-Hello :D Ici Shade pour vous servir :D
-Et Kay, de retour, pour vous jouer un mauvais tour ... mmm bref XD
-Et bien sur toujours Serpenta pour terminer ce trio qui va conquérir le monde XD
-Enfin, le monde je sais pas mais on va déjà vous offrir ce nouveau chapitre :P
-Visiblement vous voulez pas que cela ne termine, alors on vous prépare doucement, après ce chapitre, il en reste 3 et l'épilogue. Alors savourez bien 3
-Bonne lecture et à dans quinze jours.
-Et Love sur vous :3
Chapitre 17.
Drago s'appuya contre un petit muret, contemplant le bâtonnet de sucette qu'il avait encore entre les doigts, jouant avec. Il se sentait étrangement heureux. Juste parce qu'il s'était promené avec Harry, main dans la main. Sans drame. Juste marcher, gouter à une sucette et observer le visage d'Harry qui n'affichait plus cet air perdu, désespéré. Les rayons de soleil chauds sur eux, la chaleur de l'été et le gout de fraise offert par la sucette. Drago se sentait heureux. Attendre Harry parti chercher de quoi gouter lui permettait de savourer cet instant hors du temps.
Il sursauta lorsqu'un cri raisonna et il releva la tête, vers l'autre côté de la rue. Il aperçut la femme aux cheveux blonds et elle traversait déjà lorsqu'il fronça les sourcils. Il détailla son regard noisette qui semblait fixer une personne, ses traits furieux, ses lèvres serrées par la rage et ses pas rapides mais déterminés. Elle paraissait prête à tuer quelqu'un. Drago tourna la tête derrière lui mais il n'y avait personne. Il comprit alors que c'était lui qu'elle regardait comme ça. Vers lui qu'elle venait, aussi furieusement. Il se décolla du muret, pour se remettre droit mais elle était face à lui, elle empoignait déjà sa chemise avec une force qu'il n'aurait pas soupçonnée.
Elle n'était pas très grande pourtant, cette femme. Elle devait avoir une cinquantaine d'années et le haut de son crâne était au niveau du nez de Drago mais elle semblait tellement plus grande alors qu'elle commençait à éructer des mots pleins de rage.
Il fut incapable de réagir en entendant les premiers qui passèrent ses lèvres. Il ne put que laisser ses bras retomber le long de son corps. Le bâtonnet blanc lui échappa et il baissa les yeux vers la chemise qu'elle froissait. Qu'il avait réussi à passer. Il lui avait fallu l'aide de Lexi pour l'avoir. La jeune infirmière lui avait eu des vêtements à sa taille. Et il avait mis celle-là, d'un argent clair, pour être élégant, pour faire plaisir à Harry. Elle la froissait, la tirait, pour le secouer alors qu'il avait l'impression d'être roué de coups sous les mots durs, furieux, impitoyables.
— Sale mangemort. Vous devriez être en prison. Comment osez-vous marcher dans la rue ? Comment pouvez-vous être libre ? Vous devriez être mort ! C'est tout ce que vous méritez ! Mort vous entendez ? Et dans d'atroces souffrances !
Il était incapable de réagir alors qu'il fixait ses lèvres délivrant ces paroles si blessantes. Alors qu'elle lui souhaitait mille douleurs, que son regard révélait qu'elle voulait réellement qu'il souffre, au-delà de toute raison. Soudainement, elle fut propulsée durement en arrière et Harry se dressait entre eux, furieux. Il prit toutefois le temps de se tourner vers Drago, jugeant l'agresseur bien trop incompétent pour s'en occuper pour l'instant. Il contempla Drago et lui caressa la joue avec douceur.
— Tout va bien ? Elle t'a fait mal ?
Drago secoua la tête pour répondre que non, baissant les yeux vers sa chemise froissée avec tristesse tandis que la femme se redressait, fixant Harry avec fureur.
— Bordel, pour qui vous prenez-vous ? Avez-vous seulement la moindre idée de qui vous défendez ? éructa-t-elle.
Harry grogna et se tourna aussitôt vers la femme pour lui prendre le bras.
— Et vous, vous êtes qui ? Vous croyez que vous pouvez agresser tout le monde comme ça ?! Touchez-le encore une fois et je vous jure que vous ne pourrez plus rien faire de votre vie !
