Chapitre 14 : C'est une blague ? (Theon/Ros).

- Le Mille-Prompts : 177. Famille – Greyjoy.

- Si tu l'oses : 103. J'en doute.

- Pick A Card : King of Hearts: Écrivez une fanfiction sur un playboy. Sinon, écrivez une fanfiction sur un briseur de cœur.

- Collectionner les POP : POP Ymir : Son regard sévère : Écrire sur Severus Snape ou sur un personnage qui a un regard sévère.

- Défi des Belles Paroles : #23 Refuser d'aimer par peur de souffrir, c'est comme refuser de vivre par peur de mourir.

- Petits Prompts à la Pelle : 14. Personnage A perd un pari contre Personnage B. Maintenant, il doit s'habiller tous les jours (et qu'importe si c'est travail, soirée ou maison, même malade) comme si c'était Halloween pour le reste du mois.

- Le défi des 200 citations de Contes des Royaumes : 194. « Mais désormais, le soleil brille et tout est pour le mieux. »

- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 44. « Je lui prends la main et la serre très fort, redoutant l'instant où je devrai finalement lâcher prise. »

- Toujours plus : Fusionner 8 défis.

Deux ans avant la fête de Littlefinger.

« Je lui prends la main et la serre très fort, redoutant l'instant où je devrai finalement lâcher prise. »

C'est sur cette phrase que Ros, sa paire de lunettes posée sur son nez, referma son livre, prête à commencer une nouvelle journée de travail.

Son premier patient de la journée était apparemment Theon Greyjoy, qu'elle n'avait jamais vu auparavant.

Elle savait déjà plus ou moins qui il était, mais en dehors de ça…

La jeune psychologue ne savait pas encore à quoi s'attendre.

Aussi sursauta-t-elle en voyant débarquer dans son cabinet un type maquillé et habillé comme le Joker…

Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, abasourdie.

Qu'est-ce que… quoi ?

« Puis-je savoir ce que vous faites ici et surtout habillé ainsi ? Demanda-t-elle d'une voix glaciale, et avec son plus beau regard sévère.

Theon Greyjoy (puisque c'était bien lui) haussa alors les épaules avec un air un peu penaud.

- Écoutez, je sais que vous risquez d'avoir du mal à me croire, mais sachez que j'ai une très bonne explication quant à la manière dont je me suis… costumé.

Ros haussa un sourcil perplexe.

- Oh ça, j'en doute… Bon, Theon… vous êtes bien Theon Greyjoy, pas vrai ? Il haussa la tête. Theon, nous sommes en plein mois de juillet, alors j'aimerais bien savoir ce que vous foutez habillé ainsi ! Vous vous préparez plusieurs mois à l'avance pour la fête d'Halloween et le bal qui sera organisé à ce moment-là, c'est ça ? J'apprécie votre zèle dans ce cas-là, mais j'aurais apprécié que vous fassiez plutôt cela chez vous !

Il ricana alors.

- Non, non, absolument pas… En fait voilà, c'est très simple… Il y a peu de temps, j'ai fait un pari avec Robb Stark, et… j'ai perdu. Je ne vais pas vous donner tout les détails, mais en bref, je dois m'habiller tous les jours comme si c'était Halloween pour le reste du mois. Et désolé que ça tombe sur vous, mais aujourd'hui c'est le premier jour du mois donc… me voilà.

Ros ôta ses lunettes pendant quelques secondes avant de se pincer fortement le nez de désarroi.

- Et c'est que le début de la journée… marmonna-t-elle. Donc… vous êtes en train de me dire que vous êtes venu à une séance de psychothérapie grimé comme le Joker en vous disant que tout était normal ?

Le kraken se mit à sourire avec une certaine malice.

- Un pari est un pari. »

La jeune femme ne put s'empêcher de sourire à son tour.

« Très bien, si vous le dites… Allez, asseyez-vous, on va commencer. »

§§§§

Une semaine plus tard, il revint la voir, cette fois-ci habillé en… Batman.

Le regard de Ros était certes toujours aussi perplexe mais aussi légèrement admiratif.

