- Hello, ici Shade !
- Et Kay, bonjour à vous.
-Et toujours et encore, notre superbe Serpenta qui protège vos jolis yeux :D Merci à elle :D
-Et bien sûr, le trio gagnant ne vient jamais sans un ... nouveau chapitre :D
-Elle est pas belle la vie :D Allez on vous souhaite une bonne lecture.
- On vous dit à dans quinze jours et pleins de bisous.
-Et Love sur vous 3
Chapitre 14.
Cette fois, Harry avait opté pour un grand lac, avec un ponton, perdu dans la forêt. Le soleil était haut, le vent frais mais l'eau était tout aussi belle qu'à la plage.
— On sera plus tranquille. Le week-end la plage est prise d'assaut par les familles, expliqua-il. Cela te plait ou tu veux essayer ailleurs ?
— Non, c'est bien ici, souffla Drago en baladant son regard sur l'étendue d'eau.
— On peut se baigner, assura Harry en se dirigeant doucement vers la plate-forme de bois.
— Oui, c'est encore mieux que la mer.
— Oui, on ne devrait pas avoir du sable partout en rentrant, rit légèrement Harry.
Drago retrouva son sourire et ôta son tee-shirt en arrivant au bout du ponton, avant de faire suivre le pantalon. Voix Grave avait toujours l'art d'éloigner tous les soucis, toutes ses pensées, quelles qu'elles soient. Il ne laissait rien d'autre en lui que ce sentiment rassurant, réconfortant. Harry fit de même et s'assit au bord de l'eau pour tremper ses pieds.
— Elle est bien plus froide. Fais attention, je ne sais pas si tu as pied, dit-il en offrant son visage au soleil.
Drago vint s'asseoir près de lui et glissa sa main dans la sienne, imitant sa position.
— Merci d'être toi, Harry, murmura Drago.
— Allons bon, s'amusa-t-il en le rapprochant pour le coller à lui. Cela me fait toujours bizarre quand tu m'appelles Harry.
— À moi aussi, avoua Drago avec un sourire. Le docteur a dit que ce serait une bonne idée, des tas de fois. Mais je peux arrêter.
— Non, si le médecin dit que c'est bien, soupira Harry. C'est juste que j'ai l'impression que tu t'adresses à celui que j'étais avant. Pas au moi de maintenant.
— Il dit que ça m'oblige à te voir comme un humain, révéla Drago. Mais je ne m'adresse pas au toi d'avant. Il ... Je, rectifia le blond. Je t'appelais Potter, tu te souviens ? Pas Harry.
— C'était plus un Potteeeeer, tenta Harry tout sourire, dans une vague imitation un peu sifflante.
— Je ne pourrai plus jamais t'appeler comme ça, assura le blond en serrant sa main.
— Je sais, c'est très bien comme ça.
— Alors Harry ça te va ?
— N'importe quoi me va venant de toi.
Drago eut un sourire, vint embrasser sa joue avant de se laisser glisser dans l'eau. Il y plongea avant de remonter et de venir se faufiler entre les jambes d'Harry, ses mains s'agrippant à ses genoux. Harry vint repousser ses cheveux en arrière avec une mine tendre pour ensuite se pencher et déposer un tendre baiser sur ses lèvres.
— J'aime vraiment ton sourire.
Cela en amena un plus grand sur les lèvres de Drago qui se hissa pour l'embrasser à son tour, plus délicatement.
— Arrête de faire ton gamin, bordel ! Ça suffit maintenant ! hurla soudainement un rouquin marbré de cicatrices sur le visage.
Il portait une veste de cuir sur le dos et tirait un autre roux dans son sillage.
— Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas le voir, Charlie, gronda l'autre avec un air renfermé.
— J'en ai rien à foutre de ce que tu veux ou non Ron ! Cette situation a beaucoup trop duré. Alors tu vas aller le voir et lui parler !
— Pour lui dire quoi ? Il a tué notre sœur !
