Chapitre 22 : C'est toi, n'est-ce pas ? (Euron/Cersei).
- Le Mille-Prompts : 72. Duo – Cersei / Robert.
- Si tu l'oses : 45. Hoquets, contretemps.
- Pick A Card : Six of Spades: Écrivez une fanfiction sur une femme forte. Sinon, écrivez une fanfiction sur Ginny Weasley.
- Collectionner les POP : POP Time : L'importance de sa mission : Écrire sur la mission de Severus Snape ou sur un personnage dont la vie est guidée par sa mission.
- Petits Prompts à la Pelle : 17. « Ça doit être la phrase d'accroche la plus nulle que j'ai jamais entendue. - Vraiment ? Heureusement, j'ai un plan B. - Et qu'est-ce que c'est ? - Te kidnapper. »
- Le défi des 200 citations de Contes des Royaumes : 196. « Bonne nuit, mon amour. »
- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 24. « Le plus souvent, je rêve que je te perds. Ça va mieux dès que je constate que tu es là. »
- Toujours plus : Fusionner 7 défis.
Divorcer d'avec Robert Baratheon avait été très clairement l'une des meilleures décisions de la vie de Cersei Lannister.
Non, vraiment.
Tout faire pour l'envoyer en taule aussi.
Ça avait été long et ardu, c'est vrai (il leur avait fallu un an de procès pour que, enfin, son ancien mari soit condamné pour tout les crimes qu'il avait commis), mais aujourd'hui, elle était libre, définitivement.
Et ce n'était pas des mots en l'air, Robert avait, le jour même de sa condamnation, enfin signé les papiers du divorce.
Ça lui avait fait un bien fou.
Elle avait enfin gagné contre lui, elle pouvait se considérer comme tranquille désormais.
Encore que, cela faisait un an qu'elle ne le côtoyait plus, et pourtant, on ne pouvait pas dire qu'elle s'était réellement remise de tout ce qu'elle avait vécu, malgré ses séances régulières avec la psychiatre Ros (même si il avait fallu que Tyrion et Jaime bataillent pendant plusieurs jours pour réussir à la convaincre d'aller la voir), elle avait encore du mal à en parler.
Elle guérissait, certes, mais lentement.
Et ce soir-là, elle se trouvait avec son frère Tyrion dans le bar de Bronn, afin de célébrer leur victoire bien méritée.
« Joffrey m'inquiète, lui confia Cersei au cours de la soirée, un verre de vin à la main.
Ça m'étonne pas, c'est un petit con, et c'est le seul de tes gamins à te causer du souci, pensa immédiatement Tyrion, faisant tout pour ne pas trahir le fond de sa pensée, ne voulant pas blesser sa sœur.
À la place, il se contenta de dire :
- Ah ? Et pourquoi cela… enfin, qu'est-ce qui t'inquiète en particulier ?
- Il ressemble de plus en plus à Robert… Il se comporte de plus en plus comme lui. Et ça me fait peur.
Oh, ainsi donc, elle commençait enfin à comprendre que son fils chéri n'était pas si parfait que cela ?
Hé bien, mieux vaut tard que jamais.
- Tu sais qu'il sort avec la fille aînée des Stark, Sansa, et quand je les regarde, par moments, hé bien… je nous vois moi et Robert. Ça ne dure jamais très longtemps, mais il n'empêche que j'ai le sentiment que cette histoire finira mal.
- Tu as parlé à ton fils ?
- Pour lui dire quoi exactement ? Ça fait des mois qu'on ne communique plus correctement, depuis que j'ai attaqué son père en justice, on se dit à peine bonjour quand on se voit, Tyrion, je ne sais plus quoi faire !
- Tu vas trouver… lui assura-t-il. Tu trouves toujours.
- Je suis vraiment pathétique… J'arrive à faire condamner mon mari, mais je suis incapable de discuter de son comportement avec mon fils.
- Ne dis pas ça Cersei… Tu es forte, d'accord ? Et tu es une bonne mère. Ou sinon je peux aussi lui foutre une ou deux paires de claques, ça nous fera du bien à tout les deux…
Cersei éclata de rire.
- Je ne pense pas que ça arrangera vraiment les choses, mais je garde ton idée de côté.
- Quand tu veux ! Je suis toujours prêt à rabattre le caquet de ton fils…
- Je pense malgré tout que je vais devoir décliner ta proposition… »
Mais elle souriait, sachant que les paroles de Tyrion n'étaient pas sérieuses, et il se sentit plutôt satisfait d'avoir réussi à amener un sourire sur le visage de sa sœur, cette dernière ne souriant que rarement ces derniers temps.
§§§§
En voyant entrer son oncle Euron dans le bar, Yara leva immédiatement les yeux au ciel.
