Ceci est mon dessein.
[3x11] : Félix meurt et voit sa vie défiler devant ses yeux, avec cette idée en tête : ça ne pouvait que se terminer comme ça. Félix/Peter Pan.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 125ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Manquer". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
- Cap ou pas cap d'écrire un Félix/Peter Pan ?
- Générer des défis : Tirages au sort obligatoires : Personnage : Félix Limite de temps : 4 mois De mots : plus de 1 954 mots. Tirages au sort facultatifs : Pouvoir : Pouvoir guérir les autres Animal : Babouin Hamadryas.
- Qui est-ce : Écrire sur le Pays Imaginaire.
- Fandom du 11/06/2020 : Once Upon a Time
- Mot du 28/07/2020 Malédiction
- Alphabet des personnages : H : Henry Mills
- Défis sauvetages 115 : Henry Mills (OUAT)
- Défi 12 de Sarah et Voirloup : Écrire sur le fandom OUAT.
- Un défi pour soi-même : Écrire sur un personnage qu'on aime pas.
- Pour les personnages qu'on aiment pas 5 : Vous devez écrire une histoire dont le point de vue est celui de votre personnage.
- Huitième expression infernale : Par les flammes de l'Enfer
- De secondaire à principal : Écrire sur Félix.
- Titre du 25/07/2020 "Ceci est mon dessein."
- Foire aux couples : Défi couple 204 : Félix/Peter Pan
- Comment tuer votre personnage : Mort 18 : Votre personnage meurt en se faisant arracher puis écraser le cœur
- UA Challenge : UA Challenge 10 : UA!Âme Sœur
- Couleur du 08/08/2020.
- Situation 96 : Un personnage A frappe un personnage B
- Si tu l'oses : 233. s'effondrer.
- La fin et le début : Première phrase 15 : "Il savait qu'il allait mourir." (Feu de glace, Nicci French)
- Défi des âmes-sœurs : Âmes-sœurs 2 : Vous avez une horloge qui fait un compte à rebours jusqu'à ce que vous rencontriez votre âme sœur.
- Onzième Baiser : Un baiser violent
- Alphabet des thèmes : M - Meurtre
- Fusion : Fusionner 23 défis.
Il savait qu'il allait mourir.
Il l'avait compris à l'instant même où l'immortel du Pays Imaginaire avait enfoncé sa main dans sa poitrine pour en extraire l'organe qui s'y trouvait encore quelques secondes plus tôt.
« Tu vas me manquer Félix. »
Alors que Peter Pan lui arrachait le cœur, et qu'il voyait cet objet rouge vif, rouge sang dans sa main être peu à peu écrasé jusqu'à ce qu'il n'en reste que des cendres et qu'il s'effondre sur le sol, Félix se demanda si il était sincère.
(Par les flammes de l'Enfer, comme ça faisait mal.)
Il aurait dû voir venir ce dénouement, vraiment.
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Félix n'aurait pas su dire quand il était précisément tombé amoureux de Peter Pan.
Enfin, ce n'était pas tout à fait exact, il l'avait su dès leur première rencontre, en un sens, vu que le compteur de l'horloge qu'il avait sur le bras s'était arrêté au moment même où il avait croisé la route de l'adolescent immortel.
(Lui et Peter étaient faits l'un pour l'autre.
Ça n'avait pas empêché Pan d'être un monstre.
Ça ne l'empêcherait pas de lui broyer le cœur des siècles plus tard, au sens figuré comme au sens propre.
Ça aussi il aurait dû le savoir, le comprendre, peut-être le savait-il déjà au plus profond de lui-même, peut-être se le cachait-il.
Un homme qui avait abandonné son fils pour retrouver sa jeunesse, vivre éternellement, qui n'avait plus la moindre morale, ou une quelconque éthique,pour qui seul le pouvoir comptait, qui n'avait pas hésité à enlever son petit-fils et qui comptait arracher le cœur de son propre arrière-petit-fils afin de s'assurer l'immortalité, et qui n'avait pas hésité à écraser tous ceux qui se dressaient sur son chemin.
À quel moment Félix aurait-il pu croire que ça se terminerait bien ?)
Il l'aimait, et Peter l'aimait aussi, autant qu'il lui était possible d'aimer qui que ce soit, lui et son cœur noir dévoré par les ténèbres ainsi que par l'ambition, lui le monstre.
(Peut-être était-ce parce qu'il était comme lui que Félix l'aimait autant, ou peut-être qu'en réalité, il l'avait rendu comme lui.
Quand avait-il commencé à devenir un monstre, il ne le savait même plus.
Ça faisait si longtemps…)
Ils s'aimaient, et pourtant, ça n'avait pas été suffisant.
§§§§
Félix avait dix-sept ans quand il était arrivé pour la première fois au Pays Imaginaire.
Il avait dix-sept ans, et surtout il était orphelin, il vivait dans les rues, et il était seul, n'avait personne sur qui compter, et il était sur le point de mourir de faim.
