Bonjour à tous et bienvenue à ceux qui débarquent.
Voici le 14e chapitre de cette fiction centrée sur Alice Dursley, ma petite peste égocentrique.
J'ai regardé les statistiques de cette fic (histoire de comprendre entre autres ses défauts). J'ai donc vu que l'histoire est moins top au niveau des chapitres 6 et 7 (ce qui ne m'a pas trop surpris étant donné que c'est aussi mon ressenti) mais surtout qu'une bonne partie des lecteurs sont aux Etats-Unis ! J'avais déjà vu que vous étiez quelques uns à être situés dans ce pays, mais là c'était vraiment bizarre de se rendre compte qu'il y avait 60% de plus de lecteurs états-uniens par rapport aux français (quelques canadiens et belges aussi). Je comprends toujours pas mais c'est cool !
Un chapitre un peu plus long que les autres cette fois-ci puisqu'il fait 3800 mots. Attention, y a du dialogue, exercice avec lequel je ne suis pas trop à l'aise. J'espère qu'il vous plaira quand même. Merci à DragonWind pour la correction et bonne lecture à tous !
Chapitre 14 : Le Salon Vert
Alice ne reprit connaissance que quelques heures plus tard, allongée dans un lit, sans savoir comment elle s'était retrouvée là. Cela lui rappela désagréablement la dernière fois qu'elle avait dû utiliser sa magie pour se protéger.
Faisant un tour de la pièce, elle s'aperçut qu'elle était seule. Enfin seule, il y avait quand même un truc qui bougeait, là-bas, dans le coin sombre.
-Y a quelqu'un ?
Un sifflement lui répondit, un sifflement situé très proche d'elle, un sifflement qui venait de juste derrière elle.
-Ah ! hurla-t-elle en apercevant les deux serpents situés sur la commode derrière le lit.
Le cri attira la chose située dans le coin, chose qui se révélait être également un serpent. Alice se releva et chercha un endroit où se mettre en sécurité. Malheureusement, il n'y en avait pas. Elle se retrouva au milieu de la pièce, tournant sur elle-même de façon à garder chacun des serpents à l'œil, de peur qu'ils ne l'attaquent.
-Bonjour Miss Dursley, un problème avec mes amis ?
Alice tourna la tête aussi vite qu'elle le put. Elle tomba alors sur un cadre au sein duquel se trouvait Salazar Serpentard, le fondateur de la maison et celui qui l'avait entraîné dans ce merdier. Le portrait semblait bien s'amuser de la situation. Il la fixait d'un air narquois, attendant qu'elle lui demande de l'aide.
-Oh que oui, seigneur Serpentard, fit-elle, auriez-vous l'amabilité de leur demander de s'éloigner quelque peu ?
S'il fut surpris qu'elle joue son jeu, le fondateur n'en montra rien. Il siffla quelques mots en direction des serpents qui s'éloignèrent d'Alice, retournant se coucher dans leurs coins.
-Comment vas-tu, jeune fille ? demanda-t-il ensuite.
-Bof, je viens juste d'échapper à la mort après avoir été attirée dans un couloir extrêmement dangereux. Je me demande d'ailleurs les raisons de cet attentat.
-Je n'avais pas l'impression que tu étais en danger de mort.
-Deux touilles-marais ont essayé de me noyer ! fit-elle avec véhémence.
-Tu es en vie, il me semble, répondit-il calmement. Et on appelle ça des Pitiponks, ce sont des créatures extrêmement faibles. C'est désolant que tu te sois faite avoir de cette manière.
Que pouvait-elle répondre ? Qu'elle ne pouvait les connaître ayant été élevée par des moldus ? Elle doutait que ce soit une défense acceptable.
-Que me voulaient-ils ? opta-t-elle finalement.
-T'entraîner vers le fond pour que tu te noies et qu'ils puissent te manger après.
-Donc je viens bien d'échapper à la mort !
