-Hello vous :D Ici Shade!
-Et Kay, pour vous servir.
-Et bien sur la superbe bêta de la mort qui réanime : SERPENTA :D
-L'équipe est donc au complet pour vous présenter ce nouveau chapitre :)
-On espère vraiment que la suite de l'histoire vous plaira, car même si pour nous elle est logique, elle n'est pas parfaite et les choses devraient être différentes dans la réalité. Donc on espère que cela vous conviendra :D
-Après, ce n'est que notre vision, de deux êtres, trop abîmés par la vie. On vous laisse avec eux et on vous souhaite une bonne lecture.
-Et on vous dit à dans deux semaines :D Pensez à nous suivre pour ne rien raté :D Love sur vous :3
Chapitre 7.
Drago s'arrêta devant le journal apporté par Lexi ce matin-là. Ses doigts se baladèrent sur les photos animées de la première page, les lignes serrées de l'article mais son regard, lui, était fixé sur la date en haut. Il n'eut pas besoin de réfléchir, de calculer, de penser. Comme si son esprit voyait enfin ce qu'il avait toujours su, c'était une confirmation. Il se souvint du dernier journal qu'il avait vu. Juste avant de se perdre. Non, avant de se faire prendre.
Un an, cinq mois et dix-huit jours.
La durée séparant les deux dates. Le temps durant lequel il avait été dans ce cachot puis dans cet appartement. L'étendue de son enfer. Cela paraissait tellement infime, un grain de sable. Pourtant cela ramena des souvenirs. Des pensées dont il ne voulait pas.
Les rires gras. Les pavés froids. La douleur.
Ses doigts se serrèrent, froissant le journal et il s'acharna jusqu'à le rouler en une boule chiffonnée qu'il lança dans un coin de la pièce avant de regagner la chambre pour se terrer contre la fenêtre. Il devait repousser tout cela. Il refusait de se souvenir. Alors il se concentra sur ce qui ne lui faisait pas mal.
La voix grave. L'eau. Le soleil.
Mais cela ne fonctionnait plus aussi bien. Les cauchemars grappillaient un peu plus son esprit, chaque nuit. Les souvenirs revenaient, s'imposaient, pas à pas. Il attrapa son bloc de dessin qui s'emplissait un peu plus à mesure des jours mais il le jeta presqu'aussitôt. Parce qu'il ne dessinait plus des traits, des formes vagues. C'étaient des souvenirs. Il n'avait pas le plus beau coup de crayon mais lorsque les feuilles s'éparpillèrent au sol, il put les voir distinctement.
La page de journal, dessinée de mémoire. Le visage de sa mère, à peine reconnaissable. Le manoir Malefoy. Poudlard. Un joueur de Quidditch. Le blason de sa maison. Son dortoir. La marque des ténèbres.
Celui-là il le détestait. Quand il le voyait, sa main venait frotter son bras gauche avec insistance. Il n'avait pas de manche ce jour-là, juste un tee-shirt. S'il avait baissé les yeux, il aurait pu la voir. Elle aurait été plus pâle, moins visible que sur le dessin. Mais il haïssait la voir sur lui. Elle remuait un passé si présent, si amer, si douloureux. C'était un symbole devant lequel il n'était pas certain de savoir quoi ressentir. Mais ce n'était pas du positif. Il aurait voulu le faire disparaitre. Comme ses souvenirs. Que tout s'en aille. Qu'il ne reste que cet appartement, Voix Grave et le soleil. C'était tout ce qu'il voulait.
Mais il ne le méritait pas.
La notion de mérite le chamboula. Elle revint avec les souvenirs, totalement incongrue, lui donnant envie de pleurer alors que ses ongles raclaient la marque avec dégoût. Il acceptait l'idée d'être quelqu'un mais qui était-il pour mériter la paix après tout ? Parce qu'il ne pouvait pas l'ignorer, pas avec sa mémoire qui revenait. Il était un ancien mangemort. Il n'avait aucun mérite. Il était un être dégoutant, sale, vil. Même pour son propre camp. C'était eux qui l'avaient torturé, vidé de son essence. Même pour les siens, il était une aberration. Un être à anéantir. Ce qu'ils avaient fait, avec patience et minutie pendant plus d'un an.
