-Hello ! Shade pour vous servir :D
-Yo, Kay, comme toujours, juste à ses côtés :)
-Et toujours avec le superbe travail de Serpenta, toujours au super niveau :D
- Nous sommes bien entendu accompagnées de ce nouveau chapitre :P Tout beau, tout propre et presque le dernier :P
-ça fait peur hein ? Mais vous inquiétez pas, nous sommes des auteurs remplis d'amour, pas du tout sadique... XD
- Faites nous confiance :P ça ira ... XD
-En attendant on vous souhaite une bonne lecture :D
- Et on vous dit à dans quinze jours pour un nouveau chapitre. love 3
-Et prenez soin de vous. Love sur vous :3
Chapitre 19.
Drago ne rouvrit les yeux que des heures plus tard. Il resta couché là, à contempler les draps devant lui, encore un peu hébété, se sentant mieux mais encore légèrement léthargique. Il finit par chercher Harry de la main avec un soupir fatigué. Harry n'était pas bien loin, simplement redressé dans le lit mais bien vite il fut tout contre lui pour l'enlacer.
— Cela va mieux ? murmura-t-il en douceur en venant embrasser son visage.
Drago hocha la tête alors qu'il s'agrippait aussitôt au brun avec un sourire soulagé.
— C'est fini ?
— Je pense. Comment tu te sens ?
— Fatigué mais je n'ai plus mal à la tête.
— C'est bien. Tu veux manger quelque chose ? N'importe quoi ?
— Oui, répondit Drago après un court silence. Oui, j'ai faim. Du sucré.
— Ne bouge pas, je te rapporte les gâteaux que tu aimes tant.
— Et à boire, s'il te plait, soupira Drago.
— Tout ce que tu veux, dit Harry en se levant après un baiser.
Il ne revint que quelques minutes plus tard les bras chargés. Il tendit d'abord le verre d'eau à Drago en l'aidant à se redresser.
— Merci, souffla le blond.
Il s'assit, s'enroula dans la couverture pour cacher sa nudité et s'éviter d'avoir froid avant de boire d'une traite, chassant la sensation de bouche pâteuse avec satisfaction. Harry lui caressa la tête avec un sourire, avant de tendre le paquet.
— Mange. Je veux te voir en forme, pria-t-il en revenant contre lui.
— Ça va mieux, assura Drago qui grignotait déjà, plus réveillé que cinq minutes avant.
— La douleur a disparu ?
— Oui. Je n'ai plus chaud non plus. Je me sens comme avant.
— Je suis heureux alors. Cela veut dire que c'est fini. Tu vas pouvoir être en sécurité.
— Tu n'auras plus besoin de me protéger.
— Oh si, je vais rester là tout contre toi tout de même, pouffa Harry en le serrant un peu plus.
Drago rit doucement, rassuré et il vint caresser son visage avec tendresse.
— Tu sens un peu ta magie ? On pourrait aller te chercher une nouvelle baguette.
— Oui, ça fait des fourmis. Chez Ollivander ?
— Oui. C'est le meilleur pour ça.
— Ce n'est pas une bonne idée, d'aller sur le chemin de traverse.
— Tu as peur qu'on te reconnaisse ?
— C'est plein de sorciers, ça va forcément arriver.
— Ne t'inquiète pas de ça. J'ai une idée. Promis, on ne te reconnaitra pas. Je te l'assure.
— Comment vas-tu faire ?
— Je pensais à un petit déguisement.
— Tu vas me mettre une perruque ?
Cela fit éclater de rire Harry qui se redressa ensuite.
— Tu aimerais ?
— On peut essayer mais je ne sais pas si ça suffira.
— Tu sais une longue cape, une capuche cela suffit en général. Mais si tu veux on ajoutera une perruque. On en a pour les missions d'infiltration.
— Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Il y aura plein de monde.
— Si tu veux, on peut se servir d'une potion ou même de ma cape d'invisibilité pour te rassurer mais je ne pense pas que ce soit nécessaire. Je t'assure qu'on sera discret. Tu n'as pas envie d'avoir à nouveau une baguette ?