-Tu es en vie, répéta le fondateur. Et si tu ne te souviens pas d'être sortie de l'eau seule c'est que tu n'as rien fait, et donc, que tu n'as pas échappé à la mort car tu ne risquais rien.
Il n'avait pas quitté sa voix égale depuis le début de la conversation. Il gardait un ton calme et posé, un ton de gentleman peut-être, mais surtout un ton exaspérant au plus haut point pour celui qui est déjà énervé et qui veut des réponses. État dans lequel était déjà Alice, ce qui expliqua pourquoi elle ne parvint pas à supporter ce petit jeu bien longtemps.
-Pourquoi m'avez-vous mis en danger ?
-Je ne t'ai pas mis en danger. Je t'ai demandé de venir dans mon bureau. Tu as décidé par toi-même de prendre des risques pour y accéder.
-Il y avait bien un autre chemin, supposa Alice, c'est ça ?
-Exact Miss Dursley, nous trouvons actuellement juste à côté de l'entrée du couloir.
-Comment on faisait pour trouver l'entrée ?
-Comment faisions-nous tu veux dire ? Eh bien, si tu n'as pas été en capacité de le trouver je ne vais pas te mâcher le travail. Et puis de toute manière, tu ne risques pas de revenir dans ce bureau. Tu veux partir, il me semble.
-Comment le savez-vous ?
Pas de réponses ou plutôt pas de réponses verbales. Salazar la fixa quelques secondes puis partit d'un rire tonitruant qui fit rougir Alice qui n'appréciait pas vraiment de provoquer l'hilarité du fondateur.
-Alors, comment ?
-Je suis Salazar Serpentard, répondit-il comme si cela expliquait tout.
-Et alors ?
-Et alors ? (Il haussa un sourcil comme si la question était particulièrement stupide). Le savoir c'est le pouvoir et, en tant que Serpentard, je suis particulièrement attaché au pouvoir.
Alice resta sans voix un instant, ne sachant que répondre. Puis, elle se ressaisit, se souvenant de sa question précédente.
-Vous n'avez pas répondu, l'accusa-t-elle alors. Pourquoi vous m'avez demandé de venir ?
-'Pourquoi m'avez-vous demandé', corrigea-t-il. Il serait bien, jeune fille, que tu apprennes à t'exprimer correctement. Poudlard est une école d'excellence. J'attends des élèves de Serpentards qu'ils ne me fassent pas honte par leurs manières.
Mais qu'est-ce qu'il était énervant ! Alice le trouvait exaspérant au plus haut point. Elle était persuadée qu'il le faisait exprès. Après tout, elle-même avait l'habitude de s'amuser à énerver certains de ses interlocuteurs – Lily pour ne citer qu'elle.
De son côté, le fondateur semblait se réjouir de la situation. Son sourire s'agrandissait à mesure que le regard de la fillette s'assombrissait pour le fusiller. Il finit finalement par la prendre en pitié – ou alors avait-il d'autres plans ? – et continua :
-Néanmoins, pour répondre à ta question, je t'ai demandé de venir ici pour deux raisons. La première, c'est que je souhaitais te rencontrer. Je veux savoir si la petite insolente qui a décidé de me reprendre devant ses camarades avait un peu de jugeote ou était simplement une Gryffondor qui s'était trompé de maison.
Piquée au vif par cette phrase, Alice se tint bien droite, voulant inconsciemment se montrer digne de l'examen du fondateur. En y réfléchissant bien, elle se souvenait qu'il avait laissé entendre une convocation ultérieure lorsqu'il l'avait rencontrée. Cependant, cela lui semblait tellement loin. Cela ne faisait-il vraiment qu'une petite semaine ?
-La seconde, reprit-il, c'est par curiosité. C'est cette même raison qui m'a poussé à avancer cette réunion à ce soir. Je voulais initialement attendre quelques semaines pour avoir quelques avis des autres serpents. Cependant, les évènements ont changé.
