Me revoilà !
Merci Miss MPREG, malheureusement je ne peux pas vraiment te répondre au risque de tout dévoiler ! Merci pour la correction, écrivant sur tablette je pense que le correcteur a dû me mettre ça à la place de choeur haha
Merci beaucoup Elena, tes commentaires sont adorables ! Je ne peux pas en dire plus pour l'instant...
Merci Aurelie Malfoy ! Tu me rassures quant à mon passage lemon, c'est très gentil !
Merci beaucoup Trish, ce commentaire est très encourageant ! J'espère que la suite va te plaire tout autant.
Bonne lecture :-)
Hermione marchait vers la bibliothèque, tenant deux livres qu'elle serrait contre sa poitrine. Elle ne pouvait plus s'arrêter de sourire, à tel point qu'elle devait baisser la tête lorsqu'elle croisait des élèves. Elle ne voulait pas qu'ils la prennent pour une folle à être si joyeuse alors qu'elle se baladait seule.
Si la brune était dans un tel état d'euphorie, c'était parce qu'elle ne cessait de repenser à ce qu'il s'était passé entre Draco et elle la veille. Si un jour on lui avait dit qu'elle partagerait un moment si intense avec le Serpentard, elle n'y aurait jamais cru.
Elle l'avait vu sous un tout autre jour, et elle peinait à se dire qu'elle s'était entièrement donnée à Draco Malfoy, le jeune mangemort qui pendant longtemps n'avait désiré montrer que son côté le plus sombre.
Elle se souvenait encore du regard qu'il lui avait lancé quand il s'était laissé tomber à côté d'elle. Un regard qui reflétait tous les mots qui s'égaraient au fond de son coeur.
À cette dernière pensée, Hermione se mordit la lèvre avant de se ressaisir. Les papillons qui tournoyaient dans son ventre lui donnaient l'impression qu'elle avait à nouveau quinze ans, et cela la fit rire intérieurement.
Alors qu'elle allait rejoindre l'endroit qu'elle préférait à Poudlard, elle passa devant un groupe de filles de Serpentard. Malgré leurs gloussements grotesques, la préfète-en-chef réussit à comprendre leurs messes basses.
- Vous avez entendu la rumeur ? Draco aurait une petite-amie. Révéla une jeune sorcière aux longs cheveux noirs
- Draco Malfoy ? C'est impossible, il n'en a jamais eue. Contredit une autre
- Ce garçon ne peut pas éprouver des sentiments. Ajouta une blonde
- Oui enfin ce n'est pas Tu-Sais-Qui non plus, il est humain. Se moqua celle qui avait annoncé la nouvelle
- Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas une sang-de-bourbe déjà.
Les jeunes femmes explosèrent de rire. Hermione s'éloigna aussi vite que possible afin de ne pas se faire repérer et subir des moqueries quant à son sang.
Elle entra dans la bibliothèque, furieuse. Elle ne supportait plus cette insulte, elle ne pouvait plus l'entendre. Cela la mettait hors d'elle.
La préfète-en-chef aurait aimé les confronter afin de les faire taire car elles ne méritaient que cela, mais McGonagall avait supplié Hermione et ses amis de ne plus s'en prendre aux Serpentards. Alors elle dut contenir sa colère.
Elle trouva une table vide et s'y installa. Alors qu'elle se plongeait dans un livre, sans grande conviction, la brune repensa au vrai problème de cette conversation que les élèves avaient eue.
Si cette rumeur se répandait, tout le château serait bientôt au courant que Draco avait quelqu'un dans sa vie. Et si Voldemort venait à l'apprendre, ce serait la fin. Le mangemort serait radié de ses rangs avant même d'avoir pu faire quoi que ce soit.
Hermione devait lui parler au plus vite.
oOOo
- Bon Harry, tu vas cracher le morceau oui ou non ? S'impatienta Ron
Le Trio d'Or se baladait sur le pont couvert, ressentant le besoin de prendre l'air après cette longue journée.
- Je ne peux pas vous le dire, pas encore. Il faut que j'en sois certain.
Les sourcils de Hermione se froncèrent.
- Donc tu nous annonces que tu es sur une piste sérieuse pour au final ne pas nous la révéler ? Quel est l'intérêt ?
- Je suis d'accord avec Hermione, comment veux-tu que l'on t'aide si...
- Eh, c'est bon ! Les coupa Harry, agacé. Je crois avoir enfin trouvé quelque chose qui va nous permettre d'avancer et je suis content de vous en faire part, c'est tout. Je ne peux pas en dévoiler plus car je vous connais, vous allez me stopper dans mon élan. Alors je préfère vous en parler une fois que tout sera sûr.
La brune lança un regard désespéré au rouquin.
