-Hello, ici Shade pour vous servir !
-Et Kay, présente également.
-Et la super Serpenta, toujours à la barre de nos corrections :D L'équipe est au complet :D
-On peut donc vous présenter le chapitre 3 de cette fic, toujours aussi joyeux XD
-Mais non mais cela vous donne comme ça encore plus envie de les câliner les deux XD * comment ça on est juste des auteurs sadiques ? :O*
-On a ramené une autre remorque de mouchoir si besoin. Au cas où ...
-Juste au cas où... En attendant, Bonne lecture !
-Bonne lecture et à dans quinze jours !
-Love sur vous :D
Chapitre 3
Harry entendait les cris, voyait le sang mais cela ne remuait même plus de sentiments en lui. C'était toujours pareil, toujours le même son, le même goût, la même texture. C'était lassant. Il savait qu'il devrait avoir de la pitié quelque part, de la compassion, n'importe quoi qui prouvait qu'il était encore humain, alors que ses doigts fouillaient la plaie du mangemort mais il n'y avait rien. Il avait oublié comment être humain, être compatissant et aimant. Il avait ainsi effacé de son esprit l'idée que les autres étaient humains et surtout les mangemorts. Pour lui, ces anciens soldats du mal n'étaient plus vivants, pas même des animaux. Ils n'étaient rien. À peine des insectes à écraser sous sa chaussure. Et, par Merlin, qu'il aimerait tous les exterminer, cette vermine qui brûlait tout l'oxygène de cette terre...
Harry regarda l'homme s'évanouir et soupira. Il devait y être depuis des heures et le mangemort n'avait rien dit. Absolument rien d'autre que des insultes. C'était exaspérant. Il s'essuya les mains couvertes de sang et sortit pour regagner son bureau. Encore de la paperasse. Ses bagatelles étaient suffisantes pour occuper son esprit. Pour oublier. Alors qu'il lisait de nombreux rapports, il ne s'aperçut que trop tard qu'il jouait avec la bague autour de son cou. Agacé, il la remit sous son vêtement. Il ne devait pas penser à ça, même si ces mangemorts mériteraient tellement plus qu'un vulgaire coup sur les doigts. Des idées de tortures toutes plus horribles lui venaient en tête comme à chaque fois qu'il repensait à ça. Il les repoussa sagement, en prenant de longues et grandes inspirations. Il avait dépassé ça. Il avait déjà affronté tout ça. Il devait simplement faire son travail. Alors il reprit ses dossiers et lorsque la vermine se réveilla, il retourna lui parler.
Il rentra chez lui ensuite,à la nuit tombée, toujours aussi vide, toujours sans saveur et trouva Drago immobile dans son lit. Cela avait éveillé une émotion ou deux en le voyant là-bas, puisque Drago était un pan entier de souvenirs communs. Bien avant le massacre et la guerre. Mais cela avait été trop fugace. La brèche s'était refermée et il ne ressentait plus rien de nouveau. Harry n'eut donc qu'à se nettoyer, manger quelque chose qui n'avait pas de goût pour ensuite s'allonger et fixer le plafond sans bouger. Sans dormir. Sans vivre.
La douleur, c'était la seule chose qui dominait en lui. Elle occupait toute la place depuis si longtemps. Il n'y avait qu'elle depuis des mois à tel point qu'il en avait oublié tout le reste. Il n'y avait plus de place pour autre chose que la souffrance. Alors, lorsqu'elle reflua peu à peu, il se retrouva avec du vide. Du néant. Il n'y avait plus rien. Ce vide grandit à mesure que la douleur s'amenuissait tandis que d'autres sensations refaisaient surface. La première chose qui l'attira, ce fut l'étrange lueur du plafond. Elle n'avait jamais été là. Contrairement au soleil, elle ne lui brûlait pas les rétines donc il la contemplait avec l'intérêt vide et morbide d'un mourant qui admirerait la dernière belle chose qu'il verrait avant de rendre l'âme.
Il n'était toujours pas mort. Au contraire, les sensations continuaient de revenir. Il y avait celle de la soupe chaude entre ses lèvres, de l'eau qui lavait son corps, du matelas sous lui, des mains qui l'effleuraient sans amener aucune souffrance. Il y avait aussi les voix. Il parvenait parfois à se concentrer pour saisir un mot, pour comprendre. C'était un exercice auquel il n'était plus habitué. C'était difficile pour lui. Il y avait la voix douce et délicate, qu'il entendait souvent, qu'il associa aux mains sur son corps brisé. Il y avait la voix grave, masculine, qui parlait peu, ne le touchait jamais, semblait attendre quelque chose de lui. Une troisième, plus rare, plus sèche. Il y avait des voix et des sensations mais plus de souffrance. Alors il finit par rouvrir les yeux.
La lueur au plafond n'était pas toujours là. Alors souvent, il contemplait le rideau en face du lit, qui laissait filtrer les rayons du soleil. Jamais la même couleur ou la même intensité. Avec elle, il reprit conscience du temps. Un concept abstrait qui avait perdu toute signification quand la douleur s'était emparée de lui. Mais ses tourments avaient disparu et le cours du temps reprit sa place. Cela ne le poussa pas à bouger pour autant parce qu'avec les sensations, il retrouva les émotions. La première fut la terreur.
