Chapitre 13 : Que savez-vous des monstres ? (Robb/Roslin).
- Le Mille-Prompts : 54. Personnage – Vent Gris.
- Si tu l'oses : 136. Commérage / Potin / Rumeur.
- Pick A Card : Nine of Diamonds: Écrivez sur Fumseck. Sinon, écrivez sur un animal.
- Toujours plus : Fusionner 3 défis.
« Je me demande si Kitty sera là ce soir, dit Roslin Frey à son petit-ami.
- Oui, ta nouvelle… belle-mère, c'est ça ?
- Yep, c'est ça, fit-elle en grimaçant, pensant à la jeune fille de seulement dix-neuf ans.
- Ton père n'a vraiment aucune limite, ça lui fait quoi maintenant, soixante, soixante-cinq ans ?
- Soixante-dix… J'espère vraiment qu'elle va réussir à le quitter pour de bon…
- Ton père sera là ?
- Normalement non, enfin je croise les doigts là. Apparemment il est beaucoup trop malade pour pouvoir se déplacer et sortir de chez lui. Tant mieux, cracha-t-elle avec rage, ça me fera des vacances.
Le chien de son petit-ami à ses pieds, nommé Vent Gris, la jeune femme essaya de calmer sa colère.
Ce dernier aboya alors, semblant d'accord avec ce qu'elle venait de dire, et elle se mit à sourire.
Mieux valait qu'elle ne pense pas à son père, pas tout de suite, et elle joua pendant quelques secondes avec le chien en essayant d'oublier que son père était un enfoiré qui avait maltraité toutes ses différentes femmes les unes après les autres, les menant jusqu'aux portes de la mort, voire jusqu'à la mort elle-même, ou, pour les plus chanceuses, au divorce.
Un vrai Barbe-Bleue en somme…
- Enfin bon, qu'il soit là ou pas, peu m'importe, je ne veux plus le voir, et il peut bien aller se faire foutre là où il est…
- Allez, n'y pense plus, fit Robb, ce soir, tu ne le verras pas de toute façon.
- Oui, mais Littlefinger sera là, c'est du pareil au même…
Il fronça alors les sourcils.
- Est-ce que… tu as envie de ne pas y aller ?
- Quoi ? Non, absolument pas, c'est juste que j'ai pas spécialement envie de le voir lui, c'est tout… Ça devrait aller.
- Tu es sure ? »
Elle se mit à sourire.
« Oui, bien sûr, ne t'en fais pas. Je survivrai... »
§§§§
Shae avait les mains qui tremblaient.
Ça n'avait rien d'étonnant…
Si sa vie était devenue aussi difficile, et surtout aussi douloureuse, c'était bien en partie la faute de Littlefinger (et celle de l'ancien pharmacien Pycelle, aussi), mais ça elle le savait déjà, elle l'avait toujours su.
Mais maintenant, oh maintenant, c'était bien pire qu'avant.
Parce que désormais, elle savait, oh que oui, elle savait tout, y compris le pire, surtout le pire, parce qu'elle avait parlé à Ramsay Bolton en personne, qu'elle savait aussi que le regard de ce fou la hanterait encore au cours des prochaines semaines, mais ça ne comptait pas, ce n'était pas important, parce qu'au moins, elle connaissait la vérité.
Elle n'aurait pas dû venir ici, et elle le savait.
Ce n'était pas pour rien si elle avait menti à Tyrion.
L'avocat, lui, était allé à la soirée organisée par Petyr Baelish, alors qu'elle avait prétendu qu'elle ne voulait pas s'y rendre, alors qu'en vérité, la rage lui dévorait le ventre, la faisait littéralement brûler de l'intérieur, et qu'elle ne voulait qu'une seule chose : regarder cet enfoiré droit dans les yeux et l'encastrer dans le mur le plus proche.
Furtive comme elle savait si bien l'être, bien que grimaçant à cause de la douleur qui l'accompagnait constamment, elle réussit à entrer dans le petit salon dans lequel Littlefinger venait d'entrer, probablement pour se calmer suite à sa dispute avec Missandei et Ver Gris.
La jeune femme ne remarqua à aucun moment qu'elle avait été repérée par Daenerys Targaryen ainsi que par Drogo.
Elle n'était pas supposée y aller et en réalité, ce n'était que tardivement dans la soirée qu'elle avait fini par se décider à quitter la maison.
Elle ne pouvait pas supporter le fait qu'il puisse donner une riche et somptueuse réception le soir-même alors qu'il avait ruiné sa vie.
