Hello everyone !
Je sais, je suis super en retard, ne me fouettez pas ! (en plus je risque d'aimer). Pour compenser, c'est un super long chapitre que je vous offre, riche en fluff et sentiments (mais pas que !)
A l'heure où j'écris, je suis au bord de la rivière Colorado, dans l'Utah, à côté d'Arches, le parc national où a été tournée la scène au début d'Indiana Jones et la Dernière Croisade (vous voyez la grotte où il trouve la Croix de Coronado ? Ben c'est là). Notre 4x4 a déjà plus de 4000 km au compteur !
Ça c'était pour les nouvelles ! (merci Tomberry de t'inquiéter :p Au fait, Ankou ne vient pas du tout de FF, mais de la 'divinité' bretonne qui est l'allégorie de la mort. J'ai ce surnom depuis ma période médiévo-gothique du lycée !)
Merci à tous pour vos messages et vos reviews, encore une fois ça me fait vraiment plaisir de savoir que vous aimez cette histoire.
Bonne lecture !
Chapitre 50
En se réveillant le lendemain matin, Anna eut du mal à réaliser que le bac était passé. Ça y était, son année de Terminale était terminée. Elle en avait fini avec le lycée.
C'était comme si une page venait de se tourner. Il n'y aurait plus de partie de tarot dans la cafet' pendant les heures de perm', plus de lectures de BD au CDI, plus de récré passées sur leur banc préféré. Finies aussi les après-midis chez Kristoff ou chez Rapunzel et les orgies de chocolat au Loir dans la Théière.
Dans quelques semaines à peine, il en serait fini de leur petite bande. Tiana allait suivre des études de gestion d'entreprise pour pouvoir reprendre le restaurant de sa grand-mère, Rapunzel allait dans une école d'architecture à Paris, Mérida allait en Staps* à Lyon, Alice avait trouvé une famille pour l'accueillir comme fille au pair dans la campagne Anglaise, et elle-même s'en allait en Norvège. Seul Kristoff restait à Arendelle. Comme il s'était inscrit en BTS de commerce, il allait passer encore deux ans au lycée.
Elle regarda sur son téléphone la courte vidéo qu'ils avaient prise à son anniversaire. Tous les six plus Mégara étaient vautrés avec plus ou moins d'élégance sur le grand canapé décrépit du salon de Kristoff. Tous riaient et se chamaillaient comme les ados qu'ils étaient. Qu'allait-il advenir de leur groupe ? Arriverait-elle à se faire des amis aussi géniaux là où elle allait ?
Son portable sonna, coupant court à ses pensées et à la vague de nostalgie préventive dans laquelle elle était plongée depuis son réveil.
- Allô Meg, dit-elle après avoir vu la photo de la grande brune s'afficher sur son écran.
- Salut princesse ! Alors, bien remise de tes émotions ?
- Tu veux parler du bac ? questionna Anna.
- C'est encore un peu tôt pour ton mariage, non ? répondit-elle d'un ton moqueur. Quoique, vu que t'en es déjà à emménager avec ta belle, ça risque d'arriver plus vite que prévu !
Anna se mit à rougir à travers le téléphone. Tiana et Rapunzel l'avaient déjà bien charriée à ce sujet quand elle leur avait annoncé la nouvelle.
- Bon, tu n'appelles pas que pour me vanner j'espère ? Tu voulais quoi ?
- Ta robe, elle est comment ? Pitié dis-moi qu'elle n'est pas verte.
- Bien sûr que si, c'est ma couleur préférée.
- Tu fais chier, grogna Meg, y'a rien qui va avec le vert, comment tu veux qu'on soit assorties ?
- On s'en fout, répondit Anna en faisant un geste désintéressé de la main que son interlocutrice ne put pas voir.
- Ah non ! Déjà que je suis ta cavalière bouche-trou, j'ai pas en plus envie de ressembler à rien !
- Hey ça va, je t'invite à une soirée avec alcool et chips à volonté, tu ne vas pas râler non plus !
- Mouais. J'espère au moins qu'il y aura des filles canon à ta soirée.
- Tu es censé être ma copine, je te signale ! Hors de question que tu ailles draguer tout ce qui bouge !
Meg exhala un soupir exagéré. Anna pouvait presque la voir rouler des yeux.
- Putain, j'ai trouvé ce qu'il y a de pire qu'être célibataire : être célibataire et faire semblant de sortir avec quelqu'un. Elle a intérêt à être sympa ta soirée, sinon je te plante et je te jure que je ne plaisante pas !
- C'est ça, railla Anna. Je te laisse, j'ai rendez-vous avec Mérida. Faut que je me prépare, je suis encore en pyjama.
- Mais il est midi et demie !
- Ouais. Je te dis à demain ? Sois prête à 19h, Eugène, le copain de Rapunzel, passe nous prendre en voiture.
Elle raccrocha et s'allongea sur son lit, les bras en croix. Deux minutes plus tard, elle se redressa d'un bond, et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche et se préparer.