- Il va encore faire une bêtise et nous mettre dans le pétrin ! Se plaignit-elle
- C'est certain. Approuva Ron
- Je suis à côté de vous je vous signale, je vous entends.
Le rouquin émit un petit rire moqueur et Hermione en fit de même. L'Elu leva les yeux au ciel.
- Ne t'en fais pas Harry, on te fait confiance.
Le concerné sourit à son amie, bien qu'il semblait tracassé. Tout le monde l'était à vrai dire.
Hagrid avait raison, le mois de mars passait à une vitesse folle, et plus ils s'approchaient du but, moins ils se sentaient prêts. Tout était encore si flou, ils ne savaient pas à quoi s'attendre. Et personne ne leur venait en aide.
- Dire que cette satané Ombrage a repris un rôle très important au ministère, cela m'écoeure. Lâcha soudain Harry alors qu'il s'adossait contre la rambarde du pont
- On aurait mieux fait de la pousser sous le pied de Graup afin qu'il l'écrase comme une crêpe, en cinquième année. Pesta Ron
Hermione lui donna un coup de coude.
- Ne dis pas des choses pareilles Ronald, ne te rabaisse pas à son niveau.
- Je n'en ai rien à faire. Tu te rends compte de ce que les personnes nées-moldus doivent endurer sous cette Commission ? Ils sont interrogés avec des détraqueurs non loin d'eux. C'est terrifiant.
- Je suis au courant Ron, merci. Ces personnes sont comme moi, donc je me doute très bien de ce qu'elles doivent subir. Je m'en veux suffisamment de ne pas pouvoir les aider, mais la violence ne résout rien. Rétorqua Hermione, énervée
Le visage du jeune Weasley devint rouge pivoine.
- Oui c'est vrai, excuse-moi.
La préfète-en-chef soupira. Le monde devenait si sombre que son amitié avec les deux garçons en prenait un coup, ils se disputaient à la moindre remarque et les bons moments passés ensemble se faisaient rare. Sa maladie n'aidait pas non plus.
Hermione avait si hâte que tout ceci soit derrière eux. Même si cela n'avait même pas vraiment commencé.
Harry et Ron fixaient l'horizon, ne trouvant plus quoi dire. La jeune sorcière décida alors d'aborder un autre problème.
- Dites... Est-ce que... Est-ce que vous avez entendu quelque chose aujourd'hui ? En classe ou dans la Grande Salle, je ne sais pas. Bafouilla-t-elle, mal à l'aise
Les deux garçons la toisèrent, ne comprenant pas.
- Quelque chose ? Si tu nous donnais plus de détails on pourrait peut-être te répondre. Répondit Harry
- Oui, euh... Des rumeurs ?
- Des rumeurs sur ?
Hermione réfléchit un instant, devait-elle leur dire ce qu'elle avait entendu en allant à la bibliothèque quelques heures plus tôt ? S'ils l'apprenaient, ils accepteraient encore moins sa relation avec Draco et feraient tout pour l'éloigner de lui, de peur que Voldemort ne découvre la vérité.
Visiblement, ils n'étaient pas au courant.
- Non rien, laissez tomber.
Heureusement pour elle, Harry et Ron n'insistèrent pas. Ces futilités n'avaient pas l'air de les intéresser. La brune pria Merlin que ces rumeurs ne se propagent pas plus loin que ce groupe de filles sans cervelles.
oOOOo
Quelques jours s'écoulèrent et en ce dimanche après-midi, Hermione décida de rester dans son appartement. Le printemps s'installait lentement et l'air devenait plus doux, mais la préfète était fatiguée aujourd'hui et elle préférait se prélasser sur le canapé.
Zabini n'était pas là, elle en avait donc profité pour allumer la radio et elle écoutait Potterveille tout en feuilletant un gigantesque livre sur l'Histoire de la magie.
Malgré son apparente motivation, la brune ne cessait de s'endormir toutes les dix minutes, avant de se réveiller en sursaut. Elle ne voulait pas dormir maintenant sinon elle ne pourrait plus fermer l'oeil de la nuit. Elle se fit donc un thé et se força à faire quelques devoirs bien qu'ils n'étaient à rendre que dans deux semaines.
Hermione était si concentrée qu'elle ne s'était même pas rendu compte qu'il était bientôt dix-neuf heures.
- Eh bien au moins tous mes devoirs sont terminés. Souffla-t-elle, fière
Elle laissa tomber sa tête en arrière et ferma un instant les yeux. Au final cet après-midi à l'appartement n'avait pas été de tout repos. Elle était d'autant plus épuisée désormais.
Toutefois, à force d'écouter Potterveille depuis plus de trois heures, Hermione finit par devenir dingue. Elle ne pouvait plus supporter d'entendre les noms de toutes les victimes. Cela lui minait le moral.