— Tu sais que ce n'est pas lui ! Arrête un peu et ouvre les yeux !
— Il n'y a que toi pour ne pas lui en vouloir ! C'est de sa faute, c'est pareil.
— J'en ai marre de te voir malheureux sans lui, alors tu vas rester ici et parler, décida Charlie avant de toquer à la porte d'un appartement.
— Je suis malheureux parce que Ginny est morte, cracha Ron en cherchant à se dégager.
— Et lui aussi il l'est !
La porte finit par s'ouvrir sur un Harry étonné, baguette à la main pour baisser les protections.
— Qu'est-ce que...
— Ron veut te parler, dit aussitôt Charlie en poussant son frère en avant.
Le concerné se redressa, refusant d'engueuler son frère devant Harry et il réajusta sa veste avant de se tourner vers le brun. Dès qu'il posa son regard sur lui, une bouffée de haine et de rage féroce l'envahit. Harry sentit tous ses souvenirs lui sauter à la gorge et il posa sa main sur la bague autour de son cou, l'alliance de Ginny, sur le tee-shirt qu'il venait de passer. Il ne comprenait pas ce que les deux Weasley faisaient devant chez lui, là, comme ça, d'un coup, mais c'était comme un choc au cœur. Et il avait la soudaine impression d'avoir trahi Ginny avec Drago. De l'avoir oubliée. De ne pas avoir respecté sa mémoire, sa volonté. Et son air coupable se peignit aussitôt sur ses traits.
— Ron...
— Ouais Ron, cracha celui-ci avec hargne. L'ex-meilleur ami dont tu as tué la sœur. Je suis ravi que tu te souviennes de moi, vraiment !
L'éclat de voix fit reculer Harry qui ne s'y attendait pas, avant qu'il ne fronce les sourcils.
— Je suis venu te parler, dit-il. J'ai essayé.
Il avait tenté pendant longtemps de s'excuser, de chercher le pardon.
— Pour me dire quoi ? Pardon de l'avoir assassinée ? Je n'ai pas besoin d'entendre des conneries pareilles.
— Ron, je ne voulais pas ça...
— Mais c'est ce que tu as fait ! rugit Ron avant de se figer.
Drago se trouvait à quelques pas derrière Harry, hésitant visiblement à s'avancer à cause des cris et de la rage qui s'entendait. Charlie fronça aussi les sourcils, indécis.
— On te dérange ? demanda-t-il incertain de la réaction de son frère.
— Non, il vit ici, dit Harry en baissant la tête.
— Tu vis avec Malefoy ?
Le cri, la rage et le nom firent sursauter Drago qui recula d'un pas en fixant Ron Weasley dont le visage était rendu rouge par la colère.
— Qu'est-ce que cela peut te faire ? grogna Harry sans le regarder, incapable de supporter ses yeux sur lui.
— Tu as tué ma sœur et tu l'as remplacée par Malefoy, s'étrangla Ron.
— Non ! s'affola aussitôt Harry en se redressant. Cela n'a rien à voir ! Je... Je...
Harry ne savait même pas l'expliquer. Peut-être que Ron avait raison. Il avait encore trahi Ginny. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ?
— Alors pourquoi il est là ? C'est Ginny qui devrait être là, chez toi ! s'emporta Ron en faisant un pas furieux vers lui. C'est Ginny qui devrait ouvrir cette foutue porte ! C'est elle qui devrait être avec toi !
Il débordait de rage, de fureur, ne se rendait même pas compte de ce qu'il disait, encore perdu dans la douleur de la perte de sa sœur. C'était comme s'il venait d'ouvrir une vanne et le flot ne pouvait plus s'arrêter de couler.
— Tu crois que je ne le sais pas ! hurla Harry à son tour. J'aurais tout donné pour être à sa place ! Pour subir les tortures et l'entendre encore rire, pour la voir sourire !