Avec le temps, sa relation avec le petit frère de son père (qu'elle appréciait à vrai dire bien plus que son géniteur, ce qui n'était pas bien compliqué) avait fini par s'améliorer, c'est vrai, mais il n'empêche qu'elle ne l'appréciait pas plus que cela.
« Qu'est-ce que tu fais là, « tonton » ?
- Hé bien, je reviens tout juste d'un voyage en mer, et j'avais envie, pour fêter mon retour, d'aller voir ma nièce préférée sur son lieu de travail !
- Euron, je suis ta seule nièce… Dis plutôt que tu espérais avoir droit à une réduction sur ta consommation de boissons de ce soir.
- Hum… peut-être ?
- Cause toujours, ce sera plein tarif pour toi, comme pour tout le monde.
- Oh, Yara, fit-il un air faussement blessé, tu me brises le cœur !
Elle se mit à sourire.
- Tu devrais vraiment améliorer tes talents d'acteur mon cher oncle, tu n'es vraiment pas doué à ça… Alors, qu'est-ce que je te sers ? Fit-elle avec nonchalance.
- Une bière, s'il te plaît. Bon, plus sérieusement, comment tu vas ?
- J'ai une petite-amie, mon job me plaît, je vais mieux qu'avant, Theon aussi, papa est toujours autant un connard…
- Rien de nouveau sous le soleil quoi, marmonna Euron.
- Yep… Et toi ?
- Je pensais me réinstaller quelques temps à Port-Réal. »
Et, alors que Yara le servait, il laissa son regard se promener un peu partout à l'intérieur du bar, avant qu'il ne finisse par voir une femme blonde aux yeux verts qu'il n'avait jamais vu auparavant, et son regard s'alluma d'une lueur d'intérêt.
Chose que Yara comprit très vite.
« Je t'arrête tout de suite… N'y pense même pas.
Il se retourna vers elle, avant de cligner les yeux de surprise.
- Quoi ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !
- Oui, bien sûr… Euron, je te connais, je sais quand tu es intéressé par une femme. Elle, tu ne l'approches pas, c'est clair ?
- Pourquoi, c'est elle ta copine ?
Yara leva immédiatement les yeux au ciel.
- Moi, sortir avec Cersei Lannister ? C'est pas demain la veille que ça va arriver… Bref, je te fais le topo rapidement, elle vient à peine de divorcer de son mari violent qui la battait, je doute qu'elle soit intéressée pour sortir avec qui que ce soit, même si officieusement, de ce que je sais, elle et Robert Baratheon sont séparés depuis un an. C'est définitivement pas le moment.
- Ah ! Je vois ce que tu veux dire…
Il la regarda une dernière fois, avant de se tourner de nouveau vers sa nièce, et de hausser les épaules.
- Bon, je vais y aller, passe le bonjour à ton frère pour moi. »
Et ce fut tout.
§§§§
Quelques mois plus tard.
« Euron ?
- Quoi ?
- Si je te disais que je compte faire quelque chose d'horrible, mais pour de bonnes raisons… comment est-ce que tu réagirais ?
Il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Cela faisait maintenant deux mois et quelques qu'ils sortaient ensemble, et Cersei ne démordait toujours pas de son sombre et tortueux projet, mais depuis qu'elle l'avait rencontré, elle commençait à avoir quelques doutes.
Avant, elle pensait qu'elle n'avait absolument plus rien à perdre en tuant Petyr Baelish, si ce n'est sa liberté.
C'est vrai, son ancien époux était à l'ombre pour longtemps, ses enfants étaient presque des adultes désormais (même si Joffrey lui causait encore pas mal de soucis), et de toute façon ses deux frères étaient là pour s'occuper d'eux si jamais elle n'était plus là pour le faire.
Mais là, elle était amoureuse, et heureuse, et oui Euron n'était définitivement pas le prince charmant qu'elle aurait pu espérer avoir autrefois, mais il n'était pas une brute comme Robert, et même s'il avait longtemps eu mauvaise réputation, il avait fini par s'assagir.
Elle n'avait pas envie de perdre tout ce qu'ils avaient construit ensemble, mais elle savait également qu'elle devait le faire.
Même si en vérité, ce n'était qu'un contretemps, elle le savait, au bout d'un moment, elle le ferait.
Depuis qu'elle savait qui était réellement Littlefinger, qu'elle savait qu'elle ne pourrait jamais le piéger autrement qu'en jouant selon ses propres règles, sa vie ne tournait plus qu'autour de ce seul et unique but : rayer l'existence de Petyr Baelish de la carte.
Plus rien d'autre ne comptait désormais.
Enfin ça, c'est ce qu'elle croyait.
Elle ferma les yeux, et laissa les souvenirs des dernières semaines l'envahir.
