Chapitre 17 : La fin de l'enfer (Bran/Meera).

- Le Mille-Prompts : 105. Duo – Meera Reed / Bran.

- Si tu l'oses : 38. Le parrain.

- Pick A Card : Three of Diamonds: Écrivez une fanfiction sur l'amitié. Sinon, écrivez une fanfiction sur les reliques de la mort.

- Collectionner les POP : Ymir : Tenue : Écrire sur la tenue d'un sorcier ou sur un personnage qui a une tenue particulière.

- Le défi des Belles Paroles : #9 Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait (Mark Twain).

- Petits Prompts à la Pelle : 40. Tu m'as vu lire le même livre que le tien et nous sommes maintenant en train de débattre sur les motifs de l'antagoniste.

- Le défi des 200 citations de Contes des royaumes : 32. « Je veux son cœur. »

- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 23. « J'aimerais pouvoir figer ce moment, et qu'il dure toute notre vie. »

- Toujours plus : Fusionner 8 défis.

Un an avant la fête de Littlefinger.

Je veux son cœur.

« Tu dis ça au sens littéral ou métaphorique ? Ne put s'empêcher de murmurer avec sarcasme et pour lui-même Bran Stark, en pleine lecture (enfin, relecture plutôt) du tome 1 de la trilogie Contes des royaumes, à savoir Poison, de Sarah Pinborough, réécriture de l'histoire de Blanche-Neige.

Le jeune homme attendait actuellement que sa sœur Sansa le rejoigne à la bibliothèque dans laquelle il se trouvait (par chance accessible à son fauteuil roulant), celle-ci comptant emprunter quelques romans et discuter également un peu avec lui avant qu'ils ne rentrent chez eux.

Et, n'ayant pas trouvé son bonheur parmi les livres disponibles (à savoir que leur exemplaire de Charme, la suite de la trilogie, n'était pas disponible, ayant déjà été emprunté par quelqu'un d'autre, ce qui rendait notre jeune Bran fort bougon), il avait pris la décision de relire le premier tome, qu'il trouvait aussi bon que durant sa première lecture.

Tout comme lorsqu'il l'avait lu pour la première fois, il tiqua sur la réplique de la Méchante Reine (enfin, méchante, Bran ne trouvait pas qu'elle l'était tellement que cela en vérité), en se disant que oui, sortie du contexte, ça n'avait pas vraiment, disons… le sens meurtrier et sanglant qu'elle possédait à la base.

Je la veux morte ou même je ne veux plus qu'elle respire aurait été, à son avis, beaucoup moins ambigu, et il avait parfaitement conscience que c'était complètement volontaire de la part de l'autrice.

De son point de vue, en tout cas.

Il espérait seulement que cette impression serait confirmée dans la suite, même s'il savait que, ce dernier se centrant sur l'histoire de Cendrillon, il y avait peu de chances pour que Blanche-Neige refasse surface, surtout après ce que le « prince Charmant » (surnommé « prince trouduc » par Bran) lui avait fait subir à la fin du roman…

Alors qu'il terminait sa relecture du chapitre 4, il entendit un rire résonner dans le silence de la bibliothèque, et, relevant la tête, il aperçut devant lui le visage de Meera Reed, qui… tenait dans ses mains le même livre que lui, magnifique ouvrage à la couverture rouge flamboyante et illustrée par une pomme.

La jeune fille, qui avait à peu près le même âge que Bran, était la sœur de Jojen, avec qui Bran était ami, et la fille d'Howland Reed, le parrain de Robb.

« Meera ?

En entendant son nom être prononcé, Meera leva à son tour la tête, et lui envoya un sourire radieux, avant de fermer son livre et de se diriger vers lui, s'asseyant juste à côté de lui.

- Oh salut Bran, je n'avais pas vu que tu étais là… Ça va ?

- Oui, très bien et toi ?

- Oui, je vais bien.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Enfin, en dehors de ce qui est l'évidence même, bien sûr.

Meera se mit à sourire, et Bran sentit une douce chaleur l'envahir.

