« Emblèmes de l'Âme »

Lordess Ananda Teenorag


Titre : « Emblèmes de l'Âme »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Fire Emblem Three Houses

Genre : Alternate Universe – Fantasy, Frienship, Romance, Family.

Résumé : Les Emblèmes de l'Âme. Les marques précieuses d'êtres à la fois humains et divins. De ceux qui peuvent revêtir la forme magique des Esprits Gardiens Ancestraux. Tels que Flamme, le splendide étalon à la crinière de feu, et, Ambre, le magnifique loup aux prunelles d'or.

Personnage central : Felix Hugo Fraldarius

Personnages principaux : Sylvain Jose Gautier, Ingrid Brandl Galatea, Dimitri Alexandre Blaiddyd. La Maison des Lions de Saphir et quelques membres des Cerfs d'Or, dont Claude Von Riegan et Hilda Valentine Goneril.

Soutiens et pairings : Sylvain Jose Gautier x Felix Hugo Fraldarius A+/S

Autres : Dimitri Alexandre Blaiddyd x Claude Von Riegan A+/S, Caspar Von Bergliez x Hilda Valentine Goneril A+/S, Ingrid Brandl Galatea x Ashe Ubert A+/S, Annette Fantine Dominic x Mercedes Von Martritz A+/S.


Emblème du Loup : Ambre


Quartiers des Chasseurs.

Nuit profonde.


Un cercle d'armes et de chaînes se referma sur lui.

« Bien. Maintenant, petit loup… tu vas gentiment te ranger avec nous et passer ce collier. Ce serait dommage d'avoir à t'abîmer plus, les Emblèmes ont beaucoup plus de valeur lorsqu'ils sont intacts. Certains sont prêts à payer très cher pour avoir des raretés… »

Du Loup de la Nuit, les crocs se dévoilèrent.

« Grrrr… »

« Attention ! Il va attaquer ! »

Les 'Emblèmes'. Même pas les 'Metanima', véritable appellation de leur nature. Pour dire qu'ils n'étaient même pas considérés par rapport à ce qu'ils étaient, mais seulement pour ce qu'ils apportaient.

« Ne le laissez pas s'enfuir ! »

« Il est blessé. Mais restez prudents. Ce fauve a déchiqueté un nombre impressionnant de nos recrues… »

Alors qu'il s'apprêtait à livrer son dernier combat, une touffe de feu obscurcit la vision des adversaires à défaire. Ambre sentit sa mâchoire se décrocher.

« Oh, c'est pas très gentil de s'attaquer à un animal blessé. En combat loyal, vous n'auriez même pas pu l'approcher. »

'Sylvain ?! Non, qu'est-ce que tu fais là ?! Tu devais… !'

L'imbécile – toujours sous forme humaine – coula un regard vers lui. Felix le fusilla des yeux, l'enjoignant de partir sur-le-champ. Comme l'on pouvait s'y attendre, son compagnon lui fit un superbe clin d'œil.

« Tiens, tiens. L'autre séducteur du dimanche, qui traîne partout dans les tavernes à racoler des gens, hommes comme femmes. Il paraît que tu enseignes la stratégie et que t'es plutôt un bon professeur. »

« Oui, je sais que je suis exceptionnel, comme mec. Merci de me le rappeler. »

Flamme paradait devant les autres, même au cœur du danger. Si les Chasseurs d'Emblèmes n'avaient pas fait le rapprochement entre sa crinière de feu et ses yeux chocolat, alors, ce trait de caractère pourrait tout leur révéler.

« Merci d'avoir formé deux de nos recrues, à propos. C'est eux qui ont trouvé la trace du Loup de la Nuit. »

« Oups. »

Oups, en effet. Bien sûr, bien sûr, il avait fallu que ce soit les escapades de cet abruti profond qui les aient mis dans la panade…

'Je te promets, Sylvain, que si on s'en sort, je ferai de ton épaule et de tes paturons un aiguisoir pour mes crocs…'

« Bon, je sais que je suis un professeur génial et un mec tellement beau que vous pouvez pas me lâcher du regard, mais laissez ce fauve tranquille. Il y a des règles en tant que Chasseur. Les loups sont une espèce protégée depuis le 1er Mois de la Harpe au 5ème Millénaire. Le 34ème Décret de la 1ère Reine de Faerghus parle du principe de la prédation par équilibre. Les arracher à leur milieu naturel revient à détruire notre environnement. »

« Si tu veux qu'on fasse attention à ce que tu dis, il va falloir un peu plus qu'une leçon d'histoire. »

Un homme (très laid, avec une grosse cicatrice sur le visage, comme Dimitri, mais en beaucoup moins classe) avait posé sa main sur son poignet. L'air amusé, Sylvain battit des cils comme pour séduire son public. Puis, d'un air provocateur, il caressa la paluche de l'immonde personnage.

