Chapitre 7 : Je ne veux plus avoir peur. (Nymeria/Myrcella).

- Le Mille-Prompts : 37. Personnage – Myrcella Baratheon.

- Si tu l'oses : 91. J'aime … [nom d'un personnage au choix].

- Super 2000 : le concours du 18 : [Défi 082 : F] Écrire un yuri.

- Le Mois des Fiertés : 9. (situation) Recevoir du soutien d'une source incongrue.

- Ships farfelus : Myrcella Baratheon/Nymeria Sand.

- Pick A Card : Five of Hearts: Écrivez une fanfiction sur l'amour familiale. Sinon, écrivez une fanfiction avec un pairing rare.

- Collectionner les POP : POP Aloy : Expression sévère : Écrire sur Tobias Snape ou un personnage sévère.

- Le défi des 200 citations de Contes des royaumes : 59. « Parfois les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver. »

- Toujours plus : Fusionner 8 défis.

Myrcella Baratheon savait qu'elle aimait les femmes depuis qu'elle avait quatorze ans.

Elle ne savait pas exactement quand elle l'avait comprit pour de bon, tout ce qu'elle savait, c'est que ça lui était apparut comme une véritable évidence quand elle l'avait réalisé.

Pour elle, ça avait commencé par un simple petit béguin pour sa cousine, Shireen Baratheon.

Au début, elle avait crut que ça ne durerait pas, et en un sens, elle avait eu raison, son coup de cœur pour la jolie jeune fille au visage en partie défiguré avait finit par cesser, certes, mais ça ne l'avait pas empêchée de retomber amoureuse, d'autres jeunes femmes, plus tard.

Elle avait dix-sept quand elle avait rencontré Nymeria Martell pour la première fois, et ça n'avait clairement pas été le coup de foudre.

À l'époque, elles n'étaient même pas amies, juste de vagues connaissances, rien de plus, et ça leur convenait à toutes les deux, ce n'est pas comme si elles avaient beaucoup de points communs non plus...

La jeune femme était à ce moment-là en couple avec les jumelles Poulet, Jeyne et Jennelyn, avec qui elle avait fini par rompre deux ans plus tard.

Myrcella avait suivit cela de loin, bataillant encore avec elle-même pour réussir à accepter qui elle était, plutôt difficilement d'ailleurs (le fait d'avoir dû grandir avec Robert Baratheon comme père n'avait pas vraiment aidé, même si elle avait d'un autre côté son oncle Renly pour contrebalancer ça), et, n'étant toujours pas sorti du placard, elle avait continué d'avoir ses béguins dans son coin.

Puis, quand elle avait eu vingt-et-un ans, elle avait revu Nymeria à la fête d'anniversaire de Trystan Martell, le cousin de la jeune femme, que Myrcella ne connaissait pas plus que cela, mais puisque tout le monde connaissait tout le monde et était également lié à tout le monde dans cette foutue ville, la jeune Baratheon avait bien évidemment été invitée.

Elle s'y était plutôt ennuyée, jusqu'à l'arrivée en fanfare de Nymeria, qui était de toute évidence bien différente de la timide et douce Shireen Baratheon, et par extension, de Myrcella elle-même.

Nymeria était... différente, bien plus exubérante que pouvait l'être Myrcella, et au cours de la soirée, elles avaient discuté ensemble, n'ayant rien d'autre de bien intéressant à faire, et elles avaient ri plusieurs fois, aussi.

Myrcella n'arrivait toujours pas à comprendre quelle succession d'évènements avait fait qu'elle étaient désormais ensemble, mais en tout cas, ce qu'elle savait, c'est qu'elle était bel et bien amoureuse de la belle Dornienne.

Et qu'elle était heureuse avec elle, aussi.

§§§§

« Quand est-ce que tu comptes dire à ta mère... pour nous deux ? »

Ce n'était peut-être pas forcément le meilleur moment pour poser la question, surtout après les évènements des jours précédents, mais quant même, elles étaient en couple depuis désormais presque trois ans, en secret, Myrcella n'ayant toujours pas parlé à ses parents du fait qu'elle avait une petite-amie.

