« Emblèmes de l'Âme »

Lordess Ananda Teenorag


Titre : « Emblèmes de l'Âme »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Fire Emblem Three Houses

Genre : Alternate Universe – Fantasy, Frienship, Romance, Family.

Résumé : Les Emblèmes de l'Âme. Les marques précieuses d'êtres à la fois humains et divins. De ceux qui peuvent revêtir la forme magique des Esprits Gardiens Ancestraux. Tels que Flamme, le splendide étalon à la crinière de feu, et, Ambre, le magnifique loup aux prunelles d'or.

Personnage central : Claude Von Riegan

Personnages principaux : Dimitri Alexandre Blaiddyd, Hilda Valentine Goneril, Sylvain Jose Gautier

Soutiens et pairings : Dimitri Alexandre Blaiddyd x Claude Von Riegan A+/S

Autres soutiens et pairings : Edelgard Von Hresvelg x Byleth Eisner A+/S (femme), Ferdinand Von Aegir x Hubert Von Vestra A+/S, Sylvain Jose Gautier x Felix Hugo Fraldarius A+/S, Caspar Von Bergliez x Hilda Valentine Goneril A+/S, Lorenz Hellman Gloucester x Marianne Von Edmund A+/S


Emblème du Renard : Maghamir


Almyra – Dunes de Sable.

Palais royal, salle de conseil.

Matin étincelant.


Claude Von Riegan adorait les casse-têtes. Et les casse-têtes l'adoraient tout autant. Mais parfois, certains se révélaient un peu trop ardus pour être résolus seuls.

« Souverain d'Almyra, Khalid le Madré, dit Maghamir, l'Aventurier. Les invités des autres contrées sont arrivés. »

« Faites-les entrer. »

Oui, c'était bien cela. Son meilleur et pire stratagème. Réunir les trois dirigeants suprêmes des principales puissances (en s'incluant lui-même), sous le même toit… sous son toit. Claude avait déjà joué gros, durant sa carrière en tant que stratège et leader. Il avait flirté avec le danger, valsé avec la mort, épousé l'incertitude. Mais c'était la première fois qu'il faisait les trois à la fois, en réunissant les Trois à la fois. En toute honnêteté, il n'avait aucune idée de ce qui allait arriver.

« Dimitri l'Intègre et ses conseillers, Felix le Farouche et Sylvain l'Enjôleur. Edelgard l'Inflexible et ses conseillers, Hubert le Funeste et Ferdinand le Grandiloquent. »

Peut-être que Dimitri allait étriper Edelgard, inconscient de l'influence des Serpents dans la Tragédie de Duscur. Ou qu'Hubert allait d'abord poignarder le Roi de Faerghus, par mesure de précaution. Puis que Felix allait transpercer l'Ombre d'Adestria, occasionnant un suicide chez son partenaire Ferdinand. Et que Sylvain allait lui donner une migraine atroce, en tentant de flirter avec la totalité des personnes présentes, avant de devenir la deuxième cible de Felix, après Hubert (en oubliant allégrement que les Almyrois – nettement moins inhibés que les gens de Fódlan – risqueraient d'interpréter ce geste comme une invitation charnelle, avant de l'enfermer pour avoir des rapports sexuels pendant trois jours de suite). Ou alors, peut-être qu'ils allaient tous s'entretuer et que l'Histoire retiendrait le nom de Khalid dit Maghamir, le naïf aventurier qui avait cru que réunir les trois personnes les plus influentes à la même table était une bonne idée.

« Claude. »

Le Souverain de l'Est sentit la présence de sa fidèle seconde, Hilda l'Aguicheuse. Elle était, avec Lorenz l'Infatué, son choix pour cette entrevue au sommet de l'incertitude.

« Ça va ? » souffla-t-elle, avec un inhabituel sérieux.

Le jeune homme se massa les tempes avec nervosité.

« J'admets, Hilda… que je ne suis pas tranquille. Leur réaction… est encore plus imprévisible que moi. Et c'est dire. »

« Si jamais les choses tournent au vinaigre, je serai là pour te couvrir. Tu pourras évacuer la salle par la porte arrière. »

Claude espérait tout de même ne pas avoir à en arriver là. Fuir de son propre palais, c'était une stratégie qu'il avait employé enfant, pour sauver sa vie et son avenir. En tant que souverain, ce serait une marque de faiblesse aux yeux de son peuple. Mais il fallait sourire, à présent. Qu'importassent l'incertitude, le danger, l'effroi. De ce sourire peu sincère, mais assez puissant pour charmer les ennemis et séduire les démons. Et peut-être que le visage de ce roi si sincère allait lui sourire en retour, pour de vrai.

« Bienvenue à tous dans mon palais au cœur d'Almyra, la Contrée de l'Est. Je suis Khalid le Madré, dit Maghamir, l'Aventurier. Mais vous me connaissez sous le nom de Claude Von Riegan. »

« Khalid. C'était donc votre véritable prénom. »

L'Ombre d'Adestria – Hubert Von Vestra, le Funeste – avait jeté ces mots comme un couteau. Ses yeux vert pâle transperçaient le jeune homme avec intensité.

« Oui, mon cher Hubert. Quel plaisir de vous retrouver. »

« En… effet. Quel… plaisir. Je… m'en réjouis. »

Claude pouvait imaginer ce qu'il ressentait. Après tout, il l'avait berné au Bois aux Songes, en lui soutirant allégrement de précieuses informations par un habile stratagème. Hubert avait probablement envie de le tuer, de le torturer très lentement avec des poisons et des couteaux, et, sans doute, d'avoir sa revanche aux échecs. Peut-être pas nécessairement dans cet ordre, d'ailleurs. Fort heureusement, le sceau posé sur lui par les Serpents des Ténèbres, le liant à sa maîtresse, l'empêchait d'agir de sa propre volonté. Encore que… si Edelgard désirait sa mort, sa vie ne tenait qu'à un fil.

« C'est un beau prénom. » fit une voix rauque, de l'autre côté de la table.

Oh, Dimitri. Si innocent, si sincère. Peut-être que ce lien, que tous deux avaient commencé à tisser, pourrait les tirer de ce mauvais pas. Cependant, cet ingénu commentaire suscita un ricanement chez le Funeste.

« C'est tout ce que vous trouvez à dire, Roi de Faerghus ? Pas étonnant que vos sujets vous attendent toujours. Vous n'êtes qu'un passif fuyard. Perdu aux confins des Plaines Glacées, rejetant toute responsabilité, en espérant un vain dénouement… »

« A ma connaissance, c'est votre maîtresse et vous, ses conseillers, qui se retrouvent sous emprise des Serpents. Je ne pense pas que vous soyez en mesure de commenter mon travail, Hubert Von Vestra. »

Aïe. Les ennuis commençaient. Ce plan paraissait tellement bien, en théorie. Oui, en théorie. Car… pour éviter une émeute totale, Claude avait proposé de réunir les trois dirigeants, avec deux de leurs plus fidèles lieutenants, assis chacun de part et d'autre : droite pour le premier, gauche pour le second. Edelgard avait Hubert et Ferdinand, Dimitri avait Felix et Sylvain, et, lui-même avait choisi Hilda et Lorenz. Choix logique, mais explosif.