« Est-ce que c'était inclus dans le pari le fait de changer de costume d'Halloween de façon régulière ?

- Oh ça ? Non, pas du tout, ça ça vient de moi, je trouvais ça juste chiant de porter le même costume tout les jours, j'avais envie de faire quelque chose d'original et d'innovant. Du coup j'en change tout les jours. Et puis Robb a promis qu'il me rembourserait la location des costumes si j'arrivais à tenir jusqu'à la fin du mois. Dans le cas contraire, c'est moi qui payerais tout, bien sûr.

La psychologue se mit à glousser, amusée.

- Vous êtes vraiment impossible. Mais bon, j'imagine qu'un pari est un pari… Au moins vous restez dans la thématique DC Comics, ça reste plutôt raccord.

Il la regarda alors pendant quelques secondes avec un drôle d'air, avant de se mettre à sourire.

« Je vous verrais bien en costume de Poison Ivy.

- Pourquoi, parce que je suis rousse ?

- Non, parce que vous êtes sexy.

- Merci pour le compliment…

- Oh mais de rien.

- Ne redites plus jamais cela en revanche.

- Pourquoi donc ? Demanda Theon avec un air surpris. C'est la vérité !

- C'est inapproprié !

Oh oui, Ros Northwen connaissait parfaitement bien la réputation de briseur de cœur de Theon Greyjoy (non pas qu'elle ait peur que le sien soit potentiellement brisé par lui), et surtout, elle était sa psychiatre, et il était son patient.

Bref, ce n'était ni le moment, ni l'endroit.

Le jeune homme mima le geste de fermer sa bouche comme il fermerait un coffre ou une boite, avant de faire semblant de jeter la clef.

- Très bien, motus et bouche cousue dans ce cas ! »

Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire une nouvelle fois.

Elle devait malgré tout l'admettre, elle l'aimait bien.

« Bien, puisque ça c'est réglé, où en étions-nous… Ah oui, vous me parliez de vos problèmes avec votre père... »

Un rictus se dessina sur le visage de Theon.

« Je trouve ça plutôt approprié d'être habillé en Batman pour parler de mes problèmes familiaux. On ne va pas se mentir plus longtemps, mon père est un connard. Il l'a toujours été, et il le sera toujours… On pourrait croire qu'avec ma sœur Yara, il s'est un peu mieux conduit, mais dans les faits, il reste un père de merde.

- Donc, votre père est…

- Un connard. Un enfoiré. Une ordure. Une enflure.

- Un choix de mots intéressants… Ça fait du bien ?

- Oh, vous n'avez pas idée…

- Bien… Tant mieux. Autre chose ?

- Sur mon père ? Je ne l'aime pas.

- Oui, ça j'avais compris, vous avez été assez explicite à ce sujet.

- J'aime beaucoup me répéter, ça me permet de croire que je peux oublier le fait que depuis que j'ai huit ans, il n'en a absolument plus rien à foutre de moi ni de qui que ce soit d'autre excepté lui-même.

- Un homme charmant si je comprends bien, ironisa Ros, amenant un sourire amusé sur les lèvres de Theon.

- Merveilleux, vous l'adoreriez.

- Qu'est-ce qui faisait de lui un homme si exécrable, dites-moi ?

- Ce qui fait de lui, malheureusement, ce vieux salopard est toujours vivant, malgré tout mes efforts désespérés pour mettre fin à ses jours. Je plaisante, bien sûr, ajouta-t-il immédiatement après avoir dit cela, en voyant l'air stupéfait et horrifié de Ros.

- Ce n'est pas vraiment très drôle…

- Oui, je sais, on me le dit souvent…

Si Ros s'attendait à beaucoup de choses en ce qui concernait ses séances avec Theon Greyjoy, ce n'était certainement à ce qu'elles soient aussi divertissantes, pour le moins dire.

Elle sourit légèrement une nouvelle fois.

- Alors ?

Theon soupira.

