Yo ! Cet OS est écrit dans le cadre de la Nuit du FoF, sur le thème Test.

Il se passe longtemps avant les deux textes précédents. Genre, sept ans avant.

Bonne lecture !

Genesis

(Désolé.e à l'avance)

Le test d'une nouvelle arme, apparemment.

Le test d'une nouvelle arme, mais son père est chercheur en médecine, et son frère ingénieur en biomécanique.

Ils n'ont rien à faire au test d'une nouvelle arme, qui aurait mal tourné.

Ils travaillent pour l'armée. Oui. Ils sont dans la Galaxy Garrison depuis trois ans. Pour les recherches de son père. Les recherches en médecine de son père.

Rien à voir avec une arme.

Et rien qui pourrait exploser.

Pourtant elle reconnaît le laboratoire.

Elle l'a vu en photo.

Elle est passé devant, venue chercher son père. Elle n'a jamais eu le droit d'entrer.

Peut-être que son père savait que ça pouvait exploser ?

Il ne reste rien.

Rien de la supposée arme en cours, rien de son frère ni de son père. Rien de leurs recherches. Rien que des souvenirs, des souvenirs dont on fait des discours, et de tous les discours qu'on entend, Katie Holt ne reconnaît rien de vrai.

Elle a quatorze ans, les bras de sa mère l'entourent, et elle est désolée. Désolée à l'avance, parce qu'il est déjà trop tard.

« Ils ne sont pas morts. »

Elle dit. Sa mère la croit. Si elle a assez de force, sa mère la croira encore quelques années. Katie espère. Elle espère que sa mère sera assez forte pour vivre seule.

.

Quel test ? Quelle arme ? Quelle histoire ?

Parce que son grand frère n'a rien dit.

Il y a son visage à la télévision et son appartement est vide.

Enfin, pas vraiment vide.

Ce n'est jamais vraiment vide. Il y a les haltères dans un coin, des livres d'astrophysique, des emballages de pizza, des vêtements, des tasses de thé.

C'est le bordel, depuis qu'Adam ne vient plus.

Mais c'est vide de Shiro.

Il n'y a plus son corps, ni son manteau, ni son rire ni ses chaussures. Même pas sa rengaine sur la patience qui agace Keith autant qu'elle le rassure.

Juste son visage sur l'écran de la télévision, et une histoire racontée qui parle d'une nouvelle invention de l'armée, d'échec, de tragédie, de mort.

Keith attrape tout ce qu'il peut. L'ordinateur de Shiro, ses cahiers, ses livres, son carnet d'adresses, la boîte de son thé préféré. Honnêtement, Keith n'aime pas vraiment le thé.

Son café pour quand Keith vient, pour quand Adam venait, leurs photos à trois, puis à deux, puis encore à trois.

Keith prend tout. Fiche tout dans un grand sac. Il doit brûler le reste. C'est son instinct qui le lui crie, et peut-être qu'il devrait écouter la voix de Shiro qui lui dirait de patienter, de boire une tasse de thé le temps de se calmer et de prendre une décision à ce moment. Mais la voix de Shiro est pas là, il a pas envie d'un thé et puis il est en colère.

Contre lui-même, contre la Galaxy Garrison et contre Shiro. Contre tout.

Il sort un briquet de sa poche, il ne sait pas par où commencer. Un glapissement, un bruit de griffes.

Dans la salle de bains. Un chien. Un chien qui ressemble plutôt à un loup. Un bébé loup, au poil fin et doux et volumineux. Il doit avoir cinq ou six mois, et il a retourné toute la pièce, détruit le rideau de douche, les serviettes de bain, et Keith lui tapote immédiatement la tête. Bien joué, il pense. Shiro avait pas à le laisser tout seul. Tout seul ici.

Le chien-loup a raison. Il faut tout détruire.

Autour de son cou un collier. Accroché au collier un mot.

Prends soin de lui.

Puis, un numéro de téléphone. Mais Keith ne va pas appeler.

Si Shiro avait la moindre idée de ce qui allait se passer, il ne mérite pas que Keith lui obéisse. Il range le briquet dans sa poche. A la place, il récupère les clés de la moto de Shiro, et pendant une demi-heure, il lance toute la vaisselle à travers l'appartement. Un poids chaud se colle contre la jambe.

Keith Kogane a dix-sept ans, le poids d'un chiot le soutient et il est désolé. Désolé par avance : c'est déjà trop tard.

« Il est vivant. »

Il espère que son compagnon sera assez fort, assez fort pour supporter les voyages, la frustration et la colère à venir. Keith ne va rien lâcher. C'est son choix. Et ce pauvre chien ne pourra que le suivre ou s'enfuir vers un futur incertain. Ils quittent l'appartement.

En une journée, un instant, tout a changé.

Pourtant les étoiles sont les mêmes. Il s'accroupit, tend les bras pour que son nouveau compagnon s'y réfugie.

« Kosmo. Kosmo, ça t'irait ? »

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Personnellement, quand j'entends Kosmo je pense juste à l'abréviation du cocktail, parce qu'une de mes amies commande souvent ça, avec un petit air de diva « Un cosmo, merci ». Bref.

C'est la genèse de cet UA, j'imagine ?

J'explique pas encore d'où viennent les superpouvoirs.

J'ai pas encore décidé.

Sur ce.