— Je n'en sais rien, je n'y ai jamais réfléchi.
— Mais, quand je t'en ai parlé la dernière fois, tu semblais content.
— J'aime bien l'idée de faire de la magie avec toi mais je ne sais pas si j'en suis encore capable.
— On fera ça ensemble, à ton rythme.
— Il faut déjà la baguette.
— Allons-y alors.
Drago hésita mais finit par venir l'embrasser chastement avant de se lever, traversant la chambre, indifférent à sa nudité, pour aller trouver de quoi s'habiller dans l'armoire. Harry le suivit des yeux appréciant la vue avec joie. Drago passa un pantalon et un pull ajusté, de la panoplie que Lexi lui avait trouvée et il tira des chaussures du placard, à regret. Il était toujours pieds nus à l'appartement et passer des chaussures à chaque sortie le mettait chaque fois mal à l'aise même s'il commençait enfin à en prendre l'habitude.
— Je suis prêt, dit-il finalement en revenant vers Harry.
— Tu es magnifique, complimenta-t-il en l'enlaçant.
Il avait encore envie de le caresser, de le couvrir de ses lèvres mais il voulait aussi lui faire plaisir avec cette baguette, lui redonner le sourire. Oui, les deux lui faisaient envie et il n'arrivait pas à choisir. Parce qu'enfin Drago était libre de tout. Plus de sort. Rien. Juste eux. Il n'avait plus que le Ministre à gérer et ils seraient enfin tranquilles. Drago le serra contre lui en réponse, effleurant son dos avec tendresse.
— On va passer à mon travail, chercher ce qu'il faut, expliqua Harry en lui prenant la main.
— Je peux aller voir où tu travailles ?
— Cela t'intéresse ? s'étonna Harry.
— Beaucoup, s'enthousiasma Drago.
— Pourquoi donc ? rit-il en l'attirant vers la sortie.
— Parce que tu y passes énormément de temps, que ça a l'air important pour toi. Je devrais avoir un travail aussi, non ?
Harry allait ouvrir la porte après avoir mis ses chaussures mais se stoppa net pour ensuite se tourner vers lui.
— Tu voudrais ?
— Je n'en sais rien. Mais tout le monde a un travail, non ? Je devrais aussi ?
— Tu n'es obligé de rien.
— Je ne saurais même pas quoi faire, répondit Drago en haussant les épaules. On y va ?
— Alors pourquoi y penser d'un coup ?
— Ça me paraissait bien, comme idée, révéla tranquillement Drago.
— Si tu veux un travail, je t'aiderai à trouver ce qu'il te faut, trancha Harry en les faisant enfin sortir
Drago contempla son dos en suivant, l'esprit un peu ailleurs. L'idée venait juste d'émerger. Il en caressa même la pensée un instant, se projetant dans une vie normale, comme il aurait pu en avoir. Un travail, des collègues, Harry qu'il retrouverait le soir à la maison. Mais il baissa la tête en chassant cette idée. Il ne se sentait pas capable de faire cela. De côtoyer d'autres gens. Et il n'avait surement aucune compétence pour n'importe lequel des métiers possibles. Et qui voudrait d'un Malefoy après tout ? C'était une idée stupide qu'il repoussa et il suivit Harry, venant serrer sa main qui tenait la sienne. Ce n'était pas indispensable après tout. Il avait Harry, c'était tout ce qui comptait. Peu importait que sa vie ne soit plus normale. Il ne l'était pas alors c'était logique.
Harry l'attira contre lui avant de soupirer.
— Ne t'éloigne pas de moi quand nous y serons, d'accord ? C'est rempli de vermines là-bas.
— Je ne lâche pas ta main, promit Drago.
— Et...n'aie pas peur si on en croise une.
— Ça risque d'arriver ?
— C'est possible, oui. Je ne sais pas sur quelle enquête ils sont, ni s'il y aura des prisonniers. Mais ne t'inquiète pas, tout se passera bien.