« Tout ceci n'est qu'une mascarade. » siffla le bras droit de l'Impératrice d'Adestria. « Son Altesse Edelgard n'a nullement besoin d'aide pour accomplir ses grands desseins. En quoi cette entrevue lui profitera-t-elle ? »

« Hubert, il suffit. »

La voix de l'Inflexible résonna dans la salle. A sa droite, son vassal s'inclina.

« Je vous demande pardon, Votre Majesté. »

Ses yeux vert pâle, cependant, continuait à transpercer Claude de leur éclat. Mieux valait se tenir à carreau. Un Hubert en temps ordinaire était très dangereux, mais un Hubert furieux était… la mort assurée.

« Dimitri. » reprit l'Impératrice d'Adestria. « Je suis heureuse de vous voir en bonne santé. »

« Je ne sais pas si l'expression est juste, Edelgard. Je n'ai cessé de penser à vous. A la façon dont vous avez assassiné ma famille, et… à la texture qu'aurait votre chair pour ma lance Areadbhar. »

Aïe. Trois fois aïe. La tension montait d'un cran. A ce rythme-là, les frangins (oui, parce qu'ils étaient beau-frère et belle-sœur, ces abrutis !) allaient s'étriper… et lui allait probablement figurer comme victime des dommages collatéraux. Le seul point positif de ce scénario était que les Serpents perdraient leurs marionnettes préférées pour manipuler le monde, mais Claude aurait voulu rester en vie, merci bien. Surtout qu'il n'avait toujours pas pu attirer l'Intègre dans ses filets. Quelle pitié.

« Mais lorsque je me pose pour réfléchir… » reprit le Souverain de Faerghus de sa voix rauque. « Je me dis que quelque chose ne colle pas. Quel intérêt aviez-vous à accomplir ce sinistre méfait ? En quoi aurait-il servi vos desseins ? »

Oh, intéressant. Alors, comme ça… Dimitri avait essayé d'analyser et d'y voir plus loin. Il avait réussi cet exploit ? Emotif et candide comme il l'était, cela avait dû lui demander un effort surhumain. Ce fut alors que Claude capta un infime mouvement de l'œil chez le rouquin qui siégeait à la gauche du Souverain de Faerghus. Oh, cette analyse, c'était donc l'œuvre de Sylvain. Qui avait sans doute décrypté les faits avec son puissant intellect, avant de partager sa vision avec son maître. Pas mal, pour celui qu'on surnommait l'Œil du Roi. Il était temps de sortir le grand jeu, pour réunir sous une même bannière les Trois Grands.

« Edelgard. Dimitri. Vous vous doutez que, si je vous ai fait réunir, ce n'est pas pour nous entretuer. Un ennemi autrement plus dangereux nous menace, et, vous le savez. Vous avez chacun eu une expérience avec ce dernier. »

Le sceau qui avait été posé sur Edelgard et ses deux conseillers en attestait. Quant à Dimitri, il avait bien failli se retrouver sous emprise, lui aussi. Hé, heureusement qu'il était intervenu, sinon, exit le beau roi de ses rêves (et son génialissime plan). Empli de nouveau d'assurance, Claude reprit.

« Tout d'abord, Edelgard, j'ai besoin de savoir ceci. A quel point le sceau des Serpents vous affecte-t-il ? »

« Pensez-vous que je révèlerais ma faiblesse à un autre que moi-même ? Quel usage feriez-vous de cet atout, Khalid le Madré ? »

Ce fut alors qu'une cascade d'opale scintilla de mille feux, et, que le détenteur de cette merveille fit entendre sa voix. Ferdinand Von Aegir entrait en scène.

« Votre Altesse. Je crois que nous devrions faire confiance au Souverain de l'Est. »

A la droite de l'Impératrice, l'Ombre d'Adestria étrécit les yeux.

« Vous n'êtes pas sérieux, Ferdinand ? Révéler à de potentiels adversaires nos faiblesses ? »

Mais la Lumière à sa gauche ne cédait en rien sa brillance.

« Je le suis, Hubert. Je n'ai jamais été aussi sérieux. Croyez-vous que je n'aie pas remarqué ? Le nombre de nuits blanches que vous avez passées, à tenter de décrypter les runes qui nous lient, afin de composer un anti-sort qui nous eût libérés ? Mais si ni Lindhart, ni vous, n'avez réussi à en percer le secret, en travaillant de concert… c'est que nous n'avons d'autre recours que de demander à l'aide à autrui. Et mieux vaut que ce soit nos anciens camarades de l'Académie, plutôt que ces abominables Serpents. »

Létal était le Funeste, aux atours aussi sombres que sa personnalité. Méfiance et dévotion incarnées.

« Je ne fais pas confiance à d'autres personnes que nous-mêmes. » grinça-t-il.

Mais Ferdinand Von Aegir était bien plus que le fils d'un chancelier. C'était l'homme qui touchait le cœur du peuple par ses mots sincères, charmait les âmes par son charisme éclatant. Certains racontaient qu'il était autant la Lumière de l'Empire d'Adestria que celle d'Hubert Von Vestra. Deux âmes sœurs, murmuraient les plus audacieux.

« C'est précisément votre faiblesse et celle Sa Majesté. » contra l'éclatant Premier Ministre. « C'est aussi pour cela que je suis là, à ses côtés, et, aux vôtres, Hubert. Pour vous rappeler que la confiance permet tisser des liens, gagner des alliés, et, qu'elle est une force. »

Le Grandiloquent portait si bien son nom. Ce n'était pas étonnant qu'il fût l'ami de Lorenz l'Infatué. Ces deux-là enchaînaient les discours à n'en plus finir, mais il fallait avouer que la sincérité du premier et l'ambition du second avaient quelque chose de touchant. A sa droite, Hilda l'Aguicheuse se mit à rire.

« Oh, Ferdie. Tu es si éloquent, si sincère… et tu as raison. Je peux te garantir que mon patron pourra vous aider. Derrière ses airs de madré, il désire transcender les frontières et instaurer la paix. »

Calé sur sa chaise, ledit Madré soupira.

« Ce n'est pas exactement le portrait le plus flatteur de moi que tu aies fait, Hilda. Mais l'idée est là. »

A sa gauche, un pompeux noble de pourpre vêtu eut un reniflement dédaigneux. Lorenz l'Infatué entrait en action.

« Claude, assumez votre réputation. Il ne fallait pas jouer à l'apprenti sorcier avec les potions à l'Académie, si vous vouliez transmettre une image digne de vous. Néanmoins, Ferdinand… je ne peux qu'appuyer les paroles de ma collègue Hilda. Quels que soient les passe-temps douteux auxquels se livrait mon ancien délégué du temps de sa scolarité, c'est un homme de confiance et un souverain exemplaire. »

Wouah. Un compliment de Lorenz, en public ? Et mêlé d'une noble pique ? C'était tout lui, ça. Ha, il ne devait toujours pas lui avoir pardonné de lui avoir caché qu'il était l'héritier du trône d'Almyra… ni d'avoir quitté l'Alliance de Leicester aussi soudainement. Oh, Lorenz. Que ferais-je sans vous, hé hé.

« Ferdinand, si je puis me permettre ? » reprit le rabat-joie professionnel.

