Chapitre 12 : Je pense qu'on appelle ça un monstre (Amerei/Lancel).

- Le Mille-Prompts : 404. Mot – Effroi.

- Si tu l'oses : 122. Subir / souffrir.

- Pick A Card : Two of Diamonds: Écrivez une fanfiction sur un personnage toujours second. Sinon, écrivez une fanfiction sur Ron Weasley.

- Toujours plus : Fusionner 3 défis.

Warnings : Mention de violences conjugales et d'autres trucs pas très joyeux.

« Je crois que j'ai envie de vomir, murmura Lancel Lannister à sa compagne tout en arborant un air d'effroi et de dégoût sur le visage.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda Amerei avec intérêt et curiosité.

- Tiens, lis ça, si jamais ça t'intéresse… se contenta-t-il de dire en lui tendant le journal qu'il tenait dans les mains. Enfin, si tu as l'estomac bien accroché en tout cas. »

Lancel Lannister n'était pas vraiment le premier membre de sa famille auquel on pensait quand on évoquait les Lannister, et en effet, à côté de ses trois prestigieux cousins, c'était plutôt compréhensible qu'il ne soit que rarement mis en avant et souvent oublié par les gens.

Selon Amerei Frey, les gens se trompaient complètement sur son compte, et Lancel gagnait réellement à être connu.

Ce n'était pas pour rien si elle en était tombée amoureuse après tout.

Par ailleurs, faisant elle-même partie d'une famille nombreuse (très nombreuse), elle savait parfaitement ce que cela faisait que d'être parfois (enfin, souvent était un mot plus exact en ce qui la concernait) mis de côté.

« C'est à quel sujet exactement ?

- A propos de l'affaire Petyr Baelish.

- Oh… Au sujet du meurtrier ou de la meurtrière ?

- Non. Au sujet des crimes passés de la victime, déclara Lancel avec un air sombre. Apparemment, il y a eu de nouvelles… informations. »

Intriguée, elle parcourut rapidement l'article en question, qui évoquait les forts soupçons qui pesaient sur Littlefinger concernant sa potentielle tentative de rouvrir clandestinement les bordels qu'il possédait autrefois et qu'il avait dû fermer.

Soupçons qui donc ressurgissaient maintenant qu'il était mort et que les personnes impliquées dans ces sales histoires et qui avaient dû subir beaucoup de choses innommables commençaient enfin à en parler.

Alors qu'elle découvrait toutes les saloperies commises par Littlefinger, la jeune femme sentit le dégoût l'envahir également, et en voyant un nom se détacher du reste, Amerei se figea brutalement, interdite.

« Le vieux salopard… murmura-t-elle en serrant les poings, au point de froisser le papier du journal.

- Qu'y-a-t-il ? L'interrogea Lancel avec inquiétude.

Maintenant complètement blême, Amerei serra les dents également, semblant prête à hurler.

- Tu te souviens de ma dernière belle-mère en date, enfin, l'avant-dernière plutôt ?

- Joyeuse Erenford ? Celle qui s'est suicidée ?

- Ouais… Hé bien, mon père, ce vieux cochon qui avait comme tu le sais déjà, déjà eu sept femmes avant de se remarier à la pauvre Kitty, qui en plus du reste est plus jeune que moi, semble être mêlé aux affaires louches de Littlefinger.

- Oh… Dans le sens où il l'a payé pour pouvoir torturer de pauvres prostituées dont ce n'est absolument pas le job de subir des saloperies pareils ?

- Non, pas du tout… Dans le sens où il a forcé Joyeuse à bosser pour Petyr Baelish dans un de ses bordels clandestins et que ce sont probablement les trucs qu'elle a subi là-bas qui l'ont poussée à se donner la mort. Et c'est lui qui a empoché le fric bien sûr, ce connard.

- Merde… Quel enfoiré !

- J'aurais pas dit mieux… De ce que je sais d'ailleurs, Kitty a décidé d'entamer une procédure de divorce il y a peu, l'une de mes sœurs, Walda, l'héberge en ce moment. J'espère que tout se passera bien pour elle.

- Ton père est… vraiment une ordure.

- Tout comme l'était Littlefinger… Tu vois Lancel ?

- Quoi ?

- Je ne suis pas vraiment fâchée qu'il soit mort.

- Moi non plus. »

§§§§

Il faut que ça s'arrête.

