-Hello vous :3 Ici Shade !

-Et Kay comme toujours.

-Et notre super Serpenta toujours au top :D qu'on remercie pour son super travail de bêta.

-Et bien sûr, on en arrive à ce nouveau chapitre, tout beau tout neuf.

-La fin du dernier chapitre vous a plu ? :D *sourire d'auteur gentille*

- Celui là est mieux vous verrez :)

-Ou pas... * rire machiavélique d'auteur xD*

-On va vous laisser découvrir :p

-Et on vous souhaite une bonne lecture comme d'habitude :D

- A dans quinze jours.

-Love sur vous 3


Chapitre 9.

Harry enfila son manteau, puis ses chaussures avant de se tourner vers Drago.

— Tu as tout ? demanda-t-il doucement en l'aidant à mettre sa veste.

Drago hocha la tête, déposant un baiser doux et innocent sur la tempe d'Harry au passage. Harry y répondit aussitôt par un sur sa joue avant de lui caresser les cheveux.

— Tu prends ton bloc aujourd'hui ?

Le blond alla le récupérer sur la table, le serrant contre son torse, ledit bloc devenant de plus en plus épais puisqu'il y ajoutait des feuilles chaque jour. Des souvenirs flous qui redevenaient nets, dont il ne voulait pas forcément mais qui s'imposaient. Il revint vers Harry et s'accrocha à son bras, comme il le faisait quand le brun devait l'emmener en transplanant. Harry prit le temps de l'embrasser encore dans les cheveux, avant de passer la porte, pour ensuite disparaitre. Le chemin était devenu habituel, pourtant il stressait toujours autant à attendre Drago dans ce couloir blanc, sans vie, sans sa créature. Il se sentait presque abandonné.

Drago venait juste d'entrer dans le cabinet du docteur lorsqu'un membre de son équipe vint vers lui. Le dernier membre qui n'avait pas participé à l'assaut du manoir dans lequel Drago avait été trouvé. Evan était un homme fin et élancé, ses cheveux d'un blond clair coupé très court lui donnaient un air froid démenti par son regard d'un brun chaud. Ses lèvres, trop fines, souvent étirées en un sourire moqueur, il était le plus discret du groupe. En mission d'infiltration jusqu'au mois dernier, il avait réussi à démanteler un réseau de trafiquants de baguettes qui s'étaient révélées défectueuses et dangereuses. Depuis, il traquait avec Nate les trois mangemorts toujours en liberté.

— Chef, salua-t-il.

Harry grogna, n'aimant pas qu'on le trouve ici mais se leva pour le saluer.

— Quoi ?

— Les mangemorts, on a retrouvé leur trace, ils revenaient vers Londres.

À cet instant, un énorme bruit provint de l'intérieur du cabinet. Le cœur d'Harry manqua un battement, puis deux, avant que l'horreur ne se fasse ressentir dans son corps. Cela ne devait pas recommencer, cela ne pouvait pas, c'était impossible. Il ne laisserait pas ça arriver. Il attrapa aussitôt sa baguette et entra dans le bureau, d'un bond rapide, prêt à tout détruire pour retrouver Drago sain et sauf, Evan sur ses talons.

Le son avait été celui du docteur, du moins celui que son corps avait produit lorsqu'il avait volé à travers la pièce pour rencontrer le bureau duquel il avait tout renversé avant de s'effondrer juste derrière. L'un des intrus, tout vêtu de noir, masqué, se dirigeait vers lui lorsque la porte s'ouvrit. Deux autres, vêtus de la même façon, faisaient face à Drago, baguettes en l'air. Le blond avait apparemment bondi du canapé pour se réfugier derrière. La scène sembla se figer lorsque la porte s'ouvrit. Pendant une ou deux secondes, tout sembla s'immobiliser. Puis Drago s'élança vers Harry, l'un des mangemorts se tourna vers les aurors et lâcha froidement.

— Tue-le.

Alors il lança un sort vers Harry. Mais ce dernier leva sa baguette et fut bien plus rapide. Il attrapa Drago contre lui et jeta une volée de sortilèges, tous plus puissants les uns que les autres. Il ne se mit même pas derrière un meuble pour se cacher, rien. Il calla simplement Drago contre lui, dans son dos et laissa toute sa haine sortir par sa baguette. Parce que tout cela avait assez duré. Drago ne devait plus avoir peur, ne plus rien risquer. Ces vermines méritaient de mourir sous sa chaussure, rien de plus, rien de moins. Le premier tomba au sol et se mit à se vider de son sang sans même que cela n'arrête l'attaque d'Harry.

Evan abattit celui qui était proche du docteur avec une précision froide et il reporta son attention sur celui qu'Harry visait, qui cherchait à tuer Drago. La bataille fut rude mais ce fut un sort d'Harry qui parvint à le faire s'écrouler, ramenant le calme dans la pièce ravagée. La main d'Harry trembla légèrement mais ce n'était pas de souffrance, c'était de peur à l'idée que Drago soit blessé. Il le tira aussitôt à lui pour le regarder.

— Tu as mal quelque part ? demanda-t-il peut-être trop durement à cause de la terreur qu'il avait ressentie.

Drago secoua la tête, le regard encore terrifié, s'accrochant à Harry de toutes ses forces. Evan s'occupait déjà de faire prévenir un médicomage, ses collègues et de vérifier l'état de tout le monde. Harry le serra contre lui pendant de longues secondes avant de soupirer.

— J'ai eu tellement peur, murmura-t-il à son oreille. Je suis content que tu n'aies rien.

Drago tremblait légèrement, pourtant dès qu'Harry le relâcha un peu, il promena son regard sur lui, comme pour vérifier l'état du corps du brun. Il ne put rien dire car Evan revint vers eux tandis qu'un médicomage et des infirmières débarquaient, dans un brouhaha insupportable.