Tyrion n'en savait rien, et oui c'était peut-être stupide, mais elle n'avait pas le courage de lui dire ce qu'elle avait découvert, parce qu'elle n'avait toujours aucune preuve, et tout ce qu'elle voulait, c'était des explications, tout simplement.
Elle serra les poings.
Aujourd'hui, Petyr Baelish allait devoir rendre des comptes.
Une part d'elle-même savait déjà que cela ne servait à rien de venir ici, elle savait qu'il n'avouerait rien, ne reconnaîtrait absolument rien en ce qui concernait ses crimes passées (et très certainement présents aussi), et cela la mettait également en rage.
Sans doute ne l'écouterait-il même, peut-être aussi qu'il la foutrait dehors, mais elle était juste tellement en colère, qu'elle n'arrivait plus à réfléchir de façon posée, elle n'était plus que rage et douleur, et le fait est que tout ce qu'elle voulait c'était que la douleur s'arrête, et qu'à cause de son ancien employeur, cela n'arriverait jamais.
Elle ressentait encore et toujours la douleur dans sa jambe, et ce fut justement ça qui la poussa à pousser la porte et à entrer dans la pièce.
Tyrion ne comprendrait sûrement pas, mais il n'aurait jamais pu comprendre, personne n'aurait pu comprendre sa souffrance, son envie de détruire Littlefinger, sa volonté de de se venger, ainsi que la certitude que la justice ne pourrait rien pour elle.
Elle n'allait pas se mentir.
Elle voulait le voir mourir.
Elle avait envie de le tuer.
De lui faire mal comme il lui avait fait mal, le torturer jusqu'à ce qu'il demande grâce, et la noirceur de ses désirs aurait pu lui faire peur si elle n'avait pas déjà eu l'impression qu'elle n'avait plus rien à perdre.
Si ce n'est Tyrion Lannister lui-même.
C'était uniquement pour lui qu'elle n'avait pas laissé sa haine se déchaîner contre Petyr Baelish.
Parce qu'elle l'aimait, et qu'en devenant une meurtrière, elle allait le perdre, de toute évidence.
Cela ne l'empêchait pas de vouloir le faire périr dans les plus atroces souffrances possibles.
§§§§
Tyrion Lannister savait pertinemment qu'il se souviendrait toujours du jour où sa grande sœur était venue le voir en pleine nuit, tandis que Shae, elle, était à l'hôpital pour il ne savait plus réellement quelle raison.
Il était en train de savourer un bon chocolat chaud quand il avait entendu quelqu'un sonner à la porte.
Et quelle n'avait été sa surprise en voyant qu'il s'agissait de Cersei.
Et qu'elle était blessée, même si le sang qui était encore sur son visage plusieurs minutes plus tôt avait disparu.
« Cersei ? Qu'est-ce que tu fais là ? Et surtout… qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
- Est-ce que je peux entrer ?
- Je… oui, bien sûr, qu'est-ce que tu crois, que je vais te jeter dehors comme ça ?
Un léger sourire se dessina sur la lèvre tuméfiée de la mairesse.
- Oui, j'aurais sûrement dû le savoir. »
Quelques minutes plus tard, le frère et la sœur étaient assis l'un en face de l'autre, Tyrion continuait de boire son chocolat, tandis que Cersei savourait en silence un thé.
Après encore plusieurs minutes d'un silence plutôt pesant, l'avocat prit la parole :
« C'est Robert qui t'a fait ça, pas vrai ?
Elle hocha la tête.
- Toujours aussi intelligent à ce que je vois, mon frère… Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?
- Pourquoi ?
Le visage de sa sœur arbora alors un air glacial.
- Est-ce qu'il y a réellement besoin d'une raison ? C'est un connard, voilà, et il aime me prendre pour un punching-ball à ses heures perdues et quand il est en colère, je n'ai rien d'autre à rajouter, fit-elle avec une certaine sécheresse, bien compréhensible au vue de sa situation.
- D'accord, d'accord, excuse-moi, c'était une question stupide, je le reconnais… Donc Robert te bat… ça fait combien de temps ?
- Je pense que ça a commencé peu de temps après la naissance de Tommen.
- Ça fait si longtemps que ça ? S'exclama-t-il avec horreur. Mais pourquoi est-ce que tu n'as rien dit à personne ? Pourquoi est-ce que tu ne l'as pas quitté ?
