Et tandis que la lune nous observait.

[1x01 & 6x19] : Alors que l'armoire magique prend enfin forme et que la malédiction se rapproche de plus en plus d'eux, la fée Bleue pense à tout ce qu'elle aurait pu faire pour changer les choses si elle en avait eu le droit.

Cette fic est écrite dans le cadre de la 125ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Armoire". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

- Fandom du 11/06/2020 : Once Upon a Time.

- Prompts par millier : Prompt 44 : "Vous ne savez pas ce que j'ai vécu"

- Dieu du 07/08/2020 : Zeus (Dieu de la mythologie grecque)

- Fanvideo du 30/07/2020 watch?v=8HpalnKxtXo

- Titre du 20/06/2020 : Et tandis que la lune nous observait.

- Mot du 28/07/2020 Malédiction.

- Si tu l'oses : 202. Les ténèbres arrivent

- Musique du 21/07/2020 watch?v=j4y-RzVGrHg

- Qui est-ce : Écrire sur une femme (volé à Sarah)

- Défi 12 de Sarah et Voirloup : Écrire sur le fandom OUAT.

- Alphabet des personnages : F : Fiona.

- Un défi pour soi-même : Écrire sur la fée bleue.

- Prompt du 28/07/2020 "C'est la malédiction ! Elle arrive !"

- Cap ou pas cap écrire sur la Fée bleue ?

- Huitième expression infernale : Par les flammes de l'Enfer.

- Fusion : Fusionner 15 défis.

ND'A : Je hais Zeus... Voilà. (Parce que le drama c'est bien et que j'ai envie d'écrire une fic plus longue sur cette idée.)

Elle aurait pu lui parler de l'existence de l'armoire magique.

Elle aurait dû le faire, ça aurait été pour le mieux pour tout le monde, en réalité elle avait voulu le faire, ce jour terrible où Baelfire était tombé dans le portail en direction du monde sans magie, ça aurait été la bonne chose à faire, l'arbre enchanté était déjà là, certes, Gepetto n'était pas encore né, mais ils auraient pu trouver quelqu'un d'autre pour bâtir l'armoire, ça aurait pu changer tellement de choses…

Ça aurait absolument tout changé.

Et elle avait voulu le lui dire, lui dire la vérité, toute la vérité, empêcher le désastre apparemment inévitable de se produire, empêcher la malédiction d'être lancée, elle aurait pu…

Elle aurait pu faire tellement de choses.

Mais elle n'en avait pas eu le droit.

Tout comme elle n'avait pas pu agir non plus des années plus tôt lorsque Fiona…

Oh, Fiona…

La jeune femme avait probablement été l'un de ses plus grands échecs, si seulement celle-ci avait pu comprendre qu'elle ne pouvait rien faire pour l'aider, qu'elle était pieds et poings liés, mais la fée jaune devenue fée noire ne voulait qu'une seule chose, sauver la vie de son fils, et la fée n'avait pu qu'être navrée de la tournure des choses.

(Elle n'avait pu rien faire d'autre que de la bannir, et seigneur Fiona, je suis tellement désolée.)

Il n'était jamais bon de tenter de braver le destin, et encore moins de croire qu'on pouvait véritablement s'en libérer.

Le changer, le défier, le modifier, oh ça oui c'était possible, la fée en avait eu la preuve ce jour-là.

Mais être libre ?

Dans leur monde, où le destin régnait en maître, et où les dieux étaient les maîtres de leurs destinées, il fallait être bien naïf pour le croire sincèrement, ou ignorant sur le fonctionnement de leur univers.

Ce jour-là où Rumplestiltskin avait cessé d'être destiné à être le Sauveur supposé tous les sauver d'un mal terrible, d'un mal sombre représenté ironiquement par sa propre mère, et où Fiona avait utilisé les ciseaux de la destinée pour couper les fils de son destin tragique, elle n'avait clairement pas imaginé les conséquences qu'auraient son acte, elle n'avait pas vu ce qu'il s'était passé après.

