Bonjour à tous, voici donc le 16e chapitre de BAP.

Merci beaucoup à Pierre Portenier qui a accepté de corriger ce chapitre.

Bonne lecture à tous


Chapitre 16 : Retour en Cours


Lundi 9 septembre 2019 :

Un lundi matin comme les autres dans le château de Poudlard. En cours d'Etude des Sorciers, Samuel Fawley venait de faire entrer ses quelques élèves dans sa salle quand il croisa le regard d'une fillette. Il s'exclama alors :

-Alice ! Heureux de voir que tu nous fais l'honneur de ta présence.

-Bonjour Professeur.

-Est-ce que tu as vu avec Marcus ce que nous avons fait la semaine dernière ?

Pour être honnête, non, elle n'avait pas vu. D'ailleurs, la veille elle n'avait pas encore prévu de revenir en cours ni même décidé ce qu'elle allait faire pour le reste de l'année. Bon, elle n'avait pas non plus pris de décision, loin de là, cependant, elle était déjà moins réfractaire à l'idée de rester sur place.

Sa discussion avec le fondateur avait porté ses fruits. Oh, bien sûr elle n'avait pas totalement changé d'avis, et cela ne s'était pas fait instantanément. Cependant, elle avait pas mal cogité au cours de la nuit. Elle avait finalement décidé de se tenir tranquille jusqu'au mercredi, date de son entretien avec la directrice. Elle n'avait après tout rien à perdre. Faire preuve de bonne volonté pourrait même la servir.

Et puis, se rendre à ce cours en particulier n'allait pas forcément être une corvée.

-Non, je ne sais pas ce que vous avez vu.

-Dommage, soupira le professeur. Avec tes camarades, nous avons continué à utiliser nos pouvoirs avec le jeu de la passe à dix. Je leur ai présenté un nouveau jeu et nous avons étudié quelques contes sorciers.

Quelque chose semblait bizarre à Alice. Ils n'avaient vraiment fait que ça ? Cela lui semblait vraiment étrange. Elle s'assit parmi ses camarades et le professeur commença le cours.

-Bonjour les enfants, nous allons commencer par les devoirs que vous aviez à faire. Pour aujourd'hui, chacun devait trouver et expliquer un sort, son usage, comment on le lance et pourquoi il l'a choisi. Qui veut commencer ? Marcus peut-être ?

Le garçon se leva, une feuille dans les mains et se mit à expliquer son sort à ses camarades

-J'ai choisi le sortilège de Crache-Limaces ! C'est un sort offensif qui conduit celui qui le reçoit à vomir des limaces. On le lance en …

-C'est un choix intéressant, commenta Samuel une fois que le garçon eut fini. Qui t'a conseillé ce sort ?

-Mélodie Higgs en troisième année. Elle m'en a proposé d'autres qui étaient pas mal mais celui-ci était le plus drôle.

-Tu tiens vraiment à ce que je te le lance pour que tu me dises s'il est aussi drôle qu'il y parait ?

-Non merci ça va aller, fit-il penaud.

Après Marcus, Jules présenta le Tarrentalegra, Arnold choisit le Reparo, Lisa elle, avait opté pour le poids-plume qu'un préfet lui avait montré dans le train. Quand ce fut son tour, Alice fut surprise, elle ne s'attendait pas à devoir participer :

-Je sais bien que tu n'as rien préparé mais je te demande quand même de proposer quelque chose.

-Je n'ai pas fait le devoir monsieur. Je ne peux rien présenter.

-Enfin, tu te moques de moi ? répliqua-t-il moqueur. Tu as fait courir mes collègues pendant toute l'après-midi d'hier et tu as fichu un bazar monstre dans le château. Tu oses me dire que tu ne peux rien présenter à tes camarades.

-Vous voulez que je raconte ce que j'ai fait ?

-C'est une idée.

