Chapitre 23 : Faire payer les monstres (Shirei/Lyanna).
- Le Mille-Prompts : 14. Personnage – Lyanna Mormont.
- Si tu l'oses : 46. Grottes.
- Pick A Card : Four of Spades: Écrivez une fanfiction sur un personnage unique. Sinon, écrivez sur Luna Lovegood.
- Petits Prompts à la Pelle : 64. « Il y a une raison parfaitement sensée pour tous ces chatons. »
- Le Mois des Fiertés : 13. (objet) Tâche de rouge-à-lèvre.
- Le défi des 200 citations de Contes des Royaumes : 199. « Si vous devez le faire, alors faites-le maintenant. »
- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 30. « Trouver un sujet de conversation n'est pas facile, parler de chez nous est douloureux, aborder le présent est insoutenable. »
- Ships farfelus : Shirei Frey/Lyanna Mormont.
- Toujours plus : Fusionner 8 défis.
Warnings : Et ici, « Walder Frey is his own warning »…
Les Jumeaux, plusieurs semaines après l'arrestation de Cersei Lannister.
« Et en plus de tout le reste, il la battait… marmonna le commissaire de la région du Neck, Barristan Selmy, se frottant les yeux de désespoir et de dépit, tandis que le docteur Howland Reed examinait la jeune orpheline d'à peine seize ans, qui était définitivement dans un piètre état.
- Je ne suis pas vraiment surpris, déclara Jorah Mormont, qui avait découvert le corps sans vie de Walder Frey, revenu depuis peu aux Jumeaux avec sa plus jeune fille (la seule qui n'avait pas encore pu partir de la maison), et avec sa très très jeune femme, et qui, selon le médecin légiste Daario Naharis, était mort d'une crise cardiaque. Ça n'a jamais été quelqu'un de bien. Seulement, je ne savais pas… que c'était à ce point-là.
Seuls les personnes vivants dans des grottes ignoraient quel salopard Walder Frey était.
Et, autant Kitty Frey avait pu partir loin de son époux, après avoir lancé une procédure de divorce, et ayant également porté plainte contre lui, elle était hébergée maintenant par une de ses sœurs, Shirei, elle, avait dû rester avec son père, Kitty n'avait pas pu l'emmener avec elle, n'étant pas sa mère biologique.
Apparemment, le vieillard avait passé sur elle la rage qu'il ressentait envers sa femme.
- Mais, au moins, ajouta Jorah… c'est terminé. Elle et sa belle-mère n'auront plus à endurer tout cela.
- Certes oui, mais qui va s'occuper d'elles maintenant ? Je ne pense pas que Kitty puisse vraiment s'occuper de Shirei toute seule, c'est encore une enfant elle-même… Il leur faudrait un foyer pour toutes les deux…
- Je pense avoir peut-être une idée… Ma tante Maege, elle pourrait sûrement les héberger quelques temps, je pense que cela ne la dérangera pas, je le lui demanderai la prochaine fois que je la verrai. »
§§§§
Île aux Ours.
C'était une gamine effrayée que Lyanna Mormont avait rencontré le jour où elle et sa « belle-mère » (l'idée même qu'une femme aussi jeune ait pu être mariée à un sale vieux type comme Walder Frey lui donnait envie de vomir), étaient venues s'installer sur l'Île aux Ours.
Une enfant qui avait peur de tout et de rien, et qui portait encore les traces des violences de son père.
De toute évidence, s'il n'avait pas déjà été mort, Lyanna lui aurait bien arraché son vieux cœur desséché et pourri elle-même.
Shirei avait mis beaucoup de temps à s'adapter à l'endroit, plus que Kitty, et la famille Mormont avait mis beaucoup de temps également à l'apprivoiser.
Celle avec qui la jeune fille s'était la plus vite entendue était Lyanna, âgée de dix-sept ans, la dernière fille de Maege Mormont.