— Bon sang, souffla la voix de Nate. Tout va bien chef ?

— Protège-le pendant quelques minutes, ordonna Harry en montrant Drago, avant de se diriger vers le dernier homme à être tombé.

Drago le regarda s'éloigner avec un regard torturé mais suivit Nate quand celui-ci le tira vers le couloir pour le mettre à l'abri. Harry s'approcha de l'homme et le coup de pied fut presque un réflexe, avant de se pencher pour le prendre au col.

— Dis-moi tout de suite ce que vous lui voulez ? grogna-t-il bassement.

— Chef, on va les ramener, intervint Eva qui venait d'apparaître. Il nous reste du veritaserum.

Elle jetait des regards à la troupe de médecins qui s'occupait du psychomage inconscient. Harry grogna mais ne put empêcher les deux coups suivants qui firent couler encore plus de sang avant de le lâcher pour retrouver sa créature. Drago se releva dès qu'il franchit le seuil et vint s'accrocher à ses vêtements en fixant son visage avec inquiétude.

— Tout va bien. Je vais te ramener à la maison, j'ai juste deux ou trois choses à voir avant.

— Je peux rester avec toi ? parvint à formuler Drago à voix basse.

— Si tu veux, assura Harry en passant un bras autour de lui pour le caller contre son torse, avant de se tourner vers son équipe. Je les veux tous en cellule et sous veritaserum. Faites-leur cracher un maximum de choses. Laissez-moi celui qui a voulu le tuer.

Eva hésita mais acquiesça alors que Nate s'occupait de celui du fond et Evan, celui près du divan.

— Ici, Chef ? s'inquiéta la jeune femme en dardant un regard anxieux vers Drago.

— Non, en cellule j'ai dit, dit Harry en détournant la tête de Drago dans son cou pour qu'il ne les voie plus.

— Ils vont parler, assura Phillipé.

— Voulez-vous que je m'occupe de Drago ? s'enquit Eva en attendant.

— Non, dit fermement Harry en le serrant contre lui. Je vais le ramener chez moi. Je reviendrai tout à l'heure.

— D'accord, je dépose le mangemort alors, souffla Eva en prenant le bras du type inconscient.

Elle disparut sans s'attarder et Harry se tourna vers les autres.

— Je reviens dans une heure, assura-t-il avant de transplaner à son tour.

Il arriva devant son appartement et fit rentrer Drago aussi vite que possible. Il envoya un court message à Lexi pour lui dire de venir une heure plus tard, avant de donner toute son attention au blond.

— Je suis désolé de ne pas avoir été plus rapide, souffla-t-il en lui enlevant son manteau. Tu as dû avoir peur.

Drago leva son regard gris vers Voix Grave. Ça n'avait pas été de la peur. Parce que les trois silhouettes noires étaient apparues et il avait compris. Lui, il avait vu les pavés froids, entendu les rires gras et senti la douleur. Mais il n'avait pas été résigné à souffrir, comme lorsqu'Harry l'avait trouvé. Tout ce qu'il avait vu, c'était qu'il perdait Voix Grave, le soleil et l'eau. Il avait été anéanti. Puis la porte s'était ouverte, amenant la terreur avec elle. Celle que Voix Grave soit blessé, celle de le perdre, celle de le voir mourir avant de retrouver les pavés froids. Le pire des cauchemars.

Cette idée lui fit amener les doigts sur le visage d'Harry, le caressant pour se rassurer avec un soupir à mi-chemin entre le soulagement et la douleur.

— Tout va bien, tu es en sécurité ici, assura Harry en venant embrasser sa joue et le câliner.

— N'y retourne pas.

— Je vais rester un peu avec toi. Le temps que tu te calmes.

Harry vint s'asseoir à côté de lui pour le faire venir sur ses cuisses et l'enlacer. Lui aussi voulait se rassurer, oublier ce qu'il avait ressenti à l'idée de le perdre. Que ces vermines lui prennent encore sa lumière.

— Tu reviendras ? finit par murmurer Drago d'une voix rauque et tendue.

— Toujours. Je vais juste leur faire payer ce qu'ils t'ont fait.

— J'aimerais que tu restes.

— Je reviendrai. Mais je ne les laisserai pas impunis.

— Tu vas leur... faire du mal ?

Harry hésita mais il ne pouvait pas lui mentir.

— Oui.

L'idée fit frémir Drago. Parce que Voix Grave ne lui avait jamais donné que de la douceur, du plaisir, de la tendresse. La pensée qu'il puisse faire du mal, qu'il fasse souffrir un autre être lui apparaissait comme complètement aberrante, incongrue. C'était quelque chose d'impossible, en totale contradiction avec ce qu'il croyait, ressentait. Il le fixait avec un air perdu, parce que c'était inconcevable que ce concentré de délicatesse puisse faire souffrir une personne.

— Chut, ne pense pas à ça. C'est aussi mon travail. Oublie tout ce qui vient de se passer. Tu es en sécurité.

Drago baissa le regard, observant sa main qui venait prendre celle d'Harry, entrelaçant leurs doigts. C'était la même chose. Harry voulait une vengeance, pour lui. Les mangemorts aussi s'étaient vengés, sur lui. Chacun agissait et finissait par payer pour ses actes. C'était tellement humain que Drago frémit de nouveau. Il comprenait parce que c'était humain. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était Voix Grave, tendre et doux. Alors il se laissa tomber contre lui, l'enlaçant avec force. Il n'avait pas besoin d'être vengé. Il voulait juste que les choses restent ainsi. Harry le maintint contre lui, avec autant de fermeté que possible. Il ne laisserait personne le toucher, il ne laisserait plus Drago se perdre dans ses cauchemars. Harry ne savait pas quoi faire pour rassurer Drago, alors ses doigts se glissèrent dans les cheveux, venant masser la nuque. L'autre alla se glisser sous les vêtements pour remonter sur le dos, effleurant la peau chaude. Par Merlin, Drago était toujours en vie et il avait envie de pleurer de joie.

