Voila, l'histoire est terminée.
Plusieurs d'entre vous m'ont réclamé un épilogue (c'est pas beau de réclamer), mais je ne voyais pas quoi écrire. Vraiment. Pour moi, leur histoire s'est achevée au moment de leur départ, à la fin de l'année scolaire.
J'ai pourtant essayé d'écrire cet épilogue. Je visualisais bien un ensemble de mini-scènes, comme à la fin d'un film, sans paroles, juste avec une musique de fond, genre Bruce Springsteen, ou une musique folk qui accompagnerait un road-trip. Leur trajet sur la route. Le déballage des cartons. Anna en train de lire un livre de maths en anglais, Mérida en train d'accrocher sa médaille de championne de France, Rapunzel se promenant dans les rues de Paris avec un appareil photo dans une main et un cappuccino dans l'autre, Kristoff pendant son job d'été chez Picard, Tiana sortant un gâteau du four... (quitte à être cliché, autant y aller à fond). Mais ça rendait moins bien à l'écrit.
Je ne voulais pas non plus d'un épilogue « 5 ans plus tard », avec mariage et la totale. Sérieusement, je trouve ça encore plus cliché. Et puis, je veux leur laisser la possibilité d'évoluer (et puis nous laisser la possibilité d'imaginer autre chose). Si ça se trouve, ça n'a pas collé entre elles, peut-être que Mérida a plaqué Meg juste avant de partir à Lyon et elle a enchaîné les histoires d'un soir, peut-être qu'Eugène en a eu marre que Rapunzel soit aussi cruche, et peut-être que Tiana n'arrivait plus à supporter l'humour naze de Naveen. Quand à Alice, vu la différence d'âge qu'elle a avec le Chapelier, n'en parlons même pas.
Ou pas. Peut-être que des années plus tard, la petite fille d'Elsa et d'Anna est revenue de son premier jour d'école en disant qu'elle était tombée amoureuse de sa maîtresse (Anna s'est exclamée que c'était de famille, Elsa a fait un facepalm).
Pour ces mêmes raisons, il est très peu probable qu'il y ait un tome 2.
Sigh... Elles me manquent déjà. C'est con, mais j'ai pensé à elles tous les soirs avant de m'endormir, pendant plus d'un an (c'est à ce moment là que mon inspiration pète le feu), ça me fait la même impression que de dire au revoir à des amis qu'on ne reverra pas avant très longtemps.
Avant de vous dire au revoir (ou à bientôt pour de nouvelles aventures), j'avais toute une série de remerciements, alors considérez ça comme un générique de fin.
D'abord, à une personne qui se reconnaîtra, pour m'avoir inspiré l'histoire. Pour avoir fait d'Anna une accro des maths. Pour avoir dit un jour à un prof « je suis amoureuse de vous » et m'avoir donné envie d'écrire un truc avec cette phrase dedans. Pour m'avoir fait rire pendant toutes ces années au lycée.
À Céline, pour avoir lu tous les chapitres en avant-première et m'avoir donné l'envie de continuer malgré les retours de trois lignes. Ah oui, et pour avoir accepté sans me juger mon attrait (avouons correctement et appelons ça un fantasme) pour le Elsanna.
À Lounils, pour les longues reviews, les longs mp et les longs mails, pour les retours à 4h du matin, pour les analyses détaillées et pour les coups de pouce (ou de poêle à frire) à mon inspiration. À chaque fois que tu me donnais tes idées ou tes suppositions, j'étais toujours refaite quand je voyais que mon scénario n'était pas dans la liste.
À Lucie, pour les longues reviews aussi, les remarques sur mes incohérences (comment ça, la salle de maths est au 2è étage au chapitre 11 et au 3è au chapitre 42 ?) et pour avoir repéré chaque détail :)
Enfin, à tous mes reviewers toujours au poste à chaque chapitre ou presque, que ce soit juste pour un petit mot ou une grande analyse, Alex, Serpentardecoeur, Préfabsprout, Solnd et Chlohh, Yain, Ade, Laulink, Michiyo, Lesbisama, Tomberry, Mypennamehasbeentaken, Em974, Edwine, Hely Sappho, Lunaeh, Saeko Scarlett, et j'en oublie sûrement plein, pour m'avoir aidé à garder ma motivation, m'avoir mis la banane à chaque alerte mail, et m'avoir fait attendre le mercredi avec impatience rien que pour pouvoir lire vos retours.
Merci à vous tous. Quand j'ai commencé cette histoire, je ne m'attendais pas à tout ça. Ni au nombre de chapitres, ni à ce succès. Honnêtement, je ne m'attendais même pas à la finir en tout juste un an... voire à la finir tout court (mon ordinateur et mes cahiers de brouillons débordent d'histoires inachevées).
Après les remerciements, une requête. Je pense reprendre cette histoire depuis le début, pour l'améliorer, en faire éventuellement quelque chose, supprimer les incohérences et égaliser le style entre les premiers et les derniers chapitres. J'ai déjà quelques scènes nouvelles au brouillon, de cours de maths, de moments de complicité « en tout bien tout honneur » avec Elsa, bref de quoi nourrir leur amour au tout début de l'histoire (ça manquait un peu, je trouve).