La douleur sur son bras, le sang qui coulait alors qu'il continuait de s'arracher la peau lui fit presque du bien. Parce qu'il le méritait. Il ne méritait que ça. C'était pour ça, la cellule. Les pavés froids. Les rires gras. La souffrance. Parce qu'il se souvenait, il était Drago Malefoy et il méritait la douleur.
— Drago.
Le cri de Voix Douce ne l'arrêta même pas mais il se laissa faire quand elle sépara ses deux mains, les yeux clos, ignorant le sang qui s'écoulait lentement. Il ne méritait pas les bons soins de Voix Douce, les caresses de Voix Grave. Pourtant il se laissa traîner dans la pièce d'à côté sans lutter.
Harry était passé chez un nouveau traiteur ce soir, quelque chose d'un peu plus élaboré pour profiter d'un nouveau repas. Il s'était mis en tête de faire gouter autant de choses différentes qu'il pouvait à Drago. Parce que cela le rendait toujours curieux, joyeux. Et peut-être que cela calmerait un peu ses nuits agitées. Ce fut donc avec un sourire tranquille qu'il rentra dans son appartement.
Il vit Lexi asseoir Drago et prit le temps de poser ses sacs dans la petite cuisine donnant sur le salon avant de revenir pour voir Drago. Il allait demander si tout s'était bien passé mais ses yeux tombèrent sur le bras du blond. En sang. Cela le glaça d'effroi pendant de longues secondes. Une bouffée de souvenirs lui fit peur. Ceux d'un autre sang, d'un autre corps, avant de s'animer par la peur.
— Bordel ! Qu'est-ce qu'il s'est passé !
Il se précipita vers eux, poussa Lexi et prit d'une main le bras blessé et de l'autre chercha le regard de Drago.
— Qu'est-ce que tu as fait ?
Le regard gris était presque vide. Même Voix Grave, il ne le méritait pas. Pourtant il fut incapable de le repousser. À la place, il l'attira à lui pour fourrer son visage dans son cou, s'accrochant à ses vêtements comme si sa vie dépendait de leur proximité. Harry ne réfléchit pas plus, prit un linge qui trainait pour enrouler le bras, avant de l'attirer à lui. Il se tourna ensuite vers Lexi à la recherche d'une réponse.
— Il s'est blessé tout seul, j'ignore pourquoi, il était très calme, expliqua l'infirmière en approchant sa baguette. Je vais le soigner, donne-moi son bras.
Harry hésita clairement mais finit par le faire en venant caresser les cheveux de Drago.
— Dis-moi ce qu'il s'est passé. Pourquoi tu t'es fait ça ?
Drago secoua la tête tandis que Lexi approchait sa baguette. Elle guérit les plaies d'un sort informulé, remettant à propre la marque des ténèbres et Drago échappa des mains d'Harry pour retourner dans son cou.
— Tu peux y aller, dit Harry en le serrant contre lui. Je m'en occupe.
— Tu es sûr ? Il a l'air chamboulé.
Harry resserra un peu sa prise sur le corps frêle et lança un regard noir à l'infirmière.
— Je gère !
— Je reviens demain, soupira Lexi en se résignant. Préviens-moi si ça dégénère.
Puis, sans rien ajouter, avec un regard inquiet envers Drago, elle quitta l'appartement d'un pas rapide.
— Enfin tranquille.
Harry passa un bras autour de la taille de Drago pour le porter jusqu'au canapé et l'installer sur ses genoux.
— Pourquoi tu t'es fait du mal ? Ce n'est pas bien, tu sais ! Je ne suis pas content !
Le ton de Voix Grave n'était pas vraiment dur mais Drago reconnut le semblant de reproche. Il le méritait mais cela ne l'empêcha pas de trembler. Harry soupira et le serra un peu plus dans ses bras pour le bercer tendrement.
— Tu sais, je n'aime pas te voir blesser. Ne recommence pas, tu veux bien...
Drago secoua la tête en resserrant son étreinte sur le brun.
— Là, là, c'est fini.
Harry prit doucement le bras qui avait été blessé et y passa son pouce avec douceur.
— Tout va bien, regarde. La peau est belle.