Myrcella avait alors soupiré.

« Je ne sais pas encore Nymeria, tu sais bien que... ma famille... enfin, c'est compliqué.

- Myrcella, ton père n'est plus là pour te faire peur ou te faire te sentir mal à cause de ce que tu es, de qui tu es...

- Ça aussi je le sais.

- Je ne te dis pas ça pour te forcer la main, mon cœur, seulement... je suis fatiguée de me cacher, fatiguée que personne ne soit au courant, en dehors de nous, de mes sœurs, de mon père et de ma tante... et de mon autre tante, bien évidemment. Je veux juste savoir... si tu es prête ou non, à le dire. À sortir du placard. Parce que moi oui. Enfin, c'est déjà le cas pour moi, mais je suis prête à crier notre relation au grand jour. Et si ce n'est pas le cas pour toi, alors... je peux encore attendre, ne t'en fais pas.

- J'ai jamais parlé de ça avec ma mère, déclara alors Myrcella. Ni avec mon père, parce que je sais très bien comment il aurait réagi s'il avait appris que... que je suis...

- Que t'es lesbienne ?

- Ouais... Même mon oncle Renly ne le sait pas, je n'ai jamais... Enfin, je n'ai jamais parlé ou discuté d'amour, de relation amoureuse ou même de relation sexuelle avec eux, je sais pas pourquoi, mais j'y arrive pas... J'ai du mal à en parler, à mettre des mots sur ça, tu vois, même avec toi je galère à trouver les mots justes !

Nymeria se mit à sourire.

« Ce n'est pas grave tu sais... Et en ce qui concerne ta famille... Hé bien, on sait toutes les deux que Tommen ne te dira rien, et compte sur moi pour fracasser Joffrey si jamais il ose faire une seule remarque à notre sujet.

- Oh, tu veux dire comme quand Sansa lui a cassé le nez lorsqu'il les a insultées elle et ta cousine Rhaenys ?

- Quelque chose dans ce genre oui. Qu'est-ce qui te fait à ce point peur dis-moi ? Personne en ville, à part Joffrey et quelques autres connards, n'a dit quoi que ce soit à Sansa et Rhaenys, ou à Oberyn et Bronn, à Loras et Renly, à Talisa et Élisa, à Tyerne et Yara, à ma tante Elia et ma tante Ashara, ou à Shirei et Lyanna ! Est-ce que c'est le regard des autres qui te fait peur ?

- Non, pas vraiment, en fait, c'est ma mère, elle... tu te souviens de quand ma famille, enfin mon père surtout, a coupé les ponts avec mon oncle Renly, une fois que sa relation avec Loras a été révélée au grand jour ? Toutes ces choses qu'il a dit sur lui après ça, les insultes, toutes ces horreurs...

Ma mère n'a rien dit contre ça à l'époque, sûrement parce qu'elle avait peur qu'il réagisse mal, mais je n'ai jamais eu son opinion sur ce sujet. Et même si nous sommes réconciliés avec eux maintenant que mon père est en taule, hé bien... j'ai toujours peur. et puis, elle est tellement stricte et sévère ! Elle... Je l'aime mais j'ai peur. J'ai peur de lui en parler, peur qu'elle réagisse mal, parce que...

- Parce que tu es sa fille ?

- Exactement ! Alors, je sais que c'est absurde, mais je n'ai pas vraiment l'habitude de me confier à elle, je n'ai pas une relation aussi... disons, proche et franche que celle que tu as avec ton père.

- Mon père est un cas à part... Très à part... Y en a pas deux comme lui. Enfin bon je suis pas là pour parler de moi, mais de toi... Et c'est pas pour te donner un conseil à la noix, mais je pense vraiment que ta mère ne va pas te rejeter à cause ça. Et puis ta mère n'est pas idiote, elle va bien finir par comprendre que nous ne sommes pas juste des colocataires, à force...

Myrcella ne put s'empêcher de ricaner.

