Je crois qu'on aura tout vu...
« Neal cligna des yeux, stupéfait, presque persuadé d'avoir la berlue. C'était la seule chose qui permettait d'expliquer le fait que Hook se trouvait dans la cuisine à trois heures du matin, en train de cuire des pâtes. Enfin, d'essayer du moins. » Crack!fic, WTF total, Hookfire.
ND'A : Je tiens à préciser qu'il n'y a aucune logique dans le texte qui va suivre et que ce n'est pas moi qu'il faut blâmer pour cette fic mais le discord « La Folie des fanfics », le manque de sommeil et la chaleur. Si vous voulez vous plaindre, adressez-vous à Aludra Enigma-Prince.
Voici l'idée de départ : un personnage a faim au milieu de la nuit, et se cuit des pâtes, parce que pourquoi pas. Il est rejoint par un autre et après avoir discuté ensemble, ils finissent dans le même lit. Oui, je suis d'accord, ça n'a pas de sens, c'est la raison pour laquelle le texte qui va suivre n'en aura pas.
Ce texte est né d'un délire collectif, suivi par moi-même, Aludra Enigma-Prince, LycorisSnape, bev28 et starck29. N'hésitez pas à aller voir ce qu'ils ont écrit eux-même, si jamais vous voulez lire des textes sur les pâtes (et je suis sure que c'est le cas... Les lecteurs : non.)
Sur ce je vous laisse profiter de ce texte sans aucune logique ni cohérence !
Vous aimez OUAT ? (les lecteurs : oui !)
Vous aimez le Hookfire ? (les lecteurs : non)
Vous aimez les pâtes ? (les lecteurs : heu, quoi ?)
Hé bien, ce texte est fait pour vous ! (oui j'ai complètement craqué là...)
Neal Cassidy n'aurait su dire quand exactement lui et le pirate étaient tombés dans cette sorte de... routine domestique.
Non vraiment, si on lui avait demandé de dire exactement quand ça (il ne savait même pas comment définir le ça en question tellement tout ça était absurde) avait commencé, il n'aurait su que répondre.
Ça s'était fait naturellement, sans qu'aucun d'eux deux ne se rende vraiment compte de ce qu'il se passait.
La preuve, Neal n'arrivait même pas à nommer la situation dans laquelle ils se trouvaient tout deux.
Ils vivaient ensemble.
Enfin, pas vraiment, ils n'étaient pas ensemble en tant que couple, contrairement à ce que Sophia aurait bien voulu (elle était vraiment fatigante avec toutes ses insinuations... et absolument pas subtile. La pire entremetteuse qui soit en somme.), et même si Neal aurait bien voulu que les choses reviennent comme avant...
Non, non, il ne fallait pas qu'il y pense, il ne fallait pas qu'il espère...
Enfin bref.
Tout ça pour dire que, depuis environ... quatre/cinq mois, ils partageaient le même appartement, et ça n'avait absolument pas le moindre sens.
Comment cela était-il arrivé au juste ?
Il n'en avait aucune idée.
Il savait seulement qu'un jour, le pirate avait lancé en passant qu'il était à la recherche d'une chambre ou d'un appartement, enfin, d'un endroit où dormir et s'installer autre que le Jolly Roger (qui était certes utile, mais bon, il n'allait pas non plus passer toute sa vie sur son bâtiment, fallait pas déconner), Neal, sans y réfléchir à deux fois, et sans même véritablement comprendre ce qu'il lui prenait, lui avait proposé spontanément de venir s'installer chez lui.
Et avec lui du même coup.
Ouais, formulé comme ça, c'était pas étonnant que Sophia se fasse des films malgré les nombreux démentis de Neal à ce sujet.
Et, plus surprenant encore, Killian avait accepté.
Ça avait été bizarre les premiers jours, vraiment très bizarre, en un sens, c'était comme revenir à l'époque de Neverland, l'époque où ils vivaient encore tout deux à bord du Jolly Roger, mais en mieux.
Tout d'abord, parce que dans ce nouveau contexte, tout était bien plus simple, l'équipage n'était plus là, Peter Pan non plus, et même si les ombres du passé flottaient toujours au dessus d'eux deux, c'était différent malgré tout.
L'ombre de Milah était encore et toujours là, elle le serait toujours.
Mais au moins, l'abcès avait été crevé.
L'ombre de ce qui avait été entre eux était également là elle aussi, ultime regret de ce qui avait été et ne serait très certainement plus jamais.
