Yo !
Alors, cet OS se déroule quelques mois avant les deux premiers OS du recueil.
Ici, pronoms masculins pour Pidge.
C'est écrit pour la Nuit du FoF (encore) sur le thème Tabler.
Oui, Pidge aurait pu faire un truc avec Excel. Non, je ne suis pas capable d'écrire ça.
So.
Yeah.
Bonne lecture !
Cookies
Ils ont fermé la ville. Jusqu'à la fin de l'enquête, c'est ce qu'ils ont dit. Pidge, ça le fait rire doucement. Quelque chose lui dit que ça va durer.
Au moins cette histoire de couvre-feu.
C'est tombé d'un coup, après l'alerte à la bombe à l'ambassade de Daibazaal. Rien n'a explosé. En revanche, la Lame de Marmora en a profité pour voler des documents classifiés – l'information n'a pas été rendue publique, mais Pidge a ses sources.
Maintenant, ils vont ratisser la ville. Soi-disant pour contrôler les terroristes. Ils vont arrêter tous ceux dont la tête ne leur revient pas, mais ils doivent savoir que la personne en possession des documents est déjà loin. Au moins, ils doivent le croire.
Ils ont mis deux heures à fermer la ville. N'importe qui aurait eu le temps de sortir.
C'était hier, et maintenant, Lance panique.
Ils ont fait fermer les restaurants, qui seraient apparemment des cibles trop faciles — pour la Lame qui n'a jamais attaqué que des positions politiques ou symboliques ? — et son rendez-vous de ce midi est passé de déjeuner à se faire servir à pique-nique improvisé dans un parc. Le date ramène un plat principal, Lance le dessert et à boire.
« Je serais toi, je tablerais sur des cookies au beurre de cacahuète. »
Lance fronce les sourcils, se retourne vers lui, une main sur la hanche. Toujours des postures de diva.
« C'est un pique-nique. Y aura pas de table. »
Pidge n'est toujours pas certain de si son colocataire a un humour terrible ou s'il ne comprend vraiment pas. Souvent, c'est un savant mélange des deux.
« C'est délicieux, rapide à faire, et facile.
— Je pourrais peut-être appeler Hunk ?
— Hunk te préparera un dessert parfait. Il prendra environ deux heures. Tu auras une heure et demie de retard à ton date et si elle est encore là vous aurez seulement trois heures ensemble avant que tu doives rentrer pour le couvre-feu. Tu comptais l'emmener au cinéma, non ? Si tu ne veux pas passer l'après-midi à regarder ta montre ni te faire arrêter en rentrant n'appelle pas Hunk.
— Tu peux toujours me faire une fausse attestation ? Tu peux écrire que je suis médecin ? C'est cool médecin.
— Je peux. »
Pidge ricane. Si Lance a vraiment peur, il peut toujours enfiler son costume de super-héros sur le chemin. C'est une des rares professions qui échappe aux mesures de sécurité.
« Mais tu seras quand même en retard.
— Bon, c'est quoi que tu disais avec la table ?
— Cookies au beurre de cacahuètes. Sors le mixeur. Mets du beurre de cacahuète dedans.
— Combien ?
— Finis le pot. Ajoute du sucre. Stop. Un œuf. Mixe. »
Il obéit vite, et bien. Il ne sait pas si c'est le stress ou si Lance est souvent si maniable, en tout cas c'est agréable. C'est comme de programmer une commande vocale sur un nouveau robot, et de constater qu'elle fonctionne bien du premier coup. De regarder le robot, jeter un œil au code et se dire Alors, non, ça devrait pas marcher, mais ça marche, on touche plus à rien avant de rencontrer un bug.
« Allume le four. Fais des petites boules, une cuillère à soupe chacune. Mets au four. Programme timer vingt-cinq minutes.
— Je suis pas un robot !
— Tu peux mettre trente minutes si tu veux.
— Pidge !
— De rien. »
Lance roule des yeux, toujours dramatique, avant de quitter la cuisine à grands pas dramatique. Est-ce que Pidge a déjà dit que Lance est dramatique ? Il entend du bruit dans la chambre de son colocataire, puis du bruit dans la salle de bains, puis à nouveau dans la chambre, et il éteint le four quand il sonne. Ça semble parfait. Lance reparaît, habillé-parfumé-maquillé, et Pidge prend un des cookies. Se brûle la langue avec.
« Eh ! C'est mes cookies pour mon rendez-vous.
— J'ai aidé. J'ai le droit. »
Lance roule à nouveau des yeux, sort du placard une jolie boîte qu'il tapisse de sopalin avant de remplir des desserts. Il vérifie son reflet dans la glace de l'entrée, enfile ses chaussures, vérifie encore son reflet, attrape ses clés. Lance lance :
« Merci, Pidge !
— En gage de ta gratitude j'accepterai un pot plein de beurre de cacahuètes. Si demain matin j'en ai pas, je coupe tes perruques.
— Tu ferais pas ça. »
Pidge hausse les sourcils. Bien sûr que non, il ne ferait pas ça. Mais la terreur complète sur le visage de Lance vaut le coup. Ça doit être sympa, d'être un vilain qui attaque des civils. Il se penchera sur la question. Il ricane, et Lance a dû décider de l'ignorer puisqu'il file sans demander son reste, laissant ses clés à côté du miroir. Pidge les glisse sous le paillasson au cas où il serait occupé au retour de son colocataire, soulagé d'avoir l'appartement pour lui.
Il a un disque dur à décoder.
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« Elle était allergique au beurre de cacahuète.
— Était ? Elle est morte ?
— Quoi ? Non !
— Pas de deuxième date, alors ?
— Pas de deuxième date.
— Bien. »
En plus, Lance a ramené les cookies.
Si quelqu'un se demande si ça fait trop, d'étaler du beurre de cacahuète sur des cookies au beurre de cacahuète, la réponse sera sans doute oui. Si ce même quelqu'un demande à Pidge, Pidge prendra ce sourire étrange qui ne donne confiance à personne et laisse croire que quelque chose de noir se cache sous la surface.
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C'est tout.
Un jour, quand j'aurai écrit un peu le plot et pas juste des scènes random, je réorganiserai tout dans l'ordre chronologique. Un jour.