« Désolé, mes chéries. J'adooooooooore être désiré, mais… comment dire ? Vous êtes absolument, absolument pas mon genre. »

Un immense sourire couvrait le visage de l'Enjôleur : mais Felix – mieux que quiconque – savait décrypter l'artifice de cette charmante hypocrisie.

'Sylvain… je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais… ne fais pas de bêtises. Je ne veux pas te perdre…'

« Vous voulez un Emblème, un vrai ? Un homme, un vrai ? »

Un éclat sérieux avait soudainement transformé la séduisante espièglerie des yeux chocolat.

« Alors… me voici ! Moi, Flamme, l'Etalon de Feu ! Essayez de me vaincre, si vous le pouvez ! »

Dans un tonnerre de braises et de cendres, le plus charmeur des Lions de Saphir s'était transmuté ! Flamme, le sublime Etalon de Feu aux yeux chocolat et aux malicieuses escapades, se tenait devant ceux qui le convoitaient, prêt à défier leur concupiscence !

« In-… incroyable ! »

« C'est… c'est Flamme ! L'Etalon de Feu ! »

'Oh, par pitié, non ! Non, il ne fallait pas montrer ton identité devant tout le monde ! Qu'est-ce qui te passe par la tête, Sylvain ?!'

Alors qu'un inconscient faisait un mouvement d'approche, un sabot l'envoya rouler au fond de la pièce. Ambre glapit d'angoisse.

« Personne n'a jamais réussi à m'attraper. Personne ! Qui veut essayer de m'approcher ? Qui veut tenter de me passer la corde au cou ? Même si je dois briser vos chaînes une par une, écraser vos colliers un par un ? Transpercer votre corps, marteler vos reins ? Qui serait prêt à tout pour moi ? »

Et Felix réalisa – avec horreur – que son plus cher compagnon s'apprêtait à sacrifier sa liberté pour le sauver.


Quelque temps auparavant.

Royaume de Faerghus, Plaines Glacées.

Clan des Lions de Saphir.


Plus fort. Plus vite. Toujours plus.

Peut-être que devenir plus habile encore lui permettrait de mieux le protéger ?

Felix écarta cette pensée de son cerveau. Protéger son ami. Le protéger. Voilà qu'il se mettait à penser comme lui…

'Il doit vraiment avoir déteint sur moi. Pfff…'

Flamme était terrible à gérer.

« Sylvain. »

« Hum ? »

C'était possible, d'être un insouciant pareil ?

« Je ne veux pas que tu te mettes en danger pour moi. C'est bien clair ? »

« Oh, tu t'inquiètes pour moi ? Comme c'est mignon, Felix. Répète-le encore, j'adore ça. »

Ses yeux devaient maîtriser le lancer d'éclair, c'était sûr.

« Flamme. »

« Oui, oui, je te le promets. Je ferai attention, ok ? »

S'adresser à un autre par son nom de Metanima, alors qu'on était sous forme humaine, c'était le signe qu'on avait quelque chose de sérieux à communiquer. Son ami ne l'ignorait pas, mais, malheureusement pour Felix, Flamme comme Sylvain étaient… des têtes de mule.

« Ambre. »

Le Farouche émergea de sa rêverie. Devant lui, sa sœur par alliance, Ingrid la Chevaleresque, le regardait d'un air à faire un discours moralisateur.

« Sois honnête avec tes sentiments, envers lui. Et il le sera envers toi. »

Et il n'y avait qu'elle pour les sermonner au moins une fois par jour. Il fallait avouer, qu'avec Sylvain, c'était inévitable…

« Pour cela, il faudrait qu'il arrête de sortir tous les soirs ! » s'énerva-t-il.

Felix ne savait que penser de ses perpétuelles escapades nocturnes. Il était conscient que Sylvain avait besoin – contrairement à lui – de compagnie et d'amusement. Mais, ces derniers temps, elles se faisaient de plus en plus nombreuses et dangereuses, comme au temps de la guerre. Comme si leur ami avait besoin d'évacuer quelque chose.

« Felix, si tu lui disais ce que tu ressentais… il t'écouterait, c'est sûr. Il t'aime vraiment. »

Il aurait dû en parler à Dimitri. Mais le phacochère avait déjà ses soucis avec le Royaume et son état mental s'en ressentait. Et, pour être honnête… il n'avait pas le cœur de priver Sylvain de son unique source de distraction.

« Tu crois que c'est si facile, Ingrid ?! Bonjour, monsieur le séducteur professionnel. Je sais que vous ne pouvez pas vous empêcher de charmer tout ce qui bouge, pour combler un manque d'estime de soi qui n'a pas lieu d'être. Tu veux arrêter de sortir tous les soirs, parce que je t'aime ? »

La Chevaleresque soupira d'un air exaspéré.

« Faut-il que vous soyez toujours difficiles, tous les deux ! »

Il ne pouvait même pas démentir. Mais c'était complètement la faute de Sylvain, non ?