L'ombre d'un passé mort depuis tellement longtemps.
Mais les ombres du mensonge, elles, n'étaient plus là depuis bien longtemps, par chance.
Malgré tout, la cohabitation se passait... bien, enfin, aussi bien que possible au vu de la situation qui était plus que particulière.
Ce n'est pas tout les jours qu'on partageait un logement avec l'ancien amant de sa mère qui était également son ancien amant à lui (enfin, amant, ils s'étaient embrassés une ou deux fois sur le Jolly Roger des années plus tôt. Pas de quoi fouetter un chat quoi).
C'était troublant, à vrai dire, que malgré tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, cela se déroule aussi bien.
C'en était presque beau.
Mais en même temps ça faisait aussi terriblement mal.
Parce que cela forçait aussi Neal à être mis en face du fait accompli, qu'il ne pouvait plus nier malgré tout ses efforts, chose qu'il avait déjà compris en arrivant à Storybrooke.
Il était toujours amoureux du pirate, et c'était complètement sans issue.
C'était ça probablement qui faisait le plus mal.
§§§§
Neal cligna des yeux, stupéfait, presque persuadé d'avoir la berlue.
C'était la seule chose qui permettait d'expliquer le fait que Hook se trouvait dans la cuisine à trois heures du matin, en train de cuire des pâtes. Enfin, d'essayer du moins.
Qu'est-ce que... QUOI ?
Il avait raté un épisode ou quoi ?
Qu'est-ce que Killian foutait là en premier lieu ?
Bon, lui, il avait une bonne raison d'être là, il n'arrivait pas à dormir, comme d'habitude (les joies de l'insomnie !), l'esprit torturé par l'idée que peut-être, la situation ne finisse par exploser de nouveau, comme avant qu'il n'arrive.
Il n'avait pas juste peur.
Il était carrément terrorisé.
Et si ça recommençait ?
Actuellement, tout allait bien à Storybrooke, la ville était calme, ce qui n'était plus arrivé depuis l'arrivée d'Emma Swan à Storybrooke, Greg et Tamara ne reviendraient plus, oh bien sûr, il y avait bien eu une menace venant de Neverland, mais Gold avait lancé un sort de protection autour de la ville pour empêcher Pan et ses sbires de mettre ne serait-ce qu'un seul orteil dans la ville autrefois maudite.
Ce n'était pas cela qui le tourmentait.
Non, ce qui l'empêchait de dormir la nuit, c'était la peur panique que la fragile trêve qui s'était instaurée entre son père et Killian ne finisse par se briser en mille morceaux.
Qu'ils commencent à s'écharper comme autrefois, et cette simple idée lui donnait envie de hurler ou de pleurer.
Voire de faire les deux en même temps.
Mais revenons à nos moutons.
Il était donc descendu dans la cuisine pour aller se chercher un verre d'eau, et là, il venait tout juste de tomber comme ça sur Killian Jones, en train de faire la cuisine.
(Il ne manquait plus que ce dernier porte un tablier avec marqué dessus Kiss the cook, et ça y est le tableau aurait été parfait... Ouais, Neal devait vraiment faire gaffe de ne pas laisser ses pensées trop déraper.)
Neal avait l'étrange impressiond'être tombé dans un univers parallèle, ou d'être face à une sorte de faille dans l'espace-temps, ou une connerie du genre, ou même d'être actuellement dans la quatrième dimension, parce que ça aurait été la seule chose qui aurait pu expliquer de manière logique pourquoi Killian fucking Jones aka Hook, était en train de se faire des pâtes à trois heures du mat !
Et face à cette vision plus qu'incongrue, Neal buguait, tout simplement.
Chose que n'importe qui d'autre de censé aurait fait, de toute évidence.
Ce n'est que quelques secondes plus tard que le jeune homme, encore sous le choc, parvint à de nouveau retrouver l'usage de la parole.
Il croisa les bras, toujours aussi perplexe.
« Hum, Killian (c'était toujours aussi bizarre de l'appeler comme ça et non Hook, pensa Neal. Ça faisait longtemps aussi, tellement longtemps que leur relation n'était pas au minimum amical.), je peux savoir ce que tu fous ?
Neal ferma puis ouvrit une nouvelle fois les yeux afin d'être sûr qu'il ne rêvait pas, ce qui ne semblait pas être le cas.
