-Coucou, ici Shade ! Exceptionnellement je fais la sortie toute seule aujourd'hui ! (Sinon il n'aurait rien eu cette semaine XD ) Mais Biensûr Kay est toujours co-auteur et présente, tout comme Serpenta qui assure toujours en correction :D
Visiblement vous avez beaucoup aimé le tournant avec Harry. On est vraiment contentes :D On espère que la suite vous plaira tout autant :D
Alors bonne lecture et on espère à dans deux semaines :D
Love sur vous :3
Chapitre 16.
Harry finit par se réveiller une heure plus tard, ayant du mal à sortir de ce brouillard mais lorsque ses yeux se posèrent sur Drago. Il l'attira aussitôt dans ses bras, le serrant surement beaucoup trop fort mais il avait besoin de le sentir contre lui, de savoir s'il allait bien, s'il n'était pas blessé.
— Harry, souffla Drago tiré de son sommeil. Tout va bien ?
— Tu n'es pas blessé ? Tu as mal quelque part ? continua de s'affoler Harry en venant prendre son visage pour le contempler.
— Je n'ai rien, je vais bien, assura Drago en caressant son visage.
Harry soupira de soulagement avant de l'attirer contre son torse pour ne plus le lâcher.
— J'ai eu si peur...
— Il n'y a pas de raison, je reste là, promit Drago en l'enlaçant.
Harry vint aussitôt déposer un baiser dans sur son front.
— Bien sûr que si, tu avais disparu.
— Là, je ne repartirai plus.
— Tu promets ?
— Je te le promets. Toujours, tu te souviens ? Mais tu ne dois plus te mettre dans des états pareils.
— Toujours, répéta Harry en venant prendre son visage pour l'embrasser délicatement.
Drago répondit à son baiser, caressant avec douceur la peau, la barbe, les cheveux, soulagé de l'entendre à nouveau, de le voir se mouvoir, qu'il ne soit plus ce fantôme. Harry gémit même contre ses lèvres, les effleurant avec passion, alors que sa jambe faisait tout pour le rapprocher de lui.
— Ne m'abandonne pas toi non plus.
— Jamais.
Il vint se coller au corps chaud qui semblait avoir besoin de lui, décidé à rassurer Harry pour ne pas le voir replonger dans cet état catatonique. Harry l'embrassa encore un long moment, jouant avec sa langue chaude puis finit par se détendre un peu.
— Ils sont partis ?
— Oui. Elle a parlé de revenir plus tard mais ils ne sont plus là.
— Ils ne t'ont rien dit, n'est-ce pas ? Ron ne t'a pas touché ?
— Non. Elle a juste tenté de me parler mais j'étais trop inquiet pour toi.
— Qu'est-ce qu'elle voulait ?
— Je ne l'ai pas écouté, grimaça Drago avec une expression désolée.
Mais Harry le tranquillisa aussitôt d'un baiser doux.
—Tout va bien.
— Je suis content que tu ailles mieux, souffla Drago en le fixant d'un regard brillant. Tu m'as fait peur.
— Pardon, je ne voulais pas t'inquiéter. Mais je ne suis pas sûr d'aller beaucoup mieux.
— Je peux faire quelque chose ?
— Aller bien.
— Je vais bien, assura Drago.
— Alors continue comme ça. C'est l'essentiel.
Parce que Drago était devenu son monde, sa raison d'être encore debout et si, pour l'instant, cela allait mieux, il avait envie que cela continue. C'est pour ça qu'il avait voulu le repousser car il se savait toxique à ce moment-là.
— Toi aussi tu dois aller bien.
— Je fais comme je peux, tu sais. Cela ne m'amuse pas...
— Il t'a aidé le docteur ?
— Pas vraiment. Mais je suppose que cela prend du temps.
— Oui, il me le dit souvent.
— C'est un peu agaçant hein ? s'amusa légèrement Harry en venant se coller contre lui.
— Assez, acquiesça Drago.
Mais ses lèvres s'étiraient en un frêle sourire, heureux de voir Harry plus détendu.
— Je dois te faire à manger, se rendit soudainement compte Harry en se redressant sur un coude. Tu dois mourir de faim.
— Non ça va, j'ai mangé un peu ce matin.
— Tu es sûr ? Je me suis mal occupé de toi... Pardon.
— Ce n'est rien. Moi aussi je peux m'occuper de toi tu sais, souffla Drago en embrassant son front.
— Mais tu ne devrais pas avoir à le faire...
— J'aime l'idée qu'on prend soin l'un de l'autre, compléta le blond en déposant des baisers légers. Je ne veux pas être juste un fardeau.
— Tu n'es pas un fardeau. Jamais.
— Alors laisse-moi m'occuper de toi quand tu flanches. Je peux le faire. Je suis devenu plus fort, tu sais.
— Oui, je sais. Tu es encore plus magnifique. Je ne veux pas te tirer vers le bas.
— C'est grâce à toi que je suis devenu plus fort.
— C'est toi qui fais tout, assura Harry en revenant contre sa bouche.
— Ce n'est pas vrai, rougit Drago en venant se blottir contre lui. C'est parce que tu es là.
— Tu ne crois pas assez en toi.
— Tu es mon univers, Harry. C'est toi qui me rends fort, c'est comme ça.
— Ne dis pas ça, s'il te plait...
— Pourquoi ?