Retour au présent.

Repère des Chasseurs d'Emblèmes, cage.

Nuit profonde.


C'était complètement sa faute à lui.

S'il avait été plus fort, il aurait plus franc avec Sylvain. Et aucun d'entre eux ne se serait trouvé dans une situation pareille.

« Fe… F-felix… »

« Abruti ! Tu crois vraiment que c'est le moment de délirer ? »

Flamme avait livré un combat impitoyable contre trois escadrons entiers de Chasseurs d'Emblèmes. Il se trouvait dans un état pathétique, couvert de blessures et de sang.

« C'est… c'est tout… ce dont… vous êtes capables ? »

Telle une statue de feu au milieu des chaînes, le sublime étalon se découpait à la lueur des torches. Ecarlate de sang et de sueur mêlés, alors que les cordes marquaient sa chair de son inéluctable captivité.

« Flamme ! Arrête… ! »

S'il l'avait voulu, Ambre aurait tout à fait pu prendre la fuite à n'importe quel instant. Mais lorsqu'il avait vu l'étalon tomber à la renverse, à cause d'une corde lancée sur son cou, il avait fait demi-tour pour lui prêter main-forte.

Finalement, ils étaient aussi stupides l'un que l'autre.

« Je… je suis d-désolé… F-felix… »

« Arrête de t'excuser ! Ce qui est fait est fait ! Maintenant, tu vas te reposer, et, on réparera tes bêtises plus tard ! »

« T-tu… tu aurais dû… p-partir… »

« Tu penses que je t'aurais abandonné là-bas ?! Espèce de… ! »

Les yeux vitreux de l'étalon eurent comme une accalmie de tendresse.

« Fe… »

Instant d'un sentiment, où il avait posé sa tête contre sa poitrine.

« … ! »

Felix sentit son cœur rater un battement. Ce n'était pas la première que Sylvain le touchait, mais là…

'Sylvain… je… je…'

Autour d'eux, les barreaux de la cage les séparaient du monde. Loin de l'enfer des chaînes et de la futilité des hommes.

Comme gardant le secret d'un lien indicible.

Seuls au monde…

toujours ensemble.

« On peut dire qu'on a grandi ensemble, toi et moi ? »

« Evidemment. »

Un moment, pour une confidence.

« Hé, Felix. Tu te souviens de notre promesse ? Celle de mourir ensemble ? »

« Je m'en souviens. »

La douceur d'un instant, d'une promesse rappelée.

« Je n'essaie pas à tout prix de mourir avant toi. Tu le sais, n'est-ce pas ? »

« Je le sais, je le sais. »

La belle tête de l'étalon reposait sur sa poitrine, qui se soulevait au rythme de sa respiration. Telle une marque de confiance, d'abandon profond. Felix savait que son ami n'agissait jamais ainsi avec ses conquêtes.

Seul lui avait droit à une telle sincérité.

« Sylvain ? »

« O-oui ? »

Sa voix murmura, comme dans un souffle.

« Merci. Et… »

pardon de ne pas réussir à te dire ce que je ressens pour toi.

Pardon.

Mais ces mots ne purent jamais franchir ses lèvres.

« C'est par là ! La cage se trouve là. Avec un peu de chance… »

D'un coup, il s'était redressé, protégeant son compagnon de son corps. Il n'avait peut-être plus la force de se transformer pour combattre, mais ce n'était pas pour autant qu'il allait abandonner son ami le plus proche.

« Dégagez ! Dégagez ! Cela ne vous a pas suffi, de nous faire ça ?! »

« F-Felix ! Calme-toi, j-je… je les connais. »

Il montra les crocs. Les deux individus reculèrent, terrorisés.

« C'est censé me rassurer ?! »

L'étalon le regarda avec calme, posant ses mains sur les siennes.

« Laisse-moi gérer cela. Fais-moi confiance. »

'Tu veux que je te fasse confiance ?! Après que tu nous as mis dans ce pétrin, que tu as failli mourir encore, et que, et que, tu m'as inquiété à un point… !'

La fermeté du regard chocolat fit mourir ces mots sur ses lèvres. Il détourna la tête, pour cacher son trouble.

« Pfff. Fais comme tu veux. »

« Merci, Felix. »

Il tenta d'ignorer comment ce seul petit mot faisait danser son cœur. La voix de son ami s'éclaira, alors qu'il s'adressait aux nouveaux venus.

« Oh, c'est vous ! Mes deux élèves de la taverne. Eh bien, si j'avais su qu'on se retrouverait dans de telles circonstances… »

« … »

Le couple les fixait d'un air étrange, sans mot dire. L'Enjôleur eut un sourire fatigué.