Il alla même jusqu'à se pincer le bras pour s'en assurer, et il réalisa alors que, à moins qu'il ait actuellement des hallucinations, tout ça était bien réel.
L'ancien Lost Boy se répéta alors intérieurement ces mots afin d'essayer de les rendre plus réels, plus tangibles.
Killian Jones. Dans la cuisine, à trois heures du matin. En train de préparer des pâtes.
(On aurait dit une phrase sortie d'une partie de Cluédo...
Qui sait, lui proposa son esprit épuisé, peut-être qu'il avait empoisonné les pâtes et qu'il comptait tuer Rumplestiltskin avec ?
Non, c'était stupide...
Il était bien trop fatigué pour ces conneries, comprit-il alors.)
Le pirate se retourna alors, et en le voyant, Neal sentit un terrible rire nerveux commencer à s'emparer de lui.
Okay, son colocataire portait vraiment un tablier pour cuisiner en fait, bon, sans rien d'écrit dessus, certes, mais quant même quoi ?
- Salut Neal. (Ouais, ça faisait toujours autant bizarre. Mais ce n'était pas vraiment désagréable, Neal devait le reconnaître) Je crois que ça se voit, non ?
- Ouais, t'as raison, question idiote... En fait, ce que je veux dire, c'est... pourquoi ? Je veux dire, il est tard, il fait nuit, et pourtant, toi, tu es debout, et tu te cuis des pâtes. J'aimerais bien comprendre ce que c'est que ce délire. »
L'autre homme haussa les épaules, presque comme si la question ne se posait pas.
« Hé bien, je n'arrive pas à dormir, je m'emmerde et j'ai faim. Ça répond à ta question ?
Neal resta muet, complètement abasourdi.
Très bien, ça y est, son univers n'avait plus aucun sens.
- Et... c'est tout ? Tu t'es levé comme ça, et tu t'es dit, « je vais me cuire des pâtes parce que j'ai faim, que je sais pas quoi faire d'autre là, maintenant, tout de suite, et que je n'arrive pas à dormir ? »
- Yep... Autre chose ?
- Heu... non. Enfin, si, rectifia-t-il quelques secondes plus tard, depuis quand tu sais cuisiner ?
- J'ai appris avec Belle. »
Le fils de Rumplestiltskin se figea alors une nouvelle fois, avant de soudainement laisser échapper le rire nerveux qu'il retenait depuis qu'il avait compris l'absurdité de la situation.
« Tu... hoqueta-t-il en riant toujours, tu... as appris la cuisine avec Belle ? La femme que tu as blessé plusieurs fois et qui est la compagne de ton pire ennemi ? Comment ça se fait que ce ne soit pas fini en massacre exactement ?
- Ex-ennemi, le corrigea Killian. Ton père et moi on a... enterré la hache de guerre, en quelque sorte.
Le rire de Neal s'arrêta instantanément.
Enfin une bonne nouvelle !
- Alors quoi, vous avez décidé que vous alliez arrêter d'essayer de vous tuer l'un l'autre, pouf, comme ça ?
- Pas exactement... Le fait est que j'ai encore du mal à ne pas avoir des envies de meurtre à chaque fois que je le croise dans les rues de Storybrooke, avoua-t-il, mais... c'est moins pire qu'avant. Faut dire que Sophia y a beaucoup contribué, fit le pirate, grimaçant en se souvenant du coup de poing magistral que l'ex-habitante de Neverland lui avait décoché quelques temps après avoir appris qu'il s'était allié à Greg et Tamara et avait manqué de faire exploser la ville.
- J'imagine, oui... Donc, Belle t'as appris à cuisiner ? Rien que ça ! »
En prononçant ces mots, Neal sentit une jalousie plus que malvenue (et stupide) l'envahir.
Ce qui était absurde, après tout, Hook et Belle s'appréciaient à peine, et cette dernière était la femme de son père (enfin, sa future femme, vu que Rumple n'avait pas encore fait sa demande), et puis de toute façon ce n'est pas comme si le pirate avait jamais signifié son intention de reprendre là où ils s'en étaient arrêtés autrefois...
Bref, il n'était pas là pour ça et ce n'était pas le moment.
« Ouais, elle, Ruby et Granny ont décidé d'aider les anciens habitants de la Forêt Enchantée arrivés ici récemment, et n'étant pas venus dans ce monde par le biais de la malédiction, à se servir des technologies d'ici. Ce qui incluait le fait de savoir se servir d'une télé, d'un téléphone portable, d'un ordinateur, allumer un four et bien évidemment, de faire bouillir de l'eau.
