Ce que la haine peut dissimuler.

[2x15/2x22] : Drabble. "Alors qu'il apprenait à son fils ce que le pirate lui avait appris autrefois, Neal ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine amertume, tandis que les souvenirs lui revenaient en tête, presque aussi réels qu'à l'époque." Hookfire. Mention du Neal/Emma (passé) et du Neal/Tamara.

Cette fic est écrite dans le cadre de la 107ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Aimer". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

ND'A :Ha, ha... Je me hais. Non, plus sérieusement, j'avais envie d'écrire un truc sur un de mes pairings préférés (le Hookfire. Ouais, je sais, mes ships préférés sont bizarres/incongrus/tout le monde s'en fout d'eux.), et apparemment j'arrive qu'à écrire des trucs tristes sur eux, donc ouais, cette fois, ça va pas être joyeux. Bref, slash, tout ça, tout ça...

Ce texte était prévu à la base pour le recueil Saint-Valentin du Comptoir des Auteurs (allez faire un tour sur le profil si vous connaissez pas, on est sympa, et on prend des commandes de fics), mais par manque de temps, ça n'a pas été le cas.

Texte écrit en décalé de la nuit, donc sûrement en plus d'une heure.

Bonne lecture.

Sa vie, à défaut d'être devenue un enfer, était devenue une vaste blague.

Son père revenant dans sa vie, tout comme Emma, apprendre qu'il a un fils.

Tout s'enchaîne terriblement rapidement sans qu'il ait réellement le temps de dire ouf.

En moins de trois heures, il doit faire face à son ancien amour, à son père honni et à un fils qu'il n'avait jamais vu avant ce jour, sans oublier le pirate envers qui ses sentiments ont toujours été plus que troubles.

Pas vraiment une journée à ranger dans la liste des bons jours, en somme.

Enfin, au début, tout avait bien commencé, il venait à peine de rentrer dans l'appartement que lui et Tamara partageaient (sa fiancée, elle, était encore au travail), et soudainement, tout avait basculé, et plus rien n'avait eu de sens.

Hook avait surgit de nulle part, avait poignardé son père et l'avait empoisonné en prime, laissant le Ténébreux s'écrouler sur le sol.

Neal s'était dit avec amertume, cynisme et tristesse que certaines choses ne changeraient jamais.

Quand il avait vu le pirate, ayant perdu connaissance après avoir été assommé par Emma (il lui en était terriblement reconnaissant, ça lui avait évité d'avoir à subir une confrontation avec lui), il avait frémit.

Quand il avait ensuite vu son père blessé, il lui avait fallu tout son self-control pour ne pas exploser de colère.

Oui, il haïssait son père, pour tout ce qu'il lui avait fait, c'est vrai.

Il était toujours aussi en colère qu'avant contre lui.

Ça ne voulait pas dire qu'il souhaitait sa mort.

Il ne lui avait fallu qu'une demie-seconde pour comprendre pour de bon ce qu'il avait toujours redouté.

Le pirate n'avait pas changé d'un iota depuis la dernière fois qu'il l'avait vu.

L'adolescent d'autrefois qui croyait encore en lui, et qu'il était encore un peu, sentit alors une part de son cœur se briser en mille morceaux.

Je te l'avais dit, non ?

Tu ne changeras jamais.

« Je sais que tu ne changeras jamais. Parce que la seule chose dont tu te préoccupes, c'est toi-même ! »

La phrase qu'il avait autrefois prononcée, plein de colère et de tristesse dans le cœur, lui revint à l'esprit, au moins aussi fortement que celle que le pirate avait répondue, avec au moins autant de haine que lui.

« Merci à toi de m'avoir rappelé la seule chose que je compte faire. Tuer ton père. »

Si il n'y avait pas eu son père, Emma et Henry, il aurait sans doute commencé à pleurer.

Ou il aurait hurlé.

Pourquoi ?

Pourquoi as-tu fait cela ?

Pourquoi faut-il que tu gâches tout ?

Pourquoi tu ne m'as pas laissé partir, pourquoi m'avoir livré ?

Sans oublier cette autre pensée, cet autre cri, cet autre hurlement qu'il n'aurait jamais laissé passer, pour rien au monde.

(Je t'aimais !)

Il n'avait rien dit, si ce n'est murmurer, estomaqué, le surnom du pirate.

(Il n'allait pas non plus dire son prénom, ce n'est pas comme si ils étaient proches d'une quelconque manière, ce n'est pas comme si ils étaient amis.)

Quand Emma lui avait proposé de laisser le pirate ici, il n'avait pas hésité une seule seconde.