Le fait qu'il avait le béguin pour la fille Reed n'était définitivement pas nouveau…

- J'attends Jojen, il ne devrait pas tarder à arriver… enfin, c'est ce qu'il m'a dit, ça fait presque une heure que je l'attends… Je n'avais pas grand-chose à faire, alors j'ai cherché un livre à lire et la couverture a attiré mon attention, et me voilà une heure plus tard totalement absorbée dans ma lecture. Comme toi apparemment, et… Attends, c'est le même livre ?

- Oui, c'est Sansa qui me l'a conseillé, elle a adoré la trilogie… Vu que je n'ai pas trouvé le tome 2, je suis en train de le relire.

- Donc tu connais déjà la fin ? Attention, interdiction de me spoiler ce qu'il s'y passe, c'est clair ? Sinon je te révèle la fin de… de… d'À la croisée des mondes tiens !

- Oh ! Avec une menace pareille, je ne peux que m'incliner ! Où est-ce que tu en es pour l'instant ?

- A la scène du mariage.

Le visage de Bran se rembrunit immédiatement.

- Ah ! Celle-là… Ce n'est clairement pas ma scène préférée…

- Pour l'instant j'adore, niveau réécriture de conte de fée, c'est vraiment l'éclate !

- Tu préfères quels personnages à ce stade ?

- Hum… j'aime bien le Chasseur et sa mentalité, les nains sont sympathiques, le prince est assez fade, et Blanche-Neige est juste hilarante ! J'adore cette fille… Mais je pense que ma préférée reste la reine, Lilith.

- Oui, la « méchante » de l'histoire, en quelque sorte. En même temps, on suit tout de son point de vue, normal qu'on s'y attache un peu plus qu'aux autres.

- Yep. Et je pense que je comprends ses raisons d'agir.

- A ton avis, pourquoi elle fait tout cela ?

Meera haussa les épaules.

- Elle est en colère, et la rage l'empêche de réfléchir clairement, sans compter les nombreux incidents qui ne sont pas totalement de son fait, comme l'histoire du corset, ou celle du peigne. Je ne pense pas qu'elle déteste vraiment Blanche-Neige, mais plutôt qu'elle a été emportée par les événements.

- Je vois… j'ai une autre théorie.

- Oh, vraiment ?

- Oui… Tu te souviens de la réplique, « je veux son cœur », que la reine dit au Chasseur avant de l'envoyer tuer la princesse ?

- Celle qu'elle prononce juste avant de coucher avec lui ? Oui, je m'en souviens, pourquoi ?

- Sans compter toutes les fois où le miroir lui répète sans relâche à quel point Blanche-Neige est la plus belle femme du royaume, et les moments où elle regarde la princesse non pas avec jalousie, ou avec envie, mais…

Meera cligna des yeux de surprise.

- Attends… tu crois que Lilith est amoureuse de Blanche-Neige ?

- J'en suis même sûr, et je crois d'ailleurs que c'est réciproque.

- Ah ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- « Embrassez-moi comme elle vous a embrassé… » C'est plutôt explicite, non ?

- J'avoue que je n'y avais jamais pensé avant.

- C'est Sansa qui m'a mise sur la voie, tu sais à quel point elle est prompte à shipper tout et n'importe quoi, personnages fictifs ou pas… Je me disais que le couple Prince Charmant/Blanche-Neige me semblait bien ennuyeux, et elle m'a aidé à comprendre pourquoi. Enfin, dès le début, les sentiments de la reine pour sa belle-fille sont assez troubles…

- Maintenant que tu le dis, tu n'as pas tort. »

Ils avaient continué à discuter du roman pendant encore plusieurs minutes, avant que leur frère et sœur respectifs ne viennent finalement les chercher.

Mettant finalement chacun la main sur les tomes deux et trois (Charme et Beauté), ils l'avaient lu de leur côté, et c'était tout naturellement qu'ils s'étaient retrouvés pour en parler, finissant en quelque sorte par former un petit club de lecture à eux deux, discutant de livres divers et variés, tels que The Dark Wife, Le prieuré de l'oranger, Six of Crows, et bien d'autres.

Il ne leur avait pas fallu plus de deux mois pour finalement commencer à sortir ensemble.

§§§§

A la fête de Littlefinger.