Elle retrouva Mérida à l'entrée du parc. Elle portait une jupe à carreaux turquoise qui lui arrivait juste au dessus des genoux et un débardeur blanc. Elle avait ses habituelles Doc's montantes noires, et Anna se demanda comment ses pieds faisaient pour ne pas bouillir là-dedans. Il faisait chaud et sec, il n'y avait pas le moindre nuage ni le moindre vent, et quand elle retira son casque et sa veste, tous deux étaient trempés de sueur.
Mérida sourit en la voyant arriver, mais Anna eut le temps d'apercevoir son air grognon juste avant qu'elle ne le masque.
- Salut Ginger.
Ouais, définitivement, quelque chose n'allait pas. Anna se crispa légèrement. Elle espérait égoïstement que ça n'ait rien à voir avec elle. Elle n'était pas sûre de vouloir revivre l'expérience de l'autre fois.
- Y'a quelque chose qui ne va pas ? demanda-t-elle. Tu as raté l'épreuve d'hier ?
- Pire, grommela Mérida sans chercher à nier qu'elle était de mauvais poil. Je me suis démerdée pour m'engueuler et avec mon sponsor, et avec mon entraîneur et avec ma mère, et franchement je ne sais pas lequel des trois je hais le plus.
- Pourquoi ? Ils t'ont dit que tu tirais comme une fillette ou quoi ?
- Mon sponsor est venu hier pour me présenter la tenue qu'il veut que je porte pendant les championnats. Ce connard veut me faire porter une jupe si courte que c'en est presque une ceinture, et un débardeur qui tient plus du soutif vu la quantité de bide et de nibards qu'il laisse dépasser.
- Putain c'est abusé !
- Ouais. Je lui ai dit d'aller se faire mettre avec son maillot de bain, résultat il a rompu le contrat, et ça a foutu mon entraîneur en rage. T'imagines, il était d'accord pour que je porte ça, lui ! Il ne voyait même pas où était le problème ! Du coup j'ai pété les plombs, je l'ai envoyé bouler encore plus fort et j'ai annulé mon inscription en Staps pour m'inscrire en licence d'études du genre à Lyon. C'est ça qui a énervé ma mère, elle a hurlé que je foutais ma vie en l'air, que c'était une filière inutile et sans débouchés, et que c'était pas dans ce nid à intellos que j'allais me trouver un mec.
- Oh la vache, elle a été raide ! souffla Anna.
- Ouais. Je lui ai dit que je préférais trouver une meuf et que du coup c'était l'endroit idéal. Ça l'a achevée. Elle s'est cassée dans sa chambre, n'est pas revenue pour dîner, et je ne l'ai pas vue ce matin. Je pense qu'elle pleure toujours.
Elles passèrent ensuite un bon quart d'heure à traiter Mme Dunbroch de tous les noms avant de se plaindre du sexisme dont elles faisaient les frais dans leur vie quotidienne. Elles longèrent le petit lac et s'offrirent une grande barbe à papa qu'elles partagèrent tout bavardant. Elles n'avaient pas du tout reparlé des sentiments de Mérida depuis qu'Anna en avait pris connaissance. Ça faisait presque un mois, et Mérida semblait agir comme s'il ne s'était rien passé du tout. Comme si elle préférait oublier.
Pour être honnête, moi aussi je préfèrerais oublier...
- T'as prévu quoi la semaine prochaine ? demanda l'archère.
- J'ai pas mal de shopping à faire, ça devrait m'occuper un certain temps, répondit Anna en mâchant un morceau de barbe à papa.
- Les soldes ?
- Oui, enfin non. Il faut que je m'achète des vêtements chauds... tu sais, pour...
Anna bredouilla puis s'interrompit, les joues rosissantes. C'était la première fois depuis un mois qu'elle parlait directement de son départ à venir à sa meilleure amie. Jusqu'à présent, elle s'était toujours débrouillée pour éviter le sujet lorsqu'elle était là.
- Ouais, on doit se les cailler en hiver, là-bas, dit Mérida d'un ton léger tout en regardant ailleurs.
- Tu... tu me promets que tu viendras me voir ?
- Tu me promets que tu ne pars qu'un an ? demanda l'archère du tac au tac.
Anna ouvrit la bouche. Le contrat d'Elsa était prévu pour ne durer qu'un an, mais...
- Je... je ne sais pas...
- Laisse tomber, je plaisantais. Bien sûr que je viendrai te voir. Enfin, si ta chérie est d'accord, ajouta-t-elle sombrement.
- Pourquoi elle ne le serait pas ?
Mérida haussa les sourcils, une expression qui voulait dire « à ton avis ? », et Anna sentit la vague de culpabilité l'envahir de nouveau. L'archère ouvrit de grand yeux surpris.
- Tu ne lui as pas dit.
C'était une affirmation, pas une question, et la petite rousse hocha la tête, les joues roses et les yeux baissés.
- Tu devrais, poursuivit Mérida en détournant le regard. Je te connais, ça va te bouffer si tu ne lui dis pas. Si c'est mon autorisation que tu veux, tu l'as. Tant pis si elle ne veut pas que je vienne après ça, ajouta-t-elle en un murmure.
Anna émit toute une série de protestations scandalisées que Mérida ignora. Elle avait l'air de plus en plus sombre, comme si elle s'était déjà résignée. C'était une vision qu'Anna avait du mal à supporter.