Okay, cette conversation devenait de plus en plus bizarre...
Mais bon, il venait d'un monde avec de la magie, des fées, des ogres et des haricots magiques, donc le bizarre, Neal Cassidy commençait un peu à y être habitué, mais ce genre de bizarrerie, c'était nouveau.
- D'accord... Puis il fronça les sourcils. En parlant de pâtes, t'as fait attention à bien respecter les instructions ?
Le pirate leva les yeux au ciel.
- Je suis peut-être nouveau dans ce monde, mais je sais quant même suivre des instructions à la lettre. Il se retourna. Tiens, d'ailleurs, c'est prêt... Il se tourna vers Neal. T'as faim ? »
Neal regarda sa montre, et remarqua alors qu'il était trois heures dix du matin, et il haussa les épaules.
Foutu pour foutu de toute façon...
« Pourquoi pas... De toute façon, c'est pas comme si j'avais quoi que ce soit de mieux à faire. »
Il faillit éclater de rire une nouvelle fois.
Si un jour on lui avait dit qu'il se retrouverait une nuit, vers environ trois heures et quart du mat à manger des pâtes avec Killian Jones, il aurait soit éclaté de rire, soit pensé que la personne qui prononçait ces mots n'avait plus toute sa tête...
§§§§
Pour sans doute la deux-centième fois de la soirée, Neal ne put s'empêcher de se dire que cette situation n'avait tout bonnement pas de sens.
Et c'était tout à fait normal.
La situation était tout bonnement irréelle.
Killian avait fini par virer son tablier, et il était présentement en pyjama, et oui, ça faisait partie des phrases que Neal ne pensait jamais penser ou dire un jour, et le plus bizarre en fait, c'était que le pirate semblait presque considérer tout ça comme étant parfaitement normal.
D'ailleurs, Neal se fit par la suite la réflexion que lui aussi était habillé de la même manière, ce qui était là par contre parfaitement logique vu qu'il faisait nuit, et à nouveau c'était plutôt bizarre de voir le pirate être habillé de façon aussi décontractée par rapport à d'habitude.
Enfin, lui il était bien arrivé à Neverland en étant vêtu d'une simple robe de chambre, mais les circonstances étaient différentes !
En réalité, le manque de logique ne résidait pas dans leurs tenues respectives, mais plutôt dans le fait qu'ils se trouvaient tout les deux dans la même pièce à une heure complètement improbable de la nuit, en train de...
Hé bien, en train de manger des pâtes.
« Tu trouves pas ça... bizarre ? Finit par demander le Lost Boy, toujours aussi perdu.
Killian haussa les épaules, semblant maintenant presque blasé.
Il avait parcouru les sept mers de Neverland, avait vécu dans la Forêt Enchanté pendant une grande partie de sa vie, il était même passé par Wonderland, il avait vu bien plus bizarre que ça, c'est vrai, et plus grand-chose ne pouvait vraiment le surprendre désormais.
- Pas tant que ça, répondit-il avec un flegme que Neal aurait qualifié de britannique si le pirate avait été originaire du monde sans magie. Je veux dire, j'ai vécu pendant des siècles dans un endroit où le temps ne passe jamais, tout comme toi, et tu es le fils d'un sorcier immortel. Et pourtant, c'est ça que tu trouves le plus étrange ?
- Heu... ouais ? Enfin, incongru je dirais, vu que ça sort littéralement de nulle part. »
Soudain, le pirate éclata de rire, et Neal se surprit à sourire.
Oui, c'était bizarre, de toute évidence, mais pas vraiment dérangeant en fait.
Et il surprit également à penser qu'il pourrait facilement s'y habituer.
§§§§
« Disons que c'est quant même moins bizarre ou tordu que ce qui s'est passé il y a quelques mois, renchérit le pirate, une fois son rire calmé, le sourire aux lèvres.
En voyant le corps de Neal se raidir brusquement, il comprit immédiatement qu'il avait dit une connerie, et son sourire s'effaça.
- Oui, fit Neal avec un sourire amer, tandis que l'atmosphère se refroidissait brusquement, comme lorsque tu as faillit faire exploser la ville en t'alliant à Greg et Tamara.
Oh...
Oui, effectivement, ça faisait partie des nombreuses choses qu'ils n'avaient pas évoqué ensemble depuis leurs « retrouvailles », sans doute parce que le sujet était encore trop sensible.