- Ça a à voir avec ma mère en vérité… Notamment, entre autres parce que, enfin, de toute façon j'ai toujours eu une vie de famille difficile, mon oncle Euron, par exemple, est quelqu'un de… compliqué. Bon, là, ça va mieux, mais oui, c'est compliqué. C'est une longue histoire…

Enfin bref, mes deux grands frères sont morts d'une maladie et ma mère… l'a très mal pris. Elle ne s'en est jamais remis. Elle a fait une grave dépression, entre autres choses, et elle a fini dans un hôpital psychiatrique. Elle y est toujours actuellement.

Et disons que… mon père ne s'est pas vraiment arrangé par la suite. Ça a définitivement empiré, et ça explique pourquoi ma sœur et moi, on ne lui parle plus du tout… Mais désormais, le soleil brille et tout est pour le mieux ! Lança alors le kraken avec un faux sourire joyeux.

- Je ne crois pas non… Je pense au contraire, Theon, que vous en souffrez toujours cruellement.

- Ouais, c'est possible…

- Vous en aviez déjà parlé à quelqu'un, avant de venir me voir ?

- A part à ma sœur ? Non, personne. Enfin, je ne crois pas.

- Et à quelqu'un qui ne connaît pas le contexte de votre vie familiale de façon précise ?

- J'en ai peut-être discuté avec Robb à deux ou trois reprises, mais en dehors de cela…

- Vous haïssez votre père ?

- Je pense que j'en suis rendu au stade de l'indifférence désormais.

- Mais sa mauvaise parentalité… a laissé des traces sur vous, pas vrai ?

- Oh oui, c'est sûr que d'être traité comme un moins que rien et comme si on ne valait rien, ce n'est pas sans dommage, surtout quand on est un môme. C'est vrai que pour l'amour-propre, c'est pas vraiment top. Enfin, je m'en suis remis avec le temps…

- Non, c'est faux, dans le cas contraire, vous ne seriez pas là. Ça explique beaucoup de choses en tout cas…

- Comme quoi ?

- Le fait que vous n'ayez que peu d'amis par exemple, en dehors de Robb Stark, des autres enfants Stark ou de votre sœur, et peut-être de ses amies à elle. Ainsi que le fait que toutes vos relations amoureuses aient été des échecs cuisants.

- Je ne vois pas en quoi…

- Vous êtes seul. Majoritairement en tout cas, et certes oui, vous affichez une certaine arrogance, mais je pense que ce n'est qu'une façade, une carapace, que vous utilisez pour dissimuler quelque chose. Je pense que vous avez peur de vous attacher aux gens.

Elle vit alors la façade en question de fissurer pendant quelques secondes.

- Vous avez pas tort… C'est vrai que je n'aime globalement pas les gens, et en fait, c'est ma sœur qui m'a poussé à suivre une thérapie, et je pensais vraiment que ça ne me servirait à rien, mais apparemment j'avais tort… Vous êtes plutôt douée… en plus d'être sexy. Pardon ! Pardon, j'avais promis de me taire à ce sujet, ça ne se reproduira pas… Je… Vous avez probablement raison.

- Probablement ?

Theon leva les yeux au ciel avec un air faussement agacé.

- Vous êtes aussi arrogante que moi vous, non ?

- Ah oui ? Et en quoi le suis-je donc à votre avis ?

- Cette manie de toujours vouloir avoir raison…

- Que… comment ça toujours ? »

Ce jour-là, étrangement, leur conversation s'était terminée par de grands éclats de rire.

§§§§

Une autre semaine passa, et Ros ne put cacher son étonnement en voyant Theon arriver avec son costume du jour.

« Que… qu'est-ce que c'est censé représenter au juste ? Un poulpe ?

Theon ne put cacher son agacement.

- Non, non, et encore non, pour la mille et unième fois de la journée, non, ce n'est absolument pas un poulpe… Il. S'agit. D'un. Costume. de. Kraken ! Bordel de Dieu !

- Inutile de hurler…

- Désolé… Pourquoi est-ce que personne ne s'en rend compte au juste ? Ils n'ont pas vu assez de fois Pirates des Caraïbes II pour réaliser ce que c'est ?

- Pourquoi pas un costume de Jack Sparrow d'ailleurs, ou de Davy Jones, ça aurait été plus pratique !