— Parce que je ne suis pas un exemple à suivre. Je ne... Rien, changeons de sujet, s'il te plait. Je ne veux pas replonger là-dedans.
— D'accord, céda aussitôt Drago. Alors pourquoi n'irions-nous pas nous balader ? Ça te plairait ça ?
— Dehors ?
— Oui. Pourquoi pas au lac ? On pourrait en faire le tour.
Cela semblait soudainement être un effort exceptionnel que Harry ne pensait pas pouvoir faire.
— Je ne sais pas...
— Alors autre chose, ne se démonta pas Drago. Tu veux que je te lise un livre ?
— Oui, si tu veux.
— Oh ou on peut regarder un film sur la nouvelle tévélision ? Ça te plairait ça ?
—Tout ce que tu veux, tant que tu ne t'éloignes pas, sourit Harry en venant entrelacer leurs doigts.
— Un film alors, comme ça je peux rester tout contre toi, trancha Drago en embrassant sa tempe.
Harry se redressa pour aller dans le salon, la main bien accrochée à celle de Drago pour aller dans le canapé.
— On dit télévision.
— Télévision, répéta Drago qui prenait déjà la télécommande pour leur mettre un des films enregistrés dedans.
— C'est bien, félicita Harry avant de l'attirer sur ses genoux.
Drago se laissa tirer, farfouillant et dès qu'il eut trouvé, il relâcha l'engin et se blottit contre le brun en fixant l'écran. Harry n'en avait rien à faire du film, tout ce qu'il voulait c'était profiter de la présence du blond contre lui, qui soulageait sa douleur. Grâce à lui il oubliait tout.
Il passa surement plus d'une heure comme ça, presque sans bouger, savourant Drago de la meilleure des manières, avant qu'un parchemin n'apparaisse dans une flamme devant lui, ce qui lui fit froncer les sourcils.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Mon équipe, dit Harry en tendant la main pour attraper le parchemin.
C'était le moyen le plus rapide pour le joindre en cas de problème. Et problème il devait y avoir s'ils se servaient de ça pendant ses vacances. Il l'ouvrit et, avec quelques touches de sang, Kylian lui demandait de l'aide. Le corps d'Harry réagit aussitôt pour se lever. Il devait y aller. Il ne laisserait plus personne mourir. Kylian devait surement être avec quelqu'un d'autre. Cette équipe, c'était ce qui lui avait permis de tenir jusque-là. Avant Drago. Il était attaché à tous ses hommes, alors sa main chercha sa baguette pour y aller sans plus réfléchir.
— Harry, s'affola Drago. Qu'est ce qui se passe ?
— Je dois y aller. Reste ici. Mon équipe a besoin de moi. Appelle Lexi. Je ne sais pas pour combien de temps j'en ai. N'ouvre à personne d'autre, compris ? dit Harry retrouvant son sérieux de chef des Aurors.
— D'accord, acquiesça Drago. Je t'attends ici.
— N'ouvre à personne d'autre que Lexi, répéta Harry en prenant sa baguette en main.
Il déposa un baiser sur son front, avant de disparaitre par la porte puis du bâtiment. Il atterrit directement près de Kylian grâce au repère que le message contenait, un procédé magique pratique. Kylian était avachi contre une caisse, le visage pâle, le corps couvert de son propre sang et il jeta un regard soulagé à son chef alors qu'il se tenait les côtes. Ils étaient entourés de caisses en bois de toutes tailles qui les protégeaient des nombreux sorts qui volaient partout autour d'eux.
— Chef, souffla Kylian soulagé.
— Imbécile, répondit aussitôt Harry en commençant déjà à lancer quelques sorts de soin. Ils sont combien ? Tu es seul ?
— Ils sont sept encore. Eva se trouve à droite de notre position, Nate à notre gauche.
Harry grogna et tenta un œil dehors mais fut frôlé par un sort.
— Les autres sont blessés ?
— J'ai entendu Eva pousser un cri y'a pas deux minutes mais elle continue de tenir sa position. J'ai envoyé un message à Evan et Philippé mais ils étaient sur une autre mission, je pense qu'ils ne pourront pas venir.
— Tu peux te lever. Je vais faire diversion. Va rejoindre Eva, je vais m'occuper de Nate. Dès que tu l'as, vous vous mettez à l'abri. Je me charge du reste.
— Chef, je ne suis pas certain qu'on y parvienne.
Entre leur planque et celle d'Eva, il n'y avait rien pour se mettre à couvert.
— Je m'en occupe.
Harry, d'un coup de baguette et d'un murmure, mit un bouclier sur son collègue avant de se redresser.
— Prêt ?
Kylian se remit sur ses jambes, le souffle déjà court, pâle mais faisant bonne figure et il hocha la tête en serrant la main sur sa baguette. Harry ne réfléchit pas plus et leva la sienne. Un mince sourire passa ses lèvres lorsqu'il prononça son sort. Un dragon en sortit, rempli d'écailles miroitantes. Il ne s'agissait que d'une illusion qui envoyait des étincelles partout mais c'était suffisant pour qu'Harry puisse bondir sur les caisses. Il ne chercha pas plus loin et toucha deux des hommes en face, sans même savoir de qui il s'agissait. Personne ne touchait à l'équipe qu'il avait lui-même montée.
