Hello ! Voilà, je suis en grandes vacances depuis hier, et pour fêter ça je vous publie un nouveau chapitre. J'espère vous faire plaisir ! Je vous remercie encore infiniment pour tous vos commentaires adorables.
Bonne lecture :-)


Le deuil anticipé, tout comme le simple deuil, commence par une réaction dépressive et un refus de la part de l'entourage, ils font preuve d'un déni de ce qui attend la personne malade.

Le deuil anticipé est d'autant plus difficile à aborder lorsque la maladie de la condamnée semble presque invisible.

Les yeux éteints, les joues creuses, la fatigue générale, les saignements, les vomissements et les malaises peuvent être associés à tant d'autres problèmes, mais pas forcément à une tumeur au cerveau.

Ne pas assister aux pires moments de la maladie, ne pas savoir qu'elle prend des médicaments et surtout ne pas la voir à l'hôpital afin d'essayer de se faire soigner, cela n'aide pas à comprendre.

Harry était probablement celui qui en souffrait le plus.

Voilà deux jours qu'il était enfermé dans la chambre de Ron et qu'il ne parlait plus, pas même à Ginny.

Assis dans un petit fauteuil, son regard était constamment perdu dans le vide.

Cette annonce le soir de Noël l'avait déchiré en deux intérieurement, c'était tout comme s'il venait de perdre la moitié de son âme.

Hermione, depuis son aveu, n'avait pas osé aller le voir.

Elle était rongée par la culpabilité de le rendre si mal.

Molly avait tenté de contacter les parents de la jeune fille, mais elle avait été très vite réprimandée par Arthur qui lui avait rappelé qu'ils étaient en danger et qu'on ne devait en aucun cas prendre le risque de révéler l'endroit où ils se trouvaient.

La mère Weasley refusait d'accepter le sort de la brune, cela ne pouvait se passer ainsi à ses yeux.

Ron passait par une phase assez dure, il en voulait tant à Hermione.

Il lui reprochait de ne rien faire, de ne pas se battre.

Hier encore il avait essayé de la raisonner, mais elle lui répondait toujours la même chose.

"Il n'y a plus rien à faire."

Alors ce matin il s'était réveillé une fois de plus avec la boule au ventre, une douleur qui lui donnait envie de vomir tous ses tripes depuis qu'elle avait tout avoué.

Il s'en voulait à lui-même aussi, terriblement.

S'il n'y avait vraiment plus rien à faire, alors sa meilleure amie allait mourir et il avait déjà gâché quatre longs mois durant lesquels il aurait pu l'aider à vivre pleinement, mais il avait préféré l'abandonner.

Il se haïssait.

Malgré leur humour incessant et leur manque de sérieux, les jumeaux, tout comme Ginny d'ailleurs, étaient les seuls à vraiment croire Hermione. Ils avaient tout de suite compris qu'elle n'exagérait pas dans ses propos, et que si elle se disait condamnée, c'était qu'elle ne pouvait que l'être. Hermione Granger était bien assez intelligente pour comprendre les mots d'un médecin moldu et pour connaître les maladies.

Alors plutôt que de la faire culpabiliser de ne pas se faire soigner, ils essayaient de lui remonter le moral, non sans une immense peine qui les prenait aux tripes.

Mais ça, ils ne voulaient pas le montrer.

Ces attentions soulageaient Hermione, c'était ce dont elle avait besoin.

Dans l'après-midi, Remus, qui se faisait beaucoup de soucis pour Hermione ainsi que pour Harry, passa au Terrier.

- Vous savez, nous n'avons peut-être pas passé un merveilleux Noël à cause de ça, mais je suis soulagé que vous l'ayez enfin avoué. Dit doucement Remus, alors qu'il s'asseyait dans le fauteuil du salon, face à Hermione

Les yeux de la brune étaient vidés de toute émotion.

Elle fixa son professeur sans vraiment le voir.

- Cela n'a fait qu'empirer la situation, Remus.

Il y eut un long silence.

Le loup-garou devait trouver les bons mots avant d'oser parler.

Il fallait à tout prix que Hermione se réveille, qu'elle se batte.

Remus sentit son estomac se retourner lorsqu'il repensa à la mort de Sirius, celui qui avait tout fait pour lui depuis sa première année à Poudlard. Son meilleur ami.

Et il se dit alors qu'Harry vivrait la même chose avec Hermione.