- Déjà fait… Pour les deux. Je commence à manquer un peu d'idées, je dois vous avouer, et puis le kraken c'est l'emblème de ma famille, et c'est quant même pas mal flippant, donc ça me semblait plutôt raccord.

- Oui, certes, enfin c'est… particulier.

- Vous dites ça pour ne pas dire que c'est moche ?

- Hum… Oui.

- Pour être franc, ce genre de truc est surtout fait pour faire peur, pas pour être beau esthétiquement parlant. Donc j'imagine que j'ai réussi mon coup.

- Faut dire qu'un kraken c'est pas non plus un des plus beaux animaux qui soit… »

Avant que Theon ait eu le temps de prononcer un commentaire faussement offensé, elle embraya sur la suite.

§§§§

« Morticia Addams ?

- Quoi ? Cette famille est la définition même de la terreur, et de toute façon j'ai déjà fait tout le reste de la famille !

- …

- …

- Très beau costume.

- Merci. »

§§§§

« Refuser d'aimer par peur de souffrir, c'est comme refuser de vivre par peur de mourir, lui avait dit Ros une fois durant l'une de leurs séances. »

Elle l'avait parfaitement cerné, de toute évidence.

Et ainsi, en cette date du 25 juillet, soit seulement trois jours après leur toute dernière séance, quelle ne fut pas la surprise de Ros en voyant son ancien patient frapper de nouveau à la porte de son cabinet.

(Vu que, pour des raisons évidentes et logiques, il ne connaissait pas son adresse personnelle.)

Elle remarqua alors qu'aujourd'hui, il était costumé en Hadès, version Disney.

« Theon ? Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous n'êtes plus mon patient désormais.

- Oui, effectivement, en fait c'est pour ça que je suis là.

- Pourquoi, vous avez besoin d'autres séances ?

- Quoi ? Oh, non, absolument pas, je… En fait… Déjà on pourrait se tutoyer, non ?

- Euh… hé bien, si vous… si tu veux, oui.

- Très bien… Je suis pas revenu pour que tu continues d'être ma psychiatre, mais parce que… tu me plais, voilà. C'est aussi simple que ça. Tu es drôle, belle, sympa, intelligente, et tu n'hésites pas à me remettre à ma place quand j'en ai besoin.

Et il se trouve que dans quelques jours, il va y avoir un bal organisé par je sais plus qui pour je sais plus quelle occasion, et… bref. Est-ce que ça t'intéresserais d'y aller avec moi ?

Ros cligna des yeux, surprise.

- Tu… tu me demandes de sortir avec toi ?

- Oui, effectivement…

- Et si jamais je dis non ?

Même si cela n'avait duré que quelques mois, la jeune femme avait travaillé pendant un temps pour Littlefinger.

Elle savait parfaitement ce que cela faisait que de se retrouver face à quelqu'un qui ne savait pas ce que non voulait dire.

- Oh ça voudra simplement dire que tu n'auras pas succombé à mon charme irrésistible ! Non, continua-t-il avec bien plus de sérieux, cela voudra juste dire non, et que tu n'es pas intéressée, et t'en fais pas, je m'en remettrai. »

Même si c'était une réaction tout à fait appropriée et surtout, normale, Ros, qui n'y était plus vraiment habituée, se sentit étrangement réconfortée.

Et puis elle devait admettre que oui, elle était intéressée.

« Merci… En tout cas, je pense que je t'accompagnerai avec plaisir.

Theon lui offrit un sourire ravi.

- Oh ! Très bien, parfait, content de voir qu'on est sur la même longueur d'onde.

- On est tout les deux des désastres question relations amoureuses, on était fait pour s'entendre, bien évidemment. »

Tout doucement, ils éclatèrent de rire.

Oui, il était vrai qu'aucun d'eux deux n'avait jamais réellement eu de relation amoureuse stable.

Ce qu'ils ne savaient pas encore, c'est que, après cette soirée de juillet, où ils étaient allés ensemble, habillés en Bonnie et Clyde (elle en Clyde, lui en Bonnie, histoire de changer un peu), ce ne serait plus le cas.

A suivre…