C'était ce qui le poussait à rester aussi amorphe, immobile. Maintenant que la souffrance était enfin partie, il était terrifié à l'idée qu'elle revienne. Que tout recommence. Les voix graves, les rires gras, la faim, les pavés froids, les pas lourds et surtout la douleur. La peur que cela revienne prit presque toute la place. Submergé, il n'avait jamais pensé qu'elle pourrait disparaître. Maintenant que c'était le cas, la crainte qu'elle revienne emplit son existence.
Drago ne gémissait plus depuis la guérison de ses plaies. Il sombrait chaque soir grâce à une potion mais il ne poussait plus ses gémissements pitoyables de douleur, sa respiration s'était faite tranquille. Alors six jours plus tard, Lexi décida que la potion de sommeil n'était plus indispensable et le recouvrit en partant. Bien au chaud sous la couverture, il sombra seul cette nuit-là. Sans le breuvage, rien n'empêcha son inconscient de venir empoisonner son corps. Comme s'infiltrant par le chemin de ses veines, la terreur se propagea, crispa ses muscles, ses doigts, ses jambes et il se tordit dans le lit. Ce fut soudain comme s'il y retournait. Le cauchemar fut aussi réel que tout le reste et le premier cri passa ses lèvres. Il se revit soudain là-bas, au tout début, alors qu'on le projetait au sol. Quand il avait encore la force de hurler. Alors il hurla, le corps tendu à se rompre, cherchant à s'échapper de tout ça. Il ne voulait pas y revenir. Il ne voulait pas y retourner.
Il désirait la lueur, le soleil, les mains douces, la voix grave, la soupe et l'eau. Ces cris étaient comme des prières pour qu'on le tire de là. Personne ne l'avait entendu la première fois. Mais il avait crié jusqu'à ne plus avoir de voix, aujourd'hui il avait de nouveau la force. Alors il hurlait en se tordant dans le lit.
Harry sursauta dès le premier cri, alerte, la baguette à la main et se précipita dans sa chambre. Le corps du blond se tortillait entre les draps, comme s'il cherchait à échapper à quelque chose, tous ses muscles étaient trop tendus, le drap lui emprisonnait les jambes et ses cheveux barraient son visage crispé et en sueur. Harry ne réfléchit pas plus, alluma la lumière et dégagea rapidement le drap des jambes de Drago.
— Malefoy ? Malefoy, tu m'entends ? dit Harry en venant prendre ses épaules après avoir vérifié qu'il n'y avait rien d'autre de dangereux.
La voix grave. Elle perça au milieu du cauchemar mais se tut bien trop vite alors qu'il luttait contre les coups, tentant d'ignorer les rires gras du cauchemar. Harry grogna en se prenant un coup et finit par le secouer.
— C'est un cauchemar, cela suffit maintenant. Réveille-toi !
La voix insistait, elle surpassait la réalité du cauchemar et Drago finit par se rendre compte que ça n'avait rien de réel. Le déclic suffit à son esprit et il ouvrit les yeux, gémit en étant ébloui par la lumière alors qu'il reprenait conscience, le souffle court. Harry glissa ses mains sur son visage, l'attrapant pour le tourner vers lui.
— Tu m'entends ?
Drago rouvrit un regard qui n'était plus vide mais encore plein de terreur pourtant il finit par hocher la tête en découvrant les deux émeraudes qui lui faisaient face.
— C'était un cauchemar, un simple cauchemar. Tu es en sécurité.
La voix d'Harry était affreusement neutre. Parce qu'il se refusait d'être touché, il avait d'ailleurs fait trop de cauchemars pour savoir que s'étaler en longues phrases rassurantes ne servait à rien. Encore une fois, Drago acquiesça de la tête alors qu'il le fixait toujours. Harry soupira et le rallongea. Il prit ensuite sa baguette pour baisser un peu la lumière et apporter un verre d'eau qu'il tendit à Drago.
— Cela va aller ?
Mais Drago ignora le verre d'eau et l'une de ses mains vint accrocher le pantalon d'Harry. La voix grave le calmait. Elle ne lui avait jamais fait de mal. Alors elle chassait les restes de son cauchemar.
— Oh pitié, grogna Harry en reposant le verre sur sa table de nuit.
L'auror hésita à le laisser mais quelque chose dans les yeux de Drago le fit soupirer et il passa une main rapide dans les cheveux blonds avec autant de délicatesse qu'il pouvait le faire. C'est-à-dire pas beaucoup.
— Tu es mieux rasé, dit-il comme un vague réconfort.
Les mots n'avaient pas vraiment de sens pour Drago. Cela lui demandait encore une concentration qu'il n'avait pas le courage d'avoir. Rien qu'entendre les mots lui suffisait. La main, une fois qu'il fut certain qu'elle n'allait pas le blesser, le soulagea et il ferma les yeux. La voix, le geste, le détendit pourtant il garda les doigts serrés sur le vêtement d'Harry.
— Je ne suis pas une baby-sitter non plus, tu sais, soupira Harry.