Elle n'avait pas vu que, en un sens, ça n'avait rien changé, il n'était plus le Sauveur, mais cela ne signifiait pas qu'il n'avait plus de destin qui dicterait sa vie, Fiona, contrairement à la fée Bleue, n'avait pas vu les nouveaux fils qui étaient apparus au dessus de la tête de son bébé, elle n'avait pas compris qu'elle le condamnait à un nouveau destin peut-être pire que le précédent.

Le Ténébreux…

Son fils serait un jour le Ténébreux, et rien ni personne ne pouvait empêcher cela d'arriver.

(Mourir en héros ou vivre en monstre, elle ne savait pas quelle option était préférable à l'autre, sincèrement.)

La fée Bleue, elle, avait vu, contrairement à Tiger Lily, et cette dernière avait voulu essayer de faire les choses bien pour l'enfant, qu'il ne soit plus le Sauveur ne changeait rien, elle était sa marraine la bonne fée, elle était censée veiller sur lui, et ce n'était pas avec une mère en exil et un père empli de rage et de haine qu'il pourrait grandir sereinement.

Sauf que…

Le destin était cruel, bien cruel, et elles ne pouvaient pas intervenir, elles n'en avaient pas le droit, pas la permission, les dieux le lui avaient interdit (enfin, Zeus le lui avait interdit, elle ne pouvait pas l'aider, c'était un enfant pourtant, mais il avait dit non, et elle avait dû ravaler sa colère, et se taire), alors elle avait dû dire à Tiger Lily de laisser tomber, et ça lui avait fait mal, vraiment mal de la regarder droit dans les yeux et de lui dire qu'ils ne pouvaient rien faire pour lui, puis de devoir la bannir à Neverland, mais elle n'avait pas eu le choix.

Alors elle avait laissé Rumplestiltskin avec son père, et elle avait regardé de loin la catastrophe se produire, elle l'avait vu être abandonné par son père, elle l'avait vu fuir le champ de bataille, elle avait vu Milah l'abandonner à son tour, elle avait vu son fils commencer à perdre espoir, elle avait vu…

Elle avait tout vu, et elle n'avait rien fait, impuissante, consciente de ce qui allait se passer, mais ne pouvant rien faire, enchaîné par son devoir et le destin, non elle ne pouvait absolument rien faire, et elle avait vu le sorcier lâcher la main de son fils, elle avait vu Baelfire tomber,et elle savait alors comment tout cela allait finir.

Oh que oui, bien sûr qu'elle savait.

Rumplestiltskin n'était pas le seul à pouvoir brièvement apercevoir l'avenir après tout, et cette connaissance était autant un don qu'une malédiction, surtout quand on ne pouvait absolument rien y changer.

Elle avait voulu protester pourtant, l'avait même fait, mais…

« Enfin, vous ne… Votre majesté, avait-elle dit à Zeus (et seigneur dieu, par les flammes de l'Enfer, elle le haïssait, elle le haïssait tellement), je sais très bien que les choses sont censées se dérouler ainsi, mais l'arbre enchanté, l'armoire magique, il pourrait… il pourrait retrouver son fils ainsi, et tout pourrait ainsi être évité, toutes ces tragédies, toutes ces morts, tout ce sang…

Elle n'était plus aussi naïve que durant ses premiers siècles d'existence, c'est vrai, mais elle avait encore la faiblesse de croire que le dieu pouvait être raisonné, changer d'avis, seulement…

Il l'avait regardée froidement, et à nouveau elle avait sut qu'il ne ferait rien, elle avait sentit les fils de son destin s'agiter encore, comme pour restreindre ses mouvements encore, l'empêcher de véritablement agir et l'ignorance c'est le bonheur, et sa rage ne fit que grandir de plus belle.

- Ne discutez pas mes ordres fée bleue. Je ne reviendrai pas sur ma décision. Vous préféreriez peut-être que je choisisse quelqu'un d'autre pour occuper votre poste, une personne plus… malléable et docile ? »

Elle l'avait fusillé du regard, consciente de l'insinuation qui se cachait derrière ses mots, et elle avait avalé sa salive, au goût de bile et d'amertume, elle s'était mordue la langue jusqu'au sang, les poings serrés, tout son corps brûlant de rage, et elle s'était tue.

