Le Vaisseau de Lassa Rhayme, l'Opportunity, était revenu depuis deux jours à la station orbitale tenue par la résistance de Quarzite. Les ARC Troopers de la Task Force 65 avaient été débarqués, ces derniers étant des deux dernières générations de clones, ils étaient à 50% féminins du modèle Nurih, les hommes étant principalement des Jango. Le Lieutenant Saren, un clone de base Korkie, était à leur tête. Il avait ordonné à ses hommes de se tenir au garde à vous pendant l'inspection de Barriss. A leurs côtés se tenait l'escouade November, une des escouades commandos créées avec la première génération de nouveaux clones. Les deux autres n'en ayant pas eu. Le chef de cette équipe, Marl, était un Korkie. Il était suivi d'un Jango, Yates, son second et médecin, puis Tex, une Nurih, qui était son experte en infiltration et enfin Barn, un autre Korkie, son expert en armes lourdes et démolition. Terminant les renforts, le capitaine Hern Kaveen, issu des restes de l'armée Pantorienne. Il amenait avec lui un groupe de volontaires de son peuple, tous formés au combat par les Clones. Barriss, escortée du Capitaine Viktor et du lieutenant Tenro, menait l'inspection de ses troupes, avant de se mettre face à eux pour faire son discours.

- « Soldats, vous avez tous entendu les histoires sur moi et vous avez rejoint la Task Force en prenant le risque qu'elles soient vraies. » Elle eut un sourire en coin. « Elles le sont presque toutes. Tuer est aussi banal de respirer pour moi et la seule vie qui m'importe réellement est celle de notre Commandant Suprême. » Elle marqua une pause. « En rejoignant ma Task Force, vous laissez votre conscience au placard et vous n'hésitez pas à faire toutes les petites choses dégueulasses que le reste de l'armée ne fera pas. » Elle les fixa. « Il me semble que lors des simulations de recrutement vous aviez l'ordre 37 à accomplir. Dites-vous qu'on pourrait être amenés à l'exécuter, nous sommes les seuls à le pouvoir et à en avoir le droit. » Elle sourit avant de conclure. « On sacrifie notre conscience pour que les autres n'ait pas à le faire. Aucun de nos noms ne sera retenu, on est déjà morts. Je compte seulement sur vous pour pas vomir sur mes bottes. Allez prendre vos baraquements, on lance notre première attaque demain. »

Tous les soldats saluèrent et partirent. Les conditions de vie étaient des plus spartiates. Un baraquement commun et mixte, sans distinction des origines raciaux. Même les officiers étaient avec eux, la nuance étant qu'ils avaient des couchettes simples et non des superposées. Certains des ARC plaisantèrent devant les conditions de vie qui étaient plus rudes qu'à bord des Vénators, riant sur les méthodes des Kages au début et se taisant en apprenant que cela venait de leur nouveau commandant. Cette dernière marchait en compagnie du capitaine Voldez, le lendemain matin, elle semblait d'humeur maussade depuis son contact avec le haut commandement.

- « Quelque chose semble vous tracasser. » Commença Voldez.

- « Rien qui concerne la mission… » Soupira Barriss.

- « Ma fille fait des siennes ? »

- « Non, c'est une élève des plus attentives. Si elle continue sur sa lancée, elle recevra bientôt son sabre laser. »

- « Ma fille ? Attentive ? » Demanda la Chiss, surprise.