Drago finit par se détendre, se laissant enfin aller contre Harry, les émotions s'apaisant et il ferma les yeux pour savourer les caresses en s'agrippant aux vêtements de Voix Grave.

— Tout va bien. On prendra un bain chaud quand je rentrerai. Qu'est-ce que tu veux manger ce soir ? continua Harry, en embrassant son visage, puis son cou.

— Les plats italiens, répondit Drago en retrouvant un sourire sous les baisers.

— D'accord. Tu voudrais autre chose ?

— Les boissons sucrées.

Harry lui avait rapporté deux ou trois sodas et Drago en avait raffolé.

— Vendu et peut-être des glaces si j'en trouve.

Drago acquiesça et vint poser un baiser doux et plus appuyé que d'ordinaire au coin de ses lèvres, avec tendresse. Son Voix Grave restait le même et c'était tout ce qu'il souhaitait. Harry en gémit faiblement et avant de reproduire le même geste, juste au coin des lèvres. Puis recommença encore un peu plus près de la bouche. Il lui fallut trois autres baisers pour finir par embrasser réellement Drago. Parce qu'il en mourait d'envie depuis si longtemps et, après cette frayeur, c'était encore meilleur que tout ce qu'il espérait. Drago frissonna, étonné de la douceur des lèvres et entrouvrit les siennes avec un soupir satisfait. Il trouva cela aussi apaisant que les caresses tout en étant aussi excitant que lorsqu'Harry le caressait dans le bain. Les deux cumulés. Il posa les mains sur le visage d'Harry, se rapprochant de son corps, cherchant plus de contacts.

Harry fut heureux que cela lui plaise et se serra un peu plus contre lui. Il voulait tellement plus mais il tenta de se refreiner encore pour ne pas effrayer Drago. Après tout, il devait être chamboulé aussi. Pourtant il ne put retenir sa langue, qui vint doucement cajoler les lèvres fines de Drago. Ce dernier gémit en sentant l'intruse et ses doigts se crispèrent dans les cheveux d'Harry. Il en oubliait tout le reste soudain. Il n'y avait plus de terreur, de désespoir, ou de douceur, il n'y avait plus rien, plus aucune émotion. C'était quelque chose de nouveau. Encore différent du plaisir. C'était intense, ça le remuait tout entier et il fut incapable d'expliquer pourquoi sa propre langue vint caresser l'autre mais il en gémit de nouveau.

Harry passa un bras possessif autour de lui, alors qu'il sentait son excitation monter. Il n'en avait pas espéré autant mais comme d'habitude, sa créature était merveilleuse. Sa langue joua avec envie, maitrisant le baiser sans s'imposer non plus. Sa main glissa même sur une fesse pour le serrer davantage contre lui. Drago se rapprocha aussitôt, son bassin prit vie et il se frotta contre Harry, retrouvant la sensation familière du désir. C'était presque trop soudain. Il ne s'était pas attendu à ça. À tant d'adrénaline. Tout en étant délicieux. Il en voulait plus, encore, ne souhaitait pas arrêter. Il refusait de voir Voix Grave se lever et partir. Sa place était là, contre lui, ses lèvres contre les siennes.

Harry gémit férocement, sa main se glissa dans le pantalon pour masser doucement le début d'érection. Il en avait envie, tellement. Juste pour s'assurer que Drago était bien, qu'il était en vie, entre ses bras, ses doigts. Drago frémit, poussa un gémissement satisfait en sentant la main, accentuant ses mouvements comme s'il pouvait s'y enfoncer. Il dû mettre fin au baiser, parce qu'il n'arrivait pas à respirer, la respiration hachée, il colla son front à celui d'Harry, le fixant avec vénération en caressant son visage.

— Tu veux que je te touche plus ? demanda Harry en embrassant chaque morceau de peau à sa portée.

— Oui, avoua Drago avant de reprendre ses lèvres.

Comme pour s'assurer que c'était réel. Et ça l'était. C'était tellement bon, exquis. Le sourire d'Harry fut caché ainsi. La main de l'auror ouvrit le pantalon avec habilité et fit sortir l'érection pour le caresser aussitôt avec une respiration plus rauque. Il se concentrait sur lui pour oublier son désir, mordillant délicatement les lèvres de Drago. Il était si bon, si parfait. Drago s'activa dans la main chaude, douce, si parfaite et continuait de dévorer sa bouche. Oui, dévorer. C'était le bon mot. Les gouter de sa langue, les mordillant même avec une tendresse extrême, parce qu'elles étaient délicieuses. Mais il manquait quelque chose. L'une de ses mains descendit le long du torse alors qu'il trouvait, se rappelait, de ce que c'était. Sa main s'arrêta sur l'entrejambe d'Harry mais il n'osa pas ouvrir le pantalon.

— Avec toi ? finit-il par articuler avec peine.

— Tu veux ?

Il hocha la tête en effleurant la bosse sous le pantalon, se rappelant ce que c'était de le sentir contre lui. Harry gronda et finit par abandonner à regret l'érection du blond, pour ouvrir son pantalon et le descendre un peu. Il revint rapidement prendre sa bouche, puis son sexe, incapable de s'en séparer longtemps. Il vint tout de même presser son érection contre la sienne et gémit presque férocement dans la bouche de Drago. C'était tellement bon, si addictif.