Pourtant il ne bougea pas, resta là à le regarder. De toute façon, qu'il fixe le plafond dans le salon ou le mur ici, cela ne changeait pas grand-chose. Mais cette nouvelle phrase amena Drago à simplement se laisser aller, s'allongeant sur les jambes d'Harry.
— Non, n'abuse pas.
Harry tenta aussitôt de le remettre sur l'oreiller avant de reprendre sa place. Drago se laissa faire, encore une fois mais sa main tenait toujours le pantalon d'Harry. Tout ce qui lui importait, c'était que cette voix et son porteur ne partent pas. Elle éloignait la terreur et le cauchemar.
— Dors, ordonna finalement Harry.
Drago ferma les yeux, concentré sur le ton, le corps enfin détendu. Et Harry ne bougea pas plus, fixé sur les ombres que la faible lumière laissait. Le blond finit par se laisser emporter de nouveau et, dans un demi-sommeil, son être se rapprocha d'Harry comme pour trouver de la chaleur. Harry finit par lui accorder et, dans un réflexe, posa sa main sur son épaule. Il attendit un peu et voyant que Drago ne semblait pas vouloir le lâcher, il le repoussa pour venir se poser contre la tête de lit, à côté de lui.
— Tu es chiant.
Harry le regarda le tenir pendant un long moment avant de reprendre la contemplation de son plafond. Immobile, vide. Comme toujours. Il était en train de s'habiller le lendemain matin lorsque Lexi frappa à la porte. Après l'avoir fait entrer, la jeune femme le salua et se dirigea vers Drago comme à son habitude.
— Il a fait un cauchemar cette nuit. Mais il a fini par se rendormir.
— Un cauchemar ? répéta Lexi. Vraiment ? C'est plutôt bon signe.
— En quoi ? grommela Harry en passant une main dans ses cheveux fous.
— Il n'est plus amorphe. Ça veut dire qu'il ressent encore des choses. Nous allons tester quelque chose ce matin.
— Comme ?
— Je vais le mettre devant un miroir, voir s'il a conscience de lui-même, informa Lexi. Ce serait bien qu'il commence à reprendre conscience de lui et qu'il demande ou fasse comprendre quand il veut des choses.
— Préviens-moi s'il y a du changement, déclara Harry avant de se détourner pour partir.
— Je te dirai, confirma Lexi sans le retenir.
Elle se rendit dans la chambre et procéda à la même routine que les six jours précédents. Son patient, même s'il était aussi docile qu'à l'ordinaire, semblait aussi moins vide. Il fixait la lueur du plafond avec un intérêt nouveau. Elle remarqua vite après la toilette qu'il s'était placé sur le côté et fixait la vitre, caché par un rideau. Lexi l'observa un peu, en silence pour une fois et finit par comprendre qu'il contemplait en fait les quelques rayons du soleil qui traversaient. C'était bon signe.
Elle reprit la parole en revenant vers lui pour l'habiller. Elle veillait toujours à lui parler, il avait l'air plus détendu quand il l'entendait. Elle ne cherchait pas à comprendre pourquoi, l'important étant que ça marche. Comme ses plaies étaient guéries, elle put enfin lui passer un tee-shirt et un vrai pantalon en toile, lui redonnant une allure plus humaine et dissimulant du même coup les cicatrices qui commençaient à pâlir. Elle parvint à l'asseoir et il resta stoïque alors qu'elle lui attachait ses cheveux blonds. Les pointes tombaient au-dessous des épaules maintenant mais elle n'osait pas les couper.
Il resta assis quand elle s'éloigna, dans l'exact position où elle l'avait placé, à fixer les rayons du soleil et la poussière qui voletait. Lexi finit donc par sortir un objet de son sac et revint vers lui. Elle travaillait toujours selon l'avis d'Hermione et d'un psychomage qui tentait de l'aider à distance. Elle posa le minuscule miroir devant Drago et lui rendit sa taille normale d'un sortilège informulé.
Cela lui parut infini mais le blond finit par lever les yeux pour contempler son reflet.
La première chose qu'il vit, ce fut les pieds nus striés de cicatrices pâles qui étaient posés au sol puis il y eut les jambes, couvertes par un pantalon noir, ses mains qui accrochaient le rebord du lit sans y mettre de force. Ses bras nus, le gauche barré d'une marque noir sombre en plus des anciennes plaies, sa taille et son torse, couverts par un tee-shirt trop grand pour lui. Son regard remonta le long du cou lui aussi marqué puis s'arrêta sur le visage qui lui faisait face. La peau était trop pâle, une ancienne blessure marquait encore sa tempe jusqu'à sa mâchoire, laissée trop visible par ses cheveux tirés en arrière. Puis il se fixa sur ses prunelles d'un gris acier.
Cela dura de longues minutes. Puis son esprit comprit que c'était lui. Qu'il était cet homme. Mais plutôt que d'essayer de se rappeler qui était cet être, ce lui, la rage l'envahit à une vitesse folle. Il ne sut pas pourquoi, ne chercha pas à comprendre. Il ne voulait plus voir cet individu. Peu importait que ce soit lui-même. La colère enfla parce qu'il refusait d'accepter soudain qu'il était un être humain, cet être humain-là. Sans même y songer, il se leva, la fureur à son comble et alla renverser le miroir.