(Ça arriverait aussi à Baelfire ça, pendant un long moment, plus tard, bien plus tard et peut-être que s'il l'avait su, il aurait eu éventuellement plus de compassion pour lui, qui sait…
Ou peut-être pas.
Peut-être Félix avait-il toujours été voué à être un monstre, comme Peter Pan.
Peut-être y avait-il des choses contre lesquelles on ne pouvait tout simplement pas lutter.)
Il ne savait toujours pas pourquoi l'ombre l'avait choisi lui, entre tous les enfants et adolescents qui peuplaient la ville de Londres à l'époque, peut-être l'ombre savait-elle déjà qui il était, ce qu'il était supposé faire plus tard pour Peter Pan, ce qu'il représenterait pour lui aussi, ou sans doute était-ce seulement le destin, pour ce qu'il en savait, ce n'est pas comme si il avait jamais voulu poser la question.
Qu'est-ce que ça aurait changé à quoi que ce soit de toute façon ?
Ce jour-là, l'ombre l'avait arraché à la mort, Peter Pan l'avait sauvé, lui avait sauvé la vie, et c'était bien suffisant pour gagner sa gratitude éternelle, ça plus le fait qu'ils étaient des âmes-sœurs nom de Dieu !
Ça voulait forcément dire quelque chose, pas vrai ?
(Est-ce que ça aurait changé les choses s'il était mort ce jour-là ?
Il ne le saurait jamais.
Peu importe après tout, puisqu'il avait fini par le tuer, celui qu'il aimait lui avait arraché le cœur, comme s'il ne valait rien, n'était rien, comme si son existence ne comptait pas à ses yeux.
Et le pire c'est que c'était probablement vrai.
C'était sans doute ça qui lui faisait le plus mal.
Âme-sœur ou pas, il se le jurait, si il recroisait la route de ce salopard aux Enfers, il le lui ferait payer.
Il n'aura pas besoin de le faire.
Rumplestiltskin s'en chargera pour lui, un jour.
Par deux fois.)
L'ombre l'avait emmené avec lui, l'avait arraché à sa vie miséreuse pour l'amener dans un monde dont il ne savait absolument rien, et étrangement, il n'avait pas eu peur.
Les choses ne pouvaient pas être pires qu'elles ne l'étaient déjà à Londres de toute façon…
Puis, il avait atterri au beau milieu des bois, au plein cœur du Pays Imaginaire, tout était sombre, il y avait des arbres partout, il faisait nuit, il ne savait absolument pas où il était, et soudainement, il avait levé la tête, croisé le regard d'un jeune homme de son âge (enfin, en apparence), et il avait senti son compteur brusquement s'arrêter, et il avait su.
Son âme-sœur, c'était lui, et personne d'autre.
Et alors, Peter Pan lui avait sourit.
« Bonjour Félix… Et bienvenue au Pays Imaginaire… Bienvenue à la maison. »
(Est-ce qu'il savait déjà alors, comment tout cela se terminerait ?
Il savait déjà pour Henry, savait pertinemment quel enfant il devait trouver afin de rester immortel, mais il savait sans doute aussi déjà qu'il y avait un risque pour que ses plans soient déjoués par la Sauveuse et les autres, et qu'il devrait aller à Storybrooke et lancer sa malédiction afin de les piéger pour toujours.
Savait-il alors ?
Savait-il qu'un jour, il aurait à tuer son amant afin d'atteindre son objectif, qu'il devrait lui arracher le cœur, tout comme il avait tenté de s'emparer du cœur du pauvre Henry, pour ensuite le réduire en cendres sans le moindre remords ?
Est-ce que tu savais Peter ?
Oh que oui…
Bien sûr que tu le savais, sans ça tu ne m'aurais jamais fait venir ici, l'amour est une faiblesse, et j'étais la tienne, mais j'étais aussi ta force, jusqu'à ce que tu te serves de moi, que tu t'en serves pour ton plan, et que tu perdes, et maintenant je suis mort, et toi aussi, alors dois-moi…
Est-ce que ça en valait la peine ?
Il savait déjà qu'il n'aurait jamais de réponse à sa question.
Ce n'était pas comme ça que les choses étaient supposées se passer, on était censé chérir son âme-sœur, vouloir la protéger, pas essayer de la détruire par tous les moyens, ou la tuer, ou la sacrifier à l'autel de ses ambitions.
Sans doute avait-il définitivement compris quel monstre était Peter Pan ce jour-là, un monstre pour les autres, mais aussi pour lui.
Être son âme-sœur n'avait pas été suffisant pour l'épargner.)
§§§§
Le Pays Imaginaire était une île… étrange.
Y croiser un babouinhamadryas, par exemple, n'avait pas été la chose la plus surprenante qu'il avait pu voir, non sur cette île, dans ce monde…
Il y avait de la magie, Pan avait de la magie, il l'avait même soigné grâce à ça une fois après une bagarre entre lui et un des autres garçons perdus, et Félix l'avait embrassé après cela, un baiser violent, comme de coutume.