Cela enflamma Drago qui se frotta contre lui, retrouvant les sensations délicieuses qui lui firent perdre la tête. Il vint ajouter sa main à celle d'Harry, les caressant pour augmenter le plaisir, ce qui fonctionna plus qu'il ne l'espérait et son souffle se perdit alors que son cœur s'emballait. Harry le remercia en l'attirant encore à sa bouche, pour jouer avec la langue, alors qu'il augmentait la cadence. Son bassin bougea à son tour, cherchant encore à entendre tous les gémissements de Drago qui le faisaient frissonner. Harry avait envie de le plaquer contre le canapé, de le lécher des pieds à la tête mais il n'était pas sûr que Drago soit encore prêt pour ça. Alors il glissa son visage dans le cou tendre et vint sucer doucement la peau. Celle-ci, sensible, électrisa tout le corps de Drago, même ses pieds se crispèrent et il amena sa main dans les cheveux d'Harry pour le remercier, le féliciter, l'encourager, il ne savait pas trop.

Il aurait voulu vénérer cette bouche. Qui lui avait d'abord fait découvrir les baisers doux et apaisants. Qui lui avait ensuite donné le plaisir le plus extrême. Qui maintenant électrisait tout son corps.

— Encore.

Harry arrêta la lutte à ce moment-là. D'un bond, il renversa Drago sur le canapé, pour venir aussitôt le recouvrir de son corps. Il continua ses cajoleries mais ainsi son bassin pouvait bouger davantage, se frottant contre Drago désespérément. Sa bouche n'avait pas quitté le cou, remontant simplement sur le lobe de l'oreille pour le lécher avec un grondement excité. Oh oui, si bon, qu'il le dévorerait, encore et encore. Il doutait d'être un jour rassasié de son corps, de sa présence.

L'initiative fut accueillie avec un grognement rauque si appréciateur que Drago aurait pu s'en étonner lui-même s'il avait eu la capacité de se concentrer, ce qui n'était pas du tout le cas. Non, à la place, il bascula la tête pour laisser l'accès de son cou à Harry et écarta les cuisses pour qu'il puisse s'y loger, inconsciemment mais trop désireux de le sentir encore plus près de lui. Harry adorait le voir offert comme ça, pour lui, uniquement pour lui. Sa bouche se glissa sur le torse, continuant de le lécher, avant de se diriger vers la hanche. Il devait séparer leurs érections mais ce n'était pas grave. Drago semblait vouloir plus de plaisir. Il posa donc sa bouche sur l'érection et la lécha sur toute la longueur. Tant pis pour son plaisir à lui, rien que de voir Drago dans cet état était déjà fabuleux.

Le corps de Drago s'arqua aussitôt. Cette bouche lui donnait l'impression que son sang se mettait à bouillir, que sa peau le brûlait, que son souffle ne trouvait plus son chemin jusqu'à ses poumons. Il ignorait comment Harry faisait ça mais c'était tellement délicieux qu'il écarta encore plus les cuisses pour lui laisser toute la place, incapable de retenir les sons indécents qui s'échappaient de ses lèvres alors qu'il se tortillait sous sa langue. Harry l'aida à relever ses jambes et une main vint l'aider à le caresser. Il fit de longs mouvements d'avant en arrière, profonds, pour laisser place à sa main alors que sa langue continuait son chemin, pour lécher d'abord ses bourses, puis son entrée avec précaution. Le corps de Drago fit un bond, se mit à trembler sous la sensation exquise.

— Encore.

Harry sourit avant de laisser sa langue pousser en avant alors que ses doigts continuaient leurs mouvements sur l'érection. Son autre main vint l'aider pour se glisser avec lenteur en même temps que sa langue afin ne pas le blesser.

C'était plus fort que toutes les fois précédentes. Drago secouait la tête, assailli par tellement de plaisir qu'il ne savait plus comment agir, réagir. Son corps se tortillait, comme pour se soustraire mais il en voulait encore en même temps. C'était tellement fort, tellement puissant, qu'il eut besoin de s'agripper au monde réel. L'une de ses mains se crispa dans les cheveux d'Harry qu'il pouvait voir entre ses cuisses, l'autre sur l'accoudoir du canapé, au-dessus de sa tête. Harry laissa d'abord entrer une phalange, puis le doigt complet, avant que sa bouche ne revienne sur l'érection pour la reprendre en bouche. Son doigt se mit doucement à bouger, cherchant un peu le point de plaisir, désireux de faire rendre les armes à Drago.

Drago s'étranglait sous les flux de plaisir puis Harry toucha une chose étrange en lui et il cria, sans même penser à se contenir. Son regard se voila tandis que son corps s'arquait, jouissant sur son ventre sans même réaliser qu'il serrait presque trop fort les cheveux d'Harry. Harry l'accompagna dans son orgasme avec quelques mouvements, avant de remonter sur le torse, puis la bouche avec un grognement appréciateur.

— Tu es magnifique, chuchota-t-il contre ses lèvres.

Drago aurait pu en pleurer. Son corps était plongé dans tellement de sensations agréables. Mais à la place, caressant les cheveux qu'il tenait toujours, il reprit les lèvres d'Harry, avec plus de douceur, plus de langueur. Harry sourit et se serra un peu plus contre lui, pour lui apporter la tendresse qu'il avait besoin. Ses mains effleuraient la peau brulante avec fascination et sa bouche continua de l'embrasser. Drago l'enlaça, effleura son dos, enroula ses jambes autour de sa taille pour être au plus près alors qu'il récupérait peu à peu ses esprits.

Harry se tortilla un peu, gêné par son érection. Sa main remonta tout de même la cuisse autour de lui avec plaisir.

— Attends, je vais chercher de quoi te nettoyer, murmura-t-il contre son oreille.

— Non, souffla Drago, la respiration encore un peu hachée, alors que l'une de ses mains descendait le long du dos puis des fesses. Toi d'abord.

— Oh.