D'un coup de baguette, elle éteignit la radio et se leva. Il fallait qu'elle sorte afin de s'aérer l'esprit.
Ce fut ainsi que la sorcière se retrouva au plus haut de la Tour d'Astronomie. Elle posa ses mains sur les rambardes et admira le soleil qui se couchait au loin. La vue était magnifique, l'orange et le rose s'étaient mêlés dans le ciel et ces sublimes couleurs reflétaient sur le grand lac.
Hermione inspira un grand coup. Elle se sentait si bien ici. C'était à cet endroit que l'on se rendait vraiment compte de la beauté des paysages qui entouraient le château. La jeune femme se sentait si chanceuse d'avoir pu étudier ici.
Soudain, elle entendit des pas derrière elle. Hermione n'eut même pas besoin de se retourner, elle savait très bien à qui ils appartenaient.
Draco se plaça à côté de la lionne et remarqua son petit sourire, avant d'observer le coucher de soleil à son tour.
- On dirait que nous avons eu la même idée. Fit-il remarquer d'un ton calme
Hermione le scruta du coin de l'oeil. Il portait son ensemble noir qui lui allait si bien et ses cheveux étaient parfaitement coiffés, comme à son habitude. Bien qu'il paraissait toujours impénétrable, son visage était détendu.
Elle ne voulait pas le montrer, mais intérieurement il la faisait fondre.
- Tu ne devrais pas être là. Murmura-t-elle
Draco tourna sa tête vers la préfète, arquant un sourcil.
- Et pourquoi ça Granger ?
- Quelqu'un pourrait débarquer à tout moment. Il vaudrait mieux éviter que l'on soit vus ensemble avec cette rumeur.
Le blond ricana.
- Je te le répète mais dis-moi qui elles sont. Je leur lancerai un petit Oubliettes, ni vu ni connu. Elles seront trop occupées à tomber sous mon charme.
Hermione lui donna une tape sur le bras, effarée suite à cette dernière remarque.
- Tu sais que tu n'as pas le droit de faire cela.
Le mangemort haussa les épaules, il n'en avait que faire des droits et des interdictions. Il tenta tout de même de rassurer la brune.
- Ce ne sont que des petites pestes, des gamines, elles s'emballent pour un rien et n'ont aucune idée de ce qu'elles avancent.
La sorcière poussa un long soupir. Tout ce stress incessant l'épuisait moralement, elle n'avait pas besoin d'un nouveau problème.
Draco avait posé sa main tout près de la sienne, la touchant presque. Hermione reporta alors son attention sur la chevalière qu'il portait tous les jours. Elle n'avait jamais remarqué que la lettre "M" était inscrite sur le fond noir et or de sa bague.
- C'est ainsi que l'on vous reconnaît, les sang-purs ? Grâce aux initiales sur vos bagues qui coûtent une fortune ? Demanda la lionne d'un ton sarcastique
Un léger sourire en coin se dessina sur les lèvres du Serpentard.
- Personnellement, on me reconnaît grâce à la couleur de mes cheveux.
Hermione étouffa un petit rire dans sa main. Draco la regarda un instant avant de se détourner à nouveau. Il adorait la faire rire.
Ils ne savaient pas vraiment quoi se dire d'autre, ils étaient très pensifs ce soir. Hermione mourrait d'envie de le prendre dans ses bras, se coller contre lui et sentir son odeur, mais elle ne souhaitait pas le brusquer.
Ils étaient côte à côte, à quelques centimètres l'un de l'autre, et la nature leur offrait un magnifique spectacle. Cela leur suffisait amplement. La simple présence de la lionne comblait le serpent.
- Quand tout ceci sera fini, que comptes-tu faire ? Demanda-t-il, soudain
Hermione le toisa, perdue. Elle ne comprenait pas sa question.
- Que voudrais-tu faire après avoir obtenu tes ASPIC ? Tu ne m'en as jamais parlé.
- Oh. Eh bien...
La brune dut marquer une courte pause. Elle se rendit compte que c'était la première fois depuis bien longtemps qu'elle envisageait le futur de façon sérieuse, sans penser à sa maladie. Cela lui fit bizarre.
- Je... Je compte travailler au ministère et donner le meilleur de moi-même, afin de devenir à mon tour ministre et apporter aux minorités ce qu'elles méritent vraiment. Déclara-t-elle avec assurance
Draco secoua la tête tout en ricanant.
- Pourquoi est-ce que cela ne m'étonne pas ?
Hermione leva les yeux au ciel, un petit sourire sur le bout des lèvres.
- Et toi ? Questionna-t-elle à son tour
- Je ne sais pas.
Le blond croyait depuis quelques mois qu'il n'aurait aucun futur. Ou plutôt qu'il n'y aurait pas droit. Qui voudrait de lui avec son passé de mangemort cruel et sans pitié ?