« J'imagine que c'est de bonne guerre. Je ne me doutais pas que vous mettriez en pratique ce que je vous ai enseigné pour m'attraper. Bien joué. Je savais que vous étiez doués. »

« Pourquoi tu ne nous l'as pas dit, Sylvain ? »

C'était la femme qui avait pris la parole.

« Hé hé, c'aurait pas été du jeu. Ça aurait été trop facile de me capturer, hein ? Faut bien un peu de piment pour la traque ! »

« Abruti ! Si tu nous l'avais dit, que tu étais Flamme, on t'aurait… on t'aurait aidé à t'échapper ! Ainsi que ton ami ! »

Un grand silence envahit l'atmosphère. Ce fut Felix – outré par la situation – qui exprima le fond de sa pensée.

« Non mais, dites-moi que je rêve. »

Trois paires d'yeux se tournèrent vers lui.

« Maintenant, tu te fais des amis parmi tes ennemis. Parmi tes ennemis. C'est d'un ridicule. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu me caches, Sylvain Jose Gautier ? »

Le grand roux se gratta la tête en signe d'embarras.

« Remarque, il me semble t'en avoir parlé. Avant qu'on parte en mission… non ? »

« Ah, parce que tu appelles ça, m'en avoir parlé ?! Le mentionner en un coup de vent ?! »

« Maieuh ! Je te l'ai dit, oui ou non ? Ça compte, même si c'était juste comme ça ! »

« Ne joue pas sur les mots ! Tu comprends très bien ce que je veux dire ! »

« D'accord, d'accord ! J'aurais dû être plus clair, je le reconnais. Mais… ! »

« La prochaine fois que tu flirtes avec des gens susceptibles de nous mettre en cage, je te fais la peau à coups de dent ! »

« … »

« Quoi ?! »

Un éclat amusé dansa dans les prunelles chocolat.

« Tu te rends compte, Felix, que ce que tu dis… ça prête à confusion ? »

« Comment ça ? »

« Bah, on dirait des mots à double sens… sexu-… AÏE ! »

« Bien fait pour toi ! »

Lorsque Felix se rengorgea, satisfait par cette victoire, il s'aperçut que le duo de Chasseurs… les regardait d'un air ébahi.

« Quoi ? » aboya-t-il.

On ne l'appelait pas 'le Farouche' pour sa politesse, alors, autant assumer son surnom. La femme eut un petit rire.

« Tous les deux… vous êtes mignons. »

C'était la pire insulte du monde. Et le pire moment de sa vie.

« Vous êtes… ensemble, tous les deux ? » poursuivit-elle.

« C'est évident qu'ils sont ensemble. » renchérit son compagnon. « Remarque, Sylvain est peut-être un loser de premier ordre, mais au moins, il a choisi quelqu'un qui a du tempérament. Assez pour le supporter, et, le remettre sur le droit chemin. »

Ledit loser eut un rire gêné… mais ne démentit pas. Felix sentit le rouge de l'embarras lui dévorer le visage. Mais lui non plus, ne contredit pas ces paroles. L'homme poursuivit.

« Prends cet onguent, le loup. Il va vous permettre de soulager vos blessures. On ne peut pas rester trop longtemps, ça éveillerait les soupçons. Mais on trouvera le moyen de vous aider. Et botte les fesses de ce stupide étalon pour nous avoir mentis. »

« Je n'y manquerai pas. »

« Hé, je suis là, je vous signale ! » protesta le 'stupide étalon' en question.

« Puis demande-lui quand on pourra se revoir autour d'un verre. C'est peut-être un loser de premier ordre, mais il reste une personne à peu près acceptable. Et un professeur potable. »

« Ah bon ? Eh bien, les miracles existent. »

La nuit engloutit les protestations du pauvre ignoré.


Repère des Chasseurs d'Emblèmes, cage.

Plus tard encore dans la nuit.


« Désolé, il est un peu jaloux. »

L'Enjôleur se grattait la nuque, ne sachant qu'ajouter. A côté de ce charmant embarras, son compagnon explosa, oublieux de toute pudeur.

« Evidemment, que je suis jaloux ! Tu passes ton temps à flirter avec tout ce qui bouge, alors que… alors que… »

alors que je suis là, moi, et que je t'aime.

Felix n'avait pas pu finir sa phrase. Alors que ses mots – d'ordinaire si acerbes – avaient laissé échapper son secret de toujours, son secret d'enfance… tous les yeux l'avaient fixé, en silence.

Comme comprenant l'histoire d'une relation encore secrète.

« Je ne compte pas, pour toi ? » murmura-t-il.

La lune contemplait le profil du Farouche, farouche Loup de la Nuit qui montrait les crocs et pourtant gardait jalousement le mystère du plus antique des sentiments. Et ce fut toujours elle, qui recueillit les précieux mots d'une éternelle confession.