Cette dernière était une fille plutôt… unique, et Shirei s'en était rendue compte assez rapidement, et alors que son séjour s'éternisait de plus en plus, c'était souvent grâce à Lyanna que la jeune Frey recommençait à rire de bon cœur.
De ce fait, les deux filles partageaient la même chambre, passaient la plupart de leur temps ensemble quand elles le pouvaient, discutaient, s'amusaient, riaient, et à son contact, Shirei guérissait.
« Trouver un sujet de conversation n'est pas facile, lui avait dit Shirei une fois, à propos d'elle-même et de Kitty, parler de chez nous est douloureux, aborder le présent est insoutenable. Jusqu'il y a peu de temps, c'était vrai, dit-elle, ramassée sur elle-même, semblant plus apaisée qu'autrefois.
- Et maintenant ?
- Maintenant, je pense que grâce à toi et à ta famille les choses sont différentes désormais. »
Avec une certaine hésitation, Shirei se saisit alors de la main de celle qu'elle considérait comme son ami.
Lyanna serra sa main dans la sienne, sourit, et pensa : je crois que je suis amoureuse.
§§§§
En entrant dans sa chambre, Lyanna se figea sur place, les yeux écarquillés de surprise.
Qu'est-ce que…
Quoi ?
Il y avait des chatons.
Partout !
Au moins cinq ou six, et… d'où est-ce qu'ils sortaient au juste ?
« Il y a une raison parfaitement sensée pour tous ces chatons ! S'exclama immédiatement Shirei.
- Que… où est-ce que tu les a trouvés ?
- J'ai trouvé leur mère non loin de la maison, je l'ai ramenée ici et… elle vient tout juste de mettre bas. Lyanna… est-ce que j'ai fait une bêtise ? Demanda-t-elle avec un air de confusion adorable qui empêcha Lyanna de se mettre en colère.
- Non, bien sûr que non, enfin, je ne crois pas, mais… est-ce que tu en as parlé à ma mère ?
- Pas encore, je ne me doutais pas… qu'il y en aurait autant. Et elle n'est pas encore rentrée, j'avoue que je n'ai pas osé l'appeler. Regarde les les pauvres petits, ils sont tellement mignons !
Oui, tout comme toi, faillit répondre Lyanna, avant de se mordre violemment la langue.
Ce n'était pas vraiment le moment ou l'endroit.
Lyanna soupira.
- On en parlera à ma mère tout à l'heure, mais ça m'étonnerait qu'elle les laisse rester ici… »
En fin de compte, ils les avaient tous gardés.
(Et oui, les yeux de chat Potté de Shirei avaient de toute évidence beaucoup aidé à ce que cette décision soit prise…)
§§§§
« Tu as une trace de rouge-à-lèvre sur la joue Lyanna, lança nonchalamment Maege à sa fille un soir où Shirei était partie au cinéma avec sa belle-mère et deux ou trois de ses innombrables sœurs ou demi-sœurs, afin de passer un moment en famille. Tandis que Lyanna et sa mère, elle, étaient toutes seules à la maison ce soir-là. Et sur le coin des lèvres aussi.
L'adolescente se figea, surprise, avant que son visage ne rougisse brutalement.
- Oh ! Fit-elle avant de s'essuyer la joue et la bouche. C'était la première fois que Shirei se maquillait, en plus. Je… je ne m'en étais pas rendue compte…
Ce n'était pas réellement une preuve du fait qu'elle sortait actuellement avec Shirei, mais l'amusement et l'air de connivence sur le visage de sa mère suite à la réaction de sa fille la rassura sur le fait que ce n'était pas le moins du monde un problème pour elle.
- Ça fait combien de temps ? L'interrogea-t-elle en souriant toujours.
- Deux-trois jours à peu près.
- Je pense ne pas avoir besoin de te dire de faire attention à elle après ce qu'elle a vécu, mais je te le dis quant même. Dis-moi ma chérie, est-ce que tu peux m'aider à faire la vaisselle ?
Lyanna sentit une douce chaleur réconfortante l'envahir à cet instant précis.