« J'aimerais pouvoir figer ce moment, et qu'il dure toute notre vie. »

Tyrion lui avait dit cela la première fois qu'ils avaient couché ensemble, et elle avait sourit, ignorant encore à quel point, plus tard, elle allait souhaiter que cela puisse être le cas, et regretter que les choses ne marchent pas de cette façon.

Si seulement elle pouvait retourner en arrière…

Elle ne savait pas exactement comment Littlefinger allait la recevoir, à vrai dire, elle s'attendait presque à ce qu'il la jette dehors immédiatement en la voyant.

Après tout, elle n'était rien, elle n'était personne, juste une pauvre fille qu'il avait jugé drôle de réduire en mille morceaux autrefois.

Hé bien soit, aujourd'hui, c'est elle qui allait rire.

L'homme qu'elle haïssait tant se trouvait là, juste devant elle, n'ayant même pas conscience encore de sa présence, occupé qu'il était à boire un verre de vin, et elle aurait bien voulu pouvoir le lui balancer en plein visage.

Pour ensuite le frapper au même endroit, oui, ça aurait été très agréable et satisfaisant (en même temps, qui n'a pas déjà rêvé au moins une fois de frapper Littlefinger ?), mais bon, elle n'était pas là pour ça.

Serrant sa cane entre ses doigts, elle prit une profonde inspiration.

S'en prendre à Petyr Baelish en personne aurait pu être qualifier de stupide, mais c'était aussi le cas avec Robert Baratheon, et on aurait pu dire de ceux qui l'avaient fait : ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait, et une part d'elle-même avait vraiment envie de croire qu'elle aussi pouvait y arriver.

Même si ça semblait malgré tout sans espoir.

« Bonsoir Petyr ! Lança-t-elle d'une voix forte. Ça ne t'embête pas si je t'appelle Petyr, non ? À moins que tu préfères que je t'appelle Littlefinger, encore que tout le monde sait que tu détestes ce surnom, ce qui ne peut que m'inciter à t'appeler ainsi. Alors Littlefinger, comment vas-tu ?

Un air de profond inconfort apparut sur son visage, et Shae se surprit à en sourire.

Elle savait déjà pour l'esclandre avec Missandei et Ver Gris…

- Shae ! Jolie cane. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Oh ça, tu le sais très bien. Cette belle cane, comme tu dis, c'est à toi que je la dois je te le rappelle.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

Un sourire ironique se forma sur le visage de l'ancienne prostituée.

- Menteur ! Ne me dis pas que tu as oublié ce qu'il s'est passé il y a dix ans, au cours de cette fameuse nuit où ton cher ami Pycelle a payé un supplément pour pouvoir me faire ce qu'il voulait et où, « malencontreusement », il m'a cassé la jambe ! Et a mis plus d'une heure avant d'appeler les secours, chose que je ne pouvais pas faire par moi-même tellement j'avais mal, ce qui explique pourquoi je suis dans cet état maintenant, entre autres… Ma jambe bousillée aujourd'hui, c'est à vous deux que je la dois !

- Je ne vois pas en quoi ça me concerne.

Un autre rictus prit sa place sur les lèvres de Shae.

- Je sais ! Voilà tout. Je sais tout, ton trafic totalement illicite de médocs, tu sais, ceux auxquels je suis accroc maintenant, et d'ailleurs je ne suis pas la seule. Les deux prostituées mortes, elles sont mortes par ta faute, j'en suis sure maintenant ! Je sais ça et d'autres choses, mais tu n'as pas forcément besoin de le savoir tout de suite, ce n'est pas comme si j'avais des preuves à ce sujet…

- Que…

- Je lui ai parlé ! Tu sais, à lui, le complice de tes méfaits, celui qui est passé de type-louche-avec-qui-on-traite-parce-qu'on-a-pas-vraiment-d'autre-choix à mec-complètement-taré-qui-est-en-fait-un-serial-killer !

Littlefinger avait alors blêmi.

- Tu… tu as parlé avec Ramsay ?

- Exactement connard ! Et il m'a raconté bien des choses intéressantes… au sujet du fait que c'était toi qui percevait le fruit des ventes des médicaments… après avoir provoqué en partie mon accident ! Et celui de toutes les autres ! Sans compter cette histoire avec Jon Arryn, il m'a dit que tu n'étais pas forcément innocent en ce qui concernait sa disparition… inopportune, dirons nous…

L'air d'inquiétude dans le regard de Littlefinger disparut très rapidement, remplacé par un masque de fausse assurance, et un sourire froid.