Harry en fut étonné, avant de l'embrasser en remerciement, trouvant l'attention touchante.

— Tu m'aides ? demanda-t-il en venant prendre une main fine pour la poser sur son érection.

Les doigts s'y enroulèrent, commençant une caresse lente, sensuelle alors qu'il plongeait son regard dans celui d'Harry. Oh oui, il voulait l'aider, lui faire oublier aussi. Oublier le monde extérieur, son travail qui l'obligeait à faire du mal à d'autres, la douleur qu'il ressentait en touchant cette bague. Harry gémit et bougea le bassin, puis reprit sa bouche alors qu'il sentait déjà le plaisir noyer ses veines. Drago lui offrit ses lèvres en accélérant un peu sa main. Il aurait voulu offrir les mêmes sensations à Harry. Il souhaitait pouvoir poser ses lèvres comme il l'avait fait pour lui mais il fut incapable de l'éloigner, de le pousser alors il augmenta simplement sa cadence en léchant les lèvres contre les siennes avec indécence. Harry jouit dans cette main, le plaisir le faisant grogner férocement, alors qu'il tombait sur lui, incapable de se retenir. Drago l'accompagna, cajolant le corps frémissant, déposant des baisers plus doux sur chaque portion de peau à sa portée.

Harry mit de longues secondes à se reprendre, à retrouver sa respiration. Il finit par s'appuyer sur un coude et l'embrassa délicatement.

— Merci, dit-il avec douceur.

Drago fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi Harry le remerciait.

— C'était un délicieux moment qui me rassure. Tu es si délicieux.

Drago rougit à ce compliment, venant câliner le visage d'Harry avec douceur. Harry le cajola encore un peu, avant de se redresser pour de vrai pour aller chercher des mouchoirs. Il revint ensuite vers Drago, toujours entre ses cuisses pour le nettoyer avec précaution. Il aimait toujours autant prendre soin de lui. Le blond se laissait tranquillement faire, profitant pour admirer son Voix Grave et sa délicatesse qu'il aimait toujours autant. Harry finit par le rhabiller et le recouvrit du plaid.

— Tu devrais te reposer un peu. Tu as eu beaucoup d'émotions, dit-il en venant lui effleurer les cheveux. Lexi ne va pas tarder pour te veiller.

Drago hocha la tête en se roulant en boule sur le côté, les yeux toujours sur Harry. Harry embrassa son front et allait parler mais on toqua à la porte. Il soupira, se leva et remit convenablement ses vêtements avant d'aller ouvrir à Lexi.

— Tout va bien, s'enquit aussitôt l'infirmière en entrant. Vous n'êtes pas blessés tous les deux ?

— Non. Drago se repose pour l'instant. Tu veux bien le surveiller pendant que je retourne au travail ?

— Pas de souci, je m'occupe de lui, assura Lexi.

Harry hocha la tête et prit le temps de retourner caresser les cheveux de Drago et glisser quelques mots doux avant de partir. Lexi prit sa place auprès de Drago et elle fut rassurée de le voir avec un sourire doux flottant sur ses lèvres. Elle passa une main dans les cheveux et il ferma les yeux sous la caresse, alors qu'elle observait le visage aux joues rouges. Il aurait dû être encore terrifié par les événements mais Harry l'avait visiblement apaisé, à tel point qu'il avait même l'air de planer un peu, au point que Lexi fronça les sourcils, prise d'un doute. Elle allait poser une question mais Drago ferma les paupières et elle le laissa s'assoupir en remontant la couverture sur lui.

Harry arriva au bureau d'un pas pressé. Certes ce petit moment avec Drago lui avait fait un bien fou mais il n'oubliait pas la haine qui ne demandait qu'à s'exprimer. Il aurait dû aller voir son équipe pour savoir ce qu'ils avaient découvert, ce que les autres avaient dit mais Harry voulait tout de suite cet insecte sous sa main et de préférence en sang. Il entra donc sans attendre dans la cellule où il devait être. Harry ferma la porte, fixa l'homme attaché à la chaise, toujours blessé. Personne ne l'avait soigné et cela lui allait parfaitement. Il en rajouta même un peu en donnant un nouveau coup de poing.

— Tu as de la chance d'avoir des informations sinon je me serais occupé de toi...

— Détache-moi et je t'apprendrai à frapper correctement, provoqua le mangemort avec mépris.

— C'est parce que tu es encore attaché que je tente de me maitriser. Alors réponds. Pourquoi vous voulez le tuer à ce point ? Cela ne peut pas être que pour une histoire de vengeance.

— Qu'est-ce que ça peut te faire, vertueux Potter ? cracha le mangemort avec hargne. Tu détestais les Malefoy autant que nous, tu aurais dû l'achever toi-même. Mais tu prends peut-être ton pied, hein, à l'avoir sous ta coupe ? T'es encore plus vicieux que nous, c'est ça ?

Harry le fit basculer au sol d'un coup violent au visage. Il enchaina avec plusieurs coups dans le ventre et finit par l'entrejambe. Sa fureur semblait se démultiplier. Comment pouvait-on seulement penser qu'il fasse ça à Drago ? C'était impossible, jamais il ne lui ferait du mal et il le protégerait contre tout. Harry redressa le prisonnier gémissant et le fixa, sombre.

— Dis-moi ce que tu lui voulais. Ne m'oblige pas à sortir ma baguette.

— Finir ce que j'ai commencé. L'achever, répondit le mangemort avec un regard de défi.

Harry serra ses poings pour ne pas continuer à le frapper mais fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

— C'est un insecte, un lâche, juste bon à mourir.

— Autant de mal pour lui ? Pourquoi ne pas avoir fui ? Vous étiez nombreux. Autant pour un insecte ?