Il serait à tout jamais hanté par la mort de la lionne.

Celle qui l'avait aidé et même sauvé de si nombreuses fois.

Remus ne voulait pas laisser cela arriver. Il ne pouvait pas.

Harry avait déjà tout le poids du monde magique sur ses épaules, il était celui qui devait tous les sauver à l'issue de cette prochaine guerre.

Il ne pouvait pas se permettre de livrer une autre bataille, bien plus difficile et douloureuse.

Une bataille dont il ne pourrait pas sauver la principale concernée.

Suite à la mort de Sirius et Dumbledore, l'Elu avait perdu toute son innocence enfantine en lui.

Il avait grandi bien trop vite, et Remus craignait que si Hermione venait elle aussi à le quitter, le jeune homme ne connaîtrait plus jamais de joie dans sa vie.

- Je sais que c'est facile à dire, mais il vous faut vous battre Hermione. Battez-vous pour Harry et Ron. Battez-vous pour votre vie. Elle ne pourra être que plus belle.

Hermione, qui avait baissé la tête, reporta son attention sur Remus.

Alors, elle lui sourit.

- Ma tumeur au cerveau est trop grosse pour être opérée sans qu'il n'y ait de séquelles qui m'empêcheront de vivre une vie plus belle. Si elle venait à être enlevée, je me retrouverais probablement handicapée à vie. De plus, d'autres cellules cancéreuses ont pris place dans chaque recoin de mon cerveau. C'est trop tard pour se battre, je ne l'ai pas découverte assez tôt. C'est un cercle sans fin dont la seule issue est la mort.

La brune fut très dure dans ses propos, elle le savait.

Elle s'en voulut aussitôt lorsqu'elle remarqua que Remus desserrait sa cravate comme s'il en venait à manquer d'air, et qu'il détourna ensuite le regard, les yeux brillants de douleur.

Mais c'était nécessaire pour qu'il comprenne que la condition de la Gryffondor n'était pas à prendre à la légère.

Hermione ne déclarait pas qu'elle allait mourir pour que son entourage croie qu'elle pouvait encore s'en sortir.

Elle ne souhaitait pas leur donner de faux espoirs.

Donner de plus amples détails sur cette maladie en phase terminale, c'était beaucoup plus difficile à encaisser qu'un simple "je vais mourir".

Face à de tels propos, le déni commençait doucement à s'en aller pour faire place à la douleur.

Une douleur vive et lancinante, qui apparaissait lorsque la vérité nous faisait enfin face.

Et ce fut le cas pour Remus qui comprit pour de bon que la jeune sorcière finirait vraiment par les quitter.

À force de vivre entouré de la magie, à force de vivre dans un monde où très peu de sorciers étaient atteints de ce genre de maladies, on finissait par croire que de telles choses ne pouvaient pas arriver.

Remus s'en voulait d'avoir été si naïf.

Cinq bonnes minutes s'écoulèrent alors, un laps de temps dont le professeur eut besoin pour être capable de se dire qu'il devait accepter la mort prochaine de la plus brillante sorcière qu'il ait jamais connue.

Il ne le comprit pas vraiment, mais il se voila à nouveau la face.

Il pensait enfin accepter ce que la brune tentait de lui dire depuis des mois, mais au fond de lui il était encore persuadé que l'on pouvait faire quelque chose.

De plus, elle semblait aller de mieux en mieux ces derniers temps.

Elle ne pouvait pas être en phase terminale, c'était impossible.

La vérité venait de lui exploser à la figure, mais le déni reprenait le dessus presque aussi vite.

Il tenta pourtant de se convaincre du contraire.

- Alors soyez clair avec lui, Hermione. Expliquez-lui tout ce que vous venez de me dire. Il n'y a que ça qui pourra l'aider à avancer.

- Vous pensez vraiment que lui rabâcher le fait que je vais mourir va l'aider ?

- J'en suis persuadé. Ce sera beaucoup plus dur pour lui de vous voir partir s'il s'accroche à l'espoir que vous guérirez un jour. Il faut qu'il se débarrasse de cette idée. Cela l'aidera aussi à profiter de vous au maximum, plutôt que de ruminer dans son coin car il pense que vous ne voulez pas vous battre.

Et sur ces mots, l'esprit encore chamboulé, Remus laissa la lionne réfléchir à tout ça.