— D'accord, soupira Drago en se calant contre lui. Allons-y alors.
La perspective de revoir un mangemort amenait une vague de terreur en lui. Drago Malefoy n'avait jamais été connu pour son courage, même avant cette année de torture. Depuis, il trouvait cette notion superflue. Qu'importait le courage face à une douleur aussi longue et intense que celle qu'il avait ressentie ? Il avait bien l'intention de fuir chaque possibilité de croiser un mangemort. Mais il était avec Harry. En qui il avait une foi absolue.
Harry les fit disparaître pour réapparaître dans le couloir qui donnait sur les bureaux de son équipe.
— Dis-moi si quelque chose ne va pas, chuchota Harry en s'avançant dans le couloir.
Drago hocha la tête et écarta rapidement l'idée de croiser un mangemort pour mieux observer les lieux où Harry avait passé tant de temps.
— Tu... Tu veux rencontrer mon équipe ? demanda Harry incertain.
— Je peux ? s'étonna Drago.
— Si je te le demande. Je ne sais pas s'ils seront tous là mais il doit bien y avoir quelqu'un, dit-il en s'avançant vers une des portes.
— Ils sont gentils ? interrogea le blond alors qu'ils arrivaient dans un bureau où se trouvaient trois hommes.
— Chef, claironnèrent-ils à leur entrée. Tout va bien ?
Phillipé s'approcha rapidement puis se stoppa d'un coup » ou « avant de se stopper d'un coup .
— Attendez, on n'a pas fait de conneries, hein ? implora-t-il.
Harry leva un sourcil avec un petit sourire prétentieux.
— Pourquoi, tu as quelque chose à te reprocher ?
Phillipé se tourna aussitôt vers les autres, mal à l'aise et sans savoir quoi répondre. Drago observait l'échange, se tenant un pas derrière Harry, la main crispée dans la sienne mais avec un air curieux et intéressé, découvrant un nouveau Harry, le Harry-chef, avec une fascination nouvelle.
— Il n'a rien fait, Chef, rit Nate en se levant. On peut faire quelque chose pour vous ?
— Non, je suis juste passé piocher dans notre équipement d'infiltration. Vous avez besoin d'un truc ou pas ?
— Non, tout va bien pour nous, assura Kylian.
— Vraiment ? Pas d'autres bavures en mission ? demanda Harry toujours amusé.
— Bien sûr que non ! On assure, on est des pros ! affirma Phillipé en se dirigeant près d'eux. Eva nous a dit que vous lui aviez payé un café. Cela veut dire qu'on peut en avoir un aussi ?
— Elle a parlé de gaufres aussi, ajouta Nate avec un sourire malicieux.
— Vous n'êtes que des goinfres et les gaufres n'étaient pas de moi, sourit Harry en serrant sa prise sur l'épaule de Drago avec un regard tendre vers lui.
L'attention que cela attira sur Drago le fit s'affaisser un peu mais il parvint à croiser leurs regards, tortillant ses doigts visiblement mal à l'aise. Ce fut Nate le premier qui lui sourit et il parvint à se redresser.
— Je vous en ferai si vous voulez.
Les mots étaient un peu hachés mais sa voix n'avait presque pas tremblé alors il était plutôt content de lui. Il sursauta quand Nate poussa une exclamation et se détendit en comprenant les mots.
— Oh un peu qu'on veut ! S'écria-t-il avec joie. Alors ça, c'est super sympa.
— Ne vous habituez pas trop. Vous n'arriverez plus à courir à l'entraînement...
Pourtant Harry déposa un baiser sur le front de Drago, fier qu'il veuille prendre soin de ses hommes.
— Je vous ferai des trucs plus légers, tenta Drago.
— Fais-nous ce que tu veux, on mangera tout, assura Nate avec un petit rire.
Tant d'enthousiasme fit sourire le blond et il parvint à se redresser.
— Vous avez besoin de quoi ? finit par leur demander Kylian en les observant.
