Me revoilà avec le nouveau chapitre. Je suis vraiment navrée pour cet énorme retard. J'étais malheureusement très occupée. Vous vous en doutez bien mais le métier de prof est très très difficile les derniers temps...

Merci marnywalshh, en effet, tu as tout résumé sur la situation avec Theodore !

Merci Fleur d'Ange, ton commentaire me fait plaisir, mais oui en effet Draco n'avait encore jamais tué auparavant.

Merci Miss PREG, en effet c'est très compliqué cette situation. Draco n'aurait pas dû le laisser tomber, mais à cette époque Draco pensait bien trop souvent à lui avant les autres...

Merci Aurelie Malfoy, en effet Draco arrive toujours au bon moment !

Merci Elena ! Cela me fait plaisir ! Et comme tu dis, le comportement de Draco prouve tout !

Bonne lecture :-)


Hermione avait très vite été prise en charge après son agression.

Les coups qu'elle avait reçus n'avaient pas engendré de graves blessures, l'infirmière savait qu'elle allait s'en remettre sans grande difficulté.

Sa jambe semblait déjà aller mieux grâce à la pommade magique que la vieille dame lui avait appliquée.

Toutefois, la brune était encore en état de choc et elle avait demandé à Pomfresh de lui donner une potion qui pourrait l'aider à se calmer. Elle peinait encore à réaliser ce qu'il venait de se passer. Theodore Nott avait voulu la tuer, car elle mettait Draco en danger en étant avec lui.

Le Serpentard était revenu la voir, comme il le lui avait promis.

L'infirmière avait accepté de le laisser entrer, le surveillant d'un oeil mauvais.

Il s'était simplement posé sur une chaise, aux côtés de Hermione, et il n'avait pas dit un mot.

Ils s'étaient regardés, silencieusement. Et la préfète-en-chef avait pu voir dans son regard acier à quel point Draco était brisé intérieurement. Des petites traces de sang étaient étalées sur sa mâchoire et sur son cou.

Elle avait aussitôt compris ce qu'il avait fait, et elle n'avait pas su quoi faire d'autre que de lui prendre la main et la caresser avec tendresse, lui chuchotant qu'elle était là.

Au bout d'une heure, le mangemort dut partir.

Il déposa un baiser furtif sur le front de la sorcière et il tourna les talons, sans un regard pour Pomfresh qui venait de sortir de son bureau pour lui demander de s'en aller.

Draco décida d'aller dans l'appartement de Blaise et Hermione, même si elle n'y serait pas.

Il n'avait pas envie de retourner dans ses dortoirs, les souvenirs y étaient trop étouffants.

Il était presque une heure du matin et Zabini n'était pas encore endormi.

Lorsque le blond entra dans le salon, le préfet se leva aussitôt du canapé et se rua vers lui.

Ses yeux brillaient et ses lèvres tremblaient.

- Qu'as-tu fait Draco ? Implora-t-il, la gorge nouée

Le Serpentard fut pris au dépourvu.

Il passa une main dans ses cheveux en bataille et voulut fuir mais Blaise l'attrapa par le bras.

- Pourquoi ? Pourquoi avoir fait cela ?

- Comment se fait-il que tu sois au courant ? Siffla Draco entre ses dents

- McGonagall me l'a dit, que crois-tu ? Elle m'a mêlé à l'histoire afin de te protéger face au Lord. Je vais devoir mentir et faire croire que Theo s'est enfui, n'assumant plus son statut de mangemort. Et tout ça pour sauver ta peau, comme d'habitude.

- Je n'ai pas besoin de ton aide Blaise, tu le sais très bien. Souffla le blond, qui semblait ailleurs

- Arrête de te croire invincible. Tu m'énerves.

Draco détourna le regard.

Il n'arrivait plus à faire face au visage peiné de son ami.

- Pourquoi ? Répéta le préfet-en-chef

- Il s'en est pris à Granger. Il a failli la tuer.

Blaise eut un mouvement de recul.

La directrice ne l'avait pas informé sur ce détail.

Alors, il se radoucit un instant.

Non pas que cela excusait son ami, mais il le comprenait peut-être un peu plus.

- Tu te doutais que cela allait arriver. Tu n'aurais pas dû te rabaisser à son niveau.

Draco avait tué Theodore, et plus rien ne serait jamais comme avant. Le blond ne pourrait pas s'en remettre, ce qu'il avait fait le hanterait éternellement.

Ce soir, il était devenu un assassin.

Alors qu'il n'avait jamais commis un tel crime auparavant.

- Il dérivait trop. Il n'avait plus sa place sur cette terre. Répondit Malfoy d'un ton froid

- Ce n'était pas à toi de décider s'il avait le droit de vivre ou non. Tu n'es pas un monstre Draco, alors pourquoi te comportes-tu comme tel ? Ne me dis pas que c'est seulement pour elle que tu as fait ça.

Le mangemort se retourna vers lui.

- Si, c'est toujours pour elle. Je ne laisserai jamais personne lui faire du mal sans en payer les conséquences. Déclara-t-il, ne quittant pas Zabini des yeux

- Tout ça pour la née-moldue. Soupira Blaise, attristé pour son meilleur ami

- Et je n'éprouve aucun remords. Termina Draco, le visage impassible

Sur ces derniers mots, le Serpentard abandonna le préfet.

Il avait besoin de dormir, de plonger dans l'inconscience, dans ce vide assourdissant qui l'apaisait.

oOOo

Le lendemain matin, Harry et Ron, puis Ginny, furent mis au courant de ce qui était arrivé à Hermione.

Ils se ruèrent vers l'infirmerie dans la seconde, sans même réfléchir.

Ils mourraient d'inquiétude pour la préfète-en-chef.

Cependant, Pomfresh les envoya aussitôt balader.

- Ce n'est pas le moment, revenez cet après-midi.

- Ce n'est pas le moment ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Rétorqua Ron

- Vous devez la laisser se reposer. L'infirmière affichait un air sévère sur son visage

- Hermione est notre amie, nous avons le droit de lui rendre visite. Laissez-nous la voir ! S'emporta Harry, sourcils froncés

- Je sais, Monsieur Potter, mais vous allez devoir attendre. Croyez-moi, vous n'avez pas envie de voir l'état dans lequel elle est. Je vais faire mon possible pour l'aider et vous pourrez revenir cet après-midi.

La vieille dame se détourna sans leur laisser le temps de répliquer, elle n'avait plus de temps à perdre.

En se réveillant ce matin, Pompom Pomfresh avait bien cru que sa patiente était en train de vivre ses derniers instants. L'attaque que le mangemort avait menée contre Hermione lui avait provoqué un choc émotionnel et sa maladie s'était vengée. Une crise insoutenable s'était emparée d'elle.

Pendant plus de deux heures, le côté droit de son corps avait cessé de fonctionner, il ne répondait plus à son cerveau. Cela s'était très vite aggravé au point que la préfète n'arrivait même plus à parler. Puis elle avait vomi, se vidant jusqu'à perdre plusieurs fois connaissance.

Sur le coup, la vieille dame n'avait pas su comment réagir. Elle n'était pas habituée à faire face à des cas si graves. Les gémissements d'agonie de la jeune femme étaient devenus si terribles à entendre que Pomfresh avait fini par se boucher les oreilles. Elle priait pour que son calvaire s'arrête.

L'infirmière avait hésité à l'emmener à l'hôpital, mais elle était contrainte de s'en charger elle-même.

McGonagall lui avait dit que les mangemorts étaient à ses trousses.

Ainsi, Pomfresh s'était démenée pour extirper la Gryffondor de cette souffrance. Elle avait combiné la médecine magique et moldue, injectant dans le corps de la malade des antidouleurs dont elle ne parvenait pas à prononcer les noms, ainsi qu'une potion qui l'endormirait pour quelques heures afin de lui permettre de se remettre de cette épreuve.

Draco était venu aux aurores, bousculant l'infirmière qui avait tenté de l'empêcher de voir Hermione. Il avait à peine ouvert les yeux qu'il s'était empressé de s'habiller afin de rejoindre l'infirmerie, craignant qu'il ne soit arrivé quelque chose de grave à la sorcière pendant la nuit.

Il était resté à peine deux minutes.

La Gryffondor était plongée dans une telle torture intérieure que le blond avait été incapable de rester. La voir ainsi l'avait détruit, il n'avait jamais osé imaginer que la maladie pourrait l'atteindre à ce point. De plus, il savait qu'elle n'aurait pas aimé qu'il reste auprès d'elle alors qu'elle était dans cet état.

Le mangemort avait donc lâché sa main et était parti, avec l'estomac retourné et l'impression qu'il l'abandonnait alors qu'elle pouvait le quitter à tout moment.

Avant de fuir ce lieu lugubre, il n'avait pas manqué de prévenir Pomfresh. Si elle ne sauvait pas Hermione, il le lui ferait payer. L'angoisse avait repris le dessus, et son éternelle méchanceté était revenue. Peu à peu, il sombrait.

oOOo

Quelque temps après treize heures, Hermione finit par se réveiller.

Elle était encore ensommeillée et nauséeuse, de par les nombreux médicaments qu'elle avait reçus. Son estomac brûlait et elle avait l'impression que sa tête allait exploser.

Elle peinait à ouvrir les yeux, des points noirs dansaient dans son champ de vision, le rendant obscur.

- Madame Pomfresh... Appela la brune d'une petite voix

Depuis son bureau, l'infirmière parvint à entendre Hermione et elle se rua vers elle dans la seconde.

- Oh Miss Granger, vous pouvez à nouveau à parler, c'est merveilleux ! Comment vous sentez-vous ?

La bouche pâteuse, la brune se redressa avec difficulté et elle attrapa le verre d'eau qui était posé sur la table de chevet à côté d'elle, grimaçant de douleur au moindre geste qu'elle exécutait. Ses muscles, ses nerfs, ses articulations, elle avait l'impression que l'on était en train de les arracher.

- Que... que s'est-il passé ? Demanda Hermione, enfonçant à nouveau sa tête dans le coussin

À sa plus grande surprise, Pomfresh prit la main de la sorcière dans la sienne.