Combien de fois s'était-elle donc répétée ces mots au cours de ces derniers mois au juste ?

Cersei Lannister se regarda dans le miroir, n'aimant définitivement pas ce qu'elle y voyait.

C'était la première fois que ça arrivait, la première fois que Robert…

Enfin, ce n'était pas la première fois que Robert Baratheon la frappait, non, bien au contraire, elle commençait à y être… habituée, enfin si jamais on peut vraiment s'habituer à ce genre de choses.

Disons que c'était la toute première fois que son époux s'acharnait à ce point-là sur elle, et elle bénit tout les dieux qu'elle connaissait pour que ses enfants n'aient pas eu à assister à cela.

Ils étaient chez leur oncle Jaime ce soir-là (tandis que son beau-fils Gendry, lui, était chez sa petite-amie Arya Stark), et elle frémit à la simple pensée qu'ils auraient pu se trouver là durant la colère de Robert.

Elle avait le visage en sang, et un œil au beurre noir n'allait pas tarder à se former, elle en avait la certitude.

Et surtout, elle avait mal, et envie de hurler.

Oh, elle saurait dissimuler ses blessures, comme elle avait bien appris à le faire, et comme elle le faisait depuis toujours, après toutes ces années à les encaisser en silence, à ne rien dire à personne, comme son père le lui avait bien appris, se taire, ne pas faire de vague…

Ne pas causer de scandale, bien jouer son rôle de bonne épouse.

Mais elle n'en pouvait plus.

Cela faisait longtemps, tellement longtemps qu'elle subissait cela, et elle le sentait, elle allait bientôt craquer.

Et, alors qu'elle s'apprêtait à de nouveau essayer de cacher la marque des coups du salopard qui partageait sa vie, elle laissa subitement sa main s'arrêter en l'air.

En seulement quelques secondes elle avait pris sa décision.

C'était la première fois qu'il la frappait au visage, qu'il la frappait comme ça surtout, d'habitude, la colère et la rage de Robert Baratheon s'exprimaient, disons… d'une autre manière sur elle.

En se voyant ainsi, avec un air tellement misérable, ne se supportant plus, ne supportant plus ce que sa vie était devenue, elle reposa sa main sur le lavabo, s'y appuyant.

Alors quoi…

Elle allait laisser les choses se dérouler comme ça, sans rien faire ?

Elle allait accepter de subir le même enfer que Rhaella Targaryen, qui s'était laissée détruire à petit feu pendant des années par son mari Aerys, et qui avait fini par en mourir ?

Non, hors de question qu'elle laisse cela arriver.

S'habillant rapidement, elle quitta sa demeure en faisant le moins de bruit possible, avant de se rendre à pieds là où se trouvait la seule personne susceptible de l'aider.

Son petit frère, Tyrion Lannister.

§§§§

Jaime soupira de soulagement en voyant enfin arriver devant lui Yohn Royce, et une fois qu'il eut pris place, il attaqua immédiatement l'interrogatoire.

« Bien, Lysa, nous allons tout reprendre depuis le début.

- Vous m'avez déjà interrogée au sujet de la mort de mon époux, répondit-elle d'une voix glaciale, je ne vois donc pas trop ce que je pourrais rajouter à ce sujet.

- Quand êtes-vous parti de la fête organisée par Petyr Baelish ?

- Après m'être disputée avec mon époux. Votre sœur m'a réconfortée un peu et m'a encouragée à ne pas lâcher prise, qu'elle comprenait parfaitement ce que je vivais, que je devais porter plainte, je lui ai dis que je n'en aurais pas la force, elle m'a répondu qu'elle comprenait ça aussi, que pour elle ça avait été dure de sortir de sa relation toxique, mais qu'elle était certaine que j'y arriverai un jour…

- Vous êtes rentrée seule ?

- Oui. Nous étions allés à la réception à pied, je suis donc rentrée chez moi en faisant de même, et comme je vous l'ai déjà dit, fit-elle avec un certain agacement, je me suis couchée juste après, j'ai pris mes somnifères, je me suis rapidement endormie, et je n'ai découvert le corps de Petyr que très tardivement. Quand il était déjà trop tard, bien évidement.

- Avez-vous mis quelque chose dans le verre de Petyr Baelish avant votre départ de la fête ?

- Non !

- Bien, avez-vous mis le poison de la veuve noire dans son verre ou dans quelque chose d'autre avant d'aller dormir ?