- « Dès qu'elle a compris qu'elle ne devait ressentir aucune honte envers ses pouvoirs, elle s'est intéressée et a tout fait pour progresser rapidement. » Elle sourit. « Une bien meilleure élève que moi, à l'époque. »

- « Ravie de l'entendre… » Soupira la Chiss, qui avait encore du mal à savoir sa fille maniant la Force. « Et… Sans indiscrétion, qu'est-ce qui vous tracasse ? »

- « Ma moitié viens d'être forcée de tuer un de ses propres hommes, ainsi qu'un de ses plus vieux mentors… » Elle soupira. « Sans compter des pertes très lourdes pour l'Ordre Jedi. Le cœur d'Ahsoka n'est pas fait pour encaisser de tels chocs, elle a beau être endurcie par la guerre… Elle reste plus sensible que moi. »

- « Ahsoka… Tano ? La chef de votre mouvement Loyaliste ? C'est votre compagne ? » Demanda Voldez, surprise.

- « En effet. » Répondit Barriss, fière.

- « C'est… Peu conventionnel. »

- « Personne dans la Galaxie ne s'imaginerais que celle qui donne des insomnies à l'Empereur, partage sa couche avec une autre femme. » Ricana Barriss. « Et encore moins avec une Miriallanne qui est toujours considérée comme une terroriste, dans la moitié des systèmes connus. »

- « L'amour a ses raisons, que la raison ignore. » Répondit la Chiss. « Regardez ma fille, je l'ai aimée dès que je l'ai mise au monde… Pourtant, au vu des circonstances de sa naissance et de ma propre éducation. J'avais toutes les raisons de la Galaxie, de la haïr. »

- « Cronal était une ordure… Je suis déjà passée entre ses griffes… » Soupira Barriss. « Ainsi que celles d'Illiv Orfa… »

- « Vous aussi… Vous avez eu le droit à la Twi'lek… » Soupira Voldez.

- « Ainsi qu'aux autres prophètes… Ils me maintenaient ainsi sous leur contrôle, en me droguant et me violant. » Elle fixa la Chiss. « Vous savez quoi, payez-moi une bonne bouteille après la mission d'aujourd'hui et je vous expliquerais toutes les exactions de l'époque, que l'Empire faisait. »

- « Ça ne vous gêne pas d'en parler ? »

- « Je puise une partie de mon pouvoir dans la haine qu'ils ont fait naitre. Je ne m'en cache pas, au contraire. Aussi ignoble que cela puisse être, cela fait partie de ce qui a façonné ce que je suis devenue. »

La Chiss ne dit pas un mot de plus, Barriss accélérant le pas pour rejoindre ses clones qui montait dans un train. Voldez fit un signe à sa fille, qui montait à la suite des Clones et des Pantoriens. La jeune Chiss offrit un grand sourire à sa mère, avant que les portes se ferment. L'équipe était réduite, le capitaine Viktor briefant les ARC Troopers du lieutenant Saren. Hern briefant ses Pantoriens sur la mission à venir et Sadori Vushan, faisant de même avec ses guerriers Kage. Ils savaient ce qu'ils devaient faire. Une des stations orbitales était sous contrôle total de l'Empire, pour déclencher une guerre civile totale, ils devaient s'en débarrasser. Les Commandos étaient assis sur une bombe suffisamment puissante pour rayer de la carte toute la base de la résistance. C'était une arme illégale depuis des siècles : une bombe nucléaire. Les dernières utilisations connues l'ayant été entre les mains de Mandaloriens, pendant les Guerres Mandaloriennes, quatre millénaires plus tôt. Barriss faisait le tour de ses hommes, elle avait fini par accepter de porter un semblant d'armure. Un plastron de clone, modifié et peints en noir, lui étant posé par ses hommes, ainsi que des cuissardes et des protections sur son unique bras. Le train finit par s'arrêter, laissant les commandos partir en premier. Barriss s'assied à son tour sur la bombe. L'impatience et l'inquiétude gagnant rapidement les troupes.

L'Escouade November était détachée, en première, pour leur ouvrir la voie. Sans eux, toute leur attaque était vouée à l'échec. Le Kage faisait les cent pas, au même titre que le capitaine Kaveen. Seuls les clones restaient fixes et Barriss baillait presque, prenant quelques gâteaux dans la poche de sa ceinture en attendant que les Novembers accomplissent leur tâche. Vala s'approcha d'elle.