En un sens, c'est presque comme un prêté pour un rendu, hein, capitaine ?

Il l'avait laissé tombé autrefois, chacun son tour.

Neal s'en était allé sans un regard en arrière.

Quand il avait réalisé qu'ils allaient devoir se rendre à Storybrooke par le biais du JollyRoger, quand il avait compris que c'était leur seul moyen pour fuir et sauver à temps son père, il s'était dit que l'univers était tout simplement en train de lui balancer un énorme doigt d'honneur au visage.

§§§§

Emma n'a pas la moindre envie de lui parler, et c'était parfaitement compréhensible, Neal le concevait complètement, et il l'acceptait.

Elle était toujours en colère dix ans après, et il ne pouvait réellement pas la blâmer pour ça.

C'était la même chose pour lui avec son père et le pirate, et c'était arrivé deux cent ans plus tôt.

Il avait la rancune diablement tenace, le bougre.

Mais Henry, lui, qui ne connaissait pas encore toute l'histoire, étant un enfant plein de vie et terriblement curieux, avait eu envie de tout savoir, et il avait bien sûr eu envie de l'assister dans la direction du bateau, il avait eu envie de tout apprendre.

Et par les dieux, comme ça avait fait mal d'être de nouveau confronté à tout ça, toutes ces conneries, la magie, son père, ce foutu bateau.

Et donc, inévitablement, indirectement, il lui avait fallu se souvenir de ce qu'il avait appris à l'époque, et donc du Pays Imaginaire.

Surtout quand son fils avait dit cette fameuse phrase : « deuxième étoile à droite, et tout droit jusqu'au matin. »

(Pendant quelques secondes, Neal avait cru revoir Wendy, l'ombre, Félix, Peter Pan, Killian Jones, tout l'enfer vécu sur l'île elle-même et il avait également cru qu'il allait se mettre à vomir.

Il pria pour que jamais son fils n'ait à vivre ce genre de choses.)

Alors qu'il apprenait à son fils ce que le pirate lui avait appris autrefois, Neal ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine amertume, tandis que les souvenirs lui revenaient en tête, presque aussi réels qu'à l'époque.

Cette époque à la fois heureuse et déchirante, où il avait été heureux un temps, avant que le voile de ses illusions et de ses certitudes ne finisse par complètement se déchirer en mille morceaux face aux mensonges de Killian finalement dévoilés.

De Hook, de Hook, c'était ainsi plus facile de penser à lui comme le pirate sanguinaire à cause de qui sa mère était partie, plutôt que comme l'homme qui lui avait appris tellement de choses.

C'était là aussi qu'il était tombé amoureux pour la première fois.

Avant Emma.

Bien avant Tamara.

(De qui se moquait-il ?

Ça n'avait jamais été de l'amour.

Juste une façon comme une autre de ne plus se sentir seul.

Il l'avait utilisée autant qu'elle l'avait utilisé.)

Ce qui aurait pu passer à l'époque pour un simple béguin se révélait désormais être bien plus que cela, parce qu'après tout, il devait bien y avoir une raison à la haine si virulente que l'ancien Lost Boy ressentait envers le pirate.

Pour le haïr autant à ce point, il avait dû beaucoup l'aimer, sinon, il n'aurait ressentit que de l'indifférence, au lieu de cette colère qui le brûlait littéralement actuellement.

Et ça aussi ça lui faisait mal, de comprendre que malgré le temps, la séparation, et malgré tout ses efforts, il n'avait toujours pas réussi à l'oublier.

Qu'il avait suffi qu'il revienne dans sa vie pour que ses anciens sentiments enfouis reviennent d'un seul coup, presque aussi forts qu'autrefois.

Et merde !

De toute façon, ce n'est pas comme si il pouvait y changer quoi que ce soit.

Killian (non, Hook, bordel !) voulait tuer son père, et lui, il voulait rester loin de lui, autant qu'il aurait voulu rester loin de son père, et il ne voulait pas que celui-ci meurt.

Bref, ils allaient rester ennemis pour toujours, à force de toujours rester campés sur leur positions.

Et ça faisait foutrement mal.

Alors que, continuant le trajet vers Storybrooke, il se préparait à ne plus jamais le revoir, il laissa les mots interdits chanter dans son cœur une dernière fois.

(Je t'aime, je t'aime, je t'aime.)

Surtout que bientôt, avec un peu de chance, ils ne seraient plus d'actualité.

Et si Henry vit les mains de son père serrer plus que de raison le gouvernail, il ne fit aucune remarque à ce sujet.