Kylian s'extirpa de sa planque et se précipita vers celle d'Eva, trébuchant parfois mais jetant des sorts. Il parvint à en blesser un avant d'atteindre le container qui dissimulait sa collègue. Harry laissa son dragon exploser, faisant éclater de nombreuses caisses alors qu'il arrivait jusqu'à Nate. Ce dernier était accroupi derrière le même genre de caisse en bois et eut un petit rire en voyant Harry arriver. Il avait une plaie au front qui saignait, une autre à la cuisse mais il semblait en meilleur état que Kylian.
— Chef, pile à l'heure pour assister au désastre. Il me semblait bien que c'était votre œuvre. Kylian est à sec.
— Vous êtes stupides, vous auriez dû venir plus nombreux !
— D'après nos informations, ils ne devaient être que deux ou trois, répondit Nate qui continuait de répliquer.
Harry roula des yeux et voulut répondre mais para un sort qui passa trop près d'eux.
— Va rejoindre Kylian et Eva, ils sont mal en point. Je m'occupe d'eux. J'ai de la magie à dépenser.
— Chef, ils sont encore cinq.
— Merci, je sais encore compter. Va les sauver. Je ne veux plus que leur sang coule. Dépêche-toi. Pars dès que je sors, compris.
— Chef, on ne peut pas transplaner pour sortir, si on sort, vous serez coincé.
Les yeux verts d'Harry se posèrent sur Nate et semblaient étrangement féroces.
— Tu obéis. Je m'en occupe. Venez me chercher dans une demi-heure.
— Bien, Chef, acquiesça Nate en se mettant en position.
Harry hocha la tête, satisfait. Il devait retrouver Drago de toute manière, il était hors de question que cela se termine ici. Tout comme il était impossible qu'un seul membre de son équipe ne meurt ici. Il devait les éloigner et s'en charger. Sa magie, qui avait bien trop dormi ces derniers temps, semblait même ravie, puisqu'elle crépita au bout de la baguette.
— Maintenant !
Et Harry s'élança, accompagné d'un sort de flammes qui brûla tout sur son passage. Nate sauta par-dessus les caisses et traversa l'entrepôt en se protégeant, en parant, en répliquant avant de disparaitre à son tour derrière le container. Harry se retrouva devant les quatre hommes et la femme, là, sans bouger, entouré d'un bouclier.
— Vous n'auriez pas dû toucher à mon équipe.
— Votre équipe a mis le nez là où il ne fallait pas, rétorqua l'un des hommes.
Puis ils attaquèrent, sans la moindre subtilité. Harry en eut presque un sourire alors qu'il enchainait tous les sorts les plus puissants qu'il connaissait. Parce qu'il bougeait enfin, pour sauver des gens qu'il aimait. Il avait mis son équipe à l'abri. Il avait réussi. Il avait enfin accompli quelque chose de bien. Cela semblait faire si longtemps. Il avait répondu à un appel à l'aide et il avait réussi. Alors il ne lui fallut qu'un quart d'heure pour tous les tuer, sans aucun remord. Il était épuisé, quelques blessures légères ici et là mais un sourire barrait son visage alors qu'il se laissait tomber au sol, le souffle court. Parce que personne n'était mort après être venu le chercher. Nate réapparut dans l'entrepôt un quart d'heure après et se précipita vers lui.
— Chef, tout va bien ?
— Arrête de douter de moi, grogna-t-il en se relevant. Comment vont les autres ?
Harry tenta un pas mais chancela légèrement. Nate lui prit le bras avec un sourire.
— Je ne doutais pas de vous. Les autres sont en train d'être soignés. Je vous ramène ?
— Je dois être soigné avant. Sinon il va s'inquiéter.
— À l'hôpital, alors.
Nate l'emmena à Saint Mangouste, directement dans une salle de soin où Kylian et Eva se trouvaient déjà, occupant deux soigneurs.
— Vous avez une sale tête, avoua aussitôt Harry en les contemplant.
— Et vous, vous n'avez jamais été aussi magnifique, Chef, s'amusa Kylian en retenant une grimace.
— Merci, Chef.
— Abrutis, sourit tout de même Harry en venant prendre place sur un fauteuil en regardant son bras blessé. Vous auriez pu trouver un autre moyen pour me faire revenir.
— Celui-là était le plus efficace, rit Nate qui s'asseyait au bout du lit qu'occupait Eva.
— Vous auriez pu y passer. Est-ce qu'il vous faut donc toujours un chaperon ?
— Cela ne s'est pas déroulé exactement comme nous l'avions prévu, reconnu Kylian.
— Et l'équipe de renfort ?
— L'équipe de renfort prévue était celle de Kavani, grimaça Eva.
— Plutôt mourir que de faire appel à ces incompétents.
C'était une équipe d'aurors que l'équipe Snake n'aimait pas. Aucun de ses membres, chef compris. Nate les trouvait incompétents, Kylian ne cessait de dire qu'ils étaient aussi arrogants qu'inutiles, Evan ne cessait de citer le nombre de missions qu'ils avaient loupées, Philipé racontait sans cesse comment leur chef avait été pistonné pour atteindre son poste et Eva soupirait mais n'en pensait pas moins.
— Ils seraient morts à peine arrivés à l'entrepôt, enchérit Kylian.
Harry soupira mais ne releva pas, pensant exactement pareil. Il grogna tout de même en voyant du sang sur sa chemise. Il devait se dépêcher de rentrer s'il ne voulait pas que Drago s'inquiète trop à son sujet.
