Nos deux mains restent soudées.
Contexte : Post 1x07, UA.
Warnings : Relation non consentie évoquée.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 125ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Pangolin". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
- Fandom du 11/06/2020 : Once Upon a Time
- De secondaire à principal : Écrire sur August.
- Un défi pour soi-même : Écrire une fic où Graham survit.
- Alphabet des personnages : P : Pinocchio
- Âmes-sœurs 11 : Apparition pangolin avec une banderole "félicitation" lorsque l'on trouve son âme-sœur
- Cassons les préjugés : Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas.
- Défi 12 de Sarah et Voirloup : Écrire sur le fandom OUAT
- Cap ou pas cap d'écrire une fic de minimum 1000 mots sans drama ?
- Et si Regina n'avait pas tué Graham ?
- Mot du 28/07/2020 Malédiction
- Titre du 08/08/2020 "Nos deux mains restent soudées"
- Ships farfelus : August/Graham
- Couleur du 08/08/2020
- Défis sauvetages 270 : Graham (OUaT)
- Défi couple 199 : August/Graham Contrainte : ils tombent amoureux au premier regard
- Alphabet des thèmes : P : Pangolin
- UA Challenge 10 : UA!Âme Sœur
- Si tu l'oses : 127. Plusieurs inspirations profondes.
- Fusion : Fusionner 17 défis.
Elle n'avait pas pu le tuer.
Elle n'avait pas pu se résoudre à le faire, elle avait regardé ce cœur rouge vif dans sa main, battant, palpitant, si plein de vie, et qui n'était plus à sa place, qui le rendait incomplet, vide, et…
Elle en avait juste été complètement incapable.
Avant, elle aurait pu le faire, c'est vrai, en vérité, elle l'aurait même fait sans hésiter avant la malédiction, elle avait bien réduit en cendres le cœur de son propre père après tout, qu'est-ce qu'était le cœur d'un chasseur à côté de ça ?
Oui mais…
Il y avait Henry, Henry qu'elle perdait de plus en plus, et ce n'était pas en faisant cela qu'elle réussirait à gagner son amour, et il savait pour la malédiction, son livre racontait bien son histoire, même si de manière tronquée, et il y avait le chasseur dedans, et son fils était intelligent il avait dû comprendre qu'il s'agissait de Graham.
Quand bien même il ne le savait pas déjà, ça ne changeait rien, si elle écrasait ce cœur et que le shérif mourait brutalement sans la moindre explication, il ferait rapidement le lien, il saurait alors, il saurait qu'elle était toujours la méchante reine, et qu'elle n'avait pas changé.
Il saurait, et il la détesterait pour ça.
Elle ne pouvait pas faire ça.
Et puis…
Graham ne méritait pas cela lui non plus.
Certes, il prenait de plus en plus le parti d'Emma Swan contre elle, malgré le fait qu'elle avait toujours son cœur avec elle, mais… cela méritait-il réellement la mort ?
Non, bien sûr que non, elle n'était plus la méchante reine, et si elle continuait à se battre contre la fin de la malédiction, elle perdrait Henry, le perdrait définitivement.
(Peut-être même avait-elle déjà perdu s'il s'avérait que cette femme était vraiment la Sauveuse.
Peut-être se battait-elle en vain).
Elle prit plusieurs inspirations profondes, et fit finalement son choix.
Elle savait ce qu'elle devait faire.
§§§§
Il y avait de nombreuses choses qu'elle regrettait d'avoir fait à Graham, que ce soit dans la Forêt Enchantée ou à Storybrooke, et à l'époque elle n'en avait que faire, il était un chasseur, elle était la reine, il devait lui obéir, tout comme elle avait dû obéir au roi Léopold quand elle était encore sa femme, parce que c'était comme ça que les choses fonctionnaient dans leur monde, sauf que…
Sauf que dans le monde sans magie, les choses étaient bien différentes, ce que Léopold lui avait fait, ce qu'elle avait fait à Graham, c'était un crime…
Elle n'avait rien fait, évidemment, parce que c'était facile, si facile d'ignorer le problème et de faire comme s'il n'existait pas.