Pour lui, il ne voyait même pas la marque des ténèbres. Ce n'était pas Drago ça. Cela n'avait rien à voir. Il n'était même pas un vrai mangemort. Harry ne l'avait jamais vu comme tel. Ce n'était qu'un tatouage qui n'avait rien à voir avec tout ça. Parce que Drago était juste sa magnifique créature, belle en tout point. Alors il vint doucement embrasser la marque comme si c'était sa tempe, espérant que ça efface le trouble de Drago.
Drago détourna le regard. Il ne voulait pas le voir embrasser cette marque infame. Il ne comprenait même pas comment il pouvait faire cela. Mais il était incapable de se soustraire aux lèvres ou aux mains de Voix Grave. Harry revint ensuite embrasser le visage qu'il pouvait voir et la tempe. Ses doigts reprirent un tendre massage pendant un long moment pour le détendre. Cela finit par apaiser le blond. Parce que, même s'il ne le méritait pas, il en savourait chaque seconde.
— Voilà. Qu'est-ce que je vais faire si tu te blesses encore, hm ? Il y a quelque chose que tu veux dire ? Lexi a fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?
Drago secoua doucement la tête, Voix Grave chassant tout ce qui était mauvais en lui. Lexi, même si elle était douce et agréable, ne lui procurait pas ce réconfort, cet apaisement. Il n'y avait qu'Harry qui y parvenait.
— Sûr ? Parce que je vais me fâcher si tu recommences.
— Non, gémit Drago en repassant ses bras autour de son torse pour le ramener près de lui.
— Alors ne recommence pas. Pas de sang. Jamais. Compris ?
Il hocha la tête sans s'éloigner, poussant un soupir désespéré.
— Bien, si tu as compris, tu as le droit au nouveau traiteur, sourit Harry en lui caressant le dos. C'est indien cette fois. J'espère que tu aimes les épices.
Drago mit de longues minutes avant de se redresser pour observer les sacs qu'il avait ramenés et finit par quitter les genoux d'Harry pour le laisser se relever tandis qu'il allait s'asseoir sur sa chaise. Harry le félicita d'une caresse dans les cheveux en passant près de lui, avant de sortir les boites pour manger. Drago grimaça en goutant la première, toussa à la seconde mais continua à gouter. Cela fit rire Harry qui l'observait tranquillement.
— J'ai pris les moins forts pourtant. Si c'est trop, je peux nous trouver autre chose.
Drago secoua la tête, trouvant enfin quelque chose à son gout et il en reprit, explorant quand même les autres par curiosité.
— Demain, on devrait peut-être aller voir cet abruti, souffla soudainement Harry en jouant avec un morceau de poulet coloré du bout de sa fourchette.
Drago s'immobilisa puis, d'un doigt tâché de sauce, il désigna l'autre bout de la table où Lexi avait laissé un planning de rendez-vous avec le psychomage.
— Ouais. Lui...
Harry n'était pas stupide. Il savait parfaitement qu'il ne pouvait pas aider sur tous les aspects. Et l'idée qu'il rentre un soir pour le trouver en sang le glaçait d'effroi. Cet homme pouvait peut-être aider. Pour un certain temps en tout cas. L'idée ne lui plaisait pas mais parfois il n'avait pas de solution. Drago arrêta de manger et vint caresser le visage d'Harry de ses doigts propres pour le rassurer. Il ne saisissait pas le problème avec L'observateur. Lui, cela lui était égal mais cela semblait contrarier Voix Grave plus que de raison.
— Je sais, je sais. Tant que cela te fait du bien à toi, c'est le principal, assura Harry. Je t'emmènerai et j'irai te chercher. À chaque fois. Ne laisse personne d'autre t'emmener d'accord ?
Il hocha la tête avant de terminer son repas, léchant ses doigts pour les laver. Ils finirent leur repas tranquillement et Harry se leva pour ranger.
— Je te laisse aller à la douche ? demanda-t-il en mettant tout à la poubelle.
Drago hésita. Il préférait toujours y aller avec Harry. C'était toujours l'occasion d'une étreinte, de caresses dans l'eau que Drago adorait. Il lui avait montré qu'il était capable de faire cela seul alors quand Harry lui demandait, il le faisait mais la plupart du temps, le brun était toujours dans la pièce avec lui. Il finit par venir enlacer le poignet d'Harry, levant un regard presque triste vers lui, le tirant vers la salle d'eau avec espoir. Harry sourit en le voyant faire, c'était tellement flagrant qu'il était déçu qu'il trouvait cela mignon. Harry finit donc par hocher la tête.