Il devait rejoindre Arthur, Molly et le reste des membres de l'Ordre du Phœnix au square Grimmaurd, afin d'élaborer un énième plan pour contrer les mauvaises intentions de Voldemort.

oOOo

Remus revint deux heures plus tard, Molly l'ayant invité à rester dîner.

Il n'avait pas pu refuser, la tristesse qui envahissait la famille Weasley lui avait fait pitié.

Il monta en direction de la salle de bains, la réunion avait été éprouvante et il ressentit le besoin de se rafraîchir un coup.

Cependant, lorsqu'il passa devant la chambre où Harry passait ses journées et ses nuits sans en sortir, il entendit sans le vouloir un fragment de conversation.

Entre Hermione et lui.

- Alors fais-toi soigner, je t'en supplie Hermione. Même si c'est inopérable, fais en sorte de te faire soigner afin que tu puisses vivre le plus longtemps possible.

- Je suis désolée Harry, si tu savais à quel point. Mais je ne peux pas. Avec ma condition je finirais mes jours à l'hôpital, je n'en sortirais plus jamais. Je veux vivre mes derniers instants dans des endroits que j'aime, et non pas attendre de mourir dans un lieu froid et sans vie.

Remus soupira et s'en alla, gêné de cette curiosité malsaine dont il venait de faire preuve.

Il aurait préféré ne jamais entendre ces mots, tout comme il aurait préféré que tout cela se passe autrement.

Hermione réapparut une demi-heure plus tard.

Elle s'écroula sur le canapé, pensive, le visage dépité.

Remus releva les yeux de son livre quelques secondes mais ne dit rien lorsqu'il aperçut l'immense désespoir dans le regard de la Gryffondor.

Il ne voulait plus la brusquer.

- J'ai suivi vos conseils. Annonça-t-elle au bout de dix minutes de silence

Remus ferma son bouquin et se redressa.

Il eut eu un haut-le-cœur soudain en imaginant les mots qui allaient suivre.

- Je pense qu'il a compris. Il s'est endormi, je suis restée avec lui jusqu'à ce que je sois assurée qu'il était enfin apaisé, vous comprenez... Je n'ai pas voulu être trop dure avec lui. Il souffre tant depuis la mort de Sirius et de Dumbledore, et puis il y a aussi la bataille qui approche. Si seulement je n'avais rien dit. Si seulement.

- C'est fait désormais, et c'est mieux ainsi. Ce n'est pas bon de mentir à ses propres amis.

- Je sais... La voix de la brune semblait se briser sous la détresse

- Vous n'auriez pas dû le laisser s'endormir. Il faut qu'il sorte et qu'il se change les idées.

Le dos de Hermione fut soudain secouée de soubresauts.

- Je.. je sais mais.. Il s'est effondré dans mes bras, vous savez. Avoua Hermione avec difficulté, le visage rempli de larmes. Et il a pleuré. Je.. je ne l'ai jamais vu aussi dévasté.

Remus sentit son cœur se briser face à cette scène.

Cela en devenait insoutenable. La douleur était trop forte.

Il se leva et vint s'assoir à côté de la jeune sorcière.

Il posa la main sur son épaule, le seul contact qu'il s'autorisait à lui faire, gêné.

Alors il réalisa à quel point Hermione était atteinte.

Cela ne se voyait pas vraiment au premier abord mis à part ses immenses cernes et son visage amaigri, mais au toucher il sentit d'instinct sa faiblesse, ses tremblements, à quel point sa peau était froide.

C'était probablement le loup qui se cachait en lui qui parvenait à lui faire ressentir tous les maux de la jeune fille.

- Ça va aller Hermione. Il comprendra, j'en suis sûr. Soyez là pour lui ainsi que pour Ron et Ginny. Et par pitié, restez la sorcière que l'on a toujours connue. Forte et exceptionnelle.

Alors, il réussit enfin à décrocher un petit sourire sur le visage de Hermione, et celle-ci releva ses yeux rougis vers le professeur. À travers son regard, la lionne remercia le loup du plus profond de son cœur.

ooOOoo

1er janvier, le Trio d'Or était de retour dans le Poudlard Express, prêts à retrouver leur école.

Enfin assise, Hermione put souffler.

Elle se sentait bien aujourd'hui, que ce soit physiquement ou moralement.

Harry et Ron étaient encore meurtris, mais il y avait un mieux.