— Deux ou trois accessoires pour se camoufler. On ne va pas vous déranger plus longtemps.
— Je vous accompagne à la réserve ? Je crois qu'Evan l'a un peu retournée. Vous le connaissez, grimaça Kylian.
— Oui, si tu veux, proposa Harry en se tournant vers la sortie. Soyez sages jusqu'à mon retour.
— On est toujours sage, renchérit Phillipé. Ou presque.
Harry sourit mais ne dit rien d'autre et attira Drago dehors. Kylian leur emboîta le pas et leur ouvrit la réserve. La pièce de taille moyenne était remplie d'étagères et de malles toutes pleines de vêtements ou d'accessoires divers qui semblaient avoir été jetés là en vrac.
— Vous cherchez quoi exactement ? s'ensuit Kylian en entrant.
— Quelque chose pour qu'on ne le reconnaisse pas, dit simplement Harry en commençant à fouiller.
Il en sortit une perruque brune aux cheveux courts qu'il montra à Drago.
— Ça t'irait ?
— On peut essayer, proposa Drago en allant caresser les faux cheveux.
Harry lui mit aussitôt avant de rire.
— Non, vraiment, ce n'est pas pour toi !
Drago rougit et ôta la perruque avec un sourire contrit.
— Tu avais dit juste une cape, finit par soupirer Drago.
— Tenez, celle-ci recouvre bien, proposa Kylian en tirant le tissu d'une des étagères.
Harry se glissa contre Drago et s'approcha de son oreille.
— Je te préfère simplement comme tu es, dit-il avant de prendre la cape de Kylian en hochant la tête pour le remercier et de la tendre à Drago.
Drago la prit en lui jetant un regard indescriptible et il l'accrocha à ses épaules avant de quêter l'avis d'Harry.
— Avec la capuche, on te prendrait presque pour un fantôme. Impossible qu'on te reconnaisse, assura-t-il en se tournant vers Kylian pour avoir son avis.
— Garde la tête un peu basse, conseilla Kylian avec un sourire tranquille. Personne ne te reconnaîtra.
Drago le fit et Kylian hocha la tête en signe d'assentiment. Harry se pencha vers Drago une main sur son épaule.
— Rassuré ?
— Un peu. On y va maintenant ?
— Tu ne veux pas que je me déguise aussi ? proposa Harry joueur.
— Pourquoi ? Les gens t'aiment.
— Tu devrais dire ça à mon équipe ! rit Harry en l'attirant.
— Je préfère ne pas répondre à ça, s'amusa Kylian.
— Vous ne l'aimez pas ? s'étonna Drago avec sérieux.
— Laisse Drago. Je les torture beaucoup trop pour ça. C'est mon rôle.
— Je croyais que ce n'était qu'une image quand tu parles de les torturer.
— C'en est une, assura Kylian. Le chef prend bien soin de nous, ne t'en fais pas. Allez-y, avant que les autres rappliquent et viennent vous embêter.
— Vous manquez de missions, indiqua Harry en reprenant les épaules de Drago pour le mener vers la sortie. Merci pour ton aide, Kylian.
— Toujours un plaisir, Chef. N'hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit, même avec le Ministre, ajouta l'auror après une hésitation. On est tous prêt à vous aider.
— Je sais. Je vous suis déjà très reconnaissant pour le sort. Je m'occupe du Ministre.
— Si vous avez besoin, vous savez où on est, souffla Kylian avant de sortir.
Harry hocha la tête, accompagna Drago jusqu'à la zone de transplanage.
— Prêt ?
— Si ça va mal, tu nous ramènes, hein ?
— Tu n'auras qu'un mot à dire, garantit Harry, avec un baiser sur son front.
— D'accord, alors.