« Tu es la personne que j'aime le plus ici-bas. »

L'étalon le regardait avec tout le sérieux du monde. De ces yeux chocolat, qui, tour à tour, se faisaient masque de charme et vérité de sentiment. De ces emblèmes du désir et de l'âme, qui séduisaient les regards et pourtant vibraient de la sincérité des amis véritables.

« C'est juste que… » reprit l'étalon, en détournant les yeux.

Cachée au fond d'un puits de séduction et d'un abîme de solitude… le véritable visage de l'Enjôleur, qui n'avait jamais eu les bons mots pour dire l'amour.

« Que quoi ? »

Le grand homme roux se figea, raide d'une étrange émotion : son expression presque indicible, tant elle était intense – intensément différente. Puis, sans mots, posa doucement ses doigts sur le visage aux pommettes saillantes.

« … »

Caressant subtilement le contour de traits toujours connus, toujours aimés.

L'on raconte, sur la Berge des Promesses, que deux enfants ont juré de mourir le même jour…

L'on raconte, aux Confins des Ténèbres, que deux êtres se sont dit leur amour…

Felix sentit sa gorge s'assécher.

« J'admets que lorsque j'aperçois ton sourire, j'ai envie de te prendre dans mes bras. »

Jamais il n'avait pu aller plus loin que ces mots, pour dire ses sentiments. Sylvain, qui le connaissait bien, lui épargna cette épreuve. Ce fut lui qui le prit dans ses bras.

« Ne me refais plus jamais ça. » murmura le loup, le visage enfoui dans l'épaule protectrice.

« Je te le promets. » répondit l'étalon, les paupières fermées en une confiance absolue.

Ce fut leur deuxième promesse, celle qu'ils firent alors qu'ils étaient adultes.

Mais ce ne fut pas la dernière.

L'on raconte, aux Confins des Ténèbres, que deux êtres se sont dit leur amour…

empreint de vérité, leur lien fut chanté sans détour !

Une voix aérienne s'ajouta à cette mélodie parfaite.

« Oh, tellement romantique. Si seulement vous discutiez un peu plus, il vous arriverait moins d'ennuis. Mais bon, j'imagine que ce ne serait pas aussi drôle. »

Qui eut, pour conséquence, de provoquer un sursaut chez les deux ! Mais l'Enjôleur ne desserra guère les bras de son aimé, et, l'autre ne s'enfuit point de son étreinte.

« Mais tout le monde s'est donné le mot, ou quoi ? » grogna le Farouche.

Son compagnon laissa échapper un petit rire, embarrassé. Des yeux vert émeraude les observaient d'un air amusé, légèrement détaché. Claude Von Riegan – Souverain de la Contrée d'Almyra et pèlerin de l'extraordinaire – les graciait de sa présence, aussi imprévisible qu'inexplicable.

« Ne vous gênez pas pour moi. C'est un charmant spectacle. Je pourrais rester là toute la soirée. Dommage que j'ai à faire. »

« Justement. Tu n'as rien d'autre à faire que de rester planté là ?! »

Felix avait montré les dents, mais Sylvain – qui le connaissait bien – savait qu'il n'y avait aucune animosité réelle dans ce geste. Seulement un degré alarmant d'exaspération.

« Eh bien, si. Mais comme je passais par là, autant en profiter pour vous voir. Oh, Sylvain, tu me dois toujours une faveur pour le dernier pari que j'ai gagné. Tes deux amis ont fini par se regarder yeux dans les yeux, au-dessus d'un livre, à l'avant-dernier jour de la Harpe. »

« Ingrid et Ashe ? Mais ça ne compte pas, Hilda ne devait pas intervenir ! »

« Quand une telle règle a-t-elle été spécifiée ? Et tu connais la nôtre, Sylvain. »

« Oui oui, je sais, 'tous les coups dans les règles sont permis'. Bon, suivant. Annette et Mercedes ? »

« Ah, le joli couple de magiciennes. C'est tellement mignon. Mais j'ai l'impression qu'elles n'ont pas besoin d'aide pour se dire ce qu'elles ressentent. Contrairement à vous deux. »

« Aouch. Alors, je propose Hilda et Caspar. Faut voir comment ils se tournent l'un autour de l'autre. »

« Oh, tu touches à du lourd. Mon lieutenant, maintenant ? »

Bouchée bée, Felix le Farouche les contemplait d'un air incrédule.

« Mais est-ce que je suis le seul être ici assez sensé, pour trouver étrange une conversation à propos de rendez-vous galants au milieu d'un repère ennemi, entre deux prisonniers et un passant ?! »

Les deux concernés lui jetèrent un coup d'œil, l'air de réfléchir. Puis poursuivirent leur discussion, comme si de rien n'était.

« Tu veux vraiment t'attaquer à ce couple, Sylvain ? Hilda est la reine de l'indépendance et de la manipulation. Et elle est de mon côté. »

« Oui. Mais Caspar n'est vraiment pas le mec le plus futé du monde. Il a réussi à ne pas comprendre qu'une fille voulait coucher avec lui, alors qu'elle lui proposait de 'l'accompagner dans sa chambre la nuit'… »

Claude Von Riegan agita la main, en signe d'aérienne nonchalance.