-Ok. Tout d'abord, pour bloquer les portes, j'ai utilisé des runes. C'est une écriture un peu archaïque. Grâce à elles ainsi qu'à quelques calculs mathématiques que je ne vais pas développer, on peut commander des choses : c'est un peu comme la programmation des robots par des ordinateurs en fait, les runes sont un langage de programmation ! Cependant, je ne pouvais programmer qu'une rune à la fois et je voulais piéger tout le château. Donc, j'ai écrit mes runes sur des feuilles de papier et j'ai demandé de l'aide à un élève de ma maison qui les a dupliquées et réduites ce qui m'a permis de les mettre dans des boites. Ensuite, j'ai…

Et elle raconta. Elle raconta tout son plan à ses camarades. Elle n'était pas meilleure qu'eux en magie, elle n'avait d'ailleurs pas lancé un seul sort pour son plan. A vrai dire, la seule chose magique qu'elle avait fait ça avait été d'essayer de lever ses filets pour les accrocher au plafond en se concentrant comme le lui avait appris Fawley. Malheureusement, c'était difficile elle n'avait réussi que pour deux ou trois, et cela avait été long. Elle avait quasiment décidé d'arrêter cette phase de son plan quand Peeves était apparu et lui avait proposé son aide.

-Eh bien tu vois que tu avais des choses à raconter Alice. Quelqu'un a une question à poser sur l'un des sorts utilisés ?

-Oui moi, demanda Arnold. Tu as trouvé où les infos sur les runes ?

-A la bibliothèque. C'est un livre qui s'appelle Etude des Runes à l'usage des débutants, tu peux le compléter avec un dictionnaire. Enfin pour l'animation, ils en parlaient vite-fait dans le manuel et j'ai demandé à un septième année et il m'a prêté son exemplaire de Arithmancie pour Contrôle Runique par contre, il faut avoir quelques bases en mathématiques.

-J'étais très bon en maths, assura Arnold. J'ai sauté une classe et j'étais toujours premier en maths.

-Moi, j'ai déjà passé mes A-Levels en Mathématiques. Je peux t'assurer que c'est un poil plus compliqué que les maths de collège.

Arnold se tût, vexé. De son côté, Alice se morigéna : elle s'était pourtant promis d'arrêter de se vanter. Mais c'était plus fort qu'elle, elle s'était sentie obligée de reprendre son camarade. Elle était fière de ses capacités et s'il y avait un domaine où elle avait du mal à se réfréner, c'était bien celui-ci.

Le cours continua. Le professeur approfondit les sorts présentés. Et puis, les jeunes sorciers jouèrent quelques parties de passe à dix. Alice put observer les progrès de ses camarades. Repousser la balle ne leur posait plus vraiment de difficultés. De même, plusieurs d'entre eux étaient capables de la diriger. Sans entrainement depuis une semaine, elle n'avait pas atteint leur niveau bien sûr mais elle fut surprise de constater qu'elle se débrouillait mieux que la semaine passée. Elle en fit part au professeur qui émit quelques hypothèses :

-Ça peut être le fait de vivre dans un environnement magique. Ou alors, c'est de t'être entrainée à soulever ton filet pour ton plan. Tu as dû faire travailler inconsciemment ta magie.

Finalement, la fin du cours arriva et avec lui la traditionnelle foire aux questions.

-Quelqu'un a-t-il une question ? Oui, Katie ?

-C'est quand qu'on aura nos baguettes ?

-Je vous l'ai déjà dit pourtant. Vous n'en avez pas besoin pour l'instant. Ce qui est important c'est que vous appreniez à connaître votre potentiel, à reconnaitre la sensation lorsque vous l'utilisez.

-Thibault, intervint Lisa, il a dit qu'un sorcier sans baguette, c'était pas un vrai sorcier. Il a dit que c'était normal qu'on reçoive nos baguettes en dernier car notre sang est sale et il a ajouté que si le ministère n'était pas aussi corrompu, nous n'en recevrions même pas.