Cela lui donnait envie de mourir de penser ça de Drago mais il se ferait pardonner ce soir. Il s'excuserait platement. Il devait trouver ce qu'on voulait à sa créature. Après tout, lui aussi était animal, il devait se comporter comme eux, il ferait tout pour sauver Drago.

— Il porte la marque et nous fait honte ! Il ne doit plus exister.

— Risquer autant d'hommes pour ça ? Vous êtes désespérés ?

Harry en tout cas l'était, car il mit du temps à tirer les vers du nez au mangemort. Après les coups, il était passé aux sorts de découpes avec la baguette, puis ceux qui touchent les organes. Harry aurait aussi pu utiliser le veritaserum qui restait mais il voulait voir cette vermine au sol, ramper et regretter son acte. Cela prit donc un long moment avant qu'il ne se décide à parler. La bouche en sang, il cracha, s'étouffant presque alors qu'il tentait de se redresser, en vain.

— On s'est servi de lui, toussa le mangemort, pour le sort, pour obtenir plus de pouvoirs.

— Quel sort ? dit Harry en levant sa baguette pour qu'il puisse parler.

— Un sort, censé démultiplier notre puissance, rendre notre magie plus forte. Il fallait ... un sang pur. Un sacrifice.

— Il était tout désigné, c'est ça ?

— C'était une punition parfaite pour lui. Plus la mort est longue, lente et douloureuse, plus le sort accorde de la puissance.

— Mais nous l'avons trouvé avant.

— Cela ne change rien, si nous le tuons, cela marchera quand même.

— Comment rompre le sort ?

— C'est impossible, ricana l'autre en crachant du sang. Il faut le tuer pour l'achever.

Harry lança un nouveau sort qui lui fit cracher un peu plus.

— Comment ?

— Le tuer, Potter. Il faut le tuer.

— Non. Comment le libérer ?

— Tu ne peux pas. Sa puissance magique me reviendra un jour ou l'autre.

— Pas si je vous tue tous, dit Harry comme s'il réfléchissait déjà à cette possibilité.

— Le vertueux Potter ne va pas s'abaisser à nous tuer.

— Ce vertueux est mort. Vous l'avez tué, dit Harry en sortant de la pièce sous le rire gras du mangemort.

Harry grogna et vint voir Nate et Eva pour savoir ce qu'ils avaient tiré des leurs. Les deux aurors étaient plongés dans des ouvrages de magie et relevèrent la tête à son entrée.

— Chef. Vous avez pu le faire parler ?

— Il a parlé du sortilège sur Drago. Il faut trouver comment le libérer de ça.

— Le mien a aussi parlé d'un sort, répondit Eva. C'est ça qu'on cherchait mais il n'en savait pas plus. Quel est l'effet de ce sort ?

— Plus il souffre, plus ils ont du pouvoir. Il devait le tuer pour récupérer la puissance magique. Il reste du veritaserum ? Je ne suis pas sûr qu'il ait tout dit.

— Les fioles sur l'étagère, indiqua la jeune femme en parcourant le sommaire de son livre. Un sort pour obtenir du pouvoir alors ?

— Oui, dit Harry en venant la prendre. Une fois qu'on saura comment se débarrasser de ce sort, on pourra les remettre à la justice, bien que je pense qu'ils devraient leur arriver un accident.

— Dérapez pas, Chef, soupira Nate. On les a tous, ils paieront.

— Cela ferait tout de même gagner du temps, rumina Harry.

— Je sais, Chef mais vous valez mieux que ces vauriens, ne descendez pas à leur niveau.

Harry eut un sourire ironique. Il était en dessous de ceux-là. Ou plutôt dans une catégorie différente mais la question n'était pas là. Il avait envie maintenant de revoir Drago, de s'assurer qu'il allait bien. Il hésita presque deux minutes avant de soupirer.

— Vous pouvez vous en occuper ?

— Evan va revenir, il interrogera le dernier sous veritaserum, nous on cherchera le sort, assura Eva avec un hochement de tête.

— Parfait. Prévenez-moi si vous apprenez quelque chose.

Harry allait sortir, avant de se retourner vers eux.

— On a des nouvelles du psychomage ?

— Evan est encore là-bas mais de son dernier message, il disait qu'il s'en sortirait. Il a de lourdes contusions et a pris un gros choc sur la tête mais il sera sur pied d'ici peu.

— Peut-être qu'il changera de travail comme ça. Je fais un saut chez moi. Bon travail.

Et Harry sortit pour de bon cette fois. En rentrant chez lui, il trouva Drago endormi puisque plusieurs heures s'étaient passées. Il soupira, déçu. Il lui avait promis un superbe repas pourtant mais Lexi l'avait nourri et couché. Harry grogna un « merci » avant de la chasser. Il ne prit sa douche que pour s'assurer qu'il n'avait pas de sang sur lui, il n'aimait plus les prendre seul, puis s'enroula autour de Drago dans le lit. Il lui embrassa le front, fut rassuré enfin en sentant son odeur. Il en profita toute la nuit, de sa présence, et s'endormit un peu plus tard, toujours accroché à lui. Harry le réveilla au matin, grâce à quelques baisers, pour profiter un peu de lui avant de repartir. Juste un moment tendre.

— Bonjour toi, susurra-t-il à son oreille.

Drago gémit de satisfaction en le trouvant là à son réveil et se blottit aussitôt contre lui, déposant ses lèvres dans son cou avec douceur.

— Tout va bien ? demanda-t-il en le faisant monter sur lui.

Drago hocha aussitôt la tête en s'installant sur ses hanches, se redressant pour l'observer et venir caresser son visage et son torse avec vénération. Cela allait bien mieux depuis qu'Harry était revenu. Harry lui caressa aussi le visage, heureux de le voir plus tranquille qu'hier.

— Je suis content de te voir.