Le visage tiré de la vieille dame semblait à la fois inquiet et impuissant.

Après avoir longuement scruté sa patiente, elle lâcha d'un ton désemparé :

- Miss Granger, j'ai cru vous perdre. Merci Merlin votre coeur ne s'est pas arrêté de battre, je ne sais pas si j'aurais pu vous sauver si cela avait été le cas.

La préfète sentait son coeur qui martelait douloureusement sa poitrine.

Elle avait bien compris qu'il s'était passé quelque chose, elle s'était réveillée avec l'impression d'être passée sous les roues du Magicobus.

Toutefois, elle n'aurait jamais pensé qu'elle avait probablement frôlé la mort.

Cette nouvelle lui fit l'effet d'un coup de massue, la brune ne trouva pas quoi répondre.

Devant son désarroi, l'infirmière décida de tout lui révéler.

Elle ne pouvait pas lui cacher la vérité juste parce qu'elle avait pitié d'elle, ce n'était pas professionnel.

- Je ne veux pas vous porter malheur Miss Granger, mais j'ignore comment cela est possible. Votre... votre...

Pomfresh ferma un instant les yeux et inspira un grand coup, jouant avec l'un des boutons de sa blouse d'un geste nerveux.

Hermione se rendit compte que la vieille dame était en train de perdre ses moyens devant sa patiente, et cela ne présageait rien de bon.

- Votre corps... votre corps est complètement détruit, il vous lâche peu à peu et la tumeur le dégrade avec des poussées violentes. Les radios ne sont pas bonnes et cette abomination qui s'est épris de vous se propage partout. Je n'avais encore jamais vu cela.

La malade détourna le regard et se mit à fixer le plafond, comme si elle ne souhaitait plus entendre la suite.

Ses lèvres se mirent à trembler.

- Pourtant vous ne m'aviez donné que six mois à vivre. Ces mois sont passés, et je suis toujours là. Finit-elle par dire, espérant que l'infirmière allait lui annoncer un miracle

Pomfresh lui fit alors un sourire rassurant, serrant d'autant plus fort la main de Hermione qu'elle tenait toujours.

- Mais comme vous le dites si bien, vous êtes toujours là. Vous relevez du miracle Miss Granger, vous êtes une battante. Vous êtes la plus courageuse des jeunes femmes qu'il m'ait été donnée de voir. Je vous en prie, ne doutez jamais de votre force.

Elle était forte, oui, on le lui répétait sans cesse, mais elle allait mourir.

C'était inévitable à présent, son heure était venue.

La brune se trouva stupide d'avoir osé penser qu'elle pourrait vaincre cette fichue maladie un jour.

Le regard de Hermione était toujours perdu dans le vide.

Elle n'avait plus envie de parler et elle essayait tant bien que mal de retenir les larmes qui menaçaient de s'écouler sur ses joues.

- Et c'est grâce à cette force dont vous faites preuve que je suis persuadée que vous n'allez rien lâcher. C'est pour cela que je souhaite vous donner le médicament de la dernière chance, Miss Granger. Nous avons enfin réussi à obtenir l'autorisation de vous l'administrer.

D'abord surprise, la Gryffondor posa les yeux sur l'infirmière et fronça les sourcils.

Elle semblait déroutée et n'avait pas l'air de saisir ce que la vieille femme venait de lui dire.

Puis, une infime lueur d'espoir traversa le regard brun d'Hermione, et Pomfresh lui sourit.

Un sourire vrai, un sourire qui voulait y croire.

- Ce traitement est très lourd, Miss Granger, à tel point que vous n'allez le prendre qu'une fois par semaine. Ce ne seront plus des pilules, mais une seule et unique injection. Cela durera à peine quelques minutes, mais les effets secondaires seront bien plus éprouvants et vous serez obligée de rester un après-midi entier à l'infirmerie.

La jeune femme continuait de fixer Pompom.

Elle essayait d'encaisser toutes ces informations, et des centaines de questions tournoyaient déjà dans son cerveau.

- Ce médicament sera plus difficile à supporter, comme je vous l'ai dit, continua Pomfresh, mais il peut être miraculeux. Ce traitement peut faire régresser votre maladie, Miss Granger, et je suis persuadée qu'il vous sauvera la vie. Vous allez vous battre comme vous l'avez toujours fait, et je vous promets de faire en sorte que ce périple ne soit pas insoutenable. Le professeur Slughorn et moi-même travaillons sur une potion qui pourrait adoucir les probables effets secondaires du traitement.

Les yeux de la malade brillaient, elle épiait chaque recoin du visage de l'infirmière comme si elle n'arrivait pas à assimiler ce qu'elle était en train de lui dire.

Elle avait l'impression de se tenir face à une possibilité de miracle, et elle tentait d'en mesurer les probabilités.

- J'ai... j'ai une chance de guérir ? Finit-elle par dire après avoir inspiré un grand coup

- Pendant longtemps j'ai pensé que ce serait bientôt la fin, Miss Granger. Aujourd'hui, je peux vous assurer que vous allez vaincre cette maladie. Affirma Pomfresh qui perdait peu à peu cette angoisse en elle

- Ce n'est pas possible... Murmura Hermione pour elle-même

Elle n'écouta pas ce que la vieille dame lui répondit.

Quelques semaines plus tôt, la préfète-en-chef avait enfin sorti la tête de l'eau.

Après avoir passé des mois à se dire qu'elle allait mourir et qu'il n'y avait plus rien à faire, elle était enfin sortie de ce cauchemar et s'était promis qu'elle lutterait pour ne pas se faire emporter par la maladie.

Aujourd'hui, on lui apprenait qu'elle pourrait guérir alors que l'on lui avait assuré qu'elle était condamnée. Alors qu'elle avait failli mourir à peine une heure plus tôt. La sorcière ne savait plus quoi en penser, et elle avait besoin de temps pour se remettre de toutes ces émotions. Elle n'arriverait pas à y voir plus clair pour l'instant. Sa tête et son estomac la faisaient encore terriblement souffrir, elle avait besoin de repos.

Pomfresh termina ses explications en annonçant à Hermione que, dès à présent, elle devrait passer ses samedis après-midis à l'infirmerie afin de prendre son traitement en toute tranquillité.

La Gryffondor hocha tout simplement la tête et remercia l'infirmière. Elle n'osait pas imaginer comment Harry et Ron allaient réagir en apprenant cela.

D'ailleurs, ses deux meilleurs amis, ainsi que Ginny, vinrent la voir une heure plus tard.

Cette fois-ci, Pompom ne les empêcha pas d'entrer.

Sans plus attendre, ils se ruèrent vers la lionne qui venait de se réveiller d'une petite sieste.

Des milliers d'émotions pouvaient se lire dans leurs regards. Ils étaient inquiets, presque affolés, perdus, peinés, nerveux et enragés.

Harry avait du mal à tenir en place mais il s'assit aussitôt sur le bord du lit, aux côtés de son amie.

L'Elu n'avait jamais été très tactile, mais il ressentit le besoin de déposer sa main sur celle de Hermione, comme pour s'assurer qu'elle était toujours là. Mais elle était si froide, et sa peau avait pris une teinte livide.

- Hermione... Souffla-t-il

Il n'arriverait pas à parler, pas pour l'instant. Il devait d'abord contenir sa colère.

Ainsi, Ron prit la relève.

Le rouquin se tenait au bout du lit, les bras croisés sur son torse.

L'air soucieux sur son visage déformait ses traits.

- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il

Encore somnolente, la jeune femme se sentait faible.

L'odeur de l'infirmerie empirait ses nausées et elle n'en pouvait plus.

Elle resta couchée, et leva les yeux vers les trois Gryffondors.

Alors, elle leur raconta tout. Comment les faits s'étaient déroulés avec Theodore Nott, leur altercation violente dans les cachots.

Lorsqu'elle leur répéta ce que Pomfresh lui avait dit à propos de cet instant où elle avait cru perdre la préfète-en-chef, Ginny eut un haut-le-coeur et le visage de Harry se décomposa.

Vint ensuite la révélation.

Hermione mentionna le traitement miracle qui pouvait la sauver, et ce fut le déferlement de questions et de visages remplis d'un espoir peut-être trop optimiste.

La rouquine voulut se jeter dans les bras de la brune, heureuse d'apprendre qu'elle avait enfin décidé de se faire soigner.

Mais son frère la retint, lui pestant qu'il ne fallait pas être brusque avec la préfète.

Harry et Ron n'arrivaient pas à réaliser pour le moment, bien que la malade perçut sur leurs visages qu'ils semblaient presque soulagés.

Pour la première fois depuis des mois.

L'Elu ne baissait pas son regard.

Il scrutait sa meilleure amie, s'assurant qu'elle ne lui mentait pas, car il voyait toujours dans ses iris chocolat si elle lui cachait la vérité.

Et cette fois, elle n'avait dit aucun mensonge.

Toutefois, Hermione avait omis de mentionner ce qu'il s'était passé entre Draco et Nott.

Ginny fut celle qui amena le sujet sur le tapis.

- Où est-il ? Ce pauvre enfoiré, où est-il maintenant ? Cracha-t-elle en s'asseyant près d'Harry et en ne manquant pas de l'ignorer

Les taches de sang. Ses yeux gris qui étaient devenus le reflet d'un fantôme.

Devait-elle leur avouer ce qu'il avait fait ?

Après tout, elle avait confiance en ses amis.

Et peut-être se rendraient-ils compte qu'ils se trompaient sur ses intentions.

La brune épia Ginny à son tour, et elle lui répondit faiblement :

- Je... je crois, enfin non, j'en suis sûre. Il l'a tué. Draco a tué Nott.

Si la situation n'avait pas été si grave, Hermione aurait probablement trouvé cette scène comique.

Les trois sorciers étaient ébahis, leurs bouches étaient entrouvertes mais aucun son n'en sortait, pas même un infime souffle.

- Qu'est-ce que tu racontes Hermione ? Ron réussit enfin à dire un mot

- Il m'a trouvée après l'attaque et je lui ai dit que c'était Nott. Draco est parti, et lorsqu'il est revenu, il était couvert de sang. Je me souviens de l'expression de son visage et j'en frissonne encore. Une expression qui montrait qu'il avait perdu une part d'humanité en lui.

