-Salut, encore et toujours Shade :D
-Avec toujours Kay.
-Et notre magnifique Serpenta qui par ses pouvoirs magiques vous évite d'avoir les yeux qui saignent.
-Nous vous présentons ce tout nouveau chapitre plein de ... Bah vous verez bien :P
-Quoi, il était gentil l'autre chapitre d'avant non ? Rappelez-vous qu'on est des gentils auteurs d'accord? XD
-Il faut nous faire des bisous et des cookies :)
-En attendant bonne lecture et à dans deux semaines 3 Love sur vous :D
Chapitre 15.
Le docteur Robinson ne marqua aucune surprise, le laissa entrer sans faire le moindre commentaire et l'invita à s'asseoir à son bureau avec un sourire aimable. Il évita le divan. Harry détestait les psychomages, qu'il soit ici relevait presque du miracle. Ou, vu son expression, était devenu vital. Alors pour ne pas le braquer, il l'installa à son bureau, allant s'asseoir derrière.
— Alors, monsieur Potter, racontez-moi ce qui vous amène.
— Je veux mourir.
— Pourquoi ? demanda le psychomage.
Harry ne fit qu'hausser une épaule, il l'avait toujours voulu mais cette fois l'envie était trop forte, trop oppressante. Le souvenir de Ginny n'avait pas pu tout repousser.
— Harry, souffla Robinson. Dites-moi pourquoi.
— On est venu me rappeler la vérité.
— Quelle est-elle ?
— Je suis un monstre qui devrait mourir.
— Donc ce n'est pas que vous voulez mourir, c'est que vous pensez le devoir, résuma Robinson. Qu'avez-vous fait pour être un monstre qui mérite la mort ?
— Vous savez ce qu'il s'est passé. Ne jouez pas à l'innocent. Tout le monde en a parlé.
— Je sais ce qui s'est passé mais je veux votre version.
— Non. Je veux juste...
— Que voulez-vous vraiment ?
— De l'aide.
— Je vous offre la mienne, répondit Robinson après un court silence.
Et les larmes d'Harry se mirent à rouler sur ses joues sans qu'il ne pense à les arrêter.
— Je ne veux pas mourir mais j'ai que des idées pour ça. Cela tourne en boucle.
— Alors on va faire en sorte de vous ôter ces idées, assura tranquillement le docteur. Qu'est-ce qui vous les donne ?
— Ron est venu chez moi. Il me l'a rappelé.
— Il vous en veut toujours, comprit le docteur.
— À raison.
— Ce n'est pas parce qu'il vous en veut que vous devez vous en vouloir aussi.
— Je n'en sais rien, je sais plus. Je ne veux juste plus me sentir comme ça.
— Nous allons travailler là-dessus ensemble, promit Robinson.
Harry n'avait pas vraiment l'impression de se sentir mieux en rentrant. Au contraire, il se sentait fatigué, nauséeux et il voulait toujours mourir. Pourtant son visage semblait moins figé, moins enraciné dans la douleur lorsqu'il ouvrit la porte pour rentrer. Drago se redressa aussitôt en l'entendant. Il était dans le canapé, assis à côté de Lexi, un livre entre eux mais il s'extirpa du divan dès qu'il vit Harry. Il se précipita vers lui. D'ordinaire, il se blottissait contre lui, à la recherche de sa chaleur, d'un câlin, de douceur mais ce n'était pas lui qui était important aujourd'hui. Alors il caressa juste sa joue avec tendresse.
— Ça va ? s'enquit-il aussi doucement que possible.
Harry sursauta au contact et quand son regard se posa sur Drago, il se sentit encore plus coupable. Mais qu'est-ce qu'il faisait avec Drago ? Il ne le méritait même pas. Et voilà qu'il avait encore envie de mourir. Il faisait du mal à Drago, il le voyait dans ses yeux et ça lui brisait un peu plus le cœur.
— Viens, souffla Drago en prenant sa main pour le faire entrer et refermer derrière lui. Tu dois manger quelque chose, tu n'as rien pris avant de partir.
— Ne fais pas ça. Ne sois pas si gentil, pria-t-il.
Cela le faisait encore plus souffrir, plus culpabiliser. Lui non plus il ne l'avait pas sauvé. Lui aussi les vermines l'avaient brisé. Drago devrait le frapper, le détruire aussi.
— Fais comme Ron. Je t'en prie.
— Non, répondit tranquillement Drago en l'amenant à s'asseoir à table. Je vais prendre soin de toi.
Il se dirigea vers la cuisine et jeta un regard reconnaissant à Lexi qui faisait réchauffer une assiette avec ce qu'il restait de ce qu'elle avait préparé plus tôt pour Drago. Elle le laissa l'apporter à Harry, restant en retrait pour les observer.