Ils comprenaient leur amie, mais ils n'arrivaient toujours pas à accepter son sort.

Ils restèrent silencieux tout le long du trajet.

Ginny quant à elle faisait de son mieux pour changer les idées de tout le monde, et notamment celles d'Hermione.

Elle lui racontait un peu sa vie, ses cours de sixième année.

La brune retrouva une part de gaieté en elle, ces efforts de la part de la rouquine l'aidaient beaucoup.

Cependant, elle fut également soulagée de voir que Ginny s'était vite endormie.

Hermione avait aussi besoin de calme.

Alors, elle se remit à penser à Draco.

Elle l'avait quelques fois oublié pendant ces vacances mais à chaque fois qu'il lui revenait en tête, elle avait l'impression de renaître.

Elle ne pouvait plus le nier, elle avait hâte de le revoir.

Il était devenu l'une de ses principales motivations.

Elle repensa aux mots qu'il lui avait murmurés avant les vacances, "je serai là".

Et à l'idée qu'il serait là pour l'accueillir ce soir, Hermione réussit à s'endormir paisiblement.

La tête emmitouflée dans sa grosse écharpe tricotée par Molly, qui lui tint bien chaud dans le compartiment refroidi par les vitres gelées.

oOOo

Lorsqu'ils arrivèrent dans la Grande Salle, la brune ne trouva pas la personne qui hantait ses pensées.

Il avait pourtant dit qu'il resterait à Poudlard pendant les vacances, il aurait donc dû être présent.

Hermione scruta la longue table des Serpentards et elle remarqua que Blaise n'était pas là non plus.

Elle souffla, déçue, puis alla rejoindre ses amis, se plaçant face à Harry et à côté de Ron.

- Vous avez passé un bon Noël ? Demanda Seamus qui venait d'arriver. Moi j'ai bien cru faire une crise de foie avec tous les gâteaux que j'ai mangés.

- C'était un Noël différent. Avoua Harry, simplement

Il adressa à Seamus et Dean un sourire qui en disait long, un sourire exagéré, ceux que l'on se forçait à faire quand tout allait mal.

Et les deux amis comprirent aussitôt.

Alors ils tentèrent de changer de sujet, en vain. Harry aurait besoin de temps.

Tandis que McGonagall s'apprêtait à monter sur l'estrade, la dernière personne qui manquait à l'appel fit son entrée.

Hermione, soulagée, ressentit alors un apaisement instantané et son cœur s'accéléra.

Il était là.

Marchant la tête haute, avec assurance. Ses cheveux blonds parfaitement coiffés.

Grâce au brouhaha de la Grande Salle, son retard ne se fit pas remarquer.

Draco lança un regard vers la directrice, comme pour lui transmettre un message à travers la pensée, et celle-ci hocha la tête de façon presque imperceptible.

Il partit ensuite s'assoir à table, loin de ses amis.

La brune ne cessait de le fixer.

Et enfin, au bout de quelques minutes, le Serpentard daigna lui accorder un regard.

Ron semblait revenir un peu sur terre et avait aperçu cet échange entre son amie et son pire ennemi.

Ses lèvres se pincèrent.

- Pourquoi il te regarde comme ça Malfoy ?

Suite à cette question, Hermione se remit à penser au bal, à cette danse secrète échangée avec Draco, à cet espoir prononcé "Je veux qu'il y ait un nous", au moment où il était venu la voir avant qu'elle ne rentre chez les Weasley pour les vacances de Noël, cet instant où il lui avait promis qu'il serait là à son retour, ce moment où il l'avait embrassée comme si c'était la dernière fois.

Elle pensa à ce qu'elle avait toujours cru être impossible, mais qui était au fond une évidence depuis le début.

- Je ne sais pas, finit-elle par répondre.

oOOo

Après avoir terminé son assiette, ce qui d'ailleurs réjouit Harry et Ron, soulagés de voir que leur amie reprenait enfin des forces, Hermione reporta à nouveau son attention vers Draco, mais sa place fut vide.

Fatiguée, elle décida d'abandonner ses amis.

- À demain Hermione, repose-toi bien. Ginny lui sourit faiblement

En chemin vers son appartement, de nombreuses questions se bousculèrent dans la tête de la lionne.

Ce qui l'intriguait le plus était de savoir pourquoi Draco était resté ici pendant les vacances, et pourquoi il lui avait dit qu'il avait des choses à accomplir.