Comment pouvait-elle dire ça à Elsa ? Au fait mon cœur, Mérida aimerait venir nous voir. Oh, et elle est amoureuse de moi, c'est pas grave, non ? Non, il valait mieux qu'elle ne lui dise rien du tout.
J'aurais mieux fait d'être en retard...
Mérida lissait les plis de sa robe tout en jetant des coups d'œils réguliers sur la porte de la salle. De temps en temps, quelqu'un qu'elle connaissait entrait et la saluait, deux ou trois filles s'arrêtèrent pour complimenter sa tenue, mais depuis que Kristoff avait été happé pour donner un coup de main en cuisine, elle était toute seule. Elle aurait dû se douter que Rapunzel mettrait tout le monde en retard.
La salle des fêtes avait été abondamment décorée. Les organisateurs n'avaient pas lésiné sur l'ambiance américaine et aucun cliché n'avait été épargné. Sur l'estrade qui accueillait normalement des groupes de musiques ou des pièces de théâtre de gosses se trouvait une grosse urne destinée à recueillir les votes pour l'élection du Roi et de la Reine du bal, et deux trônes sur lesquels étaient posées deux couronnes en plastique étaient prêts pour le couronnement. Sur tout un côté du mur, une série de tables accueillaient un buffet de chips, gâteaux et parts de pizzas, et sur l'autre, une tireuse à bière avait été installée, et de nombreuses bouteilles s'alignaient derrière une pyramide de verres en plastique.
Mérida se leva en entendant la voix de Tiana sur le parking, qui disait qu'elle restait dehors pour attendre son copain, Alex Naveen. La porte s'ouvrit sur Anna et Mégara qui se tenaient par le bras. L'étudiante avait revêtu pour l'occasion une robe cintrée lavande et violette qui n'allait pas trop mal avec celle d'Anna. L'archère prit sur elle et se força à se rappeler qu'elles étaient aussi ensemble qu'elle l'était avec Kristoff.
- Eh mais qui voilà ? lança une voix moqueuse que Mérida connaissait bien. Anna et sa girlfriend !
- Tu veux une baffe, Hans ? s'écria-t-elle en s'avançant à grands pas.
Elle n'était pas la seule à avoir réagi. À sa grande surprise, Meg elle aussi s'était dressée devant le garçon, qui était élégamment vêtu d'un costume blanc avec une chemise bleue. Hans regarda alternativement les deux filles qui se trouvaient désormais de part et d'autre d'Anna, et un sourire crispé étira ses lèvres, comme s'il ne se rappelait que trop bien les deux gifles qu'il avait déjà récolté de leurs mains. Mérida vit Meg lui lancer un regard complice.
- Ça va, pas la peine de péter les plombs, je plaisantais, dit-il en levant les mains devant lui d'un geste apaisant. Le but c'est qu'on passe tous une bonne soirée, d'accord ?
Kristoff sortit à cet instant de la pièce qui servait de cuisine et rejoignit sa cavalière. Décidant de jouer le jeu, Mérida accrocha fièrement son bras au sien, et tous les quatre rejoignirent Rapunzel et Tiana qui venaient d'entrer avec leurs partenaires. Les garçons semblaient transpirer dans leur costume, et elle-même maudit ses amis pour lui avoir dégoté une robe à manches longues. Heureusement, la salle semblait être climatisée.
Une dizaine de minutes plus tard, Alice fit sensation en arrivant au bras d'un jeune homme bien plus âgé qu'eux, vêtu d'un costume à queue de pie, d'un nœud papillon et d'un haut-de-forme. Quelques garçons ricanèrent en voyant sa tenue d'une autre époque, mais Alice avait l'air aux anges.
Toutes les cinq minutes, la porte s'ouvrait sur un nouveau couple et sur une nouvelle robe extravagante qui attirait l'attention générale. Le bac était sur toutes les lèvres, on commentait les sujets, on faisait des pronostics, on râlait ou on espérait. La salle était pleine, et remplie du brouhaha des conversations et des éclats de rire.
Soudain, les lumières s'éteignirent et la scène s'éclaira, coupant court aux conversations, et attisant les murmures intrigués. Sur l'estrade, se trouvaient quatre lycéennes et un lycéen dans des tenues de soirée resplendissantes. Anna et ses amis les applaudirent vivement, enthousiastes et impatients de savoir ce que leurs camarades avaient prévu pour la soirée.
- Bonsoir à tous ! dit une fille brune vêtue d'une robe dorée en approchant un micro de ses lèvres. Il est 20h30, je pense que tous nos retardataires sont là maintenant ! Pour ceux qui ne me connaîtraient pas ou pas trop, je m'appelle Stéphanie, je suis en Terminale ES 2, et c'est moi qui ai été choisie pour vous faire un discours. Promis, ça ne sera pas long !
La salle éclata de rire, et l'adolescente brune se retourna et présenta chacune des personnes qui étaient avec elle sur la scène.
- Nous avions très envie d'une fête de fin de lycée à l'image des bals de promos des écoles américaines. L'organiser nous a demandé pas mal d'énergie, et on espère que vous allez vous éclater ! Alors avant que la soirée ne commence et qu'on oublie de le faire, merci à mon équipe !
Il y eut une salve d'applaudissement.