— Tiens, murmura Drago en passant une main dans ses cheveux.
— Je n'ai pas faim...
— Tu n'as rien mangé depuis la visite de Ron, il faut que tu avales quelque chose, tenta de le raisonner Drago.
Il tira une chaise pour s'asseoir près de lui et prit la fourchette pour l'amener près de la bouche d'Harry.
— S'il te plait.
Harry avait encore plus envie de pleurer. Pourtant il ne fit que grogner en prenant la fourchette. Non, c'était trop pour son cœur en lambeaux. Il ne pouvait pas le laisser faire ça.
— Pardon.
Il commença à manger pour ne plus voir le regard de Drago.
— C'est bon, rassura Drago en caressant ses cheveux. Ça va.
Il ne méritait pas la douceur de sa créature magique alors il mangea tout, juste pour ne pas le contempler et voulut se lever ensuite pour retourner dans le lit. Drago le laissa faire et le suivit, allant lui ouvrir les draps pour qu'il s'installe sur le matelas. Harry se glissa dedans et oublia le reste. Malgré tout, sa main vint s'agripper aux doigts de Drago et il se sentit minable de faire ça. Parce qu'il n'était pas assez fort pour rester tout seul maintenant. Drago eut un faible sourire et joua avec les mèches sombres en s'asseyant près de lui.
— Je reste avec toi. Tu peux te rendormir si tu veux.
Harry hocha la tête mais ne bougea pas plus, profitant égoïstement des caresses avec joie. Drago continua, relevant la tête quand Lexi le rejoignit mais il n'arrêta pas de glisser ses doigts dans la tignasse brune.
— Je vais rester.
— Non, je peux prendre soin de lui, assura Drago. Ça ira.
Il y eut un long silence mais l'infirmière finit par hocher la tête.
— Je repasserai demain matin alors.
— Merci, souffla le blond avec un sourire reconnaissant.
— Si tu as un souci, tu sais comment m'appeler.
Après quelques autres conseils, elle finit par quitter l'appartement, déjà décidée à prévenir Hermione. Harry ferma les yeux en entendant la porte se refermer.
— Tu aurais dû aller avec elle.
— Non, répondit Drago en le regardant. On a dit pour toujours.
— Arrête, je me sens encore plus coupable.
— Pourquoi coupable ? s'étonna Drago surpris.
— Je ne peux pas m'occuper de toi.
— Tu l'as très bien fait jusque-là, souffla Drago incertain. Mais ce n'est pas grave. Je vais m'occuper de toi.
— Non, tu ne dois pas. Je ne le mérite pas.
— Je vais le faire, répondit tranquillement le blond en continuant de démêler les mèches brunes. Toujours.
Et Harry ne bougea plus. Il n'avait pas la force de le repousser, de le laisser vivre sa vie. Il ne pouvait s'empêcher de profiter un peu car son cœur était trop brisé pour ça. Drago passa la journée à le veiller. Comme promis, il s'occupa de lui. Il lui fit la lecture comme Lexi l'avait fait pour lui, le refit manger, le convainquit même d'aller prendre une douche et veilla sur son sommeil. Le problème de Drago se posa une fois qu'Harry eut sombré. Il n'osa pas dormir aussi. Parce qu'il faisait toujours des cauchemars la nuit et Harry n'était pas en état de s'occuper de lui. Alors il but un café et revint contre Harry, caressant ses cheveux en lisant un livre, il dessina un peu aussi.
Le soleil finit par se lever et quand quelqu'un frappa à la porte, Drago embrassa son Harry endormi sur la joue avant de se précipiter pour ouvrir. Il s'attendait à voir Lexi qui avait dit qu'elle repasserait aujourd'hui mais le regard fatigué de Drago se posa sur une Hermione dont le visage était rouge de rage. Sa main était enroulée autour du bras d'un rouquin très pâle qui gardait les yeux au sol.
— Drago, où est Harry ?
— Dans la chambre, répondit le blond.
Hermione souffla à peine un merci et entraîna le roux à l'intérieur, jusqu'à la chambre où elle le poussa avec fureur. Harry bougea à peine en les voyant, il ne fit que s'asseoir en les regardant d'un œil morne. Drago pouvait maintenant ouvrir la porte d'entrée, permettant aux protections de se baisser au besoin.
— Vous ne devriez pas être là, dit-il simplement.
— Ronald avait quelque chose à te dire.
Le roux se redressa. Il avait le visage pâle, des cernes sous les yeux, les prunelles un peu vides. À dire vrai, il avait passé les deux derniers jours à boire pour ne pas penser, incapable d'aller travailler et il fixait Harry dans un état pire que le sien. Il sentait le regard furieux d'Hermione dans son dos mais réajusta sa chemise froissée. Harry et lui ne faisaient que se déchirer, se blesser, se faire du mal depuis deux ans. Ils n'avaient pas traversé l'épreuve côte à côte comme des amis, à cause de lui, ils s'étaient détournés.