Non, il refusait de le voir, de se voir. Alors la glace vola à travers la pièce et se brisa contre un mur tandis qu'il baissait les yeux vers ses mains tremblantes, essoufflé soudain. Parce que d'un seul coup, à cause de cette image, des milliers de questions envahissaient son esprit perturbé. Qui était-il ? Qu'avait-il fait pour se détester autant ? Où était-il ? Qu'est-ce qui se passait ? Pourquoi ce néant ? Pourquoi ne voulait-il pas savoir ? Pourquoi repousser la vérité, la réalité avec tant de force ?
Un souvenir émergea, comme si son cerveau, lui, voulait répondre à ses questions mais il le repoussa avec force, ses doigts allant arracher les draps avec la même rage aveugle. Il ne voulait rien savoir. II ignorait pourquoi mais il savait que rien n'en ressortirait de bon. Non, il ne devait pas se poser des questions. Parce qu'il refusait de connaître les réponses.
Il avait anéanti le lit, les draps, la table de nuit et arrachait les rideaux lorsqu'il tomba, ses jambes ne le tenant plus. Puis il l'entendit. La voix douce. Elle essayait de le calmer. Il sentit les mains autour de lui. Ce n'était pas aussi efficace que la voix grave mais il finit par se laisser faire. Il chassa cette image de lui-même et se laissa à nouveau porter par le néant, le vide et les sensations simples. Les mains, la voix, les rayons de soleil.
Lexi ne se rendit pas à l'hôpital ce jour-là. Elle resta près de Drago. Elle répara les dégâts et l'installa près de la fenêtre, entrouvrant les rideaux. Elle n'osa pas le laisser seul bien qu'il resta calme et préféra simplement attendre qu'Harry rentre.
Il rentra tard dans la nuit, sans un mot, prit le temps de poser sa robe d'auror avant de se diriger vers Drago et grogna en voyant Lexi.
— Un problème ? demanda-t-il en examinant Drago du regard.
— Oui, j'ai préféré ne pas le laisser seul, soupira Lexi en se levant. Allons à côté.
Elle ne voulait pas parler devant Drago. Il entendait, elle le voyait, aux réactions infimes qu'il avait quand elle parlait. Alors elle ne voulait pas aborder cela devant le blond et quitta la chambre en espérant qu'Harry suivrait. Il le fit après de longues secondes, croisant les bras en s'appuyant contre sa kitchenette.
— Il a réagi assez violemment ce matin, à sa propre image. Je vais en parler au docteur Robinson, le psychomage qui me conseille.
— Et ? C'est bon ou mauvais signe ?
— Je n'en sais rien, moi je ne suis que l'infirmière, souffla Lexi. Mais j'ai peur qu'il se fasse du mal sans le vouloir. Il a ravagé la chambre avant que je puisse le calmer. Tu pourras rester près de lui cette nuit ou je lui donne une potion ?
Harry leva un sourcil et faillit dire de lui donner une potion pour être tranquille pour finalement se taire. Peut-être que cela l'occuperait cette nuit...
— Je vais m'en charger.
— Alors je te le laisse. Je vais me reposer un peu, sinon je ne vaudrais rien demain. Oh, s'il s'agite, essaie de lui parler. Je crois que ça le calme vraiment.
— Je sais, glissa simplement Harry en retournant vers la chambre. Il a mangé ? demanda-t-il tout de même.
— De la soupe. Je pense commencer à introduire des aliments solides dans les prochains jours.
— D'accord.
Harry alla dans la chambre et s'arrêta devant la fenêtre. Drago était toujours assis devant et contemplait l'extérieur sans un mot, ne le regardant même pas quand il arriva.
— Tu m'entends ?
Drago tourna la tête au son de sa voix pour le regarder.
— Bien. Tu veux prendre une potion ce soir ou je reste avec toi ?
Le visage de Drago demeura sans expression, il ne répondit pas et attendit quelques secondes. Comme Harry restait silencieux, il se leva et vint simplement vers lui pour reprendre son vêtement en main. Harry se rendit compte que sa bouche s'était étirée une seconde en un pli amusé avant de se reprendre.
— C'est bon, j'ai compris. Allonge-toi pendant que je prends ma douche. Je reviens ensuite, assura-t-il en le prenant par les épaules pour le remettre au lit.
Drago se laissa guider. Il serait sûrement resté debout sans bouger s'il ne l'avait pas fait mais il finit par s'allonger et ne protesta pas lorsqu'Harry s'éloigna, il se contenta d'attendre. Harry ne revint que quelques minutes plus tard, il alla prendre un short et un tee-shirt pour une fois et après être allé chercher un morceau à manger. Il s'allongea avec un soupir résigné.
— Il parait que tu as tout cassé aujourd'hui. Ne le fais plus.
La voix grave. C'était tout ce qui comptait pour Drago. L'entendre l'apaisait et il parvint à fermer les yeux. Harry continua de fixer le plafond sans bouger, les mains le long du corps, sa baguette juste à côté aussi tendu que s'il était toujours au bureau. Il contempla Drago Malefoy, là dans son lit, entrain de dormir, comme si c'était normal. Pourtant cela ne l'était pas. Cela aurait dû être quelqu'un d'autre, avec une autre couleur de cheveux, une odeur différente. Harry grogna une seconde et tenta de repousser tout ça pour se concentrer sur Drago.