« Oui, Lorenz ? »

En dehors de ses dehors aussi pompeux qu'exaspérants, l'Infatué était un ami de longue date de Ferdinand. Claude comptait sur ce fait pour infléchir la position d'Edelgard.

« J'appuie la proposition du Souverain de l'Est, à la fois en tant qu'ancien collègue et que dirigeant de l'Alliance de Leicester. Si l'Empire accepte l'aide d'Almyra, un traité de non-agression mutuelle sera signé et permettra de lutter contre les Serpents des Ténèbres. L'Alliance est favorable à ce partenariat ainsi qu'à cette cause. »

Voilà, parfait. Et de un, et pas des moindres. Car si Edelgard acceptait de lui faire confiance… tout serait joué. Dimitri serait plus facile à convaincre, de par son lien avec lui. De plus, l'amitié et la clairvoyance de Sylvain étaient d'autres précieux atouts, pour endormir la méfiance de Felix (qui, sous ses airs revêches et ses mots acerbes envers ses proches, était prêt à égorger quiconque portait atteinte à son maître). Il était temps de sortir son va-tout et de réunir les Trois Grands. De toute la majesté qui l'habitait – et qu'il tenait secrète du temps de sa scolarité, Claude Von Riegan se redressa et asséna son coup suprême.

« Edelgard, je vous propose ce marché. Si vous acceptez de me faire confiance, je vous aiderai à retrouver la personne qui compte le plus pour vous. »

« … »

Cette lueur. Qui danse – brièvement – dans le regard violine de sa vis-à-vis. On la surnomme l'Inflexible, à raison (Claude pense que parmi les trois dirigeants, elle est certainement la plus implacable), mais… il sait, derrière cette résolution inexorable, que son cœur n'est pas fait que d'acier. Il y a de la place pour l'empathie, en dépit de sa volonté à toute épreuve. Il le sait, car il l'a bien étudiée, durant le temps de leur scolarité, à l'Académie.

« Et que sauriez-vous d'une telle personne, Claude Von Riegan ? » rétorque-t-elle, enfin.

« Ma foi, qu'elle est celle que vous recherchez depuis cinq ans, en vain. Un Metanima hors du commun, même pour nous, qui dirigeons notre royaume. Une sublime louve, à l'Emblème si rare que les Serpents des Ténèbres ont préféré l'éliminer plutôt que de se l'approprier. »

« En quoi votre aide pourrait-elle s'avérer utile ? »

L'inflexible améthyste en a effrayé plus d'un, mais le Madré est aussi audacieux que rusé. Il joue sa carte, confiant.

« Loin de moi de dénigrer votre forme animale, en tant que Metanima. Mais je doute qu'un aigle puisse explorer les bas-fonds où est tombée notre professeure. Ni qu'un étalon, comme Ferdinand, puisse se glisser entre les crevasses pour en fouiller chaque recoin. Hubert ne possède pas d'Emblème et ne peut se transformer. Aucun membre des Aigles de Jais n'est taillé pour cette mission. En revanche, ce n'est pas mon cas. Sous ma forme animale, je peux parcourir sans problème les souterrains, en toute discrétion. Qui se méfierait d'un renard comme moi ? »

Pour la première fois, depuis cette entrevue, il sent l'Impératrice vraiment réceptive. Oh, Professeur Byleth. Vous avez vraiment une place particulière dans nos cœurs, mais celle qui réside dans celle de l'Aigle de Jais l'est encore plus.

« Vous seriez prêt à prendre un tel risque, Claude ? »

« Oui, s'il pouvait m'assurer votre soutien. »

Il soutient son regard, sans faillir. Il connaît Edelgard. Elle n'aime ni les lâches, ni les faibles. Il n'a jamais été ainsi, mais il lui est déjà arrivé de feindre l'incompétence pour arriver à ses fins. Aujourd'hui, pourtant, il se montrera tel qu'il est.

« Voilà la marque d'un vrai dirigeant. » conclut l'Impératrice, toujours droite. « Bien, je vais considérer votre offre. A une condition. »

Il écoute, attentif. Est-ce lui… ou un sourire étire les lèvres de la jeune femme ?

« Accordez une revanche aux échecs à Hubert. Depuis votre dernier stratagème au Bois des Songes, il est devenu insupportable. Il passe tout son temps à travailler. Ferdinand a été obligé de cacher son café dans ma chambre pour l'obliger à dormir. »

« Votre Majesté, il n'était pas nécessaire de mentionner ce fait. » grinça le Funeste, à sa droite.

« Bien au contraire. Car je recueille les plaintes de Ferdinand, et, il me fatigue à force de s'inquiéter pour vous. Par ailleurs, les réserves de café et de thé ne sont pas éternelles. J'aimerais que vous en consommiez avec plus de modération, tous les deux. Et cela passe par une meilleure gestion de vos frustrations. »

Apparemment, même à Adestria, le palais comportait son lot d'intrigues domestiques. C'était à la fois rassurant et amusant. Cela rendait des individus comme Edelgard Von Hresvelg et Hubert Von Vestra plus humains, en un sens. Car s'il était ardu de traiter avec des dirigeants d'une nation, il était quasiment impossible de prévoir les réactions émotionnelles de cœurs entremêlés les uns aux autres. Et c'était ça, le plus drôle.

« Bien, sur ce… » continua-t-il.


Almyra – Dunes de Sable.

Palais royal, large corridor.

Plus tard.


« Dimitri. »

Immense, magnifique – tourmenté, le Souverain du Nord l'attendait dans l'antichambre du palais. Son œil azur – sincère, honnête – le pressait de mille questions. Mais, en ce jour, son confrère de l'Est désirait uniquement sentir son imposante présence, si rassurante, si chaude.

« Claude. »

Quel homme. Quel homme. Le Madré avait toujours apprécié les êtres sincères, loyaux, sans artifices. Mais avec une telle intensité… comment ne pas trembler ? Pour masquer son trouble, le jeune Almyrois détourna la conversation, avec un espiègle sourire.

« L'entrevue entre les Trois Grands est terminée. Contre toute attente, aucun d'entre nous n'est mort, ni n'a étripé l'autre. Je ne crois pas en la Déesse, mais la chance peut être au rendez-vous, parfois. »

« Je crois en la Déesse, mais cela n'a rien à voir avec la chance. Vous avez été brillant, Claude. »

Aouch. Avec des compliments de ce genre, il allait avoir du mal à se contrôler. Il le fallait, pourtant. Après tout, ils se trouvaient dans le Palais des Dunes de Sable, là les dix-mille grains d'or engloutissaient les imprudents qui se révélaient un peu trop. Mais comment résister, face à ce géant du Nord ? Dimitri l'Intègre n'était seulement un homme d'une beauté physique certaine. C'était un être d'une intense sincérité émotionnelle, si attirante, si troublante. Le renard lui offrit un clin d'œil, toujours taquin.

« Wouah. Je sais que mon génie intellectuel est reconnu, mais de là à recevoir un tel compliment ? Du Souverain de Faerghus lui-même ? Quel honneur. Mais vous savez, très cher roi, que je pourrais… me faire des idées ? »

Mieux valait flirter, jouer, titiller. Revêtir son masque de charme, pour ne pas laisser son cœur être piégé par de trop forts sentiments.