- Merci à la mère de Marwan, Terminale L, pour nous avoir réservé cette salle à un prix super raisonnable. Ça fait plus pour la bière !
Les applaudissement furent beaucoup plus forts, et ponctués de sifflements et de cris de joie.
- Et merci à Zorah et Marion, Term' S 1, pour la playlist !
Le discours de Stéphanie s'arrêta enfin, laissant la place à la musique. Comme si c'était un signal, tout le monde se mit à danser. La tireuse servit ses premiers verres, et à la table des boissons un petit groupe se pressait déjà. Anna, qui avait redouté que Meg ne s'ennuie au milieu de tous ces lycéens, fut rassurée en voyant la grande brune extravertie danser, boire et participer à toutes les discussions.
L'avantage d'avoir revêtu de si belles tenues était qu'elles procuraient un bon sujet de conversation. Les questions du style « tu sais qui tu vas choisir ? » fusaient, d'un ton le plus souvent dégagé, alors qu'une fois sur deux, cela signifiait « est-ce que tu vas voter pour moi ? ». Anna avait prévu de voter pour Kristoff et Mérida. Par amitié d'abord, mais aussi parce qu'elle les trouvait incroyablement bien assortis. Rapunzel et Tiana se vantèrent à qui voulait l'entendre d'avoir contribué au choix de leur tenue, et n'importe qui connaissant Mérida et Kristoff et leur habituelle façon de s'habiller était en mesure de reconnaître l'exploit.
Au bout d'une heure, Stéphanie et ses amis invitèrent chaque classe à se regrouper, et débuta toute une série de jeux portant sur les cours et sur le lycée. Chaque victoire faisait rapporter des points à la classe, et Mérida, Tiana et Anna étaient déterminées à faire gagner la leur. Anna fut tirée au sort dans sa classe pour dessiner le proviseur Clayton les yeux bandés. Étant donné ses piètres talents d'artistes, sa classe ne remporta pas de points ce tour-là, mais tout le monde la félicita pour l'avoir représenté sous sa forme la plus ressemblante : un gorille hurlant.
Il y eut ensuite un jeu d'adresse impliquant de la verrerie de chimie, un quizz sur le programme commun d'histoire-géo, et une grille de mots croisés à remplir le plus vite possible. Toute la classe d'Anna était rassemblée autour de la grille géante et chuchotait les réponses pour ne pas les communiquer aux équipes adverses.
- B3, lut l'un des garçon. Prof la plus canon du lycée, en six lettres.
- Facile ! répliqua celui qui tenait le stylo.
Il ne réfléchit pas une seule seconde avant d'écrire Winter, et le cœur d'Anna s'envola dans sa poitrine.
Le jeu se poursuivit pendant près d'une heure, et après décompte des points, ce fut la classe de Kristoff et de Rapunzel qui fut déclarée gagnante.
- Merci à tous d'avoir participé, c'était génial ! dit l'une des organisatrices dans le micro, sous les applaudissements nourris. On relance la musique, éclatez-vous, mais surtout n'oubliez pas de voter ! Le couronnement aura lieu à minuit !
Meg tira Anna par le bras et l'entraîna sur la piste de danse, forçant la petite rousse à reposer son verre. Elle avait la tête ailleurs. Elle pensait à Elsa, elle y pensait à chaque instant. Ça faisait tellement longtemps qu'elles n'avaient pas été seules toutes les deux qu'elle aurait donné n'importe quoi pour être dans ses bras. Et l'embrasser. Et lui faire l'amour. Prof la plus canon du lycée. Et encore, vous ne l'avez pas vue nue !
- Je donnerais cher pour être dans ta tête !
La voix moqueuse tira Anna de sa rêverie, et elle ne put empêcher une trainée de rouge de se répandre sur ses joues.
- C'est bien ce que je me disais, susurra Mégara.
Tout en tournoyant, elle posa ses mains sur les hanches d'Anna et l'attira contre elle. Elles dansaient serrées, très serrées l'une contre l'autre, et Meg se pencha sensuellement, comme pour l'embrasser dans le cou. Wait... elle me fait quoi là ?
Mais Mégara n'avait pas du tout l'intention de l'embrasser.
- Tu attends quoi pour te tirer d'ici et aller la rejoindre ? murmura-t-elle dans le creux de son oreille.
- Non mais ça va pas ! Je ne peux pas faire ça !
- Qu'est-ce qui t'en empêche ? répliqua Meg de sa voix suave.
Anna continuait de danser uniquement parce que la brune la guidait. Qu'est-ce qui l'en empêchait ? D'accord, c'était la fête de fin de lycée et elle ne verrait plus tous ces gens avant au moins un an tandis qu'elle partait vivre avec Elsa... mais c'était tellement tentant ! Elle s'imaginait déjà débarquer chez Elsa dans sa robe... Non, gronda son esprit. Elle ne pouvait pas abandonner ses amis !
Mais ses amis n'avaient pas l'air de se préoccuper d'elle. Kristoff discutait avec des élèves de sa classe, Mérida jouait aux fléchettes avec un groupe de garçons, les manches de sa robe retroussées, Alice embrassait langoureusement son chapelier dans un coin loin de la scène, et Tiana et Rapunzel n'étaient visible nulle part.