— Je suis content que vous soyez tous rentrés, dit-il simplement.
— Merci, Chef, dirent-ils à l'unisson. De nous avoir aidé à rentrer.
— Comme si je pouvais vous laisser crever.
— Vous nous aimez trop pour ça, ricana Nate.
— Il faut croire que j'ai un cœur quelque part, dit Harry en se levant. Elles sont où ces infirmières ? Je dois rentrer.
— Je vais m'occuper de vous, déclara le soigneur qui achevait de panser la dernière plaie d'Eva.
Harry se rassit aussitôt et ne bougea plus, admirant son équipe de loin. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'ils lui avaient manqué. Chacun d'eux. Que c'était un pan de sa vie qu'il ne pouvait pas rayer comme ça. Il aurait dû leur demander des nouvelles bien plus tôt.
Le soigneur se tourna vers lui et soigna son bras assez rapidement, la blessure n'étant pas très grave. Il appliqua une crème pour que la plaie se referme rapidement et il le banda avant de le contempler.
— D'autres blessures ?
— J'ai du sang autre part ? préféra demander Harry.
— Non, je n'en vois pas.
— Parfait.
Harry se leva pour se tourner aussitôt vers son équipe.
— Je dois y aller mais soyez prudent, c'est clair ? Un peu plus que ça. Je pense que quand je reviendrai, on reprendra un meilleur entrainement.
Les entrainements d'Harry étaient pourtant les plus durs parmi les aurors mais cela ne semblait pas suffire visiblement. Harry allait donc reprendre ça en main. L'idée tira une grimace aux trois autres qui finirent pourtant par acquiescer.
— Prenez le temps qu'il vous faut, Chef, salua Nate.
— Ce n'est pas pour ça qu'il n'y aura pas entrainement, s'amusa Harry en sortant. Saluez les autres pour moi, ajouta-t-il avec un sourire si rare en leur présence.
Puis il disparut, pour revenir devant chez lui. Dès qu'il entra, Drago fut près de lui pour réclamer une étreinte mais s'arrêta en voyant le bras bandé.
— Tu es blessé.
— Ce n'est rien. Je t'assure. J'ai déjà été soigné. Viens là, dit Harry en l'amenant contre lui.
— Tout va bien alors ? demanda Drago en l'enlaçant aussitôt.
— Oui, l'équipe va bien et moi aussi. Pardon, je t'ai encore fait peur.
— C'est bon, rassura Drago en le caressant. Tant que tu vas bien.
Harry l'embrassa doucement, d'abord sur le front puis sur la joue et enfin ses lèvres.
— Je vais bien. Mais je suis tout sale. Tu m'aiderais à prendre une douche ?
— Bien sûr, acquiesça aussitôt le blond qui prit sa main pour l'entraîner vers la salle de bain.
— Tu n'as pas appelé Lexi, se rendit-il compte en s'avançant dans l'appartement.
— Non. Je suis capable de me débrouiller tout seul.
La question n'était même pas là, Harry voulait simplement que Drago soit en sécurité. Mais il ne dit rien de plus et l'enlaça une fois dans la salle de bain.
— Tu vas bien, n'est-ce pas ?
— Je vais bien.
Harry sourit et commença à se déshabiller mais Drago repoussa ses mains pour le faire, pour l'aider comme Harry l'avait demandé. Il ôta chaque couche de tissu avec une douceur extrême, comme s'il avait peur de le blesser et une fois nu, il alla lui ouvrir l'eau, vérifiant la température. Harry regarda rapidement les quelques bleus qui se formaient mais rien d'alarmant et se glissa ensuite dans la baignoire avec un soupir. Drago s'accroupit à ses côtés, restant hors de la baignoire et il amena le jet pour mouiller les cheveux d'Harry, veillant à ne pas lui en mettre dans les yeux. Puis il reposa la douchette et prit le shampoing pour commencer à le laver et faire partir tout le sang.
— Tu veux venir avec moi ? demanda soudainement Harry qui avait fermé les yeux pour savourer le massage.
— Tu veux ? demanda Drago qui, lui, en mourrait visiblement d'envie.
— Viens, fut la seule réponse qu'il obtint.
Drago faillit bondir dans l'eau mais se rappela ses vêtements et les ôta rapidement avant de rejoindre Harry, un sourire flottant sur ses lèvres alors qu'il reprenait déjà son massage. Harry se tourna vers lui et se mit à le laver précautionneusement à son tour, heureux de le retrouver. Il avait l'impression que cela faisait des années qu'ils n'avaient pas pris un bain ensemble, comme avant.
— Je n'avais pas fini, s'amusa Drago. Je t'ai mis de la mousse partout.
— C'est pas grave. Un peu d'eau et piouf plus rien.
— C'était quand même pour toi le bain, moi je suis déjà propre, tu sais, rit Drago en venant embrasser son nez.
— Comme si tu refuserais un bain, plaisanta-t-il en l'attirant à lui.
— Jamais avec toi.
— Tu vois.
Harry se mit donc à le savonner lentement, effleurant les épaules, puis le torse avec douceur.
— Je suis désolé, on ne l'a pas fait ces derniers temps.
— C'est bon, on est dans le bain alors tout va bien.
— Non. Je suis désolé. Vraiment.
— Harry, ce n'est pas grave, assura Drago avant de l'embrasser tendrement.