— Mais tu ne l'as pas fait. Tu l'as abandonnée !
— Je n'ai pas été assez rapide...
— Les gars, ce n'est pas la solution, soupira Charlie.
— Tu voulais qu'on parle ! rugit Ron en lui jetant un regard furieux. Il a tué notre sœur ! Il n'a pas été assez rapide, c'est ça son excuse.
— Arrêtez, intervint la voix hésitante de Drago qui venait de poser sa main dans le bas du dos d'Harry.
Cela sembla faire s'étouffer Ron de fureur. Harry se plaça immédiatement entre eux dans un signe de défense. Il ne voulait pas regarder Drago de peur de se sentir encore plus coupable. Pour Ginny, pour Drago, pour Ron, il ne savait plus. Mais s'il regardait Drago, il savait que les choses ne seraient pas bonnes.
— Il n'a rien à voir là-dedans, trancha-t-il fermement.
— Tu le protèges, s'étrangla Ron. Tu protèges un ennemi, un mangemort, alors que tu as laissé tomber ma sœur.
— Ce n'est pas un mangemort. Arrête ça tout de suite ! déclara Harry en se redressant de toute sa hauteur.
— C'est vrai qu'il n'a rien à voir là-dedans, indiqua Charlie en croisant les bras.
— Qu'il tende le bras alors, rugit Ron. Bon sang, je n'arrive pas à croire que tu héberges et protèges un mangemort. Ils ont tué ma sœur, il ne vaut pas plus que cette vermine ! N'avais-tu pas juré de tous les tuer ?
Harry poussa soudainement Ron pour le faire reculer en le voyant menacer Drago.
— Je les ai tous tué ! Ceux de Ginny et je continue encore à les traquer. J'ai monté une équipe pour ça. Qu'est-ce que tu veux de plus ?!
Ron n'attendit même pas la fin de la phrase. Dès qu'Harry le poussa, il se jeta sur lui, lui collant un crochet du droit violent alors qu'il le renversait au sol sous son poids et son élan.
— Harry, gémit Drago sans oser intervenir.
Mais Harry le repoussa, sans pour autant parer ses coups, parce qu'il savait qu'il les méritait. Ron frappa encore, avec une fureur qu'il ne pouvait contenir.
— C'est ta faute, rugit-il.
— Ron, s'agaça Charlie en essayant de l'arrêter avant de se prendre un coup.
— Je sais que c'est ma faute ! hurla Harry en tentant de se relever. Je serais mort cent fois à sa place pour qu'elle soit encore là !
— Mais tu es là et pas elle !
Il le recoucha d'un uppercut à la mâchoire, installé en travers de ses hanches pour l'empêcher de se mettre debout. Harry finit par rester au sol, le nez en sang et ne bougea plus. Les larmes coulèrent sur ses joues. Pas à cause de la douleur mais pour Ginny. Ginny qui lui manquait toujours, qui n'était pas là. Ron continua mais ses coups perdaient en force alors que ses yeux devenaient étrangement humides.
— Arrête, gémit Drago en s'agenouillant près de lui.
Mais Ron ne semblait pas l'entendre, continuant faiblement à frapper Harry.
— C'est ta faute.
— Je sais, répondit simplement Harry toujours figé.
Charlie finit par poser sa main sur l'épaule de Drago en lui faisant signe de les laisser faire. Ils devaient percer l'abcès.
— Pourquoi tu ne l'as pas sauvée ?
— Je voulais, je voulais si fort. Je n'ai pas réussi... Pardon.
Ron s'immobilisa soudain, les bras retombant autour de lui, les yeux fixés sur le visage en sang d'Harry, qu'il avait lui-même abîmé. Ses yeux étaient emplis de larmes qui ne coulaient pas. Sa fureur sembla s'éteindre et après de longues minutes, il se releva sans un mot.
— Je suis désolé, répéta Harry au sol, sans bouger. J'ai essayé. Mais je n'ai pas réussi.