Ginny et Ron se lancèrent un coup d'oeil, cherchant dans leurs regards respectifs s'ils avaient entendu la même chose.

Ils avaient l'impression que le ciel leur était tombé sur la tête.

- C'est impossible... Chuchota la rouquine

- Ce lâche de Malfoy ? Surenchérit Ronald, reportant son attention sur Hermione

La brune lâcha un soupir à peine audible. Décidément, ils ne voulaient pas comprendre que leur ennemi n'était plus ce qu'il prétendait être depuis leur toute première rencontre.

Mais après tout, ils ne le connaissaient pas comme elle le connaissait.

Et cela n'arriverait jamais.

- Non, il n'est plus lâche, et je ne sais pas si c'est une bonne chose. Dans tous les cas, je me permets de dire que c'est certainement la meilleure chose que Malfoy ait pu faire de toute sa foutue existence.

La préfète-en-chef arqua un sourcil suite aux paroles de l'Elu.

Pour une fois, il n'avait pas craché toute sa haine sur le blond. Elle en fut presque décontenancée.

- Qu'importe ce que vous pensez. Il a simplement voulu me protéger. Souffla Hermione en se repliant sur elle-même en position fœtale, afin de calmer ses maux de ventre

Cela les démangeait intérieurement, mais les trois sorciers ne pouvaient pas la contredire.

Comme d'habitude depuis quelques mois, Draco était revenu pour Hermione, et il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour la protéger. Là où Harry, Ron et Ginny avaient échoué.

Ainsi, ils n'ajoutèrent rien de plus.

Le garçon à la cicatrice se leva, abandonnant la main de sa meilleure amie.

Ils lui dirent qu'ils reviendraient ce soir, car ils avaient énormément de choses à faire.

La brune leur assura que tout irait bien pour elle à présent, et qu'ils n'avaient plus à s'inquiéter.

Et enfin, ses amis semblaient la croire.

Ils la quittèrent le coeur plus léger, avec le sentiment que Hermione ne se laisserait pas abattre et qu'elle allait enfin se faire soigner. Un espoir qu'ils attendaient depuis si longtemps.

À peine quelques minutes plus tard, ce fut Draco qui vint la voir.

Il avait attendu, caché dans un coin sombre du couloir, que Potter et les deux autres s'en aillent.

Il entra dans l'infirmerie, la tête haute et resserrant sa cravate noire. Il accorda un bref remerciement à Pomfresh lorsqu'elle l'autorisa à rendre visite à la jeune sorcière.

Dans un silence presque assourdissant, le blond tira la petite chaise près du lit et il s'y installa, sous le regard brun de la lionne qui le détaillait.

Il demeura immobile et garda ses distances, il ne voulait pas l'oppresser.

- Bonjour. Murmura Hermione en plantant ses yeux dans les siens

Pas une seule émotion ne traversait le visage de Draco.

Il détestait être ici, mais il avait besoin d'être auprès d'elle.

- Je te voyais déjà me quitter. Avoua-t-il soudainement

La préfète-en-chef déglutit.

Il avait compris ce qui était arrivé à Hermione ce matin, et il avait peur pour elle. La voir souffrir le détruisait, lui faisait aussi mal que cette fois où il avait vu sa mère subir les actes les plus atroces.

Il essayait, avec une difficulté qui le rongeait de l'intérieur, mais il essayait d'accepter la condition de la jeune femme.

Et Draco se rendait compte qu'il y arrivait de moins en moins.

- Tu n'as plus à t'en faire à présent. Je vais guérir, Draco. Le rassura-t-elle avec un faible sourire

Elle avait dit cela pour se convaincre elle-même, car elle voulait y croire elle aussi.

Laissant sa faiblesse le submerger un instant, le mangemort cligna plusieurs fois des yeux.

- Que veux-tu dire Granger ?

Les lèvres de la Gryffondor s'étirèrent un peu plus. Il lui avait tant manqué.

- Madame Pomfresh a enfin obtenu le droit de m'administrer le médicament qui me sauvera la vie.

Au fur et à mesure qu'elle lui décrivait le déroulement de son traitement, la bouche de Draco s'entrouvrait, puis se refermait, et ainsi de suite. Les mots restaient coincés dans sa gorge sèche. Jamais il n'aurait espéré entendre cela un jour.
Hermione pourrait vivre.

- Ne t'en fais pas, tu n'es pas obligé de dire quoi que ce soit. Je sais que cela peut être dur à encaisser, après toutes ces fois où je t'ai assuré que j'étais condamnée.

Ce n'était pas dur. Il lui faisait confiance, il se doutait qu'elle ne lui mentait pas.

Au plus profond de lui, le Serpentard souhaitait hurler de joie, de soulagement.

La brillante sorcière qu'il aimait plus qu'il n'en avait le droit ne l'abandonnerait pas, et bientôt ses souffrances prendraient fin.

Il aurait aimé lui montrer à quel point cette nouvelle le rendait heureux.

Mais Draco était encore incapable d'exprimer de telles émotions. Il se l'était trop longtemps interdit et il éprouvait toujours le besoin de se cacher derrière cette carapace afin de ne pas perdre ses moyens.

Alors, il se leva de la chaise et se baissa vers Hermione, avant de déposer un baiser subtil sur le haut de son crâne. Il n'avait pas envie de lui faire mal, il se disait que rien que de la toucher du bout des lèvres pourrait la briser en mille morceaux. Elle paraissait si fragile depuis la crise de ce matin.

Le mangemort se redressa et resta debout, les yeux baissés vers la malade.

Son visage pâle s'était illuminé après que Draco lui ait fait ce tendre baiser.

Il n'y avait pas besoin de mots, ils se disaient tout à travers leurs gestes et leurs regards.

- Je ferai mon possible pour t'accompagner chaque samedi après-midi. Lui promit-il

Le coeur d'Hermione fondit presque de bonheur à l'entente de ces mots.

Elle se sentait si bien quand il était là, la sensation était indescriptible.

- Merci d'être devenu ce que tu es. Lui chuchota-t-elle

Un infime sourire, un sourire à peine perceptible, se dessina sur les lèvres rosées du serpent.

Le coin de sa bouche s'était légèrement courbé.

Il était assez. Et la brune était la première à le lui faire comprendre, après qu'il ait passé de nombreuses années à se haïr.

Comment pouvait-elle voir ce qu'il y avait de meilleur en lui alors qu'il en était lui-même incapable ?

- Comment te sens-tu ? Questionna Hermione, soucieuse

Le blond ne réussit pas à retenir un petit ricanement, enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon noir.

- C'est à moi que tu demandes cela Granger ?

La concernée leva les yeux au ciel, elle reprenait enfin un peu de force.

- Tu sais très bien ce que j'insinue. Nott. Insista-t-elle

Le regard de Draco s'assombrit aussitôt et il détourna un instant la tête.

Hermione savait que ce n'était pas le sujet à aborder, mais elle avait besoin de réponses.

- Il n'y a plus rien à dire. Ce qui est fait est fait. Répliqua le sorcier d'un ton dur

La préfète-en-chef fut attristée de le voir ainsi.

Il avait perdu le peu d'innocence qu'il lui restait, car c'était la première fois qu'il tuait quelqu'un. Et il n'avait même pas utilisé la magie pour le faire, ce qui l'avait d'autant plus déshumanisé.

Pour que le sort de la mort soit efficace, il fallait posséder en soi une rage inouïe. Pour tuer à main nue, cela relevait d'une haine inhumaine. Le Draco qui avait été incapable d'assassiner Dumbledore en sixième année était loin derrière lui désormais.

Hermione se souvint de cette nuit, un mois plus tôt, où le mangemort et elle avaient discuté pendant des heures sans pouvoir s'arrêter. Il lui avait confié à quel point son amitié avec Theodore était celle qui l'avait le plus marqué. Il lui avait raconté la manière dont il était venu vers lui, l'arrachant à ses plus grands démons. Leur relation avait été si pure, et au final Draco en était complètement détruit.

- Pourquoi ne l'as-tu pas aidé comme au début ? Pourquoi l'as-tu laissé devenir ainsi ? Demanda la sorcière

- Tu ne peux pas comprendre Granger. Dès lors qu'il est devenu mon ami, j'ai passé mon temps à le relever quand ses ténèbres le saisissaient afin de le faire tomber. Puis j'ai fini par ne plus en avoir la force, ni l'envie.

Les lèvres d'Hermione tremblaient.

Elle essayait de se convaincre que Nott avait eu ce qu'il méritait.

Si elle ne s'était pas défendue, elle serait morte. Il méritait de finir ainsi.

Toutefois, elle regrettait que Draco ait dû prendre ce rôle. Elle ne voulait pas qu'il devienne un meurtrier.

- Ce n'était pas à toi de faire ça. Dit-elle tristement

- Que croyais-tu ? Qu'attendais-tu de la part d'un mangemort ?

Son visage était devenu aussi froid que la glace.

Hermione n'aimait pas le voir ainsi.

Il avait raison. La brune oubliait bien trop souvent la marque qui régnait sur son avant-bras gauche.

Il ne pourrait jamais être un sain, et il avait tué un être humain pour la protéger.

Il continuerait de le faire, il n'hésiterait pas une seule seconde s'il le fallait.

Qu'importe ce qu'elle lui dirait.

- Ils vont t'emmener à Azkaban. Lâcha la préfète d'un ton sévère

Un second ricanement s'échappa de la bouche de Draco. Il baissa un instant la tête, passant son pouce sur ses lèvres, puis il la releva et fixa Hermione.

- Azkaban, Granger ? En temps de guerre, où tout le monde est voué à tuer tout le monde ? Je t'en prie. De plus, ce n'était que de la légitime défense.

Il était évident que Theodore n'avait pas eu le temps de lever n'était-ce qu'un doigt vers Draco avant qu'il ne le massacre, mais elle préféra ne pas imaginer cette scène.

- Qu'en est-il de Tu-Sais-Qui ? Renchérit-elle

Elle s'inquiétait terriblement, elle ne pouvait pas s'en empêcher.