Le regard gris pétillant répondit à la place du blond et il vint embrasser le visage, déposant des baisers rapides et chatouilleux partout où il pouvait. Harry rit légèrement, avant de se redresser pour faire de même mais des coups à la porte l'interrompirent.

— Lexi est en avance, grogna Harry, avec un soupir.

Drago soupira mais finit par se déporter, se laissant tomber sur le matelas avant de rouler hors du lit pour chercher des vêtements. Harry fit de même, avant de soupirer en allant ouvrir.

— Sérieux Lexi, il est...

Mais ce n'était pas Lexi à la porte. Hermione se tenait là, les cheveux emprisonnés dans un chignon haut fait à la va-vite et déjà vêtue de sa blouse blanche.

— Bonjour, Harry.

Harry ne répondit pas tout de suite, étonné. Il leva un sourcil en passant une main dans sa barbe.

— Il y a un problème, Hermione ?

— Je peux entrer ou je ne suis pas digne de ton appartement ?

Harry roula des yeux mais la laissa entrer.

— C'est parce qu'il est beaucoup trop tôt.

— Je passe juste avant de prendre mon service, informa Hermione en entrant. Comment va Drago ?

— Il va bien. Il n'a pas été touché par l'attaque, dit Harry en croissant les bras. Cela a eu au moins le mérite qu'on les attrape tous.

— Oui, l'un de tes aurors est venu m'assurer de sa sécurité. Je pensais du coup le ramener avec moi aujourd'hui.

Le corps d'Harry se figea alors que son regard se faisait soudainement plus sombre à mesure que l'idée faisait son chemin en lui.

— Le ramener avec toi ? répéta-t-il lentement comme s'il n'y croyait pas.

— À l'hôpital. Il ne risque plus rien, il n'y a aucune raison pour que tu le gardes plus longtemps. Je pensais donc le ramener ce matin.

— Non, trancha Harry sans plus d'explications en se détournant d'elle.

— Comment ça, non ?

— Il peut rester ici. Tu devrais être satisfaite, cela fait un lit supplémentaire à l'hôpital.

Il était hors de question que Drago parte. Il ne le supporterait pas. C'était comme si tout ce que sa créature avait ramené en lui, allait disparaitre et le faire sombrer encore plus profondément qu'avant. Il ne pouvait pas laisser ça arriver. Drago était bien avec lui, sans même parler de ce sortilège qu'Harry devait défaire. Non, la place de Drago était ici, avec lui.

— Je ne suis pas satisfaite. Pourquoi veux-tu le garder ? Tu devrais être soulagé qu'il parte.

Harry grogna et jeta un œil vers la chambre.

— Je me suis fait à sa présence. Il ne me dérange pas. Tu peux repartir.

— Non, Harry, c'est mon patient et sa place est dans une chambre avec du personnel médical et quelqu'un pour l'aider.

Elle jeta un regard derrière lui, apercevant Drago qui s'appuyait au chambranle de la porte, vêtu d'un pantalon noir et d'un tee-shirt un peu trop large.

— Il est bien ici. Tu vas le perturber à l'emmener ailleurs.

— Ce n'est pas sa place, il est temps qu'il voie autre chose.

— Non. Je te dis qu'il est bien. On va dehors quelques fois. C'est très bien comme ça.

— Harry, il n'y a pas moyen que ça reste comme ça, asséna Hermione. Sois lucide une seconde.

— Je vois qu'il va mieux depuis qu'il est ici. Je suis lucide. Si tu ne veux plus que Lexi vienne, je me débrouillerai. Mais il va rester ici. Peu importe ce que tu en penses.

— Pourquoi ?

— Je viens de te le dire ! Ça suffit, Hermione !

— Non, Harry. Je suis son médecin, il est sous ma responsabilité, il part avec moi. Est-ce que tu... Tu n'as rien fait de déplacé avec lui, n'est-ce pas ?

Harry qui se tournait vers Drago pour l'attirer à lui, se figea complètement. Est-ce qu'elle aussi venait d'insinuer qu'il l'avait violé ? Comme ce mangemort ? Est-ce que maintenant tout le monde avait une telle opinion de lui ? Était-il tombé si bas ? Ses yeux verts se braquèrent sur elle, le visage lugubre.

— Je te demande pardon ?

— Tu m'as comprise, Harry. Il n'a pas toute sa tête, il est dans un état de fragilité psychique, il est influençable. Je veux savoir si tu as profité de ses pensées confuses ? C'est Drago Malefoy, ton ennemi de toujours après tout.

Les paroles firent frémir Drago. Il n'était pas certain de comprendre la question qu'elle posait à Voix Grave mais les mots « ennemi de toujours » l'amenèrent à venir enlacer Harry, cachant son visage dans son torse, comme s'il avait soudain peur de le perdre. Le bras s'enroula autour de Drago dans un réflexe de protection.

— Tu trouves qu'il ressemble encore à celui qu'on connaissait ? cracha Harry, furieux. Arrête de me prendre pour un malade. Je ne lui fais rien de mal. Je ne lui impose rien. Alors nous faisons ce que nous voulons, c'est clair ?

Il savait qu'il n'aurait pas dû succomber à l'appel du corps de Drago mais il n'avait rien fait de mal pour autant. Enfin, il l'espérait. Il ne l'avait forcé à rien, c'est Drago qui avait voulu le toucher. Il ne l'aurait jamais obligé. Il ne voulait que son bonheur et son sourire.

— Il est impressionnable, Harry. C'est à peine s'il se sent humain, s'agaça Hermione. Il ne te voit même pas pour qui tu es et tu le saurais si tu avais parlé avec Robinson au lieu de lui sauter à la gorge.

— Et qui je suis, je te prie ?

— Il t'appelle Voix Grave, répondit Hermione en fixant Drago qui leva les yeux vers elle.