C'était bien lui, même chevelure, même yeux, presque le même corps bien qu'abimé. Mais ce n'était pas le Drago Malefoy d'autrefois. Lui aussi semblait avoir changé, lui aussi semblait avoir oublié qui il était, comment vivre. Au moins, cela leur faisait un point commun. Un point commun qu'Harry n'aurait jamais cru possible mais les faits étaient là, Drago Malefoy était là, dans son lit, aimant sa voix pour le calmer. C'était complètement improbable mais Harry ne devrait pas être si étonné, après tout, la vie était une vraie chienne avec lui. Alors un peu plus, un peu moins...
Harry se demanda un instant ce que Drago avait subi, lui, pour arriver dans cet état avant d'être surpris. C'était très étonnant de ressentir de la curiosité à nouveau pour autre chose que le travail. Mais cela agaça Harry qui tourna le dos à Drago pour tenter de prendre ces deux ou trois heures dont son corps avait besoin pour fonctionner.
Il fallut à peine trois heures au corps de Drago pour recommencer à se tordre, à se tendre, à se crisper. Le premier cri passa ses lèvres alors qu'il revoyait les souvenirs qu'il refoulait la journée avec ardeur. Les barreaux, le noir, les rires gras. Et il cria pour s'en échapper.
Harry grogna en ouvrant immédiatement les yeux, il se redressa d'un bond dans le lit. Il soupira en voyant que ce n'était que Drago qui bougeait encore.
— Sérieux, Malefoy, ne dors pas si c'est pour finir comme ça, dit-il en posant une main sur son épaule.
La contrainte. La douleur. La faim.
C'était un coup de pied ? Ou un sort ? Il ne faisait même plus la distinction. La seule chose qu'il discernait, c'était la souffrance que cela amenait dans son corps. Alors il se tordait, se pliait, comme s'il pouvait y échapper. Il l'avait fait au début, lorsqu'il avait encore la force de lutter. Il s'en souvenait, dans ses cauchemars. Il tentait de se soustraire à ça mais rien ne pouvait l'en faire réchapper. Sauf la voix. Mais elle ne disait plus rien.
—Malefoy, ça suffit !
Harry lui prit les épaules pour le plaquer au lit.
—Réveille-toi. Ce n'est qu'un cauchemar. Je t'ai déjà dit tu étais en sécurité.
La voix surpassait tout mais on l'empêchait de bouger, de s'échapper, il n'arrivait pas à s'extirper. Harry soupira et finit par passer une main sur le visage de Drago avec autant de douceur qu'il était capable avec ses mains qui n'avaient fait que torturer ces dernières années.
— Drago, Drago, ouvre les yeux.
Sa voix se fit moins forte comprenant que le blond n'arrivait pas à s'en sortir. Le prénom. Il s'en rappela à ce moment-là. Il le reconnut. Juste assez longtemps pour ouvrir les yeux et quitter la geôle froide. Il se retrouva dans ce lit, moelleux, le souffle court, le corps tendu à s'en faire mal mais avec cette voix qui l'attirait, qui le sauvait et ces mains, chaudes. Son regard encore terrifié trouva les émeraudes au milieu de l'obscurité qu'il craignait mais cela l'ancra et il s'accrocha au vêtement d'Harry pour le ramener contre lui.
La voix grave. La chaleur. Les émeraudes.
C'était tout ce dont il avait besoin pour chasser la terreur. Le reste de son existence. Harry le lâcha aussitôt dès que Drago se serra contre lui. Il voulut même le repousser mais un gémissement plaintif l'arrêta. Malefoy était terrorisé. Il sentait son cœur battre d'ici et cela lui rappela bientôt trop ses propres terreurs. Il se laissa donc retomber sur le lit avec un soupir désabusé et finit par serrer Drago contre lui jusqu'à ce qu'il se calme. Il aurait pu le repousser, l'oublier mais il connaissait beaucoup trop bien cet état pour ne rien faire.
Drago s'accrocha à lui, se réfugiant dans la chaleur en total contraste avec les pavés froids. La respiration calme d'Harry l'aida à retrouver la sienne et à éloigner le cauchemar. Son corps tremblant finit par se calmer et il put refermer les yeux en refoulant tous ses souvenirs.
— Oublie, il n'y a que ça à faire, dit Harry en continuant de le serrer contre lui.
Les mots n'avaient pas d'importance. Il voulait juste cette voix. Et cette étreinte réalisa-t-il. Cela l'entourait de chaleur et lui faisait oublier le reste. Alors il s'accrocha aux vêtements d'Harry et se laissa sombrer dans un soupir apaisé. Harry expira fortement mais ne bougea pas. Qu'est-ce que cela pouvait faire après tout de fixer le plafond ou le blond ? Il garda donc ses bras autour de lui, un peu gêné de sentir sa chaleur si proche de la sienne. L'odeur d'un corps, c'était si lointain, si flou, qu'il sentit sa propre panique resurgir et il ferma les yeux pour l'évacuer. Il devait effacer, se débarrasser de tout cela, il n'était qu'un corps qui respirait. Juste ça. Tout le reste devait être estomper.