- « Maitresse. » Commença la jeune Chiss.

- « Pour la énième fois… » Soupira Barriss. « J'ai un prénom. »

- « Désolée, Barriss… » S'excusa la Chiss. « Et si les Novembers échouent ? »

- « Ils n'échoueront pas, ce sont des gars comme eux qui ont tué un Inquisiteur il y a quelques années ou encore qui ont couvert Ahsoka sur Ryloth. »

- « Sur Ryloth on raconte qu'ils étaient prépubères, ceux qui ont couvert le Commandant Suprême. » Intervint Saren.

- « C'est ce qu'on raconte, en effet. Moi j'étais occupée à casser le cul de Cronal. » Ricana Barriss.

- « Attendez… Vous avez affronté ce Jedi Noir en combat singulier… Avant Korriban ? »

- « Korriban était le second round. » Ricana Barriss. « Et on l'a eu cette fois. Plus qu'a dégommer sa catin de fille et on retirera une sacrée épine de notre pied. »

- « Sa fille ? » Demanda Vala.

- « Une blondasse qui nous gêne depuis quelques années. »

Soudain une explosion retentie dans la gare non loin. Les défenses impériales s'écroulant sur le quai. Barriss sourit et ordonna que le train reprenne sa route. Quand il arriva à quai, ce fut une déferlante de Clones, de Pantoriens et de Kages qui en sorti. Tirant sur tout ce qui bouge, ou pas, même les blessés au sol se faisant balayer par la Task Force. Barriss ne faisait aucune distinction, tout ce qui portait l'uniforme impérial était passible de mort. Son sabre allumé, elle était en tête de ses hommes, bondissant sur l'officier en charge des quais pour le découper en rondelles, littéralement. Elle savait qu'ils devaient faire vite, avant que l'alerte ne soit donnée.

Vala sorti ensuite du wagon, escortant l'équipe avec les bombes. La première, atomique était sous sa protection directe. La seconde, qui était moins puissante, avait été récupérée par les commandos qui l'acheminaient vers son point de dépôt. Soudainement Vala tomba sur un Jedi Noir, un simple Saber Guard, ce qui surpris Barriss. Le massacre de Korriban ne les avait pas totalement débarrassés de ces utilisateurs de la Force, qui était cependant bien moins nombreux qu'avant. Désarmée, elle recula devant le guerrier possédant la Force. C'est ce moment que la Miriallanne choisi pour lui lancer le sabre d'Assajj Ventress, le rouge. Vala, alluma la lame écarlate, commençant à affronter le guerrier impérial à armes égales.

Le duel restait cependant inégal, Vala qui était à peine formée, n'en menait pas large contre un guerrier de la trempe d'un Saber Guard. Elle vit cependant le regard de sa maitresse qui était braqué sur elle. Elle puisa alors dans ses émotions, allant contre tous les principes Chiss et repris le dessus, jusqu'à briser la garde du guerrier et le trancher en deux, à la diagonale. Elle s'approcha de sa maitresse, abhorrant un air victorieux.

- « Pas mal. » Se contenta de dire Barriss.

La Chiss eut un air bougon et suivit sa maitresse qui courait vers les ascenseurs où la bombe principale était acheminée. Ce dernier était surveillé par des Shadow Troopers, ces soldats en armure noire, possédaient un générateur de champ furtif. Vala eut sa première leçon importante : face à la Force, la technologie ne vaut rien. Alors que les Troopers avaient éliminés plusieurs combattants de la résistance, ils furent tous surpris par Barriss qui sentait leur présence dans la Force. Tendant sa main pour les électrocuter et ainsi couper leur champ de camouflage. La douleur les empêchant de bouger, Vala put passer à l'action pour les éliminer un par un. Quand tous furent tombés, le capitaine Kaveen arriva enfin avec la bombe. Soupirant en voyant le carnage. Puis il la posa dans l'ascenseur, Barriss l'activant et contactant Tex.

