Être sincère.

[Post 7x08. Suite de Pourquoi ?] : « Je ne veux pas d'excuses, ou de grandes effusions, je ne veux pas que tu me dises à quel point tu es désolée, parce que je sais que ce serait faux. Je veux seulement que tu répondes à cette question. Maman, pourquoi tu m'as abandonnée ? » Alice confronte Gothel.

Quand elle aperçut devant elle la jeune fille blonde qu'elle avait autrefois prétendu aider, Javotte se figea, interloquée.

Cela faisait désormais plusieurs semaines qu'elle avait intégré le sabbat des huit, et que son attaque contre Henry Mills avait échoué.

Et, si il y avait bien une personne qu'elle ne s'attendait plus à revoir (en plus de Regina Mills), c'était Alice Jones.

La sorcière se mit alors immédiatement en position de combat, prête à utiliser sa magie s'il le fallait.

« Qu'est-ce que tu veux ?

- Je suis venue voir Gothel, répondit Alice avec froideur.

Oh.

- Est-ce que tu es venue ici pour te battre ? L'interrogea la belle-sœur d'Ella.

- Je ne suis pas là pour ça... Et à une contre huit, je ne pense pas que j'aurai la moindre chance de toute façon.

Imperceptiblement, le corps de Javotte se détendit quelque peu, bien qu'elle restait toujours un peu méfiante.

- Pourquoi tu veux lui parler ?

- Ce ne sont pas tes affaires.

Javotte haussa un sourcil surpris, toujours pas décidée à la laisser entrer dans le jardin, et Alice leva les yeux au ciel.

- Je suis venue chercher des réponses.

Puis, venant de derrière les deux jeunes femmes, la voix de Gothel résonna dans l'air.

- Tu peux la laisser entrer Javotte.

- Très bien, fit la noble. Viens avec moi. »

Mais, avant d'accepter de la suivre, Alice la regarda avec colère.

« Tu avais promis de guérir mon père. De briser le sortilège qui me séparait de lui.

Javotte haussa les épaules.

- J'ai menti, fit-elle avec nonchalance. C'est ce que les gens comme moi font. Tu devrais t'y habituer. »

Le regard d'Alice la transperça, et à vrai dire, il n'y avait pas vraiment de colère dans celui-ci, elle avait plutôt l'air d'être... déçue.

Comme si sa trahison lui faisait toujours mal.

« Regina m'a dit qu'à une époque, elle pensait réellement que tu étais quelqu'un de bien. Apparemment, elle avait tort à ce sujet. »

Ça n'aurait pas dû lui faire mal, pensa Javotte.

Après tout, elle et Alice n'étaient rien l'une pour l'autre, elles n'étaient pas amies, elles n'avaient même pas été amantes (pour être honnête, cette perspective ne lui aurait pas déplut), et pourtant, le regard triste de l'ancienne prisonnière de la tour était difficile à supporter.

Ce n'était pas comme si elle avait été en face de sa mère, ce n'était pas de la désapprobation ou du mépris, c'était comme si la blonde avait réellement cru en elle, et dans d'autres circonstances, peut-être que cela lui aurait fait chaud au cœur.

Désormais, ça n'avait plus la moindre importance, pas vrai ?

Javotte ne pouvait plus revenir en arrière.

Elle était une méchante désormais, et ce, pour toujours.

Puis, sans rien ajouter d'autre, Alice Jones se contenta de la suivre jusqu'à l'entrée du jardin.

Javotte mena la jeune sorcière jusqu'à une cabane, dans laquelle vivait mère Gothel.

Alice prit une profonde inspiration, avant d'y entrer.

§§§§

La demeure de la dryade était emplie de fleurs et de plantes en tout genre, mais Alice n'y prêta absolument aucune attention.

Alors qu'elle faisait de nouveau face à la femme qui l'avait mise au monde, l'avait abandonnée, et avait ruiné sa vie entière huit ans plus tôt, elle sentit de nouveau sa colère l'envahir.

Les lèvres de Gothel se retroussèrent en un léger sourire, ce qui accentua de plus belle sa rage.

Sans même dire bonjour, ni rien d'autre comme salutation (elle n'avait pas le temps ni l'envie pour ces conneries), Alice attaqua immédiatement la conversation :

« Dis-moi, histoire que je sois au courant, comment est-ce que je suis censée t'appeler au juste ?

Gothel cligna des yeux, interloquée.

- Pardon ?

Alice haussa les épaules avec résignation, les bras croisés.