-Peter était de son avis, ajouta Paul. Pour lui, il est indéniable que nous possédons de la magie – même s'il ne se prononce pas sur la manière dont on l'a obtenue – toutefois, notre magie est brute et grossière. Il a dit que, comme des animaux, on pouvait apprendre des tours mais qu'il était inutile de gâcher des matériaux précieux pour nous faire des baguettes.

-Janus a aussi laissé entendre que nous n'étions que des animaux, annonça Alice. Il ne semble pas nous détester ou nous vouloir du mal, mais notre sort l'indiffère, m'a-t-il dit. Il nous voit comme ses inférieurs.

Samuel voyait ses élèves s'emporter et leurs esprits s'échauffer peu à peu. C'était à son avis plutôt bénéfique comme discussion. D'une part, les enfants pouvaient partager leurs impressions et expériences et donc ne plus se retrouver seuls. D'autre part, débattre ensemble de ces sujets leur permettaient de mieux comprendre leur nouveau monde.

-Les autres, est-ce que certains camarades vous ont embêtés ? Ont-ils eu des propos qui vous ont choqués ? Lucas ? Katie ? Jules peut-être ? Ou Marcus ? Ou bien Arnold ?

-Je m'entends bien avec Hugo et Lysander Monsieur, répondit Arnold. Mais l'un de leurs amis ne m'aime pas vraiment. J'ai l'impression qu'il me tolère tout juste.

-Tu parles de Léopold ? demanda Marcus.

-Oui.

-Ne t'inquiète pas, assura Alice. Grincheux ne nous calcule pas non plus. Ni même les triplés qui sont pourtant nés sorciers et de parents importants si j'ai bien compris.

-Grincheux ? releva Arnold avec un sourire.

-Ben oui, il fait toujours la gueule.

-Moi aussi j'ai eu des problèmes avec certains élèves, annonça Marcus. Je me sens suivi et épié. J'ai aussi été pris à parti par des grands. Ils veulent tout savoir sur ma famille, sur mes parents. Ils m'interrogent sur ma vie et mon nom de famille. J'ai même été traité de menteur. Ils ne supportent pas que je porte le nom de notre fondateur.

Il finit sa tirade en larmes. Tout cela – cette histoire, cette médisance – le bouleversait grandement.

Il y eut une pause. Visiblement, son annonce causait de l'émoi chez ses vis-à-vis.

Ses camarades tout d'abord, le regardaient, compatissants. Deux réactions se distinguaient néanmoins. Alice ne le lâchait pas des yeux, son cœur serré par la culpabilité. Marcus s'en voulut un peu de ne pas lui en avoir parlé. Elle semblait tellement perdue la semaine précédente qu'il n'avait pas voulu la déranger avec ses problèmes. Il aurait peut-être dû manifestement.

Katie aussi paraissait touchée par son aveu. La situation de Marcus résonnait en elle car ce qu'elle vivait, était similaire. Dans sa maison aussi se trouvaient des élèves de bonnes familles qui ne l'acceptaient pas. Heureusement, d'après Evan, l'un de ses meilleurs amis, les plus virulents s'en iraient à la fin du mois d'octobre. Il ne lui restait donc que sept ou huit semaines à tenir.

Enfin, Samuel s'en voulait. Lui aussi était intrigué par Marcus et était prêt à lui poser des questions pour mieux comprendre ses origines. Était prêt. Là, il se rendait compte qu'il allait devoir se renseigner plus subtilement. Le jeune garçon était visiblement à bout.

-Marcus, l'interpella-t-il d'une voix douce, est-ce que tu as parlé de cela à quelqu'un ? Au professeur Zabini par exemple, ou à l'un des préfets.

-Non répondit-il timidement. Ça va me donner des ennuis…

-Pourquoi veux-tu que cela te cause des ennuis ?

-Ils sont beaucoup et ils vont vouloir se venger… ça va me retomber dessus.

-Tu viendras me voir à la fin de l'heure Marcus. Ou ce soir, comme tu préfères. Mais il faut que tu en parles à quelqu'un et il faut qu'on fasse quelque chose.