— Je suis désolé, finit par lâcher Ron.
— Tu n'as pas besoin de faire semblant.
— Ouais, je ne me serais pas facilité la tâche non plus, soupira le roux en passant une main gênée dans ses cheveux. Ecoute Harry, je n'aurais pas dû t'accuser. J'avais juste besoin de décharger ma douleur. Je suis désolé pour ça.
Harry fronça les sourcils, comme s'il ne comprenait pas ce que disait Ron et tourna son regard vers Hermione.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Je crois qu'il est temps de discuter comme des adultes, répondit la jeune femme.
Ron lui jeta un regard en coin avant de baisser les yeux. Hermione, en apprenant de Lexi dans quel état se trouvait Harry, était allée chez le roux dans la foulée. Elle l'avait trouvé ivre mort, écroulé à même le sol alors qu'il n'était même pas midi. Son réveil n'avait pas été tendre et ils avaient discuté une bonne partie de la journée et de la nuit. Enfin, au début Hermione avait surtout hurlé. Mais après la confrontation entre le roux et Harry, elle avait fini par comprendre qu'il avait réalisé certaines choses et avait pu l'aider. Il prenait conscience de ses erreurs même si sa douleur était toujours aussi vive.
— On est adulte depuis longtemps, continua Harry. Je veux savoir pourquoi soudainement il ment ? Rien n'a changé, c'est ma faute.
— Cela ne l'a jamais été. Les coupables sont morts, rappela durement Hermione.
— Je ne mens pas, soupira Ron. J'ai juste été... aveuglé par le chagrin.
— Dis pas de conneries, s'écria soudainement Harry en se levant, féroce. Arrêtez ça ! Sortez !
Il ne voulait pas entendre de telles choses, il ne voulait pas que Ron lui pardonne.
— Tu vois ? répondit Ron en revenant vers Hermione. Ça ne sert à rien !
— J'en ai assez de vos conneries à tous les deux, hurla aussitôt Hermione. Vous ne sortirez pas de cette chambre avant d'avoir pu parler ou que l'un de vous soit mort !
Et sur ses mots secs mais furieux, elle tira Drago en dehors de la pièce et verrouilla la porte derrière elle, isolant les deux hommes sous l'œil stupéfait de Ron. Harry la regarda faire mais finit par paniquer en voyant Drago emmené loin de lui et sauta sur la porte.
— Non, ne fais pas ça ! Ne me l'enlève pas ! S'il te plait ! Je ferai tout ce que tu veux !
C'était assez ironique d'avoir tenté de repousser Drago pendant tout ce temps pour maintenant ne pas pourvoir supporter qu'il soit derrière une porte.
— Parle avec Ron ! claqua la voix d'Hermione derrière la porte. Nous, on va prendre le petit déjeuner. Tant que vous n'êtes pas réconciliés – ou morts – ce n'est pas la peine de réclamer.
— Non, laisse-le revenir, murmura-t-il en se laissant tomber contre le battant. Pitié.
— Harry, appela la voix de Ron qui se trouvait complètement désarmé.
Mais Harry ne fit que se recroqueviller au sol sans bouger. Ron se sentit bête, l'espace d'un instant. Jamais il n'avait imaginé son ami dans un tel état. Après un soupir et de longues hésitations, il finit par s'accroupir près de lui en posant la main sur son épaule.
— C'est Malefoy ? Tu ne peux plus être sans lui ?
— S'il n'est pas là, je ne peux plus rien faire. Je n'ai pas de raison de continuer.
Ron marqua un long silence, visiblement stupéfait par cette déclaration.
— Hermione va te le rendre, elle veut juste résoudre toute cette merde entre nous, soupira le rouquin.
— Y'a rien entre nous. J'ai tout gâché.
— Non, soupira Ron. Je crois que c'est moi, encore une fois. Il faut croire que j'ai un talent indéniable pour tout faire foirer entre nous.
— C'est ma faute, gémit Harry en se cachant dans ses bras. C'est ma faute, je n'ai rien pu faire pour elle... Tu dois continuer à m'en vouloir.
— Non, je n'y arrive plus, Harry. Je n'en ai plus la force. Ce n'était pas ta faute, soupira Ron, le cœur lourd.
— Dis pas ça ! Pas toi.
— Pourquoi ? C'est la vérité. Même moi je suis capable aujourd'hui de reconnaître que tu ne pouvais rien faire de plus.
— Si, j'aurais dû trouver, chercher, la sauver.
— Harry, souffla Ron avec une tristesse sans nom. C'est trop tard. On ne peut plus rien y faire.