« Très bien, très bien. Je marche. Mais le prix gagnant, pour moi, ça sera ce que tu peux me proposer de mieux. »

Sylvain l'Enjôleur s'arma de son atout suprême.

« Je te propose un rendez-vous avec le Douzième Souverain du Royaume de Faerghus, Dimitri Alexandre Blaiddyd, le Roi Tempête. Chandelles et repas inclus. »

Un sourcil intéressé se haussa haut sur le teint mat de son interlocuteur.

« Houlà. Tu sais comment me plaire, toi. Je dois admettre que le prix est plus que tentant. Très bien. Ajoute-moi quels sont les plats préférés de ton roi, et, c'est marché conclus. »

« Ok. Et si je gagne ? Mon prix à moi ? »

Le Génie Tactique lui sourit.

« Te sortir de cette cage ? »

« Ça, c'est bas, Claude. »

Un rire léger répondit à sa boutade.

« Je plaisantais. Cacher à ta horde le détail de tes escapades, qui t'ont mis dans cette profonde panade ? »

« Vraiment, toi. Enfin, c'est déjà mieux, mais… »

Un grognement interrompit sa tirade, lui arrachant un couinement de douleur.

« Aïe ! Mais pourquoi tu me mords l'épaule, Felix ? »

« Surtout, continue à m'ignorer, Sylvain Jose Gautier ! »

Les yeux ambrés du loup – d'Ambre, sous forme humaine – le fusillaient du regard. L'Almyrois se mit à rire.

« Oh-ho, je vois que la nuit demande son tribut entre amoureux, dans l'intimité des disputes. Sans doute est-il temps pour moi de vous laisser votre espace vital. »

« Claude, tu… » commença le roux.

Un cri tempétueux coupa leurs échanges, arrachant un frisson aux deux Lions de Saphir.

'Mais c'est… !'

« Oh, c'est bizarre. J'entends comme le rugissement d'un lion. D'un roi. Oh, se pourrait-il qu'un membre des Cerfs d'Or ait averti le Roi Tempête que des Chasseurs d'Emblèmes avaient traqué deux des siens ? Quelle superbe coïncidence ! »

Le Souverain d'Almyra fit une révérence profonde, un poil moqueur.

« Mais ce n'est qu'un mystérieux hasard. Tout comme la visite d'un pauvre hère comme moi. A bientôt, les tourtereaux ! »

Et de s'évanouir, dans la nature, aussi vite qu'il était apparu. Au bout d'un long silence, le Farouche détacha son regard du chemin qu'avait emprunté leur visiteur.

« Vous… vous pariez sur la façon dont nos amis tombent amoureux ?! »

L'étalon roux se gratta la tête en signe d'embarras.

« Faut bien s'amuser un peu… aïe ! Pourquoi tu me mords, cette fois ? »

« Parce que j'en avais envie ! Tu es… insupportable ! »

« Et pourtant, tu restes avec moi, non ? »

Devant cette réplique, cette expression si sincère… Felix ne put s'empêcher de sourire légèrement.

« Il faut croire. Pfff. »

« En tout cas, j'ai perdu mon dernier pari, sur Ingrid et Ashe. J'avais parié qu'ils auraient un rencard devant un livre, mais après le mois de la Harpe. Ashe est tellement timide qu'il n'arrive pas à regarder Ingrid dans les yeux. Claude a été fourbe, sur ce coup, en envoyant Hilda ! »

« Cet homme est incernable. Qu'a-t-il à gagner de tous ces jeux ? »

« Oh, c'est Claude, ça. A mon avis, il voulait se rapprocher de notre Clan pour… fréquenter Dimitri. Ils se sont rencontrés de nouveau pendant la guerre, et, depuis lors, Claude a l'air de bien l'apprécier… »

« Quoi, il en pince pour le phacochère ? Mais je suis entouré d'imbéciles, ou quoi ? Sérieusement, c'est à ça que s'occupent les souverains ? C'est vraiment du grand n'importe quoi ! »

L'Enjôleur eut un rire franc, avant de caler sa tête contre l'épaule de son ami.

« En tout cas, c'est bien lui que j'entends au loin. Et, s'il faut en croire les hurlements qui suivent ses rugissements, alors nos kidnappeurs sont en bien mauvaise posture… »

« Je te promets que je te livrerai en pâture à lui. Et à Ingrid. Histoire de leur ajouter un supplément. »


Plaines Glacées, Clan des Lions de Saphir.

Beaucoup plus tard.


Dimitri Alexandre Blaiddyd, Douzième et actuel Souverain de Faerghus, n'était pas surnommé le Roi Tempête pour rien.