Le garçon acquiesça doucement.

-Moi aussi j'ai eu des problèmes, murmura Katie.

Samuel soupira : le contraire l'aurait étonné. Par Merlin, il aurait tellement aimé se tromper. La fillette était seule dans sa maison. En plus, s'il en jugeait par les échos des années supérieures, il y avait en ce moment à Gryffondor quelques intolérants assez gratinés.

Le plus important était déjà de rompre l'isolement. Il faudrait peut-être qu'il demande à Mario ou à Natasha? Ils n'avaient respectivement qu'un et deux ans de plus et pourraient peut-être aider.

Les enfants rangèrent ensuite leurs affaires et se précipitèrent dehors. Marcus et Katie prirent quelques minutes de plus, attendant que leurs camarades soient sortis.

-On a quoi maintenant ? demanda Jules à ses camarades.

-Potions, répondit Lucas, avec le professeur Taylor.

-Yes la prof est super sympa ! s'exclama-t-il avant de se reprendre d'un coup. Après, elle est sévère. Sévère mais sympa. Tu vas voir Alice, ça va bien se passer. Bon, par contre tu vas pas être contente, on partage cette classe avec le groupe 3.

-Le groupe 3 ?

-Oui, celui de Lily Potter, fit-il avec un ton malicieux. Marcus m'a dit que tu l'adorais.

-Génial…

-Elles sont où déjà les toilettes ? demanda Lisa à ses amis.

-Au fond du couloir sur la droite, répondit Paul.

Finalement, la sévérité de la prof, tout le monde s'en fichait un peu. Les cinq minutes d'intercours étaient déjà passées mais ça n'encourageait pas les enfants à se bouger. Les six nés-moldus attendaient devant la porte que leurs camarades sortent à leur tour de la pièce. Il n'y avait pas eu de débats, pas d'accord, ça avait été naturel, ça s'était fait naturellement. Alice, Jules et Lisa s'étaient assis. Paul s'était adossé au mur, à côté d'Arnold. Lucas s'était installé dans le couloir avant de remplacer Lisa quand elle s'était éloignée.

Alice n'était pas la seule à culpabiliser. Tous s'en voulaient de ne pas avoir vu la détresse de Marcus et surtout celle de Katie, abandonnée seule dans sa maison. Certes, ils n'étaient pas tous aussi proches que le binôme Alice/Marcus ou Lisa/Paul, il n'empêche qu'ils n'étaient pas seuls. Arnold savait qu'il pouvait compter sur les deux autres aiglons, et ce même s'ils n'étaient pas véritablement amis. Lucas et Jules aussi savaient être solidaires.

-Bah alors, vous en faites une de ces têtes !

Marcus et Katie venaient de sortir, découvrant leurs camarades dans le couloir. Le garçon semblait enjoué et enthousiaste mais aucun ne pouvait manquer de voir les larmes encore présentes sur ses joues. La fillette leur adressa un sourire timide mais la tristesse était encore plus visible chez elle, même si elle tentait de faire bonne figure.

-Vous nous avez attendus ? s'étonna-t-elle à voix basse. Il ne fallait pas, vous allez être en retard.

-Tu sais, lui répondit Alice, j'ai déjà quatre jours de retard, je ne suis plus à un quart d'heure près.

O.O.O.O.O.O.O

Finalement, ce ne fut pas quinze mais huit minutes de retard qu'avaient les enfants lorsqu'ils atteignirent la salle de potions. Ils pouvaient pour cela remercier Jules qui les avaient dirigés vers un passage secret qui avait grandement raccourci leur trajet.

-C'est grâce à toi ça Alice !

-Comment ça ?

-Ce passage secret, on l'a découvert hier après-midi avec Elfric et Mafalda quand on enquêtait sur les évènements surprenants. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant alors j'ai mémorisé son emplacement.

-Bon calmez-vous ! intervint Arnold, je vais toquer.