— C'est Drago Malefoy, s'écria la femme avec haine. Pas tout le monde ! C'est un mangemort recherché et responsable de tas de morts ! Dont celle de ma fille.
Harry sentit la rage se répandre en lui et il repoussa encore la femme. Sa voix devint froide alors qu'il se redressait, devant se faire violence pour ne pas simplement découper cette impertinente.
— Je suis chef d'une brigade spéciale chez les aurors, je sais qui il est, cracha-t-il. Je suis Harry Potter, je sais qui sont les mangemorts. Alors vous allez maintenant la fermer et présenter vos excuses ! Tout de suite !
— Mes excuses, répéta la femme en s'étranglant. Vous n'êtes pas sérieux. Il a tué ma fille !
Drago, lui, avait baissé les yeux et contemplait ses mains, le regard vague. Harry attrapa le poignet de la femme pour le serrer trop fort en la tournant vers Drago.
— Vous avez des preuves ? Non ! Alors excusez-vous immédiatement, espèce de cinglée !
— Regardez son bras ! Vous l'aurez votre preuve !
— Ça suffit ! hurla Harry en commençant à la secouer. Vous allez voir le mien et vous n'allez pas aimer. Et si je vous emmenais chez les aurors pour un petit interrogatoire en règle ? Et pourquoi pas vérifier les actes de diffamations ?
— Lâchez-moi, hurla la femme en cherchant à se dégager, se débattant avec fureur. Vous êtes complètement fou.
— Et vous, vous ne l'êtes pas ? À sauter sur les gens ? Les accuser ? Hein ? grogna Harry de plus en plus sombre, ne s'occupant pas de l'attroupement autour d'eux. Excusez-vous !
— Je vais aller porter plainte contre vous, rugit la femme en reculant. Vous êtes fou et c'est un mangemort !
— Et bien allez-y ! Je n'en ai rien à faire, je n'ai rien à perdre ! Mais vous allez vous excuser vous m'entendez ! Je ne vais pas vous lâcher !
— Hors de question ! C'est à vous de le faire et à lui.
Elle continuait de reculer, le regardant comme s'il n'était pas humain. Mais Harry suivait chacun de ses pas, refusant de la laisser s'en tirer comme ça, bercé par la rage.
— Monsieur, vous devriez peut-être la lâcher, tenta soudainement un homme, en s'avançant vers eux pour les séparer.
— Elle n'a qu'à s'excuser.
— Laissez-la partir, intervint une autre femme. Ce n'est pas grave, il n'y a pas de blessé.
L'autre en profita pour tourner les talons et partir à grands pas furieux, lui jetant des regards méfiants par-dessus son épaule. Drago la regarda s'en aller et vint entourer le poignet d'Harry de ses doigts, levant un regard désolé vers lui. Harry aurait voulu la rattraper mais la main de Drago l'arrêta. Il repoussa les autres et prit Drago dans ses bras, toujours énervé.
— Je suis désolé. Vraiment.
— Rentrons.
Harry jeta un œil noir autour d'eux, pour éloigner les passants qui le regardaient toujours, avec un soupir.
— Je suis vraiment désolé. S'il te plait, ne l'écoute pas... Je peux aller chercher d'autres crêpes, on peut oublier ça.
Harry avait tout lâché dès qu'il avait vu la femme tenir Drago.
— Prenons des crêpes et allons les manger à la maison.
Harry vint prendre son visage à la voix morne et colla leurs fronts ensemble.
— Ne l'écoute pas, je t'en supplie.
— Harry, s'il te plait. J'aimerais rentrer.
— Ferme les yeux, dit faiblement Harry en le serrant dans ses bras.
Drago s'exécuta, se blottissant contre lui en silence. Ils disparurent aussitôt pour se trouver devant chez eux. Harry les fit entrer et soupira de nouveau.
— Je suis désolé. Je ne me suis absenté qu'une minute...
— Ce n'est pas ta faute, souffla Drago en allant s'asseoir.
— Oublie-la, gémit Harry en se jetant à ses pieds.
— Harry, relève-toi.