- A mon avis, dit Mégara avec un sourire coquin, il y a des voitures dehors qui doivent être secouées !
La petite rousse sursauta si fort qu'elle en renversa la moitié de son verre.
- Meg ! s'exclama Anna, scandalisée.
- Fais ton innocente. Tu vas me faire croire que tu as acheté cette robe juste pour mes beaux yeux ?
Elle se pencha de nouveau, et Anna sentit ses lèvres effleurer son oreille.
- J'en connais une qui aimerait bien s'envoyer en l'air avec la prof la plus canon du lycée.
Les taches de rousseur disparurent presque totalement sous le fard qui recouvrait ses joues. Oh Meg, si tu savais à quel point tu as raison...
Mais à quoi bon fantasmer ? Elle était piégée ici jusqu'à ce qu'Eugène ne la ramène, et ça n'arriverait pas avant demain matin.
- Je ne peux pas de toute façons, dit-elle en haussant les épaules, essayant de masquer tant bien que mal sa déception. C'est pas vraiment l'heure de faire du stop, tu sais.
La grande brune étira ses lèvres en un sourire malicieux.
- La chance est peut-être de ton côté. J'ai une pote qui habite à cinq minutes d'ici, en général elle part toujours en boîte le samedi vers minuit. Si elle sort ce soir, je suis sûre qu'elle acceptera de faire un petit détour.
Il fallut quelques secondes à Anna pour assimiler l'information. C'est trop beau pour être vrai. Sans attendre de réponse de sa part, Meg sortit son téléphone de son sac à main et commença à taper un message.
- Je te préviens, dit Anna, je reste au moins jusqu'au couronnement. Je veux voir Mérida gagner.
Elles arrêtèrent de danser et s'assirent à une table. Anna se servit un verre d'un mélange rouge qu'on lui présenta comme de la vodka-cranberrie, et remplit une assiette en carton de tout un assortiment de choses à manger. Mérida vint les rejoindre, les joues roses et un grand verre de punch à la main. Anna ne savait pas si c'était l'influence de l'alcool ou si Mérida avait décidé de faire la paix avec Meg, mais en tout cas ses deux amies discutaient tout à fait amicalement, pendant qu'elle pensait à quelqu'un d'autre.
La musique s'arrêta après un long fondu à la fin d'une chanson de Katy Perry.
- OK tout le monde, c'est le moment de réclamer toute votre attention ! Vous les avez observés pendant toute la soirée, les avez choisis, voici maintenant l'heure d'accueillir nos plus beaux couples !
Anna et ses amis se levèrent pour se rapprocher de la scène, et au même moment, Rapunzel et Eugène entrèrent dans la pièce. Transpiraient-ils à cause de la chaleur estivale qui régnait dehors, ou bien ..? Elle était tentée de les taquiner après ce que Meg lui avait dit, mais Stéphanie et ses amis dépliaient une feuille de papier noircie de noms et de chiffres, et son attention retourna vers eux.
- Les votes ont été très serrés, alors il y aura trois couronnement ce soir ! Veillez acclamer vos légitimes souverains... Le Roi Stéphane et la Reine Morgane !
Anna applaudit avec enthousiasme tandis que le couple montait sur l'estrade et qu'une fille posait une couronne en plastique sur leur tête avec des gestes cérémonieux. La robe de Morgane était tellement magnifique qu'on l'aurait crue sortie d'un conte de fées, et le costume bleu nuit de son partenaire évoquait l'uniforme d'un amiral. Rien d'étonnant, pensa-t-elle, qu'ils aient été choisis.
Un autre couple tout aussi bien vêtu fut appelé en tant que Dauphin et Dauphine, et ils se tinrent à la droite des trônes sur lesquels siégeaient leurs majestés.
- Enfin, c'est avec une immense surprise mais aussi un grand plaisir que nous vous demandons d'applaudir le Prince Kristoff et la Princesse Mérida !
Anna se tourna vers son amie avec un immense sourire. La bouche de l'archère s'était décrochée sous l'effet de la surprise, et Meg dut la pousser dans le dos pour qu'elle reprenne ses esprit et qu'elle monte sur l'estrade. Kristoff s'avança pour la prendre par le bras, l'air tout aussi abasourdi. Anna avait mal aux mains à force d'applaudir.
- Anna, dit Meg directement dans son oreille pour couvrir les acclamations. Ma pote est là dans cinq minutes. Si tu veux avoir une chance de partir dans un carrosse magique, c'est maintenant.
La petite rousse s'arrêta d'applaudir et se tourna vers son amie, un mélange d'incrédulité, de surprise et de culpabilité dans le regard.
- Quoi, maintenant ? Genre, tout de suite ?
- Ouaip.
- Mais, et toi ?
Meg se retourna et jeta un coup d'oeil aux personnes debout sur l'estrade.
- Moi ? Je crois que je vais rester m'amuser un peu.
- Elsa, ton armée est prête ?
- Oui, répondit la blonde en parcourant son écran des yeux.
- Attendez, je viens de me faire attaquer par le sud, il a des galions à canon ce salaud !
Elsa se mordilla la langue et fit défiler la carte pour évaluer la gravité de l'attaque sur les terres de son allié.
