Pourquoi ?

[Entre le 7x07 & le 7x13] : « Alice n'arrivait pas à comprendre ce que son père essayait de lui dire. Après tout, cette femme était sa mère, alors, pourquoi aurait-elle voulu lui faire du mal ? » Alice commence à avoir des cauchemars à propos de Gothel, et Hook essaie du mieux qu'il peut de lui expliquer la situation. KnightRook family. Past Gothel/Killian.

Alice avait six ans quand les rêves avaient commencé.

Dans ses rêves (cauchemars, oui, en effet, c'était d'horribles cauchemars, ni plus ni moins), il y avait la tour, bien sûr, parce que c'était la seule chose qu'elle connaissait dans le monde, en dehors de son père, et des choses que celui-ci lui ramenait du monde extérieur.

Il y avait son père, certes, bien évidemment, mais il y avait aussi une femme.

Une femme aux cheveux blonds, aux cheveux longs et aux yeux noirs, tellement noirs, si sombres, si mauvais, et le simple fait d'y repenser ne serait-ce que quelque secondes la faisait frissonner de terreur.

Cette femme, même si elle ne la connaissait pas encore (et elle voulait ne jamais la connaître, non, non, non, surtout pas), c'était un véritable monstre.

Elle en était sure.

La première fois qu'elle se réveilla en sursaut après un tel rêve, elle ne se souvenait de rien.

Si ce n'est d'une chose.

Les yeux de la femme n'étaient pas noirs.

Ils étaient verts.

Et son sourire était terrifiant.

§§§§

Alice avait huit ans la première fois qu'elle rêva que son père lui était arraché.

Cette fois-ci, quand elle se réveilla, ce fut en hurlant, et en appelant son père à l'aide, emplie de crainte que celui-ci ne lui réponde pas, ne lui réponde plus jamais, qu'il ne soit plus jamais là et que la sorcière ait définitivement gagné, qu'elle le lui ait pris pour toujours.

La petite fille ne se calma que quand son père, alerté par ses hurlements, finit par surgir dans sa chambre (donc dans sa partie de la tour, qui n'était pas assez grande pour qu'on puisse réellement la qualifier de maison à proprement parler), et, après quelques minutes passées entre les bras de celui-ci, elle avait finit par lui raconter ce qu'elle avait vu.

Pour la première fois, elle lui avait parlé de la femme.

La sorcière.

Le monstre.

Etson père avait blêmi comme jamais auparavant, quand Alice lui avait parlé de la femme aux cheveux blonds et aux yeux verts, les cheveux tressés et le regard menaçant.

Gothel.

Oh, par les dieux et par la magie, comment allait-il bien pouvoir lui expliquer toute cette histoire ?

Il lui avait parlé de sa vie en mer, sa vie d'avant la tour, d'avant sa naissance, mais il ne lui avait jamais parlé une seule fois de sa vie de pirate, ni de la sorcière de la tour qui l'avait piégé et manipulé.

Elle ne savait en aucun cas qui était sa mère, et d'après Killian, il valait mieux qu'elle ne l'apprenne jamais.

Il ne lui avait pas à proprement parlé menti non plus, en fait, si on exceptait toute l'histoire de quête de la fleur magique, la nuit passée avec la fausse Raiponce, sans oublier sa propre quête de vengeance sous-jacente (oui, ça fait beaucoup quant même...), il lui avait plus ou moins tout dit.

Sa mère les avait abandonnés sans un regard en arrière.

Point.

Il n'y avait rien de plus à ajouter.

Mais maintenant qu'Alice avait ces rêves, pourrait-il réellement continuer à lui cacher la vérité ?

Il aurait bien aimé, mais ça aurait été terriblement lâche de sa part, et Alice...

Alice ne méritait certainement pas d'avoir un lâche comme père, bien trop effrayé pour oser évoquer les parts sombres de son passé.

Alors il avait commencé à parler.

De son père, l'abandonnant, de son frère, mourant dans ses bras, de son choix de vie de pirate, de Milah, qu'il avait tant aimée, puis perdue, de Baelfire, qu'il avait trahi et abandonné, de Rumplestiltskin, qu'il avait tant haï.

Sa vengeance, sa quête, sa rencontre avec Raiponce, et...

Et la sorcière.

Puis, Alice avait froncé les sourcils.

Ça n'avait aucun sens.

Alice n'arrivait pas à comprendre ce que son père essayait de lui dire.

Après tout, cette femme était sa mère, alors, pourquoi aurait-elle voulu lui faire du mal ?

« Elle est exactement comme moi je l'ai été à une époque. Haineuse. Emplie de colère. En quête de vengeance. Je ne sais pas ce qu'on lui a fait, mais le fait est qu'elle a terriblement souffert.

- Mais papa... Nous, nous ne lui avons rien fait ! Alors, pourquoi ?

- Qu'as-tu vu dans ta vision ? Lui demanda patiemment le pirate. »

La petite fille tremblait toujours autant, à peine rassurée par la présence de son père, sentant toujours les yeux de Gothel fixés sur elle.

Sa mère...

Sa propre mère l'avait abandonnée pour la vengeance, pour les ténèbres, et ce qui lui faisait le plus mal, ce n'était pas cet abandon en lui-même, non, c'était autre chose.

Après tout, sa mère ne lui importait pas le moins du monde, elle ne l'avait pas connue une seule seconde de sa vie, et son père était là pour elle, c'était bien suffisant pour qu'elle soit heureuse, épanouie, et choyée.

Sa mère ne l'avait portée qu'une seule fois dans ses bras, et avait filé juste après, comme ça, sans aucun remords, pourquoi donc se soucierait-elle d'elle ?

Mais ce qui lui brisait réellement le cœur, c'était de savoir que sa propre mère voulait la séparer de son père.

Et par les dieux...

Elle avait tellement peur.

« Nous sommes là, dans la tour, toi et moi. Il fait nuit, tu viens de rentrer à la maison. Et elle arrive. Je ne sais pas ce qu'elle dit, mais ça a l'air méchant, parce que je crie quelque chose et toi... toi tu hurles, et elle t'enlève loin de moi. Pour toujours. »

Hook tenta de toute ses forces de ne pas laisser ses craintes l'envahir, et il enlaça sa fille de plus belle, se jurant que jamais, au grand jamais, cette garce de Gothel ne les séparerait.

Il mourrait plutôt que d'abandonner sa petite fille dans les mains et les griffes de ce monstre.

« Papa ? Lui demanda la petite fille, tournant vers lui ses yeux bleus terrifiés. Ce ne sont que des rêves, n'est-ce pas ? Elle... elle ne va pas revenir. Elle ne va pas t'enlever à moi... »

Il se força à sourire, malgré sa peur, malgré l'effroi, parce qu'après tout, avec la magie, on ne sait jamais, parce qu'il était hors de question qu'elle puisse deviner sa peur.

Il était son père, il se devait de la protéger des monstres vivants dans les ténèbres, il devait la protéger également de ses propres craintes, il devait la protéger de la peur.

Ce n'était qu'une enfant.

Il était bien trop tôt pour elle pour apprendre la peur, la solitude, la trahison, l'abandon.

Non, jamais il ne la laisserait.

Il l'embrassa avec tendresse sur le front, la serrant fort, très fort dans ses bras, comme jamais son père ne l'avait fait avec lui après l'avoir abandonné, lui et son frère.

« Jamais, étoile de mer. Je te le jure. Jamais je ne te laisserai. »

§§§§

Deux ans plus tard, quand elle croisa pour la première fois dans le monde réel les yeux verts de Mère Gothel, Alice réalisa soudain que son père s'était trompé.