Réponse au défi n° 38 de la Bibliothèque de Fictions : Votre texte devra commencer par « Tout ce que [nom de votre personnage] voulait pour le moment, c'était sortir d'ici. » 100 mots minimum.

Fuir.

[Pré-saison 7, référence au 7x11 et évocation de la « secte » dont fait partie Éloïse/Gothel] : « Tout ce que Tilly voulait pour le moment, c'était sortir d'ici. » Une exploration du passé commun de Tilly et Éloïse Gardener pendant la malédiction, et une explication de pourquoi Tilly a tellement peur d'Éloïse Gardener. Même si elle ne s'en souvient pas. Cursed!Alice. Faux souvenirs. Et Tilly a des problèmes de mémoire à cause des médicaments qu'elle doit prendre. Rien de tout cela n'est réellement arrivé.

ND'A : Angelica R, aka l'auteur qui a déjà un Secret Santa et une commande du Comptoir des Auteurs sur les bras, mais qui décide de tout laisser tomber temporairement pour répondre à un défi... Je devrais arrêter de trop me disperser.

Tout ce que Tilly voulait pour le moment, c'était sortir d'ici.

À vrai dire, elle ne savait même plus comment elle s'était retrouvée là, tout était très flou dans sa tête, à cause des médicaments qui lui brouillaient l'esprit, elle n'avait plus vraiment la notion du temps non plus.

Elle se rappelait seulement qu'elle n'aurait pas dû être là.

Elle savait seulement qu'elle avait peur.

La panique commença à l'envahir et les yeux grands ouverts, elle reprit peu à peu ses esprits.

Elle se trouvait dans un grand jardin, le même que celui dans lequel Victoria Belfrey – c'est-à-dire Lady Tremaine, c'est-à-dire Raiponce – (ah, Once Upon A Time et cette manie de faire en sorte qu'un personnage ait plusieurs identités...) trouverait la mort des années plus tard.

Il y avait des femmes autour d'elle, sept exactement, habillées bizarrement, et, alors qu'elle se regardait elle-même, elle sursauta, constatant qu'elle portait exactement la même tenue.

Mais, pourquoi ?

Comment était-ce arrivé ?

Et d'ailleurs, que faisait-elle là ?

Elle n'eut pas réellement le temps de se reprendre, et soudain, alors qu'elle croisait le regard d'une des femmes en face d'elle, elle se mit à frissonner d'horreur, alors qu'un sourire affreusement joyeux tordait le visage de celle-ci.

Tilly réalisa qu'elle n'avait sans doute jamais eu aussi peur qu'à cet instant précis.

Elle connaissait cette femme, elle le savait, elle l'avait déjà vue avant, rôder autour d'elle, tel un prédateur autour de sa proie, attendant le bon moment pour la détruire.

Éloïse Gardener.

Elle n'était pas juste une femme étrange ou effrayante, non.

C'était un véritable monstre.

Elle ne le comprit que plus encore quelques secondes plus tard, alors qu'elle voyait devant elle, au milieu de la pièce, allongée sur le sol, une jeune adolescente aux cheveux noirs, inanimée, et qui respirait à peine.

Bien que toujours aussi brumeux qu'avant, son esprit parvint à lui rappeler avec plus ou moins de clarté qui était la jeune fille qui semblait être comme entre la vie et la mort.

Ana Belfrey.

Et autour d'elle, les autres membres de la secte continuaient à psalmodier leurs phrases n'ayant absolument aucun sens pour Tilly, se tenant toutes par la main, et la jeune ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi elle se trouvait ici.

Qu'est-ce qu'Éloïse Gardener voulait d'elle au juste ?

Et qu'est-ce qu'elle était en train de faire subir à cette pauvre gamine au juste ?

Sortant du cercle, elle se précipita sur la jeune fille, et après quelques secondes d'inspection, elle réalisa avec soulagement qu'Ana était toujours en vie.

« Tu ferais mieux de t'éloigner d'elle ! Siffla Éloïse avec un air menaçant sur le visage. Cela ne te concerne pas. Plus maintenant.

- Pourquoi m'avoir faite venir dans ce cas ? Qu'est-ce que vous voulez de moi ? Qu'est-ce vous lui avez fait ? Demanda-t-elle, la voix pleine de reproches. »

La chef du culte lui jeta un regard méprisant.

« Je pensais tout simplement que tu pourrais m'être utile, mais je constate avec déception qu'il n'en est rien... Ne t'en fait pas pour elle, elle va bien.

- Qu'est-ce que je vous ai fait ? Pourquoi vous vous en prenez à moi ? Et elle, qu'est-ce qu'elle vous a fait ? Ne me dites pas qu'elle va bien, je sais que c'est faux ! Elle ne se réveille pas !

- Que t'importe donc son sort ? Elle n'est rien, si ce n'est une victime de plus à sacrifier. Tu devrais t'écarter et nous laisser faire ce que nous avons à faire.

- Je ne vous laisserais pas faire ! S'exclama Tilly d'une voix moins assurée qu'elle ne l'aurait voulu. »

Un autre sourire, vaguement amusé cette fois, passa sur les lèvres de l'autre femme.

« Tu crois vraiment pouvoir m'arrêter, petite ? Moi ? Tu n'as aucune idée de qui je suis !

- Je n'ai pas la moindre envie de le savoir. Qu'est-ce que ça changerait d'ailleurs ? »

Elle avait peur, terriblement peur, mais il y avait une gamine devant elle, qui ne se réveillait pas, qui était peut-être dans le coma, et Tilly savait parfaitement qu'elle ne pouvait pas la laisser ici.