La douceur de ses lèvres lui avait manqué aussi, alors il en profita un peu plus, les léchant encore du bout de la langue. Drago prolongea le baiser, ses mains venant entourer le visage d'Harry, son corps se rapprochant du sien avec un soupir satisfait. Parce qu'Harry allait mieux, même s'il était blessé. Il avait retrouvé cet éclat dans les yeux. Harry sourit et vint coller leurs fronts ensemble.
— Merci.
— Pourquoi merci ?
— D'être là. De vouloir prendre soin de moi. D'être toi.
Cela figea Drago qui le fixa, un peu surpris. Mais il finit par lui sourire et déposer un baiser doux sur ses lèvres.
— Toujours là, répéta Drago.
Harry vint simplement l'enlacer pour profiter de sa présence. Le bain se passa dans la tendresse comme le repas et la nuit. Ce fut au matin qu'Harry se rendit compte de quelque chose. Il ne voulait pas laisser les choses comme elles étaient avec Ron. S'il avait pu sauver son équipe, des gens auxquels il tenait, il devait essayer aussi avec Ron pour sauver leur amitié. Il devait au moins tenter. Fier de ce nouvel élan, il se tourna vers Drago dans le canapé.
— Je vais m'absenter, dit-il tranquillement.
— Tu veux que je vienne avec toi ? proposa aussitôt Drago.
— Je pensais plutôt que tu pourrais aller faire des courses avec Lexi, qu'est-ce que tu en penses ? Vous pourriez aller choisir de nouveaux livres, souffla Harry en venant s'installer près de lui.
— Dans une boutique ? Oui, je peux essayer, acquiesça Drago. Toi, tu iras où ?
— Je voudrais aller voir Ron.
— Vous allez encore vous battre ? grimaça Drago.
— Ce n'est pas le but. Je veux essayer qu'on se réconcilie.
— D'accord. Vas-y alors.
— Tu veux bien ?
— Tu n'as pas besoin de ma permission, répondit Drago en posant une main sur sa cuisse pour la serrer doucement.
— Si, je veux que tu sois bien. Et que tu ne crois pas que je veuille que tu restes à la maison. Cela serait bien que tu sortes.
— Je sais mais je ne suis pas à l'aise avec des gens, soupira Drago en baissant la tête.
— Mais avec Lexi, cela devrait aller ?
— Oui, s'il y a Lexi, ça ira.
— Sûr ? Je ne veux pas non plus te forcer. Mais tu as fait beaucoup de progrès.
— Ça ira, répéta Drago. Et si ça ne va pas, Lexi me ramènera vite à la maison.
Harry lui fit un sourire encourageant et vint lui embrasser le front.
— Je suis fier de toi. Je vais appeler Lexi.
— D'accord.
Harry fronça les sourcils, septique au ton de Drago.
— Il y a un problème ?
— Ron, il ne m'aime pas, murmura Drago à mi-mot. Si tu te réconcilies avec lui, tu voudras encore de moi ?
— Bien sûr que oui, je voudrai encore de toi. Et Ron ne sait pas qui tu es maintenant. Il te voit comme le Malefoy d'avant, c'est tout.
— D'accord, souffla Drago apparemment soulagé.
— Hé, s'étonna Harry en revenant près de lui pour l'enlacer. On a dit pour toujours. Je ne veux pas t'abandonner. Avec ou sans Ron, cela ne changera pas. Je te le promets.
— Oui, je te crois, chuchota le blond en s'accrochant à lui. C'est juste qu'il t'a ... fait tellement de mal la dernière fois. Je ne veux pas te perdre, Harry.
— Cela sera différent. Du moins, je l'espère. Mais je dois essayer, tu comprends.
— Oui. Mais reviens-moi d'accord ?
— Toujours. Je te le promets.
Il scella même ses mots avec un baiser au gout de tendresse. Drago s'agrippa à lui de longues secondes mais finit par s'éloigner, caressant son visage.
— Vas-y alors.
— Sûr, cette fois ? Tu as d'autres choses à me dire ?
— C'est bon, rassura le blond.
— Bien.
Harry lui donna un autre baiser avant d'aller appeler Lexi qui arriva à peine une heure après. Drago avait eu le temps de se préparer et il jeta un dernier regard à Harry, l'embrassa avec douceur avant de disparaître avec la jeune femme. Harry soupira pour se donner du courage avant de sortir et de se rendre au travail de Ron. Ce dernier remplissait de la paperasse à son bureau et se figea en l'apercevant.
— Harry, souffla-t-il, plus pâle soudain. Vas-y entre.
C'était déjà une avancée. Ron lui parlait et ne le rejetait pas. Alors il s'avança incapable de savoir vraiment quoi dire. Il resta là sans bouger.
— Assieds-toi. Tu ... Tu veux quelque chose ? hésita le roux, visiblement mal à l'aise.
— Qu'on se réconcilie, dit Harry de but en blanc en le fixant. J'en peux plus de cette situation.
— Moi non plus, avoua Ron avec un sourire triste.
—Je... Je ne sais pas quoi faire pour que ça marche.
—Tu voudrais bien... Tu pourrais me parler d'elle ? bredouilla Ron.
Cela étonna tellement Harry qu'il dût se reculer pour s'appuyer contre le mur afin que ses jambes continuent de le porter.
— Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu veux savoir ? murmura-t-il en baissant la tête.