- OK Olaf, tu le prends par son entrée Nord, dit-elle. Quand tu auras fait tomber son mur, j'arrive avec mes béliers et je libère mes chevaliers teutoniques pour détruire ses châteaux. Marshall, je t'envoie ma flotte.
- Fais vite, il est en train de tout me bousiller là !
- La porte est ouverte, dit Olaf du même ton tendu que ses deux alliés. Magne-toi avant qu'il la reconstruise.
- J'y vais. On essaie de le buter ce coup-ci, parce que j'ai quasiment plus d'or.
Elle fit entrer son armée à l'intérieur de la ville adverse. Les cavaliers d'Olaf s'occupaient de faire diversion, tandis qu'elle conduisait ses chevaliers teutoniques vers les châteaux de l'ennemi.
- C'est dans le jeu ou ça a toqué ? demanda Marshall.
- J'ai rien entendu, dit Olaf.
Elsa ôta son casque. À l'exception des bruits de bataille étouffés provenant de leurs casques audio, il n'y avait aucun bruit dans l'appartement à demi plongé dans l'obscurité. Puis...
Toc toc toc toc toc.
- Bougez pas, je vais voir, dit-elle en se levant.
Il était minuit et demie, qui pouvait bien... Non, ce n'était quand même pas... Non, c'était la fête des terminales ce soir, impossible que...
Elle ouvrit la porte, et sa mâchoire se décrocha. Sur le palier, évidemment, se tenait Anna. Elle avait les cheveux lâchés et plus ondulés que jamais, un séduisant maquillage qu'elle n'arborait jamais au lycée, et elle portait une robe de soirée magnifique.
- Anna ! s'exclama-t-elle en reprenant ses esprits. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je t'avais dit que j'attendrais jusqu'au bac, répondit Anna avec un grand sourire. Et ça y est, le bac est passé. J'ai déjà deux jours de retard en fait.
- On avait dit pas avant la fin de l'année !
- Non, on avait dit jusqu'au bac.
- Anna...
- Tu crois vraiment que j'ai acheté cette robe pour cette soirée ?
- Anna...
- Comment tu me trouves ? demanda la petite rousse en tournoyant sur le palier.
Elsa baissa les yeux et regarda sa propre tenue. Elle était en chaussettes, avec un mini-short de sport bleu ciel pour supporter la chaleur de son appartement, et un T-shirt blanc sérigraphié représentant un énorme dé à vingt faces en train d'écraser un aventurier. C'était presque pire qu'un pyjama.
- Tu... tu es... Rentre, ne reste pas ici dehors, dit Elsa en la tirant par le bras à l'intérieur.
Sitôt la porte fermée, Anna se jeta à son cou et l'embrassa. Rien que ça, ça valait le coup de s'être enfuie de la fête.
Lorsqu'elles se séparèrent, Anna s'avança dans la pièce et son regard fut machinalement attiré par l'unique source de lumière, qui provenait des ordinateurs devant lesquels les deux garçons étaient toujours assis.
- Oh mon dieu, vous jouez à Age of Empire ? s'exclama Anna sans masquer son excitation.
Elsa se tourna vivement vers son colocataire et le petit ami de ce dernier.
- Eh les gars, vous n'avez quand même pas repris sans moi ! s'écria-t-elle d'un ton outré.
- T'inquiète, dit Olaf, je contrôle ton écran. Tes teutons sont en train de leur mettre la pâtée, à ces espagnols.
L'enseignante jeta un regard blasé à son meilleur ami et se tourna vers Anna.
- Tu m'en veux d'être venue ? demanda la petite rousse.
- Non ! Bien sûr que non ! Je ne m'y attendais pas, c'est tout. On se faisait une soirée rétrogaming, et Olaf a eu envie de se faire une partie d'Age of' en multijoueur, alors...
Alors voilà, je rêve de toi depuis des jours, et tu débarques le seul soir où je ne peux pas virer Olaf chez son mec, pour la bonne raison qu'il est déjà là...
- Comme au bon vieux temps, dit Olaf d'un ton joyeux sans quitter son écran des yeux. Un trois contre trois en très difficile. On est en train de se faire le dernier, mais il résiste !
- C'est génial ! dit l'adolescente avec enthousiasme. On devrait se faire une partie un jour ! Kristoff ne veut jamais jouer, il trouve que c'est un jeu trop démodé, en même temps il ne joue qu'à des courses de voiture ou à des FPS* !
Le garçon blond ôta enfin son casque et pivota sur sa chaise.
- Tu veux qu'on en fasse une maintenant ? On a quasiment gagné celle-là, il n'a plus que quelques bâtiments debout.
Olaf non ! s'écria mentalement Elsa en voyant les yeux d'Anna pétiller d'envie. Ne lui donne pas des idées pareilles !
Mais Marshall ne laissa pas à Anna le loisir de répondre.
- Tu sais Olaf, dit-il de sa voix grave, j'ai bossé toute la journée et je suis un peu crevé. Je pensais plutôt rentrer.
- Rentrer ? demanda Olaf, l'air déçu. Mais tu ne devais pas rester ?
Marshall croisa brièvement le regard d'Elsa.
- Je préfèrerais rentrer. Tu viens avec moi ?