Il se sentait amorphe, un peu éteint. Il ne s'était pas attendu à ce genre de confrontations. Pourtant il avait admis, accepté, qu'il était Drago Malefoy, l'ancien mangemort. Il le savait qu'il était détesté par certains. Mais cette femme, si pleine de haine, lui avait souhaité tellement de mal. Elle ne pouvait pas savoir qu'il l'avait ressentie, toute la douleur qu'elle lui avait promise. Surement même plus que tout ce qu'elle avait imaginé.
Il avait été si bien, si heureux et il se retrouvait soudain à repousser ses propres souvenirs de souffrance. Il avait déjà été puni. Mais il ne comprenait pas comment quelqu'un pouvait souhaiter une telle chose. Comment on pouvait même administrer une telle douleur. Même avant, même l'ancien Drago Malefoy n'aurait pas été capable d'une telle chose. Il savait faire souffrir avec des mots mais la douleur physique, il n'avait jamais été à de tels extrêmes. Même son ancien lui ne comprenait pas cette volonté de faire souffrir. Lui avait juste tenté de survivre, de s'en sortir.
— Désolé d'avoir gâché notre promenade, finit par ajouter le blond en caressant le visage d'Harry.
— Non, non, ce n'est pas toi, assura Harry en venant coller sa joue contre lui. Ne te sens pas coupable. S'il te plait.
— C'est bon, rassura Drago en jouant avec ses cheveux. C'est fini. Oublions ça.
Harry vint aussitôt prendre son visage pour l'embrasser avec tendresse. Il espérait que ses lèvres arriveraient à effacer cette peine. Drago s'agrippa à sa nuque, lui rendant son baiser avec douceur. Les mains d'Harry poursuivirent dans les mèches folles, alors qu'il se redressait.
— Tu es magnifique.
Drago rougit un peu et sa main vint lisser la chemise froissée.
— J'ai essayé d'être bien habillé, révéla-t-il en tentant de chasser les plis.
— Et c'est réussi, garantit Harry en venant reprendre plus légèrement ses lèvres. Tu étais magnifique.
— Je suis content si ça te plait.
— Oui, tu es fabuleux.
Drago s'empourpra légèrement et finit par venir poser des baisers légers sur son visage. Harry gémit alors qu'il se glissait entre ses cuisses.
— Demain, on refera une sortie, dit-il avec douceur. Et cela sera un bon souvenir.
— On n'est pas obligés, tu sais. On pourrait juste manger nos crêpes, pour mieux finir la journée.
— Je les ai laissées là-bas, avoua Harry. Pardon.
— On peut peut-être les faire alors ? suggéra Drago après de longues secondes. Lexi l'a déjà fait, je peux essayer de me souvenir de la recette.
Harry retomba sur ses genoux en le contemplant.
— Tu veux faire la cuisine ? demanda-t-il abasourdi.
— J'avais envie de crêpes, rougit Drago en se ratatinant un peu. J'aide parfois Lexi mais je n'y arriverai pas tout seul.
— C'est...
Depuis combien de temps Harry n'avait-il pas fait la cuisine ? Pire, depuis combien de temps ne l'avait-on pas fait pour lui ? Alors il se sentait incroyablement touché.
— Mais... J'ai ce qu'il faut pour en faire ? se questionna soudainement Harry.
— On va vite le savoir, répondit Drago en se levant pour aller vérifier.
Il ouvrit le frigo pour sortir les œufs et dénicha le reste dans un des placards.
— On a tout. Tu veux essayer ?
— Je ne suis pas sûr de pouvoir beaucoup t'aider. J'ai oublié tout ça mais on peut tenter.
— Viens, on le saura que si on teste, souffla Drago en cherchant un saladier.
Harry sortit un fouet et attendit les directives de Drago avec attention.
— Tu sais, sinon je peux nous chercher une recette, dit-il simplement.
— Non, non je vais m'en souvenir, rassura Drago en se concentrant. Lexi commençait par la farine.
— Farine, dit Harry en prenant le paquet pour lui tendre.
Il allait la verser mais s'arrêta soudain avant de la reposer.
— Lexi s'est servie d'un verre, avec des doses.
Harry se mit immédiatement en recherche dans ses placards et fut étonné d'en trouver un avant de le donner à Drago avec un sourire.
— Verre doseur.
— Merci.
