées par des vêtements.
DING DONG
Elles firent toutes les deux volte-face et se tournèrent vers l'entrée de la cuisine. Elsa avait la plaque de cuisson entre les mains et s'était interrompue alors qu'elle s'apprêtait à la placer dans le four.
- Bouge pas j'y vais, dit Anna.
Et avant qu'Elsa n'ait eu le temps d'émettre la moindre objection, elle était devant la porte. Ce n'est que lorsqu'elle amorça le geste d'ouvrir la porte qu'elle réalisa que c'était une grave erreur. Elle se figea, mais c'était trop tard, à moins de refermer la porte au nez de qui se trouvait de l'autre côté.
Elle laissa échapper un soupir de soulagement lorsqu'elle vit l'inconnu sur le palier.
C'était un garçon d'une vingtaine d'années, en tout cas plus âgé qu'elle, costaud et corpulent sans être vraiment gros, et l'air plutôt charmant avec des cheveux courts et bruns, une barbe bien fournie et des lunettes carrées.
- Heu... bonjour, dit Anna.
- Salut ! Elsa, c'est bien ça ? C'est marrant, je ne t'imaginais pas vraiment comme ça d'après la description d'Olaf, mais j'aime beaucoup tes cheveux.
- Heu... c'est parce que je ne suis pas Elsa, en fait.
- Bonjour, dit Elsa en arrivant derrière elle. C'est moi Elsa.
La surprise étira les traits du garçon, qui sourit à l'enseignante.
- Oh, ça correspond beaucoup plus à l'idée que j'avais ! Enchanté ! Je suis Marshall, ajouta-t-il en tendant une main que la blonde serra avec retenue.
Le marshmallow, pensa immédiatement Anna.
- Je passais dans le coin, et je me suis dit que peut-être... Est-ce qu'Olaf est là ?
Presque immédiatement, des bruits de pas retentirent à l'étage et le colocataire d'Elsa apparut dans les escaliers. Le sourire sur le visage de Marshall s'élargit lorsqu'il leva les yeux vers lui.
- Bonsoir Olaf. Tu as quelque chose de prévu ce soir ? Ca te dit de... d'aller dîner ensemble quelque part ?
- Avec plaisir ! répondit le blond avec un grand sourire.
Sans plus attendre, comme s'il était déjà prêt, Olaf sauta dans ses chaussures, attrapa une veste sur le porte-manteau et le sac qui était posé sur la petite table près de l'entrée, posa une bise sur la joue surprise d'Elsa, et rejoignit le jeune homme qui se trouvait toujours sur le palier.
- A plus tard ! lança-t-il, et il referma la porte derrière lui.
Anna et Elsa échangèrent un regard, puis éclatèrent de rire.
- Eh ben j'en connais un qui va bien s'amuser ce soir ! s'exclama Anna en riant.
Elles entendirent des sons étouffés, de l'autre côté de la porte, puis le bruits de leurs pas descendant les escaliers.
- Tu aurais pu attendre qu'ils soient partis avant de dire ça ! dit Elsa d'un ton choqué. Olaf ne va plus savoir où se mettre !
- Parce que tu crois qu'il a été tendre avec toi, à chaque fois qu'il a fait une vanne sur nous deux ? Moi je dis œil pour œil, dent pour dent !
- … pas faux, admit Elsa.
Peu de temps après le départ d'Olaf et de Marshall, les deux travailleuses se retrouvèrent sur le canapé du salon, prêtes à dévorer d'indécentes parts de pizzas.
Après avoir épuisé toutes les plaisanteries qu'elles pouvaient faire au sujet des deux garçons, elles firent le bilan de leur travail. Anna avait quasiment terminé tout ce qu'elle avait apporté, tandis qu'Elsa n'avait plus que ses DM de secondes à corriger, tout le reste étant fini. La lycéenne était tentée d'arrêter là, mais Elsa préférait continuer à travailler. Il fallut des trésors d'ingéniosité à sa petite amie pour réussir à la convaincre de se relaxer et de profiter du reste de la soirée avec elle.