- Mais, si tu veux que je sois avec toi, pourquoi tu ne veux pas rest... Oh !
Son visage s'illumina, comme s'il comprenait enfin. Elsa eut envie de se claquer le visage. Comment pouvait-il être aussi peu subtil alors qu'il vivait avec elle depuis huit ans ?
Anna eut beau dire qu'elle pouvait attendre qu'ils aient terminé leur campagne, les deux garçons furent partis au bout qu'un quart d'heure, laissant Elsa et Anna toutes les deux dans le salon. Les trois ordinateurs étaient éteints, et la lumière ne provenait plus que de la petite lampe à lave posée sur la bibliothèque.
- Tu es magnifique, murmura Elsa tandis qu'Anna s'allongeait sur le canapé et reposait sa tête sur ses genoux.
Et moi je ressemble à rien...
- Tu sais que tous les Terminale sont d'accord pour dire que tu es la plus belle prof du lycée ?
Elsa rougit de la gorge jusqu'à la racine des cheveux.
- Ah... ah oui ?
- Oui, dit Anna en tendant la main pour attraper une mèche de ses cheveux. Et j'la trouve super attirante avec son mini short et son T-shirt Donjons et Dragons.
Elle leva la tête et attira le visage surpris d'Elsa vers le sien pour l'embrasser.
L'enseignante soupira de contentement. Anna lui avait tellement manqué ! Bien sûr, elles s'étaient vues au lycée, s'étaient parlé très souvent au téléphone, elles avaient même eu l'occasion de s'embrasser, quelques fois. Mais cette partie d'Anna lui avait manquée, celle qui l'embrassait fièrement, celle qui glissait ses mains sous son T-shirt pour dégrafer son soutien-gorge, celle qui caressait ses cuisses et s'aventurait sous son short.
En quelques instants, Anna l'avait totalement déshabillée et la dévorait du regard, la faisant se sentir plus belle qu'elle ne se l'était jamais admis. Bientôt, se promit-elle, bientôt elle partirait avec Anna. Bientôt elle s'endormirait auprès d'elle toutes les nuits.
Elle était allongée sur le canapé, nue, et Anna au-dessus d'elle s'appliquait à embrasser chaque centimètre carré de son corps. Elle portait toujours sa robe, chaque fois qu'Elsa faisait un mouvement pour la lui enlever, Anna plaquait ses mains sur le canapé et l'embrassait de plus belle.
Ce n'est qu'après avoir fait crié Elsa de plaisir qu'elle consentit enfin à ce que l'enseignante lui ôte sa robe de soirée.
- Un jour, ce sera toi ma cavalière, murmura Anna en s'allongeant dans ses bras.
- À ton prochain bal de promo, acquiesça Elsa.
Tchak !
La fléchette rouge s'enfonça en plein cœur de la cible, sous les acclamation des quelques élèves qui observaient les joueurs.
Une fléchette bleue tomba par terre. Une verte rebondit contre le mur, et atterrit aux pieds d'une fille, qui la ramassa en riant.
La première fléchette rouge sauta en l'air lorsqu'elle fut délogée par une autre de la même couleur, et la troisième fléchette rouge s'enfonça si près de la seconde qu'on eut dit que leurs pointes se touchaient. Les acclamations se transformèrent en applaudissements.
- Encore gagné ! s'exclama la fille. Bravo Mérida !
Les deux garçons qui l'avaient affronté ramassèrent leurs projectiles et s'éloignèrent après avoir félicité leur adversaire. L'archère se dirigea vers la table et attrapa le verre en plastique qui portait son nom. Elle but une grande gorgée, et croisa le regard amusé de Meg, qui l'observait.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Mérida d'un ton bourru.
- Tu crois que tu pourrais m'apprendre à viser comme ça ? J'aurais quelques personnes à impressionner dans mon bar préféré.
La grande rousse haussa les épaules.
- Si tu veux... Mais j'en ai marre de jouer là.
Ça faisait presque une demie heure qu'elle jouait sans s'arrêter, battant chaque garçon qui avait essayé de la défier, et même si elle avait de l'entraînement, son bras commençait à lui faire un peu mal.
- Tu veux danser ? demanda Mégara.
- T'as pas assez dansé avec Anna ? répliqua Mérida avec humeur, en s'avançant vers la cible pour décrocher ses fléchettes.
Elle sursauta lorsque des mains se posèrent sur ses épaules.
- Tu sais ce que je trouve le plus sexy chez Anna ? susurra Meg dans son oreille. Sa meilleure amie.
Les yeux émeraude de l'archère s'ouvrirent en grand, et des lèvres pourpres au goût fruité et alcoolisé se posèrent sur les siennes lorsqu'elle se retourna.
Ses doigts relâchèrent leur prise, et les fléchettes tombèrent avec un bruit métallique sur le sol tandis qu'elle serrait ses bras autour de Mégara pour lui rendre son baiser.
Brrr brrr brrr
- Mmmmh, grommela Elsa dans l'oreille d'Anna.
La petite rousse enfouit son visage dans le creux de la nuque d'Elsa, et serra ses bras autour de sa taille, comme si elle pouvait instantanément retomber dans son rêve.
Brrr brrr brrr
Elsa grogna de plus belle.