Il se concentra et finit par se souvenir de la dose mise par Lexi. Il avait un air sérieux, grave alors qu'il dosait la farine avec une précaution extrême, trop pour juste des crêpes mais il se redressa avec un sourire fier pour la mettre dans le saladier.
— Apres il faut casser les œufs.
— Combien ? demanda aussitôt Harry en ouvrant la boîte.
— Elle en a mis cinq.
Harry s'exécuta aussi et commença à les casser avec bonne humeur. Il aimait faire ça avec Drago, juste eux deux, tranquillement. Drago continua à lui donner les consignes, à faire ce dont il se sentait capable et ils eurent bientôt une pâte pâle et liquide qui tira un sourire au blond. Il y avait bien quelques grumeaux mais ils avaient réussi.
— Il faut les faire cuire, tu sauras le faire ? demanda Drago en levant les yeux vers Harry.
— Je m'en occupe. Je ne veux pas que tu te brûles, dit Harry en venant l'embrasser délicatement.
— Lexi aussi dit ça, rit Drago en lui sortant ce qu'il fallait.
— On veut prendre soin de toi.
— Merci, Harry.
Le brun lui sourit avant de venir encore l'embrasser. Les crêpes furent cuites en un tour de main, bien que certaines furent un peu trop brûlées car Harry passait son temps à revenir contre Drago sans parvenir à s'en empêcher.
— Gouttons, ton dur labeur, dit Harry en posant l'assiette sur la table.
— Notre, corrigea Drago en posant un pot de confiture et du sucre à côté.
— Je n'ai fait que t'écouter.
— Tu les as cuites, ajouta Drago en pliant une des crêpes pour la poser devant lui.
— Mange ! rit simplement Harry en venant prendre place à ses côtés.
— Toi aussi, fit Drago en lui tirant la langue avant de croquer dans une crêpe.
— Je préfère te regarder, murmura Harry en venant embrasser son épaule non loin.
— C'est moins bon de juste regarder.
Alors Harry ne fit qu'ouvrir la bouche vers Drago pour qu'il le nourrisse. Drago l'observa faire, amusé, avant de s'empresser de déchirer un morceau de crêpe pour le lui poser sur la langue. Harry le savoura puis lui fit un sourire tendre.
— Presque aussi délicieux que toi.
Drago rougit en comprenant la phrase mais ne se détourna pas et vint même poser un baiser sur sa joue avant de recommencer à manger, un sourire au coin des lèvres. Comme toujours, Harry avait éloigné la souffrance, les souvenirs, les cauchemars. C'était tout ce dont il avait eu besoin. Le reste de leur journée fut tout aussi paisible, calme et tendre. La situation se dégrada le lendemain matin lorsqu'on frappa à la porte. Harry soupira mais vint ouvrir pour découvrir Eva.
— Il y a eu une autre attaque ? s'inquiéta aussitôt Harry.
— Je crois que j'aurais préféré, soupira Eva. Je peux entrer ? J'ai des nouvelles et pas que des bonnes.
Harry hésita, jetant un œil vers Drago qui terminait son petit-déjeuner avant de soupirer.
— D'accord, dit-il en s'écartant après avoir abaissé ses barrières.
Eva entra, jeta un coup d'œil à Drago auquel elle adressa un sourire et le blond la regarda, mit quelques secondes à la reconnaître avant de simplement revenir à ses œufs au plat. Eva se tourna alors vers son chef et soupira de nouveau.
— Je vais commencer par la seule bonne nouvelle. Nous avons trouvé une solution pour le sort, sur Drago.
— C'est vrai ? s'enthousiasma aussitôt Harry comme jamais alors qu'il s'avançait vers elle. Mais c'est parfait !
— Ne vous réjouissez pas, Chef, la suite ne va pas vous plaire, l'interrompit Eva d'un regard sombre. C'est une potion. Un expert en potion du département est en train de la réaliser mais il m'envoie poser une question ou deux à Drago.
— Quoi comme question ? se méfia immédiatement Harry en se postant entre eux.
— Ça ne me fait pas plus plaisir qu'à vous, Chef, reprit Eva qui n'avait pas cherché à aller vers Drago. Mais le sort est attaché à une partie de Drago. Selon ce que c'est, les ingrédients de la potion vont varier.
— Je peux surement répondre pour lui.