Il s'approcha de la porte et frappa doucement à la porte. Quelques instants plus tard, elle s'ouvrit, laissant apparaitre la professeure. Elle n'était pas très grande – Paul était presque à sa hauteur – mais ça ne l'empêchait pas de se montrer impressionnante. Tout dans son attitude reflétait la sévérité.

-Bonjour Madame, s'exclamèrent-ils tous en cœur.

-Nous vous prions de nous excusez pour notre retard, fit Arnold. Nous ferons notre possible pour que cela ne se reproduise plus.

Elle les laissa entrer. En passant la porte, Alice aperçut sa cousine qui la fixait, moqueuse, attendant avec impatience la punition qui ne manquerait pas de tomber sur les retardataires. Cependant, celle-ci n'arrivait pas assez vite.

-2 points en moins pour Poufsouffle, 3 points en moins pour Serdaigle et 1 point en moins pour Serpentard. Et que je ne vous y reprenne plus, je serai moins clémente. Bon installez-vous maintenant.

Le groupe 4 prit place dans la moitié droite de la salle. Les trois Serdaigles s'installèrent à l'avant, Katie prenant place à leurs côtés. Les 4 autres s'installèrent au deuxième rang, Alice le plus loin possible du groupe 3, valait mieux ne pas tenter le diable.

Cela ne l'empêcha pas de jeter un œil à sa cousine. Celle-ci semblait outrée, cependant elle ne dit rien. Alice en fut surprise, elle était persuadée que la Gryffondor se serait empressée de se plaindre, d'une pareille injustice.

-Aujourd'hui, nous allons faire des travaux pratiques. La semaine dernière nous avons étudié les différents chaudrons, ainsi que certains ingrédients de base. Nous allons donc profiter de cette séance pour nous entrainer à les préparer. Miss Dursley, pouvez-vous nous rappeler ce qu'est l'aconit ?

Alice se leva en prenant son temps, se remémorant ce qu'elle avait retenu des recherches qu'elle avait faites pour aider Marcus à compléter son cours. Elle observa brièvement le reste de la classe. A part Marcus, tous ses camarades semblaient la plaindre. Jules en particulier grimaçait en fouillant son cahier à la recherche de la réponse.

-L'aconit est une plante qu'on appelle aussi napel, commença prudemment Alice. Elle entre dans la composition de plusieurs potions comme la potion Tue-Loup ou la potion Œil Vif qui est un anti-sommeil. Ces deux potions ne sont pas dangereuses et c'est surprenant parce que l'Aconit est justement une plante mortelle vu qu'elle contient de l'aconitine, un poison létal tant pour les humains que pour les animaux. L'aconitine provoque une paralysie respiratoire et …

-Merci Miss Dursley, je pense que nous en savons désormais suffisamment sur ce poison. Pouvons-nous revenir à la manière de la préparer, que nous avons étudié lors du précédent cours ?

Comme tous les élèves, Marcus était soufflé. Lui savait bien qu'elle connaissait des choses sur le sujet vu qu'elle avait révisé avec lui, cependant, il était stupéfait de l'étendue de ses connaissances qui dépassaient le cadre scolaire.

Alice ne se laissa pas déstabiliser par la question sur la préparation et y répondit avec brio. Voyant cela, la professeure eut un petit sourire satisfait. Mme Taylor afficha au tableau une liste d'ingrédients, demanda à chaque binôme d'aller les chercher dans la réserve et de sortir son matériel. Elle attira ensuite Alice à l'écart et profita du temps de latence pour continuer de l'interroger sur le cours de la fois précédente. Elle connaissait bien son sujet. Elle n'avait pas de connaissances supplémentaires comme pour l'aconit mais savait l'essentiel du cours. Elle la relâcha donc et la laissa rejoindre sa paillasse où Marcus avait déjà tout préparé.

-Nous allons commencer par préparer l'armoise. Sortez vos couteaux ! Il vous faut tailler très finement cette plante tout en changeant de sens de taille de manière à ne jamais couper deux fois d'affilée la plante dans le même sens.