Graham ne savait rien de tout ça bien sûr, il avait oublié, mais ça n'effaçait rien, et…
Elle ne pouvait pas continuer comme ça, surtout après la scène au caveau, et il n'était pas venue là par hasard, il cherchait son cœur, c'est ça ?
Hé bien soit…
Elle allait le lui rendre.
Par chance, l'adjointe était partie depuis un bon moment quand la mairesse arriva dans le poste de police, et le shérif, sans doute trop fatigué pour rentrer chez lui, comme c'était déjà arrivé souvent par le passé, s'était allongé sur le canapé juste à côté d'une des cellules et dormait actuellement.
Sortant le cœur de sa boite, elle prononça rapidement un « reste endormi », ne voulant pas vraiment que le jeune homme se réveille au mauvais moment et ne la voit penchée au dessus de lui avec son cœur entre les mains.
Elle espérait sincèrement que c'était le dernier ordre qu'elle lui donnerait.
Puis, d'un geste ferme et assuré, elle pressa son cœur contre sa poitrine, le remettant enfin à sa juste place, après vingt-huit longues années d'attente.
Retirant sa main, elle vit une grimace d'inconfort apparaître sur son visage, avant que les traits de ce dernier ne finissent pas se détendre finalement, comme si l'ancien chasseur était enfin en paix, et il n'avait jamais eu cette expression sur le visage en vingt-huit ans.
En voyant cela, Regina sentit son cœur se fissurer, elle ne s'était jamais demandé ce que cela faisait que de vivre sans cœur, mais maintenant elle réalisait enfin à quel enfer elle avait condamné son ancien amant pendant plus de vingt-huit ans.
Il était redevenu lui-même au moins.
C'était déjà ça.
§§§§
Le lendemain matin, Graham se leva en se sentant certes un peu fatigué, mais également avec une grande sensation… d'apaisement, qu'il ne pouvait pas expliquer, juste, il se sentait… bien, vraiment, cette sensation d'étouffement, de ne plus réussir à respirer, ce vide dans sa poitrine qu'il ressentait encore la veille avait complètement disparu, et maintenant…
Il respirait librement et il…
Il sentait son cœur, il sentait les battements de son cœur, et quand il passa sa main sur sa poitrine, il l'entendit battre, résonner comme jamais auparavant, et…
Seigneur, comme ça faisait du bien, et ce n'est que quand Emma entra dans la pièce en lui demandant si tout allait bien qu'il réalisa qu'il s'était mis à pleurer.
Il s'essuya les yeux, avant de hocher la tête, et de la regarder.
Il n'avait plus envie de l'embrasser, réalisa-t-il soudainement, maintenant qu'il ressentait de nouveau pleinement les choses (Et est-ce que Regina lui avait rendu son cœur ? Se surprit-il à penser, à espérer), et que son esprit n'était plus aussi confus qu'avant, il réalisait qu'il ne la voyait que comme une amie, et comprit que c'était une bonne chose qu'elle ne soit pas intéressée par lui.
Quand il sortit du commissariat, il respira profondément, encore surpris de ce brusque changement.
Ça allait être une bonne journée, se dit-il.
§§§§
Quelques semaines plus tard.
August sentait sa jambe de bois lui faire encore mal, et il grimaça de douleur.
Cela faisait seulement un jour qu'il était arrivé à Storybrooke, et il sentait déjà à quel point sa tâche pour convaincre Emma de l'existence de la magie et de la malédiction avec allait être ardue.
Il entra dans le Granny's, bien décidé à discuter à nouveau avec Henry Mills, persuadé qu'il était la clef de la fin de la malédiction, en tant que fils de la Sauveuse, et détenteur du livre de contes, si il avait amené sa mère ici, c'était bien pour une bonne raison, non ?
Mais, alors qu'il se préparait à s'adresser à ce dernier, il entendit un raclement de gorge et il manqua lever les yeux au ciel en reconnaissant la voix du shérif de la ville, qu'il avait déjà aperçut brièvement ce matin-même, mais sans vraiment faire attention à lui.
Si Regina Mills lui envoyait un des membres de la police pour qu'il ne s'approche de son fils, ça allait mal se passer.
Il se retourna pour faire face à l'autre homme, et…
Et soudain, plusrien n'eut de sens.