Une douleur atroce la traversa de part en part, et, avant même d'avoir pu faire quoi que ce soit, elle se sentit perdre conscience.

§§§§

Quand elle se réveilla, les autres femmes avaient toutes disparues, et seule restait Ana, toujours inconsciente et Tilly grimaça, ne comprenant pas ce qu'elle faisait ici.

Après quelques secondes de confusion, elle se rendit compte qu'il y avait une femme au chevet d'Ana, qui n'était autre que Victoria Belfrey, la mère de la jeune fille inconsciente.

Puis, soudain, en voyant la femme qui se trouvait au fond de la pièce et qu'elle n'avait pas remarqué encore, et qui était menottée, elle sursauta, prise d'une terreur qu'elle ne comprit pas.

Elle ne savait pas qui elle était, mais sa présence lui faisait terriblement peur.

Ses cheveux blonds et longs étaient tressés, et elle regardait Victoria Belfrey avec fureur.

Tilly, encore confuse et assise sur le sol, parvint alors à se relever, et la peur la saisit de plus belle, ainsi qu'un besoin urgent de partir, de sortir de la pièce, et de fuir le plus loin possible.

« Tilly, est-ce que tout va bien ? Lui demanda le lieutenant Weaver, qui venait tout juste d'arriver, emboîtant le pas à Victoria.

- Je crois, oui... Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il la regarda avec étonnement, fronçant les sourcils.

- Hé bien, à vrai dire, je pensais que ce serait à toi de me le dire. »

Toujours confuse, la jeune femme se saisit de sa boite de pilule, et réalisa avec surprise que cette dernière était déjà presque vide, alors qu'elle était pleine quelques heures plus tôt.

Elle eut un ricanement nerveux.

« Je suis navrée, lieutenant, lui répondit-elle avec un sourire d'excuse, mais je ne pense pas pouvoir vous être très utile. Je ne me souviens de rien. »

Le policer eut un soupir de profonde lassitude, avant d'essayer de lui sourire, posant sa main sur son épaule, tentant de la rassurer du mieux qu'il pouvait.

« Tu devrais rentrer chez toi, Tilly... et me laisser gérer tout le reste.

- Qu'est-ce que cette femme a fait à... à la jeune fille ? Demanda-t-elle avec curiosité, le nom de la jeune fille inconsciente lui échappant soudainement, alors qu'elle sentait déjà que la femme enchaînée était coupable.

- Je... je n'en sais rien. Écoute Tilly, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, ce que je sais, c'est que quand je suis entré, tu étais inconsciente, tout comme Ana, et elle, elle était là... Moi et Victoria, nous allons nous occuper d'elle, d'accord ?

- D'ac... d'accord lieutenant. Je vais y aller tout de suite. »

Elle se préparait à sortir, quand soudain, elle entendit la voix de Victoria Belfrey résonner dans l'air.

« Lieutenant ! Tonna-t-elle d'une voix forte et brisée. »

Elle se trouvait à genoux, la tête de sa fille dans ses mains, et elle pleurait.

Se cachant dans l'ombre, Tilly écouta distraitement la conversation entre les deux adultes.

« C'est elle ! Je sais que c'est elle, elle a fait... quelque chose à mon Ana, et elle ne se réveille pas. Ce n'est pas la première fois, lieutenant, vous le savez autant que moi, elle... Il faut que je l'arrête.

- Éloïse Gardener...

- ... m'a pris ma petite fille !

- On est sûr de rien...

- Bien sûr que si !

- On n'a aucune preuve !

- Laissez la moi ! L'implora-t-elle, et une part non négligeable de Tilly fut profondément tentée de la laisser faire, sans qu'elle réalise pourquoi. Laissez moi m'occuper d'elle, et vous pouvez me croire, vous n'entendrez plus jamais parler d'elle. »

Weaver regarda Éloïse Gardener, qui souriait de nouveau, regarda Ana, endormie, ressemblant comme deux gouttes à Blanche-Neige ou à la Belle au bois dormant, si pâle, si paisible, si petite, il regarda Victoria et regarda de nouveau Éloïse Gardener.

Il soupira.

« Vous comptez la tuer ?

- Non. L'enfermer, et lui faire avouer ce qu'elle a fait à Ana. Et lui faire dire comment la réveiller.

- Je ne sais pas...

- Elle recommencera, insista Victoria, et le fait est que Tilly ne pouvait pas lui donner tort. Elle s'en prendra à d'autres filles, les attirera dans sa secte, les endoctrinera ou les sacrifiera dans ses... rituels stupides et glauques. Si on n'était pas arrivés à temps, Ana serait morte ! Ses yeux se remplirent de larmes. Je ne retrouverais peut-être jamais ma petite fille... murmura-t-elle, emplie d'horreur. Je l'ai peut-être déjà perdue, alors je vous en prie... Laissez moi avoir la justice pour Ana, et pour toutes les autres qu'on a pas pu sauver !

- Très bien Victoria, très bien... Faites ce que vous voulez, j'essaierais... d'étouffer cette affaire du mieux que je peux.

- Merci lieutenant. »

Alors qu'elle sortait enfin du jardin et s'en éloignait le plus possible, et qu'elle comprenait que le monstre qui la terrifiait tant sans qu'elle ait aucune idée de pourquoi, allait enfin être enfermé pour toujours, elle ressentit un profond et inexplicable soulagement.

Le lendemain, elle avait tout oublié de ce qui était advenu la veille, tout comme elle oublierait tout ce qu'il se passait dans sa vie, jusqu'à ce qu'Henry Mills ne finisse par surgir dans Hyperion Heights sans y être invité.