-J'ai entendu parler de tes exploits de ces derniers jours, ajouta-t-il moqueur, et surtout de leur cause. Pour être honnête, je suis perplexe. Je ne comprends pas vraiment ton point de vue. Je suis donc curieux et je t'ai appelé pour satisfaire ma curiosité.
Surprise, Alice le fixa un moment. Il s'ennuyait tant que ça pour être curieux des agissements d'une simple première année ?
-Que voulez-vous savoir ? fit-elle finalement.
-Raconte-moi. Raconte-moi ce qui t'a fait changer d'avis depuis la semaine dernière. Explique-moi ton raisonnement. Montre-moi qu'il tient la route. Convaincs-moi qu'il vaut mieux pour toi que tu quittes Poudlard et je t'aiderai à le faire. Toutefois, si tu ne parviens pas à me convaincre, je ferai mon possible pour t'empêcher de partir.
-Vous êtes un tableau !
-Je suis Salazar Serpentard et toi, tu es bien sotte pour oser me provoquer alors que tu es dans mon antre.
-Je croyais que vous ne vouliez pas me faire de mal.
-Je peux toujours changer d'avis. Et tu n'as toujours pas satisfait ma curiosité.
-Je suis obligée ?
-Tu n'as rien à perdre. Ou je t'aide, ou je rejoins la longue liste des personnes qui veulent te voir rester.
-Ils finiront par céder, ils seront bien obligés.
Alice n'en doutait pas. Ça ne faisait qu'une semaine qu'elle était là et ils en avaient déjà marre d'elle. Elle devrait probablement mettre sa morale aux oubliettes mais elle parviendrait à les pousser suffisamment à bout pour qu'ils la virent d'ici, ça c'était sûr.
-Je te réexplique la situation. Tu me convaincs, je t'aide, tu ne me convaincs pas, c'est que tu n'es pas convaincue toi-même et donc que tu seras mieux ici. Dans ce cas, tu t'en rendras compte un jour et tu me remercieras. Tu es gagnante sur tous les tableaux.
-Comment je peux être sûre que vous serez honnête et pas de mauvaise foi ?
-Nous pouvons passer un marché. Je suis honnête et toi, tu te soumets à mon jugement. Qu'en penses-tu ?
-A une condition, précisa la fillette, si je ne parviens pas à vous convaincre, je resterai à Poudlard mais seulement jusqu'à la fin de l'année. Comme ça vous aurez un an pour me prouver à votre tour que je suis mieux ici. Si ce n'est pas le cas, je rentre chez moi et je reprends mes études dans un établissement normal dès l'année prochaine. Deal ?
Le fondateur lui jeta un regard noir devant son vocabulaire mais intérieurement, il retenait un sourire satisfait. La gamine n'était sûre de rien. Elle cherchait déjà à se dérober, preuve qu'elle avait conscience qu'elle ne parviendrait pas à le convaincre.
-Je veux dire, reprit-elle, cela vous convient-il ?
-Oui, je te promets d'être honnête. Si tu me convaincs, je t'aiderai à quitter Poudlard.
-Je vous promets que si vous n'êtes pas convaincu, je resterai à Poudlard toute l'année en me comportant normalement.
Cette fois-ci, le fondateur ne retint pas son sourire. Elle ne lui promettait pas d'être sage, juste de faire comme elle le faisait habituellement dans ses autres établissements. Cela garantissait quelques distractions à venir ce qui lui convenait fort bien.
-Alors, mes explications ? exigea-t-il.
Alice attendit quelques instants avant de répondre, réfléchissant à la manière dont elle pouvait présenter les choses. Finalement, elle se décida et commença :
-Ma mère est morte quand j'étais petite. Elle est morte dans un feu que j'avais allumé par magie. Si je n'avais pas été capable de magie, elle serait toujours en vie.
-Les jeunes sorciers utilisent rarement leurs pouvoirs par hasard, observa Salazar. Dans quelles circonstances as-tu créé ces flammes ?