— La ferme, souffla Ron en amenant son bras devant ses yeux pour ne plus le voir.
— J'ai tout donné pour la retrouver à temps. J'ai écouté ses cris au téléphone pendant qu'ils la torturaient. Encore et encore. Et je n'allais pas assez vite, grogna Harry en s'étouffant presque dans ses pleurs.
— Harry, gémit Drago.
Il était anéanti de le voir dans cet état mais Charlie ne le lâchait pas, ne le laissait pas s'approcher.
— Ferme-là, geignit Ron. Elle est morte à cause de toi.
Ron s'accrochait à cette idée. Parce que sa rage le maintenait debout. Il ne savait pas comment gérer s'il n'avait plus de coupable à haïr.
— Je les ai tués, j'en ai même torturé certains mais cela n'a pas suffi. Elle n'est pas revenue.
— Elle ne peut pas, elle est morte, répéta Ron dont le ton se teintait de désespoir.
— J'ai tenté des sorts pour la ramener mais cela n'a servi à rien. Pardon.
— Arrête de t'excuser, cria Ron en se tournant vers lui.
— Je ne peux plus faire que ça, geignit Harry. Je ne sais plus quoi faire d'autre.
— Tu devais la protéger, souffla Ron, à bout de souffle. J'avais confiance en toi.
Il fixait à ses pieds l'homme au moins aussi anéanti que lui. Pas à cause du visage en sang. Mais Harry était dans le même état que lui, il le voyait à présent. Il s'en voulait, il était désespéré. Il ne s'en remettait pas.
— C'est tout ce que je voulais aussi. Pardon, pardon, pardon.
Harry se cacha dans ses mains, honteux, de devoir tout avouer, de devoir tout dire ainsi. Mais c'était la vérité. Il ne pouvait que s'excuser maintenant. Ron le regarda, si pitoyable, si perdu et sa fureur disparut, le laissant anéanti.
— J'ai besoin de te détester, avoua Ron.
Pourtant ce n'était plus de la haine en lui. Il essaya de la faire revenir mais il en eut un haut le cœur.
— Je sais. J'en ai besoin aussi, gémit Harry en rouvrant les yeux.
— Ils sont tous morts ?
— Tous ceux de ce soir-là. Je le jure. Dans la journée suivante.
— Comment peux-tu en être si sûr ?
— Parce que j'ai tué tous ceux qui étaient là. Et j'ai marqué ceux qui se sont enfuis pour les retrouver après.
Ron garda le silence, ramena son regard sur Harry et ses épaules s'affaissèrent. Puis, sans un autre mot, il tourna les talons pour s'en aller. Harry soupira, incertain et s'assit doucement.
— Tu devrais peut-être le suivre, dit-il à Charlie. Il serait capable de faire une connerie.
— Autre que démonter la face de son meilleur ami ?
— Tu sais que ce n'est plus le cas depuis longtemps.
— Non, c'est juste que vous l'avez oublié. Cette mascarade doit cesser. Ma sœur n'aurait pas voulu ça, dit-il avant de partir.
— Harry, gémit Drago.
Dès que Charlie l'eut lâché, il se laissa tomber à genou près du brun mais ses mains restèrent levées près du visage qu'il n'osait pas toucher de peur de le blesser davantage.
— Tout va bien, assura Harry en tentant d'essuyer ses yeux. C'est juste un peu de sang.
— Tu es blessé, souffla Drago, paniqué. Ça ne va pas du tout.
— Je le méritais. Il en avait le droit. Ça va aller.
— Dis-moi quoi faire pour te soigner.
— Ferme déjà la porte. Je vais remettre les protections.
Drago hésita mais finit par se relever pour s'exécuter, revenant aussitôt près d'Harry, visiblement inquiet.
— Aide-moi à aller jusqu'à la salle de bain. Je m'occuperai du reste, dit Harry avant de se lever.