— Elle avait aimé mon cadeau ?
Juste avant la cérémonie de mariage, avant le drame, Ron lui avait fait parvenir un petit paquet cadeau et il ne l'avait pas revue. Harry s'en souvenait parfaitement, Ginny était venue lui montrer le collier à l'intérieur duquel une superbe fleur des champs avait été cristallisée. La fleur venait du jardin des Weasley, c'était pour que Ginny sache que toute sa famille serait toujours avec elle. Elle en avait été si heureuse. C'est Harry qui lui avait attaché, la contemplant avec amour après un baiser délicat. Oui, elle avait rayonné de bonheur.
— Elle avait adoré, chuchota Harry, les yeux plongés dans le vague. Elle a même dit qu'autant de sensibilité venant de toi était bizarre et qu'il faudrait surement que je te surveille pendant la cérémonie pour que tu ne fasses pas de bêtises.
Les yeux de Ron s'humidifièrent alors qu'il fixait Harry.
— Ce n'était pas que mon idée, Hermione m'avait soufflé quelques pistes, avoua Ron en passant une main sur son visage.
— Elle s'en doutait mais elle l'a caressé pendant toute la soirée avec un sourire... Elle... Elle était aux anges...
La voix d'Harry se brisa d'elle-même alors qu'il baissait la tête. C'était comme si elle était encore près de lui, à se moquer gentiment car il allait lui écraser les pieds pendant l'ouverture de bal.
— Alors, elle était vraiment heureuse, murmura Ron avec une tristesse infinie.
Harry haussa une épaule. Il ne savait pas vraiment, il aimait à le croire, à l'imaginer toujours avec le sourire espiègle qui la caractérisait mais seule Ginny aurait pu le dire réellement.
— Je ne veux plus me battre avec toi, Harry, finit par reprendre Ron.
— Je ne l'ai jamais voulu. Je voulais juste que tu me frappes pour les fautes que j'ai commises.
— Tu as fait tout ce que tu pouvais, reconnut Ron la gorge serrée. Je ne veux plus te frapper.
— Non ... Je... Je n'étais même pas là pour son enterrement...
Harry était parti immédiatement à la recherche de tous les fuyards, tous ceux qui avaient participé de près ou de loin. Certes, cela avait été rapide mais il avait fini à l'hôpital, blessé, et incapable de bouger pour se rendre aux funérailles de sa presque-épouse.
— La famille ne t'aurait pas laissé venir, soupira Ron avec dépit.
— Ils m'en veulent toujours, n'est-ce pas ? gémit Harry en se cachant derrière sa main.
— Maman ne parle plus de toi donc je n'en sais rien. Percy ne t'a jamais vraiment aimé, tenta de plaisanter Ron, en vain. George ne parle plus à grand monde, on le voit peu et Bill évite tout ce qui lui rappelle Ginny. Quant à Charlie, tu l'as vu par toi-même. Je crois que j'étais le seul à t'en vouloir aussi fort.
— Je ne voulais pas briser ta famille.
— Ginny a été un coup de plus, ce n'était pas toi. Perdre Fred nous avait déjà séparés.
— Si tu le dis.
Mais Harry n'en croyait pas un mot. Alors il resta immobile, restant là, sans savoir quoi faire.
— Je suis désolé.
— Moi aussi, soupira Ron. J'aimerais être capable de réparer les choses... Entre nous.
— Tu crois que ça peut se réparer ?
— On essaie ?
— Je ne sais pas comment faire. Je crois que j'ai oublié.
— Ouais et je n'ai jamais été très doué, grimaça Ron en passant une main dans ses cheveux. On peut peut-être demander à Hermione ?
— Je crois qu'elle n'est pas très contente de nous.
— Je crois que c'est une chose de plus qu'il nous faut réparer. Je pense que notre « réconciliation » devrait aider.
— Ah. D'accord. Si tu le dis, dit Harry sans comprendre.
— Non ?
— Si ? Je n'en sais rien. Je veux juste que tout cela s'arrête.
— Tout ça quoi ?
— Nos disputes. Ma peine. La tienne.
— Pour la peine, je ne sais pas, Harry, soupira Ron, mais pour les disputes, on fera tout pour qu'il n'y en ait plus. D'accord ?
— Très bien.
Ron le fixa, hésita et finit par lui tendre la main au-dessus du bureau qui les séparait.
— Alors, amis ?
Harry n'était plus vraiment sûr de savoir ce que cela voulait dire mais si cela calmait les cris, c'était déjà ça. Alors il prit sa main pour la serrer fermement. Cela amena un sourire plein d'espoir sur les lèvres de Ron qui comprima ses doigts avec un regard soulagé.
— Quelle est la suite ?
— Aucune idée, avoua Ron d'un air gêné. Je n'espérais même pas que tu puisses me pardonner.
— Pourquoi ? s'étonna Harry.
— Parce que j'ai été ... un sacré connard, comme dirait Hermione.
— Non. Je pense que j'aurais fait pareil. Je ne t'en veux pas.
Ron le fixa un instant et finit par faire un sourire, un vrai, sincère quoiqu'encore un peu faiblard. C'était bien son meilleur ami de ne pas lui en vouloir après deux ans de discorde. Ron se détestait de l'avoir repoussé si fort, de l'avoir évité, de s'être convaincu de le haïr, de lui en avoir voulu autant. Mais Harry passait l'éponge, comme à l'époque déjà. Sauf qu'aujourd'hui, il ignorait tout de ce qu'il était devenu.