— Notre potionniste dit qu'il n'y a qu'un seul moyen de le savoir. Quand le sortilège lui a été apposé, la partie de lui à laquelle il s'est lié a dû le brûler pendant des jours, au point de lui donner l'envie de se l'arracher, expliqua sombrement Eva. Il vous a parlé de ça ?
Harry grogna et se détourna d'elle. Il n'aimait pas du tout cette conversation. Il pesa le pour et le contre, pour se tourner enfin vers Drago. Il s'approcha de lui et retira la poêle du feu.
— Tu veux bien nous aider, demanda-t-il dans un murmure.
— Pour ? s'enquit le blond dont le regard alla jusqu'à Eva avant de revenir vers Harry.
— Tu sais, le sort sur toi. J'ai laissé mon équipe travailler dessus. Ils ont trouvé la solution mais ils ont besoin d'informations. Cela ne va pas être agréable mais je reste avec toi.
— Quoi comme information ? interrogea Drago en fixant soudain Eva.
Cette dernière fixait Harry comme pour être sûre d'avoir son accord.
— Viens t'asseoir d'abord, tu veux bien ? proposa Harry en prenant son bras pour le mener sur le canapé.
Drago se laissa guider et Eva suivit, allant s'installer dans un fauteuil plus loin. Harry prit sa main et soupira.
— Si tu ne veux pas répondre, tu n'as qu'à le dire, d'accord ? dit-il avec tendresse en caressant encore sa paume.
— D'accord.
Les doigts d'Harry serrèrent un peu plus la main avant de se tourner vers Eva pour lui dire de commencer.
— Les mangemorts qui t'ont capturé ont posé un sort sur toi, rappela Eva. Cela a dû te brûler, de façon insupportable. J'ai besoin de savoir où.
Drago détourna aussitôt les yeux de la jeune femme. Parce qu'il refusait de penser à cela. Des sorts, il y en avait eu des tas alors qu'il était étalé sur les pavés glacés. Trop pour qu'il se souvienne de tous. Il était d'ailleurs hors de question qu'il essaie de chercher à s'en rappeler. Aller fouiller dans cet amas de douleur serait inconscient.
— Je ne veux pas répondre, souffla-t-il d'une voix à peine audible, les yeux clos, le corps tendu, essayant de repousser tout ça.
— Calme-toi. Tu es ici, avec moi, assura Harry en venant lui caresser le visage. Regarde-moi.
Drago finit par se tourner vers lui, pour le fixer, sa main serrant les doigts qui tenaient les siens.
— Rien ne t'arrivera tant que je suis avec toi, tu te rappelles ? C'est pour enlever ce sort sur toi. Après on ira à la plage si tu veux. Mais tu veux bien essayer ? S'il te plait ?
Drago soupira et finit par se pencher vers lui, venant appuyer son front sur son épaule.
— Il y'en avait trop, Harry, murmura-t-il d'une voix torturée.
Cela brisa le cœur du brun qui remonta sur sa nuque.
— Aucun plus... fort que les autres ? chuchota-t-il s'en voulant déjà.
— Ce n'était que de la douleur, tous. Que ça. Encore et encore.
Les évoquer, même dans l'étreinte de Voix Grave, c'était comme les revivre. Raviver cette souffrance. Il n'en voulait pas.
— D'accord, chut, tout va bien, dit Harry en l'enlaçant avant de se tourner vers Eva. Tu n'as rien de plus précis ?
— L'un d'eux l'a-t-il amené à se faire du mal ? interrogea Eva. Le sort donne envie à l'ensorcelé d'arracher la partie touchée.
Drago écouta les mots en serrant le vêtement d'Harry. Se faire du mal. Alors que tout n'était déjà que tourment. C'était tellement aberrant. Il avait voulu mourir, au début. Pour faire cesser le mal, oui. Mais jamais il ne s'était blessé seul. L'idée de mourir avait ensuite disparu avec sa conscience, son identité, son statut d'être humain, quand il n'y avait plus eu de place pour autre chose que la souffrance. Harry se retourna vers Drago mais celui-ci semblait déjà si loin qu'il s'en voulait de lui demander tout ça.
— Cela t'évoque quelque chose ?
— Je ne me suis jamais fait du mal, articula Drago la gorge serrée.