Lorsque le tableau permis à Hermione d'entrer, un silence pesant lui fit face.

- Zabini ? Appela-t-elle, examinant chaque recoin de l'appartement

Aucune réponse, pas un seul bruit.

Il n'était pas ici.

Hermione se laissa tomber lourdement sur le canapé.

Elle avait terriblement envie de voir Draco et elle songea quelques instants à partir à sa recherche, mais elle se rendit vite compte que tout cela était insensé.

Personne ne devait savoir qu'elle fréquentait un ennemi.

- Je perds la tête... Soupira-t-elle, le regard plongé dans les flammes de la cheminée qu'elle venait d'allumer

Elle ne sut pourquoi, mais le rêve qu'elle avait fait quelques mois plus tôt à l'infirmerie, où Draco y lançait un sort contre le ballon de Hermione nommé "La maladie", lui revint en tête.

Elle réalisa alors qu'à ce moment-là, même s'il n'avait rien laissé transparaître, le Serpentard avait déjà oublié sa haine contre la brune.

La sorcière fut tout à coup ramenée sur terre par un bruit sourd.

Quelqu'un venait d'entrer.

Et cela pouvait être n'importe qui, Blaise avait donné le mot de passe à Nott, Parkinson et Draco.

Hermione se leva, glissant sa main dans sa poche, prête à brandir à sa baguette.

- Ce n'est que moi, Granger.

Sur ces mots, une tête aux cheveux blonds apparut avec un petit sourire en coin.

- Draco... Murmura Hermione

Elle ne réussit pas à se contrôler, elle fonça vers lui et le prit dans ses bras.

Il enroula les siens autour d'elle, la serrant le plus fort possible sans pour autant lui faire mal, et il plongea sa tête dans sa chevelure bouclée aux senteurs florales et sucrés.

Hermione se nicha au creux de son cou et ils restèrent ainsi quelques minutes, sans se dire un mot. Il n'y avait pas besoin de paroles, à travers cette étreinte ils se dirent tout.

La brune ne sut comment cela avait pu arriver, comment elle avait pu oublier toute cette haine et l'aimer presque aussitôt.

Elle avait des sentiments pour lui, peut-être même depuis la fois où il lui avait racheté son livre préféré.

Elle n'arrivait plus à les nier, aussi pénibles étaient-ils à supporter.

Notamment en cette période où ils étaient censés s'affronter.

Mais c'était lui, depuis le début.

Qu'importe ce que l'avenir leur réservait, il était celui qui lui donnait enfin l'impression de revivre.

Comme si sa maladie n'existait plus.

Draco libéra Hermione puis il la fit reculer légèrement.

Il attrapa son bras droit et la fit ainsi tourner sur elle-même.

La Gryffondor se mit alors à rire, un rire heureux, mélodieux, profond et vrai.

Un rire que l'on n'avait plus entendu chez la lionne depuis bien longtemps.

Le visage sérieux et la bouche entrouverte, le souffle coupé, Draco admira la sorcière comme si elle était la huitième merveille du monde. Elle avait retrouvé les couleurs qui animaient sa vie dans le regard d'un jeune homme qui autrefois avait été sombre, son visage auparavant si triste avait retrouvé cette beauté unique et étincelante.

Alors, Draco comprit. Il comprit pourquoi il était là, pourquoi il essayait de rendre la vie de Hermione plus belle. Il comprit pourquoi sa mère lui avait dit un jour de ne jamais laisser filer la personne que l'on aimait, qu'elle soit considérée comme impure ou non. Ce n'était pas parce qu'il voulait enrager le Lord, ce n'était pas parce qu'il voulait se venger. Ce n'était rien de tout cela. Il avait encore du mal à l'accepter, mais la vérité lui faisait face. Aussi difficile était-elle.

Hermione Granger était tout simplement l'amour de sa vie.

oOOo

Ils étaient assis sur le canapé, collés l'un contre l'autre.

La tête de Hermione était posée sur l'épaule du blond.

Ils savouraient ce moment paisible.

Draco ne pensait plus à tout ce qui l'attendait, à sa rébellion contre son propre camp, à sa mère, à sa vengeance et sa mission.

Il n'y avait qu'elle.

Hermione était elle aussi vidée de toute douleur et elle ne réussit pas à mettre des mots sur tout ce que cela lui procurait.