Ces questions agaçaient le blond, mais il prenait sur lui pour ne pas contrarier Hermione.

- Le Lord n'en avait plus rien à faire de lui, il ne remarquera pas son absence. Pansy le devinera, mais elle ne dira rien.

Bien évidemment. Elle aimait Draco d'une façon incommensurable, et ce depuis toujours. Pour rien au monde elle ne le dénoncerait.

- S'il te plaît, fais attention. Le supplia-t-elle

Le Serpentard hocha la tête, il lui devait bien ça.

- Quand peux-tu sortir d'ici ?

- Je dois encore rester cette nuit. Attends-moi dans mon appartement, je t'y retrouverai demain. Sourit timidement Hermione

Draco poussa un soupir frustré avant de se reprendre.

Elle lui manquait affreusement. Il ressentait le besoin de la sentir contre lui. Il voulait que son souffle chaud s'écrase contre son cou, car cela lui prouvait qu'elle était toujours en vie. Il désirait plus que tout que sa peau nue se mêle à la sienne.

- Je t'attendrai, comme toujours.

Et sur ces mots, le mangemort se baissa une dernière fois et embrassa le coin des lèvres d'Hermione.

En s'attardant peut-être trop longtemps.

Provoquant des frissons qui traversèrent le corps de la jeune femme.

L'odeur de Draco l'enivrait tant.

Puis, sans se retourner, il s'en alla. Il espérait que demain arriverait vite.

oOOOo

Les semaines qui suivirent furent presque insurmontables pour Hermione. Elle avait parfois l'impression qu'elle frôlait de peu les portes de l'Enfer.

Les samedis après-midi étaient insoutenables pour la lionne, et le lendemain, là où les effets secondaires la frappaient de plein fouet, elle était au bord de l'agonie.

Elle se motivait en se rabâchant sans cesse que ce traitement allait la sauver, mais c'était de plus en plus difficile pour elle de le prendre.

Dès lors que le liquide était injecté en elle, la préfète-en-chef était prise de nausées abjectes et c'était tout comme si on lui arrachait ses entrailles.

Elle passait également énormément de temps à dormir.

Elle ne supportait pas de se savoir dans un tel état, mais l'infirmière était toujours là pour lui rappeler que c'était pour la bonne cause.

Hermione en doutait très souvent, mais quand elle tournait la tête sur sa droite, couchée sur le lit blanc de l'infirmerie, et qu'elle voyait Draco à côté d'elle, elle se reprenait dans la seconde. Il était sa motivation, et elle ignorait si elle aurait tenu jusqu'au bout sans lui.

Elle se doutait bien que le mangemort n'était pas à l'aise avec tout ceci. Il se braquait très souvent quand elle lui demandait de la prendre dans ses bras, de peur de lui faire mal, mais lorsque les douleurs devenaient insupportables, Draco n'hésitait pas à prendre la main de Hermione et à la caresser à l'aide de son pouce.

- Tu peux serrer ma main au point de la briser si cela te soulage. L'informait-il à chaque fois, la faisant pouffer de rire

Maintenant que la malade prenait ce traitement, beaucoup de ses proches avaient enfin ouvert les yeux.

Une vérité qui faisait mal, qui leur tordait le coeur.

Le samedi, Draco arrivait à faire face aux souffrances de la malade, mais les dimanches étaient toujours plus pénibles.

Hermione restait toute la journée dans la chambre de son appartement afin de se remettre des effets secondaires, afin d'être capable de retourner en cours le lundi.

Le blond restait assis à côté d'elle. Ils écoutaient Debussy, et Clair de Lune était la musique qui revenait le plus souvent, il lui lisait parfois quelques pages d'un livre, avant qu'elle ne lui demande de s'arrêter car sa tête avait besoin de silence.
Alors, Draco l'observait. Et dans ces moments-là, il se rendait compte de ce qu'elle endurait vraiment.

Il s'était rendu compte que, depuis le jour où elle lui avait annoncé être atteinte d'une tumeur au cerveau, il avait d'abord pensé au mal que cela lui faisait à lui de la voir ainsi et de savoir qu'elle pouvait mourir, plutôt que de penser à la souffrance qui s'emparait de son corps et de la peur de mourir qu'elle devait ressentir.

Lorsqu'il avait réalisé à quel point il avait été égoïste, lors d'un dimanche après-midi pluvieux, Draco était parti s'enfermer dans la salle de bains pendant quelques minutes.

Il n'avait cessé de tourner en rond, se retenant d'exploser de rage.

Puis il était revenu dans la chambre, s'était couché auprès d'Hermione et il avait enroulé ses bras autour d'elle avec précaution.

Il s'exécrait de tout son être.

Un autre samedi après-midi, alors que la jeune sorcière attendait Draco, elle avait eu la surprise de recevoir la visite de Remus.

Le professeur avait appris quelques jours plus tôt qu'Hermione pouvait enfin se faire soigner convenablement, et il avait décidé de passer la voir dès lors qu'il s'était accordé une pause dans son travail.

Tout comme Draco, il s'était senti horrible de ne pas avoir pris le mal-être de la préfète en considération, notamment en la voyant serrer les dents quelques minutes après avoir reçu son traitement.

Combien de fois lui avait-il dit de se battre, non pas pour elle-même mais pour Harry ? Insinuant qu'elle devait d'abord penser à l'Elu qui avait le poids du monde magique sur les épaules, plutôt qu'à elle-même. Alors qu'elle était celle qui était le plus à plaindre.

Merlin, ce qu'il s'en voulait.

Il ne pouvait pas dire que c'était le loup qui avait parlé à sa place, qui avait pris le dessus, il avait agi avec idiotie et c'était entièrement de sa faute.

- Ce n'est rien Remus, cette situation n'est jamais simple pour personne. L'avait-elle réconforté en fermant un instant les yeux pour ne pas vomir

Il avait quitté l'infirmerie quelques minutes avant l'arrivée de Draco.

Le coeur rempli de regrets.

Blaise quant à lui n'était jamais venu la voir.

Il ne se cachait pas de le dire, il n'en avait pas le courage.

S'il n'avait jamais été aux côtés de sa tante qui avait subi la même maladie, alors il ne pouvait pas l'être pour Hermione.

Néanmoins, il ne manquait jamais l'occasion d'incendier sa collègue quand elle se plaignait et refusait d'aller prendre son traitement. À sa façon, un peu brutale, il veillait à ce qu'elle n'abandonne pas.

C'était tout aussi compliqué pour Harry, Ron et Ginny.

Depuis quelques semaines, Harry restait seul et se montrait très peu.

Il se tenait prêt pour l'affrontement final et s'entretenait énormément avec la directrice.

De plus, il était encore enragé suite à cette histoire avec Nott et il faisait en sorte de convaincre McGonagall de mieux sécuriser le château.

D'ailleurs, Theodore avait très vite été oublié, ses actes faisant qu'il ne méritait pas d'être pleuré. Plus personne ne parlait de lui.

Les trois Gryffondors acceptaient que Draco accompagne Hermione lors de son traitement, ils voyaient bien qu'il n'y avait que lui qui pouvait la rendre heureuse grâce à sa simple présence.

Toutefois, un samedi après-midi de mi-avril, ils ressentirent le besoin de prendre la place du Serpentard.

Place qu'il leur céda, non sans les mettre en garde.

- Ne l'embêtez pas avec vos histoires à la con quand elle se fait soigner, ce n'est pas le moment. Leur lança-t-il avec un regard menaçant, avant de rebrousser chemin

Harry roula des yeux puis il pénétra dans l'infirmerie, suivi de la rouquine ainsi que de son frère.

Ils étaient ravis de passer un peu de temps avec leur amie.

Mais malheureusement, leurs sourires s'effacèrent très vite.

Cet après-midi auprès de la malade fut catastrophique.
Pendant une bonne heure, Hermione n'avait cessé de vomir ses tripes, manquant plusieurs fois de faire un malaise. C'était très difficile pour les Gryffondors d'assister à ces supplices, impuissants. Ginny avait dû se retenir de sangloter à plusieurs reprises.

Ils souhaitaient tant être en mesure de l'aider.

La potion que Pomfresh avait concoctée afin d'apaiser les effets secondaires était loin d'être efficace.

La brune était heureuse d'avoir ses amis auprès d'elle, mais elle se sentait également gênée et mal à l'aise. Elle était si faible dans ces moments de la maladie que cela en devenait presque intime, et elle avait l'impression de se mettre à nu devant eux.

Afin de fuir ce sentiment désagréable, Hermione décida de leur confesser ce qui la tourmentait depuis quelques jours.

-Je ne veux pas que vous ayez pitié de moi, et je ne veux pas vous faire subir ma condition alors que les forces du Mal se rapprochent de plus en plus. Pensez d'abord à ce que vous devez accomplir, je peux me débrouiller seule. Dans tous les cas, je ne sais pas si je vais tenir jusqu'au bout. Je vais sûrement arrêter le traitement avant la fin, je sens qu'il me détruit bien plus vite que la maladie.

Ce fut la douche froide, les mots de trop, pour Harry.

Pris d'un agacement soudain et incontrôlable, il se leva de la chaise installée près de la préfète et il s'emporta :

- Tu te fiches de moi Hermione ?

Sur le coup, ses amis furent si surpris qu'ils ne surent quoi dire.

La tête de la malade s'était enfoncée dans son oreiller, les yeux écarquillés.

L'Elu épia quelques secondes l'extérieur à travers les grandes vitres de l'infirmerie, comme pour se calmer, puis il reporta son attention sur Hermione.

Son visage était déformé par l'énervement.

- Comment peux-tu dire cela alors que tu nous avais promis que ce médicament allait te guérir ?

- Harry, écoute-moi...

- Non Hermione ! Tu veux mourir, n'est-ce pas ? Avoue-le ! La coupa-t-il

La gorge de la brune la brûlait, un noeud se créait dans son estomac, comme si celui-ci ne souffrait pas assez.
Et ces larmes qui menaçaient de quitter ses yeux pour rencontrer ses joues qui avaient perdu de leurs couleurs. Ce n'était pas le moment pour pleurer. Pas maintenant, pas déjà.