— Tout ce dont on a besoin, c'est la partie de toi que ce sort a rendue douloureuse, précisa Eva. Ça peut être n'importe quoi. Le cœur, les poumons, la gorge, les yeux, les doigts. Ça a dû être intolérable. C'est décrit comme une brûlure intense et insupportable, tout en étant glacé. Ça a duré au moins une journée et ça s'est atténué avec le temps.
Le temps n'avait pas de consistance pour Drago au moment des faits. La journée ne représentait déjà plus rien pour lui. Et rien ne s'était jamais atténué. Car chaque douleur était suivie d'une autre. Un sort en succédait un autre, parfois c'était des coups. Mais il y en avait un qui s'était approché de ce qu'elle décrivait.
— Dans la tête, finit-il par réussir à murmurer.
— C'est bien, dit aussitôt Harry en lui embrassant le font.
— Tu es sûr ?
Drago se contenta de hocher la tête. Il se souvenait de ce sort. Au tout début. De la conversation. Ils avaient discuté autour de lui. Trois rires gras. Ils avaient écarté le cœur en disant qu'il n'en avait pas, les poumons en prétextant qu'il ne pourrait plus hurler et avait continué des heures. Lui assénant parfois un sort, un coup. Puis il avait eu la sensation que sa tête allait exploser et il avait perdu tout le reste.
— Il te faut autre chose, pressa Harry en caressant Drago pour tenter d'apaiser sa culpabilité.
— Non, c'est tout ce qu'il fallait au potionniste. Mais j'avais une autre mauvaise nouvelle. Le Ministre aimerait vous voir, Chef, à son propos, murmura Eva en désignant Drago.
— Pourquoi ? gronda-t-il en le cachant dans ses bras.
— Il aurait reçu des plaintes et officiellement, Drago Malefoy est toujours un mangemort recherché.
— Conneries ! Et puis quoi encore !
Drago, lui, se serra plus fort contre Harry.
— Je suis désolée, Chef, je ne fais que la messagère. Il va falloir aller voir ça avec lui. Il est venu nous interroger mais on ne lui a rien dit.
— Merci. Je vais voir ce que je peux faire. Quel connard ce Ministre ! Merci d'être venue, Eva.
— Je reviendrai vite avec la potion j'espère, répondit la femme en se levant. Désolée de lui avoir imposé cela.
Harry secoua la tête pour lui dire que cela irait mais ne lâcha pas Drago pour autant.
— J'irai voir le Ministre tout à l'heure, lui dire ma façon de penser.
— Si vous avez besoin de soutien, on est là, Chef, assura Eva en lui adressant un signe de tête avant de se diriger vers la porte et de quitter l'appartement.
Harry soupira et vint s'enrouler autour de Drago.
— Je suis désolé pour ça. Vraiment.
— Tu as dit qu'on irait à la plage.
Il voulait s'échapper de tout ça. S'assurer qu'il n'y était plus. Qu'il était libre.
— Oui, pardon. Je...
Il hésita une seconde, se demandant s'il devait aller voir le Ministre tout de suite mais refusa de laisser Drago dans cet état alors il sourit doucement et vint l'embrasser.
— Allons-y.
Drago parvint à se redresser et finit par se détourner pour aller chercher les maillots de bain et les serviettes. Tout pour ne plus penser. Harry l'accompagna et il décida de lui montrer comment faire des châteaux de sable, bercés par le soleil. Drago mit un moment à retrouver son sourire mais Harry finit par y arriver à son plus grand soulagement, ce fut d'ailleurs pour ça que dès le lendemain matin il transplana chez le Ministre, enragé à l'idée que Drago puisse le perdre de nouveau à cause de lui.
— M. Potter, l'accueillit le Ministre dès qu'il entra. Installez-vous.
— Pourquoi vous vous en prenez à Drago Malefoy ? demanda-t-il en s'avançant sans même prendre la peine de le saluer.
— Je ne fais rien du tout. Asseyez-vous !
— Non, je veux une réponse ! Pourquoi aller interroger mon équipe ?!
— Il y a eu des réclamations, de civils. Vous savez que Drago Malefoy est toujours un mangemort recherché ?
— Pitié, il n'a jamais été un vrai mangemort. C'est son nom que les gens retiennent. C'est tout.