Elle qui pensait ne jamais réussir à être heureuse à nouveau.

- Tu sais où se trouve Zabini ?

Blaise était devenu un sujet sensible pour Draco, mais il tenta de contenir sa rancoeur.

- Dans la Salle Commune des Serpentards, probablement. Répondit-il, le regard perdu dans le vide

- Il n'a jamais été méchant avec moi, tu sais.

- Je sais, Blaise n'est pas un type mauvais. Mais je ne le supporte plus.

Hermione ne chercha pas plus loin, remarquant que cela embêtait Draco.

Comme pour lui montrer qu'il ne lui en voulait pas de parler de cela, le blond déposa un baiser sur son crâne.

La préfète-en-chef émit un petit sourire.

- Dis-moi pourquoi tu es resté ici pendant les vacances, les vraies raisons.

Draco leva les yeux au ciel.

- Qu'est-ce que tu peux être curieuse, Granger.

Elle planta alors son regard chocolaté dans le sien.

Elle lui fit une moue mécontente, comme pour le forcer à avouer.

Le jeune Malfoy ricana en secouant la tête.

- Je t'en dirai plus au moment venu. En attendant, sache que j'ai une mission à exécuter pour McGonagall, et que cette fois-ci je la réussirai.

Hermione fut à la fois choquée et soulagée d'entendre ces mots.

Il s'était rallié à leur camp, reniant complètement ses origines.

Elle n'en croyait pas ses oreilles, mais cela rendait les choses à la fois bien plus faciles.

Elle mourut d'envie d'en savoir plus, mais elle le connaissait désormais.

Il n'aimait pas beaucoup parler et encore moins lorsque les sujets étaient censés être secrets.

Que penserait Harry de tout cela ? Il n'y croirait pas une seule seconde.

Pourtant, Hermione n'avait même pas envisagé de douter de Draco à un seul moment, et ce malgré son terrible passé.

- Pourquoi Draco ?

Il comprit immédiatement ce qu'elle voulait dire.

Il se redressa légèrement et Hermione se retrouva alors sur son torse, bercée par le battement de son cœur ainsi que par sa respiration.

- Il fallait que je joue un jeu, que j'agisse avec toi comme je l'ai toujours fait. Il ne fallait pas éveiller les soupçons, surtout pas en ce moment. Mais j'ai commencé à être fatigué de tout ça, puis Blaise a fini par tout comprendre alors qu'il était l'un des premiers à qui je voulais le cacher. Alors, à quoi bon.

- Mieux vaut tard que jamais. Souffla Hermione, les yeux pétillants

Perdu dans ses pensées, Draco eut un faible sourire.

Si seulement il avait pu s'en rendre compte plus tôt.

- Comment se sont passées tes vacances ?

Le Serpentard posa cette question bien qu'il connaissait déjà la réponse, en partie.

Il savait juste que rien de mal ne lui était arrivée, puisqu'un soir il était discrètement venu au Terrier, afin de jeter un sort puissant sur la maison qui l'avait rendue invisible aux yeux de ceux qui portaient la marque.

Comme si elle avait été rayée de la carte.

Mais cela, jamais il ne voudrait que Hermione l'apprenne.

- Granger ? Insista-t-il

Il l'enleva délicatement de son torse et posa sa tête contre son bras afin de mieux la voir.

Elle s'était endormie.

Ses lèvres étaient légèrement étirées en un sourire, elle devait probablement rêver.

Mais en regardant de plus près, Draco remarqua une trace de sang séché sous le nez de la brune.

Il fronça les sourcils, elle avait probablement saigné du nez sans s'en rendre compte.

Il fut également alarmé par son teint blafard, une heure plus tôt ses pommettes étaient encore rosées.

Alors, il se remémora soudain les paroles de Blaise.

"Ne t'attache pas à elle" "Tu vas souffrir" "C'est elle qui te tuera".

Il ne disait pas cela pour rien.

Son amour naissant pour la Gryffondor l'avait empêché de réaliser ce qu'il se passait vraiment.

Et à cette pensée, le voile qui l'avait tant aveuglé pendant des mois tomba, Hermione lui cachait quelque chose.


Tadam, chapitre 13. Alors, qu'en avez-vous pensé ?
Ce petit moment Draco/Hermione vous a plu ?
J'espère que vous avez aimé ce chapitre.
J'ai super hâte de recevoir vos avis !
Bises :-)