Les trois coups contre la porte tirèrent un grognement féroce à Harry qui ouvrit doucement les yeux. Le soleil l'éblouit et il mit de longues secondes à comprendre qu'il s'était endormi contre Drago. Cela l'agaça prodigieusement, alors il se dégagea un peu brusquement de Malefoy pour aller ouvrir. Lexi se trouvait sur le pas de la porte et lui sourit avec un air un peu fatigué, sa courte nuit ne lui ayant pas suffi.
— Tout s'est bien passé ?
— Il a encore fait un cauchemar, soupira Harry en la laissant entrer.
— J'ai vu le psychomage ce matin, il dit qu'en de telles circonstances, le contraire aurait été étonnant. Tu as réussi à le calmer ? demanda Lexi en se dirigeant vers la chambre.
— Ouais, j'ai eu que ça à faire.
— Comment ça ? s'enquit la jeune femme.
Mais elle ne put l'interroger plus avant car elle s'immobilisa sur le seuil, stupéfaite par la scène. Drago s'était levé, seul. À quelques pas de la fenêtre, il était debout et contemplait sa main qui était éclairée par les rayons de soleil. La lumière, vive et chaude semblait ranimer le cœur qu'il avait cru mort en lui. L'obscurité semblait tellement loin à cet instant, alors qu'il mouvait ses longs doigts au cœur des rayons solaires.
— Tu veux aller prendre une douche ? demanda Harry en le fixant à son tour, les bras croisés.
Drago ferma les yeux en entendant la voix grave, la trouvant parfaite au milieu du soleil. Pourtant, la chaleur de voix grave était meilleure que celle dans laquelle il baignait actuellement.
— C'est la première fois qu'il se lève seul, finit par murmurer la voix douce.
— Il s'est déjà levé hier, dit Harry en s'approchant de Drago pour lui prendre le bras et chercher son regard. Douche ?
Drago leva les yeux vers les émeraudes et ses doigts, qui avaient caressé le soleil, se levèrent vers le visage d'Harry pour l'effleurer. Cela confirma cette sensation selon laquelle sa chaleur était préférable à celle du soleil. Harry roula des yeux et finit par retirer la main de sa joue pour se tourner vers Lexi.
— Tu as des soins à lui faire ?
— La toilette, le nourrir, simplement. Je viens pour t'épargner ces tâches.
— Vu comment il réagit avec toi, on en a pour des heures. Nourris-le simplement et tu pourras partir, je vais m'en occuper.
Harry ne savait pas pourquoi mais il voulait le faire. Alors il ne se posa pas plus de questions. Comme toujours. Lexi lui jeta un regard surpris mais finit par sortir ce qu'il fallait de sa sacoche, ouvrit la boite qui contenait la soupe et la réchauffa d'un sort. Après une hésitation, elle s'installa sur le lit et leva les yeux vers Drago.
— Viens.
Mais le regard gris contemplait toujours Harry, se contentant de l'observer puisqu'il ne pouvait pas le toucher. Harry le fit reculer à l'aide de ses mains sur les épaules et l'assit en face de Lexi.
— Mange.
— Harry, je t'ai dit que j'avais parlé au docteur ce matin, reprit Lexi en tendant la première cuillère à Drago. Le psychomage.
Le blond avala ce qu'elle glissait entre ses lèvres en baissant la tête.
— Et bien quoi ? Qu'est-ce qu'il a dit encore cet imbécile ?
Harry détestait farouchement tous ces médecins. Il tolérait Hermione et Lexi car il avait eu besoin d'elles pendant un moment mais pas les autres.
— Je sais que tu ne supportes pas les psychomages mais je pense qu'il peut aider Drago. Tu te rends compte de ce qu'il a vécu ? Il n'a plus rien à voir avec celui qu'il était avant.
— Vraiment ? Je ne m'en étais pas aperçu. Merci de m'avoir ouvert les yeux. Peut-être devrais-tu toi aussi être psychomage, Lexi, vraiment...
Harry grogna et se détourna aussitôt d'eux pour aller s'appuyer au chambranle de la porte.
— Ne te fâche pas, Harry, soupira Lexi qui continuait de nourrir Drago et préféra abandonner cette voie. Il pense qu'il faut encourager Drago quand il prend une initiative.
— L'encourager ?
— Ne pas le contraindre à faire des choses, pour l'aider à réaliser qu'il est libre et quand il fait quelque chose, le laisser faire si cela ne lui fait pas de mal. Il pense que ça l'aidera à réaliser qu'il n'est plus prisonnier.
— D'accord. Autre chose ?
— Je vais laisser un miroir, dans le coin de la chambre. Voir s'il finit par chercher son image, de lui-même.
— Et s'il recasse tout ?
— Le psychomage dit qu'il faut le laisser extérioriser. Et lui parler. Au maximum. Il pense qu'il ne cherche plus à comprendre les mots.
— Pour ça qu'il ne répond à rien, alors ?