- « Tex, dites-moi que vous êtes à un terminal. »

- « Oui chef, j'envoie l'ascenseur en haut ? »

- « Ce serait parfait. »

La clone, experte en infiltration et piratage, ferma les portes à distance et envoya l'ascenseur vers l'orbite. Barriss ordonna alors le repli, le reste des Novembers posant la seconde bombe. Ils croisèrent le binôme du Saber Guard en se repliant, une Garde des Ombres. Barriss n'en fit pas de cas, la décapitant d'un simple lancer de sabre. Tous montèrent à bord du train et mirent les gaz, les Commandos en derniers, qui firent savoir que la seconde bombe était posée.

Quelques instants plus tard, en orbite, tous furent témoins d'une explosion nucléaire qui ravagea toute la station impériale, ne laissant que des débris en orbite. Visible depuis toutes les stations, elle était devenue le symbole du lancement de la révolte contre l'Empire et les Belugans. Juste après, la seconde bombe qui n'était pas nucléaire, explosa à son tour. Rasant les quais impériaux à la base de la station. Cet affaiblissement de l'Empire sur Quarzite, suffirait à convaincre les différents foyers de résistance de se soulever contre l'envahisseur. Dans le train, Barriss qui s'était débarrassée de son armure improvisée, monta sur une caisse.

- « Bon boulot les gars ! J'ai cru comprendre que les Kages avaient des fus de bon alcool. Ce soir c'est ma tournée ! »

Tous les hommes de la Miriallanne l'acclamèrent, même Viktor. Le capitaine ARC comprit que toute peau de vache impitoyable qu'elle était, elle savait tenir ses hommes et les récompenser pour leur dur labeur. Il sourit sous son casque, Barriss venait de gagner sa confiance. Le soir même, Barriss et Voldez étaient assisent dans un coin, regardant les différents combattant se saouler après une mission difficile. Barriss revint sur un détail d'avant la mission en regardant Vala et lui tendant sa flasque.

- « Gamine, sans toi je n'aurais pas eu un plan d'attaque aussi bon. » Elle sourit. « Que dirais tu d'être mon bras gauche ? »

- « Votre bras gauche, on ne dit pas le droit normalement ? »

- « C'est mon gauche qui est absent. »

- « Avec plaisir, dans ce cas. » Sourit son élève, sous les encouragements de sa mère.

- « Alors bois à ma santé, Capitaine Vala ! »

Elle sourit et pris la flasque pour boire une gorgée, toussant immédiatement après. C'était une eau de vie Rattataki, un des pires tords boyaux de la Galaxie. Barriss éclata de rire, lui tapant sur l'épaule en lui souhaitant la bienvenue dans la cour des grands. Puis elle se leva sur une caisse, retirant son débardeur et le faisant tourner au-dessus de sa tête.

- « Celui qui l'attrape aura la ration du commandant demain ! »

Elle le lança dans ses hommes, avant de partir torse nu vers les holocom. C'était l'heure de parler avec Ahsoka. Le soldat qui attrapa le vêtement de son commandant, eu effectivement le droit à la ration de Barriss le lendemain, alors qu'elle se contenta d'une simple ration de soldat. Barriss s'installa dans un fauteuil, loin de tout le monde, pour appeler Ahsoka.

- « Salut chérie… »

- « Qu'est-ce que tu fous torse nu ? » Demanda la Togruta.

- « On arrose notre première victoire avec les gars. »

- « Je n'ose même pas imaginer la fête de la libération… » Elle ricana. « Pense à m'inviter. »

- « Promis. Et toi ça va ? »

- « Un peu mieux… Avec Celeste, on va bientôt rejoindre le Rex II… Je risque d'être indisponible quelques jours… Prends soin de toi, mon amour. »

- « Toi aussi… »