En fait, elle ne se souvenait pas des détails. Elle en avait rêvé quelques jours plus tôt bien sûr mais les détails s'étaient fait la malle en même temps que le sommeil. Il ne lui restait en tête que les grandes lignes.
-Des gens ont pris en otage les gens de la banque où ma mère allait retirer de l'argent. Ils m'ont attrapé et menacé. J'ai eu peur. Des flammes sont apparues et ont tout cramé. Maman est morte dans l'incendie.
Alice parlait d'une voix égale comme si ce qu'elle disait ne la touchait pas. Le fondateur n'était pourtant pas dupe : elle se contenait pour ne pas laisser filtrer ce qu'elle ressentait. La fillette attendait que Salazar reprenne la parole mais il n'en fit rien, la laissant poursuivre son raisonnement.
-Si j'avais été moldue, il n'y aurait pas eu de flammes.
-Si j'avais été moldue, ajouta-t-elle dans un sanglot, ma mère serait encore en vie.
Une gamine, pensait le fondateur, ce n'était qu'une gamine. Mais il était professeur depuis suffisamment de siècles pour comprendre que les motivations des enfants si elles apparaissaient bien souvent légères aux yeux des adultes étaient également puissantes et implacables pour eux. Il allait devoir jouer finement s'il ne voulait pas perdre la confiance de l'enfant devant lui. Pour cela, il ne devait surtout pas rabaisser ses pensées.
-Si tu avais été moldue, vous seriez peut-être mortes toutes les deux, répondit-il doucement. L'avenir et le passé sont des choses compliquées mais si un évènement se produit, c'est qu'il doit se produire.
-Vous voulez dire que ma mère devait mourir ? s'offusqua-t-elle.
-Non, je veux dire que tu n'as aucune garantie que ta mère serait restée en vie si tu n'avais pas utilisé tes pouvoirs. Tes agresseurs avaient sûrement des carabines, des couteaux ou un autre type d'arme. Ils les auraient probablement utilisés et le résultat aurait été le même : ta maman serait morte.
Un regard ennuyé lui répondit. Bien sûr, elle y avait déjà pensé. Elle n'était pas stupide tout de même. Elle avait envisagé la question.
-Peut-être qu'elle serait morte ou peut-être pas. Les humains ne sont pas des tueurs lorsqu'ils doivent passer à l'acte, ils se rendent compte qu'ils n'en sont pas capables et laissent tomber. On ne peut donc pas savoir mais je pense qu'elle aurait survécu. Dans tous les cas, la magie est dangereuse. C'est moi qui aie tué maman. Si ma magie me fait provoquer des incendies dès que je me sens en danger, alors c'est ma magie qui est dangereuse et il ne faut pas que je l'utilise.
-Tu ne peux pas supprimer tes pouvoirs, au contraire, ils vont même grandir avec toi. Il y a donc deux choix qui s'offrent à toi. Premièrement, tu apprends à les maîtriser ou deuxièmement tu ne fais rien, tu les laisses te maîtriser et tu attends de provoquer un nouvel incident.
Dit comme ça, ça avait l'air super simple. Cependant, tout cela lui semblait tout de même un peu léger, surtout en considérant le fait que d'autres lui avaient déjà proposé ce raisonnement. Elle s'apprêtait à objecter et à demander plus de précisions quand le fondateur la surprit.
-Bon, et bien maintenant jeune fille, je te souhaite une bonne nuit.
Elle le regarda incrédule. Il n'allait tout de même pas la congédier maintenant.
-Comment ça ?
-Il se fait tard et tu as cours demain. Nous ne gagnerons rien à continuer cette discussion ce soir donc je te laisse méditer sur le sujet.
Salazar Serpentard s'amusait devant l'air outré de sa jeune élève.
-Je vous ai convaincu ?
-Non, bien sûr. Cela dit, tu n'es pas convaincue toi-même donc cela n'a rien de surprenant.
-Alors je dois rester à Poudlard.
Honnêtement, elle ne savait pas si elle était déçue ou soulagée. Le fondateur avait raison, elle ne savait plus très bien ce qui était le mieux pour elle.