- Personne ne prendra jamais au sérieux les mots d'une prostituée et d'un serial killer…

- Ramsay Bolton est peut-être un fou dangereux, mais ce n'est pas un menteur… Un menteur n'aurait pas admis les trente-six meurtres qu'il a commis…

- Ce cher Ramsay aime se donner en spectacle… Il aime avoir un public, il aime jouer avec les gens ! Il t'aura très certainement menti !

- Je sais reconnaître un menteur… Et toi tu en es un. Tu as tué Jon Arryn. Tu nous as toutes et tous traités comme de la merde, nous, qui travaillions pour toi, et tu as brisé la plupart de nos vies, et quand la souffrance physique est devenue insupportable à vivre pour bon nombre d'entre nous, tu nous as enfoncés au lieu de nous aider !

Il la regarda alors avec un air froid et cruel.

- Shae… je te demanderai de sortir… avant que je n'appelle la sécurité.

Soit, elle avait donc eu raison, ça n'avait servi absolument à rien de venir ici…

Saisie d'une impulsion qu'elle ne put contrôler, elle le gifla alors violemment.

Son sourire se fit encore plus cruel.

- Oh ça crois-moi, fit-il la main posée sur sa joue meurtrie, tu vas le regretter.

- Oh ça j'en doute fort, répliqua-t-elle avant de lui cracher au visage, de prendre ses cliques et ses claques et de s'en aller avec un air digne (et en faisant le moins de bruit possible.)

Enfin, avant qu'elle ne puisse réellement partir, il lui lança avec un air moqueur :

- Il ne sait pas, n'est-ce pas ? Elle se figea. Tyrion… il ne sait pas que tu es là.

Elle se retourna vers lui.

- Mêle toi de ce qui te regarde. »

Elle ne pouvait pas nier ce qui n'était que la pure vérité.

Littlefinger avait alors ricané, avant de se servir un autre verre de vin, ignorant que ce serait son dernier…

§§§§

En entrant dans la cellule de Lysa Tully, et vêtue de son uniforme, Brienne Torth ne put qu'admettre qu'elle se sentait soulagée.

À défaut d'être réellement amie avec Lysa, elle l'appréciait quelque peu, et son sort la peinait particulièrement.

Savoir que cette dernière serait bientôt libre était une très bonne nouvelle.

« Bonjour Lysa…

La mère de Robin Arryn avait vraiment une sale mine, l'air fatigué, des cernes sous les yeux et un air misérable sur le visage.

Elle ne broncha même pas quand Brienne s'assit à côté d'elle.

- Je… continua Brienne.

- Je pense que je n'ai qu'une seule amie à Port-Réal, et c'est Cersei Lannister, déclara brutalement Lysa. Catelyn ne compte pas réellement, c'est ma sœur… Elle est la seule à avoir compris ce que je vivais quand j'étais encore avec Petyr, avant sa mort, et son amitié… m'était vraiment très précieuse. Et elle l'est encore. Sans elle, je crois que j'aurais fini par craquer, y compris pendant ma garde à vue.

- Je ne comprends pas…

- Je suis toute seule. Tout le monde me croit coupable, hormis ma sœur, mon fils et elle… Et maintenant… je ne sais pas quoi faire.

- Lysa, écoutez moi, c'est important.

- Quoi donc ? Vous avez de nouveaux éléments sur l'enquête ?

Une lueur d'espoir apparut alors dans les yeux de Lysa.

- Effectivement, en fait, c'est justement pour ça que je suis là… Lysa, vous êtes libre.

Quelques secondes s'écoulèrent alors, dans un silence assourdissant, avant que l'ancienne suspecte ne finisse par éclater de rire.

- Je… je suis libre ?

Brienne lui sourit en hochant la tête.

- Oui Lysa, vous êtes bel et bien libre… Vous avez été définitivement innocentée. Vous pouvez partir. »

Jamais la policière n'avait lu autant de gratitude dans le regard de quelqu'un.

A suivre…