L'on racontait qu'il était capable de briser la nuque de vingt hommes à mains nues, et, de l'avis de Felix, c'était moins terrifiant que de se faire passer un savon par lui.

« On peut savoir ce qu'il vous a pris, tous les deux ?! »

« … »

C'était la honte, aussi. Que cet imbécile de Sylvain se fasse gronder pour ses énièmes bêtises, soit. Mais que lui se fasse prendre dans ces réprimandes infantilisantes au possible, non merci.

« Votre Altesse, c'est ma faute. Felix n'y est pour rien. Il a simplement tenté de me sortir de cette panade. Vous pouvez le laisser en dehors de ça. »

Et ce stupide, stupide homme qui faisait passer ses amis avant tout. Qui se sacrifiait, même pour des choses aussi futiles qu'une engueulade dans les règles par leur roi et ami. C'était à cause de ce genre de choses, que sa vie devenait une histoire à la limite du ridicule.

« Pfff. Arrête de te la jouer, Sylvain. Tu as fait des bêtises et j'ai été assez stupide pour ne pas t'arrêter. Je mérite autant que toi de me faire éviscérer. »

« Sylvain. Felix. »

Le Souverain de Faerghus s'était assis sur un tronc, soudainement las. Un air profondément fatigué rendait ses traits plus âgés que jamais.

« Vous n'êtes… pas heureux ici, avec moi ? »

Ce fut si inattendu que Sylvain en laissa pendre sa mâchoire, et, que Felix ouvrit grand les yeux. Dimitri l'Intègre les regardait de son unique œil bleu, empli de cette sincérité qui le dominait depuis l'enfance. Ce n'était pas Dimitri le Sanguinaire, mais Dimitri l'Intègre, qui leur parlait.

« Je… je ne veux pas vous perdre. Vous êtes trop précieux, tous les deux, pour moi. Je sais… que je ne suis pas un bon roi. Mais… si j'ai omis de faire quoi que ce soit, qui fait que vous ne vous sentez pas chez vous, ici… »

« Hé, Dimi. Est-ce que tu m'as écouté, quand je t'ai dit que tout était ma faute ? »

Le grand étalon roux avait posé ses mains sur les épaules de son roi, dans un geste de sincère sollicitude. Felix, qui ne versait pas autant dans le tactile (et dans le mélodrame), étrécit les yeux.

« Exactement, écoutez-le, pour une fois. Et si vous ne voulez pas l'écouter – ce que je comprends amplement, vu son absence totale de bon sens – eh bien, écoutez-moi. Laissez-moi vous dire, en tant que Premier Conseiller, que vous complaire de nouveau dans un abîme de culpabilité n'amènera rien de bon, et, rien du tout. Alors, vous allez cesser de vous questionner sur vos accomplissements, et, accepter le fait que vos amis sont des êtres imparfaits comme tout le monde. Qu'ils doivent parfois, comme vous, faire des erreurs et se remettre en question. Et que tant que personne n'en meurt, eh bien, tout ira bien. Est-ce que c'est bien clair ? »

Le Roi Tempête resta sans voix, face à cette remontrance. Il n'y avait vraiment que lui pour accepter qu'un conseiller lui parle sur ce ton, même si c'était un de ses plus proches amis. Puis, soudainement, il se mit à rire.

« Eh bien, Felix. Toujours aussi direct. Mais tu as raison, comme toujours. Je suis vraiment fortuné de t'avoir comme Premier Conseiller. »

« Humph. Il faut bien que quelqu'un fasse son travail. »

Bon sang, pourquoi fallait-il que ses amis en fassent toujours des caisses sur leurs sentiments ? Est-ce qu'il était le seul à avoir un minimum de pudeur, ici ? Une crinière rousse apparut dans son champ de vision.

« Roooh, Felix. Arrête de faire ta tête de loup coincé. Tu sais que c'est vrai, qu'il est heureux de t'avoir comme conseiller et ami, et, qu'au fond de toi, tu ressens la même chose. Même si tu es trop timide pour le reconnaître ! »

« Sylvain, ferme-la, pour une fois dans ta vie ! »

Les larges épaules de l'étalon constituaient un aiguisoir de plus en plus tentant pour ses dents, mais, avant qu'il n'ait pu y planter ses crocs, leur chef avait repris la parole.

« C'est tout de même plus vivant, quand vous êtes là tous les deux. Nous devrions organiser des soirées entre nous, avec tous les Lions de Saphir, pour partager de bons moments. Cela nous ferait du bien à tous. »

« Ah, si vous optez pour des soirées entre amis, Votre Altesse, moi, Sylvain Jose Gautier, je suis votre homme ! »

Felix bouscula sans ménagement son compagnon.