-Je serai convaincu quand tu le seras, reprit l'adulte, et je respecterai ton choix à condition qu'il soit mûrement réfléchi. Voilà donc ce que je t'impose pour les prochains jours : va en cours jusqu'à mercredi et réfléchi bien à ce que tu veux. Ensuite, tu iras à cet entretien avec la direction et tu leur diras ce que tu as décidé. Moi, je serais là pour appuyer ta décision ce qu'il fait qu'elle sera respectée, quelle qu'elle soit.
-Maintenant, ajouta-t-il, je vais te laisser prendre cette porte. Elle te conduira au couloir et tu iras te coucher.
Comprenant qu'elle n'avait plus rien à dire, Alice obtempéra. Elle ouvrit la porte et se figea. De manière assez prévisible, elle conduisait à l'entrée du couloir qu'elle avait traversé précédemment. Cela lui rappela un mystère qu'elle voulait éclaircir.
-S'il vous plaît professeur, supplia-t-elle, comment j'aurais pu faire pour trouver cette porte ?
-'Comment aurais-je pu faire ?', corrigea-t-il avant de s'arrêter.
-Comment aurais-je pu faire pour trouver cette porte ? répéta Alice comprenant qu'il ne répondrait pas sans cela.
Un sourire carnassier prit place sur les lèvres du portrait, attendant l'air offusqué qui prendrait place sur le visage de la fillette.
-Tu ne le pouvais pas, c'est impossible.
-Mais… pourquoi ?
Le fondateur se trouvait un peu déçu. La gamine gardait son calme et ne piquait pas de crise. Il consentit toutefois à répondre comme il le faisait à chaque fois que ses élèves lui posaient la question :
-J'aime bien savoir comment mes élèves réagissent. Certains veulent laisser tomber l'entretien et attendent que la porte se rouvre pour repartir, d'autres commencent à parcourir le chemin puis font demi-tour, enfin quelques entêtés comme toi continuent jusqu'aux Pitiponks. Dans tous les cas, il y a un piège. A chaque fois, vous vous faites avoir et vous vous réveillez ici.
Cette fois-ci, l'indignation se reflétait dans les yeux de la fillette avant qu'elle ne s'exclame outrée à la plus grande satisfaction de Salazar :
-Mais c'est injuste ! Il n'y avait aucun moyen de passer alors ?
-Maintenant il y en a un. La première fois que je convie quelqu'un, il se fait avoir et ce, quelque soit son âge ou ses capacités. Les autres fois, il y a une porte dérobée. Si je te réinvite, tu n'auras qu'à laisser couler une goutte de ton sang sur le mur de gauche et cette porte apparaîtra.
Merlin avait eu cette intuition lorsqu'il l'avait convoqué, se souvint le fondateur. Le gamin avait entièrement repeint le couloir de son sang avant de s'effondrer d'hémorragie. Malheureusement pour lui, seuls les enfants qu'il avait déjà rencontrés pouvaient entrer, c'est-à-dire, seuls ceux qui étaient déjà venus, qui s'étaient évanouis et à qui il avait pris du sang. Les autres n'étaient pas enregistrés dans les protections et avaient beau faire tout ce qu'ils pouvaient, ils n'avaient aucune chance.
Alors qu'il replongeait dans ses souvenirs, Alice attendait d'avoir son attention ayant encore quelques questions.
-Oui ?
-Je voulais juste vous souhaiter une bonne soirée. Je me demandais, je dois garder le silence sur tout ça ?
-Tu peux dire à tes amis de quoi nous avons discuté mais tu ne pourras rien dire sur les protections du salon vert. Il y a un sortilège qui t'en empêche. Seuls ceux qui sont déjà au courant peuvent en discuter avec toi. Une manière de garder le secret assez efficace qui m'assure que les nouveaux subissent le test sans se douter de rien.