— D'accord, d'accord. Laisse-moi au moins regrouper tout ton bazar et j'arrive, dit-il en montrant les nombreux dessins partout.
Il l'embrassa aussitôt sur la tempe avant de se baisser pour les ranger et tomba sur le dessin d'un journal. Vieux journal comme en témoignait la date. Harry pencha la tête sur le côté, avant de fixer Drago.
— C'est une date importante pour toi ? demanda-t-il en le fixant, toujours au sol.
Drago l'observa et finit par venir s'accroupir près de lui, observant le dessin, passant ses doigts sur le trait qu'il avait déjà usé à force d'y toucher, le crayon s'étalant, bavant. Pourtant il finit par hocher négativement la tête. Ce n'était pas important. C'était simplement la dernière qu'il avait vue, lue. Son dernier jour de liberté avant les pavés froids. Ils étaient en fuite. Ils avaient déjà perdu Narcissa à ce moment. Le dernier matin, à pouvoir regarder l'aube. Un matin dont il n'avait jamais vu le soir.
— Le dernier, finit par articuler la voix rompue de Drago.
— Le dernier, répéta Harry sans comprendre avant que la lumière ne se fasse dans son esprit.
Drago avait été emprisonné pendant tout ce temps. C'était son dernier jour de liberté. Son dernier jour sans souffrance. Alors Harry ne réfléchit pas plus et tira Drago à lui. Parce qu'il avait soudainement envie d'enlever toute douleur de Drago. Parce qu'il ne méritait pas tout ça, lui, il avait l'habitude. Lui, il pouvait supporter les tortures, le sang, pas Drago. Pas sa créature magique.
Ce dernier, surpris, l'enlaça pourtant, caressant aussitôt son dos, ses cheveux, pour le réconforter.
— Pourquoi ils ont fait ça ? finit par souffler Harry sans le lâcher.
Drago haussa les épaules. Parce qu'il était vil, sale, un traitre à son propre camp, une honte, il avait échoué. Il n'avait pas d'autres raisons et il ne voulait pas y penser, cela le rendait mal. Alors il se releva et tira Harry vers la salle de bain. Mais Harry ne se laissa pas faire et le retourna vers lui, pour caresser son visage.
— Qu'est-ce que je peux faire pour effacer tout ça ?
Drago vint embrasser sa tempe et sa joue pour le rassurer. Il n'avait rien de mieux à faire. Parce que même lui n'arrivait pas à effacer les souvenirs. Harry soupira avant de l'emmener dans la salle de bain. Il voulait lui offrir de bons moments pour oublier le reste. Drago alluma aussitôt l'eau, ne se rendant même pas compte du sourire léger qui flottait à ses lèvres. Il appréciait l'heure de la douche avec Harry, cela le laissait toujours apaisé, serein et il en avait bien besoin ce soir. Il ôtait déjà son tee-shirt un peu tâché et plongea la main dans l'eau pour éclabousser un peu Harry.
— Hé, tu vas voir toi !
Harry le prit aussitôt contre lui, un bras en travers de la taille pour le mettre encore à moitié habillé dans l'eau, avec un rire amusé. Les pieds nus dans l'eau, Drago émit un cri d'amusement, entoura le cou d'Harry de ses bras pour le tirer, se laissant aller en arrière dans la baignoire avec un rire totalement nouveau. Cela agrandit le sourire d'Harry qui se mit ensuite à le chatouiller.
— Cela t'apprendra à me tremper !
Drago se tortilla aussitôt sous les doigts du brun, allongé dans le fond d'eau, indifférent à son pantalon qui lui collait à la peau. Il riait. C'était faible, d'une voix cassée, presque trop silencieux mais il riait. Harry continua un long moment, juste pour le plaisir de le voir autrement qu'en sang comme tout à l'heure et il finit par s'allonger sur lui comme il put dans la petite baignoire.
— Je suis désolé de ce qui t'est arrivé.
Le rire de Drago s'éteignit et il étreignit Harry contre lui avec un soupir.
— Fini, souffla-t-il au creux de son oreille avant d'embrasser sa tempe.
— Oui. Tout va aller mieux, assura-t-il en se redressant. Viens, je vais te laver les cheveux.