Il avait longtemps pensé que la richesse de sa famille suffirait à le faire vivre, mais à quoi étaient-ils voués si le côté du Bien gagnait ? À Azkaban, c'était tout. Dans tous les cas, il ne voulait plus dépendre de ses parents à présent.
La Gryffondor lui avait fait réaliser qu'il était encore temps pour lui de se repentir et de croire en l'avenir, mais il était incapable de le concevoir pour l'instant.
Hermione se rendit compte que cette question le déstabilisait, alors elle changea de sujet.
- Je compte également partir de chez mes parents et trouver l'endroit de mes rêves. J'aimerais acheter une petite maison de campagne en bois blanc, perdue au milieu d'un champ de blé entouré d'une belle forêt.
- Cela sort tout droit des romances que tu lis non ?
- Exactement. Pouffa la brune. Mais c'est l'un de mes rêves.
- Je t'aiderai à le réaliser. Promit-il, le regard perdu dans le ciel
À l'entente de ces mots, la préfète-en-chef sentit des papillons gigoter dans son ventre. Comment pouvait-il cacher tant de bonté derrière son apparence plus froide que la glace ?
Draco remarqua que Hermione tremblait, il se tourna vers elle et aperçut que le bout de son nez était devenu tout rouge. Alors, il remit correctement la cape de la sorcière qui tombait de ses épaules.
Ce geste étonna à nouveau la lionne, mais elle ne dit rien et se contenta de sourire, lui adressant un regard de remerciement.
- J'espère que Pattenrond sera encore là pour voir cette maison.
Son chat lui manquait terriblement, tout comme entendre Ron râler contre lui lui manquait. Elle avait dû le laisser chez elle de peur qu'il ne lui arrive quelque chose lors de la prochaine bataille.
- Ton vieux chat puant et aussi roux que les Weasmoche ? Quelle horreur.
- Mon chat ne pue pas et les Weasley ne sont pas moches. Dans ce cas-là tu ne me rendras pas visite, au moins tu ne le verras pas. Grogna Hermione tout en riant
- Si c'est pour te voir toi, alors je saurai me faire violence.
La brune rougit. Il savait exactement quoi dire pour la charmer, sans même le vouloir.
- Tu n'aimes pas les animaux ?
- Mes parents détestent ça. J'aime beaucoup les chiens. Un chien blanc et majestueux, qui ressemble à un loup.
- Oui, comme les Malfoy quoi. Se moqua Hermione
Draco hocha la tête, avec son éternel sourire en coin.
- Eh bien, j'espère qu'il s'entendra avec Pattenrond. Ajouta la sorcière
- Je ne pense pas être capable de m'en occuper de toute façon.
Il était vrai que Hermione voyait mal le mangemort s'occuper de quelqu'un d'autre que de lui-même. Mais après tout, pourquoi pas ?
Elle s'apprêtait à lui répondre mais Draco ne lui laissa pas le temps. Il attrapa sa main et il la tira au milieu de la Tour. Il fit tourner la préfète sur elle-même puis il la serra contre lui, plongeant sa tête dans ses cheveux bouclés.
Alors, au rythme du vent et des petits chants d'oiseaux, ils se mirent à danser. La brune se reposa contre le torse du Serpentard, apaisée. Elle avait l'impression d'être de retour au bal de Noël, cet instant où elle avait compris que plus rien ne serait comme avant.
- Tu t'entraînes pour vos futures soirées entre sang-purs ?
- Tu n'imagines pas à quel point j'espère ne plus avoir à subir cela.
Hermione rit doucement. Elle releva la tête vers lui et Draco ne put s'empêcher de poser les yeux sur elle, l'admirant. Il s'attarda sur ses nombreuses taches de rousseur, il ne se lassait pas de s'amuser à les compter.
Il désirait tant lui dire que jamais il n'avait aimé quelqu'un comme il l'aimait elle, mais c'était des choses qui ne sortaient pas de son coeur. Ces mots étaient bloqués dans sa gorge, ils étaient trop difficiles à prononcer et il avait encore parfois du mal à les accepter, à réaliser qu'il pouvait éprouver de tels sentiments.
Draco regarda son bras et il se rendit compte que sa marque était apparente. Il se détacha de la lionne, mettant fin à leur danse, et replaça sa chemise. Il détestait l'idée que Hermione la voie et ne l'assimile qu'à cela.
- Tu sais, j'ai vu ton bras nu de nombreuses fois.
- Mais tu n'as pas besoin de te rappeler constamment que tu es aux côtés d'un mangemort, Granger.
- J'ai choisi de prendre le risque. Répliqua-t-elle, sans le lâcher du regard
Ils se scrutèrent longuement, comme si le temps autour d'eux s'était arrêté. Enfin, Draco brisa ce silence.