Il s'attendait à une explosion de rage, mais elle n'en fit rien. Au contraire, elle se tortillait comme si une nouvelle question lui brûlait les lèvres. Finalement, la curiosité fut trop forte et elle demanda timidement.
-Et sinon, je voulais vous demander… Vous avez dit au début que vous vouliez savoir qui j'étais, est-ce que vous avez décidé ? Est-ce que j'ai un peu de jugeote finalement ?
Il s'esclaffa bruyamment, faisant se rembrunir la plus jeune. Les enfants étaient si rafraîchissants. C'est pour ça qu'il aimait tant enseigner et les encadrer, et ce, même des siècles après.
-Tu veux savoir si je te trouve digne de faire partie de ma maison ?
Elle hocha la tête, attendant le verdict avec appréhension.
-Le choixpeau t'a répartie à Serpentard, c'est que tu en as les capacités. Quant à savoir si tu es digne de ma maison, disons que je réserve encore mon avis à ton égard.
-Merci de m'avoir répondu, professeur. Bonne soirée.
-A dans quelques jours, mon enfant. Réfléchis bien.
Alice prit alors congé et retourna dans le couloir. Elle reprit la porte d'entrée qui n'offrit aucune résistance et se retrouva alors dans sa salle commune.
-Ça va ? Comment vas-tu ?
Éléonore l'attendait juste devant la porte. Elle avait déplacé une chaise et se tenait dessus, un livre dans la main. L'adolescente semblait soulagée de la voir revenir en un seul morceau. Alice était touchée de voir que son aînée l'avait attendu et s'était inquiétée pour elle. La préfète se leva et s'approcha de la première année, grimaçant en observant ses avant-bras. La fillette regarda à son tour et s'aperçut que des marques étaient présentes là où les Pitiponks l'avaient agressée. Il y avait également des brûlures sur ses mains, là où les flammes avaient pris naissance. Toutes ses blessures étaient saines, preuve que quelqu'un les avait soignées.
-Tu as continué jusqu'au lac, remarqua Éléonore. J'avais fait pareil.
-Il rencontre souvent du monde ?
-Il rencontre tous les préfets pour leur faire ses recommandations. Une partie d'entre eux l'a déjà rencontré avant, certains découvrent les épreuves de notre fondateur le jour où ils reçoivent leur insigne. Ça doit être choquant, je pense.
-Tu m'étonne, approuva Alice. C'est super flippant !
-Il rencontre environ deux ou trois personnes par promotion sur l'ensemble de leur scolarité. Il le fait rarement avec les première année et surtout pas aussitôt dans l'année. Après, ta promotion est spéciale. Pour être honnête, je ne serais pas surprise si vous le rencontriez tous d'ici la fin de l'année prochaine.
Alice retint un bâillement. Mal manifestement puisque Éléonore reprit :
-Mais je te retiens et toi tu rêves d'aller te coucher. Je suis vraiment une préfète minable. Désolée.
-Mais non, c'est juste que je suis un peu fatiguée.
-Allez va te coucher. Je suppose que tes camarades doivent t'attendre. Ne perds pas trop de temps à discuter. Repose-toi bien.
-Bonne nuit Éléonore.
-Bonne nuit Alice.
Finalement, le dortoir était calme et plongé dans la pénombre : ses amis ne l'avaient pas attendu. Alice était un peu déçue mais se reprit bien vite : il était tout de même près de minuit. Alice se glissa dans sa chambre, vide. Un message trônait sur son lit.
Coucou Alice,
On ne sait pas quand tu rentreras, Ingvar nous a dit d'aller nous coucher. On espère que tout s'est bien passé pour toi et que tu nous raconteras tout demain.
Je vais rejoindre mes frères, n'hésite pas à venir avec nous quand tu arriveras.
Bonne nuit,
Ton amie Jenna.
P.S : Jenna a écrit ce message mais on était là aussi avec Mac' et Jonatan. Ton ami qui t'aime très fort : Jonas.