Drago s'exécuta aussitôt, se plaçant pour lui laisser accès à sa tête. Il dénoua le lien en cuir avec lequel Lexi les avait attachés au matin et les secoua avant de s'immobiliser. Cela fit rire Harry.
— Attends, on va déjà se déshabiller. Ce n'est pas pratique avec les vêtements.
Le blond s'exécuta, avant de se retrouver avec son pantalon détrempé entre les mains, ne sachant pas quoi en faire. Harry le prit et le lança dans l'évier, pour faire de même avec les siens. Il vint ensuite mettre Drago sous l'eau, commençant déjà à lui masser le crâne, puis continua avec le shampoing. Il aimait vraiment ces moments tendres et doux avec lui, en dehors du monde, de tout. Juste eux et les doigts dans ses cheveux. Ils passèrent surement beaucoup trop de temps dans le bain avant d'aller se coucher. Mais Harry n'en avait rien à faire. Tout ce qu'il voulait, c'était garder le sourire de Drago. Ils se couchèrent ensuite, Harry s'enroula autour de lui, le serrant fort contre lui.
Harry était là, devant cette porte blanche, sur cette petite chaise qui lui faisait mal au dos comme aux fesses. Pourtant il restait là dans ce couloir blanc sale, sa jambe se secouant de haut en bas, témoignant de son anxiété. Il détestait être là, à l'hôpital. L'aile de la psychomagie, lui faisait d'ailleurs encore plus horreur. Mais il resterait là, sans bouger. À attendre. Encore. Et encore.
Cela sembla durer des heures pour lui avant que la porte ne s'ouvre. Il avait eu le temps de compter trente-huit fois les cinquante-six dalles devant lui, faire quatorze aller-retours devant. Mais elle était enfin ouverte et il put donc apercevoir Drago. Ce dernier revint aussitôt vers lui, son bloc de dessin serré contre lui, visiblement soulagé de le voir.
— Tout va bien ? demanda aussitôt Harry en lui caressant le visage.
Il acquiesça en s'accrochant à la veste d'Harry alors que le docteur Robinson le regardait faire avec un sourire presque attendri.
— La semaine prochaine, même heure, informa-t-il tranquillement.
— Cela sert au moins à quelque chose ? grogna Harry en se tournant vers lui.
— Il n'y a que lui qui puisse répondre à ça.
— Vous êtes inutile jusqu'au bout.
— À la semaine prochaine, Mr Potter.
Harry ne prit même pas la peine de répondre et s'avança en gardant Drago contre lui, une main possessive sur sa nuque.
— Il ne t'a pas dérangé ?
Drago hochait déjà négativement la tête, une main serrant la veste d'Harry, l'autre tenant son bloc-notes contre son torse. Harry lui fit un faible sourire alors qu'ils remontaient le couloir vers le hall pour qu'ils puissent transplaner.
— Tu sais, tu peux le dire si...
Mais Harry ne finit pas sa phrase en voyant une personne à l'autre bout du couloir. Ron Weasley échangeait avec un docteur, avec un air contrarié, les sourcils froncés, ses mains appuyant chacune de ses paroles avec des gestes. Il avait grandi avec les années, son visage autrefois innocent avait des traits durs et arrogants, il arborait même une cicatrice près de l'œil droit. Sa carrure carrée et solide, dû à son métier d'auror, lui permettait de dégager une impression de force. Le docteur avec qui il discutait acquiesça et s'éloigna, d'un pas rapide, laissant Ron seul, se retourner et se figer en voyant Harry. Son regard déjà sévère devint glacé et se balada sur le brun, dévisagea le blond à ses côtés, leur étreinte et un pli haineux étira le coin de ses lèvres alors qu'il tournait les talons pour partir à grands pas furieux.
Harry ne comprit pas ce qu'il lui prit. Peut-être les souvenirs qui affluaient d'un coup. Les souvenirs qui donnaient à la fois envie de vomir et de pleurer. Il s'avança d'un pas, les yeux fixés sur son ancien équipier.
— Ron, appela-t-il presque trop faiblement.
Le roux se figea au milieu du couloir.
— Non, laissa-t-il tomber froidement.