- Non Harry... ce n'est pas ça. Balbutia-t-elle

- Tu en as assez de tout ceci, tu préfères abandonner ! Dis-le Hermione, dis...

- Et alors ? Hein ? Dis-moi Harry, dis-moi en quoi cela te concerne si Hermione souhaite arrêter ce traitement ? Elle vient de te le dire, il est si néfaste qu'il en devient plus dangereux que sa tumeur !

Cette fois-ci, c'était Ron qui avait hurlé.

Il avait hurlé afin de faire taire son ami qui perdait la raison, afin de relâcher toute cette haine qu'il ressentait pour la maladie de la préfète, car elle avait beau se soigner, les douleurs ne s'en allaient pas. Et elle ne le méritait pas. Elle méritait d'être enfin en paix après ces longs mois d'acharnement et de lutte contre ce fichu malheur.

Abasourdi, Harry s'était reculé, jusqu'à presque se coller contre le mur froid.

Hermione n'en revenait pas que Ron l'ait ainsi défendue.

- Parce que tu acceptes de la voir mourir maintenant ? Cracha l'Elu qui retrouvait déjà son éternelle arrogance

- S'il vous plaît les garçons... Tenta Hermione, mais sa voix était si basse qu'ils ne l'entendirent pas

- Je n'ai jamais dit ça, mais tu ne sais pas ce que ça fait ! Pourtant tu as vécu dans le monde moldu, tu devrais être au courant ! Papa nous l'a expliqué à Noël, nombre de personnes sont tuées par le traitement et non pas par la maladie. Il avait dit qu'il comprenait le choix de Hermione car il y avait des chances que ce médicament soit trop puissant et qu'il ne la tue dans d'atroces souffrances ! C'est ça que tu lui souhaites, hein ? Mourir dans la souffrance ?

Le rouquin s'était rapproché du garçon aux lunettes, leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, et l'on pouvait voir dans son regard océan qu'il désirait plus que tout remettre les idées d'Harry en place.

Sauf que sa petite soeur l'attrapa par le bras et le tira vers elle, l'éloignant de l'Elu.

- Arrête, il n'en vaut pas la peine, il ne réfléchit plus correctement les derniers temps. Lui rappela-t-elle

- Tu ne t'es jamais excusé auprès de Hermione. Tu n'as pensé qu'à toi et tu continues de le faire ! L'accusa Ron, sa voix se brisant

Ces derniers mots avaient retourné l'estomac de Harry.

La vérité venait de lui exploser à la figure, telle une tempête s'abattant sur un arbre.

Comme beaucoup d'autres personnes, il avait d'abord pensé à lui avant de penser à sa meilleure amie.

Il avait osé croire que sa souffrance à lui importait plus que celle de la malade.

Il s'était pris pour le centre du monde, alors que son monde n'était rien sans Hermione Granger.

Alors, il tourna la tête vers la sorcière avec un visage peiné, réalisant qu'il avait été trop loin.

- Hermione... je ne... je ne voulais pas. Je suis désolé d'avoir été si bête.

La jeune femme lui fit un sourire qui se voulait être réconfortant, se redressant sur son lit afin d'attraper la main de son meilleur ami.

- Je sais, Harry. Tu as tant de choses à gérer et tu te sens désemparé. Ta cicatrice te fait souffrir et contrôle bien trop souvent tes émotions. Je sais que tu ne penses pas à mal.

Les yeux de l'Elu étaient remplis de larmes, et il les leva au ciel comme pour les absorber à nouveau.

Puis, avec le plus de douceur possible, il se posa sur le matelas dur et prit Hermione dans ses bras, lui transmettant tous ses regrets à travers cet échange crispé, car il n'arrivait plus à parler.

La brune tendit le bras vers Ron et Ginny afin qu'ils les rejoignent dans ce câlin, ce qu'ils firent, avec un petit sourire scotché sur leurs lèvres. Cela fit tant de bien à la malade de les sentir près d'elle.

- Ne m'abandonnez pas. Même si je sais que ce serait plutôt à vous de me dire ça. Plaisanta-t-elle

Ses amis s'esclaffèrent, la serrant une dernière fois contre eux avant de la libérer.

Ils craignaient de l'étouffer.

- Jamais. Répondit Ginny, le regard brillant

- Et ne vous déchirez pas pour moi. Je vous en prie. Nous devons rester soudés.

- Jusqu'à la fin. Termina Harry qui tenait toujours la main de la lionne

Ils resteraient ensemble, quoiqu'il advienne.

Et ils étaient désormais décidés à soutenir Hermione dans ses choix, qu'importe l'issue de ces derniers.

Après cette altercation, ils avaient compris que c'était eux qui menaient la vie dure à la sorcière, et non pas elle comme ils l'avaient cru pendant des mois.

Ils avaient une chance de se rattraper, et il était plus que temps de le faire.

oOOo

Le lundi, Hermione passa enfin une journée tranquille.

Elle s'était remise de sa dure journée de la veille et elle affrontait les cours avec plus de motivation.

Harry et Ron faisaient abstraction de ce qu'il s'était produit samedi et ils tentaient tant bien que mal de garder une bonne humeur.

N'oubliant toutefois pas de faire part de leurs dernières avancées sur les horcruxes à leur amie.

En fin d'après-midi, Hermione avait son dernier cours dans la salle de classe juste en face de celle de Draco.

Elle montait les escaliers très lentement, car elle était encore affaiblie, mais elle avait si hâte de croiser ce regard gris à nouveau.

Elle ne l'avait pas vu depuis ce matin.

Il était déjà là.

Adossé contre le mur, un livre en main qu'il reposait contre sa hanche.

Son visage nacré et sa bague inscrite d'un petit M brillaient sous les rayons du soleil.

Quelques mèches de ses cheveux blonds tombaient sur son front, et comme d'habitude, Hermione en fut subjuguée.

Elle dut se faire violence pour ne pas le fixer trop longtemps alors qu'elle allait attendre l'arrivée du professeur devant sa salle de classe.

Bien sûr, la brune se posta pile à l'opposé du Serpentard, attendant qu'il daigne remarquer sa présence.

Au bout de quelques secondes, il posa enfin les yeux sur elle, et il pencha légèrement sa tête sur le côté. Avant de lui faire un petit sourire en coin.

Il la faisait toujours fondre quand il faisait cela, et Hermione se rendait compte à quel point elle avait été aveuglée par la haine les dernières années.

Elle n'avait jamais remarqué à quel point Draco était beau, car elle l'avait méprisé de tout son être.

Et de savoir qu'il y avait du bon en lui, cela l'avait d'autant plus charmée.

Elle ne parvenait toujours pas à croire qu'ils étaient... ensemble, à tel point qu'elle n'arrivait pas à se le dire à elle-même.

Un duel de regards rempli de tension et de frustration s'installa entre eux. Cela devenait de plus en plus dur pour les deux sorciers de devoir se cacher des autres. Les coups d'oeil discrets et les baisers volés dans les cachettes du château ne leur suffisaient plus. Mais ils n'avaient pas le choix.

Soudain, une voix grave ramena Hermione sur terre et elle se détourna de Draco en vitesse, les joues rouges.

- Bonjour Hermione, comment vas-tu aujourd'hui ?

Peter. Elle avait complètement oublié qu'elle partageait cette classe avec lui. Elle lui adressa un sourire gêné.

- Je vais bien merci, et toi ?

- Comme un lundi, plaisanta-t-il, j'ai déjà hâte d'être dans mon lit.

- Je ne te le fais pas dire. Gloussa nerveusement la sorcière

- Je sais que Harry, Ron et toi vous vous démenez pour nous protéger, alors je tenais à te remercier et à te dire que nous allons les vaincre. Nous allons gagner cette guerre. S'exclama le jeune homme en bombant le torse

- C'est gentil Peter, merci. Tu as raison, nous allons gagner. Approuva Hermione bien qu'elle en était incertaine

- Je me disais d'ailleurs, qu'après tout cela, nous devrions nous revoir. En dehors du château je veux dire, dans un contexte plus propice à se rencontrer rien que tous les deux. Qu'en dis-tu ? Proposa Peter avec un regard charmeur

Non loin d'eux, le regard de Draco s'était perdu dans le vide mais il avait tout entendu. Du coin de l'oeil, Hermione remarqua que le blond retenait un rire moqueur entre ses lèvres.

Heureusement pour elle, leur professeur arriva en s'excusant pour ce retard et il les invita à entrer.

Elle n'aurait pas à répondre aux avances de Peter, sauvée par le gong.

À la fin du cours, la préfète-en-chef détala le plus rapidement possible afin d'échapper à Peter.

Il n'avait pas arrêté de la scruter en classe et Hermione avait bien cru qu'elle allait finir par lui lancer un sort qui l'assommerait.

Elle n'avait plus besoin de sa baguette à présent, elle aurait donc pu le faire sans que le professeur ne le remarque.

Dommage.

Tandis qu'elle arrivait dans le couloir qui débouchait sur les escaliers qui la mèneraient vers son appartement, Draco apparut soudain à côté d'elle.

Il marcha au même rythme que la sorcière, la tête haute et regardant droit devant lui.

Il était si grand, elle se sentait petite à côté de lui. Et cela lui apportait un sentiment de sécurité.

- Pourquoi est-il si insistant avec toi ? Finit-il par demander

Hermione leva les yeux au ciel avec un petit sourire.

- Je me le demande moi aussi. Admit-elle

À vrai dire, elle ne comprenait pas comment une personne pouvait encore être attirée par elle. Notamment le mangemort, qui pouvait avoir n'importe quelle fille à ses pieds et qui avait pourtant choisi la fille malade et née-moldue, alors que c'était sa première petite amie.

Hermione avait beau y réfléchir une dizaine de fois par jour, elle ne trouvait aucun raisonnement logique à tout cela.

Elle se trouvait si repoussante depuis l'annonce de sa maladie, et bien plus depuis le début de son traitement. Même ses cheveux étaient en train de se détériorer, eux qui avaient autrefois été épais et touffus, ils devenaient de plus en plus fins et se cassaient dès lors que Hermione ou Draco passaient une main dedans.