P.S.2 : N'oublie pas de te lever demain matin pour tout nous raconter au petit déjeuner. Comme ça, tu pourras aussi venir en cours 😉. Les autres de la classe 4 s'inquiètent pour toi. Ton meilleur ami chez les sorciers qui t'aime encore plus que tous les autres : Marcus.
Alice sourit très fort devant leurs messages. C'était super touchant. Elle imaginait la scène d'ici : Jenna qui écrivait sa lettre sur la table du salon ; son frère derrière ses épaules relisant et critiquant ses moindres mots avant d'ajouter sa patte avec un sourire malicieux ; le timide Marcus qui repassait ensuite et qui jouait le jeu jusqu'au bout ; et puis Jonatan qui regardait les autres faire d'un air dépité avant de corriger les fautes – elle pouvait distinguer un léger changement d'écriture sur certaines lettres, là où une correction avait été nécessaire.
Elle se changea puis rejoignit la chambre des garçons – rebaptisé chambre des triplés – se glissant discrètement, tâchant de ne pas les réveiller.
-Lumos ! Silencio !
Le premier sort l'avait fait sursauter et seul le deuxième l'avait empêché de faire du bruit. Elle chercha le lanceur des sorts et reconnut Jonatan qui la fixait du lit. Des lunettes sur le nez, il semblait avoir attendu son retour, s'occupant en lisant un livre – La botanique pour les nuls si elle lisait bien le titre.
-Ça s'est bien passé ? chuchota-t-il.
-Ça va, répondit-elle en baillant de nouveau.
Il rangea son livre, et attendit qu'elle s'installe pour éteindre la lumière. Elle trouva une place parmi les corps affalés sur le lit avant de lâcher.
-Merci de m'avoir attendu.
-Ce n'est rien, fit-il avec douceur. Je m'inquiétais.
C'était tout Jonatan ça. En grand frère avisé, il était toujours là pour surveiller ses jumeaux de loin. Depuis la rentrée, il semblait être en passe de considérer Marcus et Alice comme ses nouveaux benjamins.
-Bonne nuit, firent-ils en cœur avant qu'il n'éteigne la lumière.
Plongée dans les couvertures, Alice ne tarda pas à se laisser happer par la nuit. Seule une pensée vient l'effleurer avant qu'elle ne succombe : qui donc l'avait sorti de l'eau ? qui donc l'avait soigné ? ce ne pouvait pas être le portrait ? si ?
(A suivre...)
Alors ? (*espère très fort*)
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le dire avec un petit message, une review par exemple. (oui, je gratte des review, je l'avoue).
La bonne nouvelle, c'est qu'on va commencer à avancer un peu plus vite (pas trop non plus, je crois que vous commencez à comprendre qu'ici, on prend son temps). La deuxième bonne nouvelle, c'est que le chapitre 18 est presque fini (à 80-90% je dirais) ce qui m'en ferait donc quelques uns d'avance. La troisième bonne nouvelle, c'est que je devrais avoir un peu plus de temps ce semestre (malgré quelques démarchage professionnels à prévoir).
Et du coup, la seule et unique mauvaise nouvelle (mais ça vous vous en doutiez vu la quantité de pommade que j'ai mis avant), c'est que je ne sais pas quand le chapitre 15 sortira. Il est écrit, ça il n'y a pas de problème. Il est relu aussi. Le bémol c'est qu'il n'est pas corrigé. Je suis donc face à un dilemme :
- Attendre le mois de mai/juin pour avoir la correction et vous le poster avec les autres dans la foulée. Mais, il y a de l'attente.
- Le poster sans qu'il n'ait été relu par mon bêta mais il y aura probablement plus de fautes (et beaucoup moins de virgule aussi). Pour vous donner une idée, les chapitres 11 n'ont pas été corrigé par mon bêta
Bref, je ne sais pas trop quoi faire et j'aimerai bien avoir votre avis...
Allez, bonnes vacances à ceux qui les démarrent, bon courage à ceux qui les quittent et à la prochaine pour ceux qui suivent BAP !