Drago vint le soutenir, glissant un bras autour de sa taille, marchant à ses côtés. Harry soupira, tentant de maintenir l'écoulement de son nez et finit par grogner en s'arrêtant contre l'évier. Il jeta un vague regard à la glace devant lui et son état était si pathétique qu'il préféra s'en détourner aussitôt. Il voulut enlever son tee-shirt pour prendre une douche. Cela lui ferait du bien. Il voulait chasser tous les souvenirs que l'arrivée de Ron avait ramenés.
Comprenant son intention, Drago l'aida à se déshabiller avant d'aller allumer l'eau. Harry se glissa doucement dans la baignoire, se mit sous le jet et finit par se laisser aller au fond, pour se cacher ensuite dans ses bras. Bordel, qu'est-ce qu'il faisait là ? Avec Drago ? Sans personne ? Pourquoi est-ce qu'il n'avait pas arrêté tout ça ? Et rejoint Ginny ? Il était donc si peureux que ça ? Qu'est-ce qu'il faisait là ?
— Tu veux en parler ? demanda Drago.
Il s'était agenouillé à côté de la baignoire et orientait l'eau, pour le rincer avant de commencer à le laver avec toute la douceur possible.
— Je... Tu devrais peut-être appeler Lexi pour la journée. Je... Je ne vais pas être de bonne compagnie aujourd'hui.
— Ce n'est pas grave. Je peux simplement rester là, en silence si tu veux.
Harry hocha lentement la tête et se dissimula dans son bras avec un gémissement plaintif.
— Tu te souviens de Ginny ? demanda-t-il lentement.
— Oui.
— Quel souvenir tu as d'elle ?
— Elle était à Poudlard, elle était à Gryffondor, elle jouait au Quidditch, elle t'aimait beaucoup, résuma Drago en continuant de le laver avec précaution.
— Elle m'impressionnait tellement à cette époque, sourit tristement Harry.
— Parce que tu étais amoureux d'elle, comprit Drago en passant aux cheveux bruns.
— Aussi. Mais par son caractère, sa beauté aussi. Elle me manque tellement...
Drago ne répondit rien, continuant de le savonner avec tendresse, le cœur serré. Il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait pas rendre Ginny à Harry. Pourtant, s'il l'avait pu, il aurait cédé sa place. Juste pour rendre le sourire à son Voix Grave. Harry s'enroula autour de lui-même, venant poser sa tête contre le montant de la baignoire.
— Ron a raison, tout est de ma faute...
— Tu l'aimais, tu n'aurais pas pu lui faire du mal.
— Mais c'est parce qu'on allait se marier ensemble qu'ils ont fait ça.
— Le docteur me dit souvent qu'on ne peut plus changer les choses, il faut apprendre à se pardonner et à faire avec.
— Je ne veux pas faire avec...
— Pourquoi ?
— Parce que cela voudrait dire l'oublier.
— Ah bon ? Mais tu ne peux pas l'oublier, c'est impossible.
Harry ne fit qu'hausser les épaules et arrêta simplement de bouger. La main enroulée sur la bague autour de son cou et il resta comme ça. Sans bouger, sans parler, sans penser. Drago acheva de le laver et après un très long silence, il se retrouva perdu, incapable de savoir quoi faire.
— Harry, tu dois sortir, finit-il par dire.
Les yeux verts et vides se levèrent vers lui et Harry hocha la tête. Amorphe. Il se mit debout et sortit de la salle de bain sans même se sécher. Il se jeta dans le lit et ne bougea plus. Drago soupira et vint essuyer doucement son corps avant de le recouvrir d'une couverture fine et de s'asseoir sur le matelas, le fixant, perdu. Mais Harry ne bougea pas davantage, ne se soigna pas, ne dormit pas, il resta simplement là. Drago fut complètement impuissant et il jeta un regard à l'extérieur. Il faisait nuit. Il savait que Lexi devait venir le voir le lendemain. Elle venait souvent, parce que Drago était attaché à elle et l'aimait beaucoup. Alors il pensa à lui demander de l'aide mais elle ne serait là qu'à la mi-journée.