— Oui, ce serait une raison plus que probable selon lui. Surtout s'il est resté très longtemps en captivité.
— Donc, plus il reprendra pied, plus il aura besoin de surveillance ?
— Sans aucun doute. Le docteur pense qu'il est encore dans une sorte de bulle, pour s'isoler, souffla Lexi en reposant la boîte vide avant de contempler Drago.
— Je ne vais pas pouvoir le surveiller tout le temps. J'ai un travail, dit Harry en venant poser sa main sur l'épaule de Drago.
— Transmets-moi ton emploi du temps, je ferai en sorte de venir quand tu n'es pas là.
Harry hésita mais finit par hocher la tête.
— Je te laisse t'en occuper cet après-midi.
— Très bien, acquiesça la jeune infirmière.
— Viens, Drago, on va te laver, dit Harry en le tirant pour qu'il se lève.
— N'hésite pas à m'appeler en cas de besoin, souffla Lexi en rangeant.
Le blond suivait déjà docilement Harry, se laissant tranquillement mener, comme toujours, indifférent à son sort.
— Viens en début d'après-midi, c'est tout, dit Harry en faisant entrer Drago dans la petite salle de bain.
Lexi lança un « d'accord » à la volée avant de quitter la chambre puis l'appartement. Drago entendit Voix Douce s'en aller et s'immobilisa au milieu de la salle de bain, s'y trouvant pour la première fois avec Voix Grave. Mais il appréciait cette pièce. Parce qu'il y avait l'eau. L'eau était agréable et Voix Douce prenait étrangement soin de son corps. Cela détendait ses muscles et il redécouvrait la sensation d'être apaisé.
— Enlève tes vêtements, Malefoy, glissa Harry en ôtant son propre tee-shirt pour ne pas finir trempé.
Mais le concerné resta là, à contempler le robinet d'où l'eau aurait dû couler. Harry grogna et finit par revenir vers lui pour secouer le tee-shirt.
— Ça, retire-le.
Le regard de Drago se reporta sur le vêtement entre les doigts d'Harry et il vint le frotter, comme si cela le gênait soudain.
— Non mais je vous jure, grogna Harry avant de le prendre en main pour le déshabiller lui-même.
Il tira sur le tissu, espérant que Drago comprendrait qu'il devait lever les bras. Drago s'exécuta docilement et ses mains, en s'abaissant, vinrent effleurer la chaleur du torse nu d'Harry. Cela n'avait rien de tendre ou de sensuel, c'était un genre de curiosité abstraite. Il finit par poser les paumes à plat, parce que c'était la chaleur qu'il recherchait.
— Tu as le même tu sais, dit Harry en venant baisser le pantalon de Drago. Et si un jour on m'avait dit que je te déshabillerais, j'en aurais vomi.
Pourtant, il était juste là, dans la même indifférence habituelle. Car Drago ne méritait ni son dégout, ni sa haine, même s'il était marqué comme les autres mangemorts. Et il l'avait aidé à dormir après son cauchemar. Lui n'avait pas eu de mauvais rêves, de réveils, rien. Juste dormir. Depuis combien de temps cela n'était pas arrivé ? Alors il lui devait au moins ça : de prendre une vraie douche et de l'aider. Un peu.
Les mains de Drago se déplaçaient en même temps qu'Harry bougeait, pour garder le contact. Pour autant, il se laissait toujours faire, appréciant la voix, indifférent à l'insulte. Harry se redressa sur ses pieds, pour ensuite le pousser vers la douche. Il alluma l'eau, vérifia la chaleur avant de mettre Drago en dessous. Ce dernier ferma aussitôt les yeux en sentant l'eau sur lui. Voix Douce ne procédait pas ainsi mais cela lui allait. Parce qu'il put lever le visage vers le jet, le laissant tout emporter avec lui.
Harry le laissa profiter quelques secondes avant de prendre sa main pour y laisser couler un peu de savon. Il reposa la main sur Drago pour faire lui-même des frottements avec les doigts du blond pour le nettoyer. Les lèvres de Drago s'entrouvrirent et il se laissa faire les yeux clos, totalement abandonné alors qu'il savourait l'eau chaude et l'odeur de propre.
— Tu dois le faire toi-même, ronchonna Harry en arrêtant.
Les mains de Drago retombèrent aussitôt le long de son corps. Harry se retint de se taper sur le front, avant de prendre un gant pour le nettoyer grossièrement.
— Je ne le ferai pas à chaque fois. J'espère que tu le sais ?
Drago en poussa un soupir d'aise. Il y avait l'eau, Voix Grave et l'odeur de propre. C'était tout ce dont il avait besoin pour rendre un moment juste bien. Harry grommela mais continua à le laver, puis tira sur l'élastique des cheveux, pour les laisser retomber. Il prit un peu de shampoing et se mit à les nettoyer aussi. C'était étrangement agréable de le faire, se rendit-il compte au bout d'un moment. Juste ça, prendre soin de quelqu'un de la plus basique des manières. Drago ne demandait pas qu'il parle, même pas qu'il sourie, juste d'être là et de le décrasser. Oui, Harry trouvait ça bizarrement apaisant alors qu'il penchait la tête de Drago en arrière pour lui rincer la tête.