- Bon d'accord, je capitule, je finirai demain, dit Elsa en revenant avec le pot de glace apporté par Anna, deux bols, des cuillères et une bouteille de Baileys.
Anna la regarda remplir les bols avec un regard trahissant toute l'étendue de sa gourmandise.
- Ca y est, ma retenue est terminée ?
- Ta retenue ?
- Vous avez dit que vous vouliez me punir, Mme Winter...
Sa voix tentatrice eut son petit effet sur Elsa, qui sentit l'excitation monter dans son corps comme lorsqu'elle avait lu les sms la veille. Très bien, si tu veux jouer à ce petit jeu...
- Mmmh, je devrais peut-être te convoquer dans mon bureau.
Ca pourrait peut-être être excitant si j'avais un vrai bureau, et pas une salle mal chauffée que je partage avec quarante-cinq autre profs et deux photocopieuses...
- Et vous me donnerez quoi comme punition ?
Copier mille fois 'je ne dois pas allumer ma prof de maths'. En étant nue.
Elsa poussa la petite rousse sur le canapé.
- Hé ! protesta-t-elle tandis qu'Elsa l'enjambait pour se retrouver un genou de part et d'autre de ses hanches.
La blonde posa un doigt sur ses lèvres, et Anna se tut. L'adolescente plissa les yeux, souriant d'un air définitivement séducteur. Sexy, pensa Elsa. Elle regarda autour d'elle et ses yeux se posèrent sur les bols remplis de crème glacée. Souriant malicieusement, elle plongea la cuillère au fond du bol pour recueillir le mélange de Baileys et de glace fondue.
- Attends tu vas faire quoi là ?
- De quel droit osez-vous me tutoyer, mademoiselle Andersen ?
L'adolescente - non, la jeune femme - lui lança un regard brûlant de désir et d'impatience. Elle serra sa lèvre inférieure entre ses dents, achevant de rendre Elsa définitivement folle.
Mais une pensée désagréable fit retomber son excitation, et Elsa s'interrompit, la cuillère à mi-chemin entre elle et Anna. A quoi jouait-elle ? Qu'est-ce qui lui prenait de fantasmer sur leurs situations respectives ? N'était-elle pas sensée en avoir... honte ?
Et puis merde, ce qui est fait est fait, je ne vais pas culpabiliser toute ma vie. Elle repoussa mentalement la pensée rabat-joie au fond de son crâne. Anna était devant elle, elle avait envie de jouer, elle avait envie d'elle, alors elle n'avait pas l'intention de se priver de ce plaisir.
Elle approcha la cuillère du visage d'Anna, et fit tomber une goutte entre ses clavicules, juste à la base de son cou.
- Outch, c'est froid !
- Taisez-vous, Andersen, n'aggravez pas votre cas.
Un courant électrique traversa son corps lorsqu'elle défit le premier bouton de la chemise d'Anna pour récupérer du bout de la langue la crème glacée qui coulait sur sa gorge.
Elle reprit la cuillère et déposa deux autre gouttes, juste à la naissance de ses seins. Elle ôta le deuxième bouton, puis se pencha de nouveau pour lécher le mélange d'alcool et de crème, sa langue s'aventurant sur la peau douce et tiède à demi cachée par le bonnet de son soutien-gorge. Elle passa une main sous sa chemise, dans son dos, et en se contorsionnant un petit peu elle parvint à défaire l'attache. Elle glissa ses mains sous le soutien-gorge, englobant ses seins de toute sa paume, et releva le vêtement.
- Arrête Elsa, tu me rends folle ! glapit Anna lorsque de nouvelles gouttes de glace s'étalèrent sur la peau ainsi révélée.
- Tu l'as mérité, murmura Elsa tout en embrassant sa poitrine constellée de taches de rousseur. Et c'est Mme Winter, pour toi.