Drago soupira et finit par se glisser sous la couverture avec Harry, se blottissant contre lui en le caressant tendrement. Harry passa un bras autour de lui par reflexe mais ce fut ses seuls mouvements, jusqu'à ce qu'il finisse, dans la nuit, par s'endormir sans s'en apercevoir. Drago lui ne dormit pas cette nuit-là, trop occupé à le veiller, trop inquiet. Il le regarda dormir, cajola son visage et quand l'aube se leva, il tenta d'aller préparer le petit-déjeuner. Il se fit mal plusieurs fois, se brulant avec le café, se coinçant les doigts dans la porte du frigo mais il finit par amener tant bien que mal un plateau avec toutes les sortes de sucreries qu'il avait pu trouver dans les placards. Il le posa sur le matelas et y grimpa pour réveiller Harry, serrant son épaule.
— Harry, tu dois manger, souffla-il doucement.
— Je n'ai pas faim, soupira Harry.
— Mais tu n'as déjà pas mangé hier soir.
— Toi, mange.
— J'ai déjà mangé un peu, c'est pour toi. Je t'ai même fait ton café.
Cela déclencha aussitôt un sanglot guttural chez Harry qui se cacha dans son oreiller car la dernière personne à lui avoir fait son café, c'était Ginny. Est-ce qu'il avait vraiment remplacé Ginny par Drago ? Était-il si horrible ?
— Harry, paniqua Drago en étreignant ses épaules tremblotantes.
— J'aurais dû mourir à sa place. Cela aurait été bien plus facile.
— Non, Harry, ne dis pas ça, gémit Drago.
Mais Harry ne fit que se cacher dans ses bras pour oublier tout ça, le reste du monde. Ron avait tout cassé de nouveau, ses maigres efforts pour retrouver un peu de vie. Il était redevenu une coquille vide. Juste du désespoir. Drago le caressa, se blottit contre lui mais fut incapable de le faire réagir. Lorsqu'on frappa à la porte, des larmes roulaient sur ses joues et il se précipita pour aller ouvrir, trouvant Lexi avec soulagement. Cette dernière perdit tout sourire en voyant les cernes, la pâleur et les pleurs de Drago. Elle put entrer grâce aux protections qui l'acceptaient et prit ses épaules avec inquiétude.
— C'est Harry, gémit Drago. Je ne sais pas quoi faire.
— Où est-il ?
Il prit sa main et l'entraîna vers la chambre, montrant le lit où Harry gisait, enroulé dans la couverture. Lexi se précipita vers lui et posa une main sur sa tête, inquiète.
— Harry ?
— Laisse-moi. Prends-le. Je ne le mérite pas, dit Harry en se recroquevillant.
— Quoi ? Harry, qu'est ce qui s'est passé ?
— Ron a raison. Mets Drago en sécurité. S'il te plait.
— Ron ?
— Il est passé, avec Charlie, précisa Drago en essuyant ses joues. Ils se sont battus. À cause de Ginny.
— Harry, souffla Lexi en serrant son épaule. Ce n'était pas ta faute.
— Laisse-moi, gémit Harry en se cachant sous la couverture. Je suis qu'un connard.
— Tu n'as rien d'un connard. Regarde tout ce que tu as fait pour Drago. Tu prends tellement soin de lui.
— Et tout le monde a cru que je le violais. Ça se trouve, je veux remplacer Ginny.
— Harry, ça n'a rien à voir. On ne t'a jamais accusé de viol et tu as le droit d'avoir quelqu'un, ça ne veut pas dire que tu l'oublies ou que tu la remplaces.
— Tu n'en sais rien. Tu ne la connaissais même pas. Laisse-moi !
— Je n'ai pas besoin de la connaître pour savoir que tu n'es pas un connard, insista Lexi.