- Oui, enfin tu sais, pas mal de gens pensaient encore que Sansa et Rhaenys étaient « de bonnes amies » jusqu'il y a encore quelques semaines, alors que c'était évident qu'elles flirtaient...

- Pas faux... Mais surtout... ce n'est pas grave si tu n'es pas encore prête, d'accord ? Bon, je vais y aller, il faut que j'aille voir mon père, fit-elle en lui adressant un sourire réconfortant. Passe une bonne journée, rajouta-t-elle en embrassant sa petite-amie. Je t'aime ma petite lionne.

Myrcella sourit à son tour.

- Moi aussi je t'aime, ma petite aspic... »

Lorsque Nymeria quitta leur appartement, Myrcella sentit son cœur se serrer.

Parce que sa petite-amie avait raison, et que ça ne changeait rien au fait qu'elle avait terriblement peur.

Mais en vérité, oui...

Elle devait parler à sa mère.

§§§§

Jamais au cours de sa vie Myrcella Baratheon ne se souvenait s'être sentie aussi nerveuse.

Ce fut avec les mains tremblantes qu'elle frappa à la porte de la maison dans laquelle sa mère et son beau-père Euron Greyjoy vivaient ensemble (Tommen vivant avec sa petite-amie Margaery Tyrell, la petite sœur de Loras, et Joffrey étant par chance en ce moment-même à Peyredragon, donc suffisamment loin d'eux pour ne pas être une nuisance...), et quand Cersei lui ouvrit, elle essaya de se dire avec conviction « tout va bien se passer ».

Et ce, même si elle n'y croyait qu'à moitié.

« Oh, bonjour Myrcella, comment vas-tu ?

- Bien, très bien, mentit-elle, et toi ?

- Oui, je vais bien, ton oncle n'est venu arrêter personne ici, que ce soit moi ou Euron, donc je suppose que ça va. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je suis venue pour te parler d'un truc important... Est-ce que je peux rentrer ?

- Oui, bien sûr, tu es toujours chez toi. Je t'en pris, vas t'asseoir, je vais nous un faire un thé...

- Je pense que j'en aurai bien besoin, marmonna Myrcella pour elle-même. »

Quelques minutes plus tard, la jeune femme, sa tasse dans les mains, souffla tout doucement sur son thé goût caramel afin de repousser le plus longtemps possible la conversation, histoire de trouver une bonne excuse pour ne pas parler.

Bon, pas sûr que ça puisse rester efficace très longtemps non plus...

Et en effet, quelques secondes plus tard, sa mère déclara :

« Est-ce qu'il y a quelque chose qui te tracasse ma chérie ?

- Moi ? Non, bien sûr que non... »

Cersei la regarda alors, l'air de dire « ta crédibilité vient de se barrer en courant et est en train de te faire coucou depuis le bus » ou tout simplement « oui, bien sûr Myrcella, on te croit », et avec un air concerné et inquiet.

Myrcella soupira alors.

Il fallait bien qu'elle se jette à l'eau, non ?

« Je... si je suis là c'est parce que... bafouilla-t-elle, je veux te dire que... enfin... j'avoue que j'ai longtemps hésité à en parler et que j'avais peur que tu réagisses mal, et je...

Cersei sembla avoir pitié de son inconfort, et s'empressa de presser la main de sa fille dans la sienne, avant de lui sourire.

- Myrcella, je suis ta mère, je suis là pour toi, je t'écoute, tu sais que tu peux tout me dire, pas vrai ?

La jeune femme se mit à sourire, mais elle ne put empêcher ses yeux de s'humidifier légèrement, signe qu'elle risquait de pleurer à tout moment, et le visage de Cersei se ferma à ce moment-là.

- Ce que tu as à me dire... Ça n'a rien à voir avec Littlefinger, pas vrai ?

Sa fille fronça immédiatement les sourcils.

Cela faisait dix jours au moins que l'homme était mort, quel rapport exactement cela avait-il avec ce qu'elle avait à dire ?

- Non ! Absolument pas, pourquoi ?

La mairesse se détendit instantanément.