— Raconte-moi, Harry, ce que j'ai manqué avec mes conneries.
— Ce que tu as manqué ? Qu'est-ce que tu veux savoir ?
— Toi, ta vie, ton travail, tout.
— Il n'y a pas grand-chose à dire. J'ai monté l'équipe Snake pour s'infiltrer tel un serpent parmi les mangemorts et tous les tuer. C'est tout.
— Oui, ton équipe a de sacrés résultats, admit Ron.
Ils ne parvenaient pas à renouer le dialogue. Harry était englué dans sa propre peine, que le roux avait empiré et Ron était trop mal à l'aise, trop gêné et trop triste également pour ramener les choses à l'état normal. Il savait qu'il n'aurait pas dû insister mais son meilleur ami lui manquait et maintenant qu'il avait réalisé cela, il rêvait juste de le retrouver.
— Je fais tout pour ça. Les mangemorts sont des vermines qui ne méritent pas d'exister.
— Mais tu as pris des congés, non ? J'ai entendu des rumeurs qui disent que tu ne fais plus de terrain en ce moment.
Harry se recula d'un pas aussitôt, incertain de vouloir parler de Drago mais finit par soupirer.
— Je m'occupe de quelqu'un.
— C'est bon, Harry, souffla Ron en le voyant faire. Je fais juste la conversation.
— Je crois que je ne sais plus vraiment faire ça non plus. Et je ne veux pas qu'on le touche.
— Tu parles de Drago Malefoy ? C'est de lui dont tu t'occupes ?
Harry se retint de lui jeter un regard noir, en se rappelant que Ron n'était pas un ennemi.
— Oui. Ce n'est pas un mangemort, si c'est ce qui t'inquiète.
— Je n'étais pas inquiet, c'est juste... surprenant.
—Il n'est plus... Ce qu'il était autrefois. Il a besoin de protection.
— Il est en danger ?
— Il l'a été.
— D'accord, acquiesça Ron qui n'osa pas creuser plus loin.
— Je ne veux pas que tu lui fasses du mal, dit presque aussitôt Harry.
— Pourquoi je lui en ferais ? Je ne le toucherai pas, Harry.
— Parce que tu l'as pris pour un mangemort la dernière fois.
— C'est vrai. À/Pour ma défense, je n'étais pas spécialement en bonne condition. Je ne lui ferai rien. Si c'est ton ami et si tu as besoin, je peux même t'aider à le protéger.
— Vraiment ? s'étonna Harry tout en étant soupçonneux à la fois.
— Je veux redevenir ton ami, rappela Ron. Je veux que tu puisses compter sur moi.
— D'accord. Pardon. Ce n'est pas facile.
— Pour moi non plus. Il faudra que tu me racontes, à l'occasion, comment c'est arrivé, reprit Ron avec un sourire gêné. Malefoy et toi.
— Ne l'appelle pas comme ça. Ce n'est pas lui. Dis simplement Drago. Et qu'entends-tu par « lui et moi » ?
— Drago, répéta Ron surpris et gêné. D'accord. Bah, toi qui le protèges, lui qui vit chez toi.
— Ah, ça, rougit légèrement Harry en se détournant. Il était en danger. C'était le seul moyen et il est resté.
— Ça te dirait un déjeuner, un de ces jours, pour que tu me racontes les détails ? Et moi je te raconterai la dernière de mes enquêtes qui m'a valu les félicitations du Ministre.
— D'accord. Pourquoi pas. Oui.
— Vendredi ? Il y a un snack sympa au coin de la rue.
— Je ne sais pas. Je dois voir avec Drago. Je ne veux pas le laisser seul. Je te redirai ça.
— Envoie-moi un hibou, rassura Ron. Si ça ne te va pas, donne-moi juste une date qui te convient.
—D'accord. Je ferai ça. Je vais y aller alors.
— Merci d'être venu.
— Je ne voulais pas que la situation recommence.
— On fera mieux, Harry.
— Bien. Au revoir, Ron, dit Harry en sortant.
— À bientôt.
Harry referma la porte et soupira. Cela s'était plutôt bien passé. Pas de cris, pas de coups. Drago pourrait être fier de lui. Harry ne réfléchit d'ailleurs pas plus car il avait déjà envie de le retrouver. Il passa chez l'italien de sa créature, pour rentrer aussitôt. Drago et Lexi n'étaient pas encore rentrés mais ils arrivèrent peu après, des sacs à la main et le blond vint aussitôt vers lui en le voyant déjà là.
— Tout va bien ?
— Oui. Pas de cris, assura-t-il en le serrant contre lui avec bonheur. Et toi ? Tu as trouvé ce que tu voulais ?
— Des livres, oui, un nouveau bloc à dessin et Lexi m'a trouvé des vêtements.
— À sa taille, compléta la jeune infirmière en allant déposer les paquets dans la chambre.
— Oh, tu dois me montrer ça ! rit Harry en venant embrasser son front.
— Je dois les essayer de toute façon. Il y avait trop de monde dans le magasin pour aller aux cabines, soupira Drago.
— Vas-y. Après je nous ai ramené à manger. Tu veux que Lexi mange avec nous ?
— Ça ne t'embête pas ? On a assez ?
