Chapitre 5 : A ton avis... (Sam/Vère).
-Le Mille-Prompts : 23. Personnage – Gilly.
- Si tu l'oses : 60. Lumière naturelle.
- Pick A Card : Four of Clubs: Écrivez une fanfiction sur un personnage qui se sous-estime. Sinon, écrivez une fanfiction sur Remus Lupin.
- Le défi des Belles Paroles : #32 Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
- Le défi des 200 citations de Contes des Royaumes : 180. « C'était vous. »
- Toujours plus : Fusionner 5 défis.
Ce fut la lumière naturelle du soleil qui permit à Vère de se rendre compte qu'il était temps pour elle de se lever.
La veille, son père était mort.
Et ça ne lui faisait rien.
Elle n'était pas heureuse, elle n'était pas triste non plus, elle se sentait juste... vide.
Craster n'avait jamais été ce qu'on pouvait qualifier de quelqu'un de bien, mais il restait son père, et elle l'aimait... un peu... du moins ça avait été le cas autrefois, enfin, elle ne le détestait pas...
Enfin si, mais...
C'était compliqué quoi.
Maintenant, elle était orpheline, et seule à s'occuper de sa petite sœur Sissy, que son père n'avait de toute façon jamais vraiment aimé.
Oui, son père était un connard, et ce n'était certainement pas sa mort qui allait y changer quoi que ce soit.
Un père qui avait été absent pendant une bonne partie de leur vie, et ce n'était qu'après la mort de leur mère, peu de temps après la naissance de Sissy, qu'elle avait dû partir vivre chez celui-ci.
Un père qu'elle n'avait, dans les faits, jamais réellement aimé.
En vérité, si elle y pensait plus longtemps, le fait est qu'elle se réjouissait plus qu'autre chose de la situation présente.
Au moins, elle était libre maintenant.
§§§§
C'était la mort de Petyr Baelish qui avait fait remonter tout ses souvenirs à la surface, ainsi que son enterrement, auquel elle se rendait ce jour-même.
Elle ne voulait pas y penser, pas réellement, mais le fait est qu'en un sens, c'était bien la mort de son père qui l'avait aidée à peu à peu soigner sa faible estime de soi, parce que ce connard l'avait toujours faite se sentir comme si elle ne valait rien, et peut-être qu'il n'était plus là, mais ça ne voulait pas dire qu'elle se sentait forcément mieux pour autant...
Et repenser à lui, surtout dans ce genre d'occasion, réveillait certaines de ses plus vieilles angoisses, celles auxquelles elle ne voulait absolument plus penser, qu'elle désirait plus que tout oublier, mais elle savait déjà qu'elle n'y arriverait pas, pas alors que l'ombre de son père décédé planait encore sur elle.
Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
Elle savait pertinemment que même mort, son père continuerait de la hanter, et en ce jour, alors qu'elle était habillée d'une sobre robe noire, tout comme sa petite sœur, ses souvenirs passés revenaient la hanter.
Elle ne s'aperçut que ses mains tremblaient que quand Sam s'en empara pour les serrer dans les siennes.
« Vère... lui avait-il murmuré. Ça va bien se passer. »
Elle avait alors hoché la tête, sans grande conviction.
« Oui, je... j'en suis sure. »
Et en vérité, oui, ça c'était bien passé, effectivement.
Ce n'était qu'un enterrement après tout, et ce n'était pas comme si elle l'appréciait ou le connaissait d'une quelconque manière.
C'était absurde pourtant, la mort de Littlefinger n'avait rien à voir avec celle de son père, hormis le fait que...
Qu'ils étaient tout les deux des connards, et que durant l'enterrement, elle avait vu Lysa Tully/Arryn/Baelish (elle reprendrait probablement son nom de jeune fille maintenant qu'elle était veuve... pour la deuxième fois), elle avait vu non pas la tristesse, mais la peur dans ses yeux, et en un sens, elle s'était reconnue en elle, surtout maintenant que les sévices de Petyr Baelish étaient connus de tous.
Sauf que c'était une autre peur qui brillait dans ses yeux désormais.
C'était vous la victime, pensa-t-elle alors, tout comme moi.
Son père ne l'avait jamais touchée, jamais frappée, mais il avait été tout sauf un bon père, et ce n'était pas pour rien si elle voyait toujours la psychologue Ros pour en parler...