- Tes yeux sont vraiment très beaux. C'est sûrement parce que j'y vois mon reflet.
Hermione roula des yeux en poussant un soupir.
- Tu es bête.
Draco ricana, fier de sa bêtise.
Être avec le Serpentard, c'était tout comme avoir droit à une renaissance pour la lionne, jamais elle ne pourrait suffisamment le remercier pour cela. Il commençait carrément à lui faire croire qu'elle pourrait peut-être s'en sortir au final. Cette phrase, "de toute façon je suis condamnée, je vais mourir", qui tournait en boucle dans sa tête, s'était transformée en "et si ?".
Grâce à lui.
oOOo
Le lendemain, Hermione rentra vers son appartement après un rendez-vous avec McGonagall et Zabini, quant à l'organisation des prochaines rondes. La directrice avait insisté à ce qu'elles soient toutes réalisées à deux, sans exception, elle ne voulait plus que les sorciers se baladent seuls le soir.
Alors que la jeune femme montait les escaliers, elle aperçut Draco... et Harry, qui se disputaient devant le tableau.
- C'est pas possible... Maugréa-t-elle
Les deux garçons avaient très bien remarqué la présence de la préfète-en-chef mais ils l'ignorèrent et continuèrent de se chamailler.
- Ils t'ont jeté des cachots ? Pourquoi te sens-tu obligé de vivre dans l'appartement de Hermione ? Cracha Harry, la mâchoire serrée
- Je peux savoir ce qu'il se passe ? Les interrompit Hermione, croisant les bras sur sa poitrine, un air sévère sur le visage
L'Elu était au bord de la crise de nerfs. D'une traite, il expliqua à sa meilleure amie qu'il avait voulu passer la voir afin de lui parler de quelque chose, mais Draco était arrivé pile au même moment que lui et cela avait mis Harry dans une rage folle à l'idée que le mangemort se permettait de débarquer dans l'appartement des préfets comme bon lui semblait.
À la fin de sa tirade, Hermione arqua un sourcil, perplexe.
- Tu sais très bien pourquoi il se permet de débarquer dans mon appartement. Lâcha-t-elle
Draco baissa la tête afin de retenir un rire.
- Ecoute Harry, laisse-moi me reposer une trentaine de minutes et on en parle après le dîner, d'accord ? Proposa la lionne, lessivée de ce lundi
Harry ouvrit la bouche et la referma presque aussitôt, ne trouvant plus quoi répondre. Le blond releva alors les yeux vers lui.
- Tu peux t'en aller maintenant, Potter. À moins que tu aies besoin d'un coup de main.
L'Elu reprit son air mauvais.
- Ouais, essaye seulement pour voir !
- Ne me cherche pas.
- Sinon quoi ? Tu crois vraiment pouvoir me faire peur, lâche que tu es ?
Hermione laissa tomber sa tête dans ses mains, désespérée face à ces comportements de gamin. Draco décida de ne pas continuer, afin de ne pas énerver la sorcière, mais Harry n'en avait pas fini.
- Retourne donc pleurer auprès de Mimi Geignarde, comme en sixième année. Renchérit-t-il, tandis qu'il commençait à descendre les escaliers afin de s'en aller
Un rictus s'était formé sur la bouche du Serpentard.
- C'est très malsain d'espionner les gens dans leur intimité la plus profonde. On voit bien que tu n'as jamais eu de parents pour t'éduquer, Potter.
Ce fut malheureusement la phrase de trop, Harry était prêt à se ruer vers Draco mais Hermione s'interposa entre les deux.
- Stop ! Ca suffit maintenant ! Vociféra-t-elle
- Tu es odieux et pathétique, Malfoy. Tu ne la mérites pas. Lança l'Elu, par-dessus l'épaule de son amie
Il ne leur laissa pas le temps de répliquer et partit loin d'eux, dévalant les escaliers.
Enragée, Hermione attrapa le bras de Draco et le tira jusqu'à l'intérieur. Elle le lâcha lorsqu'ils furent dans le salon. Elle se tourna alors vers lui, les poings serrés.
- Comment peux-tu être si gentil avec moi et si méchant avec les autres ?
- Pardon ? S'offusqua le mangemort. Il a aussi fait le con là, il n'y a pas que moi !
La brune se retint de lui hurler dessus.
- Pourquoi ne brises-tu pas cette façade ? Tu es beaucoup trop dur avec mes amis.
- C'est devenu une habitude.
- Ce n'était pas une habitude d'être gentil avec moi, et pourtant. Riposta Hermione
- Avec toi j'ai accepté de changer, difficilement. Avec les autres, je n'en ai tout simplement pas envie. Confia Draco avec honnêteté
Hermione inspira longuement, s'avouant vaincue.