— Ne t'inquiète pas de ça. File te changer, assura Harry en le poussant vers l'autre pièce.
Drago déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant de s'éloigner vers la chambre et d'y disparaître. Il échangea quelques mots avec Lexi qui finit par rejoindre Harry avec un sourire.
— Cela lui ferait plaisir que tu restes manger avec nous, dit Harry en commençant à sortir les boites. Merci de l'avoir emmené. Il n'y a pas eu de soucis ?
— Non, aucun souci, répondit la jeune femme en venant l'aider. Il était un peu tendu mais il s'en sort bien. Il devient de plus en plus fort, autonome.
— Oui. Il est vraiment merveilleux, complimenta Harry sans vraiment s'en rendre compte.
— Peu de personnes auraient pu surmonter ce qu'il a traversé. C'est vraiment admirable.
— Il n'a jamais été faible. Ce n'est pas maintenant qu'il va commencer.
Harry se tourna vers la chambre et parla plus fort.
— Tu veux que je vienne t'aider ?
— Non, j'ai presque fini, répondit la voix de Drago.
— Harry, reprit Lexi d'un ton plus hésitant. Est-ce qu'il t'en parle parfois ?
Le brun se tourna vers elle, levant un sourcil.
— De quoi ?
— De ce qu'il a subi, cette année-là ?
— Ça peut arriver. Pourquoi ?
— C'était ... vraiment horrible, n'est-ce pas ?
Elle avait baissé les yeux, se mordait la lèvre. Lexi était infirmière, elle tentait de ne pas s'impliquer émotionnellement mais elle était véritablement attachée à Drago, elle l'adorait vraiment. Chaque fois qu'elle se souvenait de l'état dans lequel il était arrivé, elle en avait les tripes nouées, la nausée. Il avait été à peine vivant et le traitement subi devait avoir été inhumain. Ça la hantait souvent mais elle ne posait jamais de questions à Drago. Elle cherchait juste à le faire sourire, à le voir s'ouvrir.
— Ne pense pas à ça, déclara Harry en la fixant. Tu ne l'aides pas comme ça.
— Oh non, je ne lui en parle jamais, rassura Lexi en ouvrant les boîtes pour s'occuper les mains.
— Mais si tu y penses, il le saura. Il a juste besoin de soutien pour l'aider à avancer. Je ne suis pas d'avis que ressasser toujours ça, soit bon.
— Tu as raison, soupira Lexi.
— Tu lui fais beaucoup de bien. Il t'apprécie. Merci de faire tout ça pour lui.
— Je l'aime beaucoup, tu sais, sourit Lexi.
Drago sortit à ce moment-là, vêtu d'un jean noir parfaitement à sa taille et d'un polo blanc où était dessiné un soleil en motif celtique. Il avait les cheveux fous, qui s'échappaient de sa queue de cheval, sans doute mis en vrac lorsqu'il s'était changé tout seul mais il les repoussa d'un geste vague, indifférent à sa coiffure qui ne ressemblait rien.
— Ça me va, informa-t-il en regardant Lexi, tournant sur lui-même, pieds nus.
— Oh.
Harry en fut étonné, s'attendant sans vraiment réfléchir à des vêtements chics mais il aimait le voir comme ça, tout aussi détendu.
— Tu es beau, assura Harry en s'approchant de lui. Il faudrait peut-être juste t'occuper un peu de tes cheveux.
— Je t'ai appris, comment les coiffer, rappela Lexi.
Drago soupira mais porta la main sur sa nuque pour défaire le lien qui les tenait. Il les rassembla, usant de ses doigts pour leur redonner un aspect plus coiffé et les rattacha négligemment. Cela aurait été plus simple de les avoir courts mais il avait refusé que Lexi les lui coupe à plusieurs reprises. Parce que ça le rendait différent du Drago d'avant et il voulait conserver cette différence.
— Parfait, assura Harry en venant le prendre contre lui. C'est toi qui as choisi ?
— Lexi m'a aidé un peu.
— Mais ça te plait ? À toi ?
— Oui, beaucoup. Je suis bien dedans.
— Alors c'est l'essentiel, dit Harry en venant déposer un baiser sur sa joue pour l'attirer vers la table. Allez, tu dois avoir pleins de choses à me raconter.
— J'ai trouvé plein de nouveaux livres, Lexi dit qu'elle viendra en lire certains avec moi, sourit Drago en s'installant près de la jeune femme qui s'était déjà assise.
— Évidemment.
— Oui. C'est bien.
Ils dinèrent tous les trois, dans une ambiance tranquille, discutant et Lexi s'émerveillait discrètement de voir Drago qui prenait enfin part à de vraies discussions. Il était loin le temps où il ne parlait pas du tout. C'était bon de le voir ainsi. Ce fut l'esprit serein qu'elle les laissa tous les deux tard dans la soirée. Drago se coucha près d'Harry, le cœur léger qui ne s'alourdit que lorsqu'Harry le tira de son cauchemar récurrent. En sueur, il se blottit dans les bras du brun, le souffle court. Il ne se rendormit pas, surveillant l'aube avec impatience. Parce que seules les journées en valaient la peine. L'obscurité était toujours synonyme de douleur, de cauchemars. Rien n'était mieux que le soleil, Voix Grave et sa liberté enfin apprivoisée.
On sent la fin non ? Vous pensez qu'il va se passer quoi avant le "The End" ? XD