- Oui, bien sûr… Merci maman, rajouta-t-elle.
- Merci ? Répondit sa mère avec une surprise légitime. Merci pour quoi ?
Lyanna lui sourit une nouvelle fois.
- Pour rien, pour rien, se contenta-t-elle de dire en se saisissant d'un torchon qui traînait juste à côté d'elle. »
C'était définitif.
Elle adorait sa famille.
§§§§
Commissariat de Port-Réal, plusieurs semaines plus tôt.
« Donc, vous êtes en train de me dire que vous avez tué Petyr Baelish ?
Cersei Lannister hocha la tête.
- Je… c'est incompréhensible, lâcha Jory.
Ils étaient là, autour d'elle, Shae (qu'on avait toujours pas laissée partir, et qui regardait la scène d'un air surpris mais plus effrayé), Rodrick, Jory et Brynden Tully, et tous avaient l'impression d'être tout juste tombés en plein dans la quatrième dimension.
- Vous n'êtes même pas allée dans la pièce où Littlefinger s'est retrouvé seul durant une partie de la soirée, et vous ne vous êtes pas approchée de son verre, ou de sa bouteille, s'exclama le Silure, comment auriez-vous pu l'empoisonner au juste ?
La mairesse leur adressa un sourire narquois.
- Qui vous dit que je l'ai empoisonné à ce moment-là précis ?
- Pardon ?
- Vous dites vrai, je n'ai pas touché à ce que Petyr Baelish a bu au cours de cette soirée, du moins pas pendant la réception.
- Alors comment est-ce que…
- Auriez-vous oublié que je suis la mairesse de Port-Réal ? La réception a été organisée dans la salle des fêtes de la capitale, j'ai donc accès à la cave à vin, et je savais d'avance quelle serait la bouteille destinée à Littlefinger. Il ne me restait plus qu'à trouver un prétexte pour m'y rendre, et empoisonner la bouteille sans que qui que ce soit se rende compte que quelque chose avait changé… »
Ils… n'y avaient absolument pas pensé.
Enfin à vrai dire, c'était aussi incroyablement tordu, ils devaient le reconnaître, jamais ils n'auraient pu penser que quelqu'un ait réfléchi à ce point-là à l'avance un plan pareil, puisqu'ils croyaient encore quelques minutes plus tôt que Littlefinger n'avait pu être empoisonné qu'au cours de la soirée.
« Si tout cela est vrai, alors c'est super flippant, marmonna Jory.
- Oh, par ailleurs, ajouta-t-elle en sortant un flacon de sa poche, je pense que ceci devrait vous convaincre. Faites donc analyser le fond de flacon, vous découvrirez qu'il contenait il y a encore quelques temps de la veuve noire.
- D'accord, c'est définitif, cette enquête commence à vraiment devenir perturbante, j'ai l'impression de me retrouver face à Moriarty nous expliquant son plan diabolique… Ça fait froid dans le dos.
- Je ne crois pas être du même niveau que lui en terme de cerveau criminel…
- Pourquoi dans ce cas ?
- Pourquoi l'ais-je tué ? »
Et, le regard glacial, elle leur exposa en détail toutes les raisons qui l'avaient poussée à faire ce qu'elle avait fait.
Quelques minutes plus tard, une fois qu'elle eut convaincu tout le monde, Cersei leva les mains :
« Si vous devez le faire, alors faites-le maintenant., fit-elle, s'attendant clairement à ce qu'on lui passe les menottes, ce qui arriva quelques secondes plus tard. »
L'enquête venait tout juste d'être bouclée.
Enfin.
§§§§
Pendant ce temps là, Jaime, qui se trouvait également dans le commissariat, et n'ayant présentement pas grand-chose à faire, n'avait absolument aucune idée de ce qu'il venait tout juste de se passer.
Alors qu'il s'apprêtait à se rendre dans son bureau, il tomba sur un type qu'il avait brièvement aperçut peu de temps auparavant.