- Ne joue pas l'innocente, tu sais très bien que tu les attires tous. Dois-je te rappeler la quatrième année ?

La brune se retint d'exploser de rire.

- Serais-tu jaloux ? Le taquina-t-elle

Draco tourna à peine la tête vers elle, et du bout de son index fin il pointa le pins en forme de livre accroché sur la robe de la sorcière.

- Ne m'oublie pas Granger.

Qu'il pouvait être idiot.

Comment pourrait-elle l'oublier ?

Lorsqu'ils arrivèrent devant le tableau qui était prêt à les accueillir dans l'appartement, les deux élèves s'arrêtèrent et ils se firent face.

Un sourire malicieux apparut sur le visage de Hermione, égayant ses yeux fatigués.

- Tu ne m'as jamais détestée en fait, tu épiais chacun de mes faits et gestes. Je me souviens de l'été avant notre quatrième année, lors de la Coupe du Monde de Quidditch. Quand les mangemorts sont arrivés, tu as crié "Granger, je te signale qu'ils sont décidés à s'en prendre aux moldus. Tu ferais mieux d'aller te cacher, avec ta grosse tête mal coiffée". Ces petites méchancetés, tu les plaçais dans tes phrases afin de ne pas révéler tes pensées les plus inavouées. Tu cachais bien ton jeu, Draco.

Draco arqua un sourcil, regardant la sorcière de haut en bas avec un sourire sournois.

- Et tu te souviens de tout ça ? Eh bien je crois que c'est plutôt toi qui es folle de moi depuis tout ce temps, Granger.

- Ne rêve pas trop Malfoy. Riposta-t-elle sur un ton de défi

Alors, le regard du blond s'attarda sur les lèvres de Hermione. Avant de replonger dans ses iris bruns. Les yeux du mangemort s'étaient assombris, et la préfète comprit aussitôt ses intentions.

- Pas ici. Le mit-elle en garde avec un air taquin sur le visage

À la place, Hermione enlaça sa main dans la sienne et elle le tira à l'intérieur de l'appartement après avoir prononcé un petit "Para bellum" qui leur permit d'entrer.

Juste avant de pénétrer dans le salon, Draco avait déjà posé sa main libre sur la taille de la sorcière, prêt à l'attirer vers lui afin de l'embrasser.

Sauf qu'ils furent coupés dans leur élan et Hermione s'éloigna aussitôt du Serpentard, un air ahuri sur le visage.

Blaise et Ginny discutaient ensemble.

Blaise était assis à la petite table du salon, et Ginny était debout à côté de lui, les bras croisés sur sa poitrine.

Elle se baissa un instant vers lui afin d'examiner le parchemin qu'il avait dans les mains, ses longs cheveux roux tombant sur les épaules du préfet.

- Ginny ? L'appela Hermione, fronçant les sourcils

Les deux sorciers relevèrent la tête vers Draco et la brune.

La petite soeur de Ron se redressa mais elle resta aux côtés de Blaise.

- J'aidais cet idiot avec son devoir de potions. Disons que ce n'est pas fameux. Ricana-t-elle

- Cet idiot... Marmonna le préfet-en-chef avec un rire narquois

C'était une scène pour le moins étrange, Hermione ne s'attendait pas à voir cela. Tout comme elle fut étonnée de voir Zabini regarder Ginny de haut en bas lorsqu'elle quitta l'appartement.

Elle lança un regard sévère à son homologue.

Draco jugeait son ami du regard, un rictus sur le bout des lèvres.

- Garde tes sales pattes loin de mon amie. Le prévint Hermione

- Ne sois pas jalouse. Et puis, un Zabini n'a rien à faire avec une Weasley. Répliqua Blaise en se relevant, son devoir et sa plume en mains

- C'est ce que je disais aussi avec Granger. Se moqua Draco, d'un ton pourtant sérieux

Le préfet tira une grimace à la fois écoeurée et amusée.

- Allez dans votre chambre, je ne veux pas vous voir vous embrasser.

Hermione roula des yeux avec un petit rire. Elle se dirigea donc vers les escaliers, se retournant une dernière fois vers Zabini en pointant son doigt dans sa direction. Elle lui murmura un "attention à toi" qui le fit s'esclaffer.

oOOOo

Au plus grand désespoir de la lionne, la semaine s'écoula vite et le samedi fut déjà là.

Il était quatorze heures et Hermione devait être à l'infirmerie dans dix minutes.

Mais elle ne le voulait pas.

Couchée de tout son long sur le lit, elle se lamentait. Elle se trouvait bien ridicule de perdre son courage de Gryffondor et sa détermination, mais elle n'y arrivait plus. C'était trop dur. Alors elle se plaignait, telle une enfant qui faisait un caprice.

- Granger, tu dois te lever. Lui ordonna Draco qui se tenait debout à côté du lit, arpentant la préfète du regard

- Non, je ne veux pas.

La mâchoire du blond se serra.

Il détestait quand elle agissait ainsi.

- Tu es pénible.

- Tu ne peux pas comprendre Draco ! Pesta Hermione en se redressant en position assise

Elle était si fatiguée que les émotions prenaient rapidement le dessus sur sa raison, et ses yeux se remplissaient déjà de larmes.

Pourtant, il assistait à tous les après-midis où elle prenait son traitement.

Il voyait à chaque fois à quel point elle souffrait le martyre pendant deux jours et parfois plus quand son corps n'avait pas la force de la remettre sur pied.

- Si, mais...

- Non tu ne peux pas ! S'écria la brune, désormais à bout

Elle appréhendait déjà le moment où Pomfresh allait enfoncer l'aiguille dans son bras, libérant le liquide en elle qui allait la brûler et la faire vomir pendant des heures.

Elle ne voulait pas.

Draco passa une main dans ses cheveux d'un blond presque blanc, avant de se frotter la nuque.

Il contenait sa colère, il se doutait que la réaction d'Hermione était légitime, mais c'était plus fort que lui.

- Que veux-tu que je fasse dans ce cas ? Assena-t-il

Tout ceci était nouveau pour lui, il ne s'était jamais occupé de quelqu'un auparavant.

Autrefois, il n'y avait que sa petite personne.

Et la Gryffondor ne lui rendait pas la tâche facile.

- Rien, c'est bon. Répondit-elle en baissant la tête

Un soupir agacé glissa entre les lèvres du mangemort.

Puis, sans la prévenir, il posa un genou sur le lit et il enroula son bras droit autour de la taille d'Hermione.

Il passa l'autre sous ses jambes devenues fines.

Ainsi, il la porta contre son torse et reposa sa tête contre son bras, ses cheveux bouclés tombant en cascade dans le vide.

- Draco... Souffla-t-elle, retrouvant un semblant de sourire

Il sentait si bon, et son visage aux traits délicats émerveillait toujours autant la sorcière.

Elle plaça son bras autour du cou de Draco, rapprochant sa tête de la sienne.

Ne résistant plus, le Serpentard écrasa ses lèvres sur celles de la brune, l'embrassant avec passion. Les mordillant quelques fois, ou les goûtant avec sa langue.
Il ne se lassait jamais d'elle, ce qui n'était pas dans son habitude. Il se demandait encore pourquoi elle lui avait accordé la chance de partager sa vie.

À bout de souffle, ils mirent fin à ce baiser, se scrutant avec un amour indescriptible dans leurs regards.

- Allons-y. Céda Hermione, qui grâce à ce baiser avait retrouvé son éternel courage

Draco lui sourit, faiblement, mais il lui sourit. Et à travers ce sourire, il lui fit comprendre qu'il était fier d'elle.

oOOo

Au final, cela n'avait pas été si terrible.

Était-ce la présence du blond qui l'avait aidée ou la potion de Pompom qui était plus forte et qui avait fait effet, Hermione n'en savait rien.

Dans tous les cas, elle n'avait pas vomi et les douleurs de son estomac ne l'avaient pas pliée en quatre.

Elle se sentait mal, bien sûr, mais pas suffisamment pour l'empêcher d'aller faire un tour dans la Salle Commune des Gryffondors après son rendez-vous à l'infirmerie.

Draco avait eu du mal à la laisser, craignant qu'elle ne fasse un malaise en chemin, mais elle avait fini par le convaincre.

Hermione passa une petite heure avec ses trois meilleurs amis, qui étaient soulagés de voir qu'elle n'était pas au plus mal.

Ils discutaient de tout et de rien, écoutant notamment Potterveille.

Puis il fut l'heure pour la lionne de rentrer, elle voulait se reposer un peu avant le dîner.

En passant le tableau de son appartement, essoufflée et lessivée, la préfète-en-chef se stoppa net.

Des voix s'élevèrent depuis le salon, et le ton n'annonçait rien de bon.

Draco et Blaise étaient en train de se disputer.

Piquée par la curiosité, Hermione ne bougea pas et tendit l'oreille.

- Tu penses qu'elle t'aime Draco, mais tout ce qu'elle fait, c'est te faire souffrir. Avec sa tumeur et...

- Parce que tu crois qu'elle a choisi d'avoir cette maladie ? Le coupa le mangemort, d'un ton mauvais

- Non, bien sûr que non...

- Alors comment oses-tu te tenir devant moi et prétendre qu'elle est la cause de mes souffrances ? Tu n'es pas à ma place et tu ne le seras jamais, alors garde tes stupidités pour toi.

Hermione ne pouvait pas les voir, mais elle devina que Zabini s'était légèrement reculé, n'osant pas répliquer.

Il choisit donc une autre attaque.

- Comment peux-tu rester avec elle malgré sa condition ? Comment peux-tu accepter de la voir au plus bas pendant son traitement ?

- Parce que je n'y pense pas, Zabini ! Je suis avec elle pour ce qu'elle est, pas pour ce qu'elle a. Si tu la connaissais comme moi je la connais, tu comprendrais. Clama Draco avec une voix cassante

- Mais tu ne peux pas être dans le déni à ce point, tu...

- Ferme-là, pauvre idiot. Tu ne sais pas ce que ça fait de se réveiller chaque matin aux côtés d'une personne qui illumine tes plus sombres ténèbres.