- La prochaine fois essaye au moins de montrer un peu de compassion. La cicatrice de Harry lui fait mal et de ce fait il s'emporte très vite.
- Je ne te promets rien. Termina le blond
Afin de clore cette conversation, Draco attrapa la Gryffondor par la taille et l'attira vers lui. Sans plus attendre, il l'embrassa avec passion. Cela lui avait manqué.
Il ne manqua pas de mordre la lèvre de Hermione, lui arrachant un gloussement. Il parvenait toujours à adoucir le caractère bien trempé de la jeune femme.
oOOo
De son côté, Blaise marchait le long du lac. Il avait tenté de passer un peu de temps dans la Salle Commune des Serpentards mais l'attitude des élèves l'avait vite agacé. Il se sentait bien mieux seul et il avait besoin de se vider la tête les derniers temps.
Au bout d'une demi-heure, il comptait rebrousser chemin et rentrer lorsqu'il se rendit compte que la soeur de Ron se tenait debout face à la grande étendue d'eau, à quelques mètres de lui.
Le ciel commençait à s'assombrir mais il parvint à distinguer ses longs cheveux roux. Elle portait un bonnet avec un énorme pompon rose sur le haut de son crâne. Cela le fit ricaner silencieusement.
- Drôle de bonnet Weasley ! Cria-t-il, les mains dans les poches de son manteau
Ginny se retourna vers lui dans un sursaut, n'ayant pas remarqué sa présence. Elle fronça les sourcils.
- Je n'ai pas demandé ton avis. Et ton sourire en coin tu peux te le garder.
- Toujours aussi aimable. Tu n'es plus avec Saint-Potter pour être de si mauvais poil ?
- Bien vu, Monsieur l'inspecteur. Répondit simplement la rouquine, tout en se détournant de lui
- Oh.
Il ne s'attendait pas à une telle réponse. Le couple mythique de Poudlard n'était plus.
Elle savait très bien que cela le mettrait mal à l'aise alors elle en avait joué. Elle avait toujours été très cash, le peu de fois où Zabini lui avait parlée.
- Bon ben bonne soirée. Lui souhaita-il, perturbé
- C'est ça.
Elle n'avait décidément pas le même tempérament que son frère.
oOOo
Lorsqu'il rentra à l'appartement, Blaise découvrit Draco installé dans le fauteuil, seulement éclairé par quelques bougies. Celui-ci l'informa que Hermione se reposait dans sa chambre.
Le préfet se laissa tomber sur le canapé.
- Quelle journée. Souffla-t-il, son regard se perdant dans la cheminée
Le blond approuva, et un long silence s'en suivit. Blaise regarda alors son ami et finit par sortir :
- Je pense que Greengrass a lancé cette rumeur.
D'un coup de baguette, Draco amena un verre de whisky Pur-Feu jusqu'à lui, il sentait que cette conversation allait l'énerver.
- Astoria ?
- C'est évident !
- Et pourquoi donc, Blaise ? Cingla le mangemort
Les petites flammes des bougies se reflétaient dans ses yeux aciers.
- Elle est jalouse. Tu as été con avec elle, j'en suis sûr, et cela ne lui a pas plu.
En effet, il l'avait été la fois où il était retourné dans la Salle Commune des Serpentards. Mais de là à se venger en racontant des choses dont elle n'était même pas certaine, c'était stupide.
- Quelle idiote. Siffla Draco
- Après voilà, personne d'autre à part elles et Granger ont entendu ces ragots. Et elles ne pourront jamais deviner qui est cette fille.
Le blond ricana, il imaginait les têtes qu'elles feraient si elles apprenaient que Hermione était l'heureuse élue.
- Surtout que ce ne sont même pas des rumeurs mais bel et bien la vérité. Je crois que si cela se savait, tu choquerais tout le monde. C'est tout de même la première fois tu es avec quelqu'un de façon sérieuse... Et tu commences fort avec Granger.
Blaise lui-même n'arrivait toujours pas à y croire, et le fait d'avoir cette discussion avec Draco lui fit réaliser beaucoup de choses. Malgré son sang, sa maladie, les risques de se faire punir voire tuer si leur relation venait à être découverte, le mangemort était bien décidé à ne pas quitter la Gryffondor.
Etait-il fou d'elle à ce point ? En fait, avait-il une fois vraiment pensé du mal d'elle, ou avait-il simplement été aveuglé par les idées inculquées par son père ?
- Je me souviens du bal de Noël en quatrième année, quand tu avais lâché "Ce Diggory est d'un pathétisme, j'espère sincèrement que Krum va gagner". Tu n'as pas dit cela car tu étais dégoûté de le voir fréquenter une sang-impur. Je comprends tout maintenant. Tu le jalousais car il avait Granger et pas toi, cela t'était interdit.