Le goût de la peau d'Anna se mélangeait à celui de la glace à la vanille et de la crème de whisky, et c'était un assemblage délicieux. De ses lèvres s'échappaient des gémissements de plaisir qui étaient comme des encouragements à poursuivre, à ne surtout pas s'arrêter. Des gémissements de plus en plus forts, de plus en plus impatients.
- Je vous aime, Mme Winter ! s'exclama Anna, qu'Elsa fit taire d'un baiser.
Son petit jeu vint à bout de sa propre patience, qui ne faisait plus le poids face à son désir.
Le bol de glace se renversa sur le parquet lorsqu'elles basculèrent du canapé sur le sol.
- Anna, comment tu trouves mon dessin ?
- Pas mal, Margot ! répondit la jeune rousse en scrutant le tigre crayonné d'un air professionnel.
- Je vais en faire un autre !
La baby-sitter regarda d'un œil distrait la petite fille feuilleter frénétiquement une encyclopédie des animaux de la jungle avant d'arrêter son choix sur un rapace aux couleurs étincelantes. Les pensées d'Anna étaient centrées sur une certaine blonde vivant deux étages au-dessus, et sur l'incroyable soirée de 'révisions' de la veille. Et quand Mme Bulda arriva une heure plus tôt que prévu, accompagnée de Victor qui arborait une nouvelle coupe de cheveux, elle ne pensa même pas à râler mentalement contre l'argent qu'elle perdait à travailler moins longtemps, et envoya immédiatement un message à Elsa.
« Mme Bulda vient d'arriver, je peux passer pour un bisou ? »
Après quelques minutes consistant en un gros câlin du petit garçon et une séance de présentation de dessins d'animaux par sa soeur, Anna grimpa presque en courant les étages avant de toquer à la porte ornée du flocon de neige.
- Bouge pas, j'y vais ! entendit-elle Olaf dire de l'autre côté de la porte.
Il ouvrit la porte, et un air de profonde surprise se répandit sur son visage lorsqu'il vit la lycéenne.
- Oh, salut Anna ! dit-il presque en chuchotant. Heu, tu veux bien attendre ici une minute ? Je vais chercher Elsa.
- ...Okay, répondit la petite rousse, étonnée par son attitude inhabituelle.
Il referma la porte, et Anna se retrouva à attendre sur le seuil, de plus en plus intriguée. Enfin, la porte s'entrouvrit, et Elsa se faufila sur le palier en refermant derrière elle.
- Anna ! s'écria-t-elle à voix basse, elle aussi. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je t'ai envoyé un sms il y a cinq minutes, répondit l'adolescente comme si ça justifiait tout.
- Et je t'ai répondu ! Tu ne regardes pas ton téléphone ?
Anna sortit son portable de sa poche. Elle devait admettre qu'elle n'avait même pas cherché à savoir si Elsa avait répondu, elle avait été bien trop pressée de la voir.
« Je suis désolée ma puce, mais c'est pas le bon moment. Les parents d'Olaf sont là. »
- Oh... Oh.
- Ne crois pas que j'essaie de te cacher, mais...
- Non non, je comprends.
- C'est que je préfèrerais les avoir prévenus d'abord...
- Tu n'as pas à t'excuser, moi non plus je n'ai pas parlé de toi à mes parents.
- Oui mais... c'est différent. Les parents d'Olaf ne te connaissent pas, ils ne sont pas obligé de connaître tous les... détails. Que dirais-tu de les rencontrer demain ? A midi ? J'aurais le temps de leur parler de toi d'ici là.
Woaw, heu, ça c'était inattendu...
- Tu... tu es sûre ?
- ELSA ! Qu'est-ce que tu fais ? cria une femme, probablement la mère d'Olaf.
- Demain, d'accord ? dit précipitamment Elsa en reculant vers la porte.
- Ok... répondit Anna sans prendre le temps de réfléchir. Ok, à demain...
Elsa retourna dans son appartement, et Anna redescendit les escaliers avec une grosse, très grosse boule dans le ventre qui ne présageait rien de bon.
Prêts à dire coucou aux 'parents' d'Elsa ?
A mercredi prochain,
Ankou