Le blond bouillonnait intérieurement, il ne supportait pas faire part de ses sentiments les plus enfouis, et Blaise était en train de le forcer à se dévoiler.

À l'entente de cette dernière phrase, Hermione se sentit défaillir.

- Et toi tu n'as pas l'air de comprendre que son traitement ce ne sont que des balivernes. Riposta le préfet

Il y eut un silence qui dura près d'une minute.

Le ventre de la sorcière se noua.

- Que veux-tu dire ?

- Ma tante. Elle avait le même genre de traitement, et cela ne l'a pas empêché de mourir. Elle était à un stade trop avancé, c'était trop tard. Tout comme Granger.

- Ce n'est jamais trop tard. Le contredit Draco en serrant les dents

- Tu te voiles la face Draco, comme tu le fais depuis des mois. Je sais que vous êtes heureux ensemble, je le vois, tu n'as jamais été ainsi de toute ta vie, mais c'est ce qui fait que tu en souffriras d'autant plus. Car tout ceci, tu vas le perdre.

- Alors pourquoi la pousses-tu à se faire soigner ? Ton raisonnement est d'un pathétisme Zabini, cela me dégoûte. Tu es le premier à l'engueuler quand elle refuse d'aller à l'infirmerie.

Le Serpentard au regard métallique se retenait de se défouler sur son ami, cela s'entendait dans sa voix qui tremblait de plus en plus.

- Tout simplement parce que j'aimerais y croire, tout comme toi. Personne ne mérite un tel sort, pas même Granger. Mais contrairement à toi, je suis réaliste. Ce n'est plus sa maladie qui est en train de la tuer, mais son traitement.

Hermione n'écoutait même plus toutes les horreurs qu'ils se balançaient à la figure.

Ce que Zabini venait de dire, cela avait comme réveillé la brune.

Doucement, elle ouvrit les yeux.

Elle ouvrit les yeux sur tout ce qu'elle avait tenté de cacher. Toutes ces pensées qu'elle réfutait, mais qui ne faisaient qu'exposer la vérité.

La dure vérité que peu de personnes voulaient accepter.

Hermione était égoïste.

Elle se soignait enfin, comme on l'avait supplié de faire, mais elle se doutait bien que sa guérison n'était pas certaine.

Elle connaissait son corps, et elle se rendait compte qu'il lui faisait de plus en plus faux bond.

La malade n'était pas assurée de vivre, et pourtant elle agissait comme si c'était le cas.

Chaque jour, Draco tombait un peu plus amoureux d'elle, et elle le laissait faire.

Elle ne l'empêchait pas d'être fou d'elle alors qu'elle pouvait l'abandonner à tout moment.

C'était tout comme lui accorder le bonheur, ce bonheur qu'il n'avait jamais connu, et le lui arracher avec cruauté.

Le poussant au fond du gouffre.

Zabini avait raison. Il avait raison depuis le début. Draco serait celui qui en souffrirait le plus, et en restant avec lui, cela impliquait le fait que Hermione était d'accord avec cela.

Mais cela ne pouvait se passer ainsi.

Elle n'avait pas le droit de ne penser qu'à elle car le mangemort lui apportait cette joie qu'elle avait perdue.

Elle ne pouvait pas se reposer sur lui, compter tout le temps sur lui. Draco n'avait que dix-huit ans, et elle lui imposait le fardeau de devoir s'occuper d'elle avec sa terrible maladie. C'était inhumain.

C'était à son tour de se haïr.

Comment avait-elle pu être si égocentrique ?

Il était temps de mettre fin à tout ceci.

De ce fait, Hermione finit par sortir de l'ombre et elle rejoignit les deux Serpentards dans le salon.

- Granger ! S'exclama Zabini avec de gros yeux

Le visage encore enragé, Draco se tourna vers la jeune femme et il parut lui aussi choqué.

Ils ne l'avaient pas entendue entrer, et en voyant à quel point elle semblait dépitée, ils comprirent qu'elle les avait écoutés.

Blaise était de trop, il le sentit bien, alors il s'en alla loin d'ici sans plus attendre.

Hermione et Draco se fixèrent, longuement, sans un mot.

Elle essayait encore d'assimiler tout ce que Zabini avait dit, le coeur lourd.

Le blond voulut venir vers elle, n'aimant pas la voir si peinée, mais la préfète leva une main devant elle, lui indiquant qu'elle ne voulait pas qu'il s'approche.

- Non. Dit-elle d'une voix calme mais pourtant si sèche

Draco eut un mouvement de recul, hébété face à ce rejet.

- Granger, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit. Voulut-il la rassurer

- Mais moi si.

Le mangemort fronça les sourcils.

Il eut besoin de quelques secondes pour comprendre les intentions de la préfète.

- N'y pense même pas. La prévint Draco

- C'est mieux ainsi.

Il commençait à stresser, elle pouvait le percevoir dans son regard.

La voix de la sorcière était remplie de tristesse, et cela ne faisait que l'angoisser d'autant plus.

- Qu'est-ce qui est mieux ainsi ?

- C'est fini, Draco. Cela ne peut plus continuer ainsi, je ne veux plus t'infliger tout mon malheur et mes souffrances. Je sais que l'on dit toujours qu'un couple c'est pour le meilleur et pour le pire, mais nous sommes trop jeunes pour cela. Je n'ai pas le droit de t'imposer ma maladie. Je n'ai pas le droit de m'imposer dans ta vie alors que je pourrais la quitter en mourant. Il vaut mieux que tout ceci s'arrête avant que cela n'arrive, ce sera moins douloureux.

Les poings de Draco se serrèrent.

Pourquoi lui faisait-elle cela ?

Il détestait les disputes, il exécrait dévoiler ses émotions.

Il n'avait pas besoin de cela.

- Pourquoi ne comprends-tu pas ? Je l'accepte. J'accepte ta maladie, qu'importe ce qui nous attend, car il n'y a que toi que je veux. L'implora le Serpentard

Hermione ferma les yeux quelques secondes, inspirant un grand coup. Elle ravalait ses larmes avec difficulté. Elle ne pensait pas que ce serait si soudain, si dur, mais pourtant si nécessaire.

- J'agis avec égoïsme Draco, je veux être avec toi alors que je sais pertinemment que je vais t'infliger la pire des douleurs si je viens à mourir. C'est malsain, je ne peux plus faire cela.

Ses mots étaient plus tranchants qu'un coup de poignard.

Draco avait l'impression d'étouffer, mais il ne voulait pas croire ce qu'elle disait.

Il desserra légèrement sa cravate et regarda ailleurs pendant quelques secondes, avant de reporter son attention sur la lionne à nouveau.

- Est-ce la vraie raison ? Ou est-ce parce que tu t'es rendu compte que je ne suis qu'un monstre ? Je n'ai jamais été bon avec toi, et tu pensais me changer en te mettant avec moi. Mais tout le contraire s'est produit, je suis devenu bien plus torturé, jusqu'à tuer mon ami.

Les mains de la malade tremblaient.

L'atmosphère était devenue pesante, remplie de tourments qui les lancinaient intérieurement.

Elle ne voulait pas en arriver là, mais elle n'avait pas le choix.

- Je t'en prie Draco, ne pense pas de telles choses. Je suis l'unique problème, je l'ai toujours été. Je fais cela pour ton bien. Tu ne peux pas être avec une condamnée alors que tu as encore toute la vie devant toi, cela te détruira. Tu aurais dû écouter Zabini, tout comme je n'aurais jamais dû tomber amoureuse de toi.

Draco se mit à rire nerveusement, se frottant les tempes. Si Hermione n'était pas tombée amoureuse de lui, il ne serait rien aujourd'hui. L'Enfer l'aurait accueilli depuis des lustres.

- Tu n'es pas condamnée Granger, tu te soignes. Suis-je le seul à croire en toi ? À te croire suffisamment forte pour vaincre cette tumeur ? Suis-je le seul à croire en nous ?

La préfète-en-chef ne sut pas quoi répondre.

Il avait raison, elle le savait au fond d'elle, mais son coeur lui criait que rester avec lui n'était pas la bonne solution.

Comme l'avait dit Blaise, le traitement pouvait la tuer tout aussi rapidement que la maladie, elle était loin d'être sauvée.

Si elle l'aimait vraiment, elle ne pouvait pas l'autoriser à continuer de s'attacher à elle. Pas avec ce qui les attendait.

- Et maintenant tu me laisses tomber, m'interdisant d'être avec toi. Je... je suis fatigué Granger, je suis fatigué de ne pas savoir comment changer. Qu'importe si j'essaye, au final je finis quand même seul.

En prononçant ces derniers mots, la voix de Draco s'était brisée, dévoilant cette brèche en lui où il cachait toutes les émotions qu'il refusait de montrer.

Le coeur de Hermione se serra, avant d'éclater en mille morceaux.

Pourquoi était-ce si douloureux ?

Bien plus éprouvant que les effets secondaires de son traitement.

Mais elle ne craquerait pas, car c'était pour le mieux. Si elle venait à quitter ce monde, Draco la remercierait d'avoir refusé qu'il ne s'accroche d'autant plus à elle. Ses sentiments finiraient par s'évanouir avant qu'elle ne s'en aille, et sa perte serait moins douloureuse.

Et ça, Draco le comprit en lisant dans son regard.

Elle ne céderait pas, et il n'avait donc plus aucune raison de la contredire.

Après tout, il l'avait bien cherché. Comment avait-il pu croire qu'il la méritait ? Il était un être vil, exécrable et mauvais. Il n'avait pas le droit de se tenir à côté d'elle. Ce qu'il ressentait pour la sorcière n'était pas suffisant.

- J'imagine que tu avais raison Hermione, nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Termina-t-il d'un ton froid, le regard fuyant

Cela lui fit si mal d'entendre cela, mais d'un autre côté cela soulageait sa conscience.

C'était mieux ainsi, elle ne cessait de se le répéter.

Il finirait par lui pardonner, elle en était persuadée. Elle pourrait partir l'esprit tranquille à présent, car elle ne le ferait plus souffrir.

Alors, Hermione lui adressa un dernier regard.

Un regard qui en disait long, qui parlait à sa place car elle n'en avait plus la force.