Et elle avait laissé les choses se dérouler telles qu'elles devaient l'être, parce que c'était le destin.

(Ah ah !

Quelles conneries.

Ce n'était pas le destin qui frappait cette fois, c'était Zeus et ses manigances, et elle ne savait pas pourquoi il voulait que les choses se déroulent ainsi, elle savait seulement qu'elle ne pouvait pas l'arrêter.)

Le temps avait passé, il y avait eu les parents de Gepetto qu'elle n'avait pas pu sauver, Jiminy changé en cricket pour réparer une erreur, et ensuite Regina qu'elle n'avait pas pu non plus aider, qu'elle avait vu sombrer dans les ténèbres, Clochette qu'elle avait dû bannir elle aussi, toutes ces pauvres âmes qui étaient mortes durant le conflit opposant Blanche-Neige et le prince Charmant au roi Georges et à la reine Regina.

Et maintenant, elle était là, devant cette armoire magique qu'une partie d'elle-même haïssait parce qu'elle était la preuve formelle qu'ici, dans la Forêt Enchantée, personne n'était jamais vraiment libre.

En tant que fée bleue, en tant que représentante de la magie blanche, elle le savait plus que n'importe qui d'autre.

Les autres fées la trouvaient très certainement trop dure, intransigeante, injuste voire cruelle, et en un sens ils avaient raison mais vous ne savez pas ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai perdu, tout ce que j'ai dû sacrifier, avait-elle envie de leur répondre.

Cruelle, oui, elle l'avait été, bien malgré elle, et l'une des plus grandes injustices à laquelle elle avait dû faire face, en plus de Rumplestiltskin, avait sans nul doute été celle arrivée à Regina, elle avait vu la reine peu à peu tomber, tomber, tomber encore plus loin dans les ténèbres, et ne plus jamais se relever, elle avait assisté à cela aussi, impuissante, ne voulant qu'une chose, hurler, parce que ce n'était pas juste, elle avait vu Blanche-Neige se faire pourchasser, et maintenant…

Maintenant, la reine et le roi allaient bientôt devoir abandonner leur enfant, leur propre fille, et ils ne le savaient même pas.

Tout comme Rumplestiltskin avait abandonné son enfant autrefois, et l'ironie de la chose, cette histoire qui se répétait en boucle lui donnait envie de pleurer.

Les ténèbres arrivent, elles ne vont pas tarder à nous entourer, nous engloutir, et je ne suis pas sure que nous puissions l'emporter cette fois.

Elle ne savait pas ce qu'il se passerait une fois que la malédiction serait lancée, son pouvoir de voyante s'arrêtait là, logique après tout, ils atterriraient tous dans un monde sans magie, sa magie n'aurait aucune raison d'exister.

« C'est la malédiction ! Elle arrive ! »

La fée bleue se figea, et regarda l'armoire magique une dernière fois, vit un petit garçon et un bébé être placés dedans, destinés à arriver dans un lieu dont ils ne savaient rien, en étant seuls et son cœur se serra.

Elle posa son regard une dernière fois sur l'objet enchanté, pensa à ce qui aurait pu être et ne serait jamais, et autorisa une larme à rouler le long de sa joue, alors que l'armoire était déplacée dans une autre partie du château.

Qu'importe tout cela, après tout, qu'importe ses regrets, puisque d'ici seulement quelques minutes, elle aurait absolument tout oublié.

Et pourtant…

Pourtant, alors qu'elle voyait la fumée violette les entourer tous, elle se surprit à espérer que, peut-être…

Peut-être ne seraient-ils pas soumis à ce même destin cruel dans cet autre monde, qui sait ?

Encore que…

D'ici peu, ils seraient enfermés dans une ville où le temps ne passait pas, où ils ne sauraient plus qui ils étaient vraiment, séparés de leurs proches, condamnés à l'être pour vingt-huit longues années.

Existait-il destin plus cruel que celui-ci, plus cruel que leur destin dans la Forêt Enchantée ?

Elle n'était pas sure de vouloir connaître la réponse.