— M. Potter, nous avons une procédure et des règles et nous nous devons de les appliquer.
— Cela ne vous dérange pas quand je vous débarrasse de la vermine... Alors ne jouez pas à ça avec moi.
— Quand vous le faites, vous respectez un minimum la procédure. M. Malefoy n'a pas été innocenté, il doit avoir le même traitement que les autres. Il a la marque, il devra avoir un procès.
— Vous avez lu les rapports, vous savez ce qu'il a subi. Il n'est pas en état. Donc il n'en est pas question. Il est sous ma protection et ma surveillance. Il n'y a donc aucun problème.
— Et comment allez-vous gérer la réaction des civils ?
— Ce n'est pas mon travail. C'est le vôtre.
— Si vous voulez que je fasse mon travail avec les civils, alors je dois aussi faire mon travail avec Malefoy. Vous devez nous le ramener, qu'on l'interroge et qu'il ait un procès, comme tous les autres.
— Non.
Net, sans discussion.
— Potter, ne m'obligez pas à envoyer une équipe pour l'arrêter, gronda le Ministre. Soit nous trouvons un accord qui nous convient à tous les deux, soit vous êtes buté et je vais prendre les choses en main.
Harry grogna, croisa les bras et fixa le Ministre.
— Qu'est-ce que vous voulez ?
— Il nous faut gérer le public, satisfaire les civils tout en étant équitables. Nous devons maintenir notre image de justice. Drago doit avoir un procès au risque de déclencher un esclandre. On peut fixer une date, le tenir en privé et je vous laisse du temps pour réunir des preuves de son innocence. Je ne veux pas plus que vous le voir puni.
— Pourquoi lui infliger un procès alors ?
— À cause du public. Il reste un mangemort, officiellement. Nous devons tous leur appliquer le même traitement, au risque de perdre toute crédibilité et donc, nos postes respectifs. Alors vous ne pourrez plus le protéger.
— Pourquoi ne pas dire qu'on fait un procès et le laisser. Cela sera trop dur pour lui à affronter.
— Parce que nous ne sommes ni des menteurs, ni des imposteurs. Même si on trafique un peu et qu'on est plus clément, il faut au moins sauver les apparences. On peut privatiser le procès mais il y aura du monde à la sortie, c'est inévitable.
— Je ne veux pas.
— Bien. Je vais donc missionner une équipe d'aurors qui viendra le chercher dans les jours prochains, trancha le Ministre. Il y aura procès que vous soyez coopératif ou non.
— C'est injuste ! hurla Harry en tapant sur le bureau. Il ne mérite pas ça ! Et surtout pas d'un procès ou personne ne le connait et veux le condamner pour son nom !
— Eh bien réunissez des témoignages, des circonstances atténuantes, que sais-je ? Je lui attribuerai un juge qui saura se montrer indulgent et, si on se débrouille bien, on peut lui épargner la peine et il repartira libre. Mais on doit sauvegarder les apparences.
— Et si le public crie encore au scandale ?
— Il aura eu un procès, justice aura été rendue, le public devra simplement l'accepter.
— Et si ce n'est pas le cas ? Qu'est-ce que vous allez faire encore ? Il n'ira pas en prison.
— Ce sera le cas.
— Bien. Je vais réunir toutes les preuves, alors si cela suffit, il n'aura pas de procès.
— Une audience, il y aura une audience pour que vous présentiez les preuves. Sa présence ne sera pas nécessaire s'il y a une bonne raison. Comme une raison médicale.
— Parfait. Je ferai ce qu'il faut alors, dit Harry en se détournant déjà pour sortir.
Il savait qu'il devrait appeler aussitôt Hermione après. Peut-être un rapport de monsieur Robinson. Tout pour que Drago n'aille jamais au procès.
— Je vous enverrai un hibou, Mr Potter, précisa le Ministre avant qu'il passe la porte.
— Pour quoi faire encore ?
— Pour vous donner la date de l'audience.
Harry grogna mais ne fit que claquer la porte. Il était furieux. C'était complètement injuste d'imposer cela à Drago. Il avait assez souffert. Alors Harry allait tout faire pour qu'il n'aille jamais à cette fichue audience.
Vous pensez que Drago va s'en sortir?