Puis elle se détourna pour monter dans sa chambre, abandonnant le blond derrière elle.

Mais Draco ne fut pas d'accord. Il avait besoin de la sentir près de lui une dernière fois, de lui dire adieu à sa manière.

Ainsi, il attrapa la jeune femme par le poignet et la ramena vers lui, serrant son corps contre le sien. Il se délecta de son odeur florale et sucrée, l'imprégnant en lui pour toujours, et il caressa encore une fois la peau douce de ses bras parsemés de taches de rousseur et de grains de beauté.

Et là, alors que Hermione avait niché sa tête dans le cou du blond, se mettant sur la pointe des pieds pour l'atteindre, Draco porta son poing à sa bouche et il le mordit, le plus fort possible, afin de retenir les larmes qui perlaient dans le coin de ses yeux gris. Afin de ne pas hurler et de ne pas relâcher toute cette tristesse qui le torturait.

Il avait l'impression que l'on lui crevait le coeur, et que c'était tout ce qu'il méritait.

La brune remarqua ce geste déchirant et elle retint un sanglot. Elle n'avait pas l'habitude de le voir si anéanti. Mais elle réussit à se convaincre que ce n'était rien comparé à la douleur qu'il ressentirait en la voyant mourir.

Elle avait fait le bon choix, et elle le quitta avec un sourire réconfortant, non sans avoir un trou béant dans le coeur.

Ils finiraient par se retrouver, elle le savait, mais pas dans ce monde où Hermione était condamnée.

oOOOo

Une autre semaine passa.

Une semaine durant laquelle Hermione se remettait doucement de sa rupture avec Draco.

Elle n'en avait même pas parlé à ses amis, et le mangemort était retourné auprès de Voldemort depuis trois jours.

Tout ceci l'aidait à ne plus y penser et elle acceptait leur séparation plus facilement que prévu.

Ne plus le voir lui permettait de l'oublier.

Toutefois, en ce samedi midi de fin avril, tandis qu'Hermione prenait son déjeuner avec Harry et Ron, elle réalisa que ce serait la première fois qu'elle irait prendre son traitement seule, et que la chaise que Draco occupait serait vide.

Cela lui mit un coup au moral, elle ne pouvait pas le nier.

Depuis hier elle avait énormément de maux de tête et sa fatigue générale l'épuisait au point de ne plus pouvoir marcher sur plus de dix mètres.

Son corps était en train de la lâcher à nouveau, bien plus hâtivement qu'avant le début de son traitement.

Elle ne le supportait plus.

- Les garçons, je crois que je vais arrêter le traitement. Déclara-t-elle tout à coup, avalant une gorgée de jus de citrouille, le seul aliment qu'elle parvenait à ingurgiter

Suite à cette annonce, Harry manqua de faire tomber sa fourchette mais il la rattrapa avant qu'elle ne claque contre l'assiette en or. Ron lui donna un coup de coude afin de lui rappeler qu'il ne devait surtout pas la contrarier et respecter ses choix.

L'Elu se racla donc la gorge et fit un sourire sincère à son amie, bien que cela lui faisait mal de se dire qu'elle allait finalement abandonner.

- Je comprends Hermione, mais essaye d'en discuter avec Pomfresh avant de prendre une décision, d'accord ? Lui demanda Harry avec encore un infime espoir au fond de lui

- Bien sûr, c'est ce que je comptais faire.

- Parfait. Je sais que tu souhaites être seule aujourd'hui, mais nous t'attendrons dehors, près du lac. Il fait chaud et cela te fera du bien de te reposer dans l'herbe, crois-moi.

C'était vrai, le printemps était bel et bien là, des fleurs blanches et roses recouvraient les grands prés de Poudlard et les arbres étaient plus verts que l'émeraude, l'odeur de pin se diffusant dans l'air.

Les journées ensoleillées apportaient de la joie et faisaient presque oublier les temps sombres qui attendaient les élèves.

C'était une bonne idée, et elle avait déjà hâte d'y être.

Pour une fois, Hermione arriva pile à l'heure pour son rendez-vous.

À peine s'installait-elle sur le lit qu'elle fit aussitôt part de son hésitation à l'infirmière, avant qu'elle ne lui insère l'aiguille qui allait faire pénétrer ce poison en elle.

Elle lui expliqua que ce traitement était devenu un supplice pour elle et qu'elle ne souhaitait plus aller jusqu'au bout.

À la fin de sa tirade, Pomfresh lui fit un grand sourire.

Elle paraissait contente, et Hermione ne comprit pas pourquoi.

- Eh bien, je comptais vous annoncer la bonne nouvelle après votre dose de traitement afin de vous remonter le moral, mais j'ai bien l'impression que je vais devoir le faire maintenant Miss Granger.

Le coeur de la malade se mit à battre la chamade.

Elle n'avait aucune idée de ce que la vieille dame lui réservait et Hermione s'attendait à tout.

Un stress oppressant s'empara d'elle.

Ses petits talons claquant sur le sol, Pomfresh revint vers la jeune femme avec des images de radio entre les mains.

Elle les lui montra et se mit à les décrire, se doutant bien que la sorcière n'y comprendrait rien.

- J'imagine que vous l'avez compris, mais vous êtes en train de vaincre cette maladie Miss Granger. Il n'y a presque plus de cellules cancéreuses dans votre circulation sanguine et lymphatique, si votre tumeur au cerveau devait vous tuer, ce ne serait pas avant des dizaines et des dizaines d'années. Vous êtes proche de la guérison, vous ne pouvez pas abandonner, pas maintenant. Il ne vous reste plus que quelques cellules à éliminer, et le traitement va s'en charger pour vous. Vous pourrez vivre avec cette tumeur, elle a totalement été stoppée dans son évolution.

Hermione était estomaquée.

Elle avait eu du mal à y croire, à cette guérison, quand l'infirmière lui avait présenté son nouveau traitement.

Mais maintenant que les résultats étaient là, qu'elle en avait la preuve devant les yeux, elle crut un instant se trouver dans un rêve éveillé.

Ce qu'elle avait espéré pendant des mois était enfin arrivé. Elle allait guérir, pour de bon.

Elle avait été plus forte que la maladie, plus forte que les terribles effets secondaires du traitement.

Elle s'était battue, et elle avait gagné cette première bataille.

Harry, Ron et Ginny n'en croiraient pas leurs oreilles.

Hermione les voyait déjà sauter de joie dans tous les sens, et rien qu'à cette pensée, des larmes de soulagement et de bonheur dévalèrent ses joues gonflées.

Des perles salées qu'elle ne parvint pas à contrôler.

L'infirmière était sur le point de pleurer elle aussi.

Elles attendaient cela depuis si longtemps.

- Je vous remercie Madame Pomfresh, je vous remercie pour tout.

Ainsi, la lionne accepta de continuer le traitement sans aucune réticence, prête à braver ces affreuses nausées et ces coups de couteau dans l'estomac, car ce qui l'attendait au bout du chemin en valait la peine.

Elle n'en doutait plus désormais.

Mais une fois l'euphorie retombée, Hermione repensa alors à Draco, et elle se rendit compte qu'elle avait fait la plus grande erreur de sa vie en le rejetant.

oOOOo

Après presque une semaine d'absence, le mangemort craqua et revint à Poudlard.

Il s'était dit qu'il passerait en coup de vent pour tenir McGonagall informée, et qu'il repartirait ensuite.

Il n'avait plus sa place ici de toute manière.

Toutefois, après son entretien avec la directrice, il ne résista pas à l'envie d'aller voir Hermione, même si cela lui ferait du mal.

Il ne pouvait plus supporter d'être loin d'elle.

Il avait demandé à McGonagall de le tenir au courant de son état quand il lui rendait visite, mais cela ne lui suffisait plus.

Au bout de deux jours à peine, Draco avait réalisé qu'il ne pouvait pas vivre sans Hermione. Alors, après avoir réfléchi pendant des jours et mis sa fierté de côté, il comptait retenter sa chance, qu'importe si elle le repoussait à nouveau. Il ne pouvait pas la laisser partir.

Il alla d'abord dans l'appartement des préfets, mais n'y trouva personne.

Que ce soit dans le salon, dans la chambre ou dans la salle de bains.

Tout était vide et silencieux.

Pas une trace de la brune dans l'infirmerie ou dans la bibliothèque.

La Grande Salle était fermée, car ce n'était pas encore l'heure du dîner.

Draco fouilla tout le château, ainsi que son extérieur, n'oubliant pas la Tour d'Astronomie, mais Hermione demeurait introuvable.

Il ne lui restait plus qu'un endroit, un endroit où il ne devait absolument pas être vu, mais il n'avait pas le choix.

D'un pas pressé, il se dirigea vers la Salle Commune des Gryffondors.

Mais à peine franchissait-il les dernières marches de l'escalier que Harry et Ron surgirent derrière le tableau de la Grosse dame, et une once de panique, ainsi qu'une rage indescriptible, pouvaient se lire sur leurs visages.

Une sensation désagréable parcourut le corps du Serpentard. Il s'était passé quelque chose, il le sentait. Cela le prenait aux tripes.

- Où est-elle ? Siffla Draco entre ses dents, les dévisageant

D'abord, l'Elu lui lança un regard accusateur, mais en voyant l'incompréhension dans les yeux de glace du blond, il comprit vite qu'il n'avait rien à voir dans cette histoire.

De ce fait, Harry lui répondit dans la seconde, à toute vitesse, car ils n'avaient plus le temps.

- Les mangemorts... ils l'ont enlevée.


Oops. Navrée de vous laisser sur une telle fin, mais vous savez que j'adore faire ça ! :D

Qu'en avez-vous pensé ? J'espère sincèrement que ce chapitre vous a plu ! Quel est votre moment préféré ?

J'attends vos avis avec hâte. N'oubliez pas de me laisser un commentaire. J'ai si hâte de vous lire.

Il ne reste plus que 4 chapitres les ami.e.s, selon vous, que va-t-il se passer ? La fin approche.

Je vous dis à bientôt pour la suite et je vous remercie encore pour tous vos votes et commentaires, pour tout ce que vous apportez à cette Dramione ! :-)