— Je ne l'ai pas sauvée... J'aurais pu. J'aurais dû.
— Tu as essayé. Tu n'es pas dieu Harry. Tu ne pouvais pas sauver tout le monde.
— Pourquoi il m'en veut alors ?
— Ron est en deuil. Il finira par te pardonner. C'est juste qu'il a du mal à accepter. C'est plus facile d'être en colère que de pleurer.
— Ils sont tous d'accord avec lui.
— Tous ? Il est venu avec Charlie, non ?
Harry grogna et se détourna d'elle pour retourner sous la couette.
— Arrête ça. Je ne veux pas être réconforté.
— Parce que c'est plus facile pour toi de t'en vouloir, comme pour Ron.
— Et alors ? Qu'est-ce que ça change ?
— Tu t'empêches d'avancer, de passer à autre chose. Mais Harry, même si je ne la connaissais pas, je ne pense pas qu'elle aurait souhaité ça pour toi.
— Ne parle pas à sa place, gronda Harry en se redressant enfin pour la fixer de ses yeux fatigués et humides.
— Elle n'est plus là pour t'engueuler quand tu déconnes, il va bien falloir que quelqu'un le fasse. Harry, il est temps que tu passes à autre chose, tu n'es plus tout seul.
Harry allait répondre quand il tomba sur Drago derrière Lexi. Le blond était assis sur le matelas, vouté, les yeux humides, le visage très pâle, le regard inquiet et paniqué posé sur Harry.
— Ginny n'est plus là mais Drago a besoin de toi, reprit Lexi avec douceur. Peut-être qu'il serait temps que tu laisses le passé derrière toi pour te concentrer sur le présent.
Harry faillit tendre la main pour réconforter Drago mais les mots de Ron lui revinrent en mémoire. Il ne voulait pas remplacer Ginny. Il ne voulait pas faire de mal à Drago. Il ne savait même pas quoi faire.
— Tu te fais tellement de mal, soupira Lexi avant de se lever. Veux-tu que j'appelle Hermione ? Ou quelqu'un d'autre ?
Harry hésita et soupira soudainement avant de revenir vers Drago.
— Qu'est-ce que je devrais faire ? lui demanda-t-il.
— Ce que tu veux, répondit Drago en osant enfin s'approcher. Tant que ça te rend heureux. Il faut que tu fasses ce qui te rend ton sourire.
Mais Harry n'en savait rien. Il ne savait plus, il était perdu.
— Tu veux qu'on s'en aille ? finit par interroger Drago qui avait frémi quand Harry avait demandé à Lexi de l'emmener. Cela irait mieux ?
— Non. Je...
Il regarda Drago et son regard tomba sur les yeux si tristes, son cœur se crispa.
— Est-ce que... Est-ce que tu crois que l'autre pourrait me voir ?
— Tu parles de l'obs... du docteur ? Bien sûr que tu peux. Il peut, hein ? ajouta Drago en se tournant vers Lexi.
— Oui, bien sûr.
— Maintenant ?
— Tu veux y aller tout de suite ? s'étonna Lexi. Je peux essayer de le joindre, voir s'il peut.
— Je... J'ai peur de faire quelque chose que je pourrais regretter.
— Comme quoi ?
Harry haussa une épaule. Faire du mal à Drago. Ou à lui. N'importe quoi pour arrêter cette douleur en lui qui serpentait en lui pour l'étouffer.
— Je vais le joindre, Harry. Tu verras avec lui. Tu veilles sur lui, Drago ?
Le blond hocha la tête en s'approchant d'Harry, venant caresser son visage alors que Lexi se relevait pour s'éloigner. Harry se laissa faire mais évita de croiser les yeux de Drago, de peur de dire quelque chose qui le blesserait. Drago le câlina longuement, comme pour le réconforter jusqu'à ce que Lexi revienne dans la pièce.