« Quel genre d'idée ? »

Ah, il avait oublié qu'il parlait à Dimitri l'Intègre. Le seul homme au monde qui pouvait rivaliser en taille avec le mont Oghma, tout en laissant filer tout sous-entendu de nature érotique.

« Des idées comme… le fait que je vous plais, Souverain du Nord. Vous rendez-vous compte des conséquences politico-sociales d'une telle affaire ? Deux hommes d'une contrée entièrement différente, à un poste si haut placé ! Je suis connu pour apprécier les hommes comme les femmes, mais c'est sans doute la première fois, dans l'Histoire, que deux rois se rapprochent à ce point l'un de l'autre. C'est… du jamais-vu. »

L'œil bleu cligna, interdit. Puis le Souverain de Faerghus devint rouge comme une tomate.

« Claude, je… »

Pris de pitié, le Madré se mit à rire, en mettant un peu de distance entre eux. (Si dommage…)

« Oh, Dimitri. Je vous taquine, vous savez. Et puis, pour être honnête… cela ne me dérangerait pas que vous… »

« Alors, dans ce cas, permettez-moi simplement de vous honorer comme vous le méritez. Puis-je vous faire la cour, Claude Von Riegan, grand Souverain de l'Est, connu sous le nom de Khalid le Madré et dont la légende de Maghamir – le grand Aventurier – s'est envolée jusqu'aux Plaines Glacées ? »

Ce fut au tour du jeune Almyrois de rester stupéfié.

« Je… »

Avec un franc sourire, le colosse se mit à rire. C'était si rare de le voir avec une telle expression, que son interlocuteur sentit ses jambes devenir de la gélatine.

« Ce n'est pas si souvent que vous restez sans voix, Claude. Sylvain avait raison, finalement. Je me dois d'être plus direct avec vous. Bien que je n'aie pas trop compris sa réflexion concernant la fable du lion et du renard… »

Sylvain. Bien sûr. Tsss. Cet étalon prenait un peu trop la confiance. Et abusait de l'innocence de Dimitri pour glisser des sous-entendus grivois. Enfin, si ça lui permettait d'avoir le beau Souverain de Faerghus pour lui, pourquoi pas.

« Ce serait un honneur, mon très cher roi. » murmura-t-il, sincèrement, en tendant la main vers lui.

Ce qu'il n'avait pas prévu, cependant, c'était que son vis-à-vis s'en emparerait pour y poser ses lèvres, tout en le fixant comme s'il était un trésor vivant. De son unique – mais si intense – œil bleu, porteur de toutes les émotions et victime de toutes les envies. Pour la première fois, peut-être, Claude le Madré se mit à rougir. Hilda avait raison. Il y avait une douceur, chez ce géant du Nord, qu'aucun de ceux qui ne voyait que le Sanguinaire ne pouvait lui soupçonner.

« Claude… rien ne me remplit plus de joie que cette réponse. Puis-je vous retrouver à la Nuit des Âmes, qui, à Faerghus, sacre l'union des êtres qui s'aiment ? Vous et moi… seuls ? »

Wouah. Et voilà qu'il se mettait à proposer des rencards lors de célébrations romantiques ? Mais qu'était-il arrivé au prince rougissant, qui, à l'Académie de Garreg Mach, s'enfuyait au moindre sous-entendu érotique ? Remplacé par cet homme superbe et accompli, sûr de lui et… si viril !

« Avec plaisir, Dimitri. »

« J'en suis ravi. Je dois prendre congé. Felix s'est mis en tête de chercher des adversaires à défier et je crains que Sylvain ne se fasse connaître de tout Almyra pour… son tempérament séducteur. Ingrid ne me pardonnerait aucune de ces exactions… »

Par contre, niveau langage, c'était encore un peu trop poli. Bah, il y avait encore du temps, pour le délurer un peu plus. Alors que le Souverain de Faerghus disparaissait à l'extrémité du couloir, Claude prit une grande inspiration. Puis lança à la volée, d'un ton blasé.

« Hilda. Sylvain. Sortez de derrière les rideaux, je sais que vous êtes là. Et la prochaine fois que vous voulez parier sur ma relation avec Dimitri, veuillez au moins éviter de ricaner quand vous nous espionnez. Cela vous permettrait peut-être de passer inaperçus. »

Un duo de couettes roses s'agita dans son champ de vision.

« Touché, boss. Tu sais que tu étais très mignon, lorsque Dimitri a pris les devants ? »

Une touffe rousse apparut à son tour, aussi flamboyante que le désir.

« Hé, c'était trop marrant de le voir rester bouche bée ! Et ce joli teint, digne d'une tomate ! »

Le renard coula un regard torve vers les deux coquins, qui se contentèrent de ricaner comme des commères. Puis l'étalon roux reprit, toujours aussi nonchalant.

« Bon, une partie d'échecs, Souverain de l'Est ? Le perdant aura un gage. Le tien sera de rendre Dimitri un peu moins coincé. Crois-moi, il y a du boulot, ha ha. »

« Et le tien sera d'offrir à Felix un bouquet de roses. J'ai hâte de voir sa tête au moment où il t'enfoncera son épée dans le corps, juste parce qu'il ne peut supporter toute marque de romantisme. »

« Vieux renard, va. Je marche. Ça risque d'être marrant. A propos, Hubert te cherche. Il erre depuis ce matin dans le palais en murmurant : 'Von Riegan… Von Riegan…' »

« Oups. »

« Oups, comme tu dis. Je l'ai occupé comme j'ai pu, en lui proposant une partie. J'aurais peut-être pas dû jouer à mon vrai niveau, car lorsque j'ai gagné une partie contre lui, il s'est mis à me fixer comme si j'existais vraiment. Puis il a ricané, en me susurrant à l'oreille : 'Quand j'en aurai fini avec Von Riegan, ce sera à votre tour, Gautier. Il semblerait… que votre pathétique inutilité ait une limite. J'ai hâte… de vous rencontrer de nouveau.' »

« Bienvenue dans le fan-club d'Hubert. Tu viens de recevoir un abonnement premium à durée illimitée. Ne t'inquiète pas, s'il te menace, ça veut dire qu'il s'intéresse à toi. »

« Et s'il m'appelle mon prénom ? »

« Là, ça veut dire qu'il t'aime vraiment bien. Et que, par conséquent, ta vie est en danger. »

« Youpi. Felix et Ingrid vont encore me tomber dessus… »

C'était des scènes domestiques comme celles-ci qui rendaient le palais si chaleureux, et non l'accablante température des Dunes de Sable.


Souterrains des Ténèbres.

Des lunes plus tard.


'Il faudra vraiment qu'on remette ça. C'était vraiment sympa de se retrouver tous ensemble comme ça. Bon, Hubert a passé son temps à me harceler pour avoir sa revanche aux échecs, puis Hilda et Sylvain n'ont cessé de ricaner en nous fixant, Dimitri et moi. Mais bizarrement, c'était cool…'

Comme jadis, du temps de leur scolarité à Garreg Mach – l'Académie qui formait les figures militaires de toutes les contrées. Claude se souvenait bien de cette époque. Où il suffisait de chiper des encas dans la cuisine, pour organiser des soirées secrètes sous le nez des responsables de l'établissement. Voir Lorenz froncer des sourcils, l'air réprobateur… tout en goûtant les mets disposés à l'occasion (ha ha, il savait que ce coincé adorait les noix d'Albinea !). Hilda se faire servir par tout le monde, ravie d'être le centre de toutes les attentions. Sylvain se faire rabrouer par les filles des Trois Maisons, dans ses pathétiques tentatives de flirt éhonté. Raphaël et Lysithea s'empiffrer (viande pour l'un, sucreries pour l'autre), Léonie défier les autres, Ignatz commenter les paysages, Marianne sourire discrètement… et Dimitri, imposant et timide, prêt à servir autrui et sensible à la moindre de ses taquineries. Même Edelgard avait esquissé un sourire et Hubert avait paru moins sinistre que d'habitude.