- Je... dit le pirate, ne sachant pas vraiment quoi répondre face à cette accusation.
Neal le regarda alors droit dans les yeux, le visage dur et fermé.
- Est-ce que tu l'aurais vraiment fait ? Lui demanda-t-il la voix tremblante. Est-ce que tu aurais vraiment fait exploser toute la ville, avec ses habitants, est-ce que tu aurais accepté de sacrifier une cité entière juste pour pouvoir poursuivre ta vengeance à la con ? Hurla-t-il alors, empli de fatigue et de tristesse, ses nerfs le lâchant une nouvelle fois.
- Je ne savais pas que toi et Sophia vous étiez en ville, tenta de se justifier son ancien ennemi.
- J'en ai rien à foutre Killian ! C'est pas ce que je t'ai demandé ! Est-ce que oui ou non tu étais prêt à laisser ces deux tarés détruire Storybrooke et tuer des centaines d'innocents juste pour pouvoir réussir à tuer mon père ?
- Hé bien... au début oui, mais quand j'ai compris que le système d'auto-destruction allait tuer tout le monde, moi y compris... je me suis ravisé. »
En entendant ces mots, Neal éclata alors une nouvelle fois de rire.
Mais cette fois-ci, constata rapidement Killian, ce n'était ni un rire joyeux, ni le rire nerveux et presque hystérique qui l'avait secoué plus tôt dans la nuit, non.
C'était un rire triste, sans aucune joie et aussi terriblement amer.
« Tu sais quoi ? Je crois qu'en fait, je ne suis même pas surpris. Que ce soit seulement l'intérêt de ta propre vie et ton instinct de survie qui t'aient poussé à abandonner ta quête stupide. Après tout, lâcha-t-il d'une voix faible, ce n'est pas comme si quoi que ce soit d'autre aurait pu te faire changer d'avis. Non, en effet, ce n'est pas comme si j'avais jamais été suffisant !
- Bae... tenta de dire le pirate, tout aussi mal à l'aise.
- NE M'APPELLE PAS COMME ÇA ! Hurla Neal, hors de lui. »
Ne fais pas ça s'il te plaît.
N'agis pas comme si tu en avais réellement quelque chose à faire de moi.
Ne fais pas comme si tu tenais à moi.
Comme si tu... comme si tu m'aimais...
Connard !
Baelfire était mort depuis bien longtemps de toute façon, ce n'est pas comme si il avait envie de redevenir l'ado perdu et naïf de Neverland.
Il sentit son cœur se briser en mille morceaux.
Toute cette conversation allait bien plus loin que ce qu'il s'était passé quelques mois plus tôt, cette nuit, il était question de ce qu'il s'était passé à Neverland des siècles plus tôt.
Baissant les yeux sur ses mains, il remarqua alors qu'elles s'étaient mises à trembler.
Et... et lui, il pleurait là, pas vrai ?
Sa vue était brouillée, il n'y voyait plus très clair, et oui il était en train de pleurer au dessus des pâtes, et il n'en avait clairement rien à foutre.
Il n'avait plus faim de toute façon, il n'avait jamais réellement eu faim cette nuit, c'était juste un prétexte comme un autre pour passer du temps avec Killian...
Et merde !
Il serra les poings, empli de rage.
« Je t'aimais Killian ! Clama-t-il, bien décidé à aller jusqu'au bout. (Et je t'aime encore.) J'étais amoureux de toi... Et toi, tu... tu as fait comme si ça ne comptait pas ! Comme si tout ça n'avait absolument aucune importance !
- Tu le penses vraiment ? Demanda Hook d'un ton sec. Tu penses réellement que je n'en avais rien à foutre ? Tu crois vraiment que ça ne m'a pas fait mal ? Tu crois que ça ne m'a pas déchiré le cœur de devoir te laisser partir ce jour-là ?
- Tu ne m'as pas laissé partir ! Tu m'as abandonné ! Il y a une certaine nuance, tu ne crois pas ?
- Tu voulais partir, non ? Déclara le pirate avec toute la mauvaise foi du monde. Hé bien, c'était fait !
- Tu m'as livré aux Enfants Perdus ! Tu m'as livré à Peter Pan, qui est probablement l'être le plus monstrueux que je connaisse !
- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse d'autre ? Il n'y a quasiment aucun moyen de quitter Neverland, et je pensais à l'époque qu'il était impossible de partir sans le consentement de Pan. Tu crois vraiment que j'avais envie de te laisser seul et sans défense, à vagabonder je ne sais où sur cette île maudite ?
Neal le fusilla alors du regard.
- Ose me dire que c'était pour mon bien, et je te jure que je te balance le plat de pâtes sur la tronche. Je ne plaisante pas. »
Dans d'autres circonstances, cette menace complètement ridicule aurait fait rire le pirate, ainsi que Neal lui-même, et ça aurait permis de détendre (au moins un peu) l'atmosphère, mais il y avait tellement de peine dans les yeux de Baelfire que ça donnait plutôt à Hook l'envie de pleurer (et pas de rire).
« Tu sais, renchérit le jeune homme, je peux très bien me débrouiller tout seul ! Je l'ai bien fait pendant toutes ces années loin de toi, cracha-t-il, complètement épuisé par la dispute. D'ailleurs, ajouta-t-il, je n'étais pas seul ! Sophia était avec moi !
Le pirate le regarda alors dans les yeux, et vit ce que Neal s'efforçait de lui cacher, à savoir que malgré ce qu'il prétendait, il s'était sentit tellement, tellement seul.
- Je ne savais pas qu'elle allait quitter le Jolly Roger.
Neal lui adressa un sourire ironique et douloureux.
- Elle au moins elle avait compris que ce que tu me faisais n'était pas bien ou normal.
Killian laissa échapper un soupir de frustration.
- Bae... fit-il sans prendre en compte le regard furieux du jeune homme. C'était... c'était il y a deux-cents ans !
Neal renifla avec mépris.
- Dis celui qui poursuit sa vengeance depuis la même période de temps environ. »
Hook se figea.
« Ce que ton père m'a fait... Ça n'a rien à voir avec ce que je t'ai fait.
- Peut-être ! Mais moi aussi j'ai le droit d'être en colère, tu ne crois pas ? Ma mère m'a abandonné à cause de toi, pour toi !
- Je t'ai dit que je voulais changer, pour toi ! Et tu ne l'as pas voulu ! Tu ne m'as pas laissé faire !
- Tu disais vouloir tuer mon père ! Que c'était la seule chose qui comptait pour toi ! Pourquoi est-ce que je t'aurais fait confiance ?
- J'ai menti, d'accord ? Je voulais te faire mal autant que toi tu m'avais fait mal en me repoussant ! Mais c'est vrai, je voulais changer ! Je l'aurais fait pourtant, si tu avais accepté de rester. Ou du moins, j'aurais essayé. Tu n'es pas le seul à avoir eu le cœur brisé cette nuit-là, ajouta-t-il, et, est-ce que c'était de la tendresse dans sa voix ?
Neal le regarda interloqué, sentant sa colère redescendre.
- Est-ce que c'est vrai ? Demanda-t-il d'une petite voix.
- Quoi ? Maugréa le pirate, encore de mauvaise humeur.
- Est-ce que si j'avais accepté de rester... tu ne m'aurais pas livré aux Enfants Perdus ? Est-ce que... (dieux, cette question lui faisait presque mal) est-ce que tu m'aimais ? Vraiment, je veux dire. »
Autant que tu as aimé ma mère ?
Il avait été doublement jaloux à l'époque, jaloux parce que sa mère avait préféré partir avec un pirate plutôt que de rester avec lui, et jaloux parce que le pirate en question était semble-t-il toujours amoureux de Milah, et ça lui crevait le cœur, parce que lui l'aimait, réellement.
Le visage du pirate se radoucit.
« Bien sûr que je t'aimais... (Je t'aime, je t'aime, je t'aime...) Bien sûr que j'aurais changé pour toi ! Qu'est-ce que tu crois, que c'était des paroles en l'air ? »
Et maintenant, dans les yeux de Neal il y avait autre chose...
Presque comme... de l'espoir ?
Peut-être que Sophia avait eu raison, en fin de compte.
§§§§
« Je suis désolé Baelfire... Sincèrement, je suis tellement désolé. J'ai eu tort de m'obstiner pendant aussi longtemps, j'aurais dû réussir par finir par comprendre... que tu étais bien plus important que ma vengeance...
Le sourire que lui adressa Neal était désespérément petit, ce qui le rendait assez vulnérable, presque fragile, comme si il avait peur que rien de tout cela ne soit réel.