— Mais je ne veux pas la perdre !
— Harry, elle est déjà perdue. Depuis longtemps. Je ne l'ai réalisé qu'il y a peu mais je crois qu'il est temps de la laisser partir.
— Je ne veux pas ! hurla Harry en se tournant vers lui pour le pousser. Je veux qu'elle revienne.
Ron se laissa tomber, les fesses par terre, et fixa Harry, les larmes aux yeux.
— C'est impossible.
— Si ! On peut trouver un moyen ! s'écria Harry en lui donnant des coups faibles et désespérés.
— Non, Harry, c'est fini, soupira Ron en l'entourant de ses bras. Elle est partie. On ne peut plus rien faire.
— Je ne veux pas !
— Je sais, c'est difficile, soupira Ron en le serrant contre lui.
Et il réalisa que ça aurait dû être comme ça dès le début. Harry et lui se soutenant, pour passer cette étape difficile.
— Mais on lui doit de vivre.
— Elle me manque tellement ! Ce n'est pas possible !
— Si on essayait ensemble Harry ? demanda la voix de Ron, étranglée par le désespoir.
— Tu me hais. Toute ta famille me hait. Vous avez raison... Je ne les ai pas eus assez vite.
— Je ne te hais pas. Tu les as eus Harry. J'ai juste besoin de toi maintenant. Juste toi.
— Tu devrais, moi je me hais.
— Eh bien arrête, il n'y a pas de raison. J'ai besoin de mon meilleur ami.
— Je ne le suis plus, tu me l'as dit tant de fois.
— J'ai besoin que tu le sois de nouveau.
— Pourquoi ? Ça ne sert à rien !
— Harry, s'il te plaît.
— Quoi ?
— J'ai besoin de mon ami pour apprendre à passer cette épreuve. Reviens-moi. Pardonne-moi.
— Je n'ai rien à pardonner, c'est moi. Je...
— Merci de les avoir tués, Harry, préféra dire Ron en le serrant contre lui.
— Mais ce n'est pas suffisant.
Ron était parfaitement d'accord mais il comprenait aujourd'hui qu'il n'y avait rien à faire de plus alors il resta simplement là, au sol, serrant Harry contre lui alors que la peine lui étreignait douloureusement le cœur. Celui d'Harry finit doucement par se calmer, car en dehors de Drago c'était la première étreinte qu'il recevait depuis longtemps. Il retrouvait les bras et l'odeur de Ron. La dernière fois remontait à si loin qu'il ne s'en rappelait presque plus, un peu comme un rêve lointain, alors il se laissa aller contre lui, sans bouger. Attendant simplement que le prochain coup n'arrive, profitant du répit proposé. Ils restèrent longtemps ainsi, Ron n'osa pas bouger, se contentant de pleurer. Longtemps. La gorge serrée de sanglots. Il acceptait enfin de laisser partir sa sœur et la douleur semblait plus sourde.
Harry finit par s'accrocher à lui, en comprenant qu'il ne partirait pas et se mit à répéter inlassablement des « Je suis désolé » dans son cou, les larmes roulant sur ses joues, incapable de se calmer.
— C'est moi, répondait Ron à chaque fois.
Et il le berçait, le tenait, pleurant avec lui. Harry finit par tomber de fatigue, bien trop épuisé par ses derniers jours et s'endormit sur lui. Ron le garda encore un instant et finit par lever la tête quand la porte s'ouvrit. Hermione observa les yeux rougis de Ron, sa pâleur, leur position, Harry endormi entre ses bras et soupira.
— Au moins, vous ne vous êtes pas entretués, soupira-t-elle.
D'un sort, elle fit léviter Harry jusqu'à son lit alors qu'elle sentait déjà Drago se précipiter vers lui, le regard affolé. Dès que le brun fut allongé, il caressa tendrement son visage et grimpa sur le lit, décidé à le veiller. Comme un réflexe, Harry vint chercher sa main et ne le lâcha plus non plus. Hermione se penchait déjà vers Ron pour l'aider à se relever.
— Ça va ?
— Non, répondit le roux la tête basse.
— Tu vas aller te reposer, vous discuterez plus tard.
Ron jeta un dernier regard triste à la silhouette d'Harry mais finit par se laisser mener sans résister, laissant les deux amants seuls. Drago écouta la porte claquer derrière les deux amis et finit par venir se blottir contre Harry, savourant sa chaleur pour se rassurer. Il avait détesté être coincé derrière cette porte, écouter Harry l'appeler, l'entendre pleurer. L'avoir contre lui le calma et il finit par somnoler, rattrapé par sa nuit sans sommeil.
Alors vous pensiez que cela se passerait comme ça entre Ron et Harry ?