- La ferme Zabini. Le remballa Draco qui n'était visiblement pas prêt à ce que l'on lui expose ces vérités
- Toi et la moldue... Qui aurait pu le croire ? Certainement pas le Draco de troisième année.
- Certainement pas. Affirma le blond
Blaise s'esclaffa.
- Tu as fait une connerie en te mettant avec elle, j'en reste persuadé, mais dans tous les cas je respecte le courage dont tu as fait preuve. Ca je ne peux pas le nier.
Draco lui adressa alors un regard, le remerciant à sa manière.
oOOo
Hermione arriva en retard au dîner, elle avait dormi un peu trop longtemps. Elle salua Ginny en passant, qui avait préféré s'installer avec Neville, Seamus et Dean un peu plus loin.
La brune s'assit face à Harry, qui semblait s'être calmé depuis la scène avec Draco. Il n'en reparla pas à Hermione, ce qui la soulagea.
À vrai dire, il était trop occupé à regarder partout sauf à côté de lui, où Ron et Lavande étaient collés l'un contre l'autre. Bien que la bouche du rouquin était pleine de sauce tomate, sa copine n'hésita pas à l'embrasser.
Hermione regretta d'avoir assisté à cette scène et mima une envie de vomir à Harry. Celui-ci plaqua une main sur sa bouche afin d'étouffer un rire.
Ron finit par comprendre que Lavande et lui étaient devenus des bêtes de foire et il lui demanda alors de rejoindre Parvati, lui assurant qu'ils se verraient encore après le repas.
Il se tourna ensuite vers ses deux meilleurs amis, embarrassé.
- Désolé, c'est juste que Lavande a très peur en ce moment, avec tout ce qu'il se passe. Elle cherche beaucoup de réconfort auprès de moi comme vous pouvez le voir.
Harry et Hermione se regardèrent, définitivement gênés. Cela donnait vraiment la nausée à la brune.
- Bref. N'oublie qu'avant de rejoindre ta chère dulcinée Ron, nous devons discuter. Lui rappela l'Elu
- Bien sûr. Ron hocha la tête
oOOo
En arrivant dans sa chambre, Hermione vit que Draco n'était pas encore de retour de son rendez-vous avec la directrice. Elle en profita donc pour filer à la salle de bains.
Les jets d'eau chaude détendirent la préfète-en-chef. Ce que Harry leur avait annoncé après manger n'avait pas vraiment rassuré la jeune femme. Mais après tout elle n'avait pas d'autres choix que de le suivre, elle cédait toujours face à lui. Elle allait à nouveau l'aider, coûte que coûte, comme si elle n'avait pas retenu la leçon.
Hermione sortit de la douche et alors qu'elle enfilait son pyjama, elle sentit des coups d'électricité lui traverser le crâne.
- Ca faisait longtemps tiens. Soupira-t-elle
Ces maux de tête la calmèrent aussitôt et elle n'attendit pas une seconde de plus pour se glisser dans son lit. Elle ne pourrait pas attendre Draco ce soir.
D'ailleurs, le blond pointa le bout de son nez une dizaine de minutes plus tard. Hermione était cachée sous la couette et était de dos à lui. Il se demanda si elle dormait ou non, car elle ne se redressa pas lorsqu'il fit exprès de faire du bruit en déposant ses affaires sur la table de nuit.
Lui faisait-elle la tête ? Il ne comprenait pas pourquoi.
Draco ne sut pas vraiment comment attirer son attention, alors il se mit à toucher tous les objets qui se trouvaient dans la chambre.
Il s'empara d'une pile de livres avant de les reposer sur la table, il attrapa un vinyle et l'observa un instant avant de le remettre à sa place. Pendant ce temps, Hermione venait d'ouvrir les yeux, alertée par les petits bruits, et elle comprit son manège.
- Arrête Draco, je ne me sens pas très bien ce soir. Chuchota-t-elle en sortant légèrement sa tête
Les moindres sons et lumières lui donnaient l'impression que son crâne allait se fendre en deux. Cela faisait longtemps que cela n'était pas arrivé, le Serpentard n'avait même pas envisagé que cela puisse être la raison de son ignorance envers lui.
Il retourna vers la table où il avait déposé les livres de la sorcière et prit Orgueil et Préjugés. Il revint vers Hermione et le lui tendit, pensant que cela allait lui changer les idées.
- J'ai trop mal à la tête pour réussir à lire Draco, mais je te remercie. Dit-elle, touchée par son geste
Le mangemort détestait se sentir si inutile alors que la jeune femme souffrait.