- Je crois que c'est le mien, marmonna Anna d'une voix ensommeillée.
Elle voulut se relever, tangua, et réalisa qu'elles s'étaient endormies dans le hamac du salon. Elle secoua la tête pour remettre ses idées en place. Elle se rappelait maintenant qu'Elsa avait justifié cette décision en disant qu'il faisait trop chaud dans sa chambre.
Son téléphone vibra une troisième fois, et elle se leva de mauvaise grâce pour regarder qui l'avait réveillée.
C'était un sms envoyé par une fille de sa classe.
« Salut Anna. Je suis vraiment désolé de te l'apprendre comme ça, mais ta copine t'a trompée avec Mérida hier soir. Je pense qu'il vaut mieux que tu le saches. »
- C'est qui ? demanda Elsa en voyant la série d'expressions faciales qui se succédaient sur le visage d'Anna.
La petite rousse lui tendit son téléphone et Elsa se leva du hamac pour l'attraper.
- Quoi ?! s'exclama Elsa en lisant le message. Mais je croyais que Mérida... je croyais que...
- Tu croyais que quoi ? demanda la lycéenne en fronçant les sourcils.
Elsa refusa de répondre. Anna insista.
- Je croyais qu'elle était amoureuse de... de toi, dit-elle finalement.
Anna regarda Elsa bouche bée.
- Tu le savais ? Tu savais que Mérida est amoureuse de moi ? Comment ?
- C'était plutôt évident... Mais comment est-ce que toi tu l'as appris ?
Anna baissa les yeux. Le souvenir de cette scène la mettait à la fois triste et mal à l'aise.
- J'ai écouté une conversation que j'aurais jamais dû entendre, répondit-elle sombrement.
Elsa eut une grimace compatissante. La petite rousse insista pour en savoir plus, et l'enseignante avoua qu'elle avait eu des doutes dès le mois de décembre. Doutes qui s'étaient confirmés à peu près au moment où Mérida avait giflé l'ex-petit ami d'Anna.
- Mais... Pourquoi tu l'as appelée, lorsque...
Elle ne finit pas sa phrase, mais Elsa n'en eut pas besoin.
- Je ne sais pas, dit-elle avec une moue coupable. Elle m'avait donné son numéro, et il n'y avait qu'elle à qui je pouvais parler.
Anna hocha la tête, puis reprit son téléphone et commença à taper un sms.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Elsa en voyant ses pouces courir sur l'écran tactile.
- Je sauve leur réputation.
« Salut ! Merci de t'inquiéter, mais Meg et moi avons rompu il y a un mois. C'est en tant qu'amie que je l'ai invitée. Donc aucun mal n'a été fait, et je suis bien contente qu'elles se soient amusées hier soir ^^ ! »
Il était tôt et elle aurait bien dormi plus longtemps, mais avec cette histoire, elle se sentait parfaitement réveillée.
Elle suivit Elsa jusque dans sa chambre et enfila le T-shirt qu'elle lui tendit. Elle s'assit ensuite sur son lit et commença à entortiller ses doigts et se mordiller les lèvres. Elsa savait ! Ça faisait plusieurs mois qu'elle savait !
- Quelque chose ne va pas ? demanda l'enseignante en remarquant l'anxiété évidente d'Anna. Ça t'embête que Mérida et Meg...
- Non ! s'écria Anna sans la laisser terminer. Bien sûr que non, en fait j'espère qu'elles vont sortir ensemble, pas parce que ça changerait les idées de Mérida, ajouta-t-elle comme pour être sure qu'Elsa ne se méprenne pas sur ses propos, mais parce qu'elles iraient super bien ensemble toutes les deux ! C'est juste...
Elle baissa les yeux et se mordit les lèvres de plus belle.
- Est-ce que ça te gène ? osa-t-elle finalement demander. Est-ce que Mérida peut toujours venir nous voir, tu sais, quand on sera en Norvège ?
Elsa s'agenouilla devant le lit et prit le visage inquiet d'Anna dans ses mains.
- Si tu voulais sortir avec elle, il y a longtemps que tu l'aurais fait. Alors oui, elle sera la bienvenue chez nous, et n'importe lequel de tes amis aussi.
- Chez nous, murmura Anna, comme savourant ces mots.
- Oui, chez nous.
J'ai failli finir sur un cliffhanger, et puis je me suis dit non, elles ont bien mérité d'être heureuse cinq minutes (promis, en vrai ça durera plus longtemps).
On ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé entre Mérida et Mégara. Juste un bisou ? Ou bien sont-elles parties faire secouer une voiture ? Que préférez-vous ? :D
Encore un chapitre avant la fin. Je vais prendre le temps de le peaufiner, histoire de donner à Anna et Elsa la fin qu'elles méritent (AU BÛCHER ! pardon). Merci donc pour votre patience.
*STAPS signifie « Sciences et techniques des activités physiques et sportives ».
*FPS signifie « First Person Shooter ». Il s'agit des jeux genre Battlefield ou Call of Duty où on guide un personnage, et surtout son arme.
N'hésitez pas à m'envoyer toutes vos craintes, vos peurs et vos angoisses. J'adore lire vos reviews, je l'ai déjà dit ?
A bientôt,
Ankou