Elle passa ensuite dans les rangs. Comme prévu, les nés-moldus avaient plus de difficultés que leurs camarades nés-sorciers. En effet, l'infusion d'armoise ayant des vertus thérapeutiques, quasiment tous en avaient déjà préparé – ou avaient vu quelqu'un en préparer – avec leur famille pour soulager des maux de ventre. C'était un moyen simple d'enseigner la découpe d'ingrédients à leur progéniture. Rapidement, les membres du groupe 3 purent passer à l'ingrédient suivant, tout comme Lucas, qui avait l'habitude de cuisiner.

-Mesdemoiselles, Messieurs, ça ne sert à rien de copier sur votre voisin. De toute manière, si j'en juge par vos résultats jusqu'à présent, vous copiez mal.

Solenn passa donc auprès de chacun d'entre eux. Tenant leur main, elle leur montrait les bons gestes et bientôt, tous eurent réussis et purent passer à la suite. A la fin du cours, même les moins doués avaient réussi à tailler cinq ou six ingrédients. Les plus doués eux, s'étaient lancés dans la taille massive et avaient préparé une bonne quantité d'une dizaine d'ingrédients que la professeure inspectait avec attention.

-Mr Abraham, ce n'est pas mal, un peu plus fin l'écorce de sorbier.

-Miss Purkiss, ce n'était pas une course. Il vaut mieux moins d'ingrédients mais mieux préparés. Regardez-moi ça, celui-ci est complétement gâché !

-J'accorde 5 points à Miss Potter, Miss Opliphant, Mr Abraham, Mr Martin et Mr Mortlake pour leur application en découpe d'ingrédients.

Autrement dit 15 points pour les Gryffondor et 10 pour les Poufsouffle. Logique quand on considérait que sur les onze élèves de la classe 3, une seule n'appartenait à aucune de ces deux maisons.

-Pour le prochain cours, relisez-bien le chapitre 0 sur le choix des chaudrons. Nous continuerons la préparation d'ingrédients et les plus avancés pourront réaliser une potion. Vous pouvez ranger vos affaires.

Elle n'eut pas besoin de se répéter. En deux minutes, tout le monde fut dehors sauf Marcus qui terminait de ranger ses affaires et Alice qui l'attendait. Alors qu'ils allaient passer la porte, Solenn Taylor s'adressa au garçon.

-Mr Salazar, cinq points pour Serpentard.

Le garçon prit une jolie couleur rosée et quitta la pièce, espérant que son amie n'avait pas entendue l'adulte.

-On va manger ?

-Ok

Et ils se dirigèrent vers la grande salle. Marcus s'autorisa à se détendre, et Alice en profita pour l'interroger.

-Alors, fit-elle innocemment. Pourquoi te donne-t-elle des points ?

-Je ne sais pas, nia-t-il.

-Tu mens très mal Marcus. (Elle fit une pause). Quoique non, en fait, tu ne mens pas si mal : « J'ai pas l'habitude de noter ce que dit le prof. En plus, elle va super vite », ajouta-t-elle en l'imitant.

Il ne servait plus à rien de nier. Il acquiesça.

-Qu'est-ce qui m'a trahi ?

-Tu veux dire, en plus du fait que le cours était clair, que nos camarades avaient bien compris, que la prof expliquait bien et qu'elle n'était pas surprise que je sois à jour ?

-Oui en plus de tout cela.

-Ton cahier crétin ! Tu m'avais présenté des feuilles de brouillon pas le beau cahier tout neuf avec un cours bien tenu que tu as posé sur la table et que tu as consulté trois fois pendant le cours.

-Effectivement, c'est un peu con.

Et ils plaisantèrent à ce sujet jusqu'à leur place où ils retrouvèrent les triplés.

-Qu'est-ce qui vous amuse ? demanda Jonas.

-Marcus est un Serpentard et je me suis bien fait avoir.


J'espère que ça vous aura plu. N'hésitez pas à laisser une review.

Bon courage pour le confinement et à la prochaine.