Yo ! J'ouvre un nouveau recueil comme ça. Mais j'étais obligée.
Sur le thème Pareil, pour la Nuit du FoF, comme toujours. Et en plus j'ai absolument respecté le délai d'une heure, ha ! C'est assez rare pour être noté.
Bonne lecture !
5 sens : la vue
Le club des yeux jaunes
Il est tard et les couleurs se mélangent sur la palette du fumoir de la boîte. Ça va bientôt fermer et il faudra rentrer chez soi. Vanitas regarde la fumée grise qu'il souffle vers le plafond multicolore. Rouge, bleu, violet, vert, un peu de tout. Il ne distingue pas bien les mots tagués, ce qu'il y a écrit sur les stickers. Au moins ici la musique est moins assourdissante.
« Excuse-moi. Tu aurais du feu ? »
Du bleu, du bleu, du bleu et du jaune. Mais même si Vanitas plie les yeux très fort ça ne donne pas de vert. Pourtant Vanitas aime bien le vert. Le vert et le violet, comme Maléfique, le vert est le rouge comme … Nan, pas comme Noël. Vanitas aime pas Noël. Vanitas aime pas quand on met le vert et le rouge avec du blanc et du doré, il aime le vert et le rouge avec des jeans slims noirs et des tatouages. Il tend le feu, et il y a comme un éclat immense qui prend toute la pièce, parce que la fumée rediffuse, amplifie, tout devient encore plus jaune, un peu orange. Les cheveux bleus sont striés de bandes de lumière. Et puis à nouveau le noir.
« Tu es encore dans un état lamentable. Je ne comprends pas. »
Vanitas ricane. Il n'aime pas le bleu. Le bleu c'est comme la France qui veut pas de lui, c'est comme la police et la justice avec la main dans le froc, le sang bleu. Le sang bleu. Vanitas veut voir couler du sang bleu. Et il pissera dessus et ça fera du vert.
« Méprise-moi si tu veux. On est pareils. »
Vanitas se sent comme un méchant de film. Il y a toujours un moment où le méchant dit au gentil « On est pareils, tous les deux. », mais ça voudrait dire que Saïx est le gentil du film et ça n'a aucun sens. Un gentils avec une balafre blanche au milieu du crâne, un gentil aux yeux jaunes. Pf. Ils ont la gueule à être des méchants, les deux. Et puis tout le noir autour …
« Je ne vois pas ce que tu veux dire. »
Quelqu'un allume une cigarette plus loin, un éclat jaune et puis le noir. Le fumoir ressemble à une palette à la fin d'une toile. Tout est mélangé, les couleurs sont méconnaissables, ternies. Tristes. Inutiles. Vanitas fait rouler sa tête contre le mur, se repousse pour tenir vaguement debout. Son bras s'appuie sur une affiche rouge.
« Je veux dire que t'es comme moi. T'aimes Axel à en crever et il t'aime pas.
— Ce n'est pas suffisant. »
Vanitas hausse les épaules. Ça lui fait perdre l'équilibre, les couleurs basculent, une main pâle le stabilise, et floue comme il la voit elle semble être faite de fumée. Il se sent reposé contre le mur. Il n'est pas trop en état de rentrer tout seul. Mais il aime bien, marcher dans la nuit noire avec les lampadaires jaunes. Il a l'impression de marcher dans un miroir agrandissant. De se perdre en lui. Ça l'amuse mais il vomit souvent. Ça lui fait penser :
« Et on a les yeux jaunes. »
L'argument ultime. Saïx n'aura rien à rétorquer à ça. Voilà. Vanitas a fait son travail de la soirée. Il a cloué son bec à Saïx, maintenant le bleu va s'en aller et Vanitas pourra mieux profiter de tout ce qui est impur ici. L'air et ses pensées.
« C'est vrai. On a les yeux jaunes. »
Ses yeux jaunes, Vanitas les rouvre et capte qu'il les avait fermées, que les couleurs qu'il voyait étaient des illusions propres aux projections que l'on fait sur des paupières closes. Ça ne le change pas trop du fumoir. Mais tout à coup un instant minuscule son regard se fixe. Le jaune dans le jaune. Et il capte que Saïx le regarde.
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Voilà ? C'est pas tant du Saïtas/Sanitas mais les prochains seront plus francs dans ce sens.
J'espère que ça vous aura plu, en tout cas ce ship me trotte bien dans la tête en ce moment. Hâte d'avoir vos retours et à très vite !
Des bisous !