Les choses étaient simples alors.
Il aimait cette île, et il aimait Peter Pan.
(Il n'aurait pas dû.
Il ne savait pas alors qu'il courait à sa perte.
Ce n'est pas si le savoir aurait pu changer quoi que ce soit.)
§§§§
Même avant d'arriver sur l'île, Félix était loin d'être un enfant de chœur, il avait dû apprendre à se battre, à survivre tout seul, non sans mal.
Arriver dans ce monde ne l'avait clairement pas arrangé.
C'est facile de devenir celui que Pan veut qu'il soit, c'est facile de l'aimer malgré les ténèbres autour de lui, parce qu'il est son âme-sœur, qu'il l'a sauvé, et ce n'est peut-être pas bien, ni même sain, mais c'est mieux que rien, et il sait qu'il ne pourra rien avoir d'autre, alors il laisse Peter Pan faire de lui ce qu'il veut, sans protester.
Il le laisse le changer en monstre, parce que c'est facile.
(Peut-être Peter Pan n'est-il pas le seul responsable de celui qu'il est devenu en fin de compte.)
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Peter Pan n'échoue jamais.
Félix est certain que cette phrase est vraie, il assomme Baelfire (ou plutôt Neal, mais qu'importe le nom qu'il se donne désormais pour oublier son passé, un garçon perdu reste un garçon perdu, même en ayant réussi à quitter l'île), avec une facilité déconcertante, une fois que Pan a terminé de complètement le manipuler, puis l'enferme dans une cage, et tout comme Peter, il se réjouit d'avance de voir le reste de leur groupe se quereller et s'entre-déchirer pour en fin de compte lamentablement perdre.
Sauf que…
Sauf que les choses ne se passent pas comme prévu, les héros sont plus forts et unis que ce qu'ils avaient prévu, ils sont plus combatifs, aussi, et ce n'était pas censé se passer comme ça, ils étaient supposés ne pas réussir !
Sauf que…
Au final, ce sont eux qui ont échoué.
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Ou pas…
C'est Henry qui est devant lui, et en même temps ce n'est pas lui, et il a été sauvé de Peter Pan pourtant, il n'est pas mort, son cœur a été remis à sa place, après avoir brièvement battu dans le corps de son arrière-grand-père, et Peter Pan est leur prisonnier désormais, alors comment…
Oh.
Oui, bien sûr, la boite de Pandore, Rumplestiltskin a cru pouvoir y renfermer son père, il ne sait pas qu'en réalité, il y a piégé son petit-fils.
Félix reconnaissait bien là son amant.
Il n'aurait peut-être pas dû se réjouir trop vite, peut-être aurait-il dû comprendre une chose bien simple quand Peter lui avait expliqué son plan, lui avait parlé de son projet de lancer la malédiction sur Storybrooke, de faire ce que la méchante reine avait autrefois déjà fait.
Avec la magie, il y a toujours un prix à payer.
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Ce prix, c'était lui qui allait le payer.
Pour rien en plus.
Peter Pan allait le tuer, lui, son âme-sœur, et pourtant, malgré tout cela, malgré sa mort, malgré le bracelet anti-magie qu'il avait mis de force sur le poignet de son fils, malgré tous ses efforts pour empêcher les habitants de Storybrooke de le vaincre, ça n'avait rien changé.
Il avait perdu, et il était mort, tout comme Rumplestiltskin, et Félix…
Félix était mort pour rien.
(Quand il avait appris cela, depuis les Enfers, il avait éclaté de rire, un rire triste et bien sinistre.
Alors quoi…
Tout ça pour ça ?
Quel putain de gâchis.)
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Difficile de croire que tout finira bien pour lui, maintenant que la main de Peter Pan, de celui qu'il aime plus que tout, pour qui il serait prêt à donner sa vie (mais pas comme ça, non pas de cette façon, pas de cette manière, il n'a jamais voulu que ce soit lui qui le tue, non, ça n'aurait pas dû se finir comme ça, il n'avait jamais voulu…), était enfoncée dans sa poitrine.
Prête à lui arracher le cœur.
Prête à l'écraser, le transformer en poussière, le réduire en cendres et Peter je t'aime alors je t'en pris, dis-moi pourquoi ?
La réponse à cette question était fort simple.
Parce que Peter l'aimait aussi.
Et que ce n'était pas suffisant pour lui, que cela ne le serait jamais, que le pouvoir était bien plus important pour lui (et tel père tel fils dit-on… Pas cette fois, cette fois, Rumplestiltskin avait su se montrer bien meilleur que son père, il avait prouvé qu'il n'était pas comme lui.), que sa jeunesse l'était aussi, et…
Et la main de l'immortel, encore dans le corps d'Henry, avait serré son cœur, et puis…
Plus rien…
Félix était mort.