Tout d'un coup, une pluie de paillettes et de confettis fit son apparition, de même qu'un pangolin qui prit place sur le comptoir, qui portait une banderole avec « félicitation » marqué dessus, ainsi qu'une guitare, et sous les regards ébahis et stupéfaits de Graham et d'August, il se mit à jouer de la musique, et également à chanter (plutôt bien d'ailleurs, si on oubliait le côté « animal qui parle » c'était plaisant à entendre), alors que les autres clients du restaurant, de même que la tenancière, le regardaient avec un air abasourdi, au point de ne pas savoir quoi dire.
Il y avait… un pangolin chanteur, qui était apparu devant eux, et…
Enfin, les seules fois où August avait entendu parler de ce phénomène, c'est quand il s'appelait encore Pinocchio et qu'il vivait dans la Forêt Enchantée et les pangolins étaient bien connus pour…
Mais non, c'était impossible, pas ici, c'était un monde sans magie.
Oui, mais… c'était Storybrooke, et Emma s'y trouvait enfin, alors peut-être que la magie était en partie revenue, et donc…
Il venait de rencontrer son âme-sœur.
Attendez…
QUOI ?
Il était venu ici pour aider à briser une malédiction, pas pour trouver l'amour bon sang !
Quelques autres minutes se passèrent encore, le silence étant uniquement brisé par la voix du pangolin qui continuait de chanter sa chanson comme si de rien n'était.
Une fois cette dernière fini, il fit une petite révérence, avec un air satisfait sur le visage (enfin, du moins si Graham savait jauger l'expression d'un pangolin, ce qui, aux dernières nouvelles, n'était toujours pas le cas), et les deux hommes se regardèrent, incertains de la conduite à adopter, et ouais niveau première rencontre, y avait plus normal, c'est sûr.
Puis ils se regardèrent de nouveau, et…
Et… attendez, un coup de foudre en plus du reste ?
Bon d'accord, il était Pinocchio, donc un ancien pantin de bois, il avait vu plus bizarre mais il ne s'attendait pas à… à ça justement !
Enfin bref.
« Bien, reprit le pangolin, je suis donc ici pour vous féliciter tous les deux, bravo, vous êtes des âmes-sœurs, et vous vous êtes enfin trouvés, c'est beau, c'est magnifique, c'est merveilleux, d'ailleurs, merci infiniment de m'avoir laissé chanter ma chanson jusqu'au bout, la plupart des couples ne le font pas, ça fait plaisir de se sentir écouter pour une fois, fit le pangolin en essuyant une larme d'émotion, et d'accord, c'était définitif, Graham ne comprenait absolument plus rien à ce qu'il se passait.
Si ce n'est qu'il venait d'avoir le coup de foudre pour un type qu'il ne connaissait pas et que c'était apparemment son âme-sœur, que…
Okay, très bien…
Il pouvait gérer ça.
- Je… Je vois, fit-il au pangolin, et il parlait à un animal, plus rien n'avait de sens. Hé bien, merci beaucoup, mais… est-ce que vous pourriez partir maintenant que… votre travail est accompli ? »
Le pangolin se fendit d'une nouvelle révérence, et disparut dans un nuage de fumée, accompagné d'encore plus de confettis et de paillettes.
Clignant des yeux, toujours sous le choc, ils se regardèrent encore une fois, incertains de ce qu'il venait de se passer, tandis que les conversations autour d'eux reprenaient, puis August soupira.
« Je m'appelle August, fit-il en lui tendant la main.
- Graham, rétorqua l'autre en la serrant, et est-ce que c'était normal que son cœur batte plus vite alors qu'il le regardait ? »
Pas de doutes, c'était vraiment le coup de foudre, et apparemment, c'était réciproque, ce qui n'était pas pour lui déplaire.
Il savait que Regina l'avait envoyé pour faire autre chose, mais bon il était supposé l'éloigner d'Henry, alors c'était du pareil au même, non ?
« Dites, puisque vous êtes nouveau dans le coin… Ça vous dirait que je vous fasse visiter Storybrooke ?
- Oh mais j'en serais ravi, répondit l'autre avec un sourire éclatant, et jamais Graham n'avait eu autant conscience des battements de son cœur qu'à cet instant précis. »
Il ne savait pas d'où sortait ce pangolin, mais il ne pouvait que lui dire merci.