— Il peut te voir dans une heure si tu veux. Je peux rester avec Drago, comme prévu.
Harry hocha la tête mais ne bougea pas plus. Il ne chercha pas à se lever pour s'habiller ou quoi que ce soit. Il attendit encore une fois. Lexi soupira mais se tourna vers Drago.
— On va lire ? proposa-t-elle.
— Quand Harry sera parti.
Elle observa le blond et eut un sourire triste avant de se relever.
— Je vais nous préparer quelque chose en attendant alors, souffla-t-elle avant de quitter la pièce.
— Va avec elle, dit platement Harry.
— Non, je préfère rester avec toi, souffla Drago qui continuait de caresser ses cheveux.
Harry gémit mais finit par simplement s'enrouler dans la couverture.
— Pardon.
— Ce n'est rien, assura Drago qui continuait à démêler ses cheveux avec tendresse. Ne t'occupe pas de moi, fais-en sorte d'aller mieux.
— C'est censé être le contraire. Même ça, je n'y arrive pas.
— Si, je vais mieux grâce à toi.
Harry ne fit qu'hocher la tête avant de la recouvrir de la couverture. Drago sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu'il était privé de lui, se sentant rejeté alors qu'il ne pouvait plus le caresser. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant. À cet instant, la seule chose qu'il souhaitait, c'était être normal pour être capable de soutenir Harry, de l'aider à surpasser cette épreuve. Mais non, il était encore cassé, abîmé par ce qu'on avait fait de lui. Ce lambeau de chair souffrant qui peinait à redevenir humain. Alors il resta là, assis en tailleur, à observer la silhouette d'Harry cachée par le tissu, hors d'atteinte. Cela dura un moment, jusqu'à ce que Lexi revienne et ne les observe en refoulant sa tristesse.
— Harry, ça va être l'heure si tu ne veux pas être en retard.
Le brun ne fit que se redresser et fronça les sourcils, ne sachant pas quoi faire. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler de s'habiller et se leva donc pour aller vers l'armoire, traversant nu la pièce sans même y penser. Il fallait juste un tee-shirt et un pantalon. Drago le suivit des yeux, incapable de détacher son regard du brun. Lexi vint près de lui, il sentait ses prunelles qui le détaillaient mais elle ne l'appela pas, sachant que ça ne servirait à rien tant qu'Harry serait là.
Harry passa ses vêtements et se détourna pour sortir, sa baguette à la main. Il passa juste par reflexe une main sur Drago et sortit sans un mot. Ce dernier se leva pour le regarder partir et soupira en voyant la porte claquer derrière le brun. Il s'appuya alors contre le chambranle, la poitrine enserrée dans un étau insupportable. Il ne pouvait rien faire pour son Voix Grave. Parce que, lui, il n'était pas normal, trop abîmé. Parce qu'il n'avait jamais parlé de ce qu'il avait subi au docteur qui insistait pourtant. Parce qu'il était incapable d'avancer. Parce qu'il se laissait simplement porter par Harry. Mais Harry ne pouvait plus le tenir debout aujourd'hui. Et Drago, lui, n'était pas assez fort, pas assez humain pour pouvoir le soutenir. Il était minable. Une vraie larve. Quand Lexi arriva devant lui et lui ouvrit les bras, il s'y blottit.
— Je ne peux pas l'aider, gémit-il avec désespoir.
— Drago, souffla Lexi en caressant ses longs cheveux blonds. Il ira bien.
— Non. Je veux être normal, pour pouvoir le soutenir. Je veux l'aider.
— Viens.
Lexi l'entraîna vers la table et l'installa devant une assiette avant de simplement se mettre à parler. Parce que Drago voulait guérir. Que ce soit pour Harry ou pour lui n'avait pas grande importance. S'il voulait aller mieux, retrouver une vie normale, elle ferait tout pour l'aider.
Alors, cela vous plait la petite réunion avec Ron? :D
Love sur vous :3