Harry sourit et l'instant d'après ils se trouvaient sur le Chemin de Traverse. Harry prit sa main et commença aussitôt à marcher. Drago veilla à garder la tête basse comme Kylian le lui avait dit mais il observait par-dessous la capuche la foule qui les entourait. Il prit confiance après quelques pas en voyant qu'on ne lui sautait pas dessus et il redécouvrit avec un plaisir surpris les lieux familiers remontant à un passé lointain. Comme s'il était redevenu un enfant, il lorgna les vitrines pleines de couleurs, les devantures animées et il eut bientôt un sourire, la main dans celle d'Harry suffisant à le rasséréner. Ils finirent par s'arrêter devant la boutique d'Ollivander et Harry les fit entrer.
Drago eut l'impression d'avoir à nouveau onze ans. Un onze ans bien éloigné de la première fois. La présence imposante et rassurante de son père avait disparu. Mais il y avait celle douce et apaisante d'Harry. Il avait l'impression de revivre, après tout ce qu'il avait traversé. D'avoir une nouvelle chance. Il rangea avec un soin précautionneux sa toute nouvelle baguette, comme si c'était un véritable trésor. Ils passèrent leur soirée à exécuter des sorts simples, Drago retrouvant la joie de pratiquer la magie, aussi basique soit-elle.
Il en fit seul les jours qui suivirent et en fit la démonstration à Lexi avec un air ravi. Il était encore en train de faire léviter des objets lorsque Ron vint, quelques jours plus tard. Harry sembla d'abord réticent à le laisser s'installer avec eux. Drago comprit lorsque Ron aborda le procès, l'audience, qui le concernait. Le roux avait pu persuader l'administration que sa présence n'était pas nécessaire aussi Drago n'aurait pas à venir, grâce aux certificats fournis par Harry.
Ron avait parlé au juge Marpin et assura à Harry qu'il n'y aurait pas de prison pour Drago. Il avait également retrouvé la femme qui avait porté plainte et avait découvert qu'elle était la mère d'une des victimes faites lors de la bataille de Poudlard, blessée lors d'une incursion des mangemorts causée par Drago. Elle n'avait pas pu se défendre à cause de sa blessure et sa mère tenait donc Drago pour responsable direct. Ron avait pu persuader tous les proches de la femme de retirer leurs plaintes faites pour appuyer son propre témoignage. Celle qui avait posé tant de soucis au Ministre lui-même.
Ron avait parlé d'une audience de formalité, il tendit même une feuille à Harry résumant les éléments à rappeler lors de l'audition qui innocenterait Drago. Marpin l'avait averti qu'il ne pourrait pas le blanchir totalement mais il avait accepté un compromis. Mettre Drago sous la surveillance d'Harry, officiellement. Il avait bafouillé en ajoutant qu'il espérait que ça n'était pas un problème pour son ami mais en voyant le brun si heureux, près de Drago, il avait été rassuré. Cela l'avait amené à regarder Drago d'un autre œil et il s'était vite rendu compte que le blond n'avait plus rien à voir avec celui qu'il avait été. Il agissait parfois comme un enfant innocent, il lui sourit même et Ron se détendit après ça, face à lui. Il continua de détailler tous les éléments du dossier à Harry jusqu'à ce qu'il les connaisse par cœur pour le Jour J, auquel Ron proposa de l'accompagner.
Harry avait au moins fait l'effort de passer une chemise ce matin-là, alors qu'il traversait maintenant les longs couloirs du ministère. Il espérait que toute cette mascarade serait bientôt finie. C'était ce à quoi il pensait en passant la bonne porte. Il se trouvait dans une petite salle, avec juste un bureau, derrière lequel se trouvait un magistrat dans sa robe noire, plongé dans un dossier. Il y avait deux autres hommes derrière lui, deux aurors, en tenue officielle, plongé dans une longue discussion.
Harry s'avança sans même baisser les yeux. Il s'arrêta devant eux avec un soupir.
— Pouvons-nous commencer ?
— M. Potter, salua le juge Marpin avant de désigner les deux chaises devant lui. Auror Weasley. Installez-vous.
Harry jeta un regard à Ron avant de soupirer encore une fois en s'asseyant. Il croisa aussitôt ses bras, toujours mécontent d'être là pour une affaire qui n'avait pas lieu d'être. Ron s'assit à ses côtés tandis que le juge Marpin ouvrait un dossier plus épais.