« Je dois admettre ceci, Claude. » avait lancé la déléguée des Aigles de Jais. « Cette idée de réunir les Trois Maisons pour des festivités communes, après cette simulation de la Bataille de l'Aigle et du Lion… n'était pas si mauvaise. »

Son ténébreux vassal était intervenu sans attendre. (Ha, si prévisible !)

« Ne le flattez pas, Dame Edelgard. Seuls les vainqueurs ont droit aux éloges. »

« Il n'a pas perdu non plus. Aucun d'entre nous n'a gagné. Il faut croire que l'absence du Professeur n'a guère fait pencher la balance. »

« Vous placez trop de foi en cette louve. Vos compétences sont largement suffisantes pour surclasser les autres. »

Bla bla bla, bla bla bla. Vous êtes le dirigeant suprême de l'univers, vos talents sont les meilleurs du monde entier. Purée. Von Vestra ne se lassait jamais de chanter les louanges de sa maîtresse ? En tout cas, Claude, lui, en avait assez d'entendre cette chanson en boucle. Il était peut-être temps de lui jouer un tour pour lui apprendre, hé hé. Du coin de l'œil, il vit Edelgard pincer les lèvres, pour offrir sa propre opinion. (Tiens, tiens, tiens…)

« Hubert, nous devons être honnêtes avec nos rivaux. En privé, j'ai cru vous entendre dire : 'Ce renard est d'une intelligence impressionnante. S'il devait devenir notre ennemi… il serait préférable de l'éliminer d'abord.' »

Oups, ce n'était pas très rassurant, tout ça.

« Je ne faisais qu'évaluer ses compétences de manière impartiale. Il faut reconnaître qu'il a certaines aptitudes en stratégie, même moi je dois en convenir. »

Wouah. Un compliment, de la part d'Hubert Von Vestra ? Il allait pleuvoir des lions à Almyra, à ce rythme. Ou des renards à Fódlan. Alors que la conversation prenait une tournure intéressante, une touffe rousse – plus claire que celle de Sylvain – s'interposa entre eux.

« Dans ce cas, Hubert, vous conviendrez de ma supériorité sur Edelgard ! Ma splendide percée, lors de la bataille, nous a assuré… »

« C'est Dame Edelgard pour vous, pathétique imitation de la noblesse. Et la seule chose dont je conviens à votre égard, Ferdinand, est votre capacité à m'irriter au-delà du raisonnable. »

« Je saurais vous démontrer l'entièreté de ma valeur en un rien de temps ! »

(Quels sacrés numéros, ces Aigles de Jais… )

Il avait craint, en voyant chacun prendre une route différente, qu'ils ne se retrouveraient plus que sur le champ de bataille, pour s'entretuer aux noms de leurs idéaux. Mais… en voyant tous ses anciens camarades réunis, à converser et à se quereller, à rire et à se défier… il s'était dit qu'une partie de son rêve avait commencé à se réaliser.

« Khalid. »

Au cœur des Dunes de Sable, son vrai nom était connu. Mais pour entreprendre son plus grand voyage, il ne pouvait emporter son passé avec lui.

« Ne m'appelez plus ainsi, Maître Devin. Je vais changer d'identité pour accomplir. Almyra a besoin de s'ouvrir au monde. Je serai l'Aventurier qui transcendera les frontières. Mon nom est… »

Claude Von Riegan. Mais il ne put jamais finir sa phrase.

« Garde-le secret. Les habitants des Dunes de Sable ne sont pas encore prêts à l'entendre, et, au-delà des montagnes qui abritent les Kupala… ceux de la Forêt Emeraude ne devront pas entendre celui qui a sacré ta naissance. Ton idéal est aussi grand que les obstacles qui t'attendent. »

« J'en ai bien conscience. »

L'œil aigu du devin le transperçait de son analyse.

« Au moment où tu abaisseras tes propres barrières… tu verras celles qui te séparent des autres devenir des chemins d'aventure. Toi qui as vécu enfermé dans les préjugés, tu seras l'artisan de la paix à laquelle tu aspires. Mais, plus encore… tu vivras entouré par l'amitié et seras protégé par l'amour. »

« Comme c'est romantique. Mais sans vous manquer de respect, je ne crois pas aux prédictions. Je sais que je ne peux compter que sur moi, et sur moi seul, pour arriver à mes fins. »

N'est-ce pas ainsi que j'ai réussi à survivre, jusqu'alors ?

L'autre ne semblait pas l'avoir entendu.

« Le plus puissant des fauves du Nord se frayera un chemin jusqu'à ton cœur. A cet instant, tu comprendras que les barrières que tu as toujours haïes… devaient d'abord disparaître de ton cœur. »

A cette époque – celle où l'enfant qu'il était avait dû survivre par ses propres moyens – il n'avait pas cru en cette prédiction. Aujourd'hui…

« Echec et mat, Claude ! »

« Bien joué, Sylvain. Tu t'es amélioré. On dirait enfin que tu donnes ton maximum. C'est la rencontre avec Von Vestra qui t'a motivé à ce point ? »

« Eurgh, ne me parle pas de lui. Son sourire était flippant lorsque j'avais gagné ma partie contre lui. Je ne savais pas s'il avait envie de me tuer ou de m'embrasser. »

« Je crois qu'il t'aime bien. »

« Argh, j'ai l'impression. Et c'est bien ça le problème. En tout cas, on est deux dans la même galère. Quand je le croise, je l'entends murmurer en boucle : 'Von Riegan… Von Riegan… je vous promets… une éternité de souffrances… ha ha ha ha…' »

« Charmant. Et qu'est-ce qu'il te promet, à toi ? »

« De m'enfermer dans son bureau, ligoté et bâillonné, pour passer ses couteaux sur mon corps, tout en me caressant les… »

« C'est bon, c'est bon, tu peux t'arrêter là. Je n'ai pas envie d'entendre les fantasmes de Von Vestra. Je préfère les grands blonds tourmentés. »

« Dommage, tu manques la partie la plus intéressante. En tout cas, Felix est plus furax que jamais. Ou jaloux à en crever, comme on veut. Il parle de m'éviscérer, lui aussi, mais avec ses sabres. Au moins, avec lui, la mort sera rapide… »

« Mais qu'est-ce que tu as avec les sinistres bruns psychopathes ? »

« J'y peux rien s'ils sont si sexy ! Et si moi, je le suis. Ah, la rançon de la gloire et les affres de l'amour… »

« Pour notre survie mutuelle, je propose la création du fan-club d'Hubert Von Vestra. Le but sera de le caser avec son âme sœur, Ferdinand Von Aegir, afin qu'il nous laisse en paix. »