Il n'était pas encore allé à la douche, il veilla donc à rester au-dessus des draps lorsqu'il rejoignit la Gryffondor. Il enroula ses bras autour de sa taille et déposa quelques baisers sur sa nuque.
- Je suis là, repose-toi. Murmura-t-il de sa voix grave, près de son oreille
Hermione posa sa main sur celle du blond. Elle était si heureuse de l'avoir auprès d'elle. De nombreuses fois elle avait craint qu'il ne finirait par l'abandonner, ne supportant plus les moments difficiles de sa maladie. Mais il était toujours là.
- Est-ce que tu pourrais me donner un verre d'eau ? Je n'ai même pas la force d'attraper ma baguette.
- Non, tu n'as pas dit s'il te plaît.
- S'il te plaît Draco.
- Non.
- Mais...
- Je plaisante. Se rattrapa-t-il
Hermione s'esclaffa.
- Tu me fatigues.
Même dans les pires moments il la faisait rire, encore et encore.
oOOOo
Fin mars. Bientôt, ils entreraient dans le mois où les arbres de Poudlard reprenaient vie et où les animaux de la forêt interdite sortaient de leur hibernation. Il était arrivé aussi vite que prévu.
Harry, angoissé de voir que le temps s'écoulait à une vitesse folle, n'avait pas pu attendre plus longtemps. Il avait réussi à convaincre Ron et Hermione de l'accompagner à Pré-Au-Lard, à nouveau.
Une semaine plus tôt, il avait eu un semblant de vision bien qu'il n'en était pas complètement sûr. Il paraissait toutefois persuadé de ce qu'il avançait : les mangemorts avaient trouvé un moyen d'entrer à Poudlard pour l'affrontement final qui approchait de plus en plus. Et cette entrée se trouvait à Pré-Au-Lard.
Hermione et Ron n'avaient pas réussi à le contredire, Harry était déterminé et était persuadé qu'il avait raison. Ainsi, ils l'avaient suivi sans broncher.
Ils se trouvaient actuellement à la Tête de Sanglier. Cela faisait déjà une heure qu'ils cherchaient la potentielle voie d'accès au château.
La préfète-en-chef ne cessait de se retourner vers la porte d'entrée, elle craignait que Draco ne débarque comme la dernière fois. Elle avait tout fait pour que personne ne soit au courant de son escapade, pas même Zabini. Ils la pensaient à la bibliothèque avec Harry et Ron.
L'Elu balança soudain un verre contre un mur et celui-ci se brisa en mille morceaux, ce qui sortit Hermione de ses pensées et fit sursauter le rouquin.
- Qu'est-ce qu'il te prend Harry ?
- J'ai l'impression de m'être à nouveau trompé. J'en ai assez de ces visions faussées. S'écria-t-il, à cran
Ron soupira, peiné pour son ami qui se donnait tant de mal et qui avait l'impression de ne pas avancer. Il réfléchit un instant, avant de poser sa main sur l'épaule de l'Elu.
- Bon écoute, Hermione et toi vous restez ici. Moi je vais fouiller dans la pièce juste à côté, on avancera plus vite ainsi.
Harry hocha la tête.
- Merci.
Le jeune Weasley embarqua sa baguette et son sac avec lui et il les abandonna afin de faire des recherches dans l'autre partie de l'auberge.
Hermione fit un petit sourire à Harry.
- Ne t'en fais pas, on va y arriver. De toute façon on ne doit pas rester ici trop longtemps alors on va se dépêcher et agir avec efficacité.
- Tu as raison Hermione. Je dois arrêter de m'emporter ainsi.
En silence, ils continuèrent de fouiller chaque recoin du vieux bâtiment. Même si elle voulait paraître optimiste pour ne pas décourager Harry, la brune se demanda s'il était vraiment possible qu'une entrée ait été créée ici.
- Bon, je crois que je...
Harry ne termina pas sa phrase. Un bruit inconnu l'avait décontenancé. Un bruit que Hermione avait également entendu. Et ni elle, ni l'Elu, ni même Ron n'étaient à l'origine de ce son étrange.
Tout se passa si vite. Harry eut à peine le temps de se précipiter vers Hermione, voulant la protéger, qu'ils furent tous deux projetés contre le bar derrière eux. Malgré les débris qui volaient dans tous les sens et la poussière qui s'abattait sur les deux sorciers, ils comprirent ce qui était en train de se passer.
Quelqu'un venait de faire exploser la pièce où Ron se trouvait.
Ron.
Haha désolée de finir le chapitre ainsi, ne m'en voulez pas !
J'espère que vous avez tout de même apprécié ce chapitre, je l'ai trouvé assez doux mis à part la fin !
N'hésitez pas à me laisser un commentaire, j'en ai besoin pour savoir si ce que je fais vous plait toujours ou non !
À très vite ! :-)