— Nous sommes donc réunis ici pour traiter l'affaire de Drago Malefoy, mangemort recherché activement ces cinq dernières années. En raison de circonstances médicales, le prévenu a été autorisé à ne pas assister à cette audience et sera représenté par Harry Potter, secondé par l'auror Ron Weasley. Les témoins attribués à ce jugement seront les aurors Denis Advin et Anthony Stein. Les chefs d'inculpation sont les suivants : M. Malefoy porte la marque des ténèbres et est un mangemort reconnu et actif durant la guerre, M. Malefoy a contribué à la mort d'Albus Dumbledore, M. Malefoy a contribué à des crimes de guerres par acceptation des agissements de ses comparses, M. Malefoy et sa famille ont hébergé le Seigneur des Ténèbres durant des mois, le dissimulant aux aurors grâce à la magie protégeant leur manoir.
Le juge marqua une pause et releva la tête en fixant Harry et Ron.
— Je vous laisse présenter votre défense et vos preuves.
— M. Malefoy a subi des sévices importants à tel point qu'il avait oublié qu'il était humain. Il a été capturé pendant des mois, torturé et sous un sort de magie noire. Face à un tel passé nous souhaitons l'abandon de toutes les charges, grogna Harry.
— Voici les rapports du psychomage qui le suit, appuya Ron en fournissant les feuilles.
Le juge Marpin les saisit et prit le temps de les parcourir avant de les faire passer aux deux témoins qui gardaient le silence.
— Il a pourtant été vu dans la rue, ce qui conduit à la plainte qui nous a amené ici, soupira le magistrat en croisant les bras sur le bureau.
— Je m'occupe de lui pour qu'il réapprenne à vivre, expliqua Harry retenant un grognement.
— Cette plainte n'a pas de fondement, reprit Ron en tendant de nouveaux documents. Elle porte sur des faits s'étant déroulés à Poudlard, lors de l'intrusion des mangemorts. En plus d'avoir été torturé par ses soi-disant alliés, ces derniers l'ont poursuivi pendant des mois et retenu presque deux ans. Le sort posé sur Drago Malefoy devait mener à sa mort, ajouta le roux qui joignait de nombreux feuillets à chaque nouveau fait présenté. Ces mêmes supposés alliés ont tué sa mère, dont le corps a été trouvé en Espagne, puis son père, dont le cadavre refroidissait dans la cellule voisine à la sienne. M. Malefoy a plus perdu que beaucoup des victimes de la guerre, alors qu'il était censé être dans le camp des mangemorts.
— Plaidoyer intéressant, M. Weasley, souffla le juge qui lisait les feuilles avec un sourire en coin.
Après un court silence, il reprit d'un ton tranquille.
— Bien, comme nous ne pouvons pas le laisser libre mais pas l'enfermer non plus, je propose que M. Malefoy reste sous étroite surveillance d'un auror reconnu et chevronné durant les deux prochaines années. Si après ce laps de temps, il n'a été mêlé à aucune affaire douteuse et reste innocent de tout nouveau crime, il sera libéré et aucune charge ne sera plus retenue contre lui. Cela convient-il aux deux parties ?
— Cela nous convient, répondit l'un des témoins.
— Je serai cet auror, trancha aussitôt Harry avec empressement.
Il était hors de question qu'il laisse Drago à quelqu'un d'autre.
— Parfait, trancha Marpin en tirant un document de son tas. Il faudra que vous me remplissiez ça pour la prise en charge, je le joindrai au dossier.
— Et pour le reste, demanda Harry en prenant le document.
— Un sort de traçage devra être placé sur M. Malefoy et vous aurez des comptes rendus sur son comportement à faire tous les mois jusqu'à échéance. Le département de la justice se chargera de faire le communiqué du rendu de son jugement.
— Des comptes rendus ? répéta Harry près à perdre son sang-froid.