Si certains parmi vous veulent se lancer dans une re-lecture maintenant que l'histoire est terminée, n'hésitez pas à me faire des retours plus détaillés, plus critiques (je ne le prendrai pas mal promis), me dire quels passages sont inutiles et lesquels sont à améliorer. Je suis preneuse de toute remarque. J'attaquerai ce travail de réécriture en septembre, quand je serai revenue dans l'ennuyeux monde réel.
D'ici là... qui sait, j'ai encore plein de pages vierges dans mon carnet de brouillons.
Pour les courageux qui ont tenu jusqu'au bout, voici la scène cachée, celle qu'on découvre toujours à la fin du générique, quand tout le monde s'est déjà barré du cinéma.
- Oh merde, c'est un sens unique !
La voiture - sale, cabossée et au pare-choc arrière couvert d'autocollants - se gara comme elle put en bas de la rue pavée.
- C'est ici ? demanda Tiana.
- Ouais, répondit Kristoff en ouvrant la portière.
Le garçon n'attendit pas un instant de plus avant de sortir de la voiture. Il était épuisé, il avait peu dormi, pris son tour de conduite, puis joué au copilote depuis leur arrivée près d'Oslo. Il ne comptait plus le nombre de fois où ils s'étaient trompé de chemin. Entre les noms en Norvégien, la fatigue et les rues qui étaient tout sauf parallèles... Et puis, qui utilisait encore des cartes routières pour se repérer, aujourd'hui ? Cette satané voiture n'avait même pas de GPS !
Mérida et Tiana étaient en train de sortir leurs sacs et leurs valises du coffre, et il s'étira puis alla leur donner un coup de main. Les filles n'étaient pas dans un meilleur état que lui, après deux jours sur la route.
C'était Tiana qui avait planifié le trajet. Budget serré oblige, ils avaient fait du covoiturage jusqu'à Hambourg, avaient dormi dans une cabane dans un camping (une minuscule baraque en bois avec deux lits en étage et rien de plus, mais c'était pas cher), puis ils avaient pris un second covoiturage jusqu'à Oslo. Leur conductrice était espagnole, elle devait avoir la vingtaine et s'appelait Esméralda. L'abondant bric-à-brac dans sa voiture suggérait qu'en temps normal - c'est-à-dire lorsqu'elle n'avait pas de passagers - elle devait dormir dedans.
Au moins, Tiana avait trouvé un vol pas cher pour le retour, à la fin des vacances de la Toussaint.
Tous trois dirent au revoir à Esméralda, et se dirigèrent, sacs sur le dos et valises à la main, vers la maison portant le numéro correspondant à l'adresse notée sur le petit papier que Kristoff avait dans sa poche.
- On y est, dit-il à Mérida et Tiana une fois qu'ils eurent gravi la rue escarpée.
La grande brune poussa un long soupir, et passa sa main dans ses cheveux.
- La vache, ça grimpe ! Je suis crevée !
- C'est parce que t'as rien dans les jambes ma poule, répliqua Mérida en posant énergiquement sa main sur son épaule.
- Mes jambes vont très bien, merci !
- On verra ce que tu diras dans quatre étages.
- Quoi, parce qu'en plus elles habitent au quatrième ?
Par un excès de galanterie, ou de gentillesse, (en tout cas de stupidité, ça c'était certain), Kristoff se trouvait maintenant à porter en plus de ses affaire l'un des plus lourds sacs de Tiana. C'était lui qui était essoufflé maintenant, et quand une porte s'ouvrit enfin devant lui, il lâcha à ses pieds son lourd fardeau sans réaliser qu'il n'était monté qu'au troisième étage. En relevant la tête, il faisait face non pas à sa meilleure amie, mais à un inconnu d'une vingtaine d'années aux cheveux courts d'une couleur châtain tirant légèrement sur le roux, avec un large sourire qui s'étirait sous sa barbe.
L'inconnu dit quelque chose, et Kristoff n'en comprit pas un mot.
- Hmm... Hello ? tenta le Norvégien.
- Woaw, heu, hi... Heu... I'm here to see Anna. She's a, heu, a redhead. With a blonde girl.
Les yeux du garçon brun s'illuminèrent, et son sourire s'agrandit.
- Oh yeah, sure, they're living right upstairs ! I'm Sven by the way.
- Kristoff, répondit le blond en lui tendant sa main.
La main de Sven était ferme et énergique. Kristoff lui présenta Mérida et Tiana qui arrivaient derrière lui, et les trois amis achevèrent leur ascension vers le quatrième étage. Arrivé à la dernière marche, Kristoff se retourna et se pencha par dessus la rambarde de l'escalier. Le garçon Norvégien était toujours sur le pas de sa porte, et ses yeux étaient toujours rivés sur lui.
- Sven... murmura-t-il.
-FIN-
Je vous avais dit il y a quelques mois que j'avais écrit la scène de fin. C'était celle-là.
Goodbye,
Ankou