« Vous êtes Jaime Lannister ?
- Hum… oui, c'est bien moi.
- Parfait ! Je suis Selwyn Torth, fit-il, le père de Brienne.
- Oh… Hé bien, enchanté de vous rencontrer, répondit-il en lui serrant la main, un peu confus. Même si je n'ai absolument aucune idée de ce que vous faites là, avoua-t-il.
Qu'est-ce que le père de sa collègue – et béguin pas vraiment secret – faisait là, et pourquoi voulait-il lui parler à lui personnellement ?
- Moi de même… Ça va venir, ne vous en faites pas… C'est bien vous qui avez invité ma fille à sortir avec vous ?
Jaime sursauta.
- Effectivement… Mais ça commence un peu à remonter cette histoire, alors pourquoi…
- Et elle vous a ri au nez…
Le policier cligna des yeux, abasourdi.
- Mais comment est-ce que…
- Je ne suis pas vraiment surpris. Bon, vous et moi il faut qu'on cause.
- De la vie amoureuse de votre fille ?
- Non, de pourquoi elle a éclaté de rire, ce qui vous a vexé de ce que je sais, et bref, vous vous entendez pas trop depuis…
- Comment vous savez tout ça ?
- J'ai mes sources, se contenta-t-il de répondre. »
Il ne lui dit à aucun moment que sa source n'était nul autre que Bronn lui-même.
Oui, il était allé jusque là…
Aux grands maux, les grands remèdes, que voulez-vous !
« Elle ne s'est pas moquée de vous ce jour-là…
- Ah bon ? Ironisa Jaime. Parce que ça en avait tout l'air.
- Elle pensait que vous vous moquiez d'elle.
- Pardon ?
- Et elle ne vous a pas expliqué pourquoi elle pensait que c'était absurde que quelqu'un puisse avoir sincèrement envie de sortir avec elle – surtout qu'elle était nouvelle ici à ce moment-là si je ne m'abuse, elle ne vous connaissait pas vraiment – parce que… disons que c'était un peu trop personnel.
- Comment cela ?
- Elle ne vous a jamais parlé de cette histoire de pari, n'est-ce pas ?
- Non, jamais… »
Selwyn soupira.
« Il y a eu un pari, sur elle, à l'époque où elle bossait encore dans la région du Neck… entre trois petits cons, qui avaient parié sur lequel d'entre eux arriverait en premier à avoir un rendez-vous avec elle… parce qu'ils trouvaient ça drôle, j'imagine… Elle s'est rendue compte plutôt rapidement de la supercherie, et depuis, disons qu'elle se méfie…
- C'est… dégueulasse !
- Nous sommes bien d'accord… Bref, vous comprenez mieux son attitude maintenant, pas vrai ?
Il hocha la tête.
- Oui, ça explique pas mal de choses, merci de me l'avoir dit, je vais essayer d'aller mettre les choses au clair avec elle. Bonne journée.
- Bonne journée à vous également, fit Selwyn avant de partir. »
Mais, avant d'avoir le temps de rejoindre Brienne, qui se trouvait à côté de la machine à café, Jaime eut la surprise de voir Shae sortir du commissariat… libre.
« Jory ? Fit-il en se tournant vers son collègue, pourquoi est-ce que Shae s'en va toute seule exactement ?
- Parce qu'on vient de la relâcher, tout simplement.
Cette journée était définitivement pleine de surprises.
- Mais… pourquoi ?
- On a pu s'assurer de son innocence il y a seulement quelques minutes… La vraie coupable vient à peine de se rendre.
- Vraiment ? Et qui est-ce ?
Jory soupira, et prit une grande inspiration, cherchant clairement les mots adéquats afin de le ménager.
- Jaime… Il s'agit de Cersei… Elle vient tout juste d'avouer le meurtre de Petyr Baelish. »
Jaime Lannister eut alors la sensation que le sol venait tout juste de s'ouvrir sous ses pieds.
A suivre…