— Cela ressemble à ça, murmura Marpin en sortant un autre feuillet.
Celui-ci était plus simple et comportait juste quelques questions sur les comportements suspects ou non de la personne surveillée.
— C'est bien, Harry, il n'aura pas besoin d'être avec toi pour ça, intervint Ron.
Harry se mordit la lèvre, souhaitant dire que tout cela était absurde mais la voix de Ron le calma et il finit par simplement hocher la tête en croisant les bras.
— Très bien.
— Parfait, adjugea le juge en tamponnant le dossier. Déposez votre demande de prise en charge dans les trois prochains jours au département de la justice magique et la preuve de votre sortilège de traçage. Et sur ces formalités, vous pouvez y aller messieurs.
Harry se leva aussitôt pour prendre le papier avec un soupir. Le « merci » lui brûla même les lèvres. Ron imita son mouvement, adressa un signe de tête au juge et à ses collègues avant de prendre l'épaule d'Harry pour le faire sortir, refermant derrière eux.
— Détends-toi, tout va bien.
— C'est stupide ! Je ne devrais même pas avoir à remplir tout ça ! Surtout pendant autant de temps !
— Harry, il était obligé de faire quelque chose, un minimum. L'innocenter aurait pu provoquer de la colère ou de l'indignation. Crois-moi, c'est un bien moindre mal. Drago n'aura même pas à faire quoi que ce soit.
— Mais on ne pourra pas oublier tout ça...
— Harry, ce n'est qu'une case à cocher tous les mois que tu envoies par hibou. Seulement durant deux ans.
— Oui, oui, grogna-t-il, bougon.
— Réjouis-toi plutôt. Drago n'ira pas en prison, il est à l'abri et il reste avec toi, ce n'est pas ce que tu voulais ?
— Si, bien sûr que si. Désolé, soupira-t-il. Merci de m'avoir aidé pour ça.
— De rien. Ne t'excuse pas, je commence à m'habituer à te voir réagir au quart de tour quand il s'agit de Drago.
Harry leva un sourcil étonné et finit par s'arrêter pour le contempler.
— Qu'est-ce que cela veut dire ?
— Qu'aussi étrange que cela paraisse, il a l'air de te ramener à la vie. Tu en oublies même ton professionnalisme froid et mordant. Je t'envie, d'une certaine façon, je crois, soupira Ron en haussant les épaules, les mains au fond des poches.
—Pourquoi ? Et oui, j'ai besoin de lui, pour ça que je trouve ça absurde.
— Il te fait passer à autre chose. C'est bien.
—Je sais.
—Je suis content pour toi. Allez, je dois retourner travailler. Nous ne sommes pas tous en vacances.
—Ron... Merci. Je crois que je les aurais simplement faits exploser sans toi.
— Je suis content si j'ai pu t'aider et t'éviter d'aller en prison, sourit Ron. Passe me voir un de ces jours.
— Je... Chez toi, oui. Je ne suis pas prêt pour le terrier, avoua Harry en baissant la tête.
Il suivait toujours sa thérapie avec M. Robinson mais, ça, c'était trop pour lui. Il avait pourtant compris que Ron n'était plus un ennemi, que certaines personnes de son entourage pouvaient l'aider et ne pas disparaitre. Que Drago non plus n'allait pas disparaitre.
— Où tu préfères et quand tu veux, assura Ron. À bientôt Harry.
— Je... Je pourrais venir avec Drago ? demanda Harry en lui prenant le bras, la tête basse.
— Oui, répondit Ron après une hésitation. Bien sûr. Il sera le bienvenu.
Harry lui fit la mine timide qu'il avait avant, pour le relâcher ensuite en hochant la tête.
— Alors à bientôt, cela m'a fait plaisir, de te voir. Même dans ces circonstances, ajouta Ron avant de s'éloigner enfin.
— À bientôt, souffla Harry avant de se détourner aussi pour retrouver sa belle créature qui était maintenant hors de danger.
Vous voyez, on a été sage comme des images, non ?
Love sur vous.