« Je marche. Ça promet d'être marrant. Et la Déesse sait qu'il en aura besoin d'aide, vu comment il s'y prend. Tu savais qu'il passe son temps à lui proposer des rendez-vous, où il lui prépare son thé préféré, tandis que l'autre s'occupe du café ? »

« Comme c'est mignon. Du thé. Du café. Ha ha ha ha… »

« Et puis il met des fleurs sur ses vêtements, en espérant que Ferdinand en comprenne la symbolique. Il écoute chacun de ses opéras, où l'autre chante des chansons d'amour à son intention. Il lui écrit une tonne de lettres où il confesse ses sentiments, sans jamais oser les lui remettre… »

« Nan, sérieux ?! Von Vestra, romantique ?! Qui l'eût cru ! Tu es certain de tout cela ? »

« Je te le jure, mes sources sont sûres. Ça vient de Dorothea en personne. En tout cas, pas étonnant que sa vie amoureuse soit un désastre pareil. Il me fait presque de la peine (enfin, quand il ne me menace pas des pires tortures…). Il va falloir qu'on prenne les choses en main, c'est moi qui te le dis. »

« Tout à fait d'accord. On commence quand ? »

L'étalon roux lui fit un clin d'œil.

« Quand tu reviendras de ta mission, bien sûr ! Pourquoi attendre plus ? Je tiens à ma vie et puis aussi à la tienne, donc, on a tout intérêt à détourner l'attention de Von Vestra de nous, dès que possible. Oh, et puis, une dernière chose, Claude. »

« Quoi ? »

« A ce moment-là, joue à ton vrai niveau. Cette partie d'échecs était… »

« Oui oui, je sais. Un… échec ! »

Sacré étalon. Il avait bien compris que son trouble – sa peur, devant une mission solitaire quasi-suicidaire – avait altéré ses capacités lors de ce match. Car cette manœuvre était très dangereuse. Il n'y avait aucune garantie qu'il en sorte indemne, ni même qu'il en revienne. Et l'Enjôleur le savait très bien, mais refusait de l'inquiéter, pour ne pas troubler sa concentration. Ce message, c'était sa façon de lui dire : 'Ne meurs pas. Ne te fais pas capturer. Tu es un ami et nous tenons à toi. Je tiens à toi.'. Sacré Sylvain.

« Tu peux faire mieux, pour les jeux de mots, Claude. On dirait Alois… »

Il devenait revenir en vie. Pour continuer à vivre ces précieux instants et… bâtir ensemble, avec ses amis et ses camarades, ce monde où chacun serait accepté. Pour partager de simples mais si extraordinaires moments, encore et encore.

« Patron ? »

« Hilda ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu devais passer la soirée avec Caspar ? »

« Naturellement, mais cet imbécile n'a pas compris que je l'invitais pour un rencard. Je l'ai donc condamné à aller me chercher des friandises. Ça lui apprendra à être aussi bête. »

« Pauvre hère. Sois un peu gentille avec lui, c'est un bon gars. »

« Je sais, c'est pour ça que je l'aime. »

Sacrée Hilda, va. Et sacré Caspar, aussi. En voici deux qu'on ne changerait jamais, et, c'était pour le mieux ainsi. Avec un sourire, le jeune Almyrois reprit.

« Alors, ce projet de voyage à deux ? »

« En bonne voie. J'ai confié mon atelier d'artisanat à Marianne en mon absence, je suis sûre qu'elle tiendra la boutique, pendant que Caspar et moi on trouvera de nouvelles techniques sur la route. »

Alors qu'il s'apprêtait à lui poser d'autres questions sur ses projets (curieux, ça, il l'était !), la jeune femme porta son regard au loin. Puis reprit, d'un ton inhabituellement sérieux.

« Claude. Reviens en vie de ta mission et… indemne, s'il te plaît. »

C'était si surprenant, qu'il ne put s'empêcher d'en rire.

« Tu doutes de mes compétences ? Tu me blesses, Hilda. »

« Non. Je m'inquiète pour toi. J'ai adoré la petite fête improvisée avec tout le monde. J'aimerais bien qu'on recommence. Une fête sans toi ne serait pas une vraie fête. »

Ah, elle était vraiment sérieuse. Comme cela arrivait une fois tous les cinq ans, mieux valait prêter attention. Il se tourna vers elle, l'écoutant avec attention.

« Tu sais, Claude. Quand tu m'as parlé de tes aspirations, celles où tu voulais briser les frontières entre les pays et les gens… je t'ai pris pour un idéaliste. Capable, mais idéaliste. Je ne comprenais pas comment on pouvait faire autant d'efforts pour une chose aussi intangible et désintéressée. Mais je comprends mieux, à présent. »

Son regard rosé – où se disputaient pleurs d'une émotion factice et rires d'un charme calculé – lui révélait des profondeurs d'ordinaire inaccessibles.

« Ton rêve, s'il nous permet de passer des moments comme ça… je veux bien t'aider à le réaliser. Mais il n'y a que toi qui puisses le mener à bout. »

Pour elle – sa complice, son amie, il choisit la réponse qui convenait le mieux. Taquinerie sérieuse, promesse de vie.

« Oui, tu serais trop flemmarde pour prendre la relève. »

« Exactement. » rit-elle. « Alors, débrouille-toi pour revenir. Et la prochaine fois, je veux plus de friandises à la fête ! »

« Entendu, Madame ! »

L'amitié. Voilà ce qui avait abaissé les barrières entre les personnes. Ce qui avait réchauffé son cœur, lui donnant la force de poursuivre son idéal. Et ce qui lui permettrait de survivre à cette mission impossible.

« Lorenz ! Ô grand Dirigeant Suprême de l'Alliance de Leicester ! Vous ici ! Que me vaut l'honneur de votre gracieuse présence dans mon humble corridor ? »

Le noble à la rose rouge arbora une moue contrariée, les lèvres pincées.

« Claude, la prochaine fois que vous organisez une rencontre entre les nations, ayez au moins la décence de prévoir un service de porcelaine suffisant pour tous les invités. Il est indécent que le Roi d'Almyra ait à céder sa tasse, même à ses amis. »

Sacré Lorenz, comptez sur lui pour relever les plus infimes détails de l'étiquette.

« Oh, c'est vrai que, comme personne ne s'est entretué, le nombre prévu de tasses n'a pas été suffisant pour les convives. De toute façon, les seuls à s'en être rendu compte sont les fanatiques de l'art du thé, à savoir Ferdinand, et vous, Lorenz. »

Dans une moqueuse révérence, l'espiègle Souverain de l'Est s'inclina, avant de poursuivre.

« Sa Majesté le Dirigeant Suprême de l'Alliance aurait-elle d'autres doléances à formuler ? »

Enquiquiner Lorenz, c'était jouissif. Rien que pour cela, cela valait la peine d'organiser une rencontre entre les nations. Mais le Comte de Gloucester ne sembla guère l'entendre de cette oreille.

« Claude, vous êtes insupportable. Je me demande comment un être aussi irresponsable que vous est en mesure de gouverner une nation entière. »

Le jeune Almyrois haussa un sourcil.