Harry se figea aussitôt, sa main se resserra par reflex sur Drago qu'il n'avait pas lâché. Il ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Pourtant il avait envie de dire des choses. Comment est-ce qu'il allait ? Si sa famille allait bien ? Si son équipe d'aurors lui plaisait ? S'il lui manquait comme à lui ? S'il avait envie de s'enfoncer sa baguette jusqu'à la gorge à chaque fois qu'il pensait à ce jour ? Mais rien ne passa ses lèvres car, soudainement, il ne savait pas par quoi commencer. Salut ? Ça va ? Tu m'en veux toujours pour ta sœur ?
Ron resta figé de longues minutes, le corps tendu et finit par simplement reprendre sa marche. Harry s'avança d'un pas lorsqu'il ne le vit plus puis s'arrêta encore une fois. Cela ne servait à rien. Il le savait parfaitement. Cela faisait beaucoup trop longtemps que Ron ne lui parlait plus. Drago observait les expressions de Voix Grave avec fascination et il finit par tendre la main vers les traits crispés, douloureux, pour les apaiser parce que cela paraissait être une souffrance pour Harry qui sursauta. Il finit par porter son regard vers lui avec tristesse.
— Ce n'est rien, assura-t-il en avançant. Rentrons.
Drago acquiesça en restant agrippé à lui, le suivant sans un mot, comme toujours mais fixant son visage comme s'il le découvrait. Ils se retrouvèrent chez Harry en quelques minutes, pourtant Harry n'avait pas retrouvé son sourire. Il laissa Drago dans la pièce de vie et alla aussitôt dans sa chambre pour s'y asseoir. Il avait du mal à rester calme, la tornade de sentiments s'emmêlait avec ses souvenirs et malgré lui, il ressortit la bague autour de son cou. Comment tout cela pouvait-il s'arranger ? Comment pouvait-il retrouver sa vie ? Comment pouvait-il continuer à vivre ? Mais qu'est-ce qu'il faisait encore là ? Le blond finit pourtant par le rejoindre, avec hésitation et s'immobilisa devant lui. Il finit par lever la main après de longues minutes pour la passer dans les cheveux bruns avec douceur, sans le brusquer.
— Je suis désolé, je ne suis pas d'humeur à faire des câlins, gémit-il faiblement en fermant les yeux, ses doigts se crispant sur sa bague.
Drago continua simplement à caresser ses cheveux, sans chercher à l'enlacer, le couvant d'un regard inquiet.
— Je ne devrais pas être là. Je devrais encore être en train de les chasser. De les exterminer. Tous. Toi aussi tu es une de leurs victimes. Cela n'aurait pas dû arriver.
La haine des mots fit frémir le blond qui n'arrêta pourtant pas.
— Je ne suis pas assez rapide, je ne suis pas assez fort pour ça. Pourtant ils ne sont rien. Pourquoi je n'y arrive pas ? Bordel, ils sont faibles, ils ne sont rien ! s'écria presque Harry.
— Non, souffla Drago d'une voix rauque en venant prendre sa main pour la serrer.
— C'est mon rôle. Je dois le faire.
— Ils sont trop forts, gémit pitoyablement Drago en amenant ses mains à ses lèvres.
— Non. Pas pour moi. J'ai tué Voldemort, cela devrait faire pareil. N'essaye pas de les défendre alors que tu es aussi une victime. Cela me fait me sentir encore plus mal.
— Trop mauvais, rectifia Drago en se laissant tomber près de lui.
— Non, ce ne sont que des insectes, des vermines, qui méritent tous de crever. Ils ne devraient même pas exister sur cette terre. Je ne devrais pas être ici...
Harry se leva soudainement comme prêt à partir.
— Non, gémit Drago en le retenant.
Harry se stoppa au ton plaintif, parce qu'il avait l'impression de le blesser et c'était exactement le contraire qu'il voulait faire. Alors il resta devant Drago, incapable de choisir entre la protection de Drago ou sa culpabilité. Et il finit par se laisser tomber au sol, la tête entre les mains.
— Bordel, je n'ai jamais su quoi faire. Je n'ai jamais voulu... Pourquoi ?
Drago se leva, les mains autour d'Harry, indécis, affolé, incapable de savoir quoi faire. Il ne comprenait pas Harry et se sentir impuissant à l'aider le plongeait dans l'affolement.
— Dis-moi, souffla Drago avec peine.