« Pour l'amour du ciel, Dimitri, ne fais pas cela ! Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes. La dernière fois qu'il a organisé une 'soirée entre amis'… ! »

« …oui, il a fait boire tout le monde, toi y compris. D'ailleurs, c'était très drôle. Tu étais ivre et tu t'es mis à dire combien tu nous aimais. Tu m'as pris dans tes bras en disant que tu ne m'as jamais détesté, tu as offert ta plus belle épée à Ingrid en lui faisant jurer de ne jamais mourir et tu es resté collé à Sylvain pendant toute la soirée. C'était le meilleur moment de ma vie. C'est la raison pour laquelle j'ai fait commander de cette liqueur en masse. Un investissement financier dont je suis fier, d'ailleurs. »

Tandis que l'étalon roux riait et que le lion blond souriait, le loup grinça des dents, embarrassé. Fallait-il vraiment que Dimitri se souvienne de cela ? Vraiment. Il n'y avait que des gens inutiles, ici. (Et, il avait véritablement fait ça ?!)

« Mais c'est du grand n'importe quoi, Dimitri ! En tant que roi, tu ne peux pas juste commander du vin parce que… parce que ça t'arrange personnellement ! Argh, mais est-ce que quelqu'un peut me dire ce que je fais avec des abrutis pareils ?! »

Oublieux de toute retenue, le Roi Tempête le regarda avec douceur.

« J'aime bien quand tu me tutoies, Felix. Et que tu m'appelles par mon prénom. »

Manifestement, il n'y avait pas que Sylvain Jose Gautier qui manquait cruellement d'instinct de survie.

« Bon, j'en ai vraiment assez de toute cette mièvrerie ! Je m'en vais dormir près du sapin noir pour me remettre de mes blessures, et, que personne ne me dérange jusqu'au lever du soleil, ou je le transforme en aiguisoir pour crocs ! »

Et de tourner talon, sans plus regarder ses amis. C'était vraiment, vraiment embarrassant d'avoir pour proches des personnes aussi sentimentales.


Clan des Lions de Saphir.

Cœur de la nuit.


« Hé, Felix. Tu te souviens de notre promesse ? Celle de mourir ensemble ? »

« Je m'en souviens. »

La douceur d'un instant, d'une promesse rappelée.

« Je n'essaie pas à tout prix de mourir avant toi. Tu le sais, n'est-ce pas ? »

Stupide étalon. Stupide roux. Stupide ami d'enfance, beaucoup trop généreux, beaucoup trop dévoué, beaucoup trop…

…beaucoup trop lui.

« Tu sais ce qui serait génial, Felix ? Que l'on reste toujours ensemble, tous les deux. Que l'on grandisse ensemble, que l'on vieillisse ensemble, que l'on meure ensemble. »

« Hum. C'est vrai qu'il n'y a que moi pour te supporter aussi longtemps. Enfin… »

Il savait qu'il n'était pas doué pour dire ses sentiments. Mais cela ne voulait pas dire qu'il ne ressentait rien. Loin de là.

« …enfin, ce ne… ce ne serait pas le pire. Ça me ferait bizarre de ne plus t'avoir dans les pattes, Sylvain. »

Le regard de l'étalon s'était illuminé à cette confession – pourtant si piètre. Mais c'était le mieux qu'il puisse faire. Toujours en détournant les yeux, il s'était empressé d'ajouter.

« Mais, tu as intérêt à rester en vie ! Je refuse de parler à un cadavre. Ou à un fantôme. »

« Je te le promets, Felix. »

Ce souvenir était si précieux, pour lui. Il était la preuve qu'ils étaient tous les deux bien en vie, et… ensemble. Que le temps avait peut-être une emprise sur eux, mais s'accordait au rythme de ce qui existait entre eux.

L'on raconte, sur la Berge des Promesses, que deux enfants ont juré de mourir le même jour…

L'on raconte, à l'Aube des Promesses, que deux âmes ont partagé leur amour…

Un corps chaud se blottit contre lui. Sans même ouvrir les yeux, le Farouche savait que c'était celui qui occupait ses pensées. Il était coutume, chez les Metanima – les Porteurs d'Emblèmes – de dormir sous forme animale. Cependant, la personne à qui l'on permettait de passer la nuit avec soi était celle à qui l'on faisait le plus confiance.

« Mais même si l'un d'entre nous part, ça ne veut pas dire qu'il abandonne l'autre. Ça veut juste dire qu'il a pris un peu d'avance, c'est tout. »

« Ce serait bien de ne pas prendre d'avance tout seul. De ne pas prendre d'avance du tout, d'ailleurs. »

Felix ferma les yeux. Ils auraient, après tout, tout le temps de parler le lendemain.

« Ensemble jusqu'à la fin, alors ? »

« Oui… jusqu'à la fin. »


Note : Argh... à la base, la fic devait se terminer là, et puis, je me suis dit : 'Et si j'écrivais un chapitre bonus avec Dimitri ?' Mon scénario a alors développé son libre arbitre, au mépris de mes projets. Donc, ça continue... ;)