- Bien, tant mieux... je dis cela parce qu'on a encore découvert des choses pas très nettes à son sujet, et j'avais peur... que tu sois impliquée.

- Ça n'a rien à voir, ne t'en fais pas... je... »

Et si elle la rejetait ?

Et si Nymeria avait tort ?

Parfois les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver.

Peut-être qu'elle devrait en passer par là, qui sait...

Elle prit une grande inspiration et se lança enfin.

« Maman, je suis ici pour te dire que... j'aime les femmes. Je suis lesbienne. Voilà... »

Le nœud qu'elle avait dans le ventre s'évanouit alors quelque peu, maintenant qu'elle avait vidé son sac, et elle regarda alors sa mère avec anxiété, attendant qu'elle dise quelque chose.

Puis, à sa grande surprise, Cersei se mit à sourire.

Sa mère ne souriait presque jamais d'ordinaire, excepté les sourires polis qu'elle se forçait à arborer en société, et qui étaient souvent plus crispés qu'autre chose.

Mais les sourires sincères, même si elle en produisait plus depuis qu'elle avait quitté Robert et rencontré Euron Greyjoy (et malgré la réputation plutôt sulfureuse du bonhomme, les choses se passaient bien) restaient malgré tout assez rares, excepté lorsqu'elle était avec ses enfants ou ses frères.

« Myrcella, s'il te plaît, ne me regarde pas comme si tu croyais que j'allais te renier pour ça, d'accord ? Tu pensais que je m'attendais forcément à ce que tu épouses un homme un jour, ou quelque chose comme ça ? Non pas que tu sois supposée te marier tout court d'ailleurs...

- Je... hé bien, oui, répondit Myrcella avec hésitation. Enfin, c'est comme ça que les choses se passent d'ordinaire.

Cersei se mit alors à soupirer, avant de la regarder avec un sérieux presque terrifiant.

- Écoute-moi Myrcella... J'ai été mariée à Robert, et j'ai été malheureuse pendant des années, Lysa Tully a été la compagne de Petyr Baelish, et ça ne l'a pas rendue heureuse pour autant, et tu seras d'accord avec moi sur le fait que Sansa Stark est bien plus heureuse avec Rhaenys Targaryen qu'elle ne l'était quand elle sortait encore avec ton frère.

Je suis heureuse avec Euron, parce que c'est quelqu'un de bien, et que je l'aime, mais si ce n'est pas le modèle de vie qui te convient, hé bien soit, ça ne me pose pas de problème. Et peu m'importe que tu sois en couple avec un homme, avec une femme, ou même avec un homme et une femme, ou avec deux femmes, tu fais ce que tu veux, je ne suis pas là pour te juger...

- Maman ! S'exclama Myrcella, rougissante et presque gênée. Je... enfin, je n'en suis pas là.

- Peu importe... Je veux que tu sois heureuse, tout simplement.

- Je... merci maman.

Dire que Myrcella Baratheon était surprise était un euphémisme.

Elle ne s'attendait pas non plus à ce que sa mère la rejette violemment, mais... entendre tout cela lui faisait chaud au cœur.

Avoir ce soutien indéfectible et inattendu lui donnait envie de pleurer, mais de joie cette fois.

- Et... j'ai une copine aussi, ajouta-t-elle. J'aime... Nymeria Martell.

Le sourire de Cersei s'accentua.

- Petite cachottière ! J'aurais dû savoir que vous n'étiez pas juste des colocataires... ironisa-t-elle.

- Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, fit Myrcella avec un rire nerveux.

- Et ça explique beaucoup de choses, je l'avoue. »

Myrcella laissa alors un sourire béat apparaître sur son visage.

Sa mère l'acceptait telle qu'elle était, sans la juger, les choses n'auraient pas pu mieux se passer, et elle sentit sa peur s'évanouir complètement.

Les larmes aux yeux, elle se jeta dans les bras de Cersei.

« Je t'aime maman...

La mairesse la serra alors contre elle également.

- Moi aussi je t'aime ma chérie... »

A suivre...