— Et je n'aime pas l'appeler Drago. En quoi c'est un problème ?

— Si tu ne vois même pas en quoi c'est un problème, c'est encore plus grave que ce que je croyais, rétorqua Hermione avec colère. Il doit redevenir lui-même, Harry, récupérer sa confiance, une vie. Ce n'est pas ton animal de compagnie !

— Je sais parfaitement qu'il n'est pas à moi ! Mais qu'est-ce que tu voulais que je fasse au juste ? Tu n'as qu'à lui demander ce qu'il veut !

Harry était tendu à l'extrême, il espérait vraiment que Drago serait d'accord avec lui, qu'il resterait avec lui. Il n'était pas sûr de supporter son absence, il s'en rendait compte maintenant. Drago était essentiel à sa vie. S'il partait, il allait sombrer. Pour de bon et définitivement.

— Tu es devenu son repère, cela se voit, coupa Hermione alors que Drago ouvrait la bouche. Il n'est pas bon d'encourager cette dépendance.

— Je veux rester, articula Drago d'une voix rauque. Pas partir.

— Hermione, je ne lui fais rien de mal et tu le sais, gronda Harry en resserrant sa prise sur le corps contre lui.

— Ce n'est pas question de faire du mal, Harry. Il doit redevenir indépendant et se soigner. Tu dois redevenir Harry Potter pour lui. Il doit comprendre qu'il est Drago Malefoy, pas juste ton petit animal.

— Arrête de dire ça, soupira Harry.

Pourtant les mots faisaient son chemin dans sa tête. Il avait toujours voulu le bien de Drago, peu importait ses propres envies. Alors, est-ce qu'il devait le garder près de lui, juste parce qu'il ne pouvait plus se passer de lui ? Est-ce qu'il devait être horrible à ce point-là ? Et si Drago était mieux là-bas ?

— Cela serait pour aller où ? murmura-t-il en serrant un peu plus contre Drago.

— Dans le service spécialisé pour les grands traumatisés, celui qu'on a créé après la guerre.

C'était un bâtiment aménagé exprès pour les gens perturbés, c'était calme et le personnel était compétent. Mais Harry refusait l'idée, il n'aimait pas ça. Pourtant, il pensa à l'idée et il se détestait pour ça.

— Tu t'occuperas de lui personnellement ?

— Lexi et moi, on veillera sur lui.

— Je n'aime pas du tout l'idée !

— Tu pourras venir le voir. Il faudra que tu viennes le voir.

Harry grogna et se tourna vers Drago pour le regarder.

— Je viendrai tous les jours, commença-t-il calmement. Lexi sera encore là avec toi.

Mais Drago secoua la tête, incapable de croire que Voix Grave allait le laisser partir. Harry lui prit le visage pour qu'il le regarde.

— Je viendrai tous les jours, répéta-t-il. Et c'est juste le temps que tu ailles mieux, ajouta-t-il en lui embrassant le front.

Drago se décomposa. Voix grave ne voulait plus de lui. Cette idée anéantit tout en lui. Il n'allait pas le garder contre lui.

— Viens Drago, murmura Hermione en posant la main sur son bras. Lexi a récupéré tes dessins et elle t'attend.

Mais le regard gris fixait Harry.

— Si je pouvais, tu resterais là, affirma Harry. Mais je ne te bloquerai pas dans ta guérison. Tu vas aller là-bas, tu vas être sage et tu vas guérir très rapidement. On pourra se revoir.

— Je préfère rester là.

— Drago, nous devons y aller, c'est pour ton bien.

— Je peux l'appeler Harry, souffla soudain Drago comme si ça allait la convaincre. Ça ne me dérange pas. Je peux l'appeler Harry.

Le brun ferma brusquement les yeux. C'était trop dur de le voir comme ça, de l'entendre. Il était sûr : sans lui, il allait mourir. Pourtant il le repoussa vers Hermione, les yeux au sol.

— Vas-y. Cela ira mieux après.

— Non, gémit Drago anéanti.

— Viens, murmura Hermione qui s'était radoucie.

Elle l'attira contre elle et Drago ne put que se laisser faire, comme toujours. Elle le serra contre elle et il ne put que regarder Harry qui l'abandonnait. Hermione ne perdit pas de temps puisqu'elle souffla un « à bientôt » à Harry, leur fit franchir la porte et transplana.

Harry regarda le battant se refermer et se fut comme si sa vie était finie une deuxième fois. Il hurla de désespoir. Sa magie même sortit en une puissante onde destructrice et il finit par jeter au sol les quelques meubles qu'il avait. Il n'était plus là. Sa merveilleuse créature, il l'avait abandonnée. Il se détestait encore plus en se rappelant son regard en partant. Il voulait le suivre, le rassurer, lui dire qu'il serait toujours là. Mais non, il était toxique, c'était ce que tout le monde semblait penser, alors il l'avait laissé mais c'était la chose la plus dure qu'il eut à faire. Abandonner sa lumière. Il était seul, dans le noir. Encore. Et il avait envie de mourir. Alors sans plus réfléchir, il sortir de chez lui et arriva dans son bureau pour entrer dans la première cellule où se trouvaient un des mangemorts.

Cela serait parfait pour évacuer sa rage, son mal. Tant pis s'il se faisait suspendre ou quoi que ce soit. Il ne pouvait pas rester chez lui à regarder chaque endroit où Drago et lui vivait. C'était trop dur, déchirant. Alors il devait utiliser ça pour autre chose. Il allait passer la journée à ça, peut-être la nuit, tout pour tenir jusqu'à demain et le retrouver. Retrouver sa magnifique créature et se prosterner à ses pieds pour se faire pardonner.


Vous croyez que cela allait être réglé comme ça ? :D

Love sur vous 3