- Non plus ! Est-ce que vous croyez réellement que je n'avais rien d'autre à faire que préparer un café, un verre d'eau ou n'importe quoi d'autre, comme un gâteau ou n'importe quoi d'autre, de glisser le poison dedans, et ce, en espérant que peut-être, potentiellement, il le boirait ou le mangerait en rentrant de la soirée ? Pour qui vous me prenez sincèrement, Ramsay Bolton ?

Elle marque un point là, pensa Jaime.

- D'où vient la veuve noire que nous avons trouvé dans votre cuisine ?

Jamais Lysa Tully n'avait eu autant envie de hurler au cours de sa vie.

Laissez. Moi. Partir !

Je. Suis. Innocente !

Ne voyaient-ils donc pas ?

Ne comprenaient-ils donc pas qu'elle n'avait rien à voir avec tout ça ?

Ne savaient-ils donc pas qu'elle n'aurait jamais choisi de foutre sa vie en l'air à cause de ce connard ?

- Je n'en sais foutrement rien ! Hurla-t-elle finalement, à bout de force. Avant que Petyr ne meurt, je n'avais même jamais entendu parler de ce poison, je ne suis pas… Je ne suis pas le genre de personne à tuer des gens, c'est clair ? Je ne l'ai pas tué !

- J'entends bien Lysa, mais dans ce cas-là, que faisait le poison dans votre maison et votre cuisine ?

- Et il ne vous est jamais venu à l'esprit que, peut-être, le tueur ou la tueuse aurait pu mettre ce poison chez moi après la mort de Littlefinger afin de m'incriminer ?

Jaime haussa un sourcil surpris.

Non, en effet, aucun d'eux n'y avait encore pensé, il est vrai.

Cependant, quelque chose là non plus ne collait pas.

- Mais comment, et surtout, pourquoi le mettre dans un placard bien dissimulé et presque impossible à trouver ? À moins qu'il ne s'agisse d'un policier au courant de la perquisition à venir, ou de quelqu'un connaissant bien votre maison, je ne vois pas comment cela peut être possible.

- Pourquoi l'aurais-je gardé chez moi dans ce cas ?

- Je ne sais pas, vous pensiez peut-être que personne ne l'y trouverait là, ou vous songiez à vous en resservir plus tard, je n'en sais rien…

- Je… je n'ai absolument aucune idée de comment ce poison extrêmement rare et difficile à trouver a bien pu se retrouver chez moi, mais le fait est que ce n'est pas moi qui l'y ai mis, et à nouveau, je ne sais pas qui a tué Petyr Baelish ! Je le voulais mort, c'est vrai, avoua Lysa d'une voix brisée, mais jamais je n'aurais pu le tuer. Ce… ce n'est pas moi ! »

Jaime poussa un autre soupir.

Il détestait vraiment cette affaire.

§§§§

Ce n'était pas supposé arriver !

Lysa Tully n'aurait pas dû être arrêtée, ce n'était pas juste, elle n'avait rien fait !

Un hurlement de rage manqua de retentir dans la pièce.

Toute cette histoire commençait décidément à aller trop loin.

Les choses n'étaient pas supposées se passer ainsi, jamais Lysa n'était censée se faire arrêter.

Si seulement l'on n'avait pas retrouvé de veuve noire chez elle…

Petyr Baelish avait été tué de sa main pour que sa femme (et par extension, tout les habitants de Port-Réal, voire de Westeros en général) soit enfin débarrassée de lui pour de bon, ce n'était pas pour qu'on la mette en garde à vue alors qu'elle n'avait rien fait !

Merde quoi !

À croire que ce n'étaient jamais les bonnes personnes qui payaient dans ce monde…

Que faire maintenant ?

Se livrer, se dénoncer pour son « crime » ?

Envoyer une preuve formelle à la police qui disculperait Lysa mais qui ne l'inculperait pas non plus ?

Mais oui, voilà !

Un sourire se dessina sur son visage.

Envoyer une lettre lui semblait être la meilleure solution, et il lui semblait bien que la police méritait d'être mise au courant de l'existence de certaines caméras espions planquées dans une certaine maison…

Le tout étant de ne pas se faire prendre, bien sûr.

Encore que…

Aller en prison ne lui faisait pas peur.

Et s'il s'avérait que le seul moyen pour qu'un innocent ne paye pas pour ses actes soit de se rendre, hé bien soit.

Ce serait fait.

A suivre…