- Parce que ça ne se fait pas ! Tu crois que c'est aussi simple que cela ? Tu crois que ce n'est pas ce que je veux, que je ne me suis pas dit plusieurs fois « il faut que ça s'arrête » ? Tu crois que ça me plaît de me réveiller tout les jours avec la peur au ventre ?
- En fait je n'en sais rien, je ne suis pas dans ta situation, je ne sais pas ce que ça fait… Et je me doute que tu n'es pas venue ici pour entendre de reproches… Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Et, pour la première fois depuis son arrivée, Cersei laissa tomber son masque.
- Il faut que tu m'aides Tyrion, lança-t-elle d'une voix tremblante. Je… j'en peux plus là, je sens que je vais finir par craquer et faire quelque chose de stupide. Je veux juste être libérée de ce cauchemar. Je sais que nous avons eu nos différends, qu'on a du mal à s'entendre, mais… aide-moi je t'en supplie.
Le nain prit alors la main de sa sœur dans la sienne.
- Je vais t'aider Cersei… Je te le promets. »
Et pour la première fois depuis longtemps, Cersei Lannister se surprit à espérer que les choses s'arrangent pour elle.
§§§§
Cela faisait environ deux-trois jours que Lysa Tully était en garde à vue, et l'enquête piétinait toujours autant qu'avant.
Elle n'avait pas avoué, gardait toujours la même version, et en dehors du poison trouvé chez elle, ils n'avaient pas réellement de quoi l'inculper.
Et elle était toujours leur seule suspecte à l'heure actuelle, ce qui n'arrangeait pas réellement les choses.
Tout ceux qui avaient été à la fête avaient été interrogés, et rien n'en était sorti, rien du tout, si ce n'est une haine commune et quasi-unanime contre Petyr Baelish, ce qui était tout sauf surprenant, mais en dehors de cela, tout le monde avait un alibi solide.
Enfin, en fait, personne n'avait été vu approchant le verre de Littlefinger, pas officiellement du moins, vu que ce dernier avait disparu plusieurs fois au cours de la soirée, donc personne ne pouvait vraiment être sûr de quoi que ce soit.
Si ce n'est le meurtrier ou la meurtrière, évidement…
« Tu penses toujours que ce n'est pas elle ? Demanda Brienne à son coéquipier.
- Effectivement… Je crois à son histoire. Je pense vraiment qu'elle n'a rien fait.
- Hé bien, fit-elle à Jaime, il lui faudrait vraiment un miracle pour se sortir d'affaire maintenant, après ce qu'on a découvert chez elle. »
Et le fait est qu'elle ne croyait pas si bien dire.
§§§§
« D'où est-ce que ça vient ? Demanda Jaime avec surprise en trouvant une enveloppe cachetée sur son bureau.
Il n'y avait rien de marqué dessus, pas d'adresse ou d'expéditeur, absolument rien du tout, ce qui renforça sa suspicion.
Jory Cassel haussa les épaules, ne semblant pas en savoir plus que lui à ce sujet.
- Aucune idée, le facteur l'a apporté en disant que ça vous était personnellement adressé.
Jaime Lannister fronça les sourcils.
- Oh… Je vois… Enfin, je suppose. »
Il ouvrit l'enveloppe et en sortit une lettre tapée à la machine à écrire, avant de commencer à la lire.
Bonjour,
La lettre que je vous adresse a une importance cruciale concernant l'enquête que vous et vos collègues êtes en train de mener, aussi, je vous demanderais de la lire attentivement jusqu'au bout.
Lysa Tully est innocente du crime dont vous l'accusez, ce n'est pas elle qui a tué Petyr Baelish, et il vous sera très facile de vous en rendre compte par vous-même.
En effet, j'ai appris il y a peu qu'il y a quelques temps (ou même plus, à vrai dire, je ne sais pas depuis quand exactement pour être honnête) ce monstre de Littlefinger a pris la décision de faire installer des caméras espions dans sa propre demeure, caméras qui sont par ailleurs actives vingt-quatre heure sur vingt-quatre.
Alors, où elles se trouvent, pourquoi, comment il les a fait installer, je n'en sais rien non plus, tout ce que je sais de source sure, c'est qu'elles existent bel et bien, et qu'en visionnant celles-ci, vous aurez enfin la preuve définitive que Lysa Tully n'a pas empoisonné son époux, contrairement à ce que vous pensez.
Passez une bonne journée !
« Hé bien ça alors, fit Jaime, les yeux écarquillés par la surprise. Et moi qui pensais que plus rien ne pouvait m'étonner… »
A suivre…