Des conversations notamment, simples et anodines, et toujours plus ou moins significatives.
« Ça doit être la phrase d'accroche la plus nulle que j'ai jamais entendue.
- Vraiment ? Heureusement, j'ai un plan B.
- Et qu'est-ce que c'est ?
- Te kidnapper. »
« Le plus souvent, je rêve que je te perds. Ça va mieux dès que je constate que tu es là. »
Dans son esprit se bousculaient son bonheur fragile et précaire, et l'importance de sa mission.
Elle serra entre ses doigts le petit flacon contenant la veuve noire, et elle se força à sourire.
Elle avait fait son choix, et rien ne pourrait plus la faire changer d'avis.
« Ce n'est rien, ne t'en fais pas, mentit-elle en plaçant l'objet dans le placard juste à côté d'elle, qu'elle ferma à clef. Bonne nuit, mon amour.
- Bonne nuit Cersei. »
§§§§
Il avait immédiatement compris ce qu'il en était le lendemain de la fête.
Cersei, à aucun moment, ne s'était approchée de Petyr Baelish, ne lui avait pas parlé, il ne l'avait pas vue roder de près ou de loin de son verre, elle n'était pas entrée dans le salon dans lequel il s'était trouvé seul au cours de la soirée, non, vraiment, Euron n'avait absolument aucune idée de comment elle aurait bien pu faire cela.
Mais oui, il le savait, il en avait la certitude.
C'était elle la coupable.
Il se souvenait de la lueur dans son regard cette nuit-là, une lueur de joie qu'il n'avait pas comprise, durant la réception.
Maintenant, oh, oui, il comprenait.
« C'est toi, n'est-ce pas ? Avait-il dit à sa compagne le matin même de l'annonce de la mort de Petyr Baelish.
Il avait vu ses mains trembler imperceptiblement, avant qu'elle ne lève ses yeux vers lui.
Et en la regardant droit dans les yeux, il avait compris que c'était vrai.
« Donc, tu l'as tué… Que… Pourquoi ?
- Parce que c'était le seul moyen ! Que je… que je ne pouvais pas faire autrement, que je ne pouvais juste pas rester là sans rien faire et voir Lysa endurer les mêmes choses que moi !
- Tu sais qu'ils vont probablement l'accuser…
- Pourquoi ? Elle n'a rien fait de mal !
- Toi et moi nous le savons… Mais ton frère, et ses collègues… Ils n'en savent rien. Et si elle est une suspecte potentielle de mon point de vue, alors qu'est-ce que ce sera pour eux quand ils commenceront à enquêter ?
- J'ai un moyen de l'innocenter, ne t'en fais pas…
- Et si jamais ils arrêtent quelqu'un d'autre ? Est-ce que tu as pensé à ça avant de penser à commettre un meurtre ? As-tu seulement pensé une seule seconde à m'en parler ?
- Bien sûr que oui ! Rétorqua-t-elle, des flammes dans les yeux.
- C'est de ça que tu parlais… quand tu disais que tu voulais faire quelque chose d'horrible, n'est-ce pas ?
- Oui. J'ai tué Petyr Baelish, à cause de ce qu'il a fait à sa femme, du meurtre de Jon Arryn, de ses liens douteux avec Ramsay Bolton, de tout ses crimes, de tout ce qu'il a fait, de tout ce que je sais, et que je ne pourrai jamais prouver ! Elle eut un rire nerveux. En fait, ironiquement, je crois que c'est la condamnation de Robert qui l'a fait se méfier, et l'a poussé à tout réduire en cendres… Il ne me restait plus d'autre option que le meurtre. Oui, je l'ai tué, et je ne regrette rien.
- Comment ?
- Quoi ?
- Comment est-ce que tu as fait ?
Elle sourit avec machiavélisme.
- J'ai empoisonné sa bouteille de vin personnelle, afin d'être sure que personne d'autre que lui ne la boirait.
- Mais… enfin, il l'ouvre toujours lui-même, il aurait remarqué si quelqu'un l'avait ouverte avant lui !
Son sourire s'accentua.
- Justement… Je ne l'ai pas ouverte.
- Quoi ?
- Tu as vu le film Sherlock Holmes ? La technique qu'Irène Adler utilise pour droguer Holmes… J'ai utilisé la même. Par la suite, je l'ai simplement remise à sa place… Ni vue ni connue.
- Je ne sais pas si je dois être impressionné, effrayé, ou les deux…
- Je ne compte pas le refaire, si jamais c'est cela qui t'inquiète.
- Et si… quelqu'un est arrêté à ta place et que tu ne peux pas le ou la sortir de là ?
Elle le regarda avec détermination.
- Alors je me rendrai, et je payerai pour ce que j'ai fait. Ni plus, ni moins. »
Et elle avait tenu parole…
A suivre…