Il ne pouvait que demander, parce qu'il ignorait comment l'aider. Harry ne réfléchit même pas, Drago était tellement intégré à son univers maintenant, que ne rien dire ne lui vint même pas à l'esprit.
— C'est moi, je l'ai tué. Ginny. On allait se marier. Et... Tellement de sang.
— Non.
Il ne pouvait pas croire ce que disait Harry. Voix Grave n'était pas un tueur. Il était doux, fort et réconfortant. Pas un tueur.
— Tu ne tues pas, affirma Drago d'une voix plus ferme.
— Pourtant c'est bien pour moi qu'elle est morte. Dans sa si jolie robe, gémit Harry alors que des larmes commençaient à couler sur ses joues.
Tellement longtemps qu'il n'avait pas pleuré pour ça. Tellement longtemps qu'il n'y pensait plus. Mais voir Ron, après avoir repris vie aux côtés de Drago, c'était devenu trop dur. Et voir Ron, voir son dégout et sa rancœur, faisait trop mal. C'était presque insupportable. Le blond, affolé, s'agenouilla face à lui pour essuyer ses larmes.
— Je l'aimais tellement et c'est pour ça qu'elle est morte. On aurait dû être heureux. Après tout ce qui s'était passé.
Drago continua et finit par l'attirer contre lui, caressant ses cheveux et son dos en le berçant, incapable de faire quoi que ce soit. Harry se serra contre lui, bien trop fort pour le petit corps encore fragile de Drago mais il se rendait compte qu'il n'avait que lui. Que sa magnifique créature pour l'aider à ne pas sombrer.
— Je suis désolé... Tellement désolé. J'aurais dû te sauver bien avant.
Il continua de le bercer, déglutissant, cherchant quoi dire ou quoi faire pour aider Voix Grave.
— Je te pardonne, parvint-il à dire de sa voix enrouée.
Pas qu'il considérait que c'était la faute de Voix Grave. Il ne comprenait même pas sa culpabilité. Parce que tout était de sa faute, à lui, l'être vil et sale. Parce qu'il avait mérité tout ça. Mais il aurait fait n'importe quoi pour aider Voix Grave.
Cela sembla libérer un poids sur les épaules d'Harry qui fondit vraiment en larmes, incapable de se retenir, sa respiration devenant chaotique. Harry ne comprenait même pas comment il pouvait le pardonner de l'avoir laissé là-bas, de l'avoir laissé souffrir mais Drago semblait sincère, incapable de mentir depuis, alors il le crut et laissa enfin sa peine s'exprimer. Drago le berça encore, comme il semblait en avoir besoin. Il essuya ses larmes, caressa ses cheveux, embrassa sa tempe. Il fit tout ce qu'il put, tout ce qu'il avait appris durant ces semaines pour le réconforter. Cela dura un long moment, Harry sembla se vider de toutes ses larmes, tout son désespoir pour finalement embrasser Drago. D'abord sur la joue, puis le reste du visage, encore et encore. Car Drago était la seule chose belle dans son existence maintenant.
Sentir ses lèvres rassura un peu Drago sur son état pourtant il continua à le caresser avec douceur. Harry continua et se glissa dans son cou, pour continuer de le câliner, l'amener sur ses jambes.
— Merci, merci d'être là.
— Je reste là, assura Drago de sa voix cassée.
— Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Pour effacer tout ça ?
— Tu le fais déjà.
— Ce n'est pas assez. Tu mérites tellement mieux, tu es si lumineux.
— Non, je ne mérite rien, s'étrangla Drago.
— Oh si, tu mérites tout. Tu es tellement étincelant. Si beau, si magnifique. Tu me ramènes à la vie.
Et c'était étrangement vrai. Il s'en rendait compte. Il dormait davantage, mangeait, riait. Tout ça grâce à lui. Drago caressa ses cheveux et vint embrasser son visage comme Harry venait de le faire, n'osant pas le contredire. Harry sourit vraiment cette fois, heureux d'avoir un peu de douceur, avant d'essuyer son visage.
— Pardon, je dois avoir l'air pitoyable. Viens, on va se laver. Je pense qu'un bain nous ferait du bien à tous les deux.
Vous aviez oublier Ron, hein? Vous la sentez la crise arrivée? :O
Love sur vous 3
