Petit OS dédié à Sea-Rune. Désolée mais le Rhadanon ne m'inspirait pas, alors j'ai écrit un petit Deuteros/Asmita à la place.
Merci à Miss Silver K de m'avoir inspiré.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Le jardin secret de l'île de Kanon
Alors qu'Asmita discutait avec Deuteros, via l'armure de Pégase grâce au sang qu'il avait versé pour la réparer, il remarqua la présence d'une fleur près de l'endroit où était posée la box.
« Je n'aurais jamais imaginé voir une fleur par ici.
— Mmh ? Oui moi aussi, j'étais le premier surpris. Elles arrivent pourtant à pousser malgré les conditions de l'île.
— Il y en a d'autres ?
— … Suis-moi. »
Deuteros se leva et partit vers une côte. Asmita le suivit, curieux de voir ce qu'il voulait lui montrer. Quand ils arrivèrent sur le flanc reclus de l'île, la vierge constata qu'il y avait un parterre de fleurs. Elles étaient de la même espèce que celle perçue plutôt.
« Est-ce toi qui les cultives ?
— Ces sont des anthémis… J'avais planté des graines, mais je n'aurais jamais cru qu'elles pousseraient un jour.
— Le démon de l'île de Kanon aurait-il la main verte ?
— Hmpf… Tu te moques de moi ?
— Aucunement, je trouve ça… impressionnant. »
— … Je me souviens… Quand j'étais petit, je ne pouvais pas faire grand-chose, vu que je vivais caché. Aspros me rapportait parfois des souvenirs de ses sorties à Rodorio et de ses missions. Un jour, il m'avait donné un sachet de graines. J'ai voulu les faire pousser et lui montrer le résultat, mais à chaque fois, les gardes détruisaient mes plantations. J'avais fini par abandonner et jeter le sachet. Mais… Quand je suis arrivé ici, j'avais découvert les graines dans la box de l'armure. J'ignore comment elles sont arrivées dedans. Je les avais jetées sur cette falaise en pensant qu'elles me seraient inutiles… Quelques semaines plus tard, en passant par ici, j'ai vu des pousses commencer à germer. Je n'en croyais pas mes yeux : des plantes poussaient sur ces terres arides ! Alors, j'ai commencé à les arroser et surveiller leur croissance. Elles ont fini par éclore.
— Je vois, on aurait dit que ces fleurs prenaient leur revanche sur la vie qu'elles avaient eu au Sanctuaire. Mais elles n'ont pu se développer que grâce à tes soins, tu as accompli ce que tu voulais faire sur cette île.
— … Ces fleurs me font penser à toi…
— Ah oui ? Et pourquoi ?
— Elles sont jaunes… Comme la couleur de tes cheveux.
— C'est assez mignon de se faire comparer à une fleur, quoiqu'un peu gênant. Mais c'est vrai, ces fleurs ont la même couleur que mes cheveux.
— Comment peux-tu le voir alors que tu gardes toujours les yeux fermés ? D'ailleurs, pourquoi ne pas les ouvrir ? Maintenant que tu es… décédé… tu peux voir sans problème, non ?
— Je n'ai pas besoin de les ouvrir pour les voir, je peux très bien me faire une image mentale. Grâce aux sens des masses, aux rayonnements thermiques, à l'écholocalisation, aux mouvements d'air et à l'odeur.
— Mais tu n'as plus besoin de tout ça maintenant.
— Je ne ressens pas non plus la nécessité d'utiliser la vue. »
Le gémeaux n'argumenta pas plus. Il savait qu'Asmita ne changerait pas ses habitudes, à moins qu'il ne le juge nécessaire. Ils restèrent ici à contempler le paysage dans un silence apaisant, appréciant ce moment avec l'autre, jusqu'au coucher du soleil.
« Il est temps pour moi de partir.
— Déjà ? Tu ne restes pas plus longtemps ?
— Je ne peux plus rester comme ça, mon temps ici est écoulé.
— … Non… Reste encore un peu… »
Une larme coula le long de la joue basanée du grec puis d'autres suivirent. Il sentit soudain quelque chose frôler son visage : c'était la main fantomatique d'Asmita qui effleurait sa joue, il pouvait la sentir. Il vit avec stupéfaction que le chevalier de la Vierge avait ouvert les yeux, il put admirer ses beaux iris bleu.
« Tu as fini par les ouvrir…
— Je voulais te contempler une dernière fois avant de disparaître.
— … Allons-nous nous revoir un jour ?
— Bien sûr. Assura-il avec un sourire. »
Puis, il déposa ses lèvres sur celles du cadet des gémeaux. Deuteros était heureux de partager ces moments d'intimité avec lui malgré sa tristesse. Quand ils rompirent le baiser, Asmita commençait déjà à disparaître : « Puis-je te voir sourire ? Une dernière fois… avant que je parte… Oui, c'est bien… ton sourire est vraiment… magnifique… ». La présence fantomatique se changea en particules d'or. Le vent se leva, emportant avec lui les résidus dorés et des pétales jaunes vers le soleil couchant, et disparaissant à l'horizon, comme s'ils partaient vers un autre monde.
J'ai mis quelques dialogues venant de Fire Emblem Fates, certain.e.s reconnaîtront peut-être (du moins ceux/celles qui connaissent).