Ça avait laissé des traces sur elle, de toute évidence.
Tout comme ça laisserait à terme des traces sur Lysa Tully.
Enfin, si ce n'était pas déjà le cas.
Celle-ci semblait être déjà condamnée par tout le monde, et en vérité, si c'était bel et bien elle la meurtrière, Vère n'arrivait même pas à la blâmer.
Elle ne pouvait pas compter le nombre de fois où elle avait voulu s'enfuir loin de son père, et puis, Craster était mort dans un accident de voiture, alors qu'il conduisait ivre, et non, elle ne l'avait définitivement pas regretté cet enfoiré.
Vère avait eu envie d'aller la voir, mais le fait est qu'elle n'avait absolument aucune idée de quoi lui dire.
Alors elle était rentrée chez elle, accompagnée de Sam et de Sissy, et ce n'était qu'une fois réfugiée dans les bras de son petit ami qu'elle s'était sentie mieux.
Sam, qui savait aussi (même si c'était à une autre échelle) ce que ça faisait que d'avoir un père totalement lamentable, était l'un de ceux qui l'avait aidée à sortir la tête de l'eau, tout comme elle l'avait aidé aussi, et à vrai dire elle n'était pas la seule dans leur couple à avoir des problèmes d'estime de soi-même...
Tout ça pour dire que ce n'était pas vraiment une bonne journée pour elle.
Tout doucement, elle posa une main hésitante sur son ventre qui s'arrondissait peu à peu.
Elle était enceinte de deux mois désormais, et elle se le jurait d'avance, jamais elle ne se comporterait vis-à-vis de son futur enfant comme Craster l'avait fait avec elle et Sissy...
Oh que non, jamais elle ne deviendrait comme lui.
§§§§
Cela faisait déjà trois heures que Littlefinger avait été enterré.
Et cela faisait trois heures que Lysa s'était enfermée chez elle.
Aussi, quand elle entendit quelqu'un sonner à la porte, elle sursauta.
Elle était toute seule, Robin étant toujours chez les Baratheon, puisqu'il était parti dormir chez eux la nuit durant la mort de son beau-père, étant ami avec Tommen, et Cersei avait proposé de l'héberger chez elle pendant quelques jours, le temps que Lysa... se remette de ce qu'il venait de se produire, du moins, si c'était possible.
Si on lui avait dit autrefois qu'elle trouverait un jour une amie sincère en Cersei Lannister, elle aurait rit au nez de la personne qui aurait osé lui sortir une ineptie pareille...
Et pourtant...
Elle n'alla pas ouvrir à la porte, n'arrivant pas à se lever, en fait c'était même pire que cela.
Elle n'arrivait tout bonnement plus à bouger.
Depuis qu'elle était rentrée chez elle, la secrétaire s'était enfermée dans la salle de bains, et une fois qu'elle s'était démaquillée, elle s'était regardée dans la glace pendant de longues minutes, ne se reconnaissant tout bonnement plus.
Où était donc passée la jeune femme rayonnante et heureuse d'autrefois ?
Elle ne voyait désormais plus qu'une femme malheureuse, triste, seule et aigrie par la vie qui n'avait compris que trop tard que l'homme qu'elle avait autrefois tant aimé était en réalité un monstre sans scrupules.
Quelque chose s'était brisé en elle à ce moment-là, et elle s'était écroulée, pour ne plus se relever.
Cela faisait maintenant presque trois heures qu'elle était là, trois heures qu'elle était allongée sur le sol de sa salle de bains, figée, gelée, brisée.
Elle était perdue.
Elle avait froid, mal au dos, et elle commençait à avoir un peu faim aussi, mais elle n'arrivait plus à bouger un seul muscle.
Lysa Tully avait la sensation de s'être transformée en statue.
On frappa alors à la porte, puisque sonner n'avait servi à rien.
« Lysa ? »
C'était Catelyn.
Lysa n'aurait pas dû être surprise, sa grande sœur avait voulu lui parler une fois l'enterrement terminé, mais elle n'avait pas pu rester plus longtemps au milieu de tout ce monde, de tout ces regards soupçonneux, et elle avait fuit.
Elle entendit la porte s'ouvrir, et elle ferma alors les yeux.
Elle ne voulait voir personne, mais elle comprenait que, après ce qu'il s'était passé, Catelyn puisse avoir des questions.