- Oh, je ne sais pas, vu que tu m'as abandonnée sans un seul putain de regard en arrière quand j'étais bébé, je me posais la question. Je veux dire, tu es ma mère, donc je t'appelle comment ? Mère, maman, mère Gothel, seulement Gothel ?

- Pourquoi es-tu là Alice ? »

Un sourire douloureux se dessina sur le visage de sa fille, et ses mains se mirent à trembler.

« Je ne veux pas d'excuses, ou de grandes effusions, je ne veux pas que tu me dises à quel point tu es désolée, parce que je sais que ce serait faux. Je veux seulement que tu répondes à cette question. Maman, pourquoi tu m'as abandonnée ?

Le masque de froideur qu'arborait en permanence l'immortelle se craquela alors légèrement.

- Ça n'a jamais été contre toi tu sais... Tu étais ma clef vers la liberté. Je ne t'ai jamais aimé, c'est vrai Alice, reconnut la sorcière. Mais je n'ai jamais rien eu contre toi non plus.

- Si c'était vraiment le cas, répondit-elle, acide, tu n'aurais pas fait ce que tu as fait à mon père et à moi. D'ailleurs, tu sais quoi ? Au fond, je me fiche bien que tu m'aie abandonnée. Je peux comprendre pourquoi tu l'as fait, parce que tu ne voulais pas être mère, que tu devais rejoindre d'autres personnes, que tu ne voulais pas rester dans cette tour maudite une seconde de plus... Seulement, me séparer de mon père, ça, jamais je ne l'accepterai ! Et jamais je ne te le pardonnerai non plus.

Le fait est que j'ai vécu plutôt heureuse dans la tour, tant que mon père était là. Il m'a bien élevée, il m'a aimée, il a tout fait pour que je ne manque de rien, que l'isolement et la solitude ne me pèsent pas trop... Nous étions heureux ensemble, alors, pourquoi nous avoir séparés ?

- Il t'avait laissée seule, il avait manqué à sa promesse, il avait fait un détour au lieu de revenir directement...

- Il a fait une erreur ! Et tu l'as condamné pour ça ? Que dire de ce que toi tu as fait ? De toutes ces sorcières que tu as ralliées à ta cause, que tu as manipulées, que tu manipules encore, sans compter ton projet de lancer le Sort Noir... Tu dis que mon père n'est pas quelqu'un de bien, mais et toi ? Tes propres crimes, tes propres erreurs, tu les passes à la trappe ? Tu m'as abandonnée ! Pas lui. »

Alice attendait quelque chose, n'importe quoi, une réaction qui aurait pu démontrer que sa mère de sang en avait quelque chose à faire d'elle.

Pourtant, rien.

Il y avait de la glace dans les yeux de la sorcière, et tellement de froideur en eux, qu'Alice, soudainement, éclata de rire, d'un rire tout sauf amusé, d'un rire presque... désespéré.

« Tu sais quoi ? S'exclama-t-elle, les larmes aux yeux, en fait, je ne sais même pas pourquoi je me fatigue... Tu t'en fiches de moi, en réalité ! Tu t'en es toujours moqué. Et après tout, peu importe. Tu m'as peut-être mise au monde, mais sache le, tu n'es pas ma mère, tu ne l'as jamais été et tu ne le seras jamais. Tu as beau te faire appeler Mère Gothel par tes disciples, tu n'as rien d'une mère. Ni pour moi, ni pour personne d'autre. Tu n'es rien d'autre qu'un monstre d'égoïsme.

Puis, le sourire d'Alice se fit soudainement satisfait.

- Oui, maintenant je le sais définitivement. Tu n'as rien d'une mère pour moi. Et je m'en porte très bien. Tu verras, un jour, je soignerai mon père, et nous serons tout les deux réunis et heureux, loin, très loin de toi et de ta noirceur.

Le rictus de Gothel se fit sarcastique.

- Nous verrons cela.

- C'est déjà tout vu, répondit sèchement Alice. Je te dis adieu, Gothel, lança-t-elle avec mépris, avant de disparaître dans un nuage de fumée. Au plaisir de ne plus jamais te revoir. »

Alors que la jeune femme s'évaporait, la seule trace qu'elle laissa dans la pièce fut une petite fleur qui venait tout juste de pousser grâce à sa magie, et qu'elle avait fait apparaître inconsciemment.

Se penchant sur la fleur en question dont elle effleura les pétales de la main droite, Gothel s'autorisa à sourire avec satisfaction.

Oui, cette jeune femme était définitivement la fille de sa mère.