- Dis-moi, captain... Est-ce que... est-ce que tu m'aimes encore ? »
Il était encore en colère, évidemment, un peu, mais il était fatigué d'être en colère.
Comme le pirate lui-même l'avait dit, ça faisait presque deux-cents ans que cette querelle durait.
Deux-cents ans pendant lesquels, si on exceptait les derniers mois, ils ne s'étaient pas revus.
Et dieux, le pirate lui avait tellement manqué.
« Oui. »
Et, comme si il attendait d'entendre cette phrase depuis des années voire des siècles (ce qui était littéralement le cas), Neal laissa son visage se parer d'un sourire féroce, presque carnassier, regardant le pirate comme si il avait l'intention de le dévorer.
Killian déglutit avec difficulté, non pas parce qu'il se sentait mal à l'aise, mais parce que sous ce regard, il se sentait brûler.
C'était étrange, vraiment très étrange, mais pas déplaisant non plus.
Et à vrai dire, cette perspective ne lui déplaisait pas le moins du monde.
De ce fait, lorsque Neal lui sauta dessus pour l'embrasser, il ne résista pas le moins du monde.
La première chose que pensa Killian à cet instant précis, fut : ce n'est pas une erreur.
Non, en effet, il en était sûr, et jamais les choses ne lui avaient semblé être autant à leur place qu'à cet instant précis.
Neal semblait être d'accord, puisque quand le baiser se termina, il se mit à lui sourire.
« Ta chambre ou la mienne ?
- La tienne. »
Deux-cents ans de frustration sexuelle, ça faisait quant même beaucoup de choses à rattraper...
§§§§
Le lendemain matin.
Il était relativement tard lorsque Neal entra au Granny's, où l'attendait déjà Sophia, un sourire malicieux aux lèvres.
« Tu te lèves tard dis-moi... lui lança-t-elle en guise de bonjour. J'en connais un qui n'a pas beaucoup dormi cette nuit. Tu étais censé me retrouver ici à midi, pas à trois heures...
Neal tenta de la contredire, mais à la place, il tenta d'étouffer un bâillement, ce qui ne fit que renforcer l'hilarité de la jeune femme.
Ça, couplé à ses cernes, il était évident que le jeune homme n'avait presque pas dormi de la nuit.
Lui et Killian avaient bien évidemment fait la grasse matinée, mais ça ne compensait pas les heures de sommeil perdues, ni le fait qu'il s'était couché extrêmement tard.
- J'avais oublié, mentit-il sans aucune réelle conviction.
- Cause toujours oui... Dis plutôt que toi et Killian vous avez été très occupés cette nuit.
Neal fronça les sourcils.
- Attends, de quoi est-ce que tu... comment est-ce que tu peux être au courant de quoi que ce soit ?
Sophia eut la décence d'apparaître à moitié gênée.
- Hé bien il se pourrait que cette nuit, j'ai utilisé mes pouvoirs pour voir si tout allait bien... Et je n'ai pas été déçue du voyage.
Son ami sursauta, stupéfait.
- Tu nous as espionnés ! S'exclama-t-il, indigné.
- Oui, enfin, pas assez longtemps pour vraiment entendre quoi que ce soit. J'ai arrêté dès que j'ai sentit que ça devenait un peu trop... intime. Je ne fais pas dans le voyeurisme je te signale !
Neal enfouit son visage dans ses mains, rouge d'embarras.
- Oh c'est pas vrai... Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une amie pareille ?
- T'en fais pas, je cafterai pas auprès de ton père.
L'ancien Lost Boy la fusilla du regard.
- Ose répéter ça et c'est toi qui te recevra le plat de pâtes dans la gueule.
- Pardon ?
- Rien, laisse tomber, c'est une longue histoire, une histoire de fou, même moi j'arrive toujours pas à y croire.
- Heu... certes oui, si tu le dis. Raconte ?
- Si je te le dis, tu ne me croiras jamais...
- Dis toujours...
- Si je te dis que toute cette histoire a commencé autour d'un plat de pâtes, tu me croirais ?
Sophia cligna des yeux, surprise.
- De quoi ? »
Neal éclata alors de rire, réalisant que oui...
Effectivement...
Ça n'avait aucun putain de sens.
« Je crois qu'on aura tout vu, marmonna Sophia une fois la conversation terminée. »
ND'A : Bon ben voilà, c'est fini... En espérant que ma connerie vous aura fait rire. *Part se cacher de honte*