Que pouvait-elle bien lui dire ?
Que oui, elle avait rêvé de nombreuses fois la mort de son époux, et que, maintenant qu'il était mort et que tous la pointaient du doigt, elle se sentait terriblement vide ?
Quand elle vit sa sœur dans cet état, allongée ainsi sur le sol, immobile, toujours habillée de son élégant tailleur noir, elle n'hésita pas une seule seconde, et s'allongea elle aussi, juste à côté d'elle.
Ce n'était pas la première fois que Lysa faisait cela, sauf que d'ordinaire, à l'époque où elles étaient encore enfants, c'était dans sa chambre, et dans son lit qu'elle partait se réfugier lorsqu'elle était triste ou contrariée.
« Lys... à quel point est-ce que tu vas mal exactement ?
- Ça se voit tant que ça ?
- Tu as l'air d'être sens dessus dessous... Est-ce que tu souffres ?
- Je ne sais pas Cat, je... je ne sais pas quoi ressentir pour être honnête. Il est mort maintenant, et moi je... Je ne sais pas comment réagir. Je ne suis pas triste, ce serait hypocrite de ma part de dire une chose pareille, et je sais que je suis libre, mais... J'ai envie de hurler. Je les vois tu sais, les regards des autres, les questions dans leurs regards, dans le tien aussi... Je les vois me juger, se demander : « est-ce que c'est elle qui l'a fait ? »
- Est-ce que tu l'as tué Lysa ?
- Non. Catelyn, je te le jure par les sept, je ne l'ai pas tué.
- Avais-tu des raisons de le faire ?
- Il me faisait vivre un enfer... Et à vrai dire, je ne sais pas réellement quand j'ai définitivement arrêté de l'aimer, quand j'ai réalisé que... ce n'était pas normal. Que les gens qui s'aiment ne sont pas supposés se faire du mal l'un à l'autre... Pas comme ça. Je ne pense pas que j'aurais jamais pu le tuer. Parce que l'assassiner, cela n'aurait fait qu'empirer les choses.
- Je suis désolée Lysa... je suis tellement désolée de n'avoir rien vu venir, de ne m'être rendue compte de rien... J'aurais dû savoir, j'aurais dû comprendre...
- Non Cat, tu n'aurais pas pu comprendre... Tu as un mari aimant et une famille unie... tu n'aurais rien pu voir venir... En vérité, je te rassure, je n'étais pas complètement seule...
- Qui était au courant ?
- Cersei Lannister. »
Oh...
« Oui, je... je suppose que c'est logique que tu te sois tournée vers elle... »
Les violences qu'avait exercé Robert Baratheon contre son ex-femme étaient connues de tous, et c'était une des nombreuses choses qui faisait qu'il était désormais en prison.
Que Cersei ait eu envie de la soutenir et ait revu en elle ce qu'elle avait elle-même vécu autrefois n'était pas si étonnant que cela non plus.
« Je crois que... je ne sais pas comment faire ça réussir à... ne pas complètement m'écrouler. Si il était mort de façon naturelle ou accidentelle, ça ne me poserait pas de problème, mais... Quelqu'un l'a tué, et maintenant tout le monde pense que c'est moi son assassin, et je n'arrive plus à respirer, je... J'ai peur Cat... je suis terrifiée, j'ai peur de montrer ma joie, j'ai peur d'être de nouveau heureuse, parce que si je deviens de nouveau heureuse, alors on va encore plus me soupçonner, et...
- Est-ce que tu as un alibi ?
Lysa éclata alors de rire.
- Tu sais bien que non... Je vis... je vivais avec lui, je dormais avec lui, j'avais toute l'occasion d'empoisonner son verre à tout moment, et ça, les enquêteurs le savent, j'en suis sure, d'ailleurs, je m'attends à être interrogée à tout moment... »
Elle pleurait désormais, et Cat la serra contre elle, l'enlaçant dans ses bras.
Lysa se tourna vers elle.
« Cat ?
- Quoi ?
- Si jamais... je suis accusée, et mise en prison... promets-moi que tu t'occuperas de Robin, que tu feras en sorte qu'il ne manque de rien, toi ou Edmure, je veux juste être sure que...
Catelyn lui embrassa alors le front, avant de lui caresser doucement les cheveux.
« Je te le jure Lysa... »
A suivre...