Le blond en poussa un soupir satisfait alors que ses longs cheveux blonds lui chatouillaient le haut du dos. C'était la première fois qu'ils caressaient sa peau, guidant l'eau jusqu'au creux de ses reins. Harry le laissa profiter le temps d'aller chercher une serviette et il coupa l'eau. Il l'entoura ensuite du tissu pour le frictionner un peu. Drago baissa la tête et rouvrit les yeux, observant les cheveux trempés qui cascadaient autour de son visage.
— Allez viens. Tu vas attraper froid sinon et je ne suis pas sûr que tu en aies besoin.
Harry l'attira devant le lavabo et regarda les longs cheveux. Il y passa sa main avec un soupir.
— Tu veux que je les coupe un peu ?
L'expression de Drago redevint tranquille, savourant la main qui caressait ses cheveux. Harry cala la serviette autour de la taille de Drago et fouilla dans les tiroirs pour trouver une paire de ciseaux. Il prit ensuite un vieux peigne qu'il ne se savait même pas avoir, pour commencer à les coiffer en arrière. Voyant qu'il n'y arrivait pas vraiment, il se résolut à les démêler d'un coup de baguette. Il attira ensuite les cheveux dans une main et coupa simplement au niveau des épaules. Comme ça.
— Je ne suis pas coiffeur mais au moins comme ça tu seras plus tranquille, dit-il en le tournant vers lui pour le fixer et regarder s'il ne l'avait pas trop raté.
Ce n'était pas égal mais cela irait bien. Drago repoussa la main qui tenait les ciseaux et vint poser son front sur l'épaule encore nue d'Harry. Le brun en fut étonné pourtant il finit par lui caresser la tête.
— Tu n'es pas si mal comme ça, souffla-t-il.
D'un coup de baguette, il fit venir de nouveaux vêtements pour Drago et commença à lui passer le tee-shirt. Ce dernier, même s'il se laissait toujours faire, cherchait encore la chaleur d'Harry, comme si elle seule lui suffisait.
— Attends, grogna Harry.
Pourtant il ne le repoussa même pas, essayant de simplement passer le pantalon ensuite.
— Allez, dans la chambre, dit-il en prenant son bras pour l'emmener derrière lui.
En passant dans le salon, Harry finit par s'arrêter et par pousser Drago dans le canapé.
— Tu dois en avoir marre de la chambre. Ici, cela va te changer un peu.
La main de Drago vint caresser le tissu du canapé avant de se rouler en boule dedans, comme il avait pris l'habitude de le faire dans le lit. Harry le regarda faire avant de se sécher d'un coup de baguette et d'aller chercher un tee-shirt pour s'assoir à côté de Drago. Sans vraiment comprendre, sa main se glissa dans les cheveux encore humides et les caressa. Oui, Harry trouvait cela agréable et ce fut un véritable choc. Un tsunami qu'il eut du mal à contenir et qui devait se lire sur son visage. Encore une fois, Drago ne dit rien car il n'attendait rien de plus de lui qu'une caresse, un nettoyage, à la manière d'un animal. C'était presque plaisant dans la vie morne d'Harry. Si simple et pourtant si apaisant.
Drago se détendit tranquillement sous la caresse et, après de longues minutes, osa venir appuyer sa tête sur les cuisses d'Harry. Il colla son front contre le ventre chaud, ses doigts agrippant le tee-shirt tout propre alors qu'il poussait un soupir de satisfaction. Et un sourire se dessina sur les lèvres d'Harry. Un simple étirement de sa bouche mais il était bien là. Parce que Drago ne demandait pas une conversation, qu'il s'étende sur ce qu'il ressentait. Cela n'avait rien de sexuel non plus. Juste un corps vide contre un autre pour un peu de réconfort. D'un animal à un autre. Alors petit à petit Harry se détendit et il ne bougea plus, massant juste le crane de ce chaton abandonné un peu grand.
C'était réconfortant. Non, agréable. Apaisant. Drago n'arrivait pas à mettre le mot exact sur la sensation qu'il ressentait. Il était propre, au chaud, nourri. Allongé sur un matelas confortable, alors qu'on caressait ses cheveux, tout contre la chaleur réconfortante de Voix Grave. Même s'il ne parlait pas, Drago trouva ce moment juste bien. Parce que là, c'était comme si les pavés froids n'avaient jamais existé. Alors, les yeux clos, il en profita, retrouvant soudain la volonté de souhaiter quelque chose. Que ça dure. Que ça se reproduise.
Drago somnola sûrement à certains moments, se sentant reposé, en paix, à nouveau indifférent au temps qui passait. Lorsque trois coups frappèrent à la porte, il sursauta. Cela n'arrivait jamais. Il était toujours immobile, amorphe mais la sensation de plénitude qui l'envahissait le rendait plus craintif. Elle ramenait les émotions qu'il refusait. Mais il se détendit de nouveau en entendant Voix Douce.
Harry lui caressa une dernière fois la tête pour le rassurer et l'abandonna sur le canapé pour aller rejoindre Lexi et lui donner le relais pour le reste de l'après-midi.
La cohabitation s'annonce prometteuse non ? XD
Love sur vous :D