« Vous êtes encore plus grincheux que d'habitude, et, c'est dire, vous concernant. Qu'y-a-t-il ? Vous n'avez pas trouvé le thé à votre goût ? La saveur du Pin d'Almyra est bien plus marquée que ce dont vous avez l'habitude, mais elle est authentique, vous savez. »

« Cela n'a rien à voir avec le thé. Je suis contrarié. Il me semble sidérant que vous vous apprêtiez à entreprendre une mission fort dangereuse, et ce, sans la moindre préparation sérieuse. Cela n'est pas digne d'un être de votre calibre, Claude. »

Un éclair de compréhension traversa le renard. Il se rapprocha subrepticement de son interlocuteur, puis pencha la tête sur le côté.

« Lorenz. Si vous vous inquiétez pour moi, pourquoi ne pas le dire franchement ? »

« … »

Touché. Il avait vu juste. L'Infatué pouvait être coincé et prétentieux au possible, c'était également un être sincère et honnête. Capable de gentillesse et… d'amitié.

« Je, hum… »

Oh, ça valait le détour. Lorenz Hellman Gloucester – virtuose politique maniant toutes les ficelles de l'art oratoire, qui bafouillait comme un enfant. Pris en flagrant délit de sentiment.

« Comme c'est mignon, Lorenz. Je comprends pourquoi Dame Marianne est éprise de vous. Vous êtes si mignon lorsque vous rougissez ! »

« Claude, soyez un peu sérieux ! »

Moi, sérieux ? Pas question. Pas lorsque je m'apprête à entreprendre une mission, dont je risque de ne jamais revenir. Le renard chassa ses pensées, préférant se concentrer sur l'instant présent. L'autre soupira, puis reprit son air pincé, ainsi que son discours.

« En tout cas, j'attends de vous que vous soyez présent à mon mariage avec ma dulcinée. Et ce, bien évidemment, au jour et à l'heure convenus. Je ne supporte pas les retards inopinés, qui sont une de vos détestables habitudes. »

C'est baigné du souvenir de ses amis et de ses camarades… qu'il a entrepris la périlleuse route vers l'antre des Serpents des Ténèbres.

« Je reviendrai, Lorenz. Je reviendrai. Après tout, qui d'autre que moi pourrait égayer vos journées lors de réunions politiques ? »

« Je me passerai de vos inepties, merci bien. »

Il se glisse entre les crevasses.

Des Trois Grands, il est le seul dont la forme Metanima permet un tel exploit. Edelgard règne sur les cieux, où les tempêtes portent ses ailes blanches. Dimitri domine la terre, où les neiges glacées dévorent la vie.

Dimitri…

« Claude. »

Son corps est chaud. Sa force est rassurante.

« Ne vous inquiétez pas. Tout ira bien, Dimitri. Je sais ce que je fais. »

« Je sais que vous avez parfaitement mis au point votre stratagème. Je ne doute ni de votre talent, ni de votre sang-froid. Mais vous avez le droit d'avoir peur, Claude. Vous avez le droit de montrer vos émotions, face à moi. Je ne vous en blâmerais jamais. »

« … »

Le cœur de Claude rate un battement. Le pouvoir de l'Intègre est terrible – terrible. Sa sincérité frappe son cœur d'une flèche – plus infaillible que l'Infaillible.

« Jadis… » reprend le lion, de sa voix rauque. « Lorsque, perdu dans les méandres de ma folie, j'errais dans un labyrinthe sans fin… je me souvins d'une lueur, éclatante, qui brisa ces murs oppressants. Au bout du tunnel… se trouvaient mes amis, qui m'avaient toujours accompagné, malgré les ténèbres. Ouvrir mon cœur à autrui… est ce qui m'a sorti de ma prison. Et… »

« …c'est ce qui brisera les barrières, n'est-ce pas ? »

L'homme du Nord sourit, avec douceur. (Il est éblouissant, lorsqu'il a cette expression…)

« Votre intelligence est inégalée, Claude. Je pense que vous n'avez pas besoin que je réponde à cette question. »

« Mais… »

Alors que le renard détourne le regard, en proie à la réflexion… une main géante s'empare de son menton, relève sa tête. Le force à fixer cet œil bleu, si intense – trop intense.

« Claude. Si vous n'êtes pas revenu d'ici l'aube… je détruirai chaque rocher de ce repaire pour aller vous chercher. Personne ne pourra m'en empêcher. Pas même vous. »

Pourquoi ne peut-il que gémir, plaintivement, devant cette promesse ? Lui qui a berné le Funeste, par des stratagèmes les plus élaborés les uns que les autres…

serait-il prisonnier de cet homme trop intègre ? L'Intègre !

« Dimitri… c'est dangereux. » murmure-t-il. « Les Serpents n'attendent que cela pour vous capturer. Ils en ont après vous. »

Son argument est là. Mais sa réplique mourra.

« Ils en ont également après vous. Et vous le savez très bien. »

Le Lion des Plaines Glacées a capturé son cœur. Ses bras – puissants – enserrent la frêle silhouette d'un renard, qui a oublié de s'enfuir.

« Dimitri… » souffle-t-il.

« Je refuse de perdre un autre proche. »

La voix gronde, tel un rugissement. Claude devrait fuir, loin – loin de cette étreinte vitale, trop vitale pour son âme. Mais il se laisse piéger, volontairement – trop volontairement. Et le Souverain du Nord proclame son serment, devant les étoiles.

« Je défierai la mort. Je vaincrai le mal. J'écarterai le danger. N'oubliez jamais cela, Claude. »

Le cœur du renard s'arrêtera de battre, une fois encore.

Je refuse de perdre un autre proche.

'Moi aussi, je refuse de perdre un proche. A ceux qui ont ouvert mes barrières, mes chers amis… je promets mon idéal. A celui qui ouvert mon cœur, mon précieux compagnon… je confie ma vie.'

Il ne disparaîtra pas dans l'antre des Serpents des Ténèbres. Il en reviendra, pour retrouver les siens. C'est baigné de cette résolution, que le renard est arrivé devant l'entrée fatidique. Une lumière – abyssale – éclaire le chemin vers sa quête. Et là…

« Maghamir, l'Aventurier de l'Est. Ou plutôt devrais-je dire… Claude Von Riegan, le Madré ? »

Ses canines se relevèrent, signe de son rictus animal.

« Vous savez qu'il est inconvenant d'appeler un Metanima par son nom humain, lorsqu'il est sous sa réelle forme ? »

« Ces écarts de mœurs n'en sont point, dans les Souterrains des Ténèbres. Après tout, vous n'êtes que des animaux destinés à nous servir. »

« Quel manque de courtoisie. Je me sens si offusqué par cet accueil des plus froids. Moi qui espérais un petit thé de bienvenue. »

« Oh, mais pour un animal, tu es certainement le plus intelligent, même moi je dois le reconnaître. Pourquoi ne pas faire honneur à cette qualité et me rejoindre directement ? Tourner autour de notre repaire ne t'apportera rien du tout, à part une frustration grandissante. »

« Non merci, j'ai toujours aimé perdre mon temps à gambader dans la nature. Cela ne me dérange pas. Mais vous pouvez toujours essayer de m'attraper, si vous le désirez. »

« Ah, je sais bien que tu t'es exprès terré ainsi pour rester hors de notre portée tout en nous approchant. C'est vrai qu'aucun de mes subordonnés ne peut se glisser dans des fentes aussi étroites. Mais toi, tu ne peux pas non plus pénétrer chez nous. Sais-tu ce qui arrivera, lorsque tu pointeras ton museau dans notre antre ? »

« Vous me capturerez pour me transformer en votre esclave, afin de m'utiliser pour vos sombres manigances. Probablement avec un sceau similaire à ceux d'Edelgard Von Hresvelg et ses deux conseillers, Hubert Von Vestra et Ferdinand Von Aegir. »

« Correct, à ceci près que celui que nous te destinons a été spécialement conçu pour toi, Détenteur de l'Emblème de Riegan. Il est capable de contrôler tes actions et d'influer sur tes désirs, tout en gardant ton intelligence intacte. »

« Un traitement de faveur ? Flatté. »

Malgré son ton léger, Maghamir n'en menait pas large. Les Serpents avaient à ce point perfectionné leur technologie ? Et avaient même prévu un rôle spécifique pour lui dans leurs plans ? Ce n'était absolument pas rassurant.

« Les merveilles de notre technologie, bien plus avancée que la vôtre. » continuait le mécréant. « Vous devriez vous sentir honorés d'avoir été choisis pour nous servir. En particulier vous, les Trois Grands, comme vous vous faites appeler. Aigle, lion, renard… les forces de la nature m'inspireraient presque du respect, si elles le méritaient. »

Si on pouvait appeler cela un honneur que d'être utilisé comme un simple esclave. Toujours tapi, le Madré promena son regard émeraude aux alentours, cherchant une issue de secours. Un regard cruel le considérait, pensif, alors que la sinistre voix poursuivait.

« Il y a beaucoup de façons d'attraper un renard, dont certaines… douloureuses pour la cible. Tout en la gardant vivante. Et à peu près indemne. Du moins, physiquement. »

Eurgh. De mieux en mieux. C'était à se demander pourquoi il n'était pas resté chez lui, à se faire charrier par Hilda et Sylvain, ou à se faire menacer par Von Vestra. Mais il fallait accepter le duel verbal, ne serait-ce que pour espérer gagner la vraie manche. S'armant de tout son courage, le Madré lança une pique.

« Je suis capable de survivre des mois dans la nature, sinon plus. Vous savez que les mulots et les taupes abondent au fond de la terre ? Je les apprécie autant que les oiseaux ou les lièvres. Sans compter le festin que constituent les racines et les graines enfouies. »

« Tu survivrais également à un incendie ? »

« Le feu détruirait également votre repaire. Je ne pense pas qu'un simple renard en vaille la peine, même s'il s'agit d'un Metanima. »

« Ce repaire, comme tu l'appelles, est bien plus solide que tu l'imagines. Si la terre s'effondre, ce ne sera pas son cas. »

« Mon corps resterait coincé dans les tunnels. Vous ne pourriez pas le récupérer. Dommage, n'est-ce pas ? »

« Ce n'est qu'une façon parmi mille autres. En voici une autre, fort intéressante pour un esprit comme le tien. »

« Je suis tout ouïe. »

« Nos agents pourraient infiltrer tes sujets et les retourner contre toi. Sans plus aucun appui de la population, tu ne serais plus qu'un fugitif épuisé, facile à capturer. »

« Cela vous prendrait trop de temps. J'aurais tout le temps de mener mon projet à bien. »

Un rire tonitruant envahit les souterrains. Le renard grimaça, perturbé par ce grincement insupportable pour ses oreilles. Sa forme animale accentuait l'acuité de son ouïe, qui se retrouvait plus rapidement submergée.

« Tu as vraiment réponse à tout, Claude Von Riegan. J'aurais presque du respect pour les humains, s'ils te ressemblaient plus. Dis-moi, petit stratège. Que cherches-tu ici ? »

« Ma foi, j'avais juste envie de faire une promenade. Le paysage est charmant, quoiqu'un peu morne. »

« Je vois. Tu as décidé de jouer à ce petit jeu. Mais je peux t'affirmer une chose. Tu perds ton temps. »

Avant que Maghamir n'eût pu répliquer, l'ennemi asséna.

« L'Emblème de Feu n'est plus. »

Le… ! Il savait… il savait ce qu'ils cherchaient !

Avec sang-froid, le Madré articula lentement.

« Je refuse de croire que notre professeur ait pu périr dans un endroit pareil. »

« En effet, votre amie n'a peut-être pas encore trouvé la mort. Mais son sort n'en est pas plus enviable pour autant. Condamnée à dériver sans fin dans l'obscurité… écrasée par le désespoir… quelle torture infernale. »

Un frisson parcourut le corps du renard, à cette sinistre évocation. L'œil du mécréant capta cet infime signe de terreur et porta le coup fatal.

« Tu as tout misé sur elle, n'est-ce pas ? Quel stratagème audacieux. Tu dois être désespéré. »

« »

« Petit renard, n'aie pas l'air si perdu. Approche, viens retrouver ton maître. Viens par ici, petit. Petit, petit… »

L'éclair d'un instant, l'instinct l'emporta sur la raison. Et le renard montra les crocs, laissant l'animal en lui réagir. Son adversaire se mit à rire.

« Ha ha ha… vous êtes bien des animaux, les Metanima. Vous vous faites appeler 'Esprits Ancestraux', mais en réalité, vous êtes juste des créatures qui ont besoin d'un maître pour les guider. Ta réaction en est la preuve. »

Maghamir recula, tentant de retrouver ses esprits. La provocation ennemie l'avait plus atteint que prévu, pour qu'il en vînt à laisser son instinct animal prendre le dessus.

« »

« Sans nous, vous ne seriez que d'inutiles bêtes. Vous détruisant l'un l'autre pour d'illusoires désirs. Des créatures telles que vous ne peuvent pas l'emporter sur notre civilisation. »

« Mieux vaut être une inutile bête qu'un être se croyant supérieur à autrui. »

« Insolent gamin. Tu as besoin d'être rééduqué, malgré ton intelligence. C'est ainsi que tu deviendras utile. »

Rééduqué. Ces… Serpents parlaient comme s'ils étaient des êtres supérieurs, capables de façonner un monde idéal. Alors qu'ils n'avaient rien fait d'autre que rester tapis pendant des millénaires, à comploter une illusoire revanche. Qu'avaient-ils accompli, pour se croire permis de parler de la sorte ?

« Tu vois ces sceaux magiques ? » reprit le misérable. « Ce sont eux qui sont chargés de te capturer. Ces dispositifs sont tellement perfectionnés que des décennies ne te permettraient pas d'en comprendre le fonctionnement. Tout ce que vous pouvez faire, tes amis et toi, c'est vous débattre dans nos filets, tels les animaux que vous êtes. Car vous êtes incapables de rivaliser avec nous. »

Maghamir avait retrouvé sa présence d'esprit. Et avec, sa foi en ses amis et lui-même. Il s'avança, prêt à s'élancer vers sa destinée.

« Et pourtant, nous avons le pouvoir de franchir les murs qui nous séparent. De tendre une main amie afin d'ouvrir notre cœur à nos prochains. C'est pour cela que nous vaincrons ! »

Il allait retrouver le Professeur